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Quand l’Etat laisse les gens dehors, c’est toute la démocratie qui souffre

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Photo de Jean-Pierre Sageot

Le DAL s’est invité dans le débat de la cité lors du dernier conseil municipal de Rouen, de façon bruyante comme à chacune de ses apparitions. Chacun jugera si la méthode est à son gout. Mais peut-on leur reprocher une action légitime dans un pays où le nombre de mal-logés et de sans–abris augmentent sans cesse, où les décisions de justice en la matière ne sont même pas appliquées par l’Etat ? Régulièrement condamné en vertu de la loi Dalloz à 30 euros par jour et par famille non hebergée, l’Etat qui gère l’hébergement d’urgence dans ce pays préfère payer l’amende au lieu de remplir ses obligations. Cet abandon de tout un pan de ses prérogatives est délibéré, organisé par un gouvernement droitier comme nous en avons peu connu dans ce pays, entrainant des difficultés graduelles dans le secteur.La démission de Xavier Emmanuelli, créateur du Samu social, écœuré par la réduction drastique des moyens, et la constitution sur tout le territoire de nombreux collectifs de travailleurs sociaux qui dénoncent cet état de fait depuis des mois, témoignent d’une situation inédite.

Face à ce mur qui se dresse devant eux, les associations d’entre-aide qu’elles soient traditionnelles (Fondation Abbé Pierre) ou plus emblématiques (Droit Au Logement) se tournent vers l’unique recours institutionnel à priori plus accueillant où un interlocuteur existe. Les maires sont naturellement les premiers interpellés même si leurs pouvoirs en la matière sont limités. Certes, ils peuvent actionner le retour vers un logement ordinaire pour les personnes éligibles. Ils ne peuvent cependant pas se soustraire à la légalité qui convient à leur charge et, pour les plus téméraires d’entre eux qui ont choisi d’exercer leur droit de réquisition, les tribunaux administratifs les ont toujours désavoués. Malgré cela, ce sont bien souvent ces maires avec énergie et sens de la « bricole » qui débloquent cas par cas un certain nombre de situations d’urgence.

Il n’en demeure pas moins que ce système est largement insatisfaisant et, qu’au-delà de l’Etat qui même s’il devenait bienveillant, ne pourrait pas tout. La nécessaire prise en compte des sans-logis devra se faire grâce à la solidarité entre tous, collectivement, à l’échelle des territoires avec les communautés de communes et les Départements. Pour que le légitime « un toit, c’est un droit » puisse se concrétiser en toute légalité, pour l’honneur de notre démocratie.

Olivier MOURET - http://oliviermouret.over-blog.com


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5 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 13 février 2012 10:48

    Exemple parlant des valeurs qui animent notre société : A Bordeaux, comme à Lille d’ailleurs(?), les élus ont décidé de consacrer plusieurs centaines de millions à construire un nouveau stade de football.
    Dans ces deux villes, comme ailleurs, des milliers de familles sont mal-logées, des centaines de personnes dorment dans la rue ... etc..

    Deux mille ans depuis le cirque de Rome, mais rien n’a changé.


    • FYI FYI 13 février 2012 12:24

      Un article dans la pure tradition du PS.
      C’est dégoûlinant de bon sentiment mais sans rien de concret, juste des effets d’annonces sans grande conséquence.
      Un article vide de sens et aussi utile que de dire que le soleil brille et que la pluie mouille.
      C’est çà être du PS, dire on n’aime pas notre société d’exclusion pourtant on en est les artisans...
      Vous nous prenez pour des truffes ma parole.


      • Alpo47 Alpo47 13 février 2012 13:27

        Je dois ajouter que le soutien aux plus défavorisés ne devrait en aucun cas dépendre d’initiatives privées, aussi honorables soient elles, mais faire partie des FONCTIONS REGALIENNES DE L’ETAT.

        L’encouragement à ces différentes associations ou fondations, permet à l’Etat de se soustraire à ses obligations et est donc contraire aux vrais intérêts des personnes dans le besoin.
         
        Or, l’Etat, c’est THEORIQUEMENT nous. C’est donc à nous d’imposer un changement de paradigme : moins de stades ou de porte avions et davantage d’aide aux démunis.

        Un vrai changement, enfin ... mais qui le porte vraiment ?


        • loco 14 février 2012 00:18

            Bonsoir,

           Que pensez-vous de la relation de cet évènement par Paris-Normandie dans son édition de ce lundi 13 février 2012  ? La juxtaposition des titres qui s’étalent face à face, journal ouvert aux pages 4 et 5, « Une bande ultra-violente » (P 4, article sur des braquages) face à « Nouvelle occupation » (P 5, l’action du DAL ), impose, à mes yeux, un évident parallèle entre les deux relations.
           Est-ce que vous pensez que les militants du DAL s’opposent à la loi et qu’ils sont comparables aux délinquants, comme l’intervention policière musclée le suggère ?
           Est-ce que la Mairie interviendra auprès du journal pour qu’une mise au point paraisse ?


          • Olivier MOURET Olivier Mouret 17 février 2012 17:05

            @FYI au dèla de votre interpellation vigoureuse, je vous invite à lire la suite de cette affaire sur mon blog http://oliviermouret.over-blog.com avec l’article titré « DAL, un pas trop loin » où l’on comprend les ressorts qui animent chaque protagoniste.

            @loco vous n’êtez pas sans savoir que la journaux sont indépendants et que leur mise en page leur appartient. la juxtaposition des deux articles est effectivement surprenante mais, je doute que cela soit volontaire. L’une des pages(la 4) dépend de la redaction régionale, l’autre (la 5) locale et je crois plutôt à un concours malheureux.

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