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Accueil du site > Actualités > Société > Quand l’absence d’humanité devient un mode de management

Quand l’absence d’humanité devient un mode de management

« France Télécom, ce n’est décidément plus ce que c’était », voilà le constat qui revient dans les bouche des consommateurs (ex usagers) mais aussi des salariés du groupe. Depuis bientôt une dizaine d’années, en effet, la réorganisation est en cours. Ancienne entreprise publique, dans laquelle l’Etat reste encore le plus gros actionnaire avec 26% environ (contre 64% avant 2000), mais près de 70% du capital (soit 1. 381 millions d’actions) est détenu par un certain « public » (cf. p 245) dont il est difficile de savoir qui se cache derrière. L’opacité en ce qui concerne l’actionnariat individuel de France Télécom est d‘ailleurs assez particulière. Enfin bref, cette entreprise, qu’on a dit à l’époque la plus endettée de France histoire de justifier la privatisation, vit depuis quelques années sa période noire en ce qui concerne la « gestion du personnel », comme disent ces messieurs dames des RH (enfin ceux qui restent).

Un « changement de culture » radical

Bref, oui, en devenant une bête entreprise privée, FT a comme disent certains « changé de culture », et les FT_AA_9salariés ont dû comprendre que désormais, la qualité du service passait après l’impératif de rentabilité à court terme (pour satisfaire des actionnaires qui spéculent plus qu’ils n’investissent). En dehors de cela, il a fallu « réorganiser ». N’importe quel salarié vous dira que FT a toujours été un chantier perpétuel. Mais avant, au moins, « on savait où on allait ».

Ce changement de culture a pris une forte accélération avec l’arrivée de Thierry Breton, un ancien de Thomson, puis conseiller de la banque Rothschild, puis PDG d’Atos, à la tête de la boîte de 2002 à 2005. Au passage, celui-ci a réussi à augmenter son salaire de manière conséquente au moment où, un peu comme sarkoléon, il demandait aux autres de se serrer la ceinture.

Le management à la « pression » a alors démarré afin de « redresser » l’entreprise, c’est-à-dire en augmenter le capital afin de la rendre plus alléchante pour les actionnaires. Breton voulait donc de « fortes améliorations des performances opérationnelles », ce qui veut dire réduire les coûts au maximum, l’œil rivé sur la colonne « débit » de la comptabilité. Des consultants sont venus dire comment faire des économies, et on a donc remplacé les gens des ressources humaines par des comptables, dont le seul objectif était de réduire les coûts. Désormais l’avancement se ferait en fonction des réductions de coûts, voire des gains dégagés. Breton l’a dit lui-même : il allait mettre l’entreprise « sous pression ».

Il avait à cet effet mis en oeuvre le « programme Top » (sic.) : 40 grands chantiers destinés à réduire la dette de FTde 15 milliards d’euros. 35 à 40% des « économies » devant concerner les « coûts opérationnels », et les effectifs ont commencé à baisser (moins 5% des effectifs en 2002 déjà, moins 40% d’emplois en CDD et moins 30% pour l’intérim, avec en revanche + 17% d’accidents de travail et sur le trajet. En 2007, 17.000 emplois ont encore été supprimés). En quelques années, 70.000 salariés ont disparu, en laissant encore 100.000 sur le territoire pressurés et stressés comme rarement cela se voit dans une entreprise : on comptait environ 170.000 salariés en France en 2000, 125.000 en 2004, et 100.000 aujourd’hui. On a donc réorganisé sec, à FT.

FRANCE_TELECOMRéorganisation permanente et incertitudes

Comme par hasard, après les derniers suicides de salariés (qui sont intervenus après que les personnes aient appris une nouvelle concernant cette « réorganisation » permanente de FT), la direction a décidé de bloquer lesdites réorganisations et des mutations forcées jusqu’au 31 octobre, un sursis pour beaucoup d’employés de FT. Car la stratégie est de mettre les gens dans l’incertitude la plus complète : « personne, à FT, ne sait où il sera ni ce qu’il fera dans trois mois », explique un salarié du groupe, « ils peuvent très bien supprimer le service, ou juste ton poste, ou décider de te muter ou de te renvoyer… »

Les suppressions de postes à FT correspondent à des activités qui, le plus souvent, ont été sous-traitées. C’est ainsi que les travailleurs de FT se retrouvent avec des collaborateurs indiens ou égyptiens qui ne connaissent pas le métier et sont donc moins efficaces, et qui, d’autre part, ont l’inconvénient d’être loin, ce qui fait prendre des jours à des procédures simples qui auparavant prenaient quelques heures voire quelques minutes. De ce fait, le travail se complique et le stress augmente surtout si l’on tient compte de l’ambiance détestable dans l’entreprise. Ainsi, de nombreux métiers techniques sont externalisés, ceux qui restent en France devant changer de métier au sein de FT, parfois en trouvant seuls où se recaser.

Les résultats purement économiques de FT semblent, en tout cas, montrer que cette manière de faire est la bonne : les comptes se sont redressés, la dette a été colmatée, et le bénéfice (la fameuse marge brute opérationnelle) du groupe a atteint 35,6% de son chiffre d’affaires en 2008 (qui était de 53,5 milliards d’euros, une paille), contre 36,3% en 2007. Mais les miracles de la comptabilité ne peuvent dissimuler le caractère relativement improductif de ces bénéfices : en 2007, pas moins de 53,7% desdits bénéfices ont été reversés aux actionnaires, ce qui avait tout de même fait gagner 900 millions à l’Etat. Il s’agira probablement de presser le citron jusqu’au bout avant de se retirer.

Ce ne sont donc pas les actionnaires qui remettront en cause la gestion actuelle de FT. Cependant, il faut bien le dire, il est dans l’air du temps de ne se préoccuper que de bénéfice à court terme, sans tenir compte des aspects humains dans le travail, sans même d’ailleurs se rendre compte que ce sont des humains qui travaillent. Car il semble que le phénomène des suicides au travail soit apparu ces dix ou quinze dernières années, en même temps que la mondialisation et l’avènement de l’ultra libéralisme.

Là où la chose est dramatique (je finis ma parenthèse là-dessus) c’est quand ce sont des gens, des salariés normaux avec un salaire normal, qui se mettent à spéculer et qui deviennent responsables, d’une certaine manière, de leur propre licenciement dans le cadre de ce type de restructuration. Passons…

Une stratégie d’entreprise

En un an, 23 salariés du groupe se sont donné la mort, et cinq depuis le début de l’été, pour des raisons en partieft_suicide_licenciement au moins liées à leur travail. L’un d’eux était encore en ligne avec son délégué syndical quand le train est passé. Pourquoi en arrive-t-on à cette extrémité ? Pourquoi sauter par la fenêtre à cause d’une réorganisation des services, devenue chose banale à FT ?

Les syndicats du groupe dénoncent depuis longtemps déjà la dérive sérieuse du « management à la pression » instauré depuis longtemps aussi, mais qui s’est fortement accentué sous Breton. Un salarié qui s’est suicidé en juillet avait dénoncé quant à lui le « management par la terreur » qui règne à FT.

Car la réorganisation, c’est quoi ? Mutations forcées (« votre poste est supprimé, la seule place libre est à 400 kilomètres »), parfois fréquentes et souvent pour des postes inférieurs, histoire de pousser les gens à partir, réorganisations permanentes des services, course au rendement, pressions des RH pour vous montrer la porte de sortie (par exemple en envoyant chaque semaine une liste de jobs dans la fonction publique, et malheur à qui cliquera dessus : il sera identifié par les RH comme candidat au départ), obligation de changer de métier (il y aurait ainsi eu 70.000 changements de métier en cinq ans à FT, pas mal pour des « fonctionnaires » forcément encroûtés dans leur train-train), entretiens individuels réguliers et infantilisants, objectifs irréalistes, heures sup’ non payées, isolement dans le travail et donc d’avec ses collègues, pressions diverses et variées (par exemple exiger que les gens demandent la permission au responsable pour aller aux toilettes,

Pour certains cadres, la rémunération dépend pour moitié des réductions d’effectifs qu’ils seront capables de faire. Et dans deux ou trois ans, on changera de cadre…

Des médecins du travail de FT auraient même démissionné parce que la direction du groupe ne tenait aucun compte de leurs rapports de plus en plus alarmants sur la santé morale notamment des salariés.

Suite à ces suicides, la direction de FT a dit qu’ils allaient embaucher 100 personnes aux RH (des RH « de proximité », ce qui est le but 1er des RH en principe), mais c’est après avoir viré, depuis trois ou quatre ans, quasiment tous les salariés des ressources humaines de France Télécom. C’est comme cela qu’à Rennes, par exemple, il n’y a aujourd’hui personne aux RH pour un bon millier de salariés. Tout a été centralisé à Paris, où en fait de RH ce sont des comptables qui mènent la danse.

FT, finalement, révèle ce qu’est notre époque. Avec les nouvelles valeurs de la mondialisation et du grand « défi » de la concurrence mondiale que nous rabâchent les politiques nationaux et internationaux, mais aussi nos patrons, la préoccupation n’est plus l’humain mais ce qu’il vaut dans ce bordel qu’est le monde mondialisé actuel. En tant qu’être humain, avec sa vie, ses rêves, ses valeurs, ses envies, on peut effectivement se sentir vite à l’étroit dans cet « environnement concurrentiel » qui n’apporte rien de bon à personne.

On peut effectivement, quand on est entré à FT à l’époque du service public, quand la satisfaction des clients et le travail bien faits étaient des valeurs d’entreprise, se demander à quoi ça sert de travailler d’une manière si incohérente, sans savoir où on va, dans une entreprise dont on ne partage pas la seule valeur qui est la course au profit à court terme.

C’est la question d’une génération entière de travailleurs, coincés entre ce qu’on leur demande de faire et leurs principes moraux.

suicide_original


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10 réactions à cet article    


  • King Al Batar Albatar 30 octobre 2009 13:17

    Encore une fois je rsique de passer pour le connard de service, mais je m’en fout j’aime bien !

    Il n’y a pas plus de suicides chez france telecom, que la moyenne des francais, et surtout en terme de proportion baucoup moins que chez les surveillants pénitancier, les policiers et les médecins.

    http://eco.rue89.com/2009/09/17/est-ce-quon-se-suicide-plus-a-france-telecom-quailleurs

    Dans cet article on voit que la moyenne francaise est de 16 suicides sur 100 000 habitants par ans, et la moyenne à FT est de 11,7 pour 100 000 employé donc inférieur à la moyenne nationale.

    http://www.francesoir.fr/social/2009/10/30/suicide-stress-travail-entreprises.html


    Dans cet autre article, on voit que chez les Policiers (mem si je ne peut pas le pifrer) on est à 33 suicide pour 100 000, soit le double de la moyenne nationale et presque le triple de la moyenne de FT. Meme les médecins se suicident plus qu’à FT.

    Un chiffre que j’aimerai bien chopper aussi, qui doit etre super impressionnant à mon avis, c’est le nombres de chomeurs qui se suicident. A mon avis, comme ca au pif, ca doit battre tous les records.

    Je suis désolé de faire des amalgame, mais l’autre jour j’ai assisté à une emission sur ARTE dont le thème était « Les Banquiers sont ils des voleurs ? » J’ai trouvé le theme de cet emission absolument scandaleux, car je travaille dans une banque. A la limite qu’on dise les banques sont ils des voleurs, en tant qu’employé je CONFIRME !! Mais le banquiers, ils volent pas l’argent de ses clients pour le mettre dans leur poches, mais dans celle de la banque !
     Enfin bref là je m’égare. Ce que je veux dire c’est que si on est capable de faire une émission portant ce thème, on devrait en faire une qui s’appelle : « les fonctionnaires sont ils des faineants ? » et « les flics sont ils des sales cons ? » quitte à stigmatiser les proffessions que l’on aime pas.
     Je parle de ca parce que je me demande si en fait la cause de FT et de sa privatisation dans les suicides, ce ne serait parce u’on leur aurait demander de travailler qu’ils se sont suicider. Je sais que ce que je viens de dire est scandaleux, il s’agit de vie humaine après tout, mais ca me fait bien marrer d’être scandaleux, après tout j’en prend aussi plein la gueule moi alors autant faire pareil.


    • Ceri Ceri 30 octobre 2009 14:28

      vraiment la question n’est pas dans le nombre de suicides. même un, c’est trop.

      La question c’est : est-ce que le mode de management pousse les salairés au suicide. Et la réponse est oui.

      Quant à vos propos sur les fonctionnaires, ils sont dépassés depuis quelques années


    • Inquiet 30 octobre 2009 14:37

      Mon cher, ce que tu viens de faire, s’appelle « ouvrir la boite de pandore ».

      Déjà premièrement il faut comparer ce qui peut être comparé.
      FT n’a jamais eu ce nombre de suicide auparavant, donc il ne s’agit pas de comparer FT à d’autres entreprises, mais FT avant et après la mise en place des nouvelles règles.

      Mais alors tout de suite on me rétorquera un peu froid : « bah oui mais c’est pareil pour les autres entreprises », et c’est là très cher que tu as ouvert la boite de pandore.
      Car effectivement on s’interresse de ce qui se passe dans les autres entreprises par le prisme de FT. Le nombre de suicidés dans ces entreprises existaient depuis belles lurettes mais restaient « noyé » dans l’information.

      Grâce à toi et à tes acolytes de la même trempes, on sait quel modèle de société vous voulez pour nous, et ce que vous êtes prêt à faire payer à ceux qui arrive « fraichement » dans ce nouveau modèle.

      En fait, tu légitime le suicide en entreprise comme variable d’ajustement smiley

      Maintenant, a force de crier c’est partout pareil, tu vas nous obliger à crier non « plus jamais ça nul part » -> d’où la boite de pandore.

      Continue tes interventions surtout smiley


    • Kalki Kalki 30 octobre 2009 15:47

      Albatar a raison. Et il ne se fait pas avoir médiatiquement et émotivement.

      Au lieu de tomber dans le piège il faut parler du suicide globalement, et il note ce qu’il y a d’utile, il n’y a pas plus de suicide en moyenne. ( et d’ailleur a quoi ca sert de parler de suicide d’une entreprise, si on ne réfléchit pas à ca globalement. Et bien ca sert a rien, a se lamenter, a se rincer l’oeil, a jouer au foutre a se morfondre enfin tous ce qu’un être humain aime faire ( quand il a vraiment rien de plus important à faire dans sa vie ).

      Et si vous parliez plutot de tous les autres suicides et pas seulement d’un cas

      Documentaire :

      La mise à mort du travailhttp://www.lemonde.fr/aujourd-hui/article/2009/10/26/la-mise-a-mort-du-travail_1258175_3238.html

    • King Al Batar Albatar 30 octobre 2009 16:02

      Je remercie Kalki pour son intervention,

      Effectivement si j’interviens dans ce sens ce n’est pas pour dire que c’est pas plus que la normal donc c’est normal, c’est plutot pour dire qu’il aut arreter de se fixer sur FT et regarder partout ailleurs, surtout la ou c’est pir.

      A mon sens, et je ne connais toujours pas le nombre, les suicides chez les chomeurs doivent pulveriser les records, et on feraient mieux d’en parler plus.

      Parce quà ton avis le flic qui a perdu son collegue, oula femme de flic, tu croit pas que ca la fait chier qu’on parle de suicide au travail chez FT et pas chez les flics, ou c’est 3 fois plus et qu’il sont encore fonctionnaire.

      je ne suis pas l’avocat du diable, mais parfois, à trop se focaliser on perds de vue l’essentiel.


    • Dolores 30 octobre 2009 18:44


      L’ultra libéralisme qui est imposé a transformé les êtres humains en robots.

      Le sujet est devenu un objet qu’on déplace au gré d’objectifs souvent sans réalité, sans la moindre mauvaise conscience, et qui est soumis aux règles de flexibilité, mobilité, productivité et rentabilité.

      Avant ce déchaînement des profits à n’importe quel prix, les gens travaillaient mieux et plus sereinement.
      Ce qui a permis les plus grands progrès de la société, ce n’est pas les bouleversements incessants du travail mais au contraire la stabilité et la sécurité, le respect de la valeur de l’individu qui n’est pas interchangeable malgré les nouveaux credo auxquels on se réfère.

      Les robots de chair humaine qui savent qu’ils seront jetés sans aucun égard s’ils ne satisfont pas les objectifs souvent irréalistes, finissent par craquer parce qu’ils voient leur vie d’humain être saccagée par d’autre humains bureaucrates qui trouvent normal le mal qu’il font subir aux autres.

      Ils ne voient plus d’autre échappatoire à ce système que la suppression de leur vie.
       
      Comme le dit l’auteur, n’ y aurait-il qu’un suicide c’est un suicide de trop.
      Et vous qui pensez que c’est dans la norme, essayez un peu de vous mettre dans la peau de ceux qui accomplissent cet acte fatal quand leur avenir professionnel a basculé et qu’ils ont épuisé leurs forces de résistance.
      Ça pourrait vous arriver aussi un jour !


      • Yohan Yohan 30 octobre 2009 20:54

        Le chômage ou la peur du chômage allié aux méthodes de management à l’emporte pièce, l’absence d’empathie tant de certains patrons que de certains salariés qui ne disent mot vont faire grimper en flèche les actes désespérés contre soi ou contre les représentants supposés de cette violence. Ce n’est que le début....Hier une banquière, aujourd’hui un patron et son fils..Il suffit de regarder ce qui se passe aux US et ailleurs


        • Céphale Céphale 1er novembre 2009 12:02

          Je vous conseille de lire « Hors de la crise » (Out of the Crisis) par W. Edwards Deming, édité aux USA en 1983, puis en France dix ans plus tard. C’est long et ardu, j’en conviens, mais c’est très instructif sur la situation actuelle. Vous trouverez aussi sur le site France-Deming un grand nombre d’articles qui stigmatisent le management actuel.

          W. Edwards Deming était le principal conseiller des grands dirigeants industriels japonais. Il a été décoré de la « légion d’honneur » japonaise en 1961 par l’empereur du Japon lui-même.


          • eric 1er novembre 2009 13:30

            Bon ! je me contenterai de reproduire mon long commentaire à l’article de cet autre ultralibéral mondialisé dont on peu se demander si les propos ne rappellent pas les heures les plus sombre de notre histoire

            Même si cet article pose à son tour d’autres questions. Pourquoi tant de sollicitude pour les salariés du privé et tant d’indifférence pour l’inhumanité persistante du secteur public. L’auteur trouverait il que les fonctionnaires ne méritent pas sa compassion ? Pourquoi s’indigner d’un changement dans le management de FT est être resté si longtemps silencieux sur les méthodes barbares du public qui font des mâles de l’éducation nationale les principales victime du système capitaliste ultralibéral depuis de nombreuses décennies ? Pourquoi tant d’indifférences aux vrais souffrances, quels intérêts occultes défendez vous ?

            http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-suicide-des-esclaves-63798?debut_forums=0#forum2289376

            Laissez les vivre !

            Le vrai scandale des suicidés de « l’exploitation ultralibérale mondialisée sarkozyste qui nous rappelle les heures les plus sombres de notre histoire ».

            Depuis quelques temps, une presse pannurgienne et aux ordres, composée dit-on à 80% de journalistes qui se prétendent de gauche, tente de nous cacher la vérité sur la triste réalité des suicides massifs que provoque les politiques d’un « Sarkozy aux ordres de l’élite ultralibérale mondialisée barbare qui nous rappelle les heures les plus sombres de notre histoire ».

            Pourquoi ne pose-t-elle jamais les vrais questions ? Quels intérêts sordides et égoïstes veut-elle cacher ?

            Les chiffres absolument dépourvus de signification des suicidés de France télécom, si on tient à leur faire dire quelque chose, montrent que le taux a pu être plus élevé avant la privatisation. Alors que le taux monterait pour l’ensemble de la population, il baisserrait depuis la privatisation chez FT. Mais ces chiffres ne veulent bien sur rien dire et établissent surtout que le comportement des agents de FT est sensiblement le même que celui du reste de la population. Peut-être un peu inférieur.

            Il est déjà beaucoup plus significatif que l’on ne parle jamais de suicide chez Bouygues telecom ou autres opérateurs privé. Comme si le fait d’être géré suivant des logiques vraiment privées mettait à l’abri du suicide et qu’on veuille nous le cacher. D’ailleurs en quelques clics, vous trouverez facilement un psy syndicaliste qui explique que les ex-collègues, de la poste, malheureusement maintenu dans l’enfer du public connaissent un taux d’hyper stress supérieurs à tous les autres.

            Mais là encore, vu les faibles populations concernées, il est difficile de conclure.

            En revanche avec une des populations les plus suicidaires de France, les enseignants du secteur public tout devient clair. Pourquoi ? L’absence totale de perspective, de gestion du personnel, la hiérarchie à vie des diplômes, la désespérance née du peu de considération des usagers pour les résultats du système, le sentiment d’une certaine inutilité, que sais-je encore....

            Que pèsent les 100 000 employés français de FT face à la catastrophe humaine qui touche les 1 100 000 employés du secteur public de l’éducation pour lesquels la surmortalité par suicide est avérée ?

            Si on compare à ce qui est comparable et notamment le niveau d’éducation, le niveau de suicide des cadres les plus stressés du secteur privé est sans commune mesure. Très inférieurs.

            D’autant que là aussi les chiffres sont -délibérément ? - trompeurs. Les profs se suicident en apparence beaucoup plus que les autres, mais la profession est très féminisée et les femmes se suicident moins. Les cadres du privé sont en revanche moins « paritaires ». Le taux de suicide des enseignants mâles de l’éducation nationale est donc vraisemblablement encore plus épouvantable que ne le laisse voir des statistiques délibérément tronquées par des fonctionnaires socialistes de l’Insee aux ordres du grand patronat.
            A ce stade, le maintien d’une catégorie « travailleurs agricoles » qui seule serait plus suicidaire que les enseignant, quand on sait qu’il n’y a plus d’agriculteurs en France ou peu s’en faut, apparaît comme ce qu’il est, un artifice supplémentaire pour nous cacher la vérité.

            Quand on sait aussi qu’au dire des syndicats de FT, ce sont les employés à statut de fonctionnaire de 50 ans qui se suicident le plus, on ne peut que conclure que le statut de la fonction publique est profondément suicidogène sur le long terme.

            C’est pourquoi malgré tout l’attachement sentimental bien légitime que l’on peut avoir pour notre service public à la française, la vie de nos concitoyens victime de ce statut doit être considéré comme plus importante ou alors nous ne méritons plus le nom de société.

            Au vu des chiffres, Il est urgent de privatiser le plus possible de services publics en commençant prioritairement par l’éducation nationale avant que les profs ne fassent valoir leur légitime révolte dans la rue.

            Pourquoi une presse "aux ordres d’un système capitalisto Sarkozysto ultralibéral mondialisé qui nous rappelle les heures les plus sombres de notre histoire" n’en parle-t-elle pas ?

            Pourquoi ce patronat qui détient tous les rouages du pouvoir préfère-t-il voir cette situation perdurer ?

             Hypothèses :

            Les grands patrons ultralibéraux mondialisés égoïstes ne sont pas pressés de récupérer les esclaves lobotomisés et peu productifs du secteur public ?

            C’est délibérément qu’ils maintiennent ces populations réputées à gauche dans l’enfer de suiciditude du public ?

            Peut-on parler de génocide ?

            Sauvons nos profs ! Tous unis dans la lutte pour une privatisation de l’EN !

            Laissez les vivre !

            Mais cet article pourrait poser beaucoup d’autres questions. Par exemple :

            « Cette tragédie privée peut prendre a posteriori le sens d’un sacrifice altruiste si elle débouche sur une prise de conscience collective »

            Pourquoi cette disparité en défaveur des femmes ? Esclavagisées non seulement par le système mais par les enfants et leurs conjoints, en ont elles pour autant moins droit à ce suicide altruiste. Si on ne parvient pas à faire baisser celui des hommes faut-il œuvrer à faire croître celui des femmes faut-il imposer un droit opposable paritaire des femmes au suicide. Etc…. ?

            En ouvrant 30 %du marché du travail potentiel aux étrangers, une privatisation ne nous permettra-t-elle pas d’acceuillir plus dignement plus de réfugiés afghan en leur offrant un emploi ?
            ETC...

            On pourrait continuer ainsi, mais arrêtons là pour poser ce qui reste la principale question

            Surtout, en nous cachant toute ces vérités, en ne posant pas toutes ces questions cruciales, l’auteur de cet article ne se fait il pas le complice objectif de l’élite ultra etc….


            • Vouters 19 janvier 2010 22:22

              Je n’ai jamais travaillé chez FT. J’en ai été client (fort peu content de leur qualité technique) et fournisseur pour du logiciel (genre d’entreprise à exiger la lune pour des prunes). Dans cet article, mis à part le taux de suicides, je reconnais là bien des aspects de l’entreprise multinationale que je viens de quitter. Un morceau de phrase de cet article a retenu toute mon attention et qui pourrait expliquer ce grand écart que doivent faire les salariés techniques.

              Ils sont pris entre deux impératifs : le premier qui est de satisfaire les actionnaires dans leurs exigences de sur-rentabilité, le deuxième de satisfaire le client ce qui a un coût.

              Le client à servir est la raison d’être au sein de l’entreprise de ce type de salariés et chose curieuse les clients ne semblent plus la préoccupation première de leur entreprise.

              Je ne sais comment économiquement et sans changement de direction cela va se terminer. J’expose mes vues pessimistes sur le sujet dans un article en anglais au lien http://vouters.dyndns.org/Salaries_Goods_And_Services_price_pressure.html

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