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Accueil du site > Actualités > Société > Règler définitivement le problème des retraites : c’est (...)

Règler définitivement le problème des retraites : c’est possible

La situation actuelle : Elle est connue. De moins en moins d’ actifs, pyramide des âges dans les pays riches modifiée par une espérance de vie plus longue, taux de natalité en baisse, allongement de la durée des études, etc.

Un problème mal posé : Tout le monde dit que face à cette situation, en gros il n’ y aurait que deux grandes réponses de principes :

  • Ou bien, renoncer à la répartition et introduire de la capitalisation partielle ou totale, on ajoute le fameux "comme dans certains pays". Mais on crie haut et fort que "les français étant à juste titre attachés à la répartition, on n’y touchera pas !"...On incitera les citoyens, contribuables, travailleurs à souscrire volontairement à des fonds de pensions, favorisant ainsi, une fois de plus les français les plus aisés, qui, par définition n’ont PAS de problème de revenu en général et de retraite en particulier.
  •  Ou bien conserver le système de la répartition et là on nous dit qu’il n’y a pas de recette miracle, il n’ y aurait que trois solutions :
 a) Augmenter le montant des cotisations : mais "qui le voudrait ?", et puis "nous sommes déjà le pays où les charges sociales sont les plus lourdes !...", et encore "notre compétitivité en souffrirait !"....
 
 b) Réduire le montant des retraites : insupportable, la majorité des citoyens considère déjà que leur retraite leur permet tout juste de survivre (un peu plus de 1400 €/mois en moyenne avec d’énormes disparités).
 
 c) Dernière solution, celle qui semble incontournable, à droite comme à gauche ou au centre : allonger la durée du travail (on se rallie au "travailler plus pour gagner plus" fondement du Sarkosisme, principe intangible et immuable qui s’applique à tous, sauf ...aux riches !), donc reculer l’âge de départ à la retraite !...Et nous sommes au coeur du débat ! Qui sont les imbéciles inconscients qui ont, sans discernement abaissé l’age légal de la retraite à 60 ans ! Aussi idiot et insensé que la semaine des 35 heures. Alors tout est dit, de 37 ans, les cotisations sont passées à 40, demain à 42, puis 45, puis 50...puisque la durée de vie augmente (pour les plus riches !). Voilà, la solution : allonger la durée du travail pour induire un allongement de la durée de cotisation ... On sent bien qu’il y a des contradictions, un peu d’injustice, mais...que faire ?
 

Les contradictions et les injustices : Est il logique, cohérent, applicable d’ augmenter la durée légale du travail dans des pays où le chômage atteint ou dépasse les 10 % de personnes en âge de travailler, touchant particulièrement les jeunes ; où les entreprises "remercient" les plus âgés qui leurs coûtent plus cher et les incitent à partir avant 60 ans ?

Est-il juste que des personnes exerçant des métiers pénibles soient amenées à travailler jusqu’à leur mort alors même que presque tous les métiers (à part le "métier" d’actionnaire, de rentier et d’héritier) ont vu leur pénibilité globale augmenter avec les exigences croissantes de productivité, de profit, d’objectifs "toujours plus",entraînant surmenage, stress, dépression pouvant aller jusqu’au suicide...Alors, "on étudiera des exceptions !..."

La clé du problème : dissocier durée du travail et durée de cotisation et remettre les données du problèmes dans un ordre plus logique et plus juste,mais d’abord combattre certains préjugés. Exemples :

  • pour cotiser il faut "travailler" : FAUX, les chômeurs cotisent et pourtant ils sont sans emploi.
  • seuls les actifs produisent de la valeur permettant de financer les retraites : FAUX, chacun voit bien autour de lui que cette notion comptable de création de richesse est toute relative : certains ont un emploi rémunéré et ne produisent aucune richesse visible, d’autres à l’opposé sont bénévoles, non rémunérés et produisent pourtant de la valeur économique incontestable. Pour ce qui est des retraites l’important c’est la capacité des individus à consommer (donc soutenir la production, donc favoriser la création de richesse) en utilisant l’épargne accumulé dans la période active de la vie.
  • les retraites sont proportionnelles à la durée du travail et au montant des revenus : FAUX, disparité entre le public et le privé, entre les différents régimes de retraite, parfois même au sein d’un même régime spécial (ex ; SNCF entre "roulants et non roulants").
  • le système de retraites par répartition est un régime solidaire entre générations, entre salariés, entre patronat et salariés : FAUX, mais c’est vrai que ce devrait être le cas et qu’il ne devrait y avoir AUCUN régime spécial. D’autre part puisque, par définition on ne cotise pas pour soi mais pour les retraités présents et à venir, tout le monde devrait cotiser sans exception et indépendamment de sa situation présente : il y a une "caisse de retraite unique" à remplir pour en distribuer le montant à tous (certains, à juste titre voudraient l’étendre aux mères de famille) dans la plus grande équité. Cette caisse unique, tout citoyen disposant d’un revenu (d’où qu’il provienne) devrait contribuer à la remplir, ce qui n’est évidemment pas le cas aujourd’hui.

Dissocier durée du travail et durée de cotisation cela veut dire pratiquement faire cotiser tous ceux qui ont un revenu (et pas seulement un salaire) qu’ils soient ou non actifs en proportion de leurs revenus notamment :

  1. Tous ceux qui ont un emploi et perçoivent des revenus de cet emploi quel qu’en soit la forme (salaire, honoraire, bonification, revenu du commerce, de l’artisanat, de l’industrie, rentes, loyers versés, dividendes, indemnités, etc.)
  2. Les actionnaires, rentiers, membres de conseils d’administration (bref ceux qui "travaillent moins pour gagner plus" et qui n’auraient d’ailleurs aucun problème à voir cette situation se prolonger jusqu’à la fin de leurs jours).
  3. Les retraités eux-mêmes, jusqu’à la fin de leur vie, mais l’élargissement de l’assiette, l’augmentation de la durée de vie donc des cotisations globales ne devrait pas affecter le niveau de leur retraite nette (le seul qui compte pour eux), voire même permettre de l’améliorer par une répartition plus équitable d’un gâteau redéfini.

Les conséquences concrètes d’une telle réforme :

la solution est définitive puisqu’elle fait de la pyramide des âges une alliée et non plus un obstacle : plus la durée de vie augmente, plus la durée de cotisation, donc leur montant global augmente.

la solution est équitable et retrouve toute les vertus d’une répartition juste et solidaire.

la solution est souple et libertaire, elle permet à chacun de prendre sa retraite quand bon lui semble sans nécessité d’établir une durée légale rigide du travail : le montant de la retraite resterait bien sûr proportionnel à la durée du travail via le revenu du travail, mais plus à celle des cotisations puisqu’elles sont payables à vie. Celui qui veut travailler jusqu’à sa mort est libre de le faire sous réserve d’un accord avec celui qui l’emploie (s’il a un employeur), celui qui préfère le temps libre à l’argent pourrait prendre sa retraite quand il le veut en toute connaissance des conséquences sur ses revenus à venir.

Que faut-il pour mettre en oeuvre une telle réforme ?

Une seule chose : du courage politique, encore du courage, toujours du courage  pour briser des tabous, des privilèges et des idées reçues sur un sujet ultrasensible. Mais est-il vraiment plus difficile de présenter une solution globale, définitive et équitable, en une seule fois, que de prendre des demi-mesures, de rogner chaque fois davantage des droits considérés comme acquis, en sachant que le problème tel qu’il est posé ne sera jamais résolu, comme les gouvernements successifs l’ont fait : départ à la retraite à 60, puis 62, 65, 67, 75, pourquoi pas 90 ans ! Seul les riches, inactifs de fait, se satisferont de ces "réformettes" à répétition.

Pierre JULLIAND


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12 réactions à cet article    


  • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 28 avril 2010 11:22

    Les solutions généralement envisagées aujourd’hui pour résoudre le problème des retraites, des 35 heures et du chômage sont d’ores et déjà totalement obsolètes et archaïques.


    • finael finael 28 avril 2010 12:15

      On ne compte plus le nombre de fois où vous copiez-collez ce message à chaque article traitant des retraites, avec son lien vers votre « Parti Capitaliste ». C’est lassant !


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 28 avril 2010 12:28

      finael (xxx.xxx.xxx.120) 28 avril 12:15

      Qui vous oblige à en tenir compte ?...


    • finael finael 28 avril 2010 12:39

      Votre article est intéressant en ce qu’il préconise, entre autres, l’élargissement de l’assiette des cotisations retraites à toutes les formes de revenus et la suppression des régimes spéciaux (je commencerais par ceux des élus, qui coûtent fort cher mais qu’on oublie de citer).

      Mais j’irai plus loin :

      - La prise en charge de la jeunesse : éducation, ... est budgétisée. Et il serait conforme à la Déclaration des Droits de l’Homme qu’il en soit de même pour la prise en charge des plus âgés. Autrement dit, plus de cotisations, un transfert vers l’impôt.

      Cela suppose bien entendu que l’assiette de l’impôt soit modifiée en conséquence, en particulier par un impôt progressif sur tous les revenus, ainsi que sur le patrimoine.

      - D’autre part il est très curieux de voir revenir sans cesse, sous la pression patronale, « l’urgence » de résoudre un problème censé se situer dans 30 à 40 ans, sans prendre en compte le fait que personne n’a jamais pu faire de telles prédictions : Il est très amusant de lire celles faites dans les années 60 - 70 concernant notre monde d’aujourd’hui !

      Il est plus que probable que bien d’autres problèmes, bien plus urgents, surgiront d’ici là.

      - Les prévisions alarmistes ne tiennent aucun compte d’un facteur très probable : l’augmentation de la productivité (qui réduira encore plus les besoins en travail humain).

      - Comme elles ne font aucun cas de l’évolution, pratiquement certaine celle-là, de la pyramide des âges :
      Aujourd’hui partent à la retraite les générations du « baby-boom » de l’après-guerre. Dans une génération ce seront les « classes creuses » qui ont suivi. Dit clairement il y aura moins de retraités dans 30 - 40 ans, en pourcentage de la population, qu’il n’y en a maintenant !

      Alors c’est un faux problème, où plutôt la mascarade destinée à cacher un autre « problème » : comment préserver l’augmentation des revenus du capital financier dans une société où ce même capital financier met ses propres ressources en péril.


      • Pierre Julliand Pierre Julliand 28 avril 2010 13:19

        Merci pour vos commentaires et pour votre analyse dont je partage assez largement la teneur.


      • Denje Denje 28 avril 2010 17:00

        Excellent article, ainsi que l’analyse de Finael, qui mettent tout deux bien en valeur le problème majeur de cette réforme : L’incapacité d’adaptation aux époques qui offrent, chaque fois, un taux de retraités différent comparé au taux de « personnes actives », et compromet donc rapidement le système en place.
        Encore une fois, les « riches » prennent le dessus sur les classes moyennes et pauvres, et les politiques semblent des hyènes riant de leur futur repas...


      • jps jps 28 avril 2010 13:16

        @ auteur
        pourquoi n’abordez vous pas le problème des exonérations sociales accordées aux entreprises, notamment à celles qui sont détenues par des fonds de pensions ?
         Cette perte de recettes accroit le déséquilibre de façon conséquente.


        • Lisa SION 2 Lisa SION 2 28 avril 2010 16:59

          J’ai plussé cet article bienvenu.

          Il est effectivement temps de démontrer que les solutions simples existent afin de pouvoir les mettre en rapport direct avec celles envisagées par nos gouvernants. Il ne fait aucun doute qu’après la privatisation de tout le reste, l’heure est à la main mise sur ce pactole dans le but de le mettre dans le panier des actifs spéculatifs participant pleinement à la dérégulation générale.


          • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 28 avril 2010 18:02

            « Un problème mal posé : Tout le monde dit que face à cette situation, en gros il n’ y aurait que deux grandes réponses de principes : »

            C’est vrai que le problème est mal posé mais c’est voulu parce comme ne l’ignorent pas les décideurs il y’a une autre solution qui est en cours déjà depuis des années : Faire travailler des bataillons de clandestins dans tous les secteurs d’activité tout en maintenant la force de l’envoûtement qui attire de plus en plus de candidats à l’esclavage !

            Résultat, la république survit et son économie respire sans devoir verser plutard un misérable Douro aux prolétaires sans papiers !

            La France finira bien par mériter le sataut de « République indigène », la légitimité étant une force incontournable ! Dans la vie, on n’a rien pour rien et qui exploite les autres finira toujours par tout perdre !

            Mohammed MADJOUR.


            • drlapiano 28 avril 2010 19:42

              Tenez, pour vous aider à élargir vos horizons, et pour éprouver vos certitudes, allez faire un petit tour à l’institut Montaigne.

              Quand à répartition/capitalisation ... de toute façon s’il n’y a pas d’enfants pour bosser ...

              Un aspect de la capitalisation est néanmoins sous estimé, une capitalisation suffisante et sous contrainte (comme l’actuelle répartition) rendrait TOUS les Français propriétaire (en partie) des moyens de productions, de l’économie qui emploie leurs enfants et petits enfants. Changement de perspective qui serait sans doute souhaitable et salutaire.

              Le seul problème de la capitalisation massive est la transition : il y a les retraites dues ... et qu’il faut bien payer.

              Néanmoins, comme en Suède introduire une partie de capitalisation de 20, 25% me semblerait, à coût de cotisation égal, et si c’est possible, une bonne perspective.

              Et naturellement l’INDISPENSABLE je dis bien INDISPENSABLE et INCONTOURNABLE recul de l’âge de la retraite.
              Le problème de la pénibilité et de l’usure au travail relevant d’un autre mécanisme assuranciel impliquant fortement les employeur, et devant être traité à part.

              Et naturellement l’ INDISPENSABLE unification des conditions de retraite entre le public et le privé.

              Bref tout le monde dans la rue ... mais il faudra bien le faire alors ... une fois que tout le monde aura bien gueulé ... ça passera  ... parce que au fond ... ce n’est pas si dur !


              • robespierre55 robespierre55 28 avril 2010 20:28

                Commentaire d’une vacuité qui confine à l’incommensurable.

                Les MAJUSCULES servent d’argument d’autorité quand le commentateur n’en a aucune et ne fait que remâcher la doxa moisie des tenants de l’idéologie dominante.

                Monsieur dr...etc, veuillez agréer l’expression de mon mépris le plus total.

                Mais je vous aime quand même.


              • Romain Desbois 29 avril 2010 00:27

                Bravo à l’auteur pour sa clairvoyance et sa concision. Quand j’entends les circonvolutions de ceux qui sont supposés résoudre le problème , je me demande si ce n’est pas plus de la malhonnêteté que de l’incompétence.
                Pour que le problème de financement des retraites ne doive être constamment révisé , il faut un système souple qui se corrige d’années en années. Pour cela rien de plus simple de déconnecter les cotisations des retraites. en élargissant l’assiette à tous les revenus par l’incorporation des cotisations sociales dans l’IRPP, l’on profite en plus de la progressivité des cotisations.

                J’ai proposé quelques pistes récemment sur Avox qui me semblent être proches des propositions de l’auteur (c’est certainement pour cela que j’approuve cet article).

                Mais quand bien même l’on garderait le système actuel en le corrigeant à la marge, je n’entends pas nos édiles et autres experts affirmer qu’avant de réformer, il faudrait d’abord faire en sorte de supprimer les exonérations de cotisations (bien mal compensées par l’Etat) , puis penser à ne plus figer les salaires (répercutions directes sur les recettes des caisses sociales) ; sans compter les 50 milliards estimés par le fisc de fraudes fiscales annuelles (presque qu’autant que les intérêts de la dette et presqu’autant que l’IRPP).

                Je suis heureux de constater que de plus en plus un consensus semble aboutir aux conclusions de l’auteur. Même les plus libéraux admettent au moins l’intégration de la CSG à l’IRPP.

                Reste le problème du bouclier fiscal......

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