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Accueil du site > Actualités > Société > Quelle réforme du collège français ?

Quelle réforme du collège français ?

021cours.jpgAssujetti à un intérêt moindre que celui que l’on porte au lycée, le collège nécessite pourtant une réforme profonde de son fonctionnement, au même titre que les autres cursus de l’enseignement. Une réflexion nécessite d’être menée afin de moderniser son fonctionnement, les disciplines qui y sont enseignées mais encore la philosophie et les valeurs de cette institution. Le collège français doit-il s’inspirer des succès de l’enseignement scandinave, où compétition, stress et travail sont des mots exclus ? Les matières enseignées sont-elles encore en phase avec le monde actuel ? Délaissé par les ministères de l’éducation successifs, le collège reste un organe phare de l’enseignement français et mérite un tout autre sort que celui que l’on lui a accordé jusqu’à aujourd’hui, ignorant les problématiques qui le minent.

Des résultats médiocres pour un travail conséquent
Les matières enseignées au collège sont au nombre de 11 (10 en 6ème et 5ème, 11 en 4ème et 3ème) , tandis que le temps moyen passé en classe varie de 25 à 28 heures par semaine en fonction des différents cycles et établissements. Ce chiffre est nettement plus élevé qu’en Finlande, où les adolescents de 12 à 16 ans travaillent 1heure 45 de moins par jour, alors que les résultats obtenus sont nettement supérieurs en Finlande qu’en France. En effet, selon des données publiées il y a un an par l’OCDE, les collégiens français plafonnent à la 19ème place en terme de résultats scolaires, tandis que la Finlande se classe traditionnellement sur la première marche du podium !

Le temps passé en cours ne conditionne donc pas les résultats scolaires mais c’est bel et bien l’épanouissement personnel et les activités extra scolaires qui apportent une dimension supplémentaire nécessaire à la réussite. Réduire les horaires scolaires, telle est une des solutions afin de résorber l’échec scolaire et dont l’efficacité n’est plus à démontrer. Cette tâche n’est en rien ambitieuse, les Arts Plastiques et l’Education Musicale représentent deux créneaux horaires dont la suppression ne constituerait en aucun cas une atteinte à la qualité de l’enseignement. Ces deux disciplines sont en effet bien souvent mal enseignées et gagneraient à devenir optionnelles. L’intérêt d’initier à l’instrument de la flute paraît lui aussi très superficiel, la passion de la musique ne se révélant point au collège mais dans l’enfance.

Des cours de soutien personnalisé
finlande_drapeau.jpgLe temps laissé libre pourrait être transféré, comme c’est le cas dans de nombreux pays nordiques, vers des cours de soutien personnalisé, dont le succès a lui aussi été démontré. Réclamés par Ségolène Royal lors des dernières échéances présidentielles, ils pourraient s’appliquer sous la forme d’heures de travail classiques pour les professeurs, comme c’est le cas notamment en Finlande, où les heures de cours communes sont allégées, afin que les enseignants puissent se consacrer aux élèves en difficulté. Les coûts salariaux des enseignants en Finlande sont par ailleurs moins élevés qu’en France, témoignant de l’efficacité du système finnois ; d’autant plus que l’ensemble de la scolarité est gratuite jusqu’à 16 ans, coûts de restauration et de fournitures compris. Cette gratuité permet une intégration pérenne dans le système scolaire, où les distinctions basées sur des critères financiers sont réduites.

Un accompagnement sur le long terme
Un des facteurs clés de la réussite scandinave concerne aussi l’environnement dans lequel baignent les élèves, où tout stress est banni. Les professeurs accompagnent bien souvent leurs élèves tout au long de la scolarité, dans des classes inchangées jusqu’à l’âge de 16 ans. La transition, souvent brutale, entre primaire et collège s’adoucit considérablement de ce fait. Quant à notre système de notes, il apparaît comme archaïque en Finlande, où interrogations surprises, travail quotidien et redoublement sont remplacées au profit d’évaluations globales, sans notes ni classements. Ce fonctionnement n’est par ailleurs que le reflet de la société scandinave, où la notion de compétition est inexistante. Les valeurs de solidarité et de coopération sont nettement plus appréciées et recherchées que l’individualisme croissant qui mine notre pays. L’ouverture sur le monde est inculquée tout au long de la scolarité, notamment au Danemark où sont organisés des voyages linguistiques financés par l’état dès 18 ans.

Quel collège en France ?
Il est difficile d’appliquer les méthodes finnoises en France tant les deux pays ne peuvent être comparés. Cependant, un certain nombre de principes peuvent être revus, comme la conception même du collège, dont l’image n’est que très négative. La sonnerie de la cloche indiquant aux élèves de se rendre en salle de cours incarne le côté antipathique du collège. Donner l’impression aux élèves que le collège est leur deuxième maison, tel devrait être l’objectif du ministère de l’éducation nationale, en s’inspirant des méthodes scandinaves. Revoir les principes de notation des élèves, de leur rapport avec les professeurs et de l’efficacité des enseignants permettrait à coup sur d’enrayer au moins partiellement l’échec scolaire. Reste que le ministre de l’éducation nationale Xavier Darcos reste très éloigné de cette vision, lui qui proposait récemment d’attribuer des médailles aux bacheliers, regrettant les récompenses d’antan...

Retrouvez cet article dans son contexte original sur http://lenouvelhebdo.com


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10 réactions à cet article    


  • tiptop 18 décembre 2008 13:19

    Article intéressant. Mais la comparaison avec la finlande est un peu vaine car c’est un autre monde. Ici l’enseignement au collège est très traditionnel (entendez purement transmissif, peu axé sur les compétences) et coercitif. Enlevez les notes et tout s’écroule ! Les collégiens français marchent au stress.

    Le collège est bien le maillon faible du système éducatif. Et il gangrène le primaire. Beaucoup trop de classes de cycle3 voire de cycle2 fonctionne encore à la note ... Peu de place à l’initiative, à la créativité. Et ceux malgré les tentatives de moderniser les pratiques pédagogiques. De toute façon maintenant toute tentative pour réellement mettre les élèves au travail (entendez "les rendre acteurs dans leurs apprentissages") est taxée du mot infamant de "pédagogisme".

    Allez sur le site de Marie-Danielle Pierrelée pour une réforme du collège intéressante. Mais ça il faudrait changer de ministre !!!


    • Tristan Valmour 18 décembre 2008 14:11

      Tous les ministres se sont autant préoccupés du collège que du lycée au du sup. Oui, les matières enseignées sont en phase avec le monde actuel ; ce sont ceux qui dominent le monde actuel qui souhaitent la disparition et la réforme de certaines matières pour conserver leur leadership sur les affaires.

       

      1. Le système finlandais, porté aux nues par Pisa ou Pirls est catastrophique. Voir mes trois derniers articles qui lui sont consacrés. Tous mes articles sont sourcés.

       

      1. Le temps passé en cours conditionne les résultats scolaires pour ceux qui n’ont pas les moyens de trouver auprès de leur entourage de quoi combler les lacunes de l’école. Il conditionne aussi les résultats pour ceux qui savent tirer parti de leurs heures de cours.

       

      1. Les arts plastiques et la musique ne sont pas deux disciplines mineures. Les arts plastiques aident directement en géométrie, géographie, SVT, physique. La musique aide directement en littérature, français, philosophie. Les arts plastiques comme la musique permettent d’établir des passerelles entre le cerveau droit et le cerveau gauche. D’autre part, il faut éduquer l’homme aux sens. Voir les travaux de Sherrington (proprioceptivité, intéroceptivité, extéroceptivité).  Toutes les disciplines sont en liaison. Oter quelque chose de l’une, c’est ôter quelque chose de l’autre. Et si je vous dis que faire des mouvements croisés (comme ramper) aide à réfléchir, à comprendre, vous ne me croirez pas tant cela est éloigné du bon sens. Pourtant c’est vrai ! On a également besoin de musique et d’art plastique pour sa culture, pour s’intégrer aux autres et partager avec eux quelque chose. Les familles aisées inscrivent souvent leurs enfants à des cours privés de musique. Tout le monde n’a pas les moyens de se payer ces cours. L’école pallie en partie cela.

       

      1. On comprend quand on peut comparer une donnée perceptive que l’on a codée dans son conscient avec ce qui est en stock dans sa mémoire et que l’on actualise dans son conscient. Ainsi vont se former des liens logiques entre ces deux types de données codées. On invente quand on a l’intuition d’un manque à combler, quand on se pose la question pourquoi ? ou comment ? Cette intuition de l’absence ne peut se former que si on a des données dans sa mémoire que l’on réactualise dans son conscient. Vous enlevez des disciplines comme la musique, les arts plastiques (ou d’autres encore), vous rendez les gens moins créatifs, vous appauvrissez les capacités à comprendre et réfléchir dans toutes les disciplines.

       

      1. Le succès des cours de soutien dans les pays nordiques ont été démontrés par les hommes politiques, pas par les scientifiques ! Au vu de l’état catastrophique de l’enseignement supérieur en Finlande, ces cours n’ont pas été très efficaces. D’ailleurs, cours de soutien personnalisé ne signifie pas cours individuel. Cela nécessite aussi une formation particulière des enseignants car on n’enseigne pas à 1 personne comme à 4 ou 6, comme à 30 !

       

      1. Sur les coûts salariés, vous dites n’importe quoi. Allez voir Eurydice et le site du ministère finlandais de l’éducation.

       

      1. Le stress est banni en Finlande ? Tiens donc, pourquoi à l’enquête européenne sur le bien-être des élèves, ceux-ci sont arrivés en avant-dernière position ? Rappelons-nous également le carnage fait dans un lycée d’Helsinki par un élève finlandais l’an dernier !

       

      1. La notion de compétition est tellement inexistante en Finlande qu’une fois en situation de compétition, les Finlandais ne savent pas quoi faire ; ils sont paralysés !

       

      1. Sur l’évaluation, je suis d’accord. Il vaut mieux une évaluation formative que sommative.

       

      1. Faire quelque chose d’utile, c’est faire de nous des outils. Enseigner des choses immédiatement utiles à la vie quotidienne est le meilleur moyen de formater, d’ôter la liberté, puisque l’homme devient alors un outil. L’inutilité libère.

       

      Au final, votre article bien écrit reprend les poncifs, les lieux communs. C’est dommage car il aurait mérité un meilleur sort. Il faut se méfier des évaluations internationales qui ne sont pas fiables. Ce sont des instruments aux mains des politiques pour appliquer les réformes. Les pays nordiques ne constituent nullement un exemple à suivre. D’autre part, on constate que dans les items qui nécessitent une réflexion approfondie dans les évaluations internationales, les élèves Français sont devant les autres !

       

      Bonne continuation à vous

       

       

       

       


      • LE CHAT LE CHAT 18 décembre 2008 16:15

        les prochaines réformes viseront à vider l’enseignement de sa substances afin d’abrutir les masses , qui seront ainsi mieux controlées par l’élite qui elle aura reçu une éducation appropriée !
        quand on ne comprend plus le monde , on devient obligé de s’en remettre à ceux qui savent !
        tout est donc fait pour appauvrir l’éducation nationale , car la vraie richesse de l’homme , c’est le savoir .


        • anny paule 18 décembre 2008 19:04

          Tout est dit, sous des formes différents par Le Chat, Tiptop et T. Valmour...
          Notre système éducatif nous a longtemps été envié... tant qu’il formait des esprits, tant qu’il respectait une forme d’universalisme...
          La première grande faille (et ce fut l’objet de ma thèse de doctorat) réside au moment de la création du collège de masse, (Berthoin, 1959/ Fouchet, 1963).
          Ces deux réformes fondatrices ont été présentées comme de grands moments de démocratisation de notre enseignement secondaire. Or, il n’en est rien, et une étude approfondie de ces réformes en apporte la preuve.
          Leur but était, déjà l’assujettissement des enseignements à l’économie... Nous manquions de "cadres" (même si le mot n’existait pas dans sa signification actuelle), de techniciens, d’ingénieurs. Ces réformes (la 1° a été imposée par Ordonnance) ont été faites à moindres frais et surtout sans se donner la peine de penser en termes d’universalité des savoirs. (cf, les exposés des motifs de ces deux lois fondatrices).
          L’ouverture à tous, avec un système de sélection progressive laissée à la seule responsabilité des professeurs, avec une diminution drastique des horaires de lettres dès la 6°, (de 6 heures/élève/semaine, avec des classes triées sur le volet et des effectifs dépassant rarement 24 par classe, on est passé à 4 : ou 4,5 heures/élève/semaine, avec des classes très hétérogènes et des effectifs dépassant souvent 30 par classe), avec des programmes fluctuants et soumis à des modes en cours, avec le discrédit jeté progressivement sur le corps enseignant (exploité, méprisé, sous-payé malgré l’exigence de diplômes et ne pouvant "rivaliser" avec le plus petit artisan ou commerçant)... ont fait que l’heure est venue pour ceux qui nous gouvernent de "jeter le bébé avec l’eau du bain"...
          Des réformes, il faut en faire, certes, mais certainement pas dans le sens de celles qui se font (ni de celles qui se sont faites depuis bientôt 50 ans).
          Mais, pour que ce soit positif pour l’ensemble du pays, il conviendrait que tous aient leur mot à dire : les parents (puisqu’il s’agit de la formation intellectuelle et de l’avenir de leur progéniture), les praticiens de l’éducation puisqu’ils sont en situation et peuvent aider à construire un système qui respecte nos universaux et qui tienne compte des réalités du "monde moderne".
          Ce qui se produit en ce moment est le fruit d’autres volontés : il s’agit tout bonnement de faire en sorte que notre système public d’éducation s’écroule au profit d’officines privées payantes et réservées à une élite qui pourra s’offrir le luxe de payer l’enseignement de ses enfants...
          Lire : Main basse sur l’école publique, M. Fitoussi E. Khaldi, Demopolis, août 2008... d’autres découvertes plus graves surprendront les lecteurs.


          • Jean TITOUPLIN Jean TITOUPLIN 18 décembre 2008 21:43

            A la rentrée 2008 il y avait 12.396.400 élèves pour 884.000 enseignants. Soit une moyenne de 14 élèves par enseignant.

            Comment expliquer la généralisation des classes avec 30 élèves ?


            • kabreras kabreras 19 décembre 2008 12:03

              Tous les enseignants n’enseignent pas toutes les matieres mais il faut garder une coherance dans les classes.
              De plus tous les profs ne sont pas à 100%.


            • kabreras kabreras 19 décembre 2008 12:07

              Tous les enseignants n’enseignent pas toutes les matieres mais il faut garder une coherance dans les classes.
              De plus tous les profs ne sont pas à 100%.

              En reprenant vos chiffre et en considerant les 11 matieres enseignées au college on arrive a 154 éleves par enseignant.... Et oui ceux ci ont plusieures classes et meme dans plusieurs établissement des fois.


            • Bruno 21 décembre 2008 11:40

              @Jean Titoupoulin

              je pense que ton erreur dans le calcul du taux 14élève/prof est essentiellement la conséquence d’une mauvaise mise en forme du problème mathématiquement. Je pense que cette erreur est chez toi invonlontaire mais évidemment quand elle vient du ministre et de ses services c’est un signe de désinformation.

              je m’explique ce qui est important de savoir c’est le nombre d’élèves devant un enseignant pendant une heure de cours.

              La formule a appliquer devient (nombre d’élèves dans le secondaire * nombre d’heures hebdomadaires par élève) / (nombre d’enseignants dans le secondaire * nombre d’heures hebdomadaire par professeur)

              je ne pense pas pouvoir reprendre avec pertinence tes chiffres car ils doivent sans doute dans un joyeux gloubibalga intellectuel confondre primaire et secondaire. Ou peut être que non mais comme tu ne cites aucune source....

              mais imaginons que je reprennes tes sources : et que j’utilise 28 heures hebdo pour les élèves et 18 heures hebdo pour les profs (le quota certifié 18h et 15 h pour les agrégés, mais je ne compte ni les heures sups ni les mi temps partiels et je ne sais pas s’il faut compter le primaire où les profs des écoles sont à 25 ou 26h...)
              (12 396 400 *28)/(884 000*18) = 21,8 (environ)

              en conclusion ton raisonnement par sa simplicité arithmétique n’a strictement aucune pertinence(+50% par rapport à ton résultat !) et lorsque le ministre joue à celà nous savons que nous avons affaire à un escroc.

              A propos, c’est aussi celà qu’on enseigne en maths aux élèves de troisième !
              Bruno (prof de maths)


            • mac 18 décembre 2008 22:18

              La réforme oui mais à condition de ne pas casser ce qui fonctionnait pas mal en France.

              Prenons l’exemple des mathématiques où dans une certains nombre de pays soi-disant meilleurs que le notre on peut passer son cursus secondaire en n’ayant pratiquement pas abordé la notion de démonstration et en appliquant mécaniquement des formules.
              D’ailleurs comment expliquer qu’un pays aussi moyen que la France ait produit autant de médailles Fields (et encore récemment) loin devant l’Allemagne, le Japon et la Grande Bretagne et 3 fois plus que les Etats-unis au prorata de sa population ?


              • Eric P Eric P 18 décembre 2008 22:20

                Anny a effectivement mis le doigt sur cette bascule historique essentielle qu’est la démocratisation de l’enseignement en 1959.
                D’un examen en 6ème qui trillait les élèves drastiquement et constituait des classes de 6ème homogènes de bon niveau que même un effectif nombreux ne pouvait handicaper, aux classes ultra hétérogènes tant en terme de niveaux de compétences (certains de mes 6èmes ne déchiffrent pas une phrase complète et d’autres commentent aisément le Roman de Renard...) qu’en terme de culture « collective » ou « citoyenne » (certains ont une bibliothèque dans leur chambre et d’autres la Wii, la télé ou l’ordi), l’enseignant n’a toujours que ses deux bras pour enseigner, pédagogie différenciée ou non.
                Mais pour la plupart, la culture de l’effort s’est muée en culture du zapping avec tous les effets pervers que cela provoque sur l’acte d’enseigner qui revient de plus en plus à faire le grand écart entre les contenus d’enseignement (aussi ambitieux qu’autrefois) et la nécessité de rester en phase avec ce nouveau public pour ne pas les laisser définitivement au bord de la route.
                Alors, on s’accommode : on schématise, on simplifie, on va à « l’essentiel », on euphémise... et surtout on excuse les carences. On ne redouble plus, la pression rectorale à coup de pourcentage finit de culpabiliser définitivement l’enseignant ne n’avoir pas réussi à transmettre les connaissances plancher qui devaient être acquises à l’école primaire. Alors...on fait passer la patate chaude au suivant... au suivant...
                C’est bien le problème du collège unique qui n’a jamais aussi mal porté son nom qu’aujourd’hui.
                Alors, il va falloir choisir.
                Réduire l’ambition des contenus ou accepter un « système radical de remèdiation » de ceux qui peuvent les suivre. Et ce n’est certainement pas les heures de soutien de fin de journée qui vont régler cette situation.
                Mais incriminer le collège comme le maillon faible me parait aller vite en besogne. Savez-vous que l’échec scolaire est directement proportionnel aux difficultés rencontrées au... CP ?
                J’ai pour ma part la ferme conviction que tenter de combler des lacunes de base en 6ème est quasi-impossible dans les conditions actuelles. Je ne compte plus ces élèves que l’on « tirent » jusqu’en 3ème par complaisance et qui souffrent de leur situation se sachant couler peu à peu avec l’aimable complicité de l’institution qu’ils finissent par haïr à juste titre.
                Le problème majeur n’est ni sur le collège ni sur le lycée mais bien dans le primaire. Si on rate le premier train, vous aurez beau courir derrière, je doute que vous puissiez remonter dedans si ce dernier ne s’arrête pas pour vous attendre. Darcos propose une trottinette pour remonter dans le train, je pense qu’il est préférable de prendre un autre train, quitte à arriver plus tard, du moment que vous arriviez à destination.
                Mais cela coûtera cher puisque cela nécessite des hommes et du temps. De cela, il est hors de question puisqu’il faut faire des économies. Et cessez de croire à ces études stupides de PISA ou autres sur une soi disante comparaison objective de l’efficacité des systèmes éducatifs. Les critères nient les spécificités culturelles de chaque pays et surtout.... n’évaluent (sur des critères plus que discutables) que ceux qui sont arrivés à un stade déterminé (terminale pour la majorité des « rapports ») en oubliant ceux qui sont exclu (plus ou moins selon les systèmes) et ceux qui ont eu les outils pour s’insérer professionnellement des années plus tard...
                Pour preuve de cette mutation culturelle du profil de « nos » élèves, sachez que nos difficultés sur l’éducation de retrouvent dans tous les pays occidentaux (pays du nord compris), et qu’il s’agit avant tout, pour nos chers politiques de se débarrasser du système public pour « offrir » la patate chaude aux écoles privés...
                Et là, la sélection des élèves se fera sur un tout autres critère...

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AJ


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