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Accueil du site > Actualités > Société > Quand la justice manque cruellement d’âme

Quand la justice manque cruellement d’âme

La justice française est respectable en général. Il y a cependant des jugements qui font frémir, comme cette décision qui refuse à un enfant mourant de leucémie à l’hôpital la présence à ses côtés de son père, pourtant le seul parent pouvant se rendre à son chevet. L’homme se voit refuser l’accès à son enfant et sera expulsé même s’il n’est coupable que d’avoir bravé l’interdiction de séjourner sur le territoire.

 
Qui a le droit de faire ça à un enfant, chante Patrick Bruel. Sa chanson résonne ici de façon étrangement actuelle et surtout douloureuse. La décision de la Cour d’appel administrative de Lyon date du 29 juin 2007. Elle vient seulement d’être publiée et commentée - en avril 2008 (délais de greffe oblige, surtout quand les affaires sont sensibles...) - dans la très sérieuse revue professionnelle Journal du droit des jeunes n° 274 qui ne mentionne aucun élément nouveau depuis le rendu du jugement.

Me Eolas, sur son blog, réagit vivement : "C’est vrai. Pour qu’un enfant de 2 ans meure, il n’est ’pas indispensable’ que son père, sa seule famille en France, soit là pour lui tenir la main. C’est en France. C’est en 2007" (Me Eolas cité par la revue).

"Pas indispensable" ?

La Cour constate que l’enfant de 2 ans nécessite des soins prolongés à l’hôpital, que sa mère est incarcérée en Espagne et ne peut donc lui rendre visite, qu’il n’y a pas d’autre famille résidant en France et conclut malgré tout cela que la présence du père aux côtés de l’enfant "ne revêt pas un caractère indispensable".

La Cour estime que l’arrêté du préfet de l’Ain de reconduite du père à la frontière "n’a pas porté au droit de l’intéressé au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée..."

Entre quotas et droits, le juge a choisi...

C’est s’affranchir à la légère du respect de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales qui dit dans son article 8 : "Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale..." et que l’ingérence de l’autorité publique dans l’exercice de ce droit ne peut être justifiée que par des raisons graves ou sérieuses (sécurité nationale, délinquance, ordre public, notamment).

C’est se moquer éperdument aussi de la Cour européenne qui, par une jurisprudence constante, réaffirme régulièrement le principe de proportionnalité nécessaire des mesures d’éloignement du territoire.

Mais ici rien n’émeut le juge qui, en fonctionnaire zélé, décidera sans ciller du sort de cet enfant de 2 ans. En bon respect des règles et serviteur de l’application des quotas imposés par le ministère de l’Identité nationale.

Un jugement sans état d’âme.

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12 réactions à cet article    


  • biztoback 22 mai 2008 11:29

    "...Un jugement sans état d’âme.", bref un jugement objectif.


    • La Taverne des Poètes 22 mai 2008 12:15

      Certes. Mais un jugement que vous qualifieriez de juste pour l’enfant ? Le droit n’est pas tout, il y a aussi le sens de l’équité, si je me souviens bien de mes études...


    • Medkorp Medkorp 22 mai 2008 13:00

      Salut !

      Que la Justice fasse parfois du n’importe quoi, rien d’étonnant (voir outreau et le reste), seulement à ces moments la il faut réagir et non pas se contenter de dire des imbécilités aussi énorme.

      Un enfant va mourrir, que son père puisse l’accompagner pour ses derniers instants me parait tout à fait normal, l’inverse par contre me fait vomir, tout comme votre post d’égoisgte patenté.


    • cpt.kirk cpt.kirk 22 mai 2008 17:01

      Si la justice est rendu par des hommes il me semble que c’est justement pour éviter ce genre d’aberration

       

      Je ne sait comment ce juge peux regarder se regarder dans une glace après avoir prit ce genre de décision dénuée de la moindre humanité.


      • Fergus fergus 23 mai 2008 09:40

        Tout à fait d’accord avec ce commentaire. Mais cette affaire est, hélas, l’illustration de l’éternel conflit qui oppose les tenants de la "lettre" aux tenants de l’"esprit" de la loi.

        Le pire est que, bien souvent, les magistrats tenants de cette fameuse "lettre" de la loi ne sont pas des sadiques, mais avant tout des pleutres soucieux de s’éviter des blâmes de leur hiérarchie pour cause de non-respect des procédures.

        Ils vont donc au plus réglementaire, en faisant taire leurs éventuels états d’âme (lorsqu’ils en ont) et en priant pour que leurs décisions ne soient pas médiatisées. 


      • Lisa SION 2 Lisa SION 22 mai 2008 18:03

        C’est à travers de larges grilles, Que les femelles du canton,
        Contemplaient un puissant gorille, Sans souci du qu’en-dira-t-on.
        Avec impudeur, ces commères Lorgnaient même un endroit précis
        Que, rigoureusement ma mère M’a défendu de nommer ici...
        Gare au gorille !...

        Tout à coup la prison bien close Où vivait le bel animal
        S’ouvre, on n’sait pourquoi. Je suppose Qu’on avait du la fermer mal.
        Le singe, en sortant de sa cage Dit "C’est aujourd’hui que j’le perds !"
        Il parlait de son pucelage, Vous aviez deviné, j’espère !
        Gare au gorille !...

        L’patron de la ménagerie Criait, éperdu : "Nom de nom !
        C’est assommant car le gorille N’a jamais connu de guenon !"
        Dès que la féminine engeance Sut que le singe était puceau,
        Au lieu de profiter de la chance, Elle fit feu des deux fuseaux !
        Gare au gorille !...

        Celles là même qui, naguère, Le couvaient d’un œil décidé,
        Fuirent, prouvant qu’elles n’avaient guère De la suite dans les idées ;
        D’autant plus vaine était leur crainte, Que le gorille est un luron
        Supérieur à l’homme dans l’étreinte, Bien des femmes vous le diront !
        Gare au gorille !...

        Tout le monde se précipite Hors d’atteinte du singe en rut,
        Sauf une vielle décrépite Et un jeune juge en bois brut ;
        Voyant que toutes se dérobent, Le quadrumane accéléra
        Son dandinement vers les robes De la vieille et du magistrat !
        Gare au gorille !...

        "Bah ! soupirait la centenaire, Qu’on puisse encore me désirer,
        Ce serait extraordinaire, Et, pour tout dire, inespéré !" ;
        Le juge pensait, impassible, "Qu’on me prenne pour une guenon,
        C’est complètement impossible..." La suite lui prouva que non !
        Gare au gorille !...

        Supposez que l’un de vous puisse être, Comme le singe, obligé de
        Violer un juge ou une ancêtre, Lequel choisirait-il des deux ?
        Qu’une alternative pareille, Un de ces quatres jours, m’échoie,
        C’est, j’en suis convaincu, la vieille Qui sera l’objet de mon choix !
        Gare au gorille !...

        Mais, par malheur, si le gorille Aux jeux de l’amour vaut son prix,
        On sait qu’en revanche il ne brille Ni par le goût, ni par l’esprit.
        Lors, au lieu d’opter pour la vieille, Comme l’aurait fait n’importe qui,
        Il saisit le juge à l’oreille Et l’entraîna dans un maquis !
        Gare au gorille !...

        La suite serait délectable, Malheureusement, je ne peux
        Pas la dire, et c’est regrettable, Ça nous aurait fait rire un peu ;
        Car le juge, au moment suprême, Criait : "Maman !", pleurait beaucoup, Comme l’homme auquel, le jour même, Il avait fait trancher le cou.


        Gare au gorille !...

        J’ai eu du mal à discerner la fable de Georges Brassens, mais c’est l’actualité qui m’y aide. Ces gens manquent terriblement de sensibilité.


        • sevand 22 mai 2008 20:55

          Sans autres explications, cette décision est humainement choquant...

          J’aimerais néanmoins connaitre l’histoire de cette famille (comment ce père et ce fils se sont retrouvés en France et depuis combien de temps, le père a t-il l’autorité parentale ?).

          Que le juge administratif ( je précise et non judiciare) soit à la solde du gouvernement et de sa politique ne me surprend pas outre mesure.


          • Deneb Deneb 23 mai 2008 11:04

            Cela vous étonne que l’Etat se deshumanise ? Il y a près d’un siècle, Franz Kafka a dépeint ce type de cauchemar, qui le terrorisait à l’intérieur de lui-même au point de demander, dans son testament, de brûler ces écrits. La réalité n’a jamais été si proche de sa vision.


            • xray 23 mai 2008 11:19

              La justice manque d’âme. Chacun en conviendra volontiers. 
              La justice reflète l’image des justiciables. Les justiciables sont contents comme ça. Une justice dure, cela les rassure. C’est pour les autres ! 

              En revanche, que peut-on penser de ces gens toujours plein de compassions pour les victimes de la misère. (Cette misère qu’ils génèrent et dont ils font profit.) 

              Pourquoi ce fait divers perdu au milieu d’autres faits divers cruellement semblables a t-il été sorti du lot. 
              Derrière ce fait divers anodin, beaucoup de politique, de fric et de profit pour certains. (Toujours les mêmes) Certains qui pleurent mais qui dans la réalité se foutent éperdument du sort des victimes. 
              Notamment des enfants : La niche à chien fait de la résistance.  (Page 220) 
              Profit is profit ! 

              L’injustice est un métier. 
              http://echo-europe.monblogue.branchez-vous.com/ 

              Des juges irresponsables et incompétents 
              http://echofrance.monblogue.branchez-vous.com/ 



              • Vincent Verschoore VincentV 23 mai 2008 11:43

                 

                Comment contrer cette justice de vendus et de pleutres avec la moralité d’une déjection canine ? Ca semble bien blindé de l’intérieur (voir comment se termine l’affaire Outreau, finalement c’est le procureur, lui tout seul, qui est mis sur la sellette, alors que c’est tout le système qui est coupable, à commencer par les juges). Si je pouvais, je proposerais la mise en place de jury populaires, souverains, saisis par tout citoyen témoin d’une injustice flagrante (injustice au sens moral, humain) perpétrée par le système judiciaire. On ne peut plus laisser les juges décider seul de choses aussi graves, ils n’ont ni l’intégrité ni la compétence nécessaire. L’autre solution serait de mettre la justice directement sous le contrôle du Parlement (et pas de l’exécutif, bien sur) car ceci permettrai aux citoyens de contrer les décisions iniques des juges via la voie parlementaire, in fine par le vote de leur députés.


                • Thoth 23 mai 2008 22:55

                  Je propose à nos gouvernants de créer un ministère de l’INJUSTICE. Cela cadrera mieux avec le monde actuel.

                   


                  • orange orange 24 mai 2008 11:22

                    Et plus le monde évoluera dans se sens plus nous deviendront des INSOCIABLES

                     

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