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Pourquoi les transports alternatifs ont la cote

La dispersion spatiale de l’habitat et des activités de ces dernières décennies a fortement contribué à une évolution constante de la demande en déplacement (Le nombre de déplacements par personne a augmenté de 6% entre 1982 et 1994. Source : ENT1994). Cette dispersion a entraîné une utilisation croissante de l’automobile et une remise en cause de l’offre de transports publics réguliers. La population résidant de plus en plus loin du lieu de travail, le véhicule particulier est devenu le mode de déplacement privilégié, offrant une simplicité, une efficacité et une rapidité bien supérieure au transport en commun. Cependant, son utilisation massive et abusive dans les déplacements domicile-travail a entraîné de graves problèmes de congestion dans les agglomérations, et une pollution accrue des milieux urbains. Chaque jour, aux heures de pointe, les entrées d’agglomérations sont soumises à une augmentation du nombre de véhicules. Une piste qui revient au goût du jour, c’est le covoiturage, qui permet par exemple aux covoiturants de San Francisco de gagner 30min de trajet par jour grâce à des voies réservées à l’auto-partage sur la chaussée.

Ces problèmes ont contraint les collectivités locales à envisager et à promouvoir de nouvelles pratiques moins onéreuses que les transports en commun, plus respectueuses de l’environnement et plus simples à mettre en œuvre. De nombreuses initiatives localisées, souvent sous la forme d’associations, ont vu le jour grâce à un appui technique, méthodologique et financier des conseils généraux et régionaux, des autorités organisatrices des transports (AOT) ou encore de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

De plus, la prise de conscience collective de la notion de développement durable a donné, en France, une impulsion supplémentaire aux modes alternatifs. Le respect de l’environnement, la protection de la nature et l’impact des gaz à effet de serre sont autant de thèmes que les populations commencent à intégrer dans leur modes de vie, notamment dans leurs déplacements. Il faut savoir que le secteur des transports est le plus grand émetteur de gaz à effet de serre, il est responsable de 28 % des rejets de CO2 dans l’atmosphère à l’échelle de l’Union européenne (35 % à l’échelle nationale en 2003). Ce constat alarmant a propulsé les transports alternatifs sur le devant de la scène.

Entre la voiture solo et les lignes régulières de transports publics, il existe de nouvelles solutions de mobilités alternatives proposant à l’usager de nouvelles modalités d’utilisation de la voiture et du transport en commun. Ces transports alternatifs peuvent soit rentrer dans le cadre actuel du transport public (transport à la demande) qui permet d’offrir une souplesse et une flexibilité accrue, soit correspondre à une utilisation rationnelle du véhicule particulier par son partage dans le temps ou dans l’espace (auto- partage, covoiturage). À cela s’ajoute l’émergence de nouveaux modes de déplacements dits doux comme le vélo ou le roller.

Ces solutions innovantes sont tout à fait complémentaires et répondent chacune à un besoin spécifique. Elles sont le plus souvent associées à des innovations technologiques qui jouent un rôle nécessaire pour leur bon fonctionnement et contribuent à leur donner une image attractive et dynamique. Les technologies utilisées comprennent entre autres des outils Internet de mise en relation, des logiciels d’optimisation d’itinéraires de véhicules couplés à des systèmes d’information géographique, ou encore des logiciels de management environnemental. Dans cette catégorie, on peut citer le système de covoiturage dynamique avec un projet de la région Lorraine. Sur le "sillon Lorrain", quelques 70 000 personnes circulent quotidiennement, dont 15% en transports en commun. La région entend, avec ce projet, atteindre les 25%, ce qui "économiserait" près de 5 000 voitures (voir à ce sujet la quantité de Co2 économisée sur une étude de cas d’un trajet "covoituré" de 30km).

Ces moyens de transport alternatifs permettent aussi de répondre aux besoins de certaines populations. Les personnes âgées, les personnes à mobilité réduite, les personnes en recherche d’emplois ou à revenu modeste n’ont souvent pas les moyens ou la possibilité d’acquérir un véhicule ; il faut donc leur proposer une offre de transport la plus large possible. C’est ainsi que les solutions alternatives jouent leur rôle de complémentarité avec l’offre de transport existant (voir à ce sujet le comparatif transports en commun / covoiturage) elles n’excluent pas une certaine concurrence, notamment aux marges des différents modes. La mise en circulation d’une ligne de bus régulière est coûteuse, et ne résout parfois pas les problèmes existants. C’est dans ce cadre-là que le covoiturage peut être une des solutions, on parle dans ce cas de covoiturage de rabattement. Une utilisation plus rationnelle de la voiture particulière et une offre en transport public plus cohérente permettraient à la collectivité de réduire les coûts de fonctionnement et d’avoir une image exemplaire. Bien qu’encore peu développé en France, le covoiturage est en pleine expansion ces dernières années et demeure une des solutions, à court terme, pour limiter la congestion automobile.

Vous trouverez également des éléments d’explication du "boom" de la mobilité durable dans un billet précédent qui dresse une sociologie du covoiturage.

DynamicsAuto

Source : Etude du centre d’Etudes sur les réseaux, les transports, l’urbanisme et les constructions publiques (Certu - Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire), "le covoiturage en France et en Europe. Etats des lieux et perspectives", 2007.


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1 réactions à cet article    


  • jef88 jef88 12 mars 2010 20:20

    Boooffff !
    Dans ma pauvre région, depuis environ 1900, il existait de nombreuses usines textiles et annexes. Le personnel habitait à moins de 5 km de l’usine et faisait le trajet à pied ou en bicyclette.
    Dans les années 60 cette activité a disparu pfffft, envolée.

    L’activité s’est alors concentrée au niveau (en gros) des sous préfectures ou de quelques rares centres historiques et la distance est passée à 20 ou 30 km.

    Il y a, dans nos campagnes de centaines de maisons qui se ruinent, vides ou qui ont été transformées en résidences secondaires occupées environ un mois par an.
    Actuellement l’activité se concentre encore au niveau des grandes villes.

    Alors parlons des causes : la désertification des campagnes ( mon pays natal, au départ fortement industrialisé a perdu presque 60% de sa population)
    Si nous réglons ces causes, tout le problème des transports se simplifiera. Mais la ville est gourmande et les interrêts économiques, souvent illusoires, prépondérants....

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