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Quelle éducation pour vos enfants ?

 Ce n’est pas d’un regard extérieur que j’observe la dégradation du système éducatif français mais directement de l’intérieur puisque je suis actuellement en classe de Terminale.

Je ne viens pas rajouter un commentaire de plus aux derniers évènements de Vitry-sur-seine, ni balancer une critique sur les différents ministres de l’éducation ayant tenté d’apporté changements et améliorations à ce système. Seulement, en vue de l’inefficacité croissante des enseignants à fournir un travail de qualité et du nombres d’élèves « mis de côté » par ce système, nous sommes en droit d’imaginer les nouvelles bases qui pourrait servir d’appuis si il venait un jours à l’idée de nos chers politiciens de tout démolir, pour mieux reconstruire. Aussi, diverses questions nous viennent tous de suite à l’esprit, qu’est-ce que l’éducation ? Quel est son but ? Comment doit-on considérer le rapport entre l’éducateur et l’élève ?

Notre système scolaire actuel fonctionne à partir d’un élément très significatif de notre société qui est la peur. En effet, il est intéressant d’observer qu’au cours de sa scolarité, l’élève est sans cesse assujetti à ce sentiment. La peur d’avoir une mauvaise note, de ne pas passer la classe suivante, de ne pas être à la hauteur, de se faire gronder, et finalement de rater sa vie. La peur à elle-seule amène un tas d’autres sentiments tel que l’orgueil, le manque de confiance en soi, la colère, l’indifférence. Tout ceci ne sont que des facteurs qui poussent les élèves à se comparer les uns aux autres, à se sentir délaissés et finalement à quelques fois abandonner la scolarité, ou à suivre une branche par pur « ambition » et non parce que c’est une vocation véritable. A échelle plus large, je dirai que l’école est une reproduction de notre société, et que cela pourrait expliquer le cynisme de certaines personnes qui ne sont pas heureuses dans leurs métiers et qui pourtant s’y accroche fermement.  

Il serait bon de cesser de croire que la concurrence est le seul moyen de stimuler un être pour qu’il accomplisse quelque chose et le pousser à apprendre, car c’est faux. La concurrence détruit, fait naître des sentiments de jalousie, et ne fait qu’augmenter notre égo déjà grandissant. Donc, si nous mettions en place un système éducatif qui pousse concrètement l’élève à s’épanouir, à être lui même et ainsi à se comprendre, je pense que l’état pourra revoir à la baisse ses dépenses budgétaires lié à la délinquance. ( Quand un jeune ne trouve pas les réponses qu’il attend à l’école, il va les chercher ailleurs, tout n’est qu’histoire de cause à effets ) . Aussi, il semble important de cesser de privilégier constamment la performance intellectuelle et de rendre accessible aux élèves des cours où chacun serait amener à s’exprimer, je parle ici de cours d’art, de théâtre, d’écritures, de danse, de yoga... Il me semble important pour apprendre à se connaître, et communiquer ce que nous sommes, que ces cours soient enseignés. Aussi, la culture ne s’arrête pas au fait d’ingurgiter des livres...des matières comme la couture, la mécanique, la cuisine, la menuiserie paraissent essentiels, et doivent nous apporter un savoir-faire qui se révèle à la fois culturel et pratique. Ce n’est pas juste avec des spots de pub que l’on réduira l’obésité -tout cela passe par l’éducation- au même titre que l’on ne réduira pas la violence en plaçant une caméra derrière chaque individu, il faut inviter chaque personne dès son plus jeune âge à acquérir des outils pour exprimer et comprendre la violence ou la haine qu’il peut avoir en lui d’une manière différente.

E pour cela, il est impératif que chaque élève soit reconnu et pris en compte comme un être humain à part entière, et que le rapport avec l’éducateur ne soit pas un rapport d’autorité, mais un rapport de partage, d’échange. Il faut cesser de mettre des barrière entre l’éducateur et l’élève, si chacun des deux comprend pleinement les derniers principes énoncés, le respect s’installe de lui-même. Cependant il est évident, que chaque élève évolue à son rythme et possède sa propre personnalité et ne développe donc pas un intérêt égal pour chaque matière. Pour que l’enseignant puisse travailler avec une efficacité optimale avec chaque élève, il est donc nécessaire d’avoir du temps, ce qui signifie un nombre d’élève minimum. L’idéal en effet serait une classe de 5 à 10 élèves mais concrètement, une classe contenant entre 15 et 20 élèves serait déjà une bonne chose à l’heure où les classes se comptent plutôt par groupe de 40... J’insiste sur ce point, car aujourd’hui, de la primaire au lycée, trop d’élèves sont laissés dé côté, par manque de temps, parce qu’il faut finir le programme etc...

Pour finir, je tiens à préciser qu’il ne s’agit là que de bases me paraissant essentielles, mais si je voulais vraiment approfondir, je parlerais de l’utilité de l’examen, du système des notes et autres.. Mais il s’agit d’un article sur l’éducation et non d’un roman... Si l’on observe le monde, on peut vite s’apercevoir, que la confusion qui l’anime n’est que le reflet de notre propre désordre intérieur. Aussi, si l’on pousse les enfants à se questionner, à s’observer eux-même et se qui les entoure dans un climat qui soit harmonieux et non oppressif, alors je crois que l’on pourra réellement parler de paix, d’espoir, et de changements.

 
 
 
par Lorientin Macabé (son site) mardi 16 février 2010 - 123 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par ZEN (xxx.xxx.xxx.64) 16 février 2010 11:26
    ZEN

    Cet article-témoignage sans prétention m’a plu, car il pointe bien les deux aspects non dissociables qui minent tant l’école que la société d’aujourd’hui : la peur et la concurrence, qui retentissent sur l’élève parce que installées aussi au coeur des familles
    Où est , dans ces conditions, la joie d’apprendre, qui devrait être valorisée ? L’éveil à la dimension esthétique a été sacrifié, sauf exceptions
    Ce n’était pas le cas à ce point il y a une trentaine d’année,où le parcours scolaire était plus apaisé, parce que les problèmes d’emploi ne se posaient pas avec la même acuïté
    Les effectifs pléthoriques et la politique de réduction drastique des effectifs (surveillants entre autres) ne vont rien arranger

  • Par Lorientin Macabé (xxx.xxx.xxx.214) 16 février 2010 13:11
    Lorientin Macabé

    De mon point de vue, il est vraiment dommage de penser que l’élève ne peut rien apporter au professeur, car en mon sens chaque relation doit être l’occasion d’une ouverture et d’un apprentissage, qu’il soit éducatif, ou même plus "spirituel". La concurrence est présente à l’école, et le nier serait un non-sens, n’est-ce pas ? Donc, pour vous répondre, je ne pense pas que l’absence de concurrence laisserait place à des élèves possédant les plein-pouvoirs. Et je tiens à préciser que le but de tels changements ne viseraient pas à aller uniquement dans le sens de l’élève ou du professeur mais plutôt à renforcer le lien entre les deux et ainsi à créer une relation basée sur une compréhension mutuelle. En fait je crois vraiment qu’une telle ouverture est nécessaire pour que le partage d’un savoir est réellement lieu, car comme on l’observe aujourd’hui, l’apprentissage ne se fait plus vraiment pour les bonnes raisons. Aussi, si chaque élève pouvaient accéder à une éducation qui lui offre une possibilité plus large de trouver se qui l’anime vraiment pour en faire son métier, ce serait un bien énorme pour le monde.

    Aujourd’hui, ce rapport n’existe pas car les enseignants ont un programme à finir, les classes sont surchargées, les cours sont trop longs et mal répartis, et l’orientation des élèves et cela dès la 4ème, me semble trop souvent choisie par défaut. Aussi, il y a encore beaucoup d’élèves qui redoublent ; le redoublement à depuis longtemps montré son inefficacité, et si aujourd’hui on veut l’éviter et privilégier les réorientations, c’est seulement par un intérêt économique. Enfin, les élèves aujourd’hui n’ont pour beaucoup pas vraiment conscience de la chance qu’ils ont d’étudier, et veulent juste passer leur bac, histoire d’avoir un truc en poche. Aujourd’hui le manque de motivation se fait cruellement sentir, et moi-même personnellement l’école parfois me gave, car si elle offre d’excellentes choses, elle présente aussi d’énormes défauts. Il est impératif de changer des choses, ne serait-ce que pour que l’école puisse apporter à chaque élève, la curiosité d’apprendre.

     Nous pouvons puiser notre inspiration dans différents systèmes scolaires étrangers comme par exemple le modèle finlandais, ou même celui de Brockwood Park School, une des écoles crée par Krishnamurti en Angleterre.

  • Par ZEN (xxx.xxx.xxx.47) 16 février 2010 12:42
    ZEN

    Lorientin
    La notion d’"envie" est on ne peut plus équivoque
    On ne peut enseigner à partir des envies, multiples et contradictoires des élèves
    J’ai envie de consulter mes sms pendant le cours de français, dira l’un..
    J’ai envie d’écouter du rap plutôt que des maths, dira l’autre..., etc...

  • Par ZEN (xxx.xxx.xxx.64) 16 février 2010 11:46
    ZEN

    MCM-Adama a bien mal compris le jeune auteur, qui, avec une maladresse bien compréhensible, aspire , il me semble,à une système scolaire rénové , qui ne soit pas sans émulation, mais plus ouvert.
    Il ne s’agit pas de faire un remake de Libres enfants de Summerhill, mais de repenser la culture scolaire aujourd’hui, de revenir à certains fondamentaux, et de créer des conditions destressantes dans les établissements, qui subisent aussi les effets de la violence sociale
    Mais laissons-lui la parole...

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