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Pourquoi pas

Yvan Levaï, dans son Kiosque sur Inter ce dimanche, citait longuement Bruno Frappat, directeur de La Croix, dans son éditorial, saluant l’arrivée de sa petite fille. Quoique ému, Frappat n’a pu s’empêcher de décrire le monde dans lequel la petite allait vivre. Pour faire bref, l’endroit n’est pas engageant, les problèmes nombreux et sans solution.

Ce beau texte, émouvant, m’a rappelé qu’il est quasi-impossible de parler avec des parents en devenir ou confirmés de leurs motivations. On s’aperçoit qu’ils y ont rarement réfléchi et leurs raisons – quand ils en ont – sont peu convaincantes. En fait, le domaine est celui de l’irrationnel. Les bonnes raisons de ne pas avoir d’enfants, il faut les chercher ailleurs, par exemple dans le livre de Corinne Maier « No Kid », paru en 2007 avec succès et scandale.

Pour le seul plaisir – petit et mesquin – de titiller les bonnes consciences, d’offusquer ceux qui veulent toujours plus de maternelles et d’encolérer curés et sages-femmes, j’en avais ajouté quelques autres.

L’annonce récente que la France allait compter 70 millions d’habitants dans quelques années me convainc que je ne mettrais pas la nation en danger en vous les soumettant.

Corinne Maier a publié No Kid (Ed. Michalon). Dans ce livre, très politiquement incorrect, elle démontre en 40 chapitres pleins de verve et de logique, les bonnes raisons de ne pas avoir d’enfants.

La liste de Corinne Maier est longue. Je trouve amusant de la prolonger.

- Écoutons John Brunner. Le génial auteur de Tous à Zanzibar fait dire à son héros, Chad Mulligan : « Il n’y a rien en vous de si fameux que cela mérite d’être perpétué physiquement dans votre propre descendance ».

Il suffit de se regarder, de pratiquer un minimum d’autocritique pour que l’évidence de sa médiocrité s’impose et fasse renoncer au risque de lancer dans l’existence un énergumène doté du même bagage génétique et qui aura la malchance de nous ressembler. L’autocensure devrait servir de permis de paternité et de maternité et être le meilleur des contraceptifs.

- De Cioran l’extralucide, dans son essai De l’inconvénient d’être né (Gallimard) : « J’étais seul dans ce cimetière dominant le village quand une femme enceinte y entra. J’en sortis aussitôt, pour ne pas avoir à regarder de près cette porteuse de cadavre ni à ruminer sur le contraste entre un ventre agressif et des tombes effacées, entre une fausse promesse et la fin de toute promesse ».

La peine de mort est donc une abomination et même le serial killer le plus épouvantable ne la mériterait pas. Quelle allégresse, quel bonheur pourtant à l’arrivée du nouveau-né, ce condamné à mort qui n’a commis que l’erreur d’avoir des parents amnésiques de la peur qu’ils ont de leur fin ou qui n’ont trouvé que ce moyen de se croire immortels.

NB : toute l’œuvre de Cioran est un long réquisitoire contre l’espèce humaine et son besoin irrésistible de se répandre, faisant d’elle le « cancer de la Terre  »

- Les croyants, les catholiques – et cette réflexion ne peut intéresser que ceux-là – auraient – pour moi – une autre raison, encore plus impérieuse, de s’abstenir de faire des enfants. Je ne résiste pas à l’envie de m’appesantir quelque peu. Croissez et multipliez-vous était l’injonction qui faisait les familles nombreuses au nom de l’amour de Dieu. Cette obéissance à l’Ordre divin avait certainement pour corollaire – la plupart du temps – l’amour des enfants. Mais, n’était-ce pas qu’un moyen, parmi d’autres, de prouver sa dévotion et le respect du dogme ?

Le devoir du parent ne se limite pas à l’élevage de l’enfant, à son éducation. Il englobe le souci de ce qu’il va faire, de ce qu’il va être. Cette préoccupation devrait s’étendre même à son devenir post-mortem. Pour le catholique, pendant des siècles le choix était simple : paradis ou enfer. Aujourd’hui le mot enfer est devenu politiquement incorrect. Des pratiquants interrogés m’ont dit que le terme n’était plus employé. L’enfer, pourtant, n’a pas disparu du catéchisme. On le trouve dans la Première Partie (Deuxième section, Chapitre troisième, article 12, paragraphe 6, IV).

Si l’église ne le représente plus comme pendant les siècles passés où elle assurait son emprise sur les corps et les âmes par la terreur que sa représentation imagée imposait, les mots qu’elle continue d’employer en font un lieu qui reste inhospitalier. Tous les termes des évangiles sont repris : géhenne, feu qui ne s’éteint pas. Il y est dit que l’enseignement de l’Église affirme l’existence de l’enfer et son éternité. En fait le discours est alambiqué mélangeant l’amour miséricordieux de Dieu à sa condamnation pour ceux qui peinent à voir ses manifestations dans la vie qu’on les oblige à endurer. Si une catéchiste nous a dit ne pas parler de l’enfer aux enfants auxquels elle veut ouvrir les portes du ciel, le catholique pur et dur, élevé dans sa peur, ne devrait-il pas, par charité chrétienne - et mise à part l’envie de punir l’athée de son hérésie - éviter à sa progéniture le risque de faire le mauvais choix pour une éternité tandis que lui, décédé en état de grâce, la passera dans la béatitude de la proximité divine ? L’âme la mieux trempée devrait être effrayée de cette perspective, de cette responsabilité rendant impossible ce « bonheur infini », dans la « cité sainte de Dieu », « lieu de bonheur, de paix et de communion mutuelle ».

On pourrait encore justifier le refus par le souci de ne pas ajouter quelques innocents aux milliards qui s’entassent sur une planète exténuée par tant de succès. L’état des lieux devrait inciter à la circonspection. Les perspectives écologiques, climatiques, démographiques sont dissuasives. Le lieu risque de devenir de plus en plus malsain, avec des jungles urbaines tentaculaires et une nature en ruines. Feindre de l’ignorer participe du refus de réfléchir, d’un besoin atavique, archaïque, organique, d’une obéissance à un conformisme social dominant et d’un plaisir égoïste.

- J’attends avec impatience et intérêt le livre-réponse au travail de Corinne Maier. Il s’intitulera certainement Les 40 Bonnes Raisons d’avoir des enfants. Il faut en effet contredire avec rigueur, avec vigueur, tous ces fous, toutes ces folles qui veulent l’extinction de l’humanité en une génération et qui y travaillent sans vergogne, sans respect pour rien ni personne.

 


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61 réactions à cet article    


  • SANDRO FERRETTI SANDRO 2 juin 2008 10:44

    Cher Docteur,

    Vous faites bien de citer Cioran.

    Le principal inconvénient d’étre né est d’avoir à mourir, et de devoir supporter la mort des autres.

    Ceci dit, une fois qu’on est laché sur les starting block de la vie, faut bien faire sa course, non ?

    Le problème est que l’on ne sait pas de quelle course il s’agit (un sprint ? Un marathon ?).

    Dans le doute, on met le curseur au milieu, et on fait comme si c’était un 5 000 mètres. Rarement le cas...


    • Dancharr 2 juin 2008 17:27

       

      Sandro,
      Ce qui est dur pour soi, pourquoi le faire subir aux autres alors qu’ils étaient très bien là où ils étaient, dans le néant et n’en demandaient pas plus…

    • Olga Olga 2 juin 2008 10:48

      Dancharr,

      Veuillez m’excuser pour ce besoin subit de vous relater mon expérience toute fraîche, puisqu’elle remonte à ce week-end. J’ai passé quelques heures auprès de mes neveux, respectivement agés de onze mois et de quatre ans. C’est à chaque fois le même bonheur qui m’envahit, quand je vois leurs yeux pétillants et leurs sourires enchanteurs. Il n’y a rien de plus beau que le regard désarmant d’un enfant heureux. (Et en plus ils ont un goût très sûr, mes neveux, puisqu’ils m’adorent...)

      John Brunner et Cioran n’y changeront rien. La vie ne vaut que pour le sourire d’un enfant.

      Et si nous arrêtions de faire payer le prix de nos inconséquences meurtrières, à tous ces enfants nés du mauvais côté de la barrière ?

      Je cite volontiers les paroles de Paul et de John : "Give peace a chance".


      • Dame Jessica Dame Jessica 2 juin 2008 11:42

        @ Olga

         Je vous retrouve enfin ! J’ai laissé un message à votre attention ainsi qu’à Gül sur un autre fil "produit Sarko" je crois...me ferez vous la grâce d’y jeter un oeil et de me dire ce que vous en pensez trés chère ? Dans l’attente,

        trés cordialement à vous


      • Olga Olga 2 juin 2008 13:05

         

        @Dame Jessica

         

        J’avais déjà lu votre message sur le fil "Le produit Sarkozy" (et j’en prends note avec grand intérêt). Car malheureusement (ou heureusement...) mon incompétence notoire à trouver un employeur (à bon entendeur...), ne me laisse que trop de temps pour parcourir cette vaste Agora...

        Désolée d’avoir écrit le nom de Sarkozy si près du vôtre. C’est à l’évidence un motif de grief. Je promets de ne plus le faire...


      • Dame Jessica Dame Jessica 2 juin 2008 13:49

        @ Olga

        Je refuse de croire que tous les employeurs potentiels de france soient frappés de cécité mentale et ne vous propose pas quelque emploi digne de vous ! Si tel est le cas, vous m’en voyez navrée et je souhaiterai vous être utile d’une manière ou d’une autre...Peut être pourrez vous m’en dire davantage sur vous et vos attentes professionnelles sur cette fameuse page my space Dame Jessica où je vous attends quand il vous plaira...

        Au plaisir de vous lire


      • Olga Olga 2 juin 2008 14:26

        Je n’impute pas mon désoeuvrement (dont je tente d’en faire une oeuvre) à la cécité mentale d’éventuels employeurs. C’est à coup sûr mon tempérament, à la fois sauvage et délicat  , qui dessert ma cause (qui est bien modeste, je dois l’avouer).


      • Dame Jessica Dame Jessica 2 juin 2008 14:59

        @ Olga

        Je suis fort bien placé pour savoir que l’oisiveté est un art délicat et qui n’est pas accessible à tous...Il faut un moral et une personnalité bien particulière pour savoir ne rien faire avec talent ! J’ai moi même cultivé cette qualité avec toute l’application et l’organisation qu’elle nécessite ! Je me suis également débrouillé, aprés moults essais infructueux, pour exercer une profession où lorsque je sors travailler je dis que je vais jouer...pas mal,non ?


      • Dame Jessica Dame Jessica 2 juin 2008 15:25

         

        Oula ! Inutile de moinsser ce commentaire amis et voisins, je n’y fais que d’ironiques remarques sur les périodes de chômages techniques concernant les comédiens...rien de bien méchant même si ce n’a rien à voir avec le fil...veuillez m’excusez, je ne le ferai plus !


      • Dancharr 2 juin 2008 17:29

         

        Olga,
        Mais moi aussi j’adore les enfants et leur sourire, leur joie de vivre. Mais je vois aussi ce qu’ils vont devenir, le monde où ils vont devoir vivre sans l’avoir demandé. Je veux bien que la vie ne vaille que pour le sourire d’un enfant. C’est peu payer les larmes, les malheurs, les souffrances de tous les autres que la vie ne fait pas sourire. C’est ce qui me fait croire qu’il faut un sacré égoïsme, une sacrée amnésie, un sacré aveuglement pour justifier la présence d’un enfant par le plaisir qu’il donne à ses parents, à ses oncles et tantes quand il joue avec eux et qu’il leur sourie. Il le fait aussi parce qu’il ne sait pas dans quelle galère – pour être poli – ces si gentils adultes l’ont précipité. Ils s’exonèrent, les hypocrites, de toute leurs responsabilité dans les calamités à venir, qu’il devra supporter seul, sans personne pour le protéger des bombes, des maladies, du chômage, etc., etc.…
        Pour être franc, je trouve que votre bonne raison ne fait pas le poids face aux miennes.

      • Deneb Deneb 2 juin 2008 18:12

        Olga, moi aussi, je veux donner une chance à la paix, juste que Paul, bien que co-signataire n’en est pas pour autant co-auteur, la chanson est de John seul. Je suis d’accord avec vous que la vie vaut d’être vécue pour le sourire d’un enfant. J’en ai fait 3, personellement. Je me dis qu’au moins quelqu’un me fréquentera encore quand je serai vieux et con. D’un autre côté, faire et élever des enfants est notre devoir biologique. Quand on est athée, c’est le seul vrai sens que l’on peut donner à sa vie : disperser ses gênes et essayer de controler leur devenir. Le reste, c’est de la rigolade.


      • Olga Olga 2 juin 2008 19:14

         

        @Deneb et Dancharr

        Deneb, je vous crois sur parole quant à la paternité unique, de John, sur le texte de la chanson évoquée un peu plus haut. Par contre je m’interroge sur ce concept de "devoir biologique". C’est vrai que le mot devoir peut certainement s’appliquer à l’homme. L’instinct animal de reproduction se joint à une volonté humaine, toute subjective, d’assurer sa descendance. Mais alors là, l’angoisse s’installe tout à coup. Si l’homme semble s’acquiter au mieux de son devoir biologique (se reproduire), que fait-il de son devoir moral de créature "intelligente" ? Toutes les espèces vivantes ont ce "réflexe inné" de se perpétuer, et l’homme va à l’encontre de cette "loi", en provoquant l’extinction de nombreuses espèces et en saccageant minutieusement l’écosystème planétaire. Il viole ses deux devoirs. Il n’assume pas son statut d’Etre moral et intelligent ; Il met en péril la survie de sa propre espèce (et la nature va certainement l’aider à accélérer ce processus apocalyptique).
        Du coup je viens de répondre également à Dancharr, qui n’apprécie pas mes envolées lyriques.

         


      • Deneb Deneb 2 juin 2008 20:09

        olga, vous pensez vraiment que l’humain est une créature inteligente ? En detruisant son propre environnement, en consacrant la plus grosse partie de ses ressources à produire des armes pour tuer ses semblables... Je ne sais pas comment vous definissez l’intelligence, mais il me semble que la plupart des agissements humains sont plutôt une insulte à l’intelligence. Lorsqu’on est croyant, on dit que l’humain possede une âme, qui le distingue des autres créatures. Moi, en tant qu’athée, j’aurai tendance à être bien plus modeste. Je me cantonne donc à mon devoir biologique, et je rigole bien du reste, ce que le religion justement ne sait pas faire.


      • Olga Olga 2 juin 2008 20:27

         

        Deneb,

         

        Et les guillemets encadrant le mot intelligent, ils sont là pour faire joli peut-être ?


      • Deneb Deneb 2 juin 2008 20:48

        mais tout ce qui emane de vous est très joli, ma belle.


      • Olga Olga 2 juin 2008 21:00

        Voilà ce qu’on appelle une réponse très, très, très intelligente (sans les guillemets).

        Merci, Deneb.


      • Lisa SION 2 Lisa SION 2 juin 2008 11:15

        Le devoir du parent ne se limite pas à l’élevage de l’enfant, à son éducation. Il englobe le souci de ce qu’il va faire, de ce qu’il va être... avez vous écrit.

        C’est la promiscuité et la complexité du labyrinte urbain qui engendre le déséquilibre social et mental. Les campagnes abritées et les tribus encore reculées, mais ouvertes, réconcilient avec la vie et l’envie de poursuivre la partie. Les paradoxes sont légion dans ce domaine, l’idée de partir pour une ile paradisiaque déserte est freinée par la montée des eaux, nos états d’ames sont indépendants de ceux de nos enfants, les tribus les plus modernes peuvent vivre quasiment en autarcie, les agro-carburants provoquent la faim dans le monde, et peu de bonnes nouvelles dans le flux des infos...Les choix sont contraints...


        • ZEN ZEN 2 juin 2008 11:17

          @ Olga

          Comme vous, je suis en extase devant mon petit-fils né il y a une semaine

          Je partage votre pari...et sans désir d’enfant, la vie est fichue.

          Mais il m’arrive de douter de la nécessité de continuer à faire des enfants, non pas par pessimisme philosophique à la Schopenhauer ou à la Cioran , mais en réfléchissant à l’avenir que nous leur préparons..

          Et pourtant il faut vivre....Seule issue : se battre pour un monde meilleur.

           


          • rocla (haddock) rocla (haddock) 2 juin 2008 14:00

            faut compter avec l’ instinct de survie et de son copain , l’ instinct de reproduction , mademoiselle mon instinct vous invite à me suivre ...


            • Dame Jessica Dame Jessica 2 juin 2008 15:01

              @ Rocla

              rhoooooooo Cap’tain !!!! Vous êtes incorrigible....et c’est tant mieux !


            • marine marine 2 juin 2008 15:08

              Rien ne me réjouit plus que la vue de mes enfants. Rien ne vaut effectivement leurs sourires et leur amour complètement désintéressé.

              Et si nous faisions des enfants dans l’espoir qu’ils rendent ce monde meilleur que celui que nous leur laissons ? Je suis une incurable optimiste, mes enfants feront mieux que je ne fais.

              Cordialement, aigue-marine.

               


              • melanie 2 juin 2008 16:43

                Difficile de ce sortir de ce débat où d’un côté, c’est la rationnalité et le tangible qui parle- La Planète qu’ils vont subir avec ses crises climatiques, sociales et économiques car ce n’est que le début- , rationalité qui n’a rien à voir avec l’amour, la tendresse, le fait de chavirer devant un petit bout , les projets qu’on fait pour eux etc.....

                Concernant la dernière phrase de l’auteur, je pense au contraire que le respect passe par une vraie reflexion à plat, de ce qui autrement que de manière dictatoriale - en Chine- pourrait ressembler à une réduction drastique du nombre d’indivdus de la seule espèce qui met à mal la survie des autres sur terre et la sienne propre par une destruction systématique des ressources et une émission proportionnelle de déchets.

                Il est impensable que la démographie, par le cumul perpetuel partout sur la Planète des interêts particuliers et de ce que chaque foyer estime comme son droit légitime, puisse grever à jamais la survie d’espèces qui elles, pour certaines ont survécu à plusieurs phases d’extinction - :

                Lorsque Yves Pacalet écrit le livre " L’Humanité disparaitra , bon débaras " ce scientifique et environnementalisme n’ exprime rien d’autre que ce que Cousteau disait, à savoir que d’un point de vue de la survie des hommes comme celle de la vie sur terre, le nombre exponentiel d’être humains- en tant qu’espèce et non chacun pris à part- dépasse déjà largement les capacités de la Planète en matière d’assimilation des déchets et de capacité à encaisser les agressions. Ce ne sont ni des tortionnaires, ni des nazis...

                Plus l’humanité se reproduit plus elle met en péril l’avenir des enfants qui sont à naitre et plus , d’une certaine manière, elle grève les conditions de vie et de survie de ses enfants.

                Les adorables pitchounets deviendront des adultes et revendiqueront eux aussi le droit à l’énergie - il n’existe par d’énergie non polluante utilisable par l’homme-, à consommer - alors même que les terres arables disparaissent inéxorablement-, à polluer ..bref à utiliser les ressouces d’une planète qui déjà déclare forfait.

                Il en est de la transition démographique comme celle de l’énergie, plus nous tarderont à infléchir notre manière entropique - exponentielle du tjs plus - de nous "reproduire" ou de consommer ,plus la transition imposée par une planète qui atteint ses limittes sera douloureuse.

                Je sais que ce discours ne sert à rien, mais d’une manière certaine, on ne peut plus en faire l’économie.

                Bien sûr que ce discours depasse de loin l’essai de Corinne Maïer, mais il n’est pas inutile de l’avoir en tête. Bien sûr, c’est à l’ Asie et à l’Amérique Latine que ce discours devrait être tenu et bien sûr qu’il serait inaudible et les réactions hyperviolentes, puisque faire des enfants est considéré comme un droit inaliénable...

                Inaliénable jusqu’où ??? Jusqu’à quand ??

                Si faire des enfants se solde par le fait de leur laisser une planète invivable, je ne sais pas si l’humanté fait un choix raisonnable. Or c’est cela qui est en jeu, tous les voyants sont au rouge, les mesures prises en Occident ,cosmétiques, et on fonctionne comme si tout allait continuer comme avant. Or la Planète que Zen laissera à son petit fils n’aura rien à voir avec ce qu’il a connu, mais pas de façon positive.

                Alors, on continue ???

                 

                 

                 

                 

                 

                 


                • Deneb Deneb 2 juin 2008 20:36

                  melanie, justement, il va falloir que quelqu’un paie les pots casses après nous. Si on fait des enfants, ce n’est pas pour qu’ils se la coulent douce, pardi. Ils nous en voudront, mais les enfants sont comme ça. Même s’il naissaient dans un monde idéal, ils en voudraient quand même à leurs parents, c’est dans l’ordre des choses et c’est très bien ainsi ; c’est la seule chose qui fait encore avancer le monde dans la bonne direction.


                • Deneb Deneb 2 juin 2008 17:45

                  La vie est une maladie mortelle sexuellement transmissible.


                  • melanie 2 juin 2008 23:18

                    @Deneb

                     

                    Nous ne sommes pas dans la psychologie génétique - de l’Enfant et de l’Adolescent-, et les thématiques généralistes concernant le fait que les parents ne sont jamais considérés comme parfaits par leurs enfants... - mais dans une reflexion nécessaire de decentrage de nos petits interêts particuliers et qui concerne l’homme en tant qu’espèce predratrice et invasive qui met en danger la vie dans un court terme et sa propre existence dans le court ou moyen terme.

                    Il ne s’agit pas de façon philosophique d’analyser les rapports filliaux mais de convenir que nous avons changé d’echelle et que nous sommes démographiquement près d’un seuil critique .Il ne s’agit plus seulement d’un choix personnel , en avoir ou pas - d’enfants, certains d’ailleurs souffrent de ne pas pouvoir connaitre le bonheur d’être mère-, mais de sortir d’une logique individualiste et angélique du c’est formidable de faire des enfants....Oui et après...

                    Au delà de nous , il y a l’espèce humaine et le fait que très rarement ,et surtout dans ce domaine jugé intime, elle ne se décentre et se pense comme espèce et pense à sa légitimité quant aux autres espèces et à son rôle dans l’écosystème.La démographie et faire des enfants en fait partie.La terre est comme une boite de pétri, limitée dans ses ressources et nous ne pouvons comme des bactéries nous reproduire à l’infini , ça ne fonctionne pas...Les guerre pour les ressources en eau, en pétrole et en ressources alimentaires ne font que commencer... Je prêche dans le désert.... Faire des enfants n’est pas qu"un choix personnel, c’est un choix de société, responsable.

                     

                     


                    • Deneb Deneb 3 juin 2008 06:00

                      Melanie, je ne dis pas qu’il faille faire des gosses à tout va. Mais 1 ou deux par couple, ça ne créera pas de surpopulation, et ça permettra de renflouer demographiquement notre vieille Europe, actuellement en recession. Et ça permettra d’equilibrer un peu nos vieux jours, qui sans enfants nous rendront acariatres et destructeurs. La cause de la surpopulation n’est pas dans l’amour des enfants, mais dans les croyances idiotes, refus catégorique de la contraception par ignorance, nationalisme, religion.

                      On ne peut pas se reproduire à l’infini, car on risque, à l’instar des bactéries dans une eprouvette, de se noyer dans nos propres déchets ? Mais l’humain n’est pas une bacterie. Nous sommes tout de même capables de conquerir de nouveaux territoires, et les adapter pour les coloniser. Nous sommes aujourd’hui techniquement capables de peupler les mers, les pôles et plus tard, l’espace. Il faudrait juste que l’on se montre un peu plus raisonnables dans nos agissements, que l’on puisse croire, non pas en dieu et autres monstres volants, mais en nous-mêmes.


                    • Gül 3 juin 2008 07:32

                      Bonjour Dancharr,

                      D’habitude j’apprécie beaucoup vos billets, celui-là me laisse comme un goût amer.....

                      Je trouve qu’il s’en dégage une desespérante tristesse.

                      Au fur et à mesure de la lecture, je me disais : "C’est encore une de ses parodies", et me dépêchais d’arriver à la fin pour y trouver une lueur d’espoir.

                      Mais, non, rien, un implacable constat. Vous nous confrontez à une réalité que nous ne voulons voir.

                      Dans le même temps, je ne peux que refuser cette idée mortifère. Nous serions les derniers, nous et les enfants que nous avons déjà faits ?

                      Je suis désolée mais je ne peux me résoudre à un tel scénario. Si notre société, nos habitudes, nos attitudes face au monde qui nous entoure, se doivent de changer, je veux garder au fond de moi, la croyance, aussi fortement que la vôtre, que nos enfants seront l’avenir de cette terre.

                      Ce ne sont pas les enfants qu’il faut "supprimer", ce sont les abrutis qui dirigent le monde actuellement en ne faisant que trop peu cas de sa population pour engranger toujours plus de profit.

                      Et ce sont tous ces hommes et femmes en instance qui y parviendront, du moins je veux le croire.

                      Bien à vous.

                       


                      • Dancharr 3 juin 2008 17:47

                         

                        Gül,
                        Merci de votre commentaire.
                        Votre émotion me peine et je n’avais pas voulu de tristesse. Par tempérament, je préfère faire sourire. Mais tous les sujets ne s’y prêtent pas. Celui-là vient de loin et je n’ai pas encore la réponse à ma question. Je persévère donc avec mes mauvaises idées.
                        Elles ne sont pas très bien comprises car je cite l’état du monde d’aujourd’hui et de demain en dernier, comme une cause que l’on ne peut évacuer mais qui est, somme toute, secondaire car on pourra toujours trouver des endroits où il fera encore bon vivre. Ce que je déplore et ne comprends pas c’est la légèreté de la décision, l’absence de réflexion : Ai-je les qualités qui me rendent apte à créer un enfant qui aura, avec ce que je lui lègue, des chances d’être heureux ? Ai-je les moyens intellectuels, moraux, financiers de réussir son élevage, son éducation ? Je voudrais aussi que l’on cesse de dire : je veux un enfant. L’enfance dure un instant, la vraie vie beaucoup plus et, là, on n’a personne qui nous aide à traverser la rue. J’aime bien le rire du bébé, du petit enfant. J’aimerais être sûr que son rire sera là de 15 à 80 ans. Je préférerais la formule : je veux mettre sur terre un être de qualité, qui ait une belle vie d’adulte. J’aimerais que l’on se demande : en suis-je capable ? Savoir si le monde est en état de l’accueillir est secondaire. S’il est de qualité, le petit homme, la petite femme une fois grand et grande auront celle de le rendre habitable.
                        Pour moi, les questions que pose la décision d’avoir un enfant sont davantage d’ordre intellectuel, moral, voire spirituel que matériel. C’est pourquoi les bonnes raisons de Corinne Maier ne sont pas en réalité les miennes. Ni l’état de la terre. Personne ne le relève. Ce sont pourtant les seules – pour moi – qui vaillent d’être discutées.
                        J’ai aussi bien conscience - et mon erreur est sans doute de vouloir en faire une règle universelle - que ma position, très subjective, est conditionnée par une forme d’autocritique. Parce que je ne me trouve pas les qualités qui méritent d’être perpétuées, que je me crois assez représentatif d’une humanité moyenne, j’aimerais que mes bonnes raisons soient les siennes…
                        Bien cordialement.

                      • SANDRO FERRETTI SANDRO 3 juin 2008 18:23

                        "J’ai pas su faire, j’ai pas suffi".

                        (Alain Bashung)

                        et encore :

                        "Rendez vous sur la lande

                        A l’endroit où on s’étaient épris

                        Les gens sont des légendes

                        Mais leurs ames prennent le maquis

                        Dans les herbes folles

                        Tu peux courir

                        C’est pas un jeu

                        Rendez vous sur la lande

                        Et que cesse l’halalli

                        Qu’on me presse une orange

                        De ma peine je ferais mon lit

                        Dans les herbes folles, tu peux courir

                        Pour des aveux

                        Non-lieu".

                        (A. Bashung/ J. Fauque, "mes prisons")

                         


                      • Gül 3 juin 2008 22:47

                        Vous êtes tout pardonné, car vous venez de me redonner un brin d’espoir.

                        Et l’humanité moyenne dont vous parlez est bien souvent celle qui est pleine de bon sens et de valeurs qui nous préservent du pire.

                        Cordialement.


                      • Dame Jessica Dame Jessica 4 juin 2008 16:35

                        @ Moinsseur pathologique

                        Moinsser Bashung (Sandro) et Gül ?! Qui que vous soyez vous devriez lire les commentaire avant de voter à tort et a travers...pffff, n’importe quoi j’te jure !


                      • rocla (haddock) rocla (haddock) 3 juin 2008 08:37

                        Cher Monsieur Dotor Danchar ,

                         

                        Tenté d’être de votre avis quant au monde qui nous entoure , mais nous regardons avec nos yeux un peu fatigués , les petits , eux , sont tout neufs avec leur préhension et envie de vivre et disposition naturelle .

                        La gentillesse la vraie celle qui sauve tout existe , y en a qui l’ ont rencontrée .

                         

                        Bien à vous Dotor .


                        • Castor 3 juin 2008 17:46

                          Had,

                          merci de nous apporter une nouvelle fois confirmation de ton incroyable sens de la vie et de ta redoutable façon d’exprimer ces choses si simples et tellement belles qu’elles nous tireraient des larmes.

                          J’aimerais avoir la chance de croiser des gens comme toi qui, s’ils étaient plus nombreux, nous mèneraient sans aucun doute vers un monde tellement plus beau qu’il nous inviterait à nous multiplier.

                          Merci.


                        • SANDRO FERRETTI SANDRO 3 juin 2008 18:18

                          Oui, Castor.

                          Un rosé frais dont le glaçon tinte dans la main, un cigare, le "Voyage " sur les genoux et Had comme cyber-copain,on peut mourir.

                          La féerie sera pour une autre fois....


                        • Castor 3 juin 2008 18:28

                          Sandro,

                          Entièrement d’accord, et ceci étant dit sans aucune arrière pensée à caractère sexuel, n’étant pas moi-même de la jaquette.

                          @ l’auteur,

                          J’ai été bien malgré moi malpoli avec vous et j’ai déboulé avec mes gros sabots sans dire bonjour.

                          Je m’en excuse.

                          J’ai lu votre article avec attention, étant un ancien désabusé-tendance-noir-c’est noir.

                          De coup dur en coup dur, je me suis frotté à la vie, croyant la perdre tôt et l’ayant rattrapée grâce à des gens comme vous (j’entends des médecins).

                          J’ai peine à croire à tant de noirceur, ou alors la retraite vous va mal et il vous faut exercer d’urgence pour croire à nouveau à la vie et à ses petits et grands miracles.

                          Je vous en prie, reprenez-vous, quand on écrit aussi bien on ne peut pas céder à la désespérance !


                        • snoopy86 3 juin 2008 18:35

                          Salut Had, Castor et Sandro...

                          D’accord avec vous, il faut emmener ce bon docteur faire une petite virée sur la Nationale 7....

                          Des nouvelles du mataf ?


                        • Castor 3 juin 2008 18:42

                          salut snoop,

                          pô vu mais y’a un extrémiste qui fait rien que de me moinsser...

                           


                        • snoopy86 3 juin 2008 18:50

                          un voisin à toi ?


                        • Castor 3 juin 2008 18:55

                          Possible, mais je crois que celui à qui tu penses a été enlevé par Dugué courant de semaine dernière.

                          J’ai même demandé à ce dernier de le libérer...j’attends une possible demande de rançon.

                          Peut-être son chien-chien ?

                          Bon, je me rentre, cette double vie me fatigue. Buvez un coup à ma santé si d’aventure vous en débouchez une ou deux.


                        • Dancharr 3 juin 2008 21:23

                           

                          Castor,
                          Pas de souci, pas de déprime, mais des vieilles ruminations qui ont envie de prendre l’air et d’empoisonner un peu l’ambiance. C’est mon côté sadique – une déformation professionnelle – qui peine à s’amender : ne fumez pas, buvez moins, mangez moins, ça laisse des traces.
                          Surtout, comme dit ma femme : « tu as enfin trouvé à qui parler  ». Même si en retour on se fait engueuler c’est le signe qu’on a appuyé là où ça fait mal. De mon temps, la palpation appuyée à l’endroit sensible, c’était toute la médecine et ça ne se corrige pas.
                          J’ai des réserves de rire. J’espère pouvoir vous en faire profiter - et me faire pardonner…
                          Amicalement.

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