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Accueil du site > Actualités > Société > Pourquoi ne pas légaliser la prostitution (?) (1/2)

Pourquoi ne pas légaliser la prostitution (?) (1/2)

C’est une question qui revient souvent, à l’aune de mouvements tantôt « libéraux », tantôt « réactionnaires », selon qu’on la défende ou la condamne, un peu comme les mouvements de houle qui donnent la nausée. C’est une question à laquelle pratiquement aucun gouvernement ne peut (ne veut ?) répondre de manière uniforme et univoque, parce que le sujet est éminemment vaste et complexe (de réseaux transfrontaliers en réseaux « de luxes » au plus haut niveau) et parce que le sujet soulèvera toujours autant de boucliers contradictoires qu’une position ferme mais simple risque d’exacerber. 

Aussi, rien d’étonnant à constater une énième proposition de loi sur la question qui ne va pas tout à fait au bout de ses prétentions, bien qu’il faille saluer la direction toujours plus constante de la France en la matière : l’abolitionnisme. Le mot est volontairement lourd de sens. C’est que la prostitution, au-delà de la simple question sexuelle qui réveille les défenseurs de cette activité et les féministes en tout genre, est une pratique qui consiste tout simplement à exploiter le corps des êtres humains contre de l’argent. 

Forte de son ambition de parvenir à une société sans prostitution (Résolution de l’Assemblée Nationale du 6 décembre 2011), la France, par le biais de son législateur, a déposé une proposition de loi le 29 novembre 2013. Adoptée en 1ère lecture le 4 décembre 2013 et déposée au Sénat depuis lors, elle devrait bientôt être examinée par cette dernière chambre, probablement à la rentrée 2014. 

Crédits Photo : Arthur Chapman

La proposition de loi innove et créé la polémique sur trois points essentiels et l’on peut s’étonner et s’émouvoir de la réaction hostile à ces propositions :

1/ L’article 6 propose une aide à la sortie du système prostitutionnel : obtention d’une autorisation de séjour de 6 mois renouvelables pour toute personne étrangère victime du proxénétisme et qui veut en sortir.

Les victimes du proxénétisme, embarquées de force dans les réseaux de prostitution à travers les pays, qui réussissent à en sortir ne méritent-elles pas d’aide à en sortir efficacement et pour toujours ? Ne méritent-elles pas la protection d’un Etat, de ses lois et de sa force publique pour empêcher ses anciens exploitants de la remettre dans le circuit ? Si la France, dans sa lutte contre la prostitution, souhaite offrir cette aide à ces victimes, on ne peut que saluer cette initiative, et encourager chaque Etat à faire de même. Cependant, la Commission nationale consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) a, dans son avis du 22 mai 2014 sur cette proposition de loi, émis une critique importante : elle regrette que l’asile ne leur soit pas accordé plus facilement alors même que la dénonciation des exploiteurs n’est plus une condition d’octroi du titre de séjour (ce que l’on peut comprendre pour permettre aux victimes d’oublier leur horrible passé et pour ne pas les exposer à des représailles), laissé aux bons soins de l’administration française…

2/ La proposition de loi prévoit également l’abrogation du délit de racolage passif et actif (article 225-10-1 du Code Pénal, loi n°2003-239 du 18 mars 2003 pour la sécurité intérieure). Le délit avait pour but de cacher et de rendre invisible la prostitution, parce que « ça craint » dans le paysage et que c’est glauque à voir. Quoi donc ? On défend la prostitution, on en permet l’exercice au nom des grandes libertés mais on ne veut surtout pas la montrer ? Les « clients » prônent la liberté des prostitué(e)s (enfin surtout la leur) mais ne veulent surtout pas être vus en train d’en utiliser ? A l’heure d’une véritable lutte contre la prostitution, il était indispensable de supprimer un délit complètement inutile qui couvait le problème d’une bienveillance hypocrite (d’autant que le délit de racolage passif était quasiment impossible à constituer, donc doublement inutile).

3/ L’article 16 créé une contravention de 5ème classe contre toute personne ayant recours à la prostitution, avec peine d’amendes. Autrement dit, les « clients » se voient ainsi condamnés de payer un être humain en échange de pratiques sexuelles.

Les « clients » de personnes prostituées qui achètent des corps humains ne méritent-ils pas condamnation pour avoir considéré le corps humain d’autrui comme un bien de consommation, parfois avec violence, au même titre que ceux qui exploitent, vendent et louent ces corps ? La pénalisation du "client" est bien le nerf central de la lutte contre la prostitution. Tant que l’on considérera normal qu’un corps humain puisse se vendre ou se louer, tant que l’on tolérera ceux qui consomment d’autres humains comme de vulgaires objets, tant que l’on ne condamnera pas ces « clients » pour leurs pratiques issues d’un manque total de respect pour la dignité d’autrui (qui achète un corps humain n’a aucun respect pour la valeur de celui-ci), les mentalités sur la prostitution et l’exploitation d’autrui ne changeront jamais et la prostitution ne disparaîtra jamais. Oui, la demande fait l’offre en l’espèce. Parce que c’est là que la prostitution est née : de la volonté égoïste, sans aucune considération des désirs d’autrui, d’obtenir des relations sexuelles sans avoir à obtenir le consentement de l’autre, mais uniquement contre de l’argent, en exploitant l’infériorité (économique, physique….) de l’autre.

La question de la prostitution semble obtenir le consensus général lorsqu’elle est exercée en réseaux : tout le monde s’accorde alors à dire qu’il faut la supprimer si elle est le fait de réseaux qui exploitent d’autres personnes pour en récolter les contre-prestations monétaires (II). Mais cette indignation de façade s’effondre lorsque l’on propose de pénaliser la prostitution en elle-même (III) et de condamner ses « clients » (IV). Mais avant même d’étudier ces angles d’attaque, il convient de cerner le problème (I).

Crédits Photo  : ceSniperFactorPakkinen

I La prostitution de qui ?

Lorsqu’on évoque la prostitution, tout le monde pense aux femmes. La prostitution se définit principalement aux yeux du public comme une activité que seules les femmes font : « la personne prostituée est une femme ».

Aussi, sans surprise, la proposition de loi actuelle appréhende le phénomène par les femmes, comme une atteinte, une violence faite aux femmes. Prisme trop étroit que regrette la CNCDH puisque c’est ne pas prendre en compte le phénomène dans sa globalité, dans son aspect factuel : la prostitution peut aussi être exercée par des hommes ou transgenres. De ce fait, le droit manque son but tant de protéger l’être humain contre la prostitution en tant que telle, contre l’exploitation sexuelle de son corps, mais aussi de protéger la femme contre l’exploitation consumériste et monétaire de son corps.

Mais si la proposition de loi pêche par défaut d’égalité devant la loi (ce qui risque malheureusement de lui faire encourir la censure du Conseil constitutionnel, selon l’article 6 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen : « La loi (…) doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse  »), il faut bien reconnaître que la prostitution touche principalement, à une majorité tristement écrasante, les femmes. En France, en Europe, dans le monde, les personnes prostituées sont surtout des femmes.

En conséquence, le combat contre la prostitution se retrouve être un combat de défense du droit des femmes, contre les violences faites aux femmes, pour l’égalité homme-femme et pour le respect de la femme en tant qu’être humain.

La prostitution, c’est aujourd’hui un système qui repose sur la pensée que les femmes sont des biens de consommation, des produits, ne servant qu’au plaisir sexuel des clients qui sont en majorité des hommes (99% des "clients"). Quel que soit le pays : Qu’il s’agisse l’Europe de l’Est d’où la majorité des prostituées viennent, de l’Amérique du Sud, de l’Asie, soit qu’elles migrent dans l’espoir de trouver un travail inexistant chez elles, soit qu’on leur fait croire à une carrière de danseuse http://www.dailymotion.com/video/xpwu8i_des-prostitues-dansent-au-quartier-rouge_news, soit qu’elles soient kidnappées, violées, droguées, qu’on leur vole leur papiers pour les empêcher de revenir chez elles, mises dans la rue, échangées à travers les pays, dans les réseaux, soit que leur dépendance économique les ait forcé à cette activité. Existe-t-il des réseaux qui trafiquent des hommes pour les prostituer ? Non.

Parce que la prostitution est surtout un réseau de proxénètes qui enlèvent des femmes, les force à des relations sexuelles non consenties, les exploite contre de l’argent, les vende et les louent à des clients majoritairement hommes, la prostitution est le vrai visage de la misogynie, son expression suprême. Comment tenir un discours cohérent sur la place des femmes dans la société, sur l’égalité homme-femme, contre les violences faites aux femmes ; comment lutter contre la misogynie si on ignore son principal, son plus gros terrain d’activité, son terrain de prédilection : la prostitution que l’on peut définir sans difficulté comme la soumission d’une partie de la population à une autre comme de simples biens de consommation, en raison de leur sexe.

Comment ? Sinon en luttant contre la prostitution, cette lutte étant l’allié de la lutte pour les droits des femmes.

Maud Olivier, députée (de la 5ème circonscription de l’Essone) rapporteure de la Commission spéciale pour l’examen de la proposition de loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnel, a ainsi déclaré : « Débattre de la proposition de loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnel la semaine du 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, n’a rien d’un hasard. La prostitution, en soi, est la première de ces violences. Dans une société où le corps des femmes peut constituer une marchandise, être vendu, loué, approprié par autrui, l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas possible  ».

Cela est d’autant plus évident que personne ou presque ne parle ou ne s’intéresse aux gigolos, ces hommes prostitués en petit nombre, « indépendants », qui semblent bénéficier de la même aura que ces hommes à femmes, ces play-boys, ces Don Juans.

Et pourtant, comme les femmes, leurs corps sont échangés contre de l’argent, ni plus ni moins. Ils sont exactement comme les femmes prostituées, des biens de consommation. Et pourtant, eux n’ont pas leur équivalent en insultes (« salopes », « putes »), personne ne s’abaisse à les considérer comme « sous-être humains », ils ne font pas l’apanage d’un réseau international de chair consommable. Non, eux, on considère gentiment qu’ils « offrent de la magie aux solitaires  » https://www.youtube.com/watch?v=t2epX4tXfic ! Navrant.

Comment lutter contre la misogynie et pour l’égalité homme femme, contre la violence faite aux femmes si même dans la prostitution, l’homme est toujours mieux considéré que la femme, si la prostitution des hommes est toujours vue, aussi bien par les hommes que par les femmes, comme quelque chose de marrant, libre, sympa, exotique, une expérience professionnelle, digne ? C’est symptomatique du problème.

Toutefois, pour comprendre pourquoi il faut lutter contre la prostitution et ne pas la légaliser, et pour lutter efficacement contre, il faut en effet prendre en considération ce que la CNCDH dit et voir le problème non pas sous l’angle de la femme, mais sous celui du corps humain. C’est précisément là que l’on voit que ce système est une violation de la dignité humaine, du corps humain, et qu’il doit être banni de toute société, quelle qu’en soit la forme.

D’où l’idée intéressante de faire du caractère sexuel une circonstance aggravante de la traite des êtres humains, et bien que cela occulte la prostitution dite « libre », le reste du droit civil et pénal permet de l’en empêcher, ce qui aurait sinon l’avantage de simplifier notre droit pénal, du moins d’éclaircir enfin les esprits sur la question selon le point de vue d’où l’on se place.

 

II La prostitution en réseau

C’est le cas le plus fréquent, le plus répandu mondialement. Que l’on n’aille pas défendre l’activité comme quelque chose de libre et de volontaire pour le légaliser alors que tout le monde sait que la majorité des prostitué(e)s sont insérées de force dans un circuit où ils ne sont que des objets transmis d’un pays à un autre, d’un réseau à un autre. Légaliser la prostitution, ce serait alors légaliser un système de crime organisé qui repose sur l’enlèvement de personnes souvent mineures (entrée d'âge dans la prostitution : 14 ans), sur la pédophilie, sur le viol, sur la drogue, sur le vol de papiers d’identité, sur le trafic d’êtres humains. La prostitution est surtout un business mafieux qui exploite financièrement et traite des êtres humains, leurs chairs, leurs organes sexuels contre leur gré et à un rythme monstrueux.

Comment prôner la légalisation d’une activité qui n’est surtout qu’un assemblage de crimes horribles ?

Certains avanceront un argument fallacieux et honteux : que légaliser la prostitution diminuerait le nombre de viols.

Ce que l’étude de Scott Cunninghan et Manisha Sha de l’Université de Californie sur la légalisation de la prostitution dans le Rode Island (USA) démontre est bien plus horrible en réalité. C’est que si les « clients » ne pouvaient payer des êtres humains pour leur octroyer des faveurs sexuelles, ils les prendraient de force, contre leur gré, par la violence. Le choix pour ces personnes se résoudrait donc à violer ou à payer des êtres humains pour obtenir des relations sexuelles qu’ils ne pourraient autrement obtenir de manière normale, en « demandant » à leur partenaire leur consentement, en les séduisant, en réussissant à développer le désir de leur partenaire.

Il ne s’agit pas de démontrer que le crime sexuel diminue parce que l’une des pratiques est légalisée, autorisée par la loi. Il s’agit de constater que le profil type du « client » est un monstre violent qui ne s’embarrasse pas du consentement de son ou sa partenaire, et qui profite de la vulnérabilité d’une autre personne, vulnérabilité physique ou économique, pour en obtenir ce que lui seul veut et désire, du sexe.

Le viol est l’interdiction faite à des prédateurs d’imposer leurs envies sexuelles à des personnes non consentantes. L’argent ne fait pas disparaître cette vulnérabilité, il ne vient pas tout d’un coup créer du désir ou le consentement chez le ou la prostitué(e). Il n’achète que le corps en forçant tout autant une pratique non consentie à l’origine. Si l’on veut vraiment avoir des relations sexuelles avec celui ou celle qui nous le demande, on le fait sans avoir à le monnayer. Ce n’est pas parce que la loi autorise des relations sexuelles grâce à l’argent que le consentement réapparaît, critère essentiel du viol.

De plus, l’argument selon lequel la violence sexuelle disparaitrait grâce à la prostitution est tout aussi fallacieux : le fait même de subir une relation sexuelle payée est une violence en soi, car c’est accepter une relation sexuelle dont on n’a pas envie, mais que l’on doit subir soit pour éviter des violences pires (viol, agressions), soit pour survivre. Sans compter que les prostitué(e)s vont rarement se plaindre d’avoir été violenté(e)s durant la … prestation, cachant ainsi la véritable nature des « clients ». Ce que cette étude révèle, c’est que le partenaire soit consentant ou pas, peu importe, il est payé.

La prostitution n’en est pas moins un crime, une absence de liberté, une violation du corps humain et de la dignité d’autrui, avant même que la loi ne vienne reconnaître ou pas cet état de fait, selon les tolérances ou indifférences des législateurs. Sa légalisation ne fait pas diminuer le nombre de violences sexuelles, elle en cache simplement le caractère pénalement poursuivable, ce qui est bien plus honteux dans nos sociétés prétendument respectueuses de la dignité humaine.

Notre Assemblée Nationale rappelle en effet dans sa résolution du 6 décembre 2011 que « la notion de besoins sexuels irrépressibles renvoie à une conception archaïque de la sexualité qui ne saurait légitimer la prostitution, pas plus qu’elle ne justifie le viol ».

Le plus surprenant dans ce débat glauque sur la possibilité de payer des gens pour obtenir des relations sexuelles n’est pas seulement que l’on se fiche alors de leur consentement, c’est aussi que l’on marchande le corps humain, en partie ou en totalité. Et ici, personne ne semble être choqué de ce que cela représente, borné par la vision simpliste de la liberté sexuelle (même s’il n’y a rien de simpliste à énoncer que la liberté sexuelle est et ne doit être qu’une question de consentement).

Pourtant, que l’on marchande un vagin ou un pénis, cela est tout aussi horrible, immoral et absurde que marchander une autre partie du corps. Si les défenseurs de la prostitution défendent l’achat ou le louage des parties sexuelles et/ou génitales du corps, défendent-ils aussi la vente ou le prêt des autres organes du corps humain ? Accepteraient-ils que l’on en vienne à vendre ou louer son sang, son rein, son poumon ?

Crédits Photo : Amy Eilert

Cela est pourtant rigoureusement la même chose : le corps humain ou ses membres n’ont pas à être des biens de consommation, des objets que l’on peut monnayer. Le corps n’est pas un bien patrimonial, ainsi que le rappelle l’article 16-6 du Code Civil, d’où l’interdiction et la nullité répétées deux fois dans le Code Civil (articles 16-5 et 1128) des contrats portant sur des « choses » hors du commerce. Un contrat ne peut aliéner des prérogatives fondamentales de la personne humaine, dont le consentement à une relation sexuelle fait partie. Ce consentement, base de notre liberté sexuelle, ne peut et ne doit pas faire l’objet d’un contrat, c’est la sauvegarde de notre liberté à tous.

Cela ne semble gêner personne pour un poumon ou le corps en général, et personne ne crie au scandale liberticide parce qu’on ne peut vendre son bras ou sa peau. Mais tout d’un coup, l’on voudrait qu’une autre partie du corps, le vagin, les seins ou le pénis deviennent des choses, comme détachables du corps ? Tout simplement pour leurs fonctions sexuelles qui donnerait à celui qui en profite un plaisir ? Au nom de quelle hypocrisie peut-on alors défendre la prostitution, qui n’est que l’exploitation mercantile d’une partie du corps humain ? Si vendre son corps ou une partie de celui-ci est interdit, c’est pour protéger l’être humain, pour lui préserver dignité et liberté, il n’y a dès lors pas à le découper en morceau selon ses besoins personnels. Peu importe à quoi il peut servir, le corps humain, dans son entier, est indisponible : il est inviolable et ne peut être commercialisé, sous quelque forme que ce soit, et quel que soit l’organe. Tout simplement parce que l’être humain n’est pas un objet, c’est un individu.

Sinon, pourquoi ne pas revenir à l’esclavage, à cette vente immonde d’êtres humains pour des besoins économiques de mains d’œuvres gratuites ? Le Code de Procédure Pénale range le proxénétisme dans la traite des êtres humains, c’est qu’il s’agit bien de la même chose, que l'on commerce sur le dos d'hommes et femmes en raison de leur couleur de peau ou de leur sexe. 


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56 réactions à cet article    


  • Xtf17 Xtf17 11 août 2014 10:06

    Je connais une autre activité qui exploite le corps des êtres humains contre de l’argent : le salariat.
    Il suffit de remplacer vagin/pénis et fesses par bras/jambes et cerveau...
    Prostitution / salariat, même combat ?


    • Corinne Colas Corinne Colas 11 août 2014 10:56

      Excellent article (bien construit et qui fait le tour de la question) ! 


      Malheureusement dans une société marchande qui admet le brevetabilité du vivant, la vente d’un corps entier pour le « plaisir » (pratique esclavagiste jamais enrayée), de morceaux pour la santé (une greffe sur 10 est illégale, le trafic d’organes explose mais la notion de « mort cérébrale » pour les circuits légaux,conduit elle-même à des « incidents »), tout ça est considéré comme du progressisme. Le comble est atteint avec le marché de la reproduction qui se développe à la fois dans la location (qui dure 9 mois) et la vente ( par ex le trafic d’ovocytes en plein boum aussi). 

      On fait valoir une pseudo-morale, de faux principes humanistes toutefois l’argent est le seul fil conducteur.

      • César Castique César Castique 11 août 2014 11:51

        « Accepteraient-ils que l’on en vienne à vendre ou louer son sang, son rein, son poumon ? »


        Ca se fait déjà, clandestinement dans certains pays, légalement dans d’autres, tout comme la location d’un corps pour la durée d’une grossesse et d’une mise au monde. Actuellement, vous le savez sans doute, un cas thaïlando-australien défraie la chronique.

        « Mon corps m’appartient ! », hurlent les féministes pour justifier l’avortement, on se demande pourquoi les femmes publiques n’auraient pas le droit d’en faire autant, du moment, par exemple, qu’elles exercent leur profession en s’offrant sur le web. 

        Il y a quelque temps, un quotidien italien, « Il Tempo », de Rome, a publié le Top 30 du travail au noir, en Italie. L’« hostess », c’est comme ça qu’ils disaient, venait en tête avec des revenus pouvant atteindre 500 euros par soir. 

        Le moins « qualifiées » ne doivent pas avoir trop de peine à se faire dans les 5000 euros par mois, ce qui est mieux qu’une avocate lambda ou qu’une médecine (si c’est comme ça qu’on doit dire)... Ça fait réfléchir.

        Dans un registre à peine différent, les hardeuses se livrent aussi à des pratiques sexuelles tarifées sans qu’apparemment cela ne soulève l’indignation de la Khmère rose du gouvernement Valls.

        Bref, il devient de plus en plus difficile de trouver un argument logique, rationnel, et qui ne soit pas en contradiction avec d’autres, pour interdire quoi que ce soit. 

        Et depuis Mai 68, le « Il est interdit d’interdire » a été complété par le « J’ai envie, donc j’ai le droit » en vertu duquel, par exemple, on marie des hommes entre eux, et on les autorise à être père et père d’enfants dont le déboussolement est garanti

        Votre combat paraît donc d’arrière-garde.

        P.S. - Peut-être avez-vous prévu, dans votre second, de parler de l’« exploitation du tiers monde » par des quinqua-, sexa- voire septuagénaires choisissant l’Afrique pour s’offrir la rassurante certitude que leurs croulants appâts sont encore susceptibles de provoquer des changements physiologiques à la limite du miraculeux, chez des partenaires généreusement récompensés

        • Hector Hector 11 août 2014 11:56

          « la prostitution est le vrai visage de la misogynie »
          C’est bien de brandir l’étendard de la révolte et de la contestation, mais il faudrait pour cela connaitre son sujet.
          La prostitution n’est pas plus révélatrice de misogynie que le plus banal comportement des hommes dans la vie de tous les jours.
          Niéme papier au parfum de frustrée suranné de Marthe Richard.
          Le marronnier des indigents.


          • sleeping-zombie 11 août 2014 12:19

            Hello,

            Il y a quand même un problème de logique dans cet article, c’est que le consentement peut être acheté, comme le fait remarquer xtf17, c’est ce qui différencie le salariat de l’esclavage.
            Du coup, il me parait nécessaire de concentrer les effort sur ce qui exerce la contrainte : la violence et les « réseaux » (j’aimerai bien savoir ce que cache cette expression).
            Parce que la fille qui décide de se faire payer pour donner du sexe, je ne vois pas quel mal elle fait.
            Le mec qui décide de payer cette fille, je ne vois pas non plus plus quel mal il fait.
            Dans ces deux cas, il n’y a pas de contrainte.

            Pénaliser le viol, l’enlèvement, l’extorsion de fond ou la menace, oui. Et faire respecter cette pénalisation devrait suffire à couler tous ces réseaux non ?


            • Matthias24 Matthias24 12 août 2014 09:37

              Salut,
              Il y a quand même une grande différence avec le salariat, je trouve, au sens que la prostitution touche à l’intime, donc aux aspects psychologiques les plus profonds. Je pense que nous serons d’accord pour dire que vendre ses bras pour faire du pain, par exemple, n’a pas la même dimension psychologique que vendre son corps. Là, on est dans l’intime du corps (et de l’esprit aussi) donc en rapport direct avec notre intégrité physique. Intégrité physique que chacun doit pouvoir préserver quelques soient sa situation économique ou autre. Je par du principe que aucun d’entre nous ne voudrait vendre son corps si il y avait une autre solution (le contraire serait l’exception et non la norme). Alors, non, excusez moi mais je ne trouve pas que la prostitution soit un métier comme un autre.
              Après, pour votre dernier paragraphe, ces genres de méthodes sont difficiles à mettre en œuvres, par exemple comment savoir si la prostituée à été violée ou juste blessée par accident dans le cadre de son activité ?


            • sleeping-zombie 12 août 2014 11:28

              Je par du principe que aucun d’entre nous ne voudrait vendre son corps si il y avait une autre solution

              D’après ce que j’ai pu voir, la conception de la sexualité est très culturel. Considérer le sexe comme sacré, ou la chose la plus intime d’un individu, c’est très répandu en occident, mais si tu voyages en Asie, en Europe de l’est ou du nord, le rapport au sexe ne sera pas du tout le même.
              Donc vouloir imposer un objet « culturel » comme norme, c’est pas une bonne idée, même si ça part d’un bon sentiment.
              Dire qu’une prostituée ne peut arrivée là que par la violence c’est aussi faux que croire qu’on ne peut devenir athée que suite à un traumatisme (histoire vécue, dialogue de sourd que j’ai eu avec une nonne américaine).


            • Gasty Gasty 11 août 2014 12:45

              Comment éradiquer les proxénètes ? En mettant des pièges...ou en supprimant la pauvreté ?

              Parce que le problème, ce ne sont pas les péripatéticiennes, sauf évidemment pour les ligues de vertus et les frères musulmans... et les proxénètes.


              • reveil 11 août 2014 13:15

                Vous faites erreur, la prostitution vient d’être légalisée, elle est désormais comptabilisée dans notre PIB en vertu de ne je ne sais quel savant calcul. Peut être nos « chers » députés et politiques ont ils calculé combien ils dépensaient mensuellement en « oreillers » lors de leur déplacements et élargi leur expérience à l’ensemble du pays. Monde hypocrite...


                • foufouille foufouille 11 août 2014 13:16

                  à part si elle est enchainée ou prisonnière, c’est consenti. pour le client, c’est juste un obsédé. la prostitution a toujours existé sous une forme ou une autre.

                  tant qu’on y est, il faudrait vérifier les sentiments des couples

                   


                  • Doume65 12 août 2014 01:18

                    « pour le client, c’est juste un obsédé »
                    généralisation et jugement un peu rapide.
                    Les « obsédés » savent se retrouver dans des parties.


                  • Robert GIL ROBERT GIL 11 août 2014 14:45

                    Et si pour supprimer la prostitution …. on l’interdisait ? Alors que la bonne question est : pourquoi la prostitution ? Comme pour la drogue, la prostitution est un débat où les positions sont souvent très tranchées. Alors, plutôt que de vouloir interdire la prostitution (d’ailleurs le voudrait-on que nous n’y pourrions rien), il faut lutter pour que ces femmes et parfois ces hommes ne tombent pas entre les mains des prédateurs sans pitié.......

                    voir : http://2ccr.wordpress.com/?s=prostitution


                    • Doume65 12 août 2014 01:21

                      Voilà la vraie problématique résumée en peu de mots sages.


                    • nemotyrannus nemotyrannus 11 août 2014 16:46

                      Tant que l’on considérera normal qu’un corps humain puisse se vendre ou se louer, tant que l’on tolérera ceux qui consomment d’autres humains comme de vulgaires objets, tant que l’on ne condamnera pas ces « clients » pour leurs pratiques issues d’un manque total de respect pour la dignité d’autru

                      Et alors ?!
                      Si tu le loues consciemment où est le problème ?
                      C’est une question de responsabilité , non pas de la personne qui se sert là où elle à l’autorisation mais bien de la personne qui donne l’autorisation.

                      Et faut arrêter avec ce concept d’objectification mis à totes les sauces surtout par les féministes.ça en devient ridicule.
                      Si on te forces , là on es pris pour un objet car un objet n’a pas la liberté de choix.
                      Si choix il y a de choisir la prostitution comme moyen de gagner de l’argent eh bien non , ce n’est pas de l’objectification...Même contre argent. C’est un échange de service comme un autre.

                      La dignité d’autrui...
                      Vous savez que cette même idée de dignité mal placée conduit des neuneux à croire que regarder et admirer les jolis corps est ENCORE de l’objectification ?

                      Ah , au passage, les femmes ne sont pas les seules à se prostituer. Et les prostitués ne sont pas tous forcés même si le nombre est grand.Et les prostitués ne sont pas tous de pauvres bougres qui cherchent à survivre. On le fait aussi pour payer ses études.

                      Ou bien vous considérez la prostitution comme résulatant d’un sexisme ou vous détestez ce qui touche de près ou de loin au sexe pour ressortir les même arguments.
                      Les deux raisons me semblent absurdes.


                      • placide 11 août 2014 17:17

                        quel est le problème ? l’argent ? le sexe ? pourquoi ce commerce serait il interdit ? au nom de quoi ? nous ne sommes pas dans un état religieux et il n’y a pas mutilation . alors ?


                        • ANNIE 11 août 2014 18:13

                           il faut bien reconnaître que la prostitution touche principalement, à une majorité tristement écrasante, les femmes. En France, en Europe, dans le monde, les personnes prostituées sont surtout des femmes.

                          Il y a 20% d’homme ou de transgenre qui se prostituent en France. C’est loin d’être négligeable.

                          « Cela ne semble gêner personne pour un poumon ou le corps en général, et personne ne crie au scandale liberticide parce qu’on ne peut vendre son bras ou sa peau. Mais tout d’un coup, l’on voudrait qu’une autre partie du corps, le vagin, les seins ou le pénis deviennent des choses, comme détachables du corps ? »

                          Les travailleuses du sexe ne vendent pas leur corps, les clients ne prélèvent aucun organe. Elles offrent des services sexuels.

                           « d’autant que le délit de racolage passif était quasiment impossible à constituer, donc doublement inutile ».

                          Le délit de pénalisation des clients sera encore plus difficile à constituer. Les travailleuses du sexe proposerons des massages tantriques et les passes se feront dans des chambre d’hôtel et appartements. Il sera quasiment impossible pour la police de prouver qu’il y a eu rapport sexuel et échange d’argent. La police n’a pas le droit de perquisition pour délit punit par une amende.

                           La proposition de loi de sur la pénalisation des clients sera tout aussi inutile que le délit de racolage passif.

                          Les associations d’aide aux personnes prostituées ne pourrons que très difficilement entrer en contact avec les travailleuse du sexe qui auront désertées les trottoirs.

                          Cela va isoler encore plus les travailleuse du sexe et rendre leur activité encore plus dangereuse et cela fera prospérer le business des proxénètes qui assureront toute la logistique aux travailleuses du sexe ( chambre hôtel, appartement, site internet...).



                          • Corinne Colas Corinne Colas 11 août 2014 20:26
                            « Elles offrent des services sexuels » / « les travailleuse du sexe »

                            Qu’elle est belle la novlangue ! Ma fille, tu feras pute plus tard, c’est un métier plein d’avenir et le bac « services sexuels » vient d’arriver !


                            « Cela va isoler encore plus les
                             ???? (désolée de ne pas partager la langue des trafiquants)

                            A l’heure d’aujourd’hui où tout le monde est fliqué et avec des moyens qu’on n’imagine pas, difficile de faire croire qu’une loi va les rendre invisibles ! Ce ne peut être alors que parce ’’elles le valent bien »... comme pour « le délit de racolage passif’ soi-disant »quasiment impossible à constituer" d’ailleurs. 

                            Et tant mieux si les trottoirs sont désertés, idem de nos campagnes remplies de camions, c’est non seulement la saturation dans certains départements mais dangereux pour les habitants eux-mêmes ! 

                          • ANNIE 12 août 2014 11:47

                            Je préfère le terme de travailleuse du sexe à celui de prostituée car je trouve le terme moins stigmatisant pour les personnes qui exerce cette activité.



                          • Corinne Colas Corinne Colas 12 août 2014 12:12

                            « plantation » en remplacement de « ferme avec esclaves », était aussi moins stigmatisant à une autre époque, un écran pour éviter le questionnement et qui ne changeait rien à la situation des noirs.


                          • ANNIE 12 août 2014 12:42

                            Je préfère le terme de travailleuses du sexe à celui de prostituées car je trouve le terme moins stigmatisant pour les personnes qui exercent cette activité.

                            La plupart des travailleuses du sexe ne craignent pas d’être reconduites à la frontière car elle sont issues de l’espace Schengen et peuvent librement séjourner 3 mois en France. Et une majorité d’entre elle ne reste pas en France car la vie y est trop chère elle préfèrent faire des aller retour entre leur pays d’origine et la France. Cette loi va surtout développer les sex tour ou city tour.

                            A Paris, la brigade chargée de la répression de la traite des êtres humains compte une trentaine de policiers. La brigade de répression du proxénétisme de la préfecture de police de Paris compte une cinquantaine de policiers pour l’ensemble de l’agglomération et son voisinage Ces effectifs et ces moyens sont déjà insuffisants. La chasse aux mafias et proxénètes ne devrait-elle pas être privilégiée sur la chasse aux clients ?


                          • titi 11 août 2014 18:38

                            Ce serait une bonne idée de légaliser la prostitution.

                            Comme le trafic de drogue.

                            Cela augmentera notre PIB, et provoquera une « croissance » exceptionnelle.

                            Hollande pourra alors continuer à emprunter .


                            • Corinne Colas Corinne Colas 11 août 2014 19:26

                              Continuons sur une lancée qui permet de se nourrir de beaux principes sans rien changer au monde qui ne tourne pas rond puisque la prostitution y est un « débat » : 

                               

                              "Pourquoi la prostitution ?"

                               

                              Ah oui, il y a des pauvres, c’est vrai qu’on n’était pas au courant. Et en face, ce sont des désespérés malheureux au final puisqu’ils sont obligés de payer pour ce que la majorité fait gratuitement. (M. Strauss-Kahn est ravi)

                               

                              Bon, pour ceux/celles trop moches pour faire le tapin, on n’interdit pas le vol non plus car il faut bien se nourrir. 

                               

                              Quant à la drogue, pourquoi la refuser aux accidentés de la vie s’ils y trouvent leur bonheur ? Qui sommes-nous pour juger qu’il est artificiel ?

                               

                              Ah la la, vous m’en direz tant ! Victimes ... « de la société » diraient Les Inconnus avec leur esprit caustique ! Ce qu’il faudrait, c’est s’occuper des vrais problèmes en amont !!!!!

                               smiley

                               

                              Et la liste est si longue qu’on ne sait plus par quoi commencer, ce qui est le but ! Tous responsables mais pas de coupables...

                               smiley smiley

                               

                              Heureusement pour nous, les raisonnements inconfortables sont vite balayés par la même espèce de prêcheurs dont le statut est lié uniquement à l’argent. "Après tout, louer ses bras, son vagin ou son utérus, n’est-ce pas la même chose", serinent-ils ! 

                              Les esprits chagrins répondent en cœur que tapiner sur un trottoir ou au parlement européen, c’est pareil aussi (ah bon ?? est-ce tirer avantage de sa position sur le trottoir ? est-ce que c’est le corps des députés qui intéressent les lobbies ?).

                              Au ras des pâquerettes, d’autres encore justifient la prostitution au prétexte qu’elle aurait toujours existé (?), un « argument » choc, et parce que ces dames sont de bonnes comédiennes, les couillons affirment comme d’habitude qu’elles aiment « ça ». 


                              La boucle est bouclée, surtout ne la défaisons pas ! 

                              Certains ici ne font que répéter un discours enfoncé dans leur tête tandis que des clients viennent simplement défendre leurs « achats ». Q’ils ne viennent plus déclamer sur l’injustice à propos d’autres sujets, on aura du mal à les trouver crédibles.

                              Le corps humain (ou ses parties) n’a de valeur que s’il peut être vendu, la cause est entendue, il ne s’agit que d’un contrat tacite ou écrit peu importe. 

                              Dans ce cas, pourquoi pleurer sur Gaza actuellement, ses habitants n’ont de valeur que celle accordée par le gouvernement israélien... Et pour le moment, ils n’en ont pas ! La loi du plus fort est toujours la meilleure. Les survivants n’auront qu’à vendre leurs organes ou venir tapiner en France (les réseaux roumains leur expliqueront la marche à suivre), il se trouvera toujours des acheteurs prêts à leur tendre « les bras » tout en pleurnichant sur « les victimes de la société » !


                              Hé oui, s’il y a des prédateurs... c’est parce qu’il y a aussi des acheteurs ! 

                               Sur ces derniers, les incantations marchent-elles mieux que la loi ? 

                               

                              La prostitution doit être interdite avec coffrage des réseaux et des... clients ! Même si cela reste symbolique, sa non légalisation empêche d’ailleurs de relativiser ou de confondre entre elles d’autres formes d’abus « modernes » ou pas. 


                              • Pepe de Bienvenida (alternatif) 11 août 2014 19:39

                                Disons qu’elle doit être interdite temporairement, jusqu’au jour où les choix de chacun(e) seront libérés de la contrainte financière, où la personne qui effectue le choix le fera en connaissance de cause, et où personne ne pourra physiquement ou par un autre chantage l’y contraindre. Autant dire une interdiction définitive.


                              • Corinne Colas Corinne Colas 11 août 2014 21:27

                                ce qui sidère la réflexion, c’est de considérer que la dignité humaine relève uniquement du religieux... et ce mantra là est habilement distillé dans nos médias par ceux qui prônent la libéralisation de la prostitution, la marchandisation de la reproduction ou la vente d’organes.... sûrs que leurs filles ou garçons échappant de toute façon à ce destin, n’en récolteront que les avantages. 



                                Ceux qui ne vont pas à l’église (j’en fais partie) devraient donc se contenter des discours libéralistes à l’excès où faute d’un salaire suffisant, vendre un rein, faire le trottoir, louer son utérus etc. sont des alternatives ordinaires. Cela s’appelle le syndrome du larbin.

                                Le SMIC ne permet plus de vivre, il n’y a plus de travail pour tout le monde, allez tous au tapin ! 

                                C’est ça le progrès ? 



                              • Corinne Colas Corinne Colas 11 août 2014 21:51


                                « Et v’là Gaza dans l’affaire »

                                Tarata, c’est seulement l’actualisation du point Godwin faut se mettre à jour ! 

                                Mais un seul a mordu à l’appât pour conforter ma prédiction inversée sur l’échelle de l’indignation...

                                 smiley



                              • Corinne Colas Corinne Colas 11 août 2014 22:04


                                « au jour où les choix de chacun(e) seront libérés de la contrainte financière »

                                Les larbins de l’oligarchie n’ont pas l’air de plaider ici pour un « revenu d’existence », ils ont d’autres solutions pour les plus faibles, celles qui permettent d’exploiter jusqu’à l’os (et ce n’est plus une figure de style).

                                Dans un monde psychologiquement sain, on défend ceci :
                                « Le Revenu d’Existence : une réforme de société

                                Si le Revenu d’Existence semble n’apporter qu’un modeste supplément de revenu à une faible tranche de la population, il initie pourtant l’une des réformes de société les plus essentielles à plus d’un titre. En effet :

                                1. Il modifie de façon radicale la distribution primaire des revenus. Une part de l’ordre de 15% à 20% du PIB est distribuée à chacun, du seul fait de son existence, sans autre justification. C’est une réforme fondamentale dans l’organisation des transferts sociaux.
                                2. De par sa simplicité et sa transparence il évite tout passe-droit, limite la bureaucratie, met fin au maquis inextricable des diverses aides à la personne.
                                3. Il ne constitue en aucune manière une désincitation au travail puisque, à l’inverse des minima sociaux actuels, toute activité rémunérée procure un revenu supplémentaire.
                                4. Il donne à chacun l’assurance d’un revenu minimum garanti, en toutes circonstances, quels que soient les aléas de la vie, à une époque où le plein emploi ne peut être assuré tout au long de la vie.

                                Dans les circonstances présentes, en ce début du 21ème siècle, l’instauration du Revenu d’Existence s’impose tant pour des raisons sociales qu’économiques. »

                                http://www.revenudexistence.org/


                              • julius 1ER 12 août 2014 08:22

                                @C Colas,

                                Je partage ton argumentation même si je place cela sous l’angle d’un réequilibrage Capital-Travail...... avec 5 ou 7 millions de chômeurs et un nombre de pauvres qui n’ira qu’en augmentant, c’était la théorie du paupérisme de Marx et elle est tellement valide cette théorie, qu’on la voit se valider tous les jours sous nos yeux......et l’inversion de la courbe c’est comme vouloir éradiquer la prostitution, dans un océan de pauvreté qui s’accroit, c’est juste un voeux pieux à l’intention des bien-pensants, çà fait joli et çà sonne bien le mot « abolition » mais c’est un peu court quand tout les moyens ne sont pas mis derrière...
                                et les moyens ne sont et ne seront pas là car les moyens iront au paiement de la dette, aux forces armées et au pacte de compétitivité après ce sera « circulez y a rien à voir »....

                              • Le Kergoat [Frédéric MALMARTEL] Le Kergoat 11 août 2014 22:29

                                La prostitution c’est la mise de départ de toutes les mafias du monde, c’est ce qui financera plus tard la drogue et les fausses pièces dans les avions.

                                Elle doit être combattu implacablement, il faut arrêter d’être naïfs !


                                • placide 11 août 2014 22:34

                                  Savez vous que ne nombreuses personnes font ce métier en indépendantes ?


                                • Pepe de Bienvenida (alternatif) 11 août 2014 22:40

                                  Dans les pays pauvres de nombreuses personnes fouillent les décharges en indépendants, ça ne veut pas dire qu’elles en soient fières ou heureuses.


                                • placide 11 août 2014 22:46

                                  vous voulez que les gens soient fiers et heureux ?


                                • Pepe de Bienvenida (alternatif) 11 août 2014 22:48

                                  Vous voulez que les gens soient honteux et malheureux ?


                                • placide 11 août 2014 23:03

                                  Vous êtes drôle , il suffit donc de vouloir ou de ne pas vouloir ? pour les autres .


                                • Gasty Gasty 12 août 2014 07:42

                                  « La prostitution c’est la mise de départ de toutes les mafias du monde »

                                  Vu comme ça, le travailleur serait responsable du capitalisme, voir même de la mondialisation.


                                • Pepe de Bienvenida (alternatif) 11 août 2014 23:12

                                  Eh bien oui. Une société doit édicter certaines règles pour les autres. Il se peut que parfois ces règles soient une contrainte pour certains, mais elles protégeront des personnes en situation de faiblesse. C’est l’acceptation de ces règles qui fait la différence essentielle entre libertaires et libertariens, ces derniers pensant que le monde est un marché où tout peut s’acheter et se vendre.


                                  • placide 12 août 2014 09:38

                                    Vous ne seriez pas du coté de ceux qui contraignent et qui définissent ce qu’est un état de faiblesse par hasard ? si ce n’est le cas il semblerait que cela soit votre souhait . Moi aussi je souhaite dominer mon sujet .


                                  • Gabriel Gabriel 12 août 2014 09:12

                                    Bonjour l’auteur et bonjour la censure. Lorsque l’on censure un commentaire, le minimum du courage serait de justifier le pourquoi de cette censure, mais bien sur, pour cela il faut du courage et, à premier vue, le censeur en est dépourvu.


                                    • psynom 12 août 2014 10:16

                                      Quel est en fait le problème ?

                                      Pas loin de 90 % du proxénétisme en France profite à des réseaux étrangers. Donc 90 % des milliards, que représente ce qui est devenu le 2ème trafic le plus rentable, ne profite pas à notre oligarchie, ni au fisc. (par contre, actrice X au profit de l’industrie du X, c’est moral et autorisé…)

                                       

                                      Pourquoi amender l’achat de prestations sexuelles tout en ne pénalisant plus le racolage ?

                                      Deux raisons :

                                      • - les flics ne occuperont plus des filles, mais récolterons les amandes (ce qui n’est pas taxable doit être amendable)

                                      • - les filles et réseaux pourront racoler légalement sur internet (c’est ce qui se passe en Suède)... ce qui est contrôlable par notre oligarchie et qui lui profitera en passant par les paradis fiscaux non taxés…


                                      Quand l’état fait la morale, il y a forcément une raison cachée.


                                      • psynom 12 août 2014 10:40

                                        Si j’étais abreuvé de TF1, je n’aurais pas un tel résonnement.

                                        « alors que seulement 20 % des personnes prostituées dans l’espace public étaient de nationalité étrangère en 1990, elles en représentent aujourd’hui, et depuis les années 2000, près de 90 %. Les pays d’origine sont bien connus (Roumanie, Bulgarie, Nigeria et Chine principalement) et démontrent l’emprise croissante des réseaux de traite sur la prostitution...  » dont une proportion importante de mineures.

                                        Commission spéciale prostitution : table ronde du 30 oct. 2013 (vidéo)


                                      • psynom 12 août 2014 11:24

                                        Je vous trouve un peu condescendant… remontez un peu.

                                        D’accord avec vous en ce qui concerne ces assoc.

                                        Quelque soit le nombre de ces esclaves, elles sont soumises à des pressions et des menaces qui les empêchent de se confier. Les arrêter pour racolage leur donnait une possibilité de demander de l’aide, et d’être suivies par la police et association sincères (c’est ce que d’ailleurs Corinne Bertoux de l’OCRETH dit, timidement, dans cette table ronde).

                                        Si les flics sont plus occupés qu’à « racler les bidets » (comme ils disent eux-même), ces filles seront « invisible » livrée à indifférence de tous. Derrière un écran internet, personne même pas la police ne pourra percevoir leur malheur.

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Anna Flow


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