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Rallye utopique (rien à voir)

Une route sinueuse, un bon pilote et des passagers enthousiastes... n’est-ce pas la recette d’un bon voyage ?
Si vous pensez découvrir que le GPS de la Peugeot 206 vous a abusé, qu’en est il de la politque des pilotes de la France sur la route de la modernité ?

Dans notre monde de méandres économiques et politiques, de nos virages sociétaux la route n’est pas très bonne. L’objectif étant d’arriver à bonne destination, examinons un peu les conditions de notre voyage :
Choisissons notre itinéraire et notre étape. C’est quand même intéressant de savoir où l’on va et par quel chemin on passe. Et pour satisfaire au trajet choisi, utilisons le bon véhicule. Ne prenons pas un 4x4 pour le périf ou une BM surbaissée pour le chemin de la ferme. Engageons nous dans ce voyage avec un chauffeur compétant qui maitrise la conduite que nous avons choisie. Alain Prost n’est pas requis pour conduire le bus que nous utilisons, mais un chauffeur qui sait « enrouler » le virage pour que les enfants n’aient pas mal au cœur, c‘est mieux.
Replaçons maintenant la coquecigrue (coxigrue pour les intimes) dans son contexte. (… j’ai placé le mot)
Notre pays, comme pour notre voyage est mal embarqué. Nous sommes sur une mauvaise route pavée de mauvais virages en devers, glissants sans visibilité, nous conduisons trop vite et nous voila obligés de contrebraquer et lever le pied, nous allons dans le décor. Persister, le volant est en butée, et freiner nous enverra l’arrière à la place de l’avant plus rapidement qu’il ne faut pour le penser. Nous sommes au point où, même sans autobloquant, il faut remettre les roues droites, dans la direction de la route et accélérer.
Or, le pilote ne décide pas, se cambre sur le volant, les pieds attirés par les pédales prêts à freiner et à débrayer… rien ne se passe ! Les passagers serrent les fesses, s’agrippent, qui au frein à main, qui au levier de vitesse en entonnant des louanges au conducteur et ceux qui n’ont rien pour se tenir, nez collé à la vitre et qui voient arriver le vide se recroquevillent, s’arrêtent de respirer et attendent le choc avec résignation.
Que faire pour que ce scenario ne se produise pas ?
Prendre la bonne route me direz vous d’abord, parce que je vous connais et que vous avez de l’ordre dans les idées. Oui, la bonne route est toujours la plus difficile, c’est notre héritage chrétien qui nous le dis, choisir le chemin caillouteux qui montre plutôt que l’autoroute de la facilité. Nous l’avons fait, nous l’avons choisi ce chemin difficile car c’est celui de l’intelligence. C’est celui qui ne consacre pas la loi du plus fort, c’est celui qui met en avant la solidarité, c’est celui qui fait passer le faible avant le fort (regardez, on dit bien les femmes et les enfants d’abord) c’est celui qui bâti et qui investi plutôt que celui qui consomme sans rien laisser… le modèle français ? Hélas, le pilote lorgne, juste à coté, sur l’autoroute dont il aperçoit le bout de goudron bien lisse…
Utiliser le bon vehicule, pensez vous ensuite, je vous devine toujours dans vos réflexions. Nous étions dans de vilaines charrettes et depuis 1789, mais sans remonter si loin nous avons repris depuis 1958 une constitution, oups… pardon, un bon bus, avec des sièges biens repartis, aucun n’est au dessus des essieux et la lumière comme l’air frais entre par toutes les fenêtres. Avec le temps, ceux qui étaient devant n’acceptent plus qu’on puisse voir la route depuis l’arrière, ils ont mis des rideaux, repoussé les sièges, occultés les fenêtres, il y a même des voyageurs dans la soute… et si le bus peine dans les montées, le pilote fait pousser ceux qui sont le plus à l’arrière. Vous voyez, que l’autoroute est bonne, ceux qui poussent devraient payer le péage pour ne plus se fatiguer.
Nous avons attaqué la descente, tout parait facile, Ceux qui regardent la route, derrière le grand pare-brise à l’avant sont heureux, ils chantent, pressent le pilote d’accélérer pour un peu plus de sensations. Les passagers du fond ont mal au cœur, le bus tangue, saute, se couche. Le mauvais virage arrive, emporté par l’euphorie, la trajectoire est mauvaise, la vitesse excessive, le piège se referme, le bus tire droit, le pilote, pas vraiment habitué, freine sans réfléchir, l’arrière se dérobe, le tête-à-queue guette. Derrière quelques cris de peur rompent le silence de l’impuissance, ceux qui sont dans le coffre ignore l’aventure, ressentent l’ambiance lourde autant que mouvementée. L’attente est longue malgré la fugitivité de l’incident. Le chauffeur est a la limite de ses possibilités et tous le conseillent… braque, freine, accélère, rétrograde, où est le frein à main, le tête-à-queue plutôt que la sortie de route, l’arrière plutôt que l’avant, tout et n’importe quoi, aucune solution n’est cohérente l’issue est inévitable.
 
La suite, on l’a deviné, le bus est sorti. La crise est la. Hélas, l’histoire ne fini pas comme on l’imagine. Il n’y a ni hélicoptère pour emmener les blessés à l’hôpital qui n’existe (plus) pas, ni assurance pour payer le bus et encore moins de cellule psychologique pour rassurer les passagers choqués qui sont maintenant assis sur le muret au bord de la route. Certains véhicules passent, plus lentement, plus prudemment certains surchargés, d’autres à moitié vide. Et l’envie de meurtre qui vient quand ceux qui étaient devant se plaignent du poids de ceux qui étaient dans le coffre, qui regrettent l’itinéraire ou qui accusent le pilote d’incompétence et enfin critiquent la marque des pneumatiques ou la puissance du moteur
 
J’ai une vision plus claire de notre pays lorsque je pense par analogie. Ce scenario catastrophe ne me semble pas inéluctable. Nous ne referons jamais l’histoire, mais l’avenir étant devant… préparons nous a un bon voyage … ne serait-il pas venu, le temps de faire une pause alors que le monde est chaotique avant de reprendre la route ?
Il faut revenir aux fondamentaux :
Revenons au fonctionnement simple de l’état. Démontons le système qui a permis au président actuel de capitaliser les pouvoirs. Rendons aux parlementaires tous les droits qui leur ont été enlevés. Fini les CSA et autres « hautes autorités ». Mettons en place des commissions parlementaires permanentes chargées de régler ce genre de problème. Ce n’est ni au président, ni au gouvernement de s’assurer des objectifs de France télévision, mais au parlementaires qui représentent les français, le gouvernement étant en place pour s’assurer du respect des décisions des commissions et des propositions d’améliorations s’il y a lieu.
Point par point ensuite, il faut refonder l’état sur la base d’un modèle français, et non pas une mauvaise copie d’un système qui ne nous est pas adapté. Fini les bonnes idées anglo-saxonne, nous sommes latins, il faut s’y résigner si cela est une résignation.
Nous nous sommes battus pour ce modèle qui incorpore plusieurs critères fondamentaux de notre société comme :
--- La sécurité sociale… inscrivons dans le marbre que c’est un élément clé de la solidarité française et basons son financement, pour la santé et pour la vieillesse sur un budget d’état. Quelle meilleure solidarité pouvons-nous rêver si c’est la nation dans son ensemble qui concourt à la mettre en œuvre.
--- La politique de redistribution sociale… aussi bien tournée vers le chômage que vers le soutien aux familles (allocation logement, allocation familiale, minima sociaux)
--- La structuration économique des besoins du citoyens… en mettant en place ou en restaurant le service public concurrentiel comme l’énergie (avec des pôles eau, électricité, gaz, essence), les communications (la poste, le téléphone/internet, media publics), la banque et l’assurance, le transport (aéroports, gares et voies, ports, routes)
--- Le développement humain prenant en charge l’enseignement, la recherche, l’art et l’histoire
Vous allez tout de suite dire qu’il s’agit là d’un système communisant, mais c’est une erreur. Rien n’empêche une entreprise d’être mieux disante et d’offrir aux citoyens des services que l’état n’est pas chargé de développer. Les assurances santé, les retraites complémentaires, les assurances en général, y compris pour le chômage, les aléas de la vie ou même les options prévisibles – naissances- sont sources de profit pour ceux qui en veulent plus… mais également des distributeurs privés opérant sur les réseaux publics, les banques, les écoles privées… bref le champ et large et la concurrence peut être rude mais dans tous les cas sera stimulante et positive sans verser dans le monopole. Peu importe la forme que peuvent prendre ces services de l’état l’essentiel c’est que ce service soit rendu au coût national.
Dans un tel contexte, les acteurs économiques non prédateurs pourront alors prendre toute leur place car ils contribueront au développement du pays et défendrons l’intérêt de la communauté et récupéreront leur fonction sociale qu’ils n’auraient jamais dû abandonner si le système financier et politique actuel ne les y avait pas encouragé.
A partir de là, ce ne sont plus les milles et une bêtises qui vont de la présence ou non de département, les plaques localisées et en général des réformes soient disant impossibles en France qui vont venir perturber un fonctionnement plus serein du pays. Les jacques Attali et autres mauvais augures devront rentrer leur duplicité dans leur poche et sous leur mouchoir et analyser les solutions efficaces pour augmenter le retour sur investissement du pays dans son ensemble plutôt que celui de quelques rentiers en mal de siège de sénateur.
La France a besoin de réforme, cela ne fait aucun doute. Mais ces réformes, dont la majorité sont des reformes de bon sens, ni complexes ni couteuses nous sont interdites aujourd’hui par une incroyable perte de souveraineté que les traités européens nous ont imposé.
La classe politique, je préfère penser que c’est involontaire, s’est laissée enfermer dans ce cul de sac dont il faut sortir aujourd’hui. Nous avons besoin de plus d’Europe, dans quasiment tous les domaines ou il est bon d’harmoniser nos règles. Mais cela ne veut pas dire qu’il faille renoncer à gérer nous même notre propre pays. L’Europe des peuples, des nations c’est l’objectif que s’était fixé les fondateurs et qui fut accepté avec enthousiasme par les six puis douze pays fondateurs. Il est nécessaire d’y revenir dans l’esprit et arrêter ces calamiteuses farces, style Traité de Lisbonne. Le passage en force est un déni d’intelligence de la part de gens qui sont là en principe pour leurs compétences.
La France, et je pense que d’autres pays sont dans le même cas, a besoin de retrouver sa souveraineté vis-à-vis de l’Europe naturellement mais également de son pouvoir de gouvernance vis-à-vis des sphères économiques. En aparté, je considère que le parlement européen est dans le même cas, il n’a que très peu de pouvoir face aux lobbies économiques ou d’état. Fini, donc, les sociétés multinationales qui dictent leurs lois aux députés au point d’être capable de déclencher des guerres.
Cette souveraineté retrouvée, il faut que se développent des partis politiques ou des options politiques crédibles et agissantes au sein de la communauté politique du pays. Cela ne peut se faire, comme dans le milieu économique, que s’il n’y a pas de rente de situation et que l’électeur est vraiment le décideur. Pour atteindre cet objectif il faut redonner à la représentation nationale toute sa représentativité. Fini également le vote majoritaire, peu importe le calcul, il faut que tous les citoyens soient représentés. Les petits malins qui ont inventé et qui continuent à apeurer le badeau sur une hypothétique ingouvernabilité sont des dictateurs dans l’âme. Ils ont oublié qu’ils ne sont pas seuls et qu’il faut gérer le consensus. Ils doivent convaincre s’ils veulent que leurs solutions soient adoptées.
Les partis, parti socialiste en tête, mais également les partis dit « républicains » devraient se rendre compte de l’immensité du chantier qu’il y a entreprendre et à mener à bien.. Les uns ont reniés leurs valeurs et mangent au râtelier des plus forts et les autres écrasent aujourd’hui, de leur puissance et de leur arrogance une majorité de français qui ne pensent pas comme eux.
Elle est là la réforme, la vraie réforme, celle que tout le monde attend, celles que ne réussira pas Nicolas Sarkozy, ni ses challengers : le retour à un état républicain honnête.
Utopie, vous avez dit ? Hélas… j’ai bien peur que vous ayez raison.

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6 réactions à cet article    


  • Bobby Bobby 25 février 2009 17:32

    Bonjour,

    Hélas, mille fois... le conducteur ne parle pas français, (je crois qu’il le baraguine un peu mais pense (copie) américain !) et il y peu de chance qu’il vous comprenne !

    Excellent article qui nous enmène de par des routes... parfois fort sinueuses ou "la raison" serait séparée du coffre de plus en plus grand, aux fins de garder les conducteurs de toute aide... (qui pourrait pourtant être pertinente).

    Non, le calque est à l’américanisation... c’est la mode un peu partout d’ailleurs ! Ce n’est pas Danièle Ganser qui nous contredira !

    Je n’ose penser, ni aux chemins que nous allons emprunter, ni à l’étape finale... images trop insoutenables pour l’esprit ! Il existe encore quelque chaleur au sein de l’autobus..... jusquau moment de la chute, le chauffage fonctionnera peut être ?

    Fort heureusement, celle-ci n’est ni due à une explosion des quatres pneus, ni imminente, (en terme de jours) 

    ... J’eus tout de même préféré ne pas le prendre, ce bus !



    • HELIOS HELIOS 25 février 2009 23:22

      Merci, Bobby, d’avoir passé un peu de temps et fait l’effort de lire puis commenter.

      Quelques jours d’ecart change le contexte du message. je reconnais que la longueur et l’intérêt de ce texte est faible. Tout le monde n’est pas virtuose, je vous assure que je ferai un effort pour la prochaine fois : plus court, plus concis, contextuel et interressant.

      Bienvenue dans le bus que vous n’auriez pas voulu prendre.

      Bonne soirée à tous.


    • ProPeace 26 février 2009 05:23

      Fait chier, moi j’me suis trompé d’bus, à la gare routière... Je voulais pas prendre celui-là...

       smiley

      ...

      Hein... ? Quoi  ?!?
      Comment ça ils avaient tous la même destination ???

       smiley

      ...

      ’tain ! Mais à ce tarif là, c’est le train, qu’on aurait tous dû prendre !!!
      Ca dérape pas, un train, au moins... Ca suit une voie toute tracée à l’avance.
      ...
      En plus, on y est tous ensemble.
      ...
      (Et il y a un wagon "bar".)

      ...

      Elle est où la gare de l’avenir ?!?
       :->


      • ProPeace 26 février 2009 05:42

        On me souffle dans l’oreillette que la gare de l’Avenir reste encore à construire.

         smiley

        Il resterait énormément de boulot avant de pouvoir commencer, parce que cette gare de l’Avenir serait prévue en lieu et place de la gare routière, qu’il resterait donc à démanteler avant d’évacuer les gravats et déchets... Enfin, la gare de l’Avenir pourra être fondée.

        On n’est pas près de prendre le train...  smiley

        Moi m’en fout, j’avais déjà mon billet.


        • HELIOS HELIOS 26 février 2009 10:54

          Merci Propeace... La voiture ne fait plus rêver, le bus est déjà en voie de disparition et le train n’est pas encore là...

          J’ai dans la tête une image de Jean Effel qui montre un bus (plutôt ancien, ceux qui ont l’arriere rond) débordant de passagers tous plus caricaturaux les uns que les autres. Apparement tous vont, ou pensent aller dans la même direction.

          Hélas, la place du chauffeur est vide....

          Bonne journée

           


          • Romain Desbois 26 février 2009 15:49

            @Hélios
            Y a t il un pilote au volant ?

            Le Président se présente comme un réformiste mais non seulement il y a réforme et réforme mais les réformes ne sont pas d’une vision d’une nouvelle route. Pas de traçage d’un nouveau chemin.
            Tu as raison il préfère rendre le chemin emprunté plus difficile encore. Sa mère catholique très pratiquante (je dirais même mouvance intégriste) lui a inculqué que c’est la difficulté qui fait la qualité.Pourtant il a baigné dans un cocon qui l’a protégé.

            Les fondamentaux :


            - rendre aux parlementaires leurs pouvoirs.

            D’accord à la condition préalable de leur rendre leur représentativité. Il faut revoir le système des législatives, imposer le proportionnelle intégrale et faire en sorte qu’un député ne représente pas 27 000 électeurs (circonscription de la Nièvre) quand un autre représente 130 000 (circonscription du Var, alors que tous les deux ne disposent que d’une voix à l’assemblée.

            Egalement supprimer la notion de grand électeur qui est anti démocratique.


            - Modèle français

            D’accord , entièrement d’accord. Ce qui n’empêche pas évidemment de regarder ce qui est bien ailleurs


            - redristibutions sociale :

            D’accord, c’est même le rôle fondamental d’un Etat, d’une société.


            - restaurer le service public concurrentiel :

            Entièrement d’accord. Il faut avoir la liberté de choix (Par exemple EDF, ne pas nous imposer un producteur nucléaire)


            - L’europe :

            Barre qui n’est pas mon modèle disait qu’il fallait que les pays puissent s’associer comme bon leur semble, en cercle concentrique.


            Dans les faits c’est ce qu’on fait. Regarde l’Euro, les états ont pu décider d’en être ou pas. Quoique pas tous.


            En tout cas pour les prochaines élections il n’est pas question que je vote pour un parti qui aura soutenu le traité constitutionnel.

            Je sais le choix va être limité !


            Pour aller loin il faut ménager sa monture ! Je nous souhaite donc bonne route !

            Très bon article, merci !

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