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Accueil du site > Actualités > Société > Quelles perspectives pour les OGM ?

Quelles perspectives pour les OGM ?

Les OGM, organismes génétiquement modifiés, ont investi ces dernières années le débat public. Les industriels s’en font les promoteurs en mettant en avant leurs avantages supposés : économies d’engrais et de pesticides, meilleure résistance, meilleure productivité, etc. Des collectifs de citoyens les dénoncent, en soulignant les risques que les OGM font courir à la biodiversité, leur coût qui les rend inaccessibles aux paysans des pays pauvres, le manque d’études sur leur impact sur la santé humaine à long terme. On peut donc s’interroger sur l’utilité et les risques des OGM aujourd’hui. En a-t-on besoin ? Qu’apportent-ils de plus que les hybrides ? Quels dangers représentent-ils ? Actuellement l’absence de débat explique que l’opinion publique soit largement contre les OGM. Cette situation conduit les collectivités locales à adopter des délibérations pour s’exprimer contre les cultures OGM sur leur territoire (2000 communes et 17 régions) au nom du principe de précaution. Cette situation se retrouve au niveau européen : 80 % des Européens s’opposent aux OGM. Le citoyen se sent privé de son droit à l’information, de son droit à l’expression. Ce déficit de démocratie conduit naturellement à des actions de désobéissance civile. La question des OGM est un problème qui est devenu extrêmement politique, et dont les politiques, les premiers, ne peuvent pas faire abstraction. Les élus doivent donc imposer le dialogue et le débat aux lobbies industriels, agricoles et scientifiques, qui essaient d’imposer leurs choix aux individus consommateurs sans les consulter. Le débat doit être ouvert, et tenir compte des enjeux humains, environnementaux, économiques et scientifiques. La France est la deuxième puissance agricole mondiale, elle ne peut pas se permettre de continuer à perdre du terrain dans le domaine de la recherche agronomique face aux États-Unis, même si elle entend promouvoir un nouveau modèle de développement agraire. Dans ce débat, le parti radical de gauche, qui a toujours défendu le citoyen contre les pouvoirs, a un rôle particulier à jouer. Nous devons exiger une grande loi de bioéthique qui repose sur trois exigences fortes : le droit à l’information, l’exigence éthique et une recherche responsable. Mettre fin aux tensions, aux lacunes, à la confusion. Le citoyen doit pouvoir librement choisir les produits qu’il consomme. Depuis le scandale de la vache folle, tout le monde est devenu très sensible à sa sécurité alimentaire, et nous devons exiger, dans notre vie de tous les jours, des produits bon marché, mais de qualité. L’étiquetage et la traçabilité sont actuellement la seule protection dont on dispose, en l’absence d’un cadre législatif efficace ! Or, les textes sur la traçabilité ne sont toujours pas publiés, et une grande confusion règne sur l’étiquetage. Par exemple, le seuil minimum de signalement de présence d’OGM a été relevé par la commission européenne pour satisfaire les agriculteurs produisant du bio qui ne sont pas à l’abri d’une contamination OGM. C’est là, pour eux, un minimum de garantie pour écouler leur production, car un tel risque, n’est, à l’heure actuelle, pas assurable. Nous exigeons le droit à l’information pour le citoyen, c’est-à-dire :

- la traçabilité au seuil actuel ( 0.9)- l’obligation pour les firmes de l’agroalimentaire d’inclure dans leur démarche expérimentale le coût d’une étude toxicologique avant tout essai en plein champ, pour une réelle bio-vigilance. Aujourd’hui, il y a plusieurs instances d’examen au niveau national : Commission du génie biomoléculaire (CGB), Comité de biovigilance, Commission du génie génétique, Commission des biotechnologies de l’AFSA. Il est urgent de réorganiser le système de contrôle et de surveillance pour plus de transparence. En effet, malgré cet empilage de comités Théodule, aucune instance politique ne se prononce sur la localisation des expérimentations, ni le ministre, au plan central, ni même le maire, au plan local. De plus, si le ministre de l’agriculture se prononce sur l’autorisation de principe, c’est ensuite l’industriel qui choisit librement l’endroit où aura lieu l’expérimentation. Cette situation pose un problème d’ordre public, donc une question politique qui ne peut être négligée et doit trouver une réponse par une réglementation précise et exigeante. Nous exigeons la création d’un organisme interministériel unique rattaché à l’AFSA, qui contrôle en amont et en aval le développement et l’expérimentation des OGM, avec des moyens contraignants, pour imposer des procédures qui garantissent l’information et la sécurité des citoyens.

Pour un soutien de la recherche en matière d’OGM. Sans pour autant se détourner de l’agriculture biologique, qu’il convient de soutenir, d’encourager, mais aussi et surtout de protéger, il faut poursuivre la recherche sur les organismes génétiquement modifiés. D’une part, parce qu’ils peuvent effectivement répondre à certains soucis environnementaux (pollution), d’autre part, parce qu’ils offrent des perspectives dans le domaine de la recherche médicale. Toutefois, il est nécessaire de rappeler que le développement des OGM n’est pas la seule voie de progrès pour l’agriculture. Ainsi, les hybrides, moins chers que les OGM, offrent aujourd’hui des possibilités de développement réelles pour les pays les plus pauvres, avec des applications immédiates.

La recherche dans le domaine sensible du vivant doit être une recherche « responsable » et respectueuse de l’humain. On n’acceptera pas les dérives qui ont marqué la recherche nucléaire, qui s’est trop souvent faite au mépris de l’homme, en ex-URSS, aux États-Unis, et même en France.

L’agriculture issue de produits OGM est sans doute une nécessité, parce qu’on ne peut refuser le progrès, parce que demain nous devrons adapter nos productions agricoles à d’autres environnements. Mais elle ne doit pas être une menace pour les générations futures. Elle doit préserver la biodiversité, et ses résultats doivent profiter à l’Humanité tout entière. Ainsi, nous devons nous préserver des dérives en luttant contre l’appropriation du vivant, en défendant prioritairement le certificat d’obtention végétale. Et soutenir la mise en place d’une biovigilance dans tous les pays du monde, et notamment dans ceux en voie de développement, dans le cadre d’une Agence mondiale de l’environnement, sous l’égide de l’ONU. La France ne peut pas, seule, imposer sa volonté dans le domaine agricole, c’est pourquoi ces combats doivent être relayés à l’échelle européenne.


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8 réactions à cet article    


  • (---.---.38.151) 30 novembre 2005 17:14

    La perspective qu’offre les OGM n’a rien de réjouissante... Si la production de ces produits devait continuer à s’etendre, comme ce sera sans doute le cas vu l’attitude de nos élus à la « botte » des lobbies de tous poils ; nous aurons sans doute à faire à une nouvelle catastrophe humanitaire et écologique de grande ampleur (une de plus !). La main mise sur l’’alimentation mondiale de quelques groupes de semences-chimie-pharmacie, c’est pour demain ! C’est une ignominie totale.

    Lemmanuel


    • didier (---.---.216.206) 30 novembre 2005 22:05

      Juste pour information : le peuple Suisse a vote dimanche dernier 27 novembre a 55% pour un moratoire de 5 ans interdisant les cultures d’OGM en Suisse.

      Les autres pays d’Europe revent d’avoir a se prononcer sur le sujet ?


      • Philippe Cherpentier (---.---.105.171) 30 novembre 2005 22:35

        Le problème est que les OGM n’ont jamais apporté de réponses dans le domaine environnemental. Les résistances aux nuisibles s’avèrent être un fiasco (apparition de résistance chez ces derniers, (voir l’article référencé du site « Pour un Monde Solidaire » lien ci-dessous) et la résistance aux herbicides pousse à l’utilisation massive de désherbants (fabriqués par les mêmes entreprises qui ont fabriqué les OGM...), qui se retrouvent ensuite dans les sols et la chaine alimentaire. Quant aux perspectives médicamenteuses, elles sont fort contestables. Par exemple, la production par les plantes de lipase gastrique de chien, utilisée pour soulager les malades atteints de mucoviscidose (pas pour les guérir, pour les soulager) pourrait certainement être produite à moindre coût en laboratoire, comme l’a montré le procès de Riom suite aux arrachages des Faucheurs Volontaires d’OGM à Nonette l’été 2005.

        Les expérimentations ou les cultures à grande échelle développés aux Etats Unis ou en Australie ont par ailleurs démontré l’impossibilité de mener sur un même territoire des cultures OGM et biologiques. Ainsi, si comme vous le dites, on veut protéger ou développer l’agriculture biologique, c’est incompatible avec les cultures OGM en plein champ.

        En revanche, je suis en accord avec vous quand vous réclamez plus de démocratie, une véritable information et un véritable contrôle des cultures OGM en plein champ.

        Pour l’instant cependant, les dernières informations concernant l’exigence de transparence pour les OGM commerciaux dans l’Union Européenne ne vont pas vraiment dans le bon sens (conclusions de la réunion du « comité OGM » de la Commission Européenne, les 19 septembre et 18 novembre derniers)... Vous avez encore du travail !!!


        • (---.---.248.29) 1er décembre 2005 05:57

          Je suis entierement d’accord avec vous.

          Je pense que la France, pays qui a la reputation d’avoir de la bonne bouffe, est train de perdre sa reputation.

          Pour connaitre les marques qui utilisent des produits OGM allez ici www.detectivesOGM.com

          Moi je paris qu’un industriel, qui mets non pas sa marque sur une boite de petit pois, mais qui ecrit en caracteres gros sur la boite « SANS OGM » peut bouffer le marche a ses concurents qui les utilisent.


          • (---.---.162.15) 1er décembre 2005 11:03

            je ne comprends pas votre article, il ne peut pas y avoir de demi-mesures. Ou en est d’accord avec les OGM (cultures à air libre), ou on en l’est pas.

            Contrairement ce que vous dites (« il faut poursuivre la recherche sur les OGM »), les OGM ne sont pas indispensables et les risques de jouer les apprentis-sorciers en effectuant des opérations contre nature sont patents dés l’instant ou ça sort du cadre confiné de quelques laboratoires.

            Le fait que ces risques ne soient pas mesurables ne change rien à leur dangerosité. Donner à manger de la viande aux herbivores n’avait donné lieu à aucune mesure de danger et pourtant il est arrivé.

            Lisez par exemple cet article « OGM abandonné suite à des maladies chez les souris » http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=20883. Les chercheurs ont mis 10 ans à se rendre compte que cet OGM était dangereux. Ils auraient pu mettre 50 ans, ils auraient pu passer à côté.

            On ne peut pas prendre de demi-mesures face à un tel danger et je considère donc que vos propos sont dangereux.

            Et puis éthiquement, cela revient à mettre des copyright sur la nature, à empêcher le libre ensemencement, rendez-vous compte !

            Am.


            • (---.---.33.9) 1er décembre 2005 14:24

              Ce sujet est assez révélateur du malaise démocratique qu’il y a dans notre pays. Une majorité de Français et d’européens sont opposés aux cultures OGM, une nouvelle fois les politiques n’en tiennent pas compte, et osent des discours lénifiants dans lequel ils opposent aux anti OGM, la voie du progrès et des perspectives economiques qu’offriraient ces productions. Messieurs les elus et supposés responsables politiques arreter de gober tous ce que les lobbies agro chimiques vous racontent, diversifiez vos sources d’informations, écoutez le peuple, et les scientifiques responsables.

              Lemmanuel


              • Jean-Pierre Berlan (---.---.254.49) 1er décembre 2005 17:10

                L’auteur n’a pas compris l’enjeu des soi disant Ogm - terme qui ne veut rien dire puisque tous les organismes vivants sont constamment « génétiquement modifiés ». Ce terme a été imposé par, en particulier, Monsanto pour éviter celui de « chimère génétique »ou chimère fonctionnelle utilisé par les biologistes au début des manipulations. De telles chimères seraient évidemment peu appétentes ...

                En réalité, le terme qu’il faudrait utiliser est celui de chimère génétique brevetée ou pour être véritablement précis, celui de clone chimérique breveté. L’aspect chimérique ne demande pas d’être développé. Quant au brevet, il permet d’en finir aver cette propriété malheureuse des plantes et des animaux de se reproduire gratuitement (quelle horreur !) dans le champ du paysan. L’enjeu véritable de toute l’affaire est de savoir si quelques fabricants d’agro-toxiques, de mort, vont pouvoir s’emparer de la vie. Si vous voulez en savoir plus, cherchez sur la toile l’article publié dans Le Monde du 18 juin 2004 par JB Berlan et Richard Lewontin, Ogm ou CCB ?


                • Proof OK (---.---.28.210) 5 décembre 2005 19:19

                  Qui pourrait me dire pouquoi :

                  Le Père Bové est pour les OGM ?

                  Le fils Bové est contre les OGM ? il prefere le tabac (moins dangereux ?)

                  Dois je demander a un Psy ?

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