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 Accueil du site > Actualités > Société > Rentrée scolaire 2009 : un nouveau recul du français !

Rentrée scolaire 2009 : un nouveau recul du français !

Plusieurs dizaines d’élèves, de la 6e à la terminale, écriront et entendront désormais moins de français dans nos écoles, c’est La Voix du Nord qui nous l’apprend :

« Double événement pour la rentrée au collège Daunou avec le lancement d’une section internationale (pour l’instant deux classes de 6e) avec un enseignement en français et en anglais. Une nouvelle principale, Éliane Nowicki, pilotera ce projet unique dans le département. »

« Le collège Daunou, laboratoire d’un apprentissage intensif de l’anglais »

Certaines matières traditionnellement enseignées en français (c’était un peu ringard, il faut bien l’avouer) le seront désormais dans la langue des vrais grands dramaturges comme Shakespeare - franchement : Titus voir Bérénice, gna-gna-gna, Bérénice voir Titus... c’est presque du SMS, non ?
(« Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice, Sans que de tout le jour je puisse voir Titus »)

Mais ces sections ne sont pas ouvertes à n’importe qui :

« Les conditions d’admission. Elles sont relativement drastiques. En plus d’un bon niveau général, il faut avoir un niveau d’anglais permettant de suivre 4 heures de civilisation anglaise dans la langue de Shakespeare et deux heures d’histoire-géo en anglais aussi. »

Car seule une élite peut apprécier et surtout comprendre la langue de Shakespeare (à noter qu’elle est également parlée par d’autres personnes que Shakespeare), à la phonétique si alambiquée, selon l’aveu même de son collègue écrivain George Bernard Shaw.

Par ailleurs, la France se montre grand seigneur en accueillant dans leur propre langue les anglophones expatriés :

« Double objectif. Accueillir des élèves anglophones (avec un objectif de 25 %) et « leur permettre de maintenir un lien avec la culture anglaise » et permettre à des petits Français de devenir parfaitement bilingues. Pour cette année, seule une élève dont les parents sont originaires d’Ecosse constituera le contingent des Anglophones. »


Je passe sur les innombrables petites annonces, affiches, syndicats d’initiative, Conseils régionaux, entreprises, agences immobilières qui se mettent en quatre pour offrir aux anglophones - et à eux seuls au monde - un service dans leur propre langue.

Autant se faire bien voir des Seigneurs culturels de l’Europe et du monde en devançant leurs souhaits. Les petits Français, Espagnols, Italiens ou Suédois expatriés à Londres auront-ils la chance qu’on leur dépêche un professeur d’histoire francophone, hispanisant, Italien ou parlant couramment le suédois, là-bas sur l’île des Dieux de la City , au pays des « opt-outs », la TGB ? (La Très Grande-Bretagne, pas la bibliothèque de Mitterand).

« De nouveaux enseignants. Une assistante de langues a été recrutée pour pratiquer de façon intensive l’anglais avec les élèves à travers des conversations. Une initiative très positive car le point noir de l’apprentissage des langues dans le système français c’est la pratique. Pour les cours d’histoire, il s’agira d’un prof ayant une certification en langues. »


Toujours aussi généreuse, la France lutte activement contre le chômage en GB, en recrutant des profs sur le seul critère linguistique, sans compétence ni formation professorale aucune, hormis en histoire (matière pour laquelle on ne peut se contenter de raconter la dernière histoire drôle), ce qui explique le recrutement d’un vrai prof et non d’un étudiant dans le besoin.

Récapitulons les avantages de ces sections dites européennes ou internationales :

— Être anticonstitutionnelles puisque la langue du pays, et donc de l’enseignement, est le français - avec une dérogation légitime pour les langues régionales. Avantage principal : montrer à quel point la Constitution française est ringarde à l’heure de la mondialisation et mérite bien une petite réforme - telle que faire de l’anglais la langue nationale bis, nouvelle ligne Maginot contre les dangers de la mondialisation... Mais qu’on se rassure, le Rectorat, la proviseure et les enseignants ne seront pas poursuivis. Ce sont au contraire des précurseurs ; gageons que les palmes académiques et les légions d’honneur vont pleuvoir sur ces brillants éléments qui ont tant fait pour la diffusion de la culture anglaise.

Qui se soucie encore des questionnements de Topaze ? Pagnol aujourd’hui ne tournerait-il pas sa trilogie en anglais, avec une brochette d’acteurs de dix pays différents, dans un Marseille et une Provence reconstitués en Pologne, Hongrie ou Tchéquie, respectant les souhaits de la Commission - mobilité et coopération ?

— Mieux préparer l’Union européenne anglophone de demain – d’aujourd’hui.

— Aider les jeunes à tourner la page du français, eux dont l’avenir sera fait de SMS et d’anglais.

— Préparer le renouvellement des élites européennes soumises aux intérêts du monde anglo-saxon – finance, sciences, politique, emplois privilégiés. Car ces jeunes au futur « fluent english » seront demain à coup sûr les militants de l’anglais langue véhiculaire mondiale, les croisés européens de l’anglais partant conquérir Bruxelles (Jérusalem étant déjà fort convoitée, et bien plus rebelle qu’une UE déjà conquise)...

Mais qu’ils se méfient, car on a vu souvent des révolutions dirigées par un jeune grandi dans la langue et la culture coloniale, ou un anticlérical élevé par les Jésuites... Trop d’anglais peut nuire à l’anglais !

— Installer en douceur, au cœur de l’école de Jules Ferry , ces filières d’élite que sont les sections européennes et internationales, et privatiser progressivement le business de l’anglais.

— Permettre à ces futures élites de comprendre French twenty-four, la télé en anglais payée par les Français sans avoir le droit de la regarder. Eux travailleront à l’étranger, ils auront donc ce privilège inouî de regarder ce qu’ils payent !

— Mettre en place dans la discrétion le futur système de caste de l’UE, inspiré de l’Inde, où l’anglais est indissociable des castes dominantes, comme l’avoue à demi-mot ce communiqué : « Cette similitude avec l’Union européenne concernant le paysage linguistique fait de l’Inde un interlocuteur privilégié pour l’Europe en matière de multilinguisme. Cette déclaration conjointe prévoit l’organisation de discussions et l’échange de bonnes pratiques sur une base régulière. » » (Je renvoie à mon article d’Avox pour plus de détails)

Je vois déjà des plumes s’agiter pour m’accuser encore de paranoïa ou d’anglophobie primaire.
Pourtant, je vous le demande, à vous Français, réputés si cartésiens : plusieurs heures d’anglais par semaine à la place du français, n’est-ce pas une lapalissade que d’y voir un recul du français ? Et je ne parle même pas de l’école primaire... Mais je ne suis pas contrariant, et si on m’affirme que c’est un progrès du français, je veux bien le croire, c’est juste que je ne m’en étais pas aperçu.


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Les réactions les plus appréciées

  • Par docdory (---.---.---.3) 3 septembre 2009 11:16
    docdory

    @ Krokodilo


    Merci pour cet excellent article !
    A noter l’erreur fondamentale de l’article de la « Voix du Nord » : la « langue de Shakespeare » dont il parle ne doit surtout pas être utilisée en aucune circonstance lorsqu’on parle avec des anglophones, y compris lorsqu’ils sont anglais ! 
    C’est un peu comme si un Anglais essayait de parler à un Français en utilisant la langue de Rabelais avec le vocabulaire, la syntaxe et l’accent de l’époque de Rabelais : il aurait peu de chance d’être compris .
    Personnellement , j’ai eu la curiosité cet été de tenter de lire le début de « Roméo et Juliette » en anglais . Alors que j’utilise quotidiennement l’anglais avec mes patients anglophones , que je peux comprendre 98 % des nouvelles à la CNN sans problème, et que je peux lire un livre ou un journal anglais sans dictionnaire, j’ai été strictement incapable de comprendre de quoi il était question dans le dialogue des premières pages de cette pièce ! Ça aurait tout aussi bien pu être écrit en albanais ...
    J’imagine bien la tête que feraient mes nombreux patients nigériens ou sierra léonais si je leur parlait dans la langue de Shakespeare : avec eux , il faut déjà supprimer tout ce qui ressemblerait vaguement à de l’accent d’Oxford !
    Fort heureusement , mes profs d’anglais , pendant ma scolarité , n’ont jamais essayé de nous faire lire des pièces de Shakespeare : le bon sens a , pour une fois , prévalu !
  • Par oncle archibald (---.---.---.85) 3 septembre 2009 11:59

    Cher hermès, votre post écrit dans un Français rudimentaire qui fait fi de la grammaire au point d’être parfois à la limite de l’incompréghensible, donne parfaitement raison au Krocodile de service .... Nous sommes bien loin de la précision de la langue des grecs anciens, ainsi que de l’élégance et de la finesse de celui que vous avez choisi comme pseudo 

    Que nos pauvres gamins que l’on dit surchargés de travail commencent donc par parler lire et écrire correctement leur langue, qu’ils apprenennt les rudiments des langues étrangères, et qu’ils se perfectionnent dans la langue « internationale » quand le moment sera venu ... S’ils sont des « surdoués » comme vous semblez considérer les elèves auxquels serait destinée cette curieuse filière, cela leur sera d’une facilité déconcertante ...


  • Par ZEN (---.---.---.122) 3 septembre 2009 11:57
    ZEN

    On se demande pourquoi on apprend encore le français aux bébés
    Je propose de former intensivement les futures mères à la langue de nos voisins d’Outre-Manche afin qu’elles puissent très tôt développer les capacités de leur progéniture au globish généralisé
    ( -mode ironique-)
    Rendez-nous les smileys !!!

  • Par Massaliote (---.---.---.32) 3 septembre 2009 11:19

    C’est un véritable scandale. Imposer la langue des « maîtres du monde » au détriment de la notre, qu’attendent nos « désobéisseurs professionnels » si prompts à s’enflammer devant le moindre « déni de justice ». Silence dans les rangs, surtout ne résistez pas trop belles âmes. C’est tellement plus confortable de « faire dans le social ».

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