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Accueil du site > Actualités > Société > Qui a peur des écologistes ?

Qui a peur des écologistes ?

Mais quelle mouche, si ce n’est celle du marketing, a donc piqué l’auteur de La Tentation de l’innocence que l’on aimait tant ? Qu’est-ce que c’est que ce réquisitoire intitulé Le fanatisme de l'Apocalypse ? Bruckner a-t-il peur de l’écologisme comme ma sœur a peur des serpents ? Certainement pas. Si le romancier exégète du masochisme occidental se fait écolophobe, c’est qu’il est malin comme pas un. C’est qu’il sait parfaitement que l’exhortation à la permissivité est payante. La recette, il la tient d’Allègre, même si leurs pensées politiques divergent. Bruckner, lui, est fréquentable.

L’anathème contre les chevaliers de l’apocalypse
Ce n’est pas un coup d’essai. Depuis quelques temps, plusieurs essayistes à succès qui passent davantage de temps sur les plateaux que sur leur écritoire ou dans les prairies florifères, autoproclamés philosophes de l’écologie, s’engagent dans un écopopulisme au ras des pâquerettes qui les hisse en tête de gondole des librairies de grande surface.
La recette est simple, il suffit de contrecarrer cette généreuse pensée de Hans Jonas : « La prophétie de malheur est faite pour éviter qu'elle se réalise ; et se gausser ultérieurement d'éventuels sonneurs d'alarme, en leur rappelant que le pire ne s'est pas réalisé, serait le comble de l'injustice : il se peut que leur impair soit leur mérite. » Jonas était un écosophe totalement ignoré du lecteur lambda, méconnu jusqu’au bataillon des écolos militants à la petite semaine, sauf en Allemagne où son œuvre Le Principe responsabilité est encore très lu. Il ne ressentait aucune honte à recourir à cette heuristique de la peur.
Comme les règnes végétal et animal, y compris les ressources terrestres et du sous-sol, ont bon dos, il est évident qu’une attitude permissive qui appelle à la curée est toujours mieux accueillie que celle plus policée qui recommande respect et autarcie. Faire l’apologie du pillage de la Terre et nier les exodes qui pourront en résulter ne peut qu’être bien accueilli par l’humain exigeant et irresponsable, notamment bourgeois des pays chanceux qui seront les derniers à payer les pots cassés. D’ailleurs, en débordant de façon anecdotique du sujet, on pourrait imaginer l’adhésion imbécile provoquée par l’imprudent qui déclarerait que la limitation de vitesse est une imposture, voire que l’on peut franchir allègrement les feux rouges. Aucun écologiste si radical soit-il n’entretient la peur, il met en garde. Lorsqu’un enfant s’approche du vide, faut-il rester cool ? Ah oui, c’est vrai, nous ne nous rapprochons pas du mur, nous sommes dedans !
Après Jean-Christophe Rufin et Luc Ferry qui nous ont mis en garde contre un dangereux écoterrorisme, le dernier à vouloir calmer les rares esprits épris d’inquiétude planétaire est donc Pascal Bruckner. La présentation de son livre, Le fanatisme de l’apocalypse, par chaque animateur-VRP et la simple présence désinvolte et sans argument du romancier exégète du masochisme occidental enclenche les ventes. Les gens d’Occident ne sont pas assoiffés de culture, ils sont avides de contrition car chargés de remords, désireux de se voir déculpabilisés du mal fait à l’environnement. Comme on les comprend ! Alors, loin de toute pénitence, l’exorciste est un messie. Un Bruckner se propose de panser (comme sparadrap, rustine…) une culpabilité ontologique sous-jacente qui est justement celle de nos abus écologiques. Chaque jour, nous sommes pris la main dans le sac et nous soulager de la faute en la désignant comme vénielle et le reproche exagéré nous redonne goût au péché capital, celui par lequel le catéchisme dit aux hydrocéphales qu’ils furent chassés d’un paradis. Bruckner connait ce tour de passe-passe puisqu’il fut initié chez les Jésuites. Et c’est pour qu’il me comprenne que j’utilise un jargon chargé d’analogies monothéistes.
Dénoncer comme anxiogène un discours écologique qui n’est que préventif constitue le truc. Les religions étant des montages, pour ne pas dire des escroqueries, construites sur l’hypothèse de dieu, désigner l’écologisme comme un œcuménisme est scabreux. « S’attacher aux religions est périlleux. C’est d’abord faire de soi un assassin en puissance et le pire de tous les assassins : Celui qui a la conscience tranquille. », écrivait l’essayiste Gérald Messadié. En ce début de troisième millénaire, la seule religion nouvelle est celle du consumérisme. On peut justement en juger par le deuil mondial réservé à Steve Jobs, divinisé et élevé au rang de Gandhi du XXIe siècle. On pourrait d’ailleurs épiloguer sur l’empreinte écologique des articles Apple et sur l’éthique des sous-traitants chinois faisant travailler des enfants dans des conditions infernales. Mais revenons à l’apocalypse des écolos.

Les écologistes n’ont jamais annoncé la fin du Monde !
Aucun écologiste, et encore moins écologue (!) n’a jamais annoncé la fin du Monde. C’est un mensonge. Et Bruckner le sait. Ils n’annoncent qu’un monde invivable dont nous goûtons les préliminaires et dont, à l’évidence, nos enfants hériteront. Est-ce cela le probabilisme obscurantiste dont on nous accuse ? Que Bruckner soit hérétique à la chose, c’est son droit. Mais qu’il crie haro sur l’écologisme n’est pas juste. Quant à se gausser des formules du genre « sauver la planète », c’est faire exprès de ne pas comprendre la métaphore scolaire. Il est bien entendu que l’homme n’est pas l’avenir de la Terre, qu’elle s’en sortira sans nous et qu’il ne s’agit que de pérenniser au mieux les ressources et notre milieu de vie, et pour autant que possible une biodiversité déjà bien amochée par nos saccages.
Pour faire court : aliments aux pesticides issus de monocultures pathologiques sur des sols biologiquement morts, sixième phase d’extinction massive des espèces, déforestation et désertification irréversibles de pans entiers du globe, dramatique déclin des ressources halieutiques, acidification des océans, chaos climatique évidemment d’origine anthropique, innombrables pollutions engendrées par les sociétés nanties et exportées sous toutes les latitudes, débâcle nucléaire… Si je continue, serais-je catastrophiste ? Je revendique d’ailleurs que, sans aucun recours à l’hyperbole, la mort biologique des sols ou l’effondrement des pollinisateurs relèvent de l’apocalypse. Ce qui est certain, c’est que Bruckner est totalement néophyte en matière d’écologie scientifique. Et l’écologisme politique s’inspire largement des travaux des écologues.
Là où les Bruckner, Ferry, Rufin et autres Allègre ne se trompent pas, c’est que bien des écologistes ne sont guère enclins au prométhéisme et succombent à la misanthropie. Est-ce condamnable d’être déçu par sa propre espèce ? « L'humanité disparaîtra, bon débarras ! » annonce ironiquement mon « camarade khmer vert » ou « frère religieux » Yves Paccalet !

Écologiste, oui, mais pas trop !
L’écologisme n’atteste un certain succès que dans les versions les plus cosmétiques et les plus lénifiantes de celles qui consistent à promettre un catalogue de bonnes actions, de gestes salvateurs au quotidien du genre : je relève le défi pour la Terre avec Pascal Obispo…, je me mets au compost avec Julien Clerc…, j’utilise une lessive sans phosphates avec Zazie…, je trie mes déchets avec le Prince Charles…, je réduis l'usage du papier toilette à un carré par personne avec Sheryl Crow… Il n’y a pas de petits gestes, jusqu’à l’idolâtrie anthropomorphique en peluche des seules sympathiques espèces promues par le WWF. C’est bien la preuve que nous continuons à fonctionner comme des tartuffes et des imbéciles.
Préserver la planète n’est qu’une morale à la petite semaine, avec la fourberie de toutes les morales. Ce n’est pas être dubitatif que de le dire. C’est seulement pour se mettre en règle, se repentir, s’autoflageller, battre sa coulpe, faire amende honorable. C’est pouvoir se regarder dans la glace, le visage lavé à cette eau claire que nous avons soumise, les fantasmes dûment désodorisés à la vanille d’un village du bout du monde par l’entremise de quelques mousseuses transnationales finançant complaisamment des colères vertes de pacotille. C’est l’éternel parcours du monothéiste repentant, devenu athée pratiquant, s’inspirant d’un autre décalogue. Nous en sommes là, et pas ailleurs. Et c’est aussi pour ça que les carottes sont cuites. Nous nous jouons de tout, nous nous mentons à nous-mêmes, le seul objectif étant de nous rassurer, pour mieux continuer la pantomime et mettre le désespoir en bourse. Peu nous chaut d’avoir anéanti quatre-vingt-dix-mille espèces de fleurs, tant qu’Interflora subsiste et que Jean-Paul Gaultier fait défiler ses poufiasses en peau de vison sous les cris d’orfraie de quelques indignées d’un Passy bien-pensant. L’écologisme semble trop souvent s’adresser à des Terriens en culotte courte, boutonneux à l’extrême et pas encore déniaisés. Bien entendu et pour le système, c’est la meilleure façon de récupérer la cause et de la mettre sur les sempiternels rails du faux espoir. Tant qu’il reste une orchidée au supermarché, un ourson venant de naître dans un zoo, un Indien à plumes pour tour opérateur, tant qu’il y a un rayon bio dans la vitrine de l’enfer néolibéral, pas question de désespérer Kyoto en crachant quatre vérités qui auraient le don d’exaspérer.
L’écologie-révolte fout les jetons… évacuons-la ! Pas de polémique, pas d’attaque frontale, dit la rengaine qui caresse dans le sens du poil. Ne culpabilisons pas, responsabilisons, jusqu’au bord du gouffre. L’astuce ne va pas tourner court. Du sujet bigot au citoyen défroqué, du consommateur qui pourrait boycotter à l’écocitoyen dégoudronnant sa plage, il y a encore matière à presser le citron. Une imposture de 6.000 ans ne risque pas de se décourager pour un trou d’ozone ou une sixième vague d’extinction d’espèces. On n’apprend pas à un vieux sapiens à faire des grimaces, même s’il a l’outrecuidance de répudier les singes de sa très jactante famille humaine.
L’enjeu est l’autodestruction, droit dans le mur, mais on semble encore vouloir jouer les prolongations. À l’horizon, le mur semble reculer au fur et à mesure que l’on avance, retardant l’échéance cuisante de la Vallée de Josaphat et nous permettant de réitérer cette politique de la terre brûlée qui nous va si bien.
Pas de panique, on percute ! Conséquence : haro sur le déclinologue, assez de catastrophisme et de probabilisme, à bas le prophète juif, vive le messianisme, jouissons encore sous le dernier arbre du Cac 40 ! Pour s’enrichir de leurs propres fumures, les chiffonniers du changement climatique ont même indexé le droit de polluer des entreprises à la bourse. L’écolog(ism)e est une aventure du marketing capitaliste. Quand elle est poudre aux yeux, elle joue à guichet fermé. Quand elle se présente aux élections, elle fait son 1 % de bonne conscience. Quand il faut la déblayer, on lui fait un beau ministère d’État à pouvoir transversal, sous la houlette de son meilleur ennemi, on l’emballe avec l’aménagement, l’industrie et l’agriculture pour mieux la bâillonner et la broyer en l’offrant à l’appréciation des grands lobbies transnationaux.
Il n’y aura pas de miracle sans décroissance et le vœu de décroissance est indicible. Dix milliards d’habitants, chacun dans une bagnole dont on a déjà décidé, dans les couloirs de la finance, qu’elle roulera au colza ou au maïs. « Ne laissez pas goutter votre robinet quand vous vous lavez les dents », nous répète-t-on tandis qu’ils transforment tout le Sud en golfs à 18 trous. C’est une histoire à dormir debout. Mélangez de nouveau tout dans vos poubelles, nous avons gagné quelques batailles, mais nous avons perdu la guerre contre la déraison.
Le massacre de notre environnement naturel correspond à une logique de l’égarement, réelle philosophie sociétale de la néantisation. Cette autodestruction acharnée de notre actuelle civilisation, toutes figures confondues, ne peut qu’être attribuée à une véritable tare congénitale de notre espèce. Les écosystèmes terrestres et aquatiques sont malades de l’homme, subissent les effets multiples et synergiques de nos pressions intempestives qui se caractérisent par des dysfonctionnements qui vont jusqu’à la modification climatique. L’homme moderne est le fossoyeur des écosystèmes et ce travail de pompes funèbres de la Nature est notre œuvre collective.

Voilà, j’ai un peu parlé de Bruckner et apporté ma quote-part en contribution à sa promo. Si la négation absolue de la merde ne vous fait pas peur, lisez-le !


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57 réactions à cet article    


  • joletaxi 8 octobre 2011 10:50

    Pour faire court : aliments aux pesticides issus de monocultures pathologiques sur des sols biologiquement morts, sixième phase d’extinction massive des espèces, déforestation et désertification irréversibles de pans entiers du globe, dramatique déclin des ressources halieutiques, acidification des océans, chaos climatique évidemment d’origine anthropique, innombrables pollutions engendrées par les sociétés nanties et exportées sous toutes les latitudes, débâcle nucléaire… Si je continue, serais-je catastrophiste ? Je revendique d’ailleurs que, sans aucun recours à l’hyperbole, la mort biologique des sols ou l’effondrement des pollinisateurs relèvent de l’apocalypse.


    Aucun écologiste si radical soit-il n’entretient la peur, 


    Combien de temps encore allez-vous continuer à affirmer des contre vérités à l’appui de votre petit commerce ?
    Rien dans ce que vous affirmez comme vérité ci-avant n’est réel.
    A ce stade,votre démarche est franchement malhonnête.

    • mayla VdC 8 octobre 2011 10:52

      Entièrement d’accord, sauf pour le mentir à soi-même...Dans la plupart des cas, il s’agit d’offrir l’image ou la vitrine qui permet d’être accepté, dans un groupe, par les autres ou l’autre, c’est en ce domaine comme pratiquement en tout.

      Mais ou donc est l’authenticité, la véritable ? de celle qui allie la vérité de soi avec son éthique ?

      L’authenticité...mais qu’est-ce que c’est ? un vilain mot ?
      mais non l’authenticité c’est pour la majorité être naturel dans le sens le plus simple et le plus facile, de faire ce que tu veux quand tu veux, avec ce que tu veux, qui tu veux la ou tu veux, avec le plus d’animalité possible puisque nous sommes des animaux....surtout n’en rien renier ni diriger ni maîtriser...laissez faire, suivre ses tendances...puisqu’elles sont naturelles !
      et fi des autres, du respect qu’on leur doit, notre nombril seul compte, mais comme on a cru comprendre que le bio c’était quand même mieux à certains points de vue, et bien on se déclare écolo parce qu’on observe quelques petites contraintes, histoire de se dire qu’on est mieux que les autres, parce que nous on sait et que c’est gratifiant de le faire parce que cela permettra de critiquer ceux qui n’auront rien compris, qui ne savent pas et qui ne veulent pas savoir, et puis on sera très fier d’avoir participé, de s’auto-proclamer : Ecolo = mieux que les autres
      Pour ce qui est de Pascal Bruckner il n’y a là rien d’extraordinaire. Ce personnage fait partie d’un groupe intellectuel « de penseurs » qualifié de néoconservateurs fondé par Michel Taubmann suite au 11/11/2001 et nommé le cercle de l’Oratoire

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Cercle_de_l’Oratoire


      • Michel Tarrier Michel Tarrier 8 octobre 2011 11:10

        Voici les liens de quelques recensions du bouquin de Pascal Bruckner, l’écologiste écolophobe dénonçant le totalitarisme de la cause :
        http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/10/04/97001-20111004FILWWW00635-bruckner-pourfend-les-decroissants.php
        http://www.atlantico.fr/decryptage/pascal-bruckner-ecologie-fanatisme-apocalyptique-195859.html
        http://www.lexpress.fr/actualite/environnement/pascal-bruckner-les-verts-voudraient-passer-les-menottes-a-la-planete_1036807.html
        http://www.myboox.fr/actualite/pascal-bruckner-son-dernier-livre-n-est-pas-au-gout-de-cecile-duflot-9563.html
        Mon commentaire :
        L’écologisme qui a voix au chapitre étant déjà vidé de sa substance, ne proposant que des cataplasmes, des rustines et autres mesures de pacotille, l’économie dite verte ayant été inventée en hâte pour détrousser l’écologie vraie et accompagner un capitalisme moribond qui ne sortira plus de sa crise puisque, par définition, c’est un système qui s’auto-dévore, toute exégèse tendant à désamorcer la cause vise vers un retour à l’effet zéro de la lutte en faveur de l’environnement. Bruckner, ce n’est pas cadeau pour la Terre nourricière.


        • Michel Tarrier Michel Tarrier 8 octobre 2011 11:11

          Si vous pensez que la Planète vaut le coup, si vous vous sentez filles et fils d’une Terre-nourricière, Terriens d’une Terre-patrie, que la Maison du Quaternaire est notre seul et unique milieu de vie et qu’il faut donc faire gaffe, ce texte vous intéressera :

          La planète ne jouit d’aucun droit, on peut donc en disposer, en abuser. « En justice, votre pays existe, mais notre planète, elle, n’existe pas. Votre pays peut se défendre, il a des représentants qui parlent pour lui, le défendent et lui donnent vie. Notre planète, elle, est une réalité qui n’a pas d’existence juridique unifiée. Elle ne peut donc pas être entendue devant la justice humaine et les organisations multinationales qui la perturbent n’ont pas de résistance à la mesure de leur agression. Il semble donc de toute première instance de conférer une reconnaissance légale internationale à la Terre sous une seule identité dans tous les pays et lui constituer un patrimoine et des droits qui pourront lui permettre de se faire reconnaitre et de se défendre en toute indépendance et ce, pour son bien et celui de tous ses occupants. Cette reconnaissance peut-être obtenue sur la durée, par la reconnaissance progressive de la Terre en tant qu’entité indépendante au même titre que tout autre pays, en négociant indépendamment avec les instances représentatives des différentes nations qui seront sensibilisées à l’intérêt d’une telle démarche ». Extrait de la déclaration d’un projet légitime dénommé Libertero.


          • jef88 jef88 8 octobre 2011 12:24

            Si vous pensez que la Planète vaut le coup, si vous vous sentez filles et fils d’une Terre-nourricière, Terriens d’une Terre-patrie, que la Maison du Quaternaire est notre seul et unique milieu de vie et qu’il faut donc faire gaffe, ce texte vous intéressera :
            Je suis fils de mes parents, descendant de mes grands parents ....ils ont tous bossé pour que j’ai une vie meilleure .
            Terre patrie ? C’est quoi ça ?

            La maison du quaternaire ??
            Rien que des incantations ! On retourne à l’animisme


          • Marc Viot Marc Viot 8 octobre 2011 13:35

            >.ils ont tous bossé pour que j’ai une vie meilleure . 

            Si vos grand parents vous voyaient cracher à la gueule de ceux qui tentent de préserver ce qu’ils ont eu temps de mal à maintenir, pour le remettre entre les mains des salauds qui détruisent en quelques années le travail de plusieurs centaines d’années, ils vous foutraient la raclée que vous méritez.


          • amipb amipb 9 octobre 2011 07:46

            L’animisme n’a jamais été une tare, plutôt une forme exacerbée de respect pour ce qui nous entoure.

            Et n’est-ce pas ce qui nous manque cruellement aujourd’hui ? L’égocentrisme et la haine ou la peur de ce qui nous est différend engendre quasiment l’ensemble des maux dont nous souffrons aujourd’ui.


          • Michel Tarrier Michel Tarrier 8 octobre 2011 11:12

            Voici les liens de recensions de deux opus d’écologie profonde (deep ecology, écologie radicale, écosophie) qui sont évidemment dans le collimateur du courroux brucknérien et dont la vision est estimée cataclysmique :
            Obéir à une Nature qui a toujours raison :
            http://www.larevuedesressources.org/spip.php?article1704
            L’homme, une espèce invasive :
            http://baladesnaturalistes.hautetfort.com/archive/2011/08/10/faire-des-enfants-tue-la-planete.html
            http://www.danslevif.com/2011/01/faire-des-enfants-tue-la-planete.html


            • Marc Viot Marc Viot 8 octobre 2011 12:02
              MERDE ! - Il ne s’agit plus seulement d’avoir peur, il s’agit d’être courageux, lucides et d’arrêter de se comporter comme des enfants en déléguant à autrui ce qui relève de sa propre responsabilité. 

              Nul ne demande à chacun de changer le monde à lui tout seul. Rapprochons nous seulement les uns des autres pour tenter un pas ensemble car sachons le, les politiciens ne sauveront pas le monde qu’ils ont contribué à former.

              • Georges Yang 8 octobre 2011 12:07

                Il ne faut pas avoir peur des écologistes, il faut les combattre avant qu’il ne soit trop tard
                L’écologie est la nouvelle religion du XXI° siècle et comme toute religion elle est castratrice et contre la jouissance (en dehors de la dépénalisation du cannabis)
                Ceux qui ont peur de l’islamisme et qui ont combattu les cathos devraient se méfier comme la peste (verte à défaut de brune) propagée par la mouvance écolo


                • Georges Yang 8 octobre 2011 12:22

                  Vous devriez lire Iegor Gran L’écologie en bas de chez moi, il a tout compris et le dit en termes très plaisants


                  • Marc Viot Marc Viot 8 octobre 2011 13:31

                    En bas de chez vous, il y a des bagnoles qui défèquent, des pharmacies qui vendent des doses de confort au x dépressifs, des médecins qui entretiennent un portefeuille client, des écoles qui formatent, des alimentations qui vous vendent de la merde au prix du naturel, etc ...


                  • jef88 jef88 8 octobre 2011 12:25

                    Le drame de l’écologie c’est d’avoir un comportement sectaire !


                    • Marc Viot Marc Viot 8 octobre 2011 13:27

                      Vous y connaisses quelque chose en écologie ?


                      Quand vous arrivez en face d’un mur, c’est sectaire de dire « tourner à droite » aux abrutis qui pensent qu’en accélérant, ils vont peut-être le briser ?

                    • jef88 jef88 8 octobre 2011 14:33

                      et pourquoi pas aller gauche ou en marche arrière


                    • Marc Viot Marc Viot 8 octobre 2011 14:36

                      Sans dec vous faites quoi vous ? Vous discutaillez quand il s’agit de réagir ?


                    • foufouille foufouille 8 octobre 2011 14:49

                      « Le drame de l’écologie c’est d’avoir un comportement sectaire ! »
                      plutot de la reserver aux bourgeois et en bonne sante


                    • Marc Viot Marc Viot 8 octobre 2011 15:08

                      « Le drame de l’écologie c’est d’avoir un comportement sectaire ! »
                      plutot de la reserver aux bourgeois et en bonne sante

                      Alors si vous parlez de ce que des greenwasher vous vendent en utilisant le mot écologie, je suis tout à fait d’accord. L’écologie est malade de la perversion de ce mot.


                    • jef88 jef88 8 octobre 2011 16:55

                      réagir ou réfléchir ?
                      je commence toujours par réfléchir et aprés j’agis !


                    • Croa Croa 8 octobre 2011 23:26

                      Les moutons noirs ne sont pas sectaires, ils font comme toi partie du troupeau.

                      Plutôt que de suivre le maître dans un grand trou, ils t’invitent à réfléchir. L’écologie n’en a pas après les moutons blancs mais beaucoup contre la sottise, ce qui n’a rien à voir. 


                    • foufouille foufouille 8 octobre 2011 12:53

                      les ordis, ca pousse dans la nature ?


                      • Marc Viot Marc Viot 8 octobre 2011 13:25

                        Les ordinateurs font beaucoup plus que pousser dans la nature. La nature est un immense ordinateur d’une capacité inimaginable pour les petits cerveaux que nous sommes.

                        La plupart d’entre nous ont tellement de mal à l’utiliser qu’il préfère se rabattre sur des bouliers à 1 rangée de perles ...

                        Foufouille, si vous ne voulez pas reconnaitre que vous êtes ignorant en informatique comme en science naturelle et ayez au moins l’amabilité de vous instruire et en attendant de fermer ce que la nature vous a donné pour articuler.


                      • Georges Yang 8 octobre 2011 14:23

                        Petit Torquemada pontifiant, vous êtes bon pour bêler avec la secte


                      • Marc Viot Marc Viot 8 octobre 2011 14:37

                        Pas d’argument, les insultes sont la marques de l’idiot ...


                      • foufouille foufouille 8 octobre 2011 14:46

                        l’ordi qui permet de se connecter au net, bien sur !


                      • Marc Viot Marc Viot 8 octobre 2011 14:52

                        Sans dec vous voyez des contradicteurs ? un contradicteur, c’est quelqu’un avec un bagage, une écoute, un argument, enfin un vrai truc ...


                      • Marc Viot Marc Viot 8 octobre 2011 15:07

                        @foufouille
                        Bon vous voulez dire que sans nature, le net n’existerait pas. 


                        En premier lieu, il se pourrait qu’une sorte de net du vivant existe et que cette faculté qu’a le vivant de communiquer soit utilisé pour évoluer un peu plus rapidement que ce que le laissait présager la seule théorie Darwiniste. Je ne vais pas rentrer dans les détails, parce que pour le moment, son utilisation pratique est plus dans les mains de personnes que l’on qualifie de « sauvage » que de nos scienfitiques agrémentés.

                        Deuxio, un ordinateur internet, c un protocole réseau et un équipement muni d’un interface de connection. L’équipement peut assez facilement être assemblés en recyclant la masse de composant foutu à la poubelle ces dernières années on aurait de quoi faire de l’internet pendant des génération sans continuer à pomper des ressources.


                        En résumé, est-ce qu’on a vraiment besoin de tout ce bazar de société de consommation pour juste bénéficier d’internet et des quelques éléments qui permettent un vie autonome et riche échange ?

                      • foufouille foufouille 8 octobre 2011 17:32

                        meme en prenant en compte, un ordi « durable » comme les 486 ou pentium, la fabrication n’a rien d’ecologique
                        sans compter les serveurs qu’ils faut bien ameliorer pour gerer les connexions


                      • Chaos 8 octobre 2011 22:39

                        les ordis, ca pousse dans la nature ?

                        Non, mais le sien sert l’Idéologie, alors il est toléré.


                      • foufouille foufouille 9 octobre 2011 11:05

                        ouais, comme les voitures de pauvre interdite en ville


                      • COVADONGA722 COVADONGA722 8 octobre 2011 14:50

                        yep ce qui me console c’est que lachés dans la selva de dame nature 90%des « biosains »
                        creveraient et ça pour le coup cela serait bénéfique pour l’espece humaine ;
                        Perso pour les sectes j’ai des cartouches à sangliers hé hé que le cycle reprenne !


                        • Croa Croa 9 octobre 2011 00:06

                          Excellent article. Ceux qui ne sont « pas d’accord » devraient faire une cure de déprogrammation-réclames !

                          Vue que personnellement j’ai une autre façon de voir. Nous sommes, tous, pénétrés de propagande et dirigés corps et âmes par des financiers escrocs et des commerçants qui ne le sont pas moins. Quoique tout ça ne forme qu’une seule bande avec leurs pantins les politiques. Ce n’est pas un hasard si en ce Monde la priorité en droit est accordé à l’OMC ! (Organisation Mondiale du Commerce.)

                          Il y a parmis tous les pigeons que nous sommes, gâtés à la consommation à outrance, une majorité de volatiles qui ne veulent pas perdre leurs oeillères, traîtres à leur espèce et à eux-mêmes, qui savent qu’ils vont ensembles dans le mur en un plaisir tel que le crash final monte tel une éjaculation à laquelle il ne renonceront jamais quoique leur disent d’autres oiseaux classés facilement de mauvaise augure et qui eux, voudraient faire demi-tour.

                          Les oiseaux de mauvaise augure ce sont les écolos : haro sur eux...
                           smiley quoi de plus normal ? smiley


                          • Michel Tarrier Michel Tarrier 9 octobre 2011 09:20

                            « L’écologie, grande oubliée des débats des primaires citoyennes. »
                            http://leplus.nouvelobs.com/contribution/200806 ;l-ecologie-grande-oubliee-des-debats-des-primaires-citoyennes.html
                            Oubliée ? Pas du tout ! Occultée, esquivée, évitée, passée à la trappe.
                            Comme nous sommes tous coupables de nos saccages vis-à-vis des générations futures, l’écologie fait peur, l’écologisme fout la trouille.
                            Si les écologistes d’EELV ont une infime chance de mini score, ce sera en escamotant le thème qui leur sert d’étendard.
                            On a déjà demandé à Yves Cochet, le plus dur des mous, de se taire à propos du pic pétrolier et du besoin de dénatalité.
                            La connerie des gens est sans limite, ils ne méritent que des charlatans, je crois même que les parents doivent détester leurs enfants, qu’ils n’en font que pour se rassurer et avoir des otages… DÉ-GUEU-LASSE !


                            • Croa Croa 9 octobre 2011 20:02

                              Tous les sujets qui fâchent ou qui gênent ont été évités ! On pourrait citer aussi la guerre en Libye pour laquelle le PS soutient les crimes de Monsieur Sarkozy et de ses complices de l’OTAN pour les intérêts des pétroliers et des banquiers qu’on ne discute pas !

                              Ces primaires vont légitimer encore plus les thèmes consensuels qu’adore le PS pour le PS et EELV s’en trouvera cocufié pour avoir voulu copier et donc négligé l’écologie authentique : Bien fait pour eux !  smiley


                            • Gandalf Claude Simon 9 octobre 2011 09:22

                              L’écologie, et son parangon l’agriculture biologique, ont déjà de belles casseroles derrière elle.


                              L’interdiction du DDT, puissant anti-insecticide hélas non-biodégradable, est responsable de la mort de 30 millions d’individus morts par malaria.

                              Ne parlons pas des différences de rendements céréaliers entre agriculture conventionnel et agriculture biologique.

                              Tarrier se frotte les mains, il y a trop de monde sur terre.

                              Bref, un décideur en matière agricole ne doit pas être dévolu aux idéologues et génocidaires écologistes, mais bien peser le pour ou le contre de l’évolution d’un monde agricole multi-modèle.

                              • gaijin gaijin 9 octobre 2011 09:44

                                et combien de millions de morts a cause de ça ? :
                                http://www.google.fr/imgres?q=macdonald+ob%C3%A9sit%C3%A9&um=1&hl=en&sa=N&biw=1243&bih=646&tbm=isch&tbnid=LfEhZ2j83B-5dM :&imgrefurl=http://news.foodfacts.info/2006/09/mcdonalds-to-fund-obesity-research.html&docid=UN26vbAHLbZ20M&w=420&h=297&ei=zk2RTonIOIz1sgbD6Sw&zoom=1&iact=hc&vpx=113&vpy=155&dur=1704&hovh=189&hovw=267&tx=171&ty=82&page=1&tbnh=140&tbnw=212&start=0&ndsp=18&ved=1t:429,r:0,s:0
                                et combien de millions de morts a cause de ça ? :
                                http://www.google.fr/imgres?q=pollution+urbaine&um=1&hl=en&biw=1243&bih=646&tbm=isch&tbnid=kkV0_09lMq6acM :&imgrefurl=http://www.leuromag.com/La-pollution-urbaine-une-epee-de-Damocles_a1322.html&docid=sl9uGHVEY5XLlM&w=480&h=321&ei=rk6RTpOYIJDKtAbXotEY&zoom=1&iact=hc&vpx=588&vpy=349&dur=2289&hovh=183&hovw=275&tx=129&ty=118&page=1&tbnh=126&tbnw=168&start=0&ndsp=18&ved=1t:429,r:9,s:0

                                vous êtes certain de vouloir faire les comptes ?

                                et ça a quoi ça sert ?
                                http://www.google.fr/imgres?q=pollution+urbaine&um=1&hl=en&biw=1243&bih=646&tbm=isch&tbnid=1m5CpNe2tNz2oM :&imgrefurl=http://fr.cyberdodo.com/dossiers/cyberdodo-et-la-pollution-urbaine/2.html&docid=B6C8zPbMUMYcZM&w=483&h=332&ei=rk6RTpOYIJDKtAbXotEY&zoom=1&iact=hc&vpx=230&vpy=346&dur=5941&hovh=186&hovw=271&tx=138&ty=90&page=1&tbnh=126&tbnw=168&start=0&ndsp=18&ved=1t:429,r:7,s:0
                                a justifier ça ?
                                http://www.google.fr/imgres?q=bombe+nucl%C3%A9aire&um=1&hl=en&biw=1243&bih=646&tbm=isch&tbnid=BgY7_x-CVJZ37M :&imgrefurl=http://clg-reinetiere-44.ac-nantes.fr/spip/spip.php%3Farticle565&docid=FL7dMpS5MV9taM&w=640&h=427&ei=6k-RTonBBMzdsgaJmpDvDw&zoom=1&iact=hc&vpx=229&vpy=159&dur=2791&hovh=183&hovw=275&tx=104&ty=121&page=1&tbnh=143&tbnw=196&start=0&ndsp=18&ved=1t:429,r:1,s:0

                                putain vivement la dictature verte les espadrilles en corde de chanvre feront toujours moins de bruit que les rangers
                                non ?


                              • Michel Tarrier Michel Tarrier 9 octobre 2011 09:54

                                Réponse documentée à l’intox de l’interlocuteur mal intentionné précédent…
                                (En deux partie en raison de la longueur...)

                                PARTIE 1

                                Faire de l’écologisme un crime contre l’humanité

                                La légende de l’intégrisme écologique nait le plus souvent d’une infâme désinformation. En voici un piètre exemple qui prétend faire incomber le regain du paludisme à la prohibition du DDT (dichloro diphényl trichloro-éthane) pour cause d’une lubie écolo remontant au temps innocent des seventies.

                                Le paludisme, ou malaria, affecte l’homme, les singes et les oiseaux. Connue depuis plus de 50.000 ans, la maladie est identifiée comme un agent pathogène humain antédiluvien. Elle est causée par un parasite protozoaire du genre Plasmodium dont la femelle du moustique anophèle est le vecteur. La malaria était depuis l’Antiquité commune en des contrées où elle a désormais disparu, comme en Europe et en Amérique du Nord. En Angleterre, la mortalité qu’elle provoquait était comparable à celle que l’on connaît actuellement en certains pays africains. Des 400 à 900 millions de cas contemporains de fièvres, on dénombre plus de 3 millions de décès annuels survenant en Afrique subsaharienne, équatoriale et australe, en Asie, ainsi qu’en Amérique latine. 40 % de la population mondiale habitant des pays tropicaux parmi les plus pauvres du monde sont ainsi exposés au paludisme. Accuser l’écoconscience fraîchement débarquée d’un tel fléau, d’une telle hécatombe relève donc de la plus haute gravité, si ce n’est de la calomnie la plus infecte.

                                Les prêcheurs de l’apocalypse (1907) est un livre qui ne ménage pas sa mauvaise fois pour accabler le grand réveil de conscience universelle qu’est l’écologisme. Le parti pris du livre n’a rien d’étonnant puisque son auteur, Jean de Kervasdoué, est un thuriféraire de l’establishment, titulaire de la chaire d’économie et de gestion des services de santé au Conservatoire des arts et métiers, membre de l’Académie des technologies, ancien directeur des hôpitaux publics en France. De tels galonnés sont de ceux qui peuvent tout autant inciter au déni du sang contaminé, du scandale des hormones de croissance, des maladies nosocomiales, que de cautionner la dictature vaccinale qu’on nous inflige au détriment de notre immunité naturelle…, liste interminable portant sur la santé publique prise en otage par les gardiens du grand capital.

                                Pour ce qui est du fléau du paludisme, l’auteur mandarin balance page 80 de son dernier livre la calomnie suivante : «  Qui a conscience que des dizaines de millions d’enfants sont morts parce que des ornithologues amateurs de Long Island, aux États-Unis, ont conduit à interdire le DDT pour protéger les oiseaux sauvages de cette villégiature privilégiée des New Yorkais ? » L’accusation n’est pas nouvelle puisqu’elle présida, dans les années 1960, au combat pionnier de Rachel Carson, l’auteure du célèbre Printemps silencieux, contre les pesticides de synthèse. Robert White-Stevens, biochimiste mercenaire de la société American Cyanamid vilipendait déjà ainsi l’écrivaine écologiste : « Si l’homme devait suivre les enseignements de Miss Carson, nous retournerions au Moyen-âge, et les insectes, les maladies et la vermine hériteraient une nouvelle fois de la Terre  ». Les conservateurs de l’époque n’avaient pas encore recours à une syntaxe aussi gratinée qu’aujourd’hui, calomniant leurs opposants de fondamentalistes et autres « écofachos », mais ils tentèrent de discréditer Rachel Carson en l’accusant stupidement et simplement d’être communiste ! L’anathème à l’encontre de Carson repris bien après sa mort, dès le début des années 2000, où on lui fit supporter la responsabilité de 100 millions de morts. Un détail d’importance : Rachel Carson n’avait jamais appelé à l’interdiction globale du DDT, mais seulement à une limitation de son emploi. Ce que ses enquêtes révélèrent ne portaient que sur l’inconscience des épandages à grande échelle et aux conséquences écologiques et humaines désastreuses, et donc à un usage plus soucieux. Carson accusait l’industrie chimique d’une vile recherche de profit en se livrant intentionnellement à la désinformation et les pouvoirs publics d’obtempérer aux ordres économiques sans le moindre principe de précaution. Rien n’a vraiment changé aujourd’hui, à en croire les campagnes de déni et le très puissant lobbying des groupes agrochimiques et semenciers, d’autant plus que nous ne sommes plus aussi enclins à une même remise en cause du paradigme du progrès scientifique comme c’était le cas dans la culture nord-américaine d’après-guerre. Dans la foulée de l’époque, des scientifiques américains créèrent en 1967 le fond de défense de l’environnement (Environmental protection Agency), poursuivirent les fabricants de DDT et après un long combat obtinrent en 1972 l’interdiction de sa production et de sa commercialisation de la part de l’OMS. On ne déversera plus de DDT ni sur les terres africaines, ni ailleurs. Encore en 1992, lors de la conférence de Rio, le DDT fut qualifié de grave menace et classé comme POP (polluant organique persistant). Mais le paludisme se développera de plus bel et, en l’absence d’un autre remède, l’hécatombe finalement reconnue en 1998 autorisera certains à pourfendre l’écologisme qualifié de criminel en déclarant que des millions d’enfants sont sacrifiés aux oiseaux. Quelle est la vérité ?

                                Si les écologistes de terrain avait certes constaté à l’époque que les hautes concentrations de DDT rendaient excessivement mince les coquilles des œufs de certains oiseaux de mer, tels que les petits pingouins, les guillemots et les pygargues à queue blanche…, mais cela n’était qu’un épiphénomène qui à lui seul ne motiva pas la condamnation du DDT. Bien d’autres aspects de la nocivité dramatique du pesticide utilisé aveuglement motivaient l’alarme. On peut lire l’anecdote édifiante des conséquences en chaîne de cet usage dans 5.000 jours pour sauver la planète d’Edward Goldsmith & al., et la résumer succinctement ainsi. Pour tenter de faire disparaître la malaria à Bornéo, l’OMS entreprit une grande campagne de pulvérisation de DDT. Le nombre de moustiques diminua vite de façon spectaculaire. Mais de nombreuses autres espèces furent intoxiquées, et parmi elles une minuscule guêpe, prédatrice des chenilles qui vivent dans le chaume des maisons locales. Une fois les guêpes décimées, le nombre de chenilles prit les proportions d’un véritable fléau : dévorant le toit des maisons, elles provoquèrent leur effondrement. Le programme de pulvérisation du DDT ne s’en poursuivit pas moins… Seconde conséquence néfaste, les cadavres des moustiques servirent de nourriture aux geckos qui, malades et affaiblis, devinrent une proie facile pour les chats du pays qui accumulèrent dans leurs tissus de fortes concentrations du DDT. Les chats trépassant par milliers, les rats de Bornéo connurent alors une véritable explosion démographique. Ces rongeurs dévorent les récoltes locales, mais sont surtout porteurs d’une menace bien pire : la peste bubonique. En désespoir de cause, le gouvernement de Bornéo demanda qu’on parachute des chats dans les régions les plus atteintes. Les moustiques, maintenant résistants aux insecticides, réinvestirent les zones vaporisées au DDT et la malaria y sévit toujours. Les millions d’enfants morts ne le furent pas à cause des ornithologues ou autres écologistes, mais bel et bien du fait de l’intégrisme chimiste ayant bombardé sans aucune retenue son poison pour se remplir les poches.


                              • Michel Tarrier Michel Tarrier 9 octobre 2011 09:56

                                Réponse documentée à l’intox de l’interlocuteur mal intentionné précédent…
                                (En deux partie en raison de la longueur...)

                                PARTIE 2

                                Faire de l’écologisme un crime contre l’humanité

                                Rappelons que si les taux des produits toxiques sont minimes, certaines substances s’accumulent dans les tissus. C’est le cas du DDT et de nombreux biocides liposolubles : des vaches ingérant des fourrages contaminés par une dose minimale de DDT et ne présentant aucun signe d’intoxication produisent un lait suffisamment contaminé pour provoquer des troubles nerveux chez des veaux encore à la mamelle. Le Quid (1995) rapporte qu’en Grande-Bretagne, en 1984, on a décelé des traces de DDT dans des choux de Bruxelles cultivés sur des terres traitées au DDT vingt ans auparavant ! Ce n’est donc pas toujours la dose qui fait le poison et en matière de DDT c’est le DDT qui fait le poison. Le DDT épandu par avion durant plusieurs années consécutives pour la démoustication de certains marais de Long Island ne présentait que de faibles concentrations afin d’éviter tout effet toxique pour les poissons et la faune en général. On note pourtant aujourd’hui des indices de composés organochlorés non biodégradables (DDT) dans l’organisme des mammifères du Grand Nord canadien, ainsi que dans celui des manchots de l’Antarctique ! On sait que les neiges qui tombent dans les zones centrales de l’inlandsis antarctique sont contaminés par le DDT, alors que cet insecticide ne fut utilisé qu’à une distance de plus de 4.000 km de là ! En milieu terrestre, les lombrics accumulent le DDT à un taux 150 fois supérieur à sa concentration édaphique. Certaines huîtres ont, de cette façon, accumulé le DDT dans leur tissu à une concentration 70.000 fois supérieure à celle de l’eau de mer dans laquelle elles étaient cultivées. Des moules ont concentré de la même façon et 300.000 fois les BPC (biphényles polychlorés) (Source : Encyclopaedia Universalis, 1988). Avec une demi-vie de 15 années, la persistance du DDT est assez effrayante. Ainsi, si l’on en pulvérise 10 km dans un champ, 15 ans après, il en restera 5 km, après 30 ans 2,5 km et ainsi de suite. Et son utilisation intensive favorise la sélection de moustiques résistants. Les risques cancérigènes du produit, quant à eux, n’auraient pas été prouvés.

                                L’OMS qui avait prescrit en 1972 la prohibition irrévocable du DDT s’est néanmoins prononcée en 2006 en faveur d’une reprise de son usage et réhabilite 30 ans après le poison en désespoir de cause mais sur un mode nettement vigilant. Rachel Carson et les scientifiques qu’elle avait inspirés sont à l’origine de cet usage raisonné, faute d’une méthode de lutte alternative et plus respectueuse non encore découverte. Greenpeace reconnaît même le bien-fondé de cette réutilisation, parcimonieuse cette fois. L’Environmental defense Fund, qui avait lancé la campagne contre le DDT dans les années 1960, approuve dorénavant son usage limité au strict intérieur des habitations, et non plus en plein air ou à des fins agricoles comme c’était le cas avant l’interdiction de 1972. Idem de la part de l’Endangered wildlife Trust. Au même titre que l’utilisation généralisée de moustiquaires à imprégnation durable de DDT, la pulvérisation de l’insecticide à effet rémanent à l’intérieur des habitations compte désormais parmi les principales interventions que préconise l’OMS pour combattre et éliminer partout le paludisme.

                                « Les données scientifiques et programmatiques justifient sans conteste cette réévaluation  », a déclaré le Dr Anarfi Asamoa-Baah, sous-directeur général de l’OMS chargé du VIH/SIDA, de la tuberculose et du paludisme. «  La pulvérisation d’insecticide à effet rémanent dans les maisons est utile pour réduire rapidement le nombre de personnes contaminées par les moustiques porteurs de la maladie. Elle s’est révélé d’un aussi bon rapport coût/efficacité que les autres mesures de prévention du paludisme et le DDT ne présente pas de risque pour la santé s’il est correctement utilisé. (…) Pulvériser des insecticides dans les habitations, c’est comme tendre une énorme moustiquaire au-dessus d’une maison pour la protéger 24 heures sur 24 », a expliqué le Sénateur américain Tom Coburn, l’un des principaux avocats de la lutte antipaludique dans le monde. « Grâce à la position claire de l’OMS sur la question, nous pouvons enfin couper court aux mythes et prétendues données scientifiques qui n’ont fait qu’aider les vrais ennemis, les moustiques, qui mettent en danger la vie de plus de 300 millions d’enfants chaque année. »

                                L’initiative de Georges Bush pour le financement d’un programme international contre le paludisme (plan quinquennal de 1,2 milliards de dollars) n’est néanmoins pas étrangère à ce subit revirement et lui donne une connotation un peu trouble quand on sait le caractère pernicieux du personnage, ainsi que ses liens privilégiés avec les maîtres du monde. Il conviendrait d’enquêter dans les milieux autorisés pour évaluer les crédits et les chances données aux recherches alternatives dont les pistes sont assez nombreuses et parfois fort sérieuses, tout comme au développement du vaccin par des agences telles la Fondation Bill et Melinda Gates, et l’Université John Hopkins. La lutte antipaludique comporte enfin un volet préventif directement lié au milieu de vie des populations concernées, toutes plongées et maintenues dans la plus désolante paupérisation. Les moustiques s’épanouissent dans les flaques d’eau stagnante des zones sans raccordement au tout-à-l’égout, sans assainissement septique, qui ne font pas l’apanage des beaux quartiers du premier monde. Le paludisme s’inscrit dans le long cortège d’autres pathologies ciblées et d’infestations vermineuses liées aux conditions de vie précaire. Les traitements curatifs, à prendre après que le patient ait contracté la maladie et ne contenant qu’une seule molécule active de chloroquine ou de quinine, n’étaient qu’aléatoires. Une thérapie plus récente, combinant plusieurs molécules anti paludiques, s’est révélée plus efficiente dans le combat contre la maladie mais son coût est de 2,4 dollars pour un adulte, contre 0,20 dollar pour les médicaments à une seule molécule. Quand il s’agit de pays pauvres, il faut recourir à des moyens drastiques mais pas d’un prix prohibitif, lequel est le privilège de la chirurgie esthétique. Les États-Unis, premier pays producteur d’insecticide dans le monde, utiliseraient-ils le combat humanitaire pour servir leurs intérêts économiques ? Selon le Dr Cheikh Fokhana, chercheur paludologue à l’IRD (Institut de recherche et de développement), au Sénégal : « Le problème du paludisme concerne les enjeux financiers. On prend beaucoup de temps pour trouver des remèdes car les populations touchées par la maladie n’ont pas de moyens  ». Pour le Dr Cheikh Fokhana, la décision nord-américaine d’investir dans la lutte est « un enjeu d’argent et de pouvoir ». Monsanto et ses actionnaires peuvent, une fois de plus, se frotter les mains.

                                Belle intox, le paludisme aura aussi été le vecteur d’une pandémie de désinformation. Redonnons la parole à celle qui fut persécutée pour rappeler à l’ordre de la décence les magnats de la chimie aveugle : « Aucun individu responsable ne peut prétendre que les maladies véhiculées par des insectes doivent être ignorées. La question urgente qui se présente maintenant est de savoir s’il est bien sage et responsable de s’attaquer au problème avec des méthodes qui ne font très vite qu’empirer les choses. On a beaucoup entendu parler dans le monde de la lutte triomphale contre la maladie par le contrôle des insectes vecteurs de contamination, mais on a peu entendu parler de la face cachée de l’histoire - les défaites, les victoires de courte durée qui font que s’offre désormais à nous la perspective alarmante d’insectes ennemis rendus en fait plus résistants grâce à nos efforts. Pire, nous avons peut-être détruit nos propres armes.  » (Rachel Carson).



                              • Gandalf Claude Simon 9 octobre 2011 10:12

                                Et oui, le progrès lutte contre la mort en jouant aux apprentis-sorciers, laissant l’ignorance comme facteur de décès.


                                L’écologie politique elle, arrive avec un programme génocidaire dans le texte.

                                Il y a une option qui peut être accusé de crime contre l’humanité, l’autre pas. Laquelle choisissez-vous ?



                              • amipb amipb 10 octobre 2011 07:09

                                A quoi jouez-vous, Claude Simon ? Pouvez-vous nous citer un seul mort à cause de la « dictature verte » ?

                                Et pourquoi ne pas avoir lu réponse fort documentée de l’auteur. Votre réflexion ne se satisfait-elle que de slogans et de prêt-à-penser ?

                                L’écologie, c’est mettre d’abord l’autre, ce qui m’entoure, dans mes pensées et mes actes : comment cela peut-il être génocidaire ? La dénatalité ne consiste pas à tuer les gens, mais à réguler les naissances, il y a une nuance de taille.

                                Quant à l’agriculture biologique, elle offre de biens meilleurs rendements en cas d’intempéries ou de catastrophe naturelle avec, de plus, l’énorme avantage de ne pas faire mourrir les sols.

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