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Accueil du site > Actualités > Société > Qu’est-ce qu’une nation ?

Qu’est-ce qu’une nation ?

Le dernier dérapage politique définissant la France comme un pays de race blanche et de religion chrétienne relance le débat sur l’identité nationale et la notion de race.

La maladie d’Alzheimer dit assez bien, de par les ravages qu’elle provoque sur les personnes qui en sont atteintes, ce qu’est l’individu, la personnalité ; par quoi elle se définit. Car c’est bien notre mémoire qui nous dit qui nous sommes. C’est elle qui nous fait en tant que personne. Notre identité, notre personnalité, notre individualité du moment est la conjonction sans cesse recommencée d’une situation, d’un corps, d’un environnement et de la mémoire d’expériences passées. Nous sommes à chaque instant le produit de synthèse de tous ces éléments réunis en vue d’inaugurer sinon d’inventer l’instant qui suit.

Sur un plan largement supérieur, une nation n’est guère différente. Elle se définit au présent par une « personnalité » qui lui est propre et qui est le reflet d’une mémoire collective - ici une histoire – qui lui a progressivement laissé en héritage un corps physique (un territoire définit par des frontières naturelles et politiques), une langue, fruit de différentes rencontres et évolutions internes (brassages ethniques, invasions, guerres de conquêtes, échanges intellectuels ou commerciaux…), des us et coutumes, des croyances, des traditions, des rêves, des idéaux… et biens d’autres traits qui font qu’aujourd’hui les Français sont encore différents des Allemands, ces derniers des Anglais qui le sont tout autant des Espagnols, etc.

Pourtant, pas plus une nation qu’une personne ne sont définitivement figés dans leurs acquis. Leurs corps respectifs, leur mémoire, leurs habitudes sont en perpétuelle mutation. La personne que je suis aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec celle que j’étais adolescent. Pas davantage la France de 2015 ne peut encore se reconnaître dans ce qu’elle était il y a seulement deux siècles. Nos frontières, nos lois, notre langue elle-même étaient encore très différentes de ce qu’elles sont aujourd’hui. À plus forte raison de ce qu’elles seront demain. Une nation, au même titre que n’importe quel individu est un être vivant. Un organisme qui doit son intégrité physique et morale aux échanges perpétuels qu’il entretient avec son environnement.

Nous ne vivons pas en vase clos. Et nous devons nos existences, individuelles ou collectives, aux rencontres, échanges, brassages et autres mutations permanentes qui ont jalonnées de tous temps nos histoires, petites ou grandes. Tout candidat politique qui oublierait ces évidences fondamentales ne serait même pas digne d’exercer le moindre mandat. Il serait à l’image d’un biologiste qui agirait au mépris des lois de l’évolution. Il n’y a pas une France, immuable et immortelle. Il y a des France, aux travers d’époques différentes et qui n’ont pour se relier entre elles non pas tant une langue, non pas tant des coutumes, des croyances, des frontières précises ou une administration qui leur serait propre… mais tout simplement une Histoire commune à un groupement d’individus ayant partagé durant un temps des valeurs et des idées leur ayant permis de vivre ensemble et de tisser des liens.

Dans Qu’est-ce qu’une nation ? conférence prononcée en Sorbonne le 11 mars 1882, Ernest Renan déclare : « La vérité est qu’il n’y a pas de race pure et que faire reposer la politique sur l’analyse ethnographique, c’est la faire porter sur une chimère. Les plus nobles pays, l’Angleterre, la France, l’Italie, sont ceux où le sang est le plus mêlé. L’Allemagne fait-elle à cet égard une exception ? Est-elle un pays germanique pur ? Quelle illusion ! Tout le Sud a été gaulois. Tout l’Est, à partir de l’Elbe, est slave. Et les parties que l’on prétend réellement pures le sont-elles en effet ? Nous touchons ici à un des problèmes sur lesquels il importe le plus de se faire des idées claires et de prévenir les malentendus[1]. »

Car qu’est-ce qu’une nation sinon un ensemble d’individus étant parvenus à se trouver davantage de raisons de vivre ensemble que de raisons de se détester. La France d’aujourd’hui prépare celle de demain. Laquelle n’aura sans doute plus grand-chose à voir avec celle que nous connaissons. Son nom même sera-t-il encore d’actualité ? Qui aurait pu penser, il y a seulement trente ou quarante ans que le Franc, monnaie nationale, puisse un jour disparaître ? Notre langue elle-même se métamorphose à une vitesse exponentielle. La rapidité des nouveaux moyens de communication, des échanges commerciaux désormais tournés à l’international, pousse notre langue hors de ses assises.

La dynamique qui définit une nation s’inscrit dans un mouvement plus large que nous appelons la vie et dont nous ignorons encore largement les tenants et les aboutissants ; les causes et les buts s’il en est. La seule constante est une complexité croissante et un mouvement d’organisation et de structuration assimilable à une forme d’évolution mais dont la finalité nous reste encore incomprise. Être Français, être Anglais, Allemand ou de n’importe quelle autre nationalité sont autant de moments provisoires d’un mouvement beaucoup plus vaste que ce que nos seules visions nous laissent croire.

La France comme toutes les autres nations n’a pas vocation à rester ce qu’elle est momentanément. La complexité croissante de nos échanges commerciaux, culturels, politiques, religieux même, poussent les nations au changement, à l’adaptation toute darwinienne de leurs structures au nouvel environnement qu’elles contribuent à façonner. L’intensité de nos échanges en matière d’information et de communication prend l’ascendant sur toutes les formes de conservatismes, de traditionalismes, de conformismes et donc d’immobilismes. Autant de fixismes abhorrés par la vie et qui menacent jusqu’à notre survie.

Ce qui fait une nation, c’est la force du lien qui unit chacun des individus qui la constituent. Or, ces liens ne se créés que sur la base du partage, des échanges, des expériences communes et de l’enrichissement mutuel. Lesquels développent un fort sentiment d’appartenance à un même groupe, dû-t-il être étendu à plusieurs millions d’individus. Tout dépendra de l’intensité et de l’étendue de ces valeurs communes dans lesquelles chacun puisse un temps se reconnaître et reconnaître autrui comme son semblable. Rien à voir ici avec les considérations archaïques de race, de couleur de peau, de patrie, de religion ou encore, pourquoi pas tant qu’on y est, d’origine sociale.

Tant que certains voudront diviser, catégoriser, il y aura toujours de nouveaux critères susceptibles d’être mis en avant. Pareillement, les raisons de s’unir et de vivre ensemble peuvent se trouver à l’infini au sein du quotidien, dans les expériences vécues. Tout n’est qu’histoire de choix, de volonté, d’ouverture ou de fermeture, de progrès ou de régression ; de vie ou de mort. À chaque époque, les raisons de s’unir ou de se diviser ont été différentes. Elles le seront encore dans l’avenir, proche comme lointain. Au temps les plus reculés de notre espèce, quand les premiers groupes humains étaient encore clairsemés à la surface de la terre, la physionomie, les techniques de chasse ou le régime alimentaire, les rudiments de langue et les premiers cultes étaient les quelques signes de reconnaissance et d’appartenance au groupe. Pour autant, cela n’a pas empêché quelques rares échanges de s’initier entre des sociétés humaines aussi différentes que pouvaient l’être les Néandertaliens et les Cro-Magnon.

Les frontières à la fois matérielles, culturelles, religieuses, politiques ou linguistiques, à plus forte raison économiques d’un groupe humain primitif ou d’une nation moderne sont naturellement poreuses. Par nécessité vitale, des échanges s’opèrent qui initient des mutations à tous les niveaux d’une société quelle qu’elle soit. Un pays ou un groupe d’individus ne peuvent survivre indéfiniment sur la base d’une totale autarcie. Et ceci tient originellement à deux facteurs qui sont la croissance démographique et la rotondité de la terre.

Au même titre que n’importe quel être vivant - cellule, organisme ou société, des échanges doivent s’opérer avec le milieu environnant, ne serait-ce que pour assurer la subsistance et donc l’intégrité du dit organisme. C’est tout le paradoxe : refuser l’autarcie pour conserver son intégrité. Perdre un peu de son identité pour conserver son individualité. Se mettre en mouvement pour éviter la chute. Chaque unité vitale doit céder un peu de terrain pour se conserver elle-même. Toute matière vivante ne peut échapper à ce qui justement la définit comme matière vivante. De même, chaque complexité nouvellement élaborée ne trouve sa justification que dans une complexité supérieure au sein de laquelle elle sera pleinement elle-même.

Depuis plus d’un siècle, avec la révolution industrielle, l’accroissement des besoins individuels et collectifs lié à l’explosion démographique a poussé les nations à intensifier leurs échanges commerciaux. Lesquels ont amplifié un brassage culturel, idéologique, linguistique et génétique qui a changé de manière significative notre perception de la nation. Des contours auparavant nets et précis sont devenus plus flous, incertains, diffus. Au-delà des premiers particularismes, de nouvelles raisons de vivre ensemble se sont peu à peu dessinées.

Il semble de plus en plus incontestable que l’évolution du vivant, et même plus largement de la matière, va dans le sens d’une complexité croissante chaque fois renouvelée sur un plan supérieur. Les premiers atomes se sont progressivement assemblés et « organisés » en molécules tout d’abord assez simples, puis plus complexes. Celles-ci ont ensuite synthétisé à un niveau supérieur les premières chaînes d’acides aminés ouvrant à leur tour la voie aux premiers organismes vivants. Un changement de dimension s’est d’ores et déjà opéré qui va profondément modifier le milieu ambiant et accélérer de nouvelles mutations.

Aujourd’hui, l’espèce humaine obéit aux mêmes lois. Sous le masque de nos désirs individuels, de nos affections, de nos répulsions, de nos plaisirs les plus triviaux ou les plus raffinés, la vie continue son patient travail d’organisation et d’information. Les nations sont appelées, de gré ou de force, à se transformer. Elles le font d’ailleurs de manière continue, mais nos brèves existences sont inaptes à contempler le phénomène dans sa pleine dimension. Le plus souvent ennemies par le passé, la plupart des grandes nations de tous les continents sont aujourd’hui liées par des traités politiques, commerciaux et, bien au-delà, par des affinités d’ordre culturelles et enfin affectives. Les langues, les idées, les frontières, les corps et ce qu’on appelait auparavant les races se mélangent désormais, dessinant les premiers contours d’une nouvelle humanité enfin consciente d’elle-même et de son unité.

Quelle sera la prochaine étape de cette évolution ? Ne sera-ce pas tout simplement et naturellement, au-delà de notre propre humanité, la reconnaissance de la vie, au-delà de toutes les formes et variations qu’elle peut emprunter, comme Principe universel et commun à toutes les formes de complexité ? Nous ne sommes sans doute plus très loin d’opérer, sous la force des contraintes qui nous pressent de toutes parts, un nouveau changement de paradigme et de dimension. Le passage à un plan supérieur d’existence s’impose chaque jour davantage, encouragé par nos comportements individuels et collectifs, multipliés par une démographie de type inflationniste. Chaque jour l’intelligence artificielle se développe de manière exponentielle. Chaque jour nous découvrons de nouveaux mondes au sein de notre galaxie et les sciences de la matière ouvrent les plus incroyables perspectives. La Terre elle-même nous presse de toutes parts de trouver de nouvelles solutions énergétiques. Un nouveau monde se prépare à tous les niveaux comme l’insecte prépare sa future métamorphose.

Si la France est historiquement un pays de population blanche, de type caucasien et à religion majoritairement chrétienne, ce n’est que par concours de circonstances et hasards de rencontres entre peuples du nord et du sud de l’Europe. Néanmoins, ces caractéristiques qui furent un temps celles de notre pays et de la plupart des autres nations européennes n’en sont pas pour autant des critères d’appartenance ; encore moins de discrimination. Ils ne sont que les quelques aspects d’un héritage historique et culturel. Or, comme tout héritage, qu’il soit également matériel ou génétique ; celui-ci doit servir à construire l’avenir et non pas à être conserver indéfiniment intact. C’est un héritage vivant et il doit pour cela intégrer de nouvelles formes de vie et de nouvelles variations sur le thème de la France ou de ce qui est appelé à lui succéder.

Ce n’est pas la France qui définit de manière irrévocable un certain type d’individu, de culture… ce sont au contraire certains types d’individus, de comportements, d’us et coutumes, de croyances qui font les différents visages de notre nation tout au long de l’histoire. Et quand bien même cette phrase qui fait aujourd’hui polémique « La France est un pays de race blanche et de religion chrétienne » aurait été prononcée par le Général De Gaulle lui-même le 5 mars 1959 à en croire l’unique témoignage d’Alain Peyrefitte ; et si tant est qu’elle ai jamais été un jour pertinente ; elle ne l’est certainement plus aujourd’hui. Le monde change et il est un horizon au-delà duquel même les plus grands visionnaires finissent eux aussi par ne plus rien voir du tout.

En définitive, qu’est-ce qu’une race ? Nous le savons déjà depuis plusieurs décennies, la notion de race concernant l’espèce humaine n’a aucun fondement scientifique et génétique. Ce que le terme désignait il y a encore quelques années n’était que des variétés ou des variations au sein d’une même espèce ; d’un même genre : ici le genre homo. Aussi, s’il fallait opérer une forme de classification typologique au sein de l’espèce humaine, celle-ci ne serait légitime et véritablement constructive que d’un point de vue historique, géographique ou culturel et jamais d’un point de vue exclusivement sinon même inclusivement biologique ou « racial ».

Là réside le péché originel de l’anthropologie, pour reprendre l’expression de Claude Lévi-Strauss dans Race et histoire. Comme le souligne d’ailleurs l’anthropologue, « Il y a beaucoup plus de cultures humaines que de races humaines, puisque les unes se comptent par milliers et les autres par unités : deux cultures élaborées par des hommes appartenant à la même race peuvent différer autant, ou davantage, que deux cultures relevant de groupes racialement éloignés[2]. » Autant de motifs supplémentaires donc, offerts aux partisans de la ségrégation, de la discrimination, de la division et de la haine de l’autre.

Sébastien Junca

 

[1] Ernest Renan, Qu’est-ce qu’une nation ? Éditions Mille et une nuits, 1997, p. 21.

[2] Claude Lévi-Strauss, Race et histoire, Unesco, Denoël, [1952] 1987, p. 11.


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30 réactions à cet article    


  • César Castique César Castique 23 janvier 09:16

    « Le dernier dérapage politique... »


    Ii était tout de même signé Charles De Gaulle. Deux fois : 


    1. « Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne.  » Alain Peyrefitte, C’était De Gaulle


    2. « Pour moi j’ai, de tous temps, mais aujourd’hui plus que jamais, ressenti ce qu’ont en commun les nations qui la peuplent (l’Europe). Toutes étant de même race blanche, de même origine chrétienne… » Mémoires d’espoir 


    "Dans Qu’est-ce qu’une nation ? conférence prononcée en Sorbonne le 11 mars 1882, Ernest Renan..."

     

    Renan dit, en substance, qu’une Nation ce sont des gens qui ont une histoire commune et le désir d’avoir un avenir commun. Or, force est de constater qu’il y a, aujourd’hui, en France, un grand nombre de personnes qui ne remplissent aucune de ces deux conditions. Elles vivent et aspirent à vivre en France, mais elles sont totalement indifférents au fait d’avoir une vie et un avenir français.

     

    "Il n’y a pas une France, immuable et immortelle. Il y a des France, aux travers d’époques différentes..."


    «  Il y a dans la psychologie des peuples, un fond de permanence qui se retrouve toujours. Nous sommes encore, par combien de traits, semblables aux Gaulois nos ancêtres, et les caractéristiques que Tacite notait chez les Barbares ou les Juifs de son temps, sont encore reconnaissables dans les Allemands, les Israéliens d’aujourd’hui.  » André Siegfried, L’âme des peuples


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 23 janvier 09:49

      @César Castique
      Pour diviser, vous vous y entendez ! En dehors des quelques centaines de djihadistes, dont les gouvernements français font de l’élevage en batterie au Moyen orient, rien ne différencie les migrants d’origine musulmane des Italiens, Polonais, Espagnols ou Arméniens, qui ont tous fini par devenir Français....


      Il n’y a que dans votre imagination fertile qu’il y a une différence.
      Vous croyez que l’intégration des Italiens, pourtant catholiques, a été facile ?
      Et pas plus facile pour les Polonais, tout aussi catholiques ??
      Ou pour les réfugiés espagnols, mis dans des camps de concentration en France ?

      Mais si vous trouvez qu’ils sont trop nombreux, 60 millions de déplacés, adressez vous à ceux qui les obligent à partir à coups de pillages et de bombes « démocratiques »...


    • César Castique César Castique 23 janvier 10:20

      @Fifi Brind_acier



      « Pour diviser, vous vous y entendez ! »


      On ne peut pas diviser ce qui l’est déjà. Sur le sujet, je vous renvoie aux ouvrages de Malika Sorel-Sutter, dont le dernier (ne) devrait (pas) vous intéresser (non plus), Décomposition française : Comment en est-on arrivé là ?



      « ...rien ne différencie les migrants d’origine musulmane des Italiens, Polonais, Espagnols ou Arméniens... »


      Je ne vais pas tartiner là-dessus, mais quand même, il y a déjà les codes sociaux. Et ce n’est pas rien, puisqu’ils président au vivre ensemble, qu’il ne faut pas confondre avec le vivre côte à côte.


      « Vous croyez que l’intégration des Italiens, pourtant catholiques, a été facile ?Et pas plus facile pour les Polonais, tout aussi catholiques ?? Ou pour les réfugiés espagnols, mis dans des camps de concentration en France ? »


      Oh non, pas du tout. Mais l’assimilation, et non pas l’intégration - qu’on se garde bien de définir - , s’est faite naturellement, sans politique de la ville, sans ZEP, sans ZUS, sans milliards d’euros et sans passer par les cases « zones de non-droit » et « white flight ».

    • César Castique César Castique 23 janvier 10:24

      @Fifi Brind_acier


      « ...adressez vous à ceux qui les obligent à partir à coups de pillages et de bombes « démocratiques »... »


      Asselineau et l’UPR font cela tellement mieux que moi. Et tellement plus efficacement.


      Après Céline, il ne me serait jamais venu à l’idée de tenter d’écrire un roman... Il est bon que l’homme connaisse ses limites.

    • Allexandre 23 janvier 12:39

      @César Castique
      Bien présomptueux celui qui peut définir une nation. Renan était opposé à Momsen, et de Gaulle pour brillant qu’il fût, ne savait pas tout sur tout. Parler de « race blanche » est déjà une aberration scientifique. Il n’y a qu’une race, la race humaine. Quant à la race « blanche », oserais-je dire qu’elle n’est qu’une dégénérescence de la couleur noire des premiers hommes de la planète ? D’ailleurs l’enfant né d’un Noir et d’un Blanc n’est jamais Blanc. Dois-je aller plus loin ? Vos arguments peuvent être démontés en moins de deux tant ils sont stupides et nauséabonds. Quant à votre mythe des Gaulois, vous semblez oublier les Grecs, les Romains, les Francs (donc Germains), les Huns, les Ibères, les Nordiques...et j’en passe. Vouloir définir la Nation par une mythologie est confondant. Je comprends votre allusion aux Israéliens et à Tacite. C’est aussi ridicule que le reste. Les juifs sémites que Tacite a pu connaître ne représentent, au plus, que 10% des Israéliens contemporains. Ceux de l’époque romaine se sont pour partie, convertis au christianisme, puis en plus grand nombre à l’islam. Les Israéliens viennent d’Europe de l’Est essentiellement et n’ont rien de commun avec les Sémites, dont les Arabes sont les plus larges représentants (et donc des « Blancs »)


    • César Castique César Castique 23 janvier 13:02

      @Allexandre


      « Vos arguments peuvent être démontés en moins de deux tant ils sont stupides et nauséabonds. »


      Vous voulez parler, j’imagine, des arguments de De Gaulle, de Renan et de Siegfried.. Démontez donc avec eux.


      « Quant à votre mythe des Gaulois, vous semblez oublier les Grecs, les Romains, les Francs (donc Germains), les Huns, les Ibères, les Nordiques... »


      Vous voulez parler, j’imagine, des Gaulois d’André Siegfried. Alors, vous reviendrez nous voir quand vous aurez lu le livre, puisque j’ai fourni le lien de l’Université du Québec à Chicoutimi, où on peut le télécharger.


      « Les juifs sémites que Tacite a pu connaître ne représentent, au plus, que 10% des Israéliens contemporains. » 


      J’imagine enfin que vous n’avez pas eu le temps non plus de relire ce que Tacite écrivait des Juifs et des Barbares. Mais ce n’est pas grave, sur le web, on peut balancer n’importe quoi, sans rien lire ni vérifier.

    • Allexandre 23 janvier 19:39

      @César Castique

      Oui et c’est bien ce que vous faites. Ou bien vous n’avez pas bien assimilé Renan et Siegfried. Ou alors, élargissez vos sources pour avoir une vision plus objective et alimenté, ça changera !!

    • César Castique César Castique 23 janvier 20:07

      @Allexandre

      « Oui et c’est bien ce que vous faites. »


      On a donc un point commun !!! On devrait boire à ça... 


      A moins, bien sûr, que votre religion ne vous l’interdise...

    • Allexandre 24 janvier 22:06

      @César Castique
      Contrairement à vous, je suis athée et aucune religion ne m’interdit rien. Je ne suis pas obsédé par les religions comme vous semblez l’être par l’islam. Pas de chance, je ne suis pas musulman, ni de culture ni de confession. Mais je respecte toutes les religions à l’exception des intégrismes, quels qu’ils soient !


    • César Castique César Castique 25 janvier 15:52

      @Allexandre


      « Contrairement à vous, je suis athée... »


      Libre à vous. Moi, je me contente d’être agnostique pas par choix, par tempérament. Il y a des certitudes qui me semblent déraisonnables. Quand je ne sais pas, je préfère ne pas faire semblant de savoir.


      « Je ne suis pas obsédé par les religions comme vous semblez l’être par l’islam. »


      Je ne suis pas « obsédé » par l’Islam en tant que religion, mais en tant qu’il est un système religieux, politique, juridique et social, se traduisant par une civilisation dont l’incompatibilité avec la nôtre n’a pas à être démontrée. Or, je ne connais pas de cas, dans l’histoire, de deux civilisations coexistant pacifiquement sur un pied d’égalité. 


      Il faut, à un moment donné que l’une des deux prenne l’ascendant sur l’autre et qe cet ascendant soit accepté, fut-ce de mauvais gré. Jusqu’aux années 80, l’ascendant de notre civilisation n’était pas remis en cause, mais depuis ce moment-là, il est de plus en plus contesté. 


      Alors, soit on accepte ce processus, et on finit par être subjugué, soit on le refuse et on résiste, comme cela se produit de plus en en plus en Europe.

    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 23 janvier 09:29

      Bonjour,
      Parler des Nations, sans parler de l’ Union européenne qui veut les détruire par les euro-régions, c’est penser « hors-sol ». Hors du temps et de l’espace.
      Voici une carte de l’ Europe des Régions, issues d’une Instance européenne.
      C’est un copié/ coller de l’ Europe des Ethnies d’ Hitler.


      Ben, oui, il faudrait se réveiller, la construction européenne n’est que la suite de « la Nouvelle Europe » d’Hitler, issue en 1944 d’un accord entre les USA et les dirigeants nazis.

      L’historienne Annie Lacroix Riz vous l’explique autrement, « Aux origines de l’ Europe ». Mais le résultat est le même, nous vivons dans une colonie de l’ Empire américain, qui n’a jamais supporté que des Nations lui résistent, on le voit au Moyen Orient.


      Il lui faut neutraliser, balkaniser, diviser pour mieux régner.
      En Europe, ce sera le rôle des euro-régions.
      Carte prévisionnelle de ce qui restera de la France.

      C’est aussi penser « hors sol », que de parler de la « porosité » des Nations, qui a existé de tous temps, sans expliquer que la mondialisation, c’est bien autre chose que des échanges multiples entre Nations... 

      La mondialisation a été voulue et organisée par les USA et ses vassaux de l’ OTAN, pour piller le monde entier, afin de sauver son leadership sur le monde. Ce qui va sans dire, va souvent mieux en le disant et en nommant les responsables.
      « Un vrai bilan de l’ UE & de la mondialisation », soit disant « inévitable »...

      • Fergus Fergus 23 janvier 10:43

        Bonjour, Fifi Brind_acier

        « Carte prévisionnelle de ce qui restera de la France. »

        Mort de rire : la propagande de l’UPR n’a décidément pas de limites ! smiley

        Cette carte est un simple collage des zones d’influence linguistique. Or, cette notion est désormais très largement dépassée. Si l’on peut admettre qu’en cas de scission de la Belgique, les Wallons acceptent de rallier la France (ils ont d’ailleurs déjà été français), il est infiniment peu probable que les Alsaciens, farouchement français, acceptent de s’intégrer dans une entité germanique. Pas plus que les Niçois n’accepteraient de retourner vers un pouvoir transalpin après plus d’un siècle et demi d’intégration française. Les Basques et les Catalans eux-mêmes n’ont - et de manière massive si l’on en croit les sondages effectués sur le sujet - aucune intention de fusionner avec leurs homologues espagnols.

        Bref, tout cela est très largement du pipeau ! smiley


      • Plus robert que Redford 23 janvier 19:51

        @Fergus
        Bien de votre avis, mais il y aurait peut-être une exception

        La Corse ???


      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 23 janvier 20:10

        @Fergus
        Vous n’avez même pas pris le temps de lire ce qui était écrit sous la carte...
        La carte n’est pas une invention de l’ UPR, elle est issue d’un article de « The European Free Alliance » « Pourquoi la France n’est ni une, ni indivisible » . 


        « The European Free Alliance », n’est rien d’autre que les Verts + les Régionalistes européens, réunis au Parlement européen sous l’étiquette A.L.E, et financés par les contribuables français à travers le budget européen, pour qu’ils détruisent la France...

        Voici ce qu’explique Emmanuelle Cosse : « Il faut en finir avec le sentiment national ! »


        Et ça tombe bien, Hollande a redécoupé les Régions « pour qu’elles soient à taille européenne », c’est dans son discours de Tulle.

      • Fergus Fergus 25 janvier 09:09

        Bonjour, Fifi Brind_acier

        Vous vous moquez du monde : l’ALE ne représente qu’une infime partie des élus européens, sans la moindre influence sur les grands groupes.

        Encore une fois, tout cela n’est que du pipeau !!!


      • fred.foyn Le p’tit Charles 23 janvier 09:30

        L’existence d’une nation est un plébiscite de tous les jours . Les nations ne sont pas quelque chose d’éternel. Elles ont commencé, elles finiront.

        Ernest Renan


        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 23 janvier 09:50

          @Le p’tit Charles
          Quand on voit la Grèce, gérée directement par la Troïka, ça donne pas envie de se retrouver dans leur situation...


        • fred.foyn Le p’tit Charles 23 janvier 11:18

          @Fifi Brind_acier...L’auteur de la citation vivait au XIX siècle...c’est du 32eme degrés...


        • zygzornifle zygzornifle 23 janvier 10:24

          faites un tour a pole-emploi vous verrez ce qu’est une nation ......


          • Fergus Fergus 23 janvier 10:31

            Bonjour, Sébastien

            Vous écrivez « aujourd’hui les Français sont encore différents des Allemands, ces derniers des Anglais qui le sont tout autant des Espagnols, etc. »

            Pas si sûr ! A bien des égards, et si l’on fait abstraction de la langue, ce constat est assez largement démenti par les faits  : les Français du Nord-Pas de Calais sont, dans leur mode de vie, nettement plus proches des Belges (Flamands ou Wallons) que les Basques dont le mode de vie est, quant à lui, très proche de celui des Basques espagnols. Même chose concernant les Alsaciens, les Catalans ou les Niçards.

            La langue elle-même, comme je l’ai récemment écrit dans un commentaire, n’est pas représentative du concept de nation. Elle n’en est qu’une composante, mais ne suffit pas à le définir. Si tel était le cas, Allemagne, Autriche, Suisse alémanique, Alsace , Trentin-Haut Adige, et même les cantons belges d’Eupen et Malmédy formeraient une seule nation germanique ! Et, a contrario, que penser de la Suisse où se côtoient 4 langues officielles, et où un nombre important de citoyens ne comprennent pas les langues des cantons voisins ? La Suisse n’en est pas moins une nation et ses citoyens s’en revendiquent !

            Globalement, j’approuve assez largement votre propos, y compris cette phrase qui risque de vous valoir pas mal d’avis négatifs : « La France comme toutes les autres nations n’a pas vocation à rester ce qu’elle est momentanément » C’est une évidence, cela dit sans vouloir faire l’apologie de telle ou telle immigration. Tout évolue et continuera d’évoluer : les nations comme les sociétés qui les composent. Cela n’empêche pas une défense des valeurs auxquelles nous sommes attachés, mais elle doit se faire dans la lucidité et la tolérance, pas dans la stagnation d’une culture à un instant « t » à peu près aussi ridicule que les costumes régionaux, définitivement arrêtés aux tenues de cérémonie du 19e siècle.


            • Plus robert que Redford 23 janvier 19:57

              @Fergus
              Mouais ?!!

              En définitive, quelles sont ces fameuses valeurs auxquelles nous sommes attachés ? Qui les définit, ou les transmet ??

              Que sera une évolution « acceptable » de ces valeurs au cours du temps ??

              Bref, on tourne en rond...


            • Sébastien Junca Sébastien Junca 23 janvier 19:57

              @Fergus

              Bonjour Fergus et merci pour votre commentaire constructif...

              Je vous rejoins à mon tour quand vous précisez que les différences actuelles entre Français, Allemands, Anglais ou Espagnols ne sont que toutes relatives et sujettes à s’estomper de générations en générations. Peut-être d’ailleurs se retrouveront-elles dans de nouvelles synthèses d’ordre supérieur dont la nature et l’évolution ont depuis toujours le secret. Celui qui consiste à conserver les caractères génétiques ou culturels qui fonctionnent le mieux à un instant « t », et qui contribuent dans le même temps à accroître la complexité et le degré de « réalité » de notre monde. On retrouve, ici encore, et j’en suis de plus en plus largement convaincu, les principes de l’évolution des espèces et de la sélection naturelle.

              Quels seront donc les traits, les « caractères » - non pas génétiques, mais culturels - qui seront conservés par ce fonctionnement toujours très empirique, même au cœur de nos sociétés hyper-technologiques et de plus en plus complexes ? Pour moi, et en dépit des apparences, la nature garde toujours la « main » sur les grands mécanismes qui nous gouvernent. Ce, en dépit d’une illusion toute anthropocentrique qui nous laisse à croire que nos progrès tendraient à nous affranchir toujours davantage de nos origines. Au même titre que nos gènes, ces origines et ces mécanismes, nous les portons en nous avec nos désirs, nos pulsions, nos manques, nos peurs et nos haines. Je serais même tenté de croire que plus nos progrès technologiques seront importants et plus ce « levier » offert aux forces de la nature sera puissant et ses effets rapides dans le sens du mieux mais aussi dans celui du pire.

              Pour autant, cette omniprésence de la nature au sein de nos sociétés les plus développées ne nous dispense pas de tout esprit critique et de toute responsabilité. Loin s’en faut. Et notre liberté, s’il en est encore à ce niveau, se manifestera dans notre aptitude à opérer les choix les mieux à même de sauvegarder la vie sur notre si fragile planète. Reste à savoir, comme vous le dites, quelles seront les valeurs à même d’être conservées à travers ce maelström génétique, culturel, linguistique, politique, sociologique... Ces valeurs auxquelles nous sommes attachés et qui seront sans conteste les garantes de notre avenir. Dans tous les cas, elles ne pourront être que celles qui s’opposeront le moins aux forces évolutives et qui sont les forces de cohésion, de coopération, d’échanges, de synthèse, d’entraide, de solidarité, d’empathie et de moindre résistance aux forces de la vie.

              Dans tous les cas, plus nos progrès s’accentueront et plus il nous faudra garder une certaine distance vis-à-vis de ceux-ci. Une forme d’objectivité qui nous laissera toujours le loisir et la possibilité de choisir les orientations que nous désirerons imprimer à notre évolution. Nos progrès technologiques, au plus loin qu’ils nous emmènent dans l’avenir, doivent rester des outils, des prothèses. C’est aussi ce que pense Joël de Rosnay quand il écrit : « Mon approche se fonde plutôt sur une coévolution de l’homme et de la société, une évolution anthropo-technico-sociétale. En d’autres termes, la transformation de l’homme me paraît inséparable de son intégration dans la société qui, elle-même, le transforme en retour. […] L’évolution vers l’homme du futur me semble donc se dessiner comme une progression par extériorisation de fonctions, sous la forme de « prothèses » qui s’interconnectent ». (Joël de Rosnay, 2020 : Les Scénarios du futur.)

              Quels qu’ils soient, nos choix, nos valeurs – et si nous voulons donner du sens à nos existences individuelles et collectives -, devront impérativement s’orienter dans le sens de davantage de responsabilité vis-à-vis de nous-mêmes, de nos proches, des générations futures et de tout ce qui, chaque jour, dépendra un peu plus d’une espèce toujours plus dominante et invasive. Tôt ou tard, des choix déterminants s’imposeront à l’humanité. D’un côté celui qui consistera à s’abandonner corps et âme à un surhumanisme qui n’aura de sens que pour lui-même et pour ses valeurs définitivement dominatrices sur le reste des hommes (s’il en reste) et sur l’ensemble de la nature qu’il aura définitivement modelé à son image. Ce premier choix, le plus « naturel » de prime abord, scellera le destin d’une humanité à jamais recluse sur elle-même. Un semblant d’humanité à jamais fermée sur ces certitudes, ses désirs, ses ambitions non plus spirituelles, mais exclusivement technologiques et hégémoniques.

              L’autre choix consistera, comme le dit Joël de Rosnay, à continuer de vivre au sein d’un environnement, certes fruit de nos progrès et de notre imagination, mais qui continuera, par rétroaction, à entretenir notre évolution « intérieure ». Par là, l’homme spirituel que nous serons peut-être encore évoluera vers des états sans cesse supérieurs de perception, de conscience, de connaissance et de compréhension intuitive et synthétique (et non plus analytique) du monde comme de lui-même.

              Toutes les prothèses comme toutes les chrysalides ne sont que des moyens pour des métamorphoses futures. À terme, comme le dit Pierre Teilhard de Chardin, il s’opérera un schisme entre ceux des hommes qui croient exclusivement au monde tel qu’il se présente à nos yeux dans ses formes matérielles les plus variées ; et ceux qui auront choisi, à leurs risques et périls, de voir au-delà de l’horizon et de la métaphore. Ceux qui pensent que le chemin le plus court vers la Vérité est un chemin intérieur.


              Sébastien Junca.

               


            • Lonzine 24 janvier 18:04

              @Sébastien Junca
              Bonsoir et merci de ce commentaire très élevé qui pourrait faire un article à lui seul.


            • Sébastien Junca Sébastien Junca 31 janvier 21:52

              @Lonzine

              Merci à vous. C’est encourageant.


            • Shawford Shawford 31 janvier 21:56

              @Bip Junca

              Denis, si t’es dans les parages buffy, une déesse te sonne, laisse pas passer la main, là mets tapis buddy smiley


            • jef88 jef88 23 janvier 12:16

              "Car qu’est-ce qu’une nation sinon un ensemble d’individus étant parvenus à se trouver davantage de raisons de vivre ensemble que de raisons de se détester."

              Car qu’est-ce qu’une nation sinon un ensemble d’individus qu’un pouvoir (pas toujours démocratique ) a obligé à vivre ensemble !


              • lsga lsga 23 janvier 12:42

                Question facile : en France, une nation, c’est une région.


                • hans-de-lunéville 23 janvier 16:53

                  Nation, ensemble de personnes vivants dans un espace géographique fermé par des frontières, chaque individu a une carte d’identité dans la main droite et une feuille d’impots dans la gauche, voilà.


                  • sampiero sampiero 23 janvier 20:43

                    Une nation est une famille : un père, une mère, des enfants.....tous partagent le même destin.

                    Cependant il existe des familles recomposées où certains enfants sont mieux traités que d’autres ....


                    • Mao-Tsé-Toung Mao-Tsé-Toung 24 janvier 10:01

                      Une nation est un plébiscite quotidien !

                      CQFD

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