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Accueil du site > Actualités > Société > Pourquoi un tel amour entre journalistes et sondages ?

Pourquoi un tel amour entre journalistes et sondages ?

Suite à un récent d'article de Laurent Pinsolle (1), dans lequel il discute un sondage, il m'est revenu en tête cette magnifique histoire d'amour entre les journalistes et les sondages. Une histoire d'amour passionnelle, fascinante, repoussante où sont mis en scène Frankenstein se laissant séduire par sa créature, un père manipulant sa fille, un couple jouissant d'une aura qui impressionne et plaît. En somme une histoire qui ferait frisonner d'excitation Pedro Almodóvar.

La plasticité de rêve des sondages

Si les journalistes aiment tant les sondages, c'est grâce à leur corps provocateur de réflexes des glandes salivaires. Avant tout, les sondages sont un instrument de mesure de l'opinion publique qui a été pondu par les sciences sociales, avant d'être rapidement repris par les médias. Ainsi, les sondages ont un caractère scientifique indéniable ; ils ont la réputation d'être objectifs et fiables. Mais, toute méthodologie cherchant à sonder l'humain a des défauts et a été remise en question ne serait-ce qu'une fois (cf. Bourdieu, l'opinion publique n'existe pas). Tant pis, nos amis fournisseurs d'information s'en moquent bien, la beauté de leur amant leur empêche de voir la vérité en face.

De ce fait, les sondages sont quotidiennement utilisés ; en voilà une qui ne refuse pas de coucher ! Cependant c'est certainement parce que les sondages coûtent moins chers que d'envoyer des reporters sur place pour analyser, réfléchir et apporter une version d'un événement la plus honnête possible. Alors, en tant qu'entreprises, les médias mettent de côté les reportages et se contentent des dépêches des agences de presse et pour leur une, un p'tit sondage qui fait scandale.

Pour cette raison, ces sondeurs d'opinion publiques sont devenus une variable avec laquelle nos élites élus doivent jouer. Elles vous diront bien que les sondages ne veulent rien dire, mais quand ils vont dans leur sens, ils sont parfaitement acceptés. Les jambes des hommes politiques courent après la popularité que seuls ces instruments peuvent représenter, sans être discutés. À vrai dire l'État lui-même est un gros consommateur de sondages (2).

Pour résumer donc, les sondages sont légitimés scientifiquement, peu coûteux comparativement à d'autres pratiques journalistiques et constituent un élément courant de la vie politique française.
 

Faire des enfants sans difficulté

Si vous n'avez rien à dire, vous faites quoi ? Vous la fermez généralement. Et bien les médias sont ce malpoli qui ne sait jamais quand il faut coller ses lèvres l'une à l'autre. De ce fait, s'ils n'ont rien à dire – ce qui paraît complètement insensé étant donné qu'il y a toujours quelque chose sur lequel se pencher avec sérieux, mais si ce quelque chose ne rapporte rien – les sondages arrivent à point nommé pour inventer un scoop. Par exemple, sur l'article de Pinsolle, c'est Marine Le Pen qui se voit présidente et Niko Sarko son dauphin ; rien de tel pour attirer l'électeur tendu qui se dit qu'il ne peut pas ne pas en savoir plus.

Aussi, sans insister au risque de me répéter, la création de l'information est fortement facilitée car elle est moins chère. Elle a, en plus, jamais été plus simple à faire. Il suffit de payer un institut et exploiter les résultats fournis, c'est loin d'être la tâche la plus compliquée à effectuer, au contraire d'une enquête sur plusieurs mois en s'efforçant d'être le moins partial possible.

 

« À deux on est plus fort ! »

C'est bien ce que doivent se susurrer à l'oreille nos deux amoureux. Avant l'apparition de son autre moitié, le journaliste était soumis à l'élu, qui lui savait ce que pensait le bas peuple, c'est pour cela qu'il avait été choisi pour le représenter. Des années après la naissance des sondages, la situation a bien évolué. Les journaleux peuvent maintenant se targuer d'être sur un pied d'égalité avec les hommes politiques, puisqu'ils savent aussi ce que pensent les Français. Les sondages leur confient donc la même « science » de l'opinion publique, ce qui – si l'on met de côté tous les problèmes posés par cette notion – est une force légitimante pour parler au nom du peuple, soit un joli majeur adressé à ses représentants officiels.

Ceux-ci peuvent même subir l'affront de l'obligation de réponse, les journalistes enfilant sans hésitation le vêtement du juge ; les Français » exigent selon tel sondage des explications sur tel sujet. Les journaleux se fichent totalement de savoir comment a été fait le sondage et qui a payé pour lui si c'est pour donner des petites tapes punitives à l'homme politique, comme un petit frère prend un malin plaisir à défier son aîné une fois qu'il a fini sa croissance.
 

La meilleure façon de séduire pour un ménage à trois

Parce que l'amour ne suffit pas pour survivre dans une société consumériste, les journalistes sont contraints de vendre, c'est-à-dire rendre public leur relation avec les sondages. Le client à plumes, le consommateur de médias est la proie parfaite. Les réactions peuvent être basiques, quasiment animales, quand on lit les intitulés de sondages dont voici quelques exemples ; « Le Pen devant Sarkozy au 1er tour », « François Hollande a 18 % de popularité », « Le PS en perte de vitesse pour les Européennes », etc.

Le consommateur a envie de savoir de quoi il s'agit exactement. Cette affirmation lancée dans l'espace public est le parfait morceau de fromage déposé dans un piège. Celui de débattre sur une interrogation motivée d'abord financièrement, puis subjectivement, car la constitution des catégories d'interrogés et des réponses obéit à des logiques qui ne peuvent être – et ne seront jamais je me risque à penser – impartiales. Mais cela mériterait un autre article sur les sondages.

 

Au total, une simple phrase ; les sondages sont très utiles aux journalistes pour les raisons évoquées ci-dessus et un certain nombre de pratiques ont été développés à l'aide de ceux-ci, pour répondre à des impératifs d'ordre financier, pratique et sociétal.
 

Sources

Patrick Champagne, sociologue qui s'est très fortement intéressé aux sondages.

Pierre Bourdieu et l'indémodable (ou presque), L'opinion publique n'existe pas.

 

Notes

1 : http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/que-penser-du-sondage-de-marine-le-155160

2 : Pour Niko Sarko ça serait des centaines ! (http://www.20minutes.fr/elections/926197-presidentielle-nicolas-sarkozy-grand-consommateur-sondages)


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14 réactions à cet article    


  • caillou40 caillou40 9 août 2014 08:34

    Les sondages sont des thermomètres que les journalistes se mettent dans le cul faute d’idées et de talent.. !


    • Fergus Fergus 9 août 2014 09:45

      Bonjour, Caillou.

      Ce n’est pas faux : les sondages sont des outils souvent utiles auxquels les journalistes donnent un éclairage excessif car ils leur permettent, par un effet de loupe sur tel ou tel aspect des enquêtes d’opinion, et en n’hésitant pas à sortir les données de leur contexte, de faire le buzz médiatique. C’est de bonne guerre sur le plan commercial, mais on est évidemment très loin de l’éthique du métier qui exigerait beaucoup plus de recul de la part des professionnels. 


    • Singe conscient Singe conscient 9 août 2014 10:15

      Je vous que vous avez compris la photo, et j’aime beaucoup la formulation.


    • Scual 9 août 2014 11:14

      Ça donne une fausse crédibilité à leurs mensonges.


      • jef88 jef88 9 août 2014 12:21

        Les sondages sont une forme de statistique officielle(?)
        le seul fait de faire « parler » des éléments dits représentatifs, c’est déjà fausser le sondage.
        d’autre part TOUTE STATISTIQUE est entachée d’un % d’incertitude ....... On ne nous le précise JAMAIS !
        j’avais écrit un court article sur les stat en 2006 ici je n’en renie rien !


        • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 9 août 2014 13:18
          «  »Pourquoi un tel amour entre journalistes et sondages ?«  »

          Quelle question ! Il suffit de comprendre que les journalistes et les sondeurs sont tous au service de la Désinformation !

          Mais si les journalistes racontent des histoires et travaillent en continu et toujours pour le long terme, les sondeurs eux sont des intermittents et parfois des saisonniers, ils travaillent pour l’immédiat, ils préparent les « résultats », ils fabriquent les chiffres, ils incitent, ils « amènent » les électeurs ou les citoyens à ’croire« que tel ou tel est déjà »élu« avec »tel pourcentage« , ou tel ou tel responsable est accrédité de tel ou tel pourcentage de »bonnes opinions« et ... les moutons de Panurge broutent allégrement les chiffres touffus des Maitres sondeurs !!!

          La désinformation des médias et la corruption politique, validées par les »chiffres incontestables« de la Maison du Sondage, sont la garantie de la pérennité du LEURRE DÉMOCRATIQUE qui fait le bonheur des faux États, des faux gouvernements, des pouvoirs occultes de l’argent sale, des organisations satellitaires complices et complaisantes ainsi que des milliardaires malades qui accaparent et accumulent inutilement les richesses nationales. 

          Je n’ai pas proposé un article à ce sujet mais je n’ai jamais cessé de dénoncer les pratiques de la Maison du sondage depuis mon inscription sur ce site ... Il faut dire que la presse et en général tous les médias français se sont fortement ébranlés depuis la naissance illégitime de l’UMP et ainsi ils ont contribué sans le vouloir à la mise en lumière inévitable du LEURRE DÉMOCRATIQUE, ce qui a réveillé les électeurs-somnambules et appauvri encore plus les bidons des urnes !

          C’est cela la VÉRITABLE CRISE DES SOCIÉTÉS ; l’organisation sociale, politique et humaine qui s’appuie encore sur les idées préhistoriques dot être totalement réformée et rénovée à la lumière des connaissance et de la culture actuelles : Le pouvoir n’est plus politique et la politique ne peut plus survivre dans la transparence totale d’un Monde plus que transparent où les technologies permettent à tout le monde de surveiller tout le monde !

          Il est temps de lancer le Nouveau Monde qui serait plus réaliste et plus efficace, un monde qui interdit la folie des grandeurs des malades et des inconscients : Ni Rois, ni souverains, ni démocrates, ni dictateurs : Simplement de gestionnaires des affaires publiques qui respectent et font respecter les lois justes !

          Réhabiliter la vraie démocratie et ne plus bâtardiser ce mot sans doute le plus usité hypocritement sur la Planète serait d’admettre et de faire admettre définitivement à tous que LE POUVOIR APPARTIENT AUX LOIS ET NON AUX HOMMES !

          Ou la réforme des institutions internationales qui doivent décréter la  »DÉCLARATION UNIVERSELLE DES DEVOIRS HUMAINS" ou le désordre planétaire, tout le monde est face à ce seul choix !


          • marauder 9 août 2014 15:22

            @ Singe Conscient :

            Pourquoi un tel amour entre les journalistes et les sondages ?

            D’abords, c’est pas réciproque, un sondage ne peux aimer des etres vivants, encore moins une sous-caste particulière ;)

            Dans ces écoles maternelles et primaires, ou l’on tente beatement d’élever de petites meutes livrées à elles memes, se révele une lutte pour le pouvoir. Une fois la « hiérachie » en place, certains se font fort de rapporter au plus offrant. Souvent, c’est le Maitre décole, presque dieu en personne ;)
            Cela dit, beaucoup s’attachent quand meme au pouvoir temporel (le chef, le baggareur bogoss qui fait rien a l’école), quand l’intervention divine est « calculable » ... (en grece antique, ca devait etre deja comme ca), meme si tout est entremellé...

            Voir « les nouveaux chiens de garde »

            En clair, un reporter, n’etait à l’école qu’un rapporteur à quatre chandelles ;)


            • claude-michel claude-michel 9 août 2014 17:09

              Un journaliste ne se déplace jamais sans son thermomètre...outil nécessaire pour pondre un article en le tournant 7 fois dans...


              • Civodul 9 août 2014 19:24

                Personnellement, j’ai toujours opéré une distinction entre les deux types de sondages :
                - les sondages d’intention de vote, qui appellent à une situation concrète et qui, bien souvent, se rapprochent des résultats réels, au même au niveau national (les sondages locaux, avec un échantillon de 450 personnes, sont beaucoup moins corrects).
                - les enquêtes d’opinion qui en appellent à des qualificatifs abstraits (« très satisfait », « plutôt satisfait », « plutôt pas satisfait », « pas du tout abstrait ».

                Cela dit, les sondages d’intention de vote ont beau être proches de la réalité, ils participent eux aussi de la dictature sondagière : les journalistes nous imposent des candidats qui, bien souvent, ont un vide idéologique qu’ils comblent par des arguments marketing. Hollande est un pur produit sondagier : l’objectif était de battre Sarkozy, il a donc été décidé que le mieux placé après DSK (hors course) gagne la primaire. Hollande, le mou, l’inactif, le fonctionnaire pantouflard qui bat l’hyperprésident Sarkozy qui gesticule dans tous les sens : une belle histoire à raconter qui fait référence à des classiques (Le Lièvre et la Tortue de Jean de la Fontaine ou l’épisode de David contre Goliath), sans la prose d’un Jean de la Fontaine ni l’autorité biblique bien entendu.

                Enfin, un sondage n’égalera jamais une étude sociologique, même avec un échantillon dix, vingt, cent fois plus important. Le principe même du sondage ne permet pas au sondé (l’analogie avec le thermomètre vient sûrement de là) d’expliciter les motivations. Il indique quelle température il a, en degré Celcius, mais il ne dit pas s’il a de la fièvre parce qu’il est malade, parce qu’il a la gueule de bois ou parce qu’il a des fièvres chroniques tout simplement.


                • marauder 9 août 2014 22:33

                  En fait, on va plutot chercher la raison du biais chez le sondé plutot que prendre littéralement son souhait en compte.
                   Cela se voit déja dans le neuromarketing, qui, au prix d’une absence totale d’éthique, démontre, si cela était encore mis en doute, la facilité avec laquelle on joue sur le soit disant « libre-arbitre ». Les « gens » sont toujours persuadés d’avoir raison, d’etre sur... Tout en cherchant confirmation au dehors et pratiquant l’inverse de ce qu’ils disent penser/proner.

                  Quelque soit l’intensité de la conscience politique que l’on pense avoir, lors d’un achat quelquonque, c’est jamais la partie « rationnelle » du cerveau qui fonctionne. Que ce soit un « véritable instinct » ou bien une impulsion émotionnelle, cela n’est aps de l’ordre de la pensée politique « rationnelle » dans le sens commun du terme. Je ne dis pas que tout est sauvagerie et pulsion (quoique ...), je dis juste que les mécanismes qui font la pensée et les actes, ainsi que le niveau de conscience sont réellement complexes.

                  Enfin, j’oubliais, le chimpanzé fait partie des seules espèces animales, avec l’homme à avoir la « capacité » (si j’ose dire ...) à faire la guerre, telle qu’on la connait. Mais aussi peuvent faire preuve de réel altruisme ...

                   Bizzares ces mammifères :)


                • sirocco sirocco 10 août 2014 01:44

                  C’est marrant : personne n’envisage que des sondages puissent être manipulés... et manipulateurs...


                  • marauder 10 août 2014 08:52

                    C’est toujours la première hypothèse valable dans toute « science humaine », dans toute tentative idéologique quelle qu’elle soit : la manipulation.

                    Peut etre qu’on la suppose avant tout, mais que, comme les problemes sont tellements nombreux et grands qu’on se perds entre les causes ? :)

                    Apres, il faut savoir comment exactement ?

                    Est-ce une bande de type qui programme et change les chiffre selon leurs gré, ou bien c’est une mécanique bien huilée ou personne n’en parle mais tout le monde reconnait des regles « de polichinelle » ? Et quel est le degré et la nature du controle ? Est-ce uniquement dans l’urne, ou bien dès en amont, par les débats tv et l’info orienté ? ...

                    Je reviens sur « les nouveau chiens de garde » pour le début de réponse ...


                  • Singe conscient Singe conscient 10 août 2014 09:31

                    À mon sens il y a cette crainte qui habite le chercheur en sciences sociales, enfin du moins la majeure partie, c’est celle de parler de manipulation, de propagande, de désinformation car ces termes s’apparentent à des jugements de valeur. Il faut qu’il soit le plus objectif possible alors avoir des jugements de valeur c’est mal, ce que je trouve très con et pas mal de chercheurs vont finalement passer la barrière ; mais leur ouvrage sera relayé au banc de l’essai.


                  • marauder 10 août 2014 11:04

                    .. Et c’est le cas de toute personne intégrée à une communauté, quelque soit le domaine, .

                    Une fois inséré dans une communauté de fait, l’humain a la facheuse tendance a s’y identifier et a penser qu’il doit en avoir tout les codes.
                    http://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rience_de_Asch

                    Ce qui est vraiment a prendre en compte et a détricoter, c’est la manière dont l’intellect va « réussir » a joindre sa faiblesse psychologique a ses théories, quelles qu’elles soient.

                    En politique, c’est vraiment flou, quoiqu’a droite, on a le droit « idéologiquement » de faire du pognon, d’accuser son voisin, de partir en guerre pour un oui ou pour un non.
                     Pour les gens qui souhaitent « vivre une pensée de gauche », l’erreur est fatale, car leur idéal les dépassent malheureusement trop souvent. La pensée politique, ici révèle plus souvent la distance entre le souhait et les actes qu’autre chose. A droite, on aime pas les choses floues, quitte a « assumer » le pire. Au moins, c’est dit, comme l’enfant qui affirme « moi je ». Il en avait besoin, certes, mais c’est loin d’etre suffisant, ce n’est que le début. Pour un adulte, c’est autrement plus préoccupant car le stade de l’affirmation du sois aurait du se faire plus tot, mais quelque chose a baffoué sa parole, et la peur est devenue son premier guide. Alors le jour ou il s’émancipe peut devenir un jour sombre. Le monde ouvrier n’y échappe pas, malheureusement. C’est ce qui fait que les révolutions populaire sont rarement résllientes (aux attaques de pouvoir d’ego, du capital ...) tenaces et intègres a terme.

                    Mais une fois dans sa « caste », on refais le meme jeu qu’en école primaire.

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