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Accueil du site > Actualités > Société > Que faire dans une France en récession sociale ?

Que faire dans une France en récession sociale ?

Les réalités peuvent être masquées autant que dévoilées par les mots bien agencés. « Récession sociale » est une notion semble-t-il inédite, capable d’être utilisée pour un portrait de la société actuelle.

Il y a quelque temps, j’avais envisagé l’imposture intellectuelle de ceux évoquant la plus importante crise économique depuis 1929, voir même un 1929 bis en 2008. Il y a 80 ans, le monde était entré en récession économique : effondrement de la croissance. Ce n’est pas le cas actuellement. La croissance est en berne mais pas de récession au sens scientifique du terme. Par contre, une crise sociale est bel et bien présente. Elle doit être décrite à mon sens par cette notion de récession sociale. L’idée étant de combiner deux notions, celle d’une récession économique touchant seulement une partie de la société. Le chef de l’Etat l’avait dit, la croissance n’est pas un indice très signifiant pour ce qui est de la quantification de l’évolution du niveau matériel et moyen des habitants. Justement, cette notion de récession sociale indique à la fois la croissance globale, faible dans le présent contexte, et la répartition inégale de cette croissance. Autrement dit, le principe consiste à segmenter les différentes couches de la société. Et de leur imputer la réception de la croissance, autrement dit les retombées de l’augmentation du PIB. C’est bien beau de parler de croissance mais quel intérêt si elle n’est pas recontextualisée dans ses effets concrets sur les individus et la société. Et quelle tromperie si elle n’est qu’un chiffre moyen calculé pour l’an et l’habitant. Inventons le PIB par classe !

Récession sociale signifie récession pour les uns mais croissance pour les autres. Ce n’est ni une régression sociale, terme ayant des connotations sociologiques, ni une récession économique. Un exemple. Partageons la population française en trois classes de même poids économique mais pas en nombre. Exemple, 10 % des gens disposant d’un tiers des revenus, 25 % disposant d’un autre tiers et 65 % du dernier tiers. La première voit son PIB par tête de pipe augmenter de 6 points, la seconde voit son PIB stagner, la troisième voit son PIB diminuer de 3 points. Faites le calcul, la croissance moyenne est de 1 point. Evidemment, cette représentation exemplifiée est simplifiée eu égard aux vécus, aux situations en termes de logement, aux dépenses de l’Etat, mais elle traduit bel et bien la tendance actuelle.

La récession sociale se traduit par la baisse de revenus pour une tranche de la population. Dans ce contexte, le chiffre du chômage ne signifie rien. La déontologie politique et médiatique inclinerait à ne plus parler de ce chiffre qui maintenant, on le sait, ne traduit pas les réalités sociales et se trouve faussé du fait des radiations et de la pression exercées sur les demandeurs d’emploi. Seul un indice indépendant, effectuée par un institut officiel, permettrait de mesurer le chômage réel. D’ailleurs, il paraît que cet indice est disponible auprès de l’INSEE. Concrètement, la récession sociale devrait être quantifiée par de nouveaux indices, notamment un PIB traduisant également le pouvoir d’achat. La croissance est un chiffre moyen, dont l’interprétation est rapportée en tenant compte d’une inflation elle aussi moyenne (soulignons qu’un « indice pirate » de l’inflation a longtemps été fourni par la CGT, peu confiante dans les chiffres officiels). Le pouvoir d’achat baisse sélectivement. Par exemple à travers les dépenses médicales. Le prix des soins médicaux et dentaires augmente plus vite que le revenu des classes pauvres, doublement touchées si elles n’ont pas de mutuelles. Sans compter les franchises, l’alimentation, le fuel. Bref, inutile de nous étendre sur ces faits bien connus. Et tout laisse penser que la tendance va s’installer, voire s’aggraver. Le spectacle de ce gouvernement qui s’agite de toutes parts est consternant. Il n’y a pas pour l’instant de solution. Quel gâchis que de s’en prendre à des individus sans mettre le projecteur sur les gaspillages de l’Etat, ainsi que dans le domaine de la santé publique où quelques-uns s’engraissent copieusement, et pas seulement les multinationales du médicament.

Quelle attitude adopter ? L’engagement à gauche s’avère stérile pour l’instant. D’ailleurs, une gauche ne peut gouverner que si un désir de partager, de vivre ensemble et de solidarité existe. Ce n’est pas le cas. Chacun cultive son jardin. Alors, la solution par défaut est d’être épicurien autant que faire se peut. L’épicurisme ne signifie par jouir sans entraves. C’est une philosophie inclinant l’homme à vivre en pesant ce dont il a besoin, en analysant ce qui lui est nécessaire et ce dont il peut se passer. L’épicurisme, une philosophie parfaitement adaptée à la récession sociale contemporaine. Ainsi que le stoïcisme. Savoir apprécier ce qui dépend de nous et ce qui est hors de notre ressort. Accepter le fatum. Certes, cette idée fâchera les activistes de gauche mais le fait est que la récession sociale est sans doute une fatalité. Non pas économique mais sociale. Les blocages viennent de l’homme, ses désirs, son égocentrisme, et l’absence d’une volonté générale de solidarité. C’est ainsi et cette fatalité ne peut être renversée par l’action politique. Une fatalité sociale et non pas économique car des solutions techniques existent.

Soyons épicuriens, stoïciens, en un mot, résilients et non pas résistants. Résister à quoi ? On ne sait pas où se loge l’ennemi. L’antisarkozysme est une idiotie. Résilience, comme dans un matériau. Mais la société, combien de temps va-t-elle rester résiliente ? On voit les frondes du pétrole se déployer. Et nous ne sommes pas au bout du chemin que prendra le cours du baril. Et la misère, les expulsions, les queues prochaines aux restos du cœur, pendant que l’industrie du luxe affichera ses bénéfices en plein froid de l’hiver, de quoi jeter un froid, échauffer les esprits. Un matériau résiste jusqu’à son point de rupture. Et la société en récession, quand sera-t-elle parvenue au point de rupture définitif, celui d’une insurrection générale ? Contrairement au béton dont on peut mesurer les failles et les risques de rupture, les failles sociales sont au plus profond des âmes, insondables, avec des effets imprévisibles. L’homme n’est pas une machine. Rien n’est certain mais le risque est présent. Et ce ne sera pas un Mai 68 bis. La transcription politique sera absente, conduisant vers un état d’urgence alors que les marges de manœuvre économiques seront bien plus limitées que du temps du Général ou de Giscard, avec une bonne croissance et des caisses de l’Etat pleines (pour amortir le choc de 1973).

Soyons stoïques et zens. Le mieux est d’envisager le pire. Les politiques et la société dans son ensemble sont connus pour être aveugles et parfois choisir le pire et conduire au désastre. L’Histoire témoigne de ce fatum social ayant mené les nations européennes vers la tragédie. En 1914 puis en 1933. Ce qu’on peut retenir de l’Histoire, c’est qu’il ne faut pas faire confiance en l’homme, surtout les classes dirigeantes. Ce qu’on peut retenir du stoïcisme, c’est qu’on n’a pas le choix. Mais, comme le suggère un messianisme théologique, un jour nouveau pourrait arriver après la tempête. Inutile de sortir couverts, mais pensez à vous bâtir une arche spirituelle pour traverser un éventuel déluge de mécontentement car la récession sociale présente des points communs avec 1929 où la récession économique fut énorme et la récession sociale terrible.


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53 réactions à cet article    


  • Bernard Dugué Bernard Dugué 12 juin 2008 11:28

    Avant l’avalanche des critiques, un mot pour préciser que cette notion de "récession sociale" n’est pas si inédite donc au temps pour moi comme on dit. Disons qu’elle n’est pas d’un usage courant. Je rend donc la paternité de cette notion à son père inconnu qui peut venir ici reconnaître sa paternité. Imitant par ailleurs le sage Morice, je profite de ce commentaire pour créer un espace Lerma and troll. Des cendriers griffés Polac et des vieilles canettes de bières récupérées sur la pelouse du PSG sont disponible, ainsi qu’un stock de tomates pourries gracieusement offertes par un routier espagnol bloqué une semaine à la frontière


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 13 juin 2008 05:35

      Je trouve votre analyse intéressante et j’en partage bien des éléments. " Les blocages viennent de l’homme, ses désirs, son égocentrisme, et l’absence d’une volonté générale de solidarité"

      Je ne suis as aussi pessimiste que vous cependant, car je crois que les effets de cette "fatalité" PEUVENT être contrés par l’action politique.et que c’est le but même de l’État d’y parvenir. J’ai écrit quelques centaines de textes qui offrent l’esquisse d’une solution.

      Pierre JC Allard


    • sisyphe sisyphe 13 juin 2008 09:42

      la récession sociale est sans doute une fatalité. Non pas économique mais sociale. Les blocages viennent de l’homme, ses désirs, son égocentrisme, et l’absence d’une volonté générale de solidarité. C’est ainsi et cette fatalité ne peut être renversée par l’action politique. 

       

      Ah bon !

      Donc, le système social ne servirait à rien.

      Ni les associations de citoyens, les ONG, les millions de bénévoles, les systèmes sociaux de solidarité : oualou, nada, niente, nothing, que dalle..

      Monsieur Dugué a tranché le vieux débat ontologique, et posé un diagnostic sans recours : respect !!

      Le chacun sa merde érigé en loi de la nature : "c’est ainsi" !!

      Merci ô grand Dugué d’éclairer nos destinées de votre éblouissante lumière, et de nous aider à accepter notre triste sort.

      A quand la création d’un mouvement duguéiste, que nous puissions célébrer votre gloire  ?

       


    • JoëlP JoëlP 12 juin 2008 11:44

      Vous commencez par :

      "Il y a quelques temps, j’avais envisagé l’imposture intellectuelle de ceux évoquant la plus importante crise économique depuis 1929, voir même un 29-bis en 2008. Il y a 80 ans, le monde était entrée en récession économique ; effondrement de la croissance. Ce n’est pas le cas actuellement."

      et concluez par :

      "Inutile de sortir couvert, mais pensez à vous bâtir une arche spirituelle pour traverser un éventuel déluge de mécontentement car la récession sociale présente des points communs avec 1929 où la récession économique fut énorme et la récession sociale terrible."

      A part jouer sur les mots cela ne me semble pas très cohérent.


      • JL JL 12 juin 2008 12:00

        @ JOËLP : notre auteur pratique peut-être l’écriture automatique, cela expliquerait sa prolifique production . Des mots, des idées, mais pas beaucoup de rigueur.


      • JL JL 12 juin 2008 12:02

        D’ailleurs, rien que le titre "récession sociale" pour ne pas dire récession économique ni régression sociale : n’est-ce pas hypocrite ? Désolé, l’auteur.


      • tvargentine.com lerma 12 juin 2008 11:46

        Commencez déja par allez travailler au lieu de faire du "black" comme pigiste et vivre au crochet de la société.
         

        Vous etes tres mal placé pour poser cet type de question

        De plus la France est en croissance économique il suffit de lire les bonnes informations http://fr.news.yahoo.com/afp/20080612/tbs-economie-indicateur-social-emploi-2e-8bc7026.html

        Concernant la regression sociale des 35h,les citoyens viennent de faire passer LE MESSAGE aux syndicats sur les 35h : ON N’EN VEUT PAS,ON VEUT DU POGNON

        Voila pourquoi,la grêve lancait par les syndicats aura été le plus grand echec syndical du mouvement syndical en france ,sur un mot d’ordre qui ne porte pas chez les travailleurs

        Les travailleurs,ont bien compris que les 35h n’avait pas apporté de "SOCIAL" mais de la précarisation et un bloquage des salariés et d’ailleurs Martine Aubry la bien reconnue

        Il faut laisser les travailleurs travailler plus pour gagner plus si ils le souhaient et laisser les autres faire 35h si ils le souhaitent

        Cela s’appelle LA LIBERTE

         

         

         

         


        • K K 12 juin 2008 12:06

          Le probleme monsieur Lerma, c’est qu’on ne choisit pas si on va faire des heures supplementaires ou pas. Ce sont les employeurs qui decident et l’employe n’a pas le droit de refuser (c’est une faute). Voila ce que dit le droit du travail.


        • Zalka Zalka 12 juin 2008 13:23

          "Concernant la regression sociale des 35h,les citoyens viennent de faire passer LE MESSAGE aux syndicats sur les 35h : ON N’EN VEUT PAS,ON VEUT DU POGNON"

          Ah bon ? C’est pour cela qu’un sondage commandé par une association patronnale a donné comme résultat que les salariés sont moins de 15% à être interressé par le rachat des RTT.


        • Medicis 13 juin 2008 09:06

          Chez Carrefour et Auchan, il y a des centaines de caissières qui aimeraient travailler plus !

          Le slogan sarkozyste est creux, il n’y a que les aveugles qui y croient encore.

           


          • Trashon Trashon 12 juin 2008 12:21

            Il parait que la crise ça rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Moi je vois pas en quoi c‘est une crise, ça a toujours été comme ça. (Coluche)


          • ZEN ZEN 12 juin 2008 12:21

            "Soyons stoïque et zen. Le mieux est d’envisager le pire...."

            ZEN ?.....

            Est-ce radio OMC ou FMI , relayé par Fox News et TF1 ?


          • ZEN ZEN 12 juin 2008 12:26

            "..Le Nouvel Ordre Mondial...a précisément besoin d’Etats faibles pour se maintenir et se reproduire. Les Etats faibles, les quasi-Etats, peuvent être facilement réduits au rôle (indispensable) de commissariat de police local, assurant le minimum d’ordre nécessaire pour la conduite des affaires, sans qu’on puisse craindre qu’ils viennent interférer dans la liberté de manoeuvre des compagnies mondiales...il devient de plus en plus difficile, et peut-être même impossible, de réinscrire les questions sociales comme horizon d’une action collective réelle..." (Z.B.)

            Lisons Zygmunt Bauman , qui va à l’essentiel...

             " Le coût humain de la mondialisation"

            Nous sommes en plein dans le sujet !


            • Marc Bruxman 12 juin 2008 14:03

              " Le coût humain de la mondialisation"

              Le coût est pour ici. Pour les Indiens et les Chinois votre coût est un bénéfice !

              Et je pense que cela a au final beaucoup plus rapporté à ces deux pays (réduction spectaculaire de la pauvreté et émergence d’une classe moyenne même si beaucoup reste à faire) que cela ne nous as couté. La France est loin d’être un pays pauvre ou misérable. Et nous achetons nos marchandises à pas cher à ces pays.

              Et comme je l’explique dans un long post plus bas, les malheurs d’une partie de notre population sont plus dus à la révolution technologique actuelle (qui a commençée au début des années 70 quand les ordinateurs sont devenus à la portée d’un grand nombre de grosses structures) qu’à la mondialisation.

              Cette révolution technologique est bénéfique. Mais il aurait fallu adapter notre école à cette nouvelle donne. On n’a pas su le faire et on le paie très cher. Ce qu’il nous faut c’est un nouveau Jules Ferry. Parce qu’à l’époque du pére Jules, dire que toute la popiulation devait savoir lire c’était un sacré défi. Et pour la plupart des gens qui bossaient au champs savoir lire ne servait à rien ! On a appris aux gens à lire et tout le monde y a gagné. Plus personne ne dirait que savoir lire ne sert à rien. Aujourd’hui il faut apprendre les bases de l’informatique à tous et en particuleir des bases de programmation. Oui en apparence cela ne servira à rien pour une grande partie de la population. Mais on en trouvera vite l’usage et la société avancera de nouveau.

               


            • Marc Bruxman 12 juin 2008 19:30


               
              Mais bien sûr, l’informatique rend heureux, c’est bien connu, elle remplace la philosophie...

              Ca ne rend pas plus heureux ni moins heureux que la philo. Et je n’ai pas dit que cela devait être un fin en soi mais que cela devait être considérée comme une connaissance fondamentale. La nuance est énorme.

              Vous pouvez très bien faire de la socio votre métier, si vous maitrisez l’outil informatique vous n’en serez que plus à l’aise pour farfouiller dans vos statistiques.

              De la meme façon que les Maths ne sont pas une fin en soi mais que d’avoir un minimum de culture en Maths ca sert tous les jours.

              Mais enfin concernant la Philo vous savait la France est un des rares pays à avoir un enseignement de Philo avant le Bac. Je ne m’en plaindrai pas personellement, ma prof était bien et son cours intéressant. Mais à tout dire je ne crois pas que les pays qui ne l’enseignent pas dès la terminale soient tous sous-développés. La réalité c’est que l’enseignement en Philo est un luxe. Et que donner un enseignement de Philo à quelqu’un qui n’a même aucune idée des bases de l’algorithmique, dans le monde d’aujourd’hui c’est un peu comme donner une cuillére de caviar à un somalien ;) C’est bien, c’est cher, mais ca ne rassasit pas ! ! !

              Qu’est-ce qu’il ne faut pas lire....

              En effet !


            • Gilles Gilles 13 juin 2008 09:44

              Max

              "Ce qu’il nous faut c’est un nouveau Jules Ferry. Parce qu’à l’époque du pére Jules, dire que toute la popiulation devait savoir lire c’était un sacré défi."

              hzeu oui enfin. L’idée première était d’appendre aux nouveaux ouvriers de la nouvelle économie (l’industrie) de lire les procédures, et pas plus. Rien d’humaniste mais plutôt utilitariste pour les entreprises

              Donc, pour suivre votre parrallèle, une telle évolution ne se fera que s’i il y a une demande économique forte. Est ce le cas ?


            • Marc Bruxman 15 juin 2008 19:05

              Mon pauvre ami, il ya des civilisations entières qui se passent ou se sont passées de chaussures, pourtant on n’en connaît aucune qui se soit passée de religion, de philosophie ou d’art.... alors, vos algorithmes et vos ordinateurs...

              Je n’ai pas dit qu’il fallait s’en passer mais remettre ca à sa place dans l’enseignement. Vous raisonnez de façon binaire mon cher ami ! Un peu comme mon ordinateur ;)


            • el bourrico 12 juin 2008 12:32

              "Il suffit de lire les bonnes informations"

              Alors là, merci pour cet aveu. Je traduis : Il suffit de lire les informations qui disent ce que je veut entendre, les autres étant forcement de la fumisterie islamobobogauchisteTSS.

              Et non mon pauvre, les gens veulent les garder leur 35h, ils veulent garder les RTT, puisqu’ils refusent de racheter ces fameux jours. C’est toi qui comprends rien à rien, tu ne sais qu’utiliser des raccourcis de piliers de comptoir. As tu vu les statistiques sur les temps de travail réel en Europe et ailleurs ? J’imagine que non, vu qu’elles prétendent que ce que tu dis est faux, ce ne sont donc pas de bonnes informations. En fait, les 35h, c’est surtout dans les grosses boites, dans les petites, on a oublié depuis longtemps. Puis pas dit que les patrons veulent perdent ce qu’ils gagnent avec les 35h.

              Hier tu t’es fais prendre en flag de lecture de titre d’article avec un commentaire tel que j’ai eu l’impression que tu t’étais trompé de post. Comme quoi t’as honte de rien, surtout pas d’afficher ouvertement que t’es juste bon à te fouttre de la gueule du monde, quitte à étaler ta connerie.

              Tant que j’y suis, que penses tu de la sois disante hausse du train de vie de ton sacro saint président ? En fait, celui de l’état, mais comme l’état c’est lui, ça change rien. mmm ? alors ? un complot de ces gauchistes de merde ? un mesonge éhonté ? C’est de la faute à Mittérand ?

              En fait, tu sais quoi ? T’es vraiment con, je suis désolé de te le dire. Tu es capable de réfléchir, mais ton intelligence sociale est inexistante, aucune prise de recul, aucune remise en question, aucune empathie, rien... Tu es selon moi plus proche de l’animal que de l’humain, car ce qui les distingue est très ténu chez toi, du moins c’est ainsi que tu te présentes ici.

               


              • Marc Bruxman 12 juin 2008 13:55

                Quand j’étais petit, je ne voulais pas toujours aller à l’école ;) Et bien pourtant heureusement que j’y suis allé un minimum. Et ben c’est pareil pour le rachat des RTT, ca fait chier les gens mais au final cela leur sera bénéfique.


              • geo63 12 juin 2008 13:14

                Je suis assez en phase avec le texte globalement.

                Sauf que l’antisarkozysme tel qu’il est fustigé par l’auteur recouvre en fait différentes formes. Ce que je n’aime pas personnellement c’est ce populisme "gros comme une maison" qui exploite le moindre fait divers pour en faire des tonnes, une manière de prendre les français pour des abrutis et cela est humiliant.

                Ayant connu la vraie grande pauvreté dans ma jeunesse à la sortie de la guerre, rien ne me fait vraiment peur. Cependant toutes ces dérives technico-commerciales du type MP3, téléphone portable avec télé, etc...me font hurler, car l’homme dans tout cela est manipulé comme un chien de Pavlov


                • JL JL 12 juin 2008 16:00

                  @] Géo63, bien d’accord avec vous : ce matin sur France Inter, Daniel Cohen attribuait à la mondialisation le mérite de "nous" avoir permis d’avoir "tout ça" à des prix dérisoires.

                  Mais "tout ça" ne remplit pas nos estomac, ni nos réservoirs, bien au contraire. Ce système produit à des prix attractifs aujourd’hui ce dont nous n’avons pas besoin, et raréfie ou fait monter les prix de tout ce qui est vital ou gratuit. D’un coté 10% de produits inutiles à prix cassés pour une minorité d’imbéciles, de l’autre 90% de prduits indispensables de plus en plus inaccessibles au plus grand nombre.

                  C’est ainsi que la croissance enrichit les riches et appauvri les pauvres : le PIB augmente et le salaire médian diminue.


                • Marc Bruxman 12 juin 2008 13:53

                  Il peut effectivement y avoir découplage entre croissance économique et répartition des fruits de cette croissance. Mais les deux choses n’ont absolument rien à voir. Ce qui nous donne l’impression que les deux choses sont liées c’est qu’il est effectivement plus facile pour un pauvre d’accroitre son niveau de vie en période de très forte croissance qu’en période de récession.

                  Pour faire une métaphore, imaginez une prairie remplie de gibier de chasse. Si il y a beaucoup de gibier même un mauvais chasseur va parvenir à se nourir. Si inversement il y a peu de gibier la loi du plus fort joue à plein. Et ceux qui ne savent pas tirer risque de mourir de faim.

                  Mais cette métaphore est ici incompléte. Pourquoi ? Parce que dans le monde actuel on est en train de rédéfinir ce que l’on entend par savoir chasser. Faute à la technologie. Et donc une catégorie (qui maitrise ces nouveaux outils) gagne au détriment d’une autre. C’est ce qui produit cet effet que vous appelez "récéssion sociale".

                  Prenons un exemple tout bête : Un trader en bourse. Dans les années 80 (avant l’informatisation) au temps de la corbeille, les principales qualité pour bosser pas loin de la corbeille étaient une grande présence physique. Le fait d’être bon en Maths et encore plus en informatique n’intervenait que très peu. Un matheux type "harry potter" (ou premier de classe si vous préférez) aurait donc été très mauvais pour bosser à la corbeille. Avec l’informatisation, la présence physique ne sert plus à rien et par contre le savoir de notre "harry potter" est devenu très important. La bourse fournit ici un exemple particuliérement spectaculaire d’un métier qui a changé du tout au tout en vingt ans. (Regardez la série SCALP pour vous en rendre compte).

                  Mais la plupart des autres métiers ont suivi le même sort. Avec une automatisation constante des taches manuelles l’industrie a perdu énormément d’emplois (sans compter que ceux qui ne s’automatisaient pas bien ont été délocalisés). Et la plupart des taches "bureaucratiques" ont suivi le même trajet. Ainsi une bonne partie du travail de management d’une chaine de traitement de documents (comme une gestion de commande) est passée des employés qui les traitaient à un système complétement automatisé. La constante est donc dans tous les cas une importance croissante du secteur technologique dans son ensemble. A l’heure ou justement les jeunes tendent à se détourner des études scientifiques et ou les formations d’ingénieurs tendent à se déconnecter de la technique. Le résultat risque d’être explosif ! Car de nos jours même pour spéculer il faut maitriser une artillerie technique importante.

                  Quand on étudie ce phénoméne il faut toujours garder à l’esprit que ce n’est que le début ! Et c’est la surement le plus inquiétant. Il y a plusieurs facteurs qui vont tendre à pousser ce phénoméne à l’extrême :

                  • D’une part la loi de moore qui dit que à prix constant la puissance d’un ordinateur double tous les deux ans commence à s’appliquer dans l’autre sens. On constate donc un effondrement des prix du matériel informatique et de tout un tas de gadget électroniques qui ne sont rien d’autres que des ordinateurs embarqués (lecteur mp3, gps, ...). La puissance de calcul est donc disponible partout et pour toutes les applications.
                  • D’autre part les contraintes écologiques. Si il faut baisser les émissions de gaz à effet de serre la meilleure façon d’y parvenir est de dématérialiser les biens pour ne plus avoir à les transporter. On l’a fait pour la musique, on est en train de le faire pour la vidéo et les livres. Et n’oubliez jamais que cela veut dire non seulement qu’on ferme les usines mais aussi les points de ventes. Et les usines qui bossaient pour donner des points de vente jolis. Rajoutez à cela les factures envoyés par email (plus de papier, plus de courier à transporter) et tout ce que cela implique en matiére de traitement automatisé de documents entrants dans l’entreprise. Car si vous pouvez transmettre une facture sans papier au format PDF, il est aussi possible d’imaginer un format standardisé d’échange de factures. Il n’y aurait alors plus besoin de saisir ces derniéres dans le logiciel de comptabilité cela serait fait automatiquement. Imaginez le gain de temps et d’énergie ! Il existe également déja des technologies pour faciliter le rapprochement bancaire. A terme c’est la mort des petites mains dans la comptabilité.
                  • Enfin et c’est certainement le point le plus important, les connaissances en informatique sont fréquamment réutilisables. Tout programme écrit aujourd’hui s’appuie sur de larges bibliothéques de programems déja écrits. Ainsi tout avance de plus en plus vite.

                  Bref tout cela pour dire que ce que vous appelez une récession sociale est avant tout du à l’inadaptation du système éducatif français aux nouvelles technologies. Il nous faut non seulement augmenter le niveau mais également former aux nouvelles technologies. Sans cela nombre de gens risquent d’être soit inemployables soit réduits à effectuer des taches très bas de gamme et mal payées. Et vu les boulversements en cours, l’équation risque d’être intenable.


                  • Marc Bruxman 12 juin 2008 19:23

                    Vous croyez vraiment que la loi de Moore vous fournira de quoi bouffer et reconstituera les réserves de pétroles ?

                    Elle n’a pas pour but de me fournir à bouffer. Elle fournit de la puissance de calcul pour pas cher ce qui me permet de développer des programmes et de gagner ma vie comme cela.

                    Et je ne ferai pas mon bobo à me dire :" oh mon dieu est ce qu’avec mon salaire d’occidental bien nourri je vais parvenir à bouffer ?".

                    Et de toute façon vous parlez de choses qui n’ont rien à voir. Le manque de pétrole va accélérer la transition, pas la freiner ! Plus le pétrole est cher, plus le matériel sera cher par rapport à l’immatériel. D’autant qu’il y a maintenant une course à l’amélioration des performances énergétique des ordinateur. Course nécéssaire il est vrai mais salutaire.

                    Et vous croyez qu’il n’y a pas un prix à payer à la dématérialisation des activités que vous décrivez ?

                    Comme tout changement technologique, il détruit des choses et en crée de nouvelles. Vous détruisez les papetteries (le e-paper arrive) et une bonne partie des kiosques à journaux mais vous redéfinissez la façon dont la presse travaille. Vous détruisez le CD mais vous créez le MP3 et la musique portable que l’on a toujours sur soi. Je considére sur ce point le bilan comme positif. Peut être que comme je bosse dans le secteur je ne peux pas être objectif. Soit. Mais j’utilise ces innovations dans mon quotidiens et je trouve que ca apporte un plus. Pour le e-paper par exemple j’ai eu un proto pendant un mois et bien dans le métro c’était le kif de lire sans avoir un truc lourd et encombrant dans la main.

                    Je ne considére pas le chomage ou la destruction d’activité comme un "prix à payer" dans le sens ou cela libére de la main d’oeuvre pour d’autres taches. Si notre société peut se payer le luxe des services à la personne c’est que les gens qui fournissent ces services n’ont plus à travailler pour l’industrie.

                    Et enfin pensez qu’avec l’accroissement de la population, la reuction de la production de stylos, papiers, gommes, crayons, ciseaux, enveloppes, colle à enveloppe, et trucs de rangements divers et variés n’est peut être pas une mauvaise chose pour la planête !


                  • wiztricks 12 juin 2008 21:12

                    Une destruction créatrice est sans doute souhaitable.

                    La question, pour rejoindre l’article que je trouve excellent, est quelle peut en être le rythme pour qu’il soit soutenable. L’autre problème est que la mécanique n’ayant que pour seul contrôle les lois assez opaques du marché, nous subissons plus que nous ne choisissons.

                    Dans ces conditions, la philosophie permet de ne pas pêter les plombs et de se recentrer sur les choses essentielles de l’existence.

                    -W

                     

                     


                  • Marc Bruxman 12 juin 2008 23:25

                    Une destruction créatrice est sans doute souhaitable.

                    On se rejoint donc. Mon point de vue c’est effectivement qu’il y a destruction créatrice, qu’on ne peut en controler la vitesse (je vais développer plus bas) et que l’on a pas fait ce qu’il fallait pour en atténuer les effets.

                    La question, pour rejoindre l’article que je trouve excellent, est quelle peut en être le rythme pour qu’il soit soutenable. L’autre problème est que la mécanique n’ayant que pour seul contrôle les lois assez opaques du marché, nous subissons plus que nous ne choisissons.

                    Oui effectivement à cause du marché mais pas seulement nous ne controlons pas la vitesse de la destruction créatrice. Mais nul besoin d’attendre le libéralisme. Lorsque l’imprimerie a pointée le bout de son nez la société s’est vue retournée à la vitesse de l’éclair ! L’idée c’est que l’introduction dans la société d’un nouvel outil modifie instantanément les rapports de pouvoir entre les hommes avec des gagnants et des perdants.

                    Mais l’idée c’est aussi que bien sot est celui qui croit savoir qui vont être les gagnants et les perdants de sa nouvelle invention (lire Neil Postman "The Technopoly" à ce sujet. Excellent même si je ne suis pas d’accord avec lui sur tout). Pour prendre un exemple (tiré du bouquin précédemment cité), Gutenberg croyait que son invention allait renforcer l’Eglise en permettant d’imprimer la bible. En réalité, c’est le schisme protestant qui fut grandement facilité par l’imprimerie. Et l’église y perdit beaucoup.

                    De même pour l’internet. Lorsque le gouvernement américain a ouvert le réseau au commerce, ils croyaient que son utilisation serait anectdotique et que cela servirait juste de terrain de jeu à quelques boites de technos avant que des boites comme Microsoft et America Online lance des réseaux privés et parfaitement controlés. De tels plans de réseaux globaux privés ont été fait et présentés aux investisseurs au début des années 90 (AOL en était un à la base avant de s’ouvrir à l’internet de même que Compuserve et plus tard MSN.). Il n’est pas du tout sur que le gouvernement US ait libéralisé Internet si il avait prévu que ce réseau incontrolable devienne l’épine dorsale de l’économie mondiale. Ils auraient certainement préférés qu’une entité commerciale unique comme MS controle entiérement ce réseau.

                    Bref pour revenir au sujet, on ne peut pas controler la vitesse du changement parce que lorsque l’on introduit les graines du changement on ne sait pas si elles vont pousser et quel arbre elles vont donner.

                    Les deux seules alternatives sont :

                    • Passer en mode taliban, tout bloquer et regarder la société s’effondrer. Ce qui impose une dictature.
                    • Laisser faire en essayant au fur et à mesure d’accompagner au niveau de l’enseignement et de la politique pour que la transition soit la plus simple possible à vivre. Je préfére honnétement celle-ci.

                    Enfin si vous vous posez la question de la rapidité du changement, demandez à une personne ayant vécu en Chine des années 80 jusqu’à nos jours. Il aura certainement des choses intéressantes à vous raconter sur le sujet. Il y aurait certainement un film à faire la dessus.

                    Dans ces conditions, la philosophie permet de ne pas pêter les plombs et de se recentrer sur les choses essentielles de l’existence.

                    Attention et encore une fois attention, d’une part je n’ai pas dit que je trouvai la philo inutile. Juste que peut être que dans le monde actuel c’est moins prioritaire que d’autres enseignements.

                    D’autre part, le philosophe, par définition le sage est censé maitriser une très large étendue de savoirs pour pouvoir philosopher. Les grands philosophes étaient d’ailleurs pour beaucoup également de grands scientifiques. On ne peut pas philosopher si l’on ne comprend pas le monde autour de nous. Et cette compréhension aujourd’hui comprend une grande part de sciences, de techniques, et d’économie. C’est pour cela qu’à mon sens, le cours de philo devrait venir après !

                     


                  • Marc Bruxman 15 juin 2008 19:09

                    Le prix à payer ne se limite certainement pas aux seules difficultés de passage d’une forme de technologie à une autre et au chômage qui en résulte...

                    Je vous laisse développer sur ce point puisque vous dites mieux connaitre que moi !

                    En quoi le remplacement du livre par une tablette électronique est elle néfaste pour la culture écrite ?

                    En quoi la dématérialisation du CD est elle néfaste pour la musique ?

                    Non seulement cela abaisse les couts pour un auteur qui veut être publié, mais cela facilite la distribution et pollue moins.


                  • Marsupilami Marsupilami 12 juin 2008 14:23

                     @ Bernard

                    Article un peu mou du genou qui me semble davantage tourné vers un essai pathétique de théorisation de ta désespérance ou de ton désabusement que vers une authentique réflexion politico-économique. Mais quand on voit qu’un mec comme Denis Robert en arrive à jeter l’éponge devant le mur de l’argent qui cherche à le détruire, on se dit qu’il vaut effectivement mieux cultiver son jardin abstrait ou concret quand on en a un. Cyniquement, sans épicurisme et la rage au ventre quand même.

                     


                    • ZEN ZEN 12 juin 2008 14:36

                      Ne soyons pas pessimistes...Bruxelles est en train de préparer un avenir radieux à nos enfants .

                      Puis qu’on vous dit qu’on n’arrète pas le progrès

                       

                      http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2051


                      • geo63 12 juin 2008 14:45

                        @ Marc Bruxman :

                        Vous dites  : Bref tout cela pour dire que ce que vous appelez une récession sociale est avant tout du à l’inadaptation du système éducatif français aux nouvelles technologies.

                        On a bien compris que "hors de l’informatique point de salut", mais il ne faudrait quand même pas tomber dans l’analyse simpliste, tout cela pour taper bien entendu sur le système éducatif français dont je serais très curieux de savoir quel est votre connaissance du contenu des programmes qui sont enseignés aux différents niveaux.

                        Vous dites également : A l’heure ou justement les jeunes tendent à se détourner des études scientifiques et ou les formations d’ingénieurs tendent à se déconnecter de la technique. Le résultat risque d’être explosif ! .

                        Il est exact que les jeunes fuient les études scientifiques (thème à creuser par AV !), mais dire que les formations d’ingénieurs tendent à se déconnecter de la technique, d’où tenez-vous cela ? Je pourrais vous citer quantité de jeunes ingénieurs-chimistes (!) qui à une certaine époque se casaient très bien dans l’informatique après avoir été longuement testés !! Bien entendu c’est encore plus vrai pour les écoles plus tournées vers les maths et les technologies.

                        L’étalage des lieux communs sur l’enseignement à tous les niveaux finit par être insupportable.


                        • JL JL 12 juin 2008 16:04

                          Puisque sur cet article aussi, d’aucuns ont employé l’expression "racheter ses RTT" je voudrais faire la précisison suivante :

                          Les salariés n’ont pas la possibilité éventuelle de "racheter leurs RTT", mais de "vendre leurs RTT". Daniel Cohen invité ce matin de Nicolas Demorand a commis la même erreur. Cela n’est pas grave sinon révélateur d’un langage falsifié.

                          Dans une économie de l’offre et de la demande on devrait considérer que l’offre consiste en la force, la matière grise et le temps de l’employé : c’est ce que l’employeur achète sur le marché de l’emploi. En cas de pénurie de MO, les salaires augmentent, et inversement. Cette vision des choses serait conforme à la loi de l’offre et de la demande.

                          L’autre possibilité consiste à considérer, comme on le fait actuellement, que les employeurs offrent des emplois que les salariés achètent. Achètent ?! L’on voit qu’il y a là quelque chose qui cloche, puisque les salariés ne peuvent en bonne logique, acheter une chose et en même temps recevoir de l’argent. Cette conception des choses n’est donc possible que parce qu’il est convenu qu’il y a d’un coté des possesseurs d’emplois et de l’autre des gens qui n’ont d’autre recours que de se vendre pour survivre.

                          Ainsi, par le fait du discours dominant, cette loi de l’offre et de la demande est pervertie au profit des possédants et c’est pourquoi nous disons, en dépit du bon sens : "Racheter ses RTT" au lieu de "vendre ses RTT".

                           


                          • JPC45 13 juin 2008 06:29

                            le terme rachat est utilisé aussi en assurance vie. cela n’a rien à voir avec un discours dominant mais c’est un terme technique. Il ne faut pas voir le mal partout.


                          • JL JL 13 juin 2008 09:40

                             

                            @ JPC45, ben alors ! La technique n’est pas innocente pour la même raison que le capitalisme n’est pas moral : la technique est un outil au service d’individus qui ne sont pas innocents. Ces expressions que nous citons ici sont dans le domaine du discours ce que René Thom dans sa théorie des catastrophes appelle des repliements, voire des catastrophes. Le discours rhétorique se trouve à certains moments sommé de choisir entre la logique ou et la sémantique. En l’occurrence, dire "racheter ses RTT" c’est opérer un glissement (repliement) sémantique pour échapper à une catastrophe logique. En effet, si le salarié "vend ses RTT", il vend donc son temps et par là devient l’offreur, celui qui possède : cette expression met en péril le statut de l’employeur qui est censé être le seul possédant, celui qui maîtrise l’offre en matière de travail.


                          • fonzibrain fonzibrain 12 juin 2008 16:42

                            regardez blomberg tv

                            c’est trop bien même les analystes disent que tous les indicateurs sont au rouge

                            3 ou 4 trimestres consecutif de recession

                            et ils sont en recessions


                            • Traroth Traroth 12 juin 2008 18:02

                              Votre article manque de clarté concernant l’idée que vous défendez exactement. Il y a pourtant des points précis qu’on ne peuit que désapprouver. Par exemple quand vous dites que la régression sociale est une fatalité, parce que les gens ne voient plus l’intérêt de la solidarité. Difficile de partager votre point de vue, qui n’est qu’un appel à la résignation qui avance masqué, avec des distingos qui se veulent subtils entre résistance et résilience. L’absence de solidarité ne tombe pas du ciel, elle a été soigneusement fabriquée et cultivée par la propagande friedmanienne qu’on trouve à peu près partout, de nos jours. Comme le rappelle très bien Naomi Klein dans "La stratégie du choc", les choses allaient plutôt bien avant que les néoconservateurs n’aient l’opportunité de mettre leurs idées en pratique, soutenus par les plus grosses fortunes mondiales et la CIA. Si on ne combat pas ces idées, les choses ne feront que s’aggraver. Votre discours sur la résignation essaye de faire croire que, bon an, mal an, les choses n’iront pas si mal, parce que nous sommes en France, un pays développé et pata couffin. Mais c’est faux. Croire que les choses continueront à aller (àpeu près) bien parce qu’elles allaient bien jusqu’ici est une dangereuse illusion due à l’inconséquence et à une durée de vie humaine trop courte pour se souvenir d’une autre époque, et j’affirme que la France, si on suit la pente actuelle, peut parfaitement se retrouver avec des petits enfants avec de gros ventres et des côtes saillantes, qu’on verra sur les écrans de télévision de Chine ou d’ailleurs, et ce d’ici 20 ans ! Et non, il n’y a absolument rien d’inéluctable là-dedans. En tout cas, si nous ne sommes pas d’accord sur un objectif politique qui est *d’éviter ça*, je ne vois pas de quoi on pourrait discuter.


                              • jeanclaude 12 juin 2008 18:50

                                Analyse utile. On peut ajouter, suite à des commentaires éclairants, que la récession sociale an 2008 touche principalement les populations les moins qualifiées. Ce n’était pas aussi clair au cours de crises mondiales précédentes. D’où l’importance de l’éducation. Avant que ne surgisse un Jules Ferry, il faudrait que le parti socialiste - dont une majorité d’enseignants sont si proches - accepte de mettre à jour ses paradigmes. Par exemple jusqu’où adhérer au projet de réforme utilitariste de l’université ? Mais le vrai enjeu, c’est avant, à l’école primaire, et au collège.

                                Sur l’attitude à adopter, stoïcisme et épicurisme, oui, à titre individuel, mais cela ne doit pas émousser une volonté politique citoyenne de lutter contre ces inégalités, cette société à deux vitesses, où les classes sociales marginalisées le restent d’une génération à l’autre. L’individualisme étant dominant, il faudrait peut-être accepter que les individus les plus aptes à s’en sortir et à pouvoir avoir une ascension sociale soient aidés par la collectivité.

                                Encore une fois, cela demanderait à ce que la gauche accepte de mettre de l’eau dans son vin, et que le remède n’est pas que collectif ; les individus les plus méritants (les plus volontaires) bénéficient d’un coup de pouce particulier. Après tout c’était un peu cela l’école républicaine sous la III° république. Depuis, avec des idées généreuses, comme le bac pour tous, la culture et les arts artistiques pour tous, les langues régionales pourquoi pas, pour le développement personnel,..., les choses se sont embrouillées. Ceux qui en souffrent le plus, ce sont encore, quoiqu’on en dise, les élèves des milieux les moins éclairés, qui sont certainemnt les plus nombreux à s’embarquer dans des filiaires sans débouchés sérieux.

                                Une dernière remarque en lien avec ce sujet : en Lorraine, aux dernières élections régionales, Longuet proposait que soit offert à chaque élève un ordinateur, Masseret, que les livres soient gratuits. C’est lui qui a été élu et les livres sont gratuits, pour les riches comme pour les pauvres. Si certains de ces derniers avaient un ordinateur, il y aurait peut-être des déclics.


                                • oncle archibald 12 juin 2008 18:52

                                  Je ne crois pas du tout que l’économie puisse être profondément en récession avec un marché mondial totalement ouvert qui crée autant de nouveaux consommateurs que de nouveaux producteurs. Ce que je vois c’est un partage très inégal des richesses produites, avec une rémunération du capital excessive et une spéculation éhontée sur les cours des matières premières dont le pétrole. Les grandes multinationales font de super-profits mais ne les redistribuent pas à ceux qui ont contribué par leur travail à les produire.

                                  Expliquez moi pourquoi si en 2000 avec un pétrole à 60 dollars le baril et un dollar qui valait 1,20 Euro, soit 72,00 Euros pour un baril de pétrole, on vendait le litre de gazole à la pompe à 0,82 Euros alors qu’en 2008 avec un pétrole à 130 dollars le baril et un dollar qui vaut 0,64 Euro, soit 83,20 Euros pour un baril de pétrole, on vend le litre de gazole à la pompe à 1,28 Euro au lieu de 0,95 Euros en employant les mêmes marges ?

                                  Etonnant non, comme aurait dit Monsieur Cyclopède.

                                  Pourquoi la marge sur ce produit est elle augmentée de 35% sinon pour permettre aux compagnies pétrolières de se gaver d’argent frais ?

                                  Je suis bien conscient que les petits citoyens que nous sommes ne peuvent pas appuyer sur les leviers de cette étrange mathématique, mais s’ils se groupaient, au moins au niveau Européen, voire mondial, pour reprendre par la fiscalité les bénéfices immoraux à ceux qui les font ? Ne serait ce pas une réponse possible à la question posée par Monsieur DUGUÉ dans le titre de son article ?


                                  • chmoll chmoll 12 juin 2008 19:15

                                    Que faire dans une France en récession sociale ?
                                    s’mettre aux feu rouge avec un seau et brosse,pour nettoyer les pare brises

                                    travailler au black toute sa vie en ouvrant un PER

                                    ramasser toutes les boites de coca ect ect, c de l’alu, pour revendre au ferraileur du coin

                                    faire les encombrants,ensuite revendre en f’sant des brocantes

                                    na plus d’bidules pour s’faire des sous net d’impots sans s’casser la nenette

                                    perso chmoll (sans ètre prétentieux) gagne sa p’tite vie en jouant au PMU,ça tourne entre 1500 et 2000€ par mois net d’impots,avec un PER que j’met sous d’ssus

                                    tranquille koi

                                     

                                     


                                    • Frabri 12 juin 2008 19:18

                                      Des expressions comme "recession sociale", "regression sociale", "fracture sociale", " nouvelle question sociale", sont assez proches et indiquent qu’il n’ y a plus de progrés social qui profite a toute la société.

                                      Si on fait des recherches sur ces expression sur internet, la plus employée est "fracture sociale", fracture qui s’élargit depuis une trentaine d’années entre les classes dirigeantes de droite et de gauche pour qui cela va de mieux en mieux et les classes populaires pour qui cela va de plus en plus mal.

                                      Que faire ? Tant qu’il n’y aura pas un "nouveau projet de société" a part le soïcisme, l’épicurisme, la spiritualité, il n’y a pas grand chose a faire.

                                       


                                      • Marc Bruxman 12 juin 2008 19:25

                                        Si ! Apprendre ! Avec une bonne formation tu peux changer de catégorie sociale. Je connais des gens qui n’ont pas le bac mais qui se sont formés à un métier comme autodidacte. Et bien quand on a un vrai métier on gagne de la thune. Et on est du bon coté de la fracture sociale.

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