Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Société > Quand la foule devient meurtrière

Quand la foule devient meurtrière

Samedi 19 septembre, un jeune de 21 ans est mort à Paris au terme de la 17e Techno Parade. Un décès causé par son imprudence, mais aussi par les irresponsables provocations de dizaines, voire de centaines de témoins...

JPEG

19 h 30. En cette journée de samedi, le défilé de la Techno Parade est terminé. D’ores et déjà, la plupart des chars sont repartis, mais la fête continue pour des milliers de participants encore présents place de la République. Quelques-uns d’entre eux, comme c’est très souvent le cas lors des rassemblements de toute nature qui se tiennent en ce lieu emblématique, ont réussi à atteindre le premier niveau du monumental socle de la statue de Marianne qui, en hommage à la République, trône au milieu de la place.

Soudain, un jeune de 21 ans entreprend d’escalader le monument pour se hisser encore plus haut, au deuxième niveau du socle, porté par les acclamations enthousiastes de la foule. Parvenu au pied de la Marianne de bronze, à 15 m du sol, le jeune homme, plus ou moins conscient de la difficulté de poursuivre, s’arrête...

C’est alors que, d’après les témoins, fusent dans la foule de nouvelles exclamations. Quelques-unes implorent le jeune de ne pas poursuivre cette dangereuse ascension. Mais elles sont couvertes par les nombreuses exclamations de dépit ou d’encouragement à aller encore plus haut. « C’est nul ! », « Vas-y ! », « Plus haut ! » lui lance-ton. Grisé par ces provocations, et peut-être par l’altération de son état normal, le jeune homme reprend sa périlleuse ascension sur le corps de bronze...

Il ne peut aller au bout : alors qu’il est proche de la tête de Marianne, il dévisse soudainement et fait une chute mortelle d’une vingtaine de mètres sous le regard horrifié des « teufeurs » de la Techno Parade. La fête est finie. Elle s’est achevée brutalement, sur le macadam de la place, dans une mare de sang où baigne un corps disloqué. Dégrisés par le drame, des participants craquent : ils garderont comme une tache indélébile le souvenir de cette édition 2015 qui s’était jusque-là déroulée sans incident.

Mort sur le coup, le jeune homme a incontestablement été victime de son imprudence. À cet égard, l’autopsie nous dira s’il était sous l’emprise d’un alcool ou d’une drogue ayant pu atténuer son discernement. Mais si personne n’a forcé ce jeune à entreprendre l’escalade du monument dédié à la République, force est de reconnaître qu’il a aussi payé de sa vie l’effet de masse qui a conduit un grand nombre des participants de la Techno Parade à lui lancer un mortel défi en le poussant toujours plus haut alors qu’il semblait sur le point de renoncer.

Une vérité glaçante qui ne surprend évidemment pas les experts en psychologie sociale. Dans les colonnes du quotidien Le Parisien, Hélène Romano, docteur en psychopathologie et expert auprès des tribunaux, valide la probabilité que la victime ait ressenti « sous l’effet de groupe une sensation d’encouragement, un sentiment d’invulnérabilité et de toute puissance ». En un mot, une illusion mortelle née d’un phénomène de « désindividuation en groupe », un syndrome bien connu des spécialistes qui pousse des individus à commettre des actes qu’ils n’auraient pas commis sans la pression du groupe.

Or, plus le nombre de personnes constituant le groupe est grand, plus le risque de perte de l’identité individuelle est élevé et porteur d’une désinhibition pouvant conduire à des comportements déviants potentiellement dangereux ou antisociaux.

Samedi, sur la place de la République, on a probablement eu une illustration des deux facettes de ce syndrome : d’une part, la désinhibition de la victime, amenée par les clameurs à commettre un acte inhabituel et dangereux ; d’autre part, la désinhibition antisociale d’un groupe dominant poussant, de manière collective et anonyme, le jeune homme à prendre toujours plus de risques, malgré un évident danger dilué dans une terrifiante perte des responsabilités individuelles.

Pierre Aidenbaum, le maire du 3e arrondissement demande que le monument de Marianne, souvent escaladé comme ce fut le cas le dimanche 11 janvier après l’attentat de Charlie Hebdo, soit enfin sécurisé. Au lendemain de cette tragédie, cela se fera sans doute. Mais il ne faut pas se faire d’illusions, de tels drames se reproduiront en d’autres lieux. Le syndrome de « désindividuation de groupe » ne connaît malheureusement pas de limites : ni dans l’espace, ni dans le temps. 

 

Autre article sur la responsabilité collective : Un syndrome effrayant : « l’effet du témoin »

 


Moyenne des avis sur cet article :  3/5   (18 votes)




Réagissez à l'article

69 réactions à cet article    


  • soi même 21 septembre 2015 18:55

    La foule a toujours attiré l’attention, et pour cause , elle est quand elle déborde comme une vague de fond, pour le meilleur comme pour le pire... !
     


    • Fergus Fergus 21 septembre 2015 19:42

      Bonsoir, soi même

      « pour le meilleur comme pour le pire »

      On ne saurait mieux dire !


    • christophe nicolas christophe nicolas 22 septembre 2015 13:18

      @Fergus


      Ils se sont comportés en barbares

    • Fergus Fergus 23 septembre 2015 09:15

      Bonjour, christophe nicolas

      Dès lors que les instincts primitifs l’emportent sur la raison et les valeurs morales liées aux avancées de la civilisation, on peut effectivement retenir le mot de « barbares ».


    • soi même 24 septembre 2015 03:14

      Étrange comment les vieux ont oublier leurs folies de leurs 20 ans ?

       


    • gruni gruni 21 septembre 2015 19:31

      Bonsoir Fergus


      La jeunesse est un passage bien périlleux de la vie, d’ailleurs quelquefois ça ne passe pas. Combien de jeunes se sont tués par imprudence, pour épater la galerie en tentant un pari fou. Où simplement sur la route par goût du risque, pour faire un chrono. Nous avons probablement tous des exemples qui nous viennent à l’esprit.
      Mais dans l’exemple que tu donnes, le jeune qui escaladait la statue voulait renoncer. C’est le public présent qui l’a poussé. Il y a donc une responsabilité collective. J’espère que le remord sera également collectif. Ce qui ne rendra pas la vie à ce jeune homme.

      • Fergus Fergus 21 septembre 2015 19:54

        Bonsoir, gruni

        "Combien de jeunes se sont tués par imprudence, pour épater la galerie en tentant un pari fou."

        Eh oui, et ce phénomène sans doute vieux comme l’humanité est très bien illustré par le film "La fureur de vivre" qui retrouve une certaine notoriété avec la sortie d’un biopic sur James Dean.

        « le jeune qui escaladait la statue voulait renoncer. C’est le public présent qui l’a poussé. Il y a donc une responsabilité collective."

        C’est ce qui ressort des témoignages rapportés par les médias. Il semblerait également qu’une enquête policière soit en cours pour tenter de retrouver ceux qui ont poussé la victime à prendre encore plus de risques.

        A propos des risques inconsidérés pris par des jeunes plus ou moins alcoolisés (ou drogués) dans le cadre d’un effet de masse, un autre film en est une impressionnante illustration : « Les Tricheurs ». 


      • Bernard Dugué Bernard Dugué 22 septembre 2015 11:54

        @gruni

        Je me fais l’avocat du diable et je défends la foule qui ne peut pas être accusée car elle était en état de démence. C’est comme Althusser, acquitté pour avoir tué sa femme en état de démence. Les jeunes de Woodstock étaient bien plus responsables, même ceux en état de trip


      • Gasty Gasty 22 septembre 2015 12:26

        Ne retrouve-t-on pas ce type de comportements envers ceux qui se proposent de devenir des stars éphémère dans des jeux télévisés ?
        Et si demain des artistes portaient plainte contre leurs fans pour avoir mis leurs psychismes et leurs vies en danger.


      • Gasty Gasty 22 septembre 2015 12:30

        Comme Edith Piaf emporté par la foule


      • Fergus Fergus 22 septembre 2015 12:50

        Bonjour, Bernard Dugué

        A mon avis, on ne peut en aucune manière parler d’« état de démence », tout au plus d’euphorie collective déresponsabilisante.


      • Fergus Fergus 22 septembre 2015 12:59

        Bonjour, Gasty

        « Ne retrouve-t-on pas ce type de comportements envers ceux qui se proposent de devenir des stars éphémère dans des jeux télévisés ? »

        Cela ne procède pas des mêmes mécanismes : la motivation des candidats peut être portée par un effet relevant de la psychologie sociale ; pas celle de ceux qui créent les conditions de ces émissions, avec un grand cynisme et le regard constamment fixé sur l’audimat et les profits qui vont avec.

        Le parallèle pourrait néanmoins être fait avec des émissions de téléréalité mettant en scène des candidats plus ou moins conditionnés par la production et un public livré à ses instincts. Une possible dérive illustrée au cinéma par le film d’Yves Boisset « Le prix du danger ».


      • troletbuse troletbuse 22 septembre 2015 21:34

        @gruni
        Tiens, tiens : deux Arthue Conte !-))


      • hunter hunter 21 septembre 2015 19:49

        Juste une illustration de la sélection naturelle façon « Darwin Awards » !

        Les moins adaptés disparaissent, c’est la vie !

        Visiblement, ce jeune homme était quelque peu fada (sans doute foncedé, je connais bien ce milieu), de plus influençable par la connerie des autres.....voilà !

        Un con de moins, la planète s’en portera mieux ! Espérons qu’il n’aura pas eu le temps de transmettre ses gènes.

        Oui je suis cynique et ignoble, mais bon je m’en tape de la mort de ce type franchement !

        Vous pouvez moinsser, soyez mes hôtes !

        Adishatz

        H/


        • Fergus Fergus 21 septembre 2015 19:59

          Bonsoir, hunter

          « Un con de moins, la planète s’en portera mieux ! »

          Si tous ceux qui avaient commis une connerie dans leur vie devaient mourir, la planète serait dépeuplée. Et sans doute serions-nous morts, vous et moi, ainsi que la majorité des intervenants de ce site !


        • Bastienou Carcajou 22 septembre 2015 01:27

          @hunter

          Il ne s’agit pas ici de sélection naturelle.

          Cette époque refuse la mort.

           On cherche des responsables dans la foule. Mais la foule est une, elle ne se dissocie pas. Si des gaziers sont poursuivis pour avoir encouragé le gus à escalader la statue, ce ne sont pas les mêmes qui seront jugés puisqu’ils auront alors retrouvé leur personnalité individuelle, pas celle toujours critiquable de la dynamique de groupe. Cette constatation exclut évidemment les actes physiquement violents qui relèvent d’une autre nature.

          Votre commentaire est cynique, certes, ignoble certainement parce que vous jugez à côté de la plaque. Lui aussi a été emporté par la vague de la foule.

          Cordialement


        • Fergus Fergus 22 septembre 2015 09:09

          Bonjour, Bastienou Carcajou

          Un grand merci pour ce commentaire pertinent et distancié.

          Je n’ai qu’une petite réserve circonstancielle à lui apporter : au moment de l’escalade de la statue par Christopher - son prénom a été révélé hier soir -, la foule n’étais pas « une », mais clairement scindée en deux parties, hélas inégales dans le mauvais sens : ceux qui, grisés par l’effet de masse et de ce fait en perte d’identité individuelle, ont contribué par leurs encouragements ou leurs moqueries à nouer le drame ; et ceux, plus lucides, qui ont tenté de l’éviter en essayant de dissuader Christopher d’aller toujours plus haut.


        • soi même 24 septembre 2015 03:10

          @Fergus merci pour la dernière ligne, elle est splendide de lucidité ... !


        • Fergus Fergus 24 septembre 2015 09:01

          @ soi même

          Merci à vous.

          Bonne journée.


        • tinga 22 septembre 2015 00:37

          Le goût du sang...
          C’est marrant, on fait des alpinistes qui perdent leur vie dans de stupides défis des héros, et là on crie à l’irresponsabilité, toujours ce deux poids deux mesures, on glorifie la bêtise institutionnelle mais on voudrait criminaliser la connerie spontanée.
          Ce triste fait divers n’est qu’une illustration de ce qu’encourage notre société, le dépassement, la gloire d’un jour.


          • berry 22 septembre 2015 07:06

            N’est pas Alain ROBERT qui veut.

            https://www.youtube.com/watch?v=Hy2mW29bVx8


          • Fergus Fergus 22 septembre 2015 09:24

            Bonjour, tinga

            Désolé, mais vous mélangez deux choses qui n’ont rien à voir.

            Les alpinistes - parfois en recherche de gloire, c’est vrai - préparent dans l’écrasante majorité des cas leur ascension avec méticulosité en termes de matériel, d’itinéraire et de conditions météo. Il est d’ailleurs à noter que les victimes ne sont pas toujours le fait d’une imprudence, mais de circonstances particulières à un moment donné qui frappent tout autant des amateurs que des professionnels expérimentés.

            La question des secours, de la mise en œuvre d’un matériel collectif, et de la mise en danger des sauveteurs est un autre débat.

            Pour ce qui est de la « connerie spontanée », qui parle de la « criminaliser » ? La question posée est moins dans la poursuite des personnes ayant incité un membre du groupe à commettre une énorme sottise que dans la dénonciation de ce phénomène sociologique afin de susciter une prise de conscience visant à limiter autant que possible le renouvellement en d’autres occasions pouvant donner lieu à de grands rassemblements à caractère « festif ».


          • Philippe Stephan Christian Deschamps 22 septembre 2015 11:29

            @Fergus
            a propos de psy

            Pas tout a fait d’accord ,la personne qui est morte est sortie du groupe (BO violet. perte de l’identité individuelle) et a affirmé son individualité en prenant seul cette initiative (CP rouge n’a pas peur de la mort ,incapacité de se projeter dans l’avenir) tout comme l’alpiniste qui escalade l’obélisque la différence tien plus au professionnalisme de l’un et au manque de sobriété de l’autre.la foule a choisie sont camps ,les pour et les contres comme dans un match de foot,les pour étant les plus enthousiaste ou grisés,les contres les plus craintif, ou peureux.

            .si tu as le temps psychologie intégral
            .
            et aussi le titre de l’article n’est pas très juste
            c’est l’initiative première du jeune qui induit cette situation .(Parvenu au pied de la Marianne de bronze, à 15 m du sol, le jeune homme, plus ou moins conscient de la difficulté de poursuivre, s’arrête...) 15 m il est déjà en danger.
            .
            les experts en psychologie sociale. Dans les colonnes du quotidien Le Parisien, Hélène Romano, docteur en psychopathologie .

            un syndrome bien connu des spécialistes qui pousse des individus à commettre des actes qu’ils n’auraient pas commis sans la pression du groupe.

            Pour moi ce n’est pas tout a fait juste
            dans un premier temps ,la décision n’a pas été prise par la foule,c’est une impossibilité
            les encouragements de la foule on agit de la même manière que dans les rencontres sportive
            je me répété un peut .. smiley
            ce qui fait une différence
            .
            Pour en savoir un peut plus sur CP rouge et sa problématique
            article cour et concis

            .

            Contenir le développement de ROUGE (1/2).

            .

            Contenir le développement de ROUGE (2/2)

            .

            .


          • tinga 22 septembre 2015 11:47

            @Fergus
            Salut Fergus
            La mère de l’imprudent garçon porte plainte contre X, c’est ce qui entre autre suscitait ma remarque, quant à ces mouvements de masses un peu pervers, je ne pense pas qu’un pouvoir veuille aller dans aller dans le sens d’une meilleure responsabilité, puisque l’étude et l’utilisation de ces comportements des masses est ce qui assoit et conforte leur contrôle.


          • Philippe Stephan Christian Deschamps 22 septembre 2015 11:52

            @fergus
            .
            à propos de foule et plus généralement dans le lien

            .un angle de vu différent extrait :

            Dans un premier temps, la réaction générale a été celle d’une participation mystique, d’une fusion Violet dans laquelle tout le monde s’est associé à la détresse des personnes assassinées avec la phrase « Je suis Charlie ». Cela a créé un puissant égrégore2 caractérisé par une grande émotion collective. Pendant quelques jours, tout le monde était Charlie, et il régnait une impression d’unité nationale, les politiciens eux-mêmes répugnant à sortir de cette fantasti-que énergie collective d’amour. Ce qui est intéressant c’est que chacun pouvait entrer dans cette unité à partir de son point de vue : les conservateurs catholi-ques (Bleu) en réaction contre l’Islam, les républicains Orange en criant leur indignation contre la liberté d’expression et défendre les valeurs de la laïcité, et enfin les Vert en exprimant leur empathie envers les journalistes et leur soutien aux familles, en défendant les faibles contre les forts, ceux qui meurent armés d’un crayon contre les barbares munis de mitraillettes.

            Analyse : Charlie Hebdo et la Spirale Dynamique
             

          • Fergus Fergus 22 septembre 2015 13:14

            Bonjour, Christian Deschamps

            Merci pour ces observations et pour ces liens.

            Cela dit, je crois qu’à aucun moment le jeune Christopher n’est sorti du groupe. Il en a été au contraire une sorte de fer de lance. Jusqu’au moment où, par sa crainte d’aller plus haut, il a scindé le groupe en deux : d’un côté, les « grisés » en effet, portés par leur désinhibition, de l’autre côté, pas « les peureux » mais les lucides, possiblement « dégrisés » par la tournure des évènements.

            Je ne regrette pas le titre. Parce que c’est bien la foule qui, lorsque Christopher s’est arrêté, l’a contraint, dans l’état de discernement atténué où il se trouvait, à reprendre en main l’arme qui allait le tuer : l’obstacle de bronze. Lui était alors quasiment - mais inconsciemment - dans une logique suicidaire, la foule qui le portait dans une logique meurtrière involontaire.


          • Fergus Fergus 22 septembre 2015 13:23

            @ Christian Deschamps

            « Pendant quelques jours, tout le monde était Charlie, et il régnait une impression d’unité nationale »

            Une unité nationale amplifiée par les médias, et globalement réelle. Mais pas d’accord sur la première affirmation de Ferber : tout le monde n’était pas Charlie !

            Cela s’est d’ailleurs bien senti sur ce site - comme sur de nombreux autres - où se sont largement exprimés ceux qui étaient contre Charlie (en l’occurrence majoritairement contre la récupération politicienne d’un mouvement d’indignation spontané) ou qui, comme moi et des dizaines de milliers de personnes, n’étaient ni Charlie ni anti-Charlie.


          • fred.foyn Le p’tit Charles 22 septembre 2015 07:38

            Place de la « Raie-Publique »..un lieu ou tous les bas du front se rencontre...la preuve.. !


            • Fergus Fergus 22 septembre 2015 09:30

              Bonjour, Le p’tit Charles

              Un lieu où se rassemblent surtout les travailleurs à l’occasion des grands mouvements sociaux !

              Qui plus est, je ne vois absolument pas le rapport entre des « bas du front » et des jeunes amateurs de musique techno venus sur le parcours faire la fête dans une ambiance sympathique. Je n’apprécie pas du tout cette musique, mais il ne me viendrait pas à l’idée d’insulter les participants d’une Techno Parade.


            • fred.foyn Le p’tit Charles 22 septembre 2015 10:25

              @Fergus...Première réponse d’un « charlot »...


            • erichon 22 septembre 2015 08:54

              Et voila  !!! un accident , une réaction ! Sécurisation , sécurisation , sécurisation !!
              infantilisation quand tu nous tiens  !!!


              • Fergus Fergus 22 septembre 2015 09:48

                Bonjour, erichon

                « infantilisation quand tu nous tiens !!! »

                Vous voyez les choses par le petit bout de la lorgnette et sous un angle que l’on pourrait qualifier de militant.

                C’est votre droit, mais ce n’est pas l’objet de mon article. Son but : mettre le doigt sur un phénomène de déviance collective, liée au syndrome de désindividuation, pouvant conduire à des excès potentiellement dangereux, voire mortels comme cela a été le cas samedi dernier.

                Je ne demande pas la multiplication des flics, et a fortiori pas non plus l’interdiction de réunions festives potentiellement plus porteuses de risques. Je n’en souhaite pas moins une prise de conscience des effets de masse sur de possibles dérives comportementales.

                Cela dit, il me semble urgent, en effet, de « sécuriser » le monument de la République afin d’éviter le retour d’un tel drame. Cela doit pouvoir se faire sans nuire à l’esthétique de la statue et de son socle. A cet égard, j’avais constaté avec stupeur, lors de son ouverture au public en 1976, que le campanile situé à gauche de l’entrée du centre commercial Galaxie (Italie 2) à Paris était constitué de tubes métalliques offrant jusqu’au sommet une sorte d’échelle constituée de barreaux espacés de 50 cm : une tentation éminemment dangereuse pour un jeune ou un individu éméché désireux d’épater ses amis. J’ai aussitôt signalé le problème à Toubon, maire du 13e arrondissement. Quelques jours plus tard, des plaques de plexiglas étaient apposées sur les premiers mètres ce qui rendait impossible une ascension du campanile sans nuire à l’esthétique du campanile.


              • erichon 22 septembre 2015 14:33

                @Fergus

                Tout le monde est conscient que le QI d’une foule est égal au QI du plus bas des éléments constituant cette foule . On le sait , cela à toujours existé et je pense que ça existera toujours.
                En cela je suis bien d’accord avec vous.

                Pour autant je ne suis pas d’accord à sécuriser toujours tout et n’importe quoi sous prétexte d’un accident ou d’un éventuel accident . A force de cela nous avons perdu le sens du danger et parce que nous perdons le sens du danger, nous en arrivons à prendre des risques inconsidérés et souvent débiles.

                Un peu comme un enfant que l’on surprotège lorsqu’il fait du patin à roulette , skate ou autre ...
                Comme il ne se fait pas mal il peut se permettre d’aller plus vite , donc blessures plus graves.
                Le danger se virtualise .

                Mais effectivement ce n’était pas le but de votre article avec lequel je suis quasi d’accord.


              • Alex Alex 22 septembre 2015 09:36
                Salut Fergus,
                Le phénomène a bien été décrit par Gustave Le Bon dans Psychologie des foules, dont je pompe dans Wiki un résumé concernant l’individu :
                – L’irresponsabilité. Du fait du nombre, un individu en foule peut ressentir un sentiment de “puissance invincible” et voir ses inhibitions s’effondrer. Il pourra accomplir des actions qu’il n’aurait jamais accomplies seul.
                – La suggestibilité. L’individu faisant partie de la foule voit sa conscience s’évanouir, au même titre que celle d’un hypnotisé.

                • Pomme de Reinette 22 septembre 2015 09:47

                  @Alex

                  Notre grand érudit wikipédiesque devrait aussi jeter un coup d’oeil à ceci :

                  http://www.payot-rivages.net/livre_Psychologie-des-foules-et-analyse-du-moi-Freud-Sigmund_ean13_9782228907156.html

                   smiley


                • Fergus Fergus 22 septembre 2015 09:51

                  Bonjour, Alex

                  Merci pour cet extrait qui résume parfaitement les mécanismes psychologiques qui ont débouché sur le drame de la Techno Parade.

                  J’en profite une nouvelle fois pour dire tout le bien que je pense de Gustave Le Bon dont le regard sur la société a toujours été d’une pertinence sans faille.


                • Fergus Fergus 22 septembre 2015 09:53

                  Bonjour, Pomme de Reinette

                  Merci pour ce lien qui rappelle que Freud lui-même s’est en l’occurrence appuyé sur les observations personnelles de Le Bon.


                • Pomme de Reinette 22 septembre 2015 10:22

                  @Fergus

                  Tout à fait Fergus. Approfondie et développée.
                  C’était un petit clin d’oeil à Alex, pour élargir sa focale.

                  Très bonne journée


                • bluerage 22 septembre 2015 10:12

                  Bonjour Fergus

                  Vous découvrez enfin qu’il n’y a rien de plus c... qu’une foule ?

                  Quelle maestria dans l’art de défoncer des portes ouvertes, ce sera quoi la prochaine, une invitation à la prudence face au salafisme dans nos banlieues ?


                  • Fergus Fergus 22 septembre 2015 11:13

                    Bonjour, bluerage

                    « Vous découvrez enfin qu’il n’y a rien de plus c... qu’une foule ? »

                    Sur quoi appuyez-vous l’usage à mon égard du mot « enfin » ? Il va de soi que je connais les effets de foule depuis des décennies, et même depuis mon enfance, ce qui m’a toujours incité à porter un regard distancié sur tout se qui pouvait donner lieu à des effets de groupe délétères. Même adolescent, je n’ai jamais fait partie d’une bande, préférant garder une attitude d’électron libre comme je l’ai fait ultérieurement dans ma vie professionnelle.

                    « Quelle maestria dans l’art de défoncer des portes ouvertes »

                    Il se trouve que ces « portes ouvertes » ne le sont pas pour tout le monde, nombre de nos contemporains - particulièrement chez les jeunes - ayant une conscience insuffisante des effets possibles du groupe sur leur propre comportement. Mon article vise à le rappeler, sans autre ambition. Mais peut-être, dans le même ordre d’idée, avez-vous l’intention de condamner tous les écrits portant sur les dérives individuelles mises en lumière par les travaux de psychologie sociale ? 

                    « une invitation à la prudence face au salafisme dans nos banlieues ? »

                    Voir écrit cela à propos de l’accident de samedi relève de la provocation gratuite hors sujet. Quel rapport peut avoir la nécessaire prudence face au salafisme - qui relève d’un comportement social citoyen - avec une déviance relevant de la psychologie collective ? 

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès