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Accueil du site > Actualités > Société > Récit sur l’envers du décors

Récit sur l’envers du décors

« Je n’ai que trop vu de pétitionnaires épuisés devant les difficultés et le coût de leurs démarches » dit la lettre du Député européen. Ce qui décrit très bien le parcours d’embûches, qui vise à faire perdre en Allemagne son autorité parentale et sa situation au parent étranger après la séparation du conjoint allemand.

Une toute autre vision de l’Allemagne nous est distillée dans la presse. Présentée jusqu’à présent comme le modèle de société qu’il faut imiter pour connaître la prospérité à nouveau, cette rengaine ignore un grand nombre de réalités et difficultés auxquelles l’Allemagne n’échappe pas. Finalement ce n’est probablement que l’argumentation « prête à penser » de spin docteurs pour amener les autres pays à adhérer à ce « projet européen », qui peine à trouver sa voie, ou une attitude similaire à cet optimisme, que veulent afficher les entreprises pour convaincre le marché de leur valeur ? Certains pays du sud déchantent déjà, les autres veulent-ils de ce donneur de leçon, qui connaît les inégalités les plus grandes au sein de sa population selon l’OCDE. Une population découragée qui réagit elle aussi face à la crise par le repli et le rejet des autres, ceux qu’on ne connaît pas.

Justement, c’est plutôt cette réalité que doivent affronter les parents étrangers de couples binationaux avec enfants, qui se séparent. Il faut faire face à un rejet plus ou moins larvé, des obstacles et des chicaneries sans fin, qui ont pour objectif d’écarter le parent étranger et de germaniser l’enfant en privilégiant le parent allemand conciliant. Une décision de justice inopposable vient à peine de m’interdire de mettre l’enfant à l’école maternelle franco-allemande, avec injonction de payer les frais de justice en l’absence d’audience, que je reçois déjà la convocation pour le divorce, qui va décider des questions financières, et en même temps, il me faut quitter l’appartement actuellement occupé pour un plus petit et trouver un emploi au pays des minijobs à 400€ et des tarifs horaires, qui ne connaissent pas beaucoup plus de limites vers le bas pour les malchanceux, que vers le haut. 

Avec bien sûr le risque très grand de sortir perdante de cette avalanche de problèmes à régler et de conditions à remplir, qui ne satisferont jamais, quoique je trouve. Si mon avocate m’ignore et ne daigne pas m’envoyer ses requêtes ou le résultat de ses négociations, le personnel de la garderie est plus loquace et fait régulièrement des remarques, tout en faisant pression pour que je laisse l’enfant à la cantine, alors que je suis actuellement encore à la maison. Apparemment on redoute, que je le nourrisse mal, alors que je cuisine un repas. Et selon elles, il profite plus de leur présence au milieu des 30 autres enfants (et c’est de toute façon du temps libre, car elles ne sont pas assez nombreuses pour organiser des activités pour les petits), que de la mienne. Il y a visiblement là aussi un travail de propagande qui fait circuler des rumeurs sur mes compétences de mère. Tous pourtant reconnaissent paradoxalement, que l’enfant va bien, est gai et curieux mais ce n’est jamais grâce à moi, qui passe malgré tout le plus de temps avec lui actuellement.

En temps normal, notre enfant, qui a presque 3 ans irait de toute façon à la garderie, pour une foule de raison, mais de préférence là où les parents sont écoutés, où on peut laisser l’enfant en toute confiance sans redouter les effets d’un conflit toxique avec les éducatrices. Un enfant a obligatoirement une attitude un peu grégaire et ne veut pas se sentir exclu, il intègre les valeurs et les jugements, même non dits du lieu, où il se trouve, même s’il est tout petit, par imprégnation, par imitation. Il est aussi déchiré lors d’un conflit avec la garderie et de préjugés envers un de ses parents, auxquels il s’identifie, que lors de disputes à la maison. A plus forte raison s’il est tout petit et que la personnalité n’est pas encore constituée et qu’il ne sait pas très bien qu’il est lui. 

Un précédent commentateur très critique, accusateur même, a suggéré indirectement à partir de son exemple, la comparaison avec l’entreprise de mystification du colonialisme, qui impose aux individus d’une autre race une idéologie dominante pour les transformer. C’est l’analyse de Franz Fanon dans « Peau noire masque blanc ». L’enfant intègre par petite doses dès la garderie et l’école maternelle les valeurs positives véhiculées par l’idéologie dominante, il apprend à considérer comme mineur, moins important, ce qui est transmis dans la famille ou plutôt par le parent discriminé, puisque contredit à l’extérieur par le plus grand nombre et ses autres modèles, éducateurs et enfants. Ceux-ci ne sont probablement même pas toujours conscients de leurs préjugés intériorisés et renforcés par la propagande, qui leur sert des explications faciles et toutes faites. Il y a d’ailleurs un grand nombre d’enfants volés, parmi les familles, qui préfèrent garder leurs enfants à la maison quand ils sont petits ou qui ont des idées précises en matière d’éducation car ces enfants échappent à la collectivité allemande, qui voudrait déjà les façonner.

Cet aspect de l’Allemagne, que les parents étrangers, qui se séparent découvrent trouve peut-être son origine dans différents dysfonctionnements, qui peuvent paraître sans rapport direct avec les familles et qui ne sont pas analysés dans les journaux télévisés mais quand même discutés par des experts indépendants ou évoqués par les décideurs politiques. Il y a d’une part la question de l’absence de Traité de Paix, car juridiquement le Traité 2+4 signé le 12 septembre 1990 à Moscou après la réunification pour régler les questions de souveraineté n’est pas un traité de paix (voir l’article sur ce blog http://www.lafauteadiderot.net/L-Al..., qui cite justement les arguments allemands et mentionne cette question : « du côté allemand, on a refusé jusqu’ici de payer des réparations au motif que lors de la conférence de Londres en 1953, cette question avait été renvoyée à la conclusion d’un traité de paix encore à venir entre l’Allemagne et les alliés ».) L’Allemagne est par conséquent toujours sous le droit de l’occupation régi par un article de la constitution de 1952, qui autorise donc le maintien de bases américaines sur son sol. D’autre part pour palier à ces manquements juridiques une BRD de droit privée a été créée selon ces analystes. Pourtant la Russie en particulier mais aussi les alliés seraient tout disposés à discuter de ces questions.

Le problème est malgré tout controversé mais on le trouve régulièrement évoqué. L'absence de Traité de paix est mentionnée dans le livre de Brigitte Sauzay « le vertige allemand » (1985), qui évoque aussi les difficultés de la population à affronter son passé. 

Autre problème, qui laisse régulièrement les justiciables perplexes, les décisions de justice ne sont pas toujours signées par les Juges. Mais si face à des justiciables, qui d’après eux pinaillent et contestent les décisions non signées, les Tribunaux font de l’humour et s’amusent de ce que ces particuliers font appels à la Justice pour ensuite contester la validité de toute décision, parce qu’il n’y aurait pas de République mais une entreprise Allemagne sans constitution et les qualifient d’extrémistes de droite (voir la décision du Tribunal de Duisburg), ils éludent la question de l’absence de signature pourtant nécessaire et encadrée par des textes de droit. Et on a vu ci-dessus que l’Allemagne invoque l’absence de Traité de paix pour justifier le non-paiement des réparations.

Dans le même contexte, du rapport au passé, qui s’apparente plus à une volonté d’oubli qu’à une confrontation, qui aurait permis de tirer les leçons de cette histoire traumatisante de l’Allemagne, les journaux révèlent actuellement que dans beaucoup d’administrations, de ministères, des anciens nazis ont été embauchés en connaissance de cause et ont accédés à des postes élevés, même s’ils étaient recherchés. Des dossiers personnels ont été falsifiés, maquillés pour dissimuler cette réalité. En tête de ces administrations vient la Police Fédérale, ce qui expliquerait d’après certains journaux allemands le peu de zèle pour retrouver les auteurs de la dizaine de crime commis par la cellule terroriste néo-nazi de Zwickau, qui avait d’ailleurs bénéficié de complicités dans tout le pays, ou plutôt les enquêteurs ont préféré s’intéresser à des islamistes ou d’autres suspects qu’à ces groupes. Pourtant la décision d’interdire le parti néo-nazi semble difficile à prendre, et la télé américaine montre une petite ville d’Allemagne de l’Est, qui ne compte pratiquement plus que des habitants néo-nazi, semant la terreur pour chasser les derniers habitants, qui ne seraient pas des leurs.

Il n’est pas question de généraliser à toute la population, il n’est pas question de germanophobie, il y a en Allemagne beaucoup de gens, qui s’opposent à tout retour de l’histoire, le grand nombre d’articles et d’émissions télé sur le sujet en allemand le montre bien. L’expérience de Stanley Milgram a également démontré, que la soumission à l’autorité est un comportement, qui se retrouve dans tous les pays. Malgré tout une partie de la population allemande a une histoire familiale liée à l’histoire du pays, un traumatisme en quelque sorte qui complique peut-être pour certains la capacité de surmonter ou de se confronter à ce passé, entraînant des clivages, facilitant les omissions face à des évènements, qui demanderaient une réaction, des zones aveugles quand il faut analyser une situation…

Mais ce texte est avant tout un témoignage, qui s’appuie sur les articles et recherches des associations de parents confrontés à l’enlèvement abusif de leur enfant et à des obstacles insurmontables pour pouvoir le revoir, en raison de l’intervention d’organisations en charge de la protection de l’enfance, qui abusent visiblement de leur position pour arriver à leur fin. Des éducateurs et personnels d’associations affiliées spécialisées dans l’enfance ne remettent pratiquement jamais en question la propagande, qui vise à criminaliser le parent étranger, alors même que souvent le procès n’est pas équitable, qu’on ne lui laisse aucune chance de se défendre. Pourtant régulièrement quelques affaires sont révélées, souvent malheureusement quand le mal est fait, malgré tout les parents étrangers n’ont pas pour l’instant assez de soutiens sur place pour inverser le rapport de force et faire reconnaître leurs droits et la Justice allemande ignore les décisions de justice étrangères. Une prise de conscience est nécessaire, ce gâchis pour des familles entières, car tous en payent les conséquences, n’est possible que si des gens, pourtant souvent des professionnels, trouvent normal qu’on désigne des parents comme des ennemis à écarter à tout prix.

 

Associations de parents, qui ont perdu leur enfant en Allemagne et qui se battent pour le revoir et changer l’attitude abusive envers les parents :

CEED Conseil Européen des Enfants du Divorce : http://www.youtube.com/user/CEEDeurope

Et http://www.jugendamt-wesel.com/index.htm

Association Erwin et Astrid : http://erwinetastrid.wordpress.com/about/

2 Témoignages de parents

http://www.youtube.com/watch?v=o8e1cI6rxTk

Témoignage d’une mère brésilienne

http://www.youtube.com/watch?v=D_1CdA9X3vw&feature=relmfu

Dr Marinella Colombo explique en détails les procédures de Droit familial allemand et les différents intevenants du JUGENDAMT, dont le seul objectif est de conserver les enfants de tout parent de nationalité non-allemande en Allemagne. Elle demande aux Gouvernement Européens, au Parlement Européen, comme tous les parents étrangers en Allemagne pourraient le faire, de bien vouloir ouvrir leurs yeux sur les pratiques jurdiciaires allemandes ...

 

Articles et reportages en allemand sur la présence d’anciens nazis dans des ministères de la police ou des renseignements, sur les groupements néonazis et les dysfonctionnements dans les enquêtes et arrestations :

http://freie-information.com/index.php?view=article&id=18:grundgesetz&format=pdf

Amtsgericht Duisburg, 46 K 361/04 Datum : 26.01.2006 (décision de justice, qui élude la question de l'absence de signature 

Reportage de l’émission Panorama sur des policiers trop efficaces dans leurs enquêtes sur les néonazis, qui ont été mutés à la circulation

http://www.youtube.com/watch?v=_Gfi1smSfu4&feature=share

http://www.zeit.de/1989/08/stachel-im-gewissen

Stachel im Gewissen Ein Dorf sträubt sich gegen die Erinnerung / Von Kay Ingwersen Sarau

http://www.stuttgarter-zeitung.de/inhalt.verfassungsschuetzer-aus-dem-suedwesten-der-spezialist-fuer-linke-war-einst-ss-mann.3386adb1-ca25-4a09-a431-be5e06f640dc.html

http://www.spiegel.de/international/germany/0,1518,800809,00.html

11/30/2011 Obscuring the Past Intelligence Agency Destroyed Files on Former SS Members By Klaus Wiegrefe

http://www.spiegel.de/panorama/justiz/a-802215.html

07.12.2011 Neue Studie zum BKA Versorgungsanstalt für Ex-Nazis Von Jan Friedmann


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1 réactions à cet article    


  • HorsHexagone HorsHexagone 25 décembre 2011 14:33

    Le nombre des enfants spoliés, uniquement français, (il y en a bien d´autres surtout de parents de l´UE, mais aussi USA, Brésil etc..) s´élevait en 2002, à 800 selon un article de France Soir (15 juin 2002) par Marie Nossereau, intitulé : Nouvelle tension dans le lourd dosiier des couples séparés- Un père (Maurice Elfeke) embastillé par la justice allemande
    Nous sommes pratiquement en 2012. J´ignore à cet instant si et où les nouveaux chiffres sont recensés, mais ils ne sont pas aller diminuant. Loin de là.
    Sans cesse de nouvelles tragédies, nouveaux déchirements. On laisse les parents concernés et leurs enfants, pour de sombres raisons d´intérêts économiques sans soutien de la France. Comme sous la Gestapo, nos gendarmes viennent arrêter les parents français s´étant réfugiés avec leur-s enfants-s en France, à savoir que lesdit parents en général ont le droit de garde indivisé, qui n´est finalement pas reconnu lorsque l´Allemagne veut à tous prix éviter de perdre des enfants devenus une denrée ici manquante.

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