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Retour sur l’île

Après l’île des naufragés, et le premier retour sur l’île, je m’aperçois au détour de conversations ce week-end à quel point nos contemporains ignorent encore tout du mécanisme monétaire qui nous enchaînent tous au bon vouloir du système financier. Alors un nouveau petit retour sur notre fameuse île s’impose pour dénoncer encore le mécanisme de création centralisée de monnaie...

Nous voici sur notre île où nous observons au moment de notre arrivée, une économie relativement stable constituée par une masse monétaire de 1100, dont 100 sont "investis" dans la création d’un système bancaire à effet de levier. La règle imposée à la Banque est simple, sous réserve de conserver 100, et d’avoir 1000 en dépôt (ce qui par ailleurs est une obligation pour la monnaie de l’île, parce qu’il est obligatoire d’avoir un compte en Banque), la Banque peut créer un crédit de 1000.
 

Nos pieds nickelés Banquiers bien malins, forts de cet avantage monopolistique conféré à la monnaie officielle de l’île, et de ces règles accordées via un accord avec le gouvernement de l’île (et non expliqué aux citoyens qui de toute façon ne comprendraient pas l’économie, c’est bien trop complexe), proposent alors à l’Etat de lui prêter 1000 de monnaie à un taux d’ami, disons 5%/an, et pour faire simple sur 20 ans.
 
 
Ce qui fait que la collectivité via le gouvernement se trouve avec un "excédent" de monnaie constitué par la "dette de l’Etat", de 1000, et d’une dette totale de 1000 + 5%/an x 20 ans = 2000, soit chose ahurissante pour tout être censé, la totalité de la monnaie de l’île, prêt initial + monnaie préexistante !

Ce qui fait que nos amis Banquiers sont, dès l’octroi du prêt initial, et par simple effet décisionnaire de création monétaire centralisée par le crédit, possesseurs de la totalité de la monnaie de l’île, qu’ils peuvent selon leur bon vouloir augmenter ou diminuer par octroi, ou pas, de nouvelle monnaie, et toujours à leur avantage. Chaque année, sans fournir aucun autre travail que la gestion des comptes monétaires, une simple manipulation de chiffres, ils ont mainmise sur tous les échanges économiques, qui de plus peuvent être totalement tracés par eux mêmes qui possèdent une vision totale sur les comptes et donc les transferts monétaires.

Dans l’hypothèse où la Banque attend simplement le remboursement de son prêt, voici la situation finale de la mascarade :
 

Evidemment ça pète avant, parce que vous imaginez bien que le peuple n’attend pas d’avoir zéro pris par l’Etat pour rembourser son crédit pour s’apercevoir que tout va mal, que les prix s’effondrent depuis des années, que créer une entreprise est voué à l’échec non par manque de clients, mais par absence de monnaie, par de moins en moins de monnaie chaque année, etc etc etc... On peut imaginer alors révolutions, guerres, saccages, pillages, et autres joyeusetés qui jalonnent "l’histoire de la monnaie" à laquelle l’Histoire politico sociétale est totalement assujettie.

Voici l’évolution de la masse monétaire dans ce premier cas :
 

Evidemment le gouvernement et les banques, complices (enfin le gouvernement plutôt benêt que réellement complice, plutôt animal domestique de maître que négociateur...), ne laissent pas s’effondrer le système au final, au moment de la "crise de la dette souveraine" totalement irremboursable par construction, les banquiers, bons princes munis de leur 1100 de monnaie durement acquis (pensez, quel travail, attendre 20 ans pour tout rafler, c’est pas à la portée de tout le monde une telle patience, c’est bien mérité !), offrent aux Etats de leur reprêter ce qu’il faut pour continuer, et ça donne pour notre île, par exemple ceci :
 
 
Si vous comprenez la finesse du mécanisme, et que vous savez que les bons du trésor étatiques courent jusqu’à 30 ans de maturité en zone euro, que vous notez le vacillement des dettes Grecques, Espagnoles, Portugaises, Irlandaises, ainsi que le fait que les USA toujours en tête de l’innovation dans tous les domaines ont DEJA doublé leur dette souveraine en 2009, alors il y a des chances que vous compreniez à quelle portion du cycle nous nous trouvons, quand il a commencé, et jusqu’où il nous mènera.

Vous comprendrez alors que les "cycles" économiques ne sont en fait que ces cycles monétaires, et que ces cycles loin d’être imprévisibles, sont au contraire totalement connus et manipulés par ceux qui en contrôlent la monnaie.

Faites vos jeux, rien ne va plus... Noir Impair et Passe ! Qui veut jouer contre la Banque ?
 

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8 réactions à cet article    


  • Internaute Internaute 9 février 2010 17:08

    Cette présentation ne reflète pas la réalité.

    Supposons par exemple que dans ce qu’ils croit être un éclair de lucidité et de justice, un parti d’opposition propose de nationaliser le système bancaire et gagne les élections sur votre île.

    Le lendemain, les banquiers disparaissent sans indemnités mais votre démonstration suit exactement sont cours en ayant remplacé « banquier » par « gouvernement démocratique ».

    Là où à mon avis vous faites erreur c’est que vous voyez ce système financier comme un complot avec d’horribles acteurs en coulisses qui fument de gros cigares et ont des souliers bicolores avec la pointe en blanc.

    Il n’y a a aucun horrible acteur. Bien sûr, une bonne brochette de cadres des banques et de petits malins ont compris comment profiter du système mais ils sont des sangsues, pas des meneurs de jeu.

    Le problème vient beaucoup plus d’un système politique (la démocratie) qui pousse les états à toujours s’endetter pour profiter aujourd’hui d’une richesse qui sera éventuellement créée demain. Tant que les gouvernements avaient la main sur la monnaie ils ont rapidement laissé tombé l’or pour du papier imprimable à millions dans les imprimeries nationales. Le Gr. de Gaulle a déjà dû en 1960 enlever deux zéros à un francs qui ne valaient pas le poids de métal avec lequel on le fabriquait. Le choix de l’endettement de l’Etat auprés des banques (fin Pompidou, début Giscard) était déjà une façon de ramener une certaine rigueur budgétaire puisqu’il fallait bien comptabiliser les intérêts de la dette. La création de l’Euro et de la BCE indépendante va dans le même sens. Le problème est que les Etats, au lieu d’imprimer des billets, ont tourné la difficulté en augmentant leur dette, ce qui aurait dû être interdit par Maastricht..

    La seule vraie solution est le retour à une monnaie fixée sur quelque-chose de difficilement copiable, comme l’or ou un panier de quelque-chose de valeur.


    • rastapopulo rastapopulo 10 février 2010 00:40

      L’argument des banquiers de gonfler la masse monétaire pour suivre l’augmentation des richesses ne tient plus depuis longtemps et même au départ pourquoi eux devrait profiter des richesse ?

      C’est un peu comme l’argument de l’inflation qui provient des crédit pour couvrir les dépenses de fonctionnement, ce n’est pas un argument pour empêcher l’emprunt sans intérêt pour des dépenses d’investissement qui n’impactent pas négativement.

      Pour moi ce ne sont que de belles paroles et un rabaissement de l’esprit humain au niveau du court terme anglosaxon.

      Les grandes vertus, c’est du marketing


    • Raymond SAMUEL paconform 9 février 2010 17:50

      Bonjour,

      Moi qui ne suis pas financier ni économiste ni rien qui s’approche de ces choses, je crois que la vraie solution consiste à laisser le système là où il est et à faire un autre monde à côté.
      Ne donnons plus un sou aux banques, ne leur en demandons pas non plus, créons pour nos échanges un autre système (pas facile mais il le faut ABSOLUMENT).
      De toute façon l’ère de la fausse monnaie qui a créé artificiellement l’abondance de biens (exemples flagrants de l’Espagne et de l’Irlande qui se sont « développées » grâce à l’immobilier typiquement financé avec de la fausse monnaie), cette ère est terminée. Il faudra à partir de maintenant se contenter de fabriquer et consommer ce qui est POSSIBLE avec les moyens REELS. Les tripatouillages monétaires, c’est fini.


      • Galuel Galuel 9 février 2010 17:52

        Etat ou Banques même combat.

        Non à un « panier de valeur ». Rien n’a de valeur intrinsèque. Personnellement je ME FOUS de l’or ou de l’argent ou de quoi que ce soit d’autre. Je pense par exemple qu’un Grand Maître d’Echecs a bien plus de valeur (je paye pour jouer ou le voir jouer), et je ne me vois pas créer de la monnaie sur ce type de valeur là...

        Donc non, pas de panier de valeur. Changer le système de CREATION de la monnaie par le Dividende Universel http://fr.wikipedia.org/wiki/Dividende_Universel

        Curieux comme à chaque crise historique les conservateurs tentent de faire valoir des idées révolues depuis longtemps... un panier de « valeur », alors que la monnaie est purement relative...


        • rastapopulo rastapopulo 10 février 2010 00:45

          vive le crédit social !

          Ne fût que comme ouverture d’esprit tout le monde devrait connaître la finance chrétienne de PI XII.


        • rofo 9 février 2010 20:43
          LE SAVIEZ VOUS ?
          Loi Pompidou-Giscard
          Le 3 janvier 2009, sur le site de Karl Zéro, http://leweb2zero.tv/video/webrunner_20495ba61eed38b), « Webrunner » postait un document qui aurait mérité d’être connu de tous les Français(es).
          Il rappelait qu’une loi du 3 janvier 1973, loi voulue par Pompidou, alors président de la République pour un an encore, et Giscard d’Estaing, ministre des finances, opérait un changement révolutionnaire ou plutôt contre-révolutionnaire dans le finances publiques.

          Son article 25 stipulait en effet que désormais « Le trésor public ne peut-être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France ». Cet article interdisait désormais, dans un langage propre à ne pas être compris au commun des mortels (y compris sans nul doute des députés de gauche de l’époque qui ne déclenchèrent pas une tempête de protestations avec manifestations géantes dans la rue), à l’État français, de s’avancer à lui-même les fonds nécessaires pour combler son déficit budgétaire éventuel (lequel serait réduit d’autant en fin d’exercice par l’inflation) mais d’avoir recours pour ses besoins de crédit, comme un particulier, aux banques privées qui lui feraient payer bien sûr des intérêts !!!
          Certes pour les grandes dépenses, les relances économiques, l’État avait dû déjà avoir recours par le passé à l’émission d’emprunts qui s’étaient révélés très sûrs pour les prêteurs (ils étaient assurés que l’État rembourserait, ne ferait pas faillite) et néanmoins juteux pour les plus riches, puisqu’ils étaient souvent assortis de mesures fiscales qui favorisaient justement le plus ceux qui payaient beaucoup d’impôts.
          Le record en la matière avait été l’emprunt Pinay, sous la quatrième République. Car sa valeur de remboursement était indexée sur le cours de l’or. Comme celui-ci suivait au moins l’inflation et flambait même dans ces périodes d’incertitudes que constituèrent les guerres coloniales et la Guerre froide, ceux qui y souscrivirent firent, au détriment de tous les autres Français, le plus beau « coup » de leur carrière de spéculateurs.
          Devant le scandale que provoqua ce cadeau fait aux plus riches, Giscard d’Estaing, héritier 20 ans après de l’emprunt pas encore remboursé, ne fit ni une ni deux : il le prolongea encore, autant qu’il était possible.
          La loi voulue par le plus proche conseiller financier du général de Gaulle qu’était Pompidou (On remarquera les trois premiers présidents de la cinquième République étaient très impliqués dans cette situation) entraîna mécaniquement l’explosion de la dette publique, c’est-à-dire de celle de tous les Français.
          Elle était déjà de 229,15 milliards d’euros en 1979 (valeur actuelle après prise en compte de l’inflation sur 20 ans), et représentait 21% du Produit Intérieur Brut (toute la richesse produite par le travail des Français) en un an. En 2006, elle avait atteint 1 149,9 milliards d’euros, et représentait 63,9% du PIB !!!
          Bien sûr, entre temps, il y avait eu le ministère Balladur : désireux comme Giscard, Pompidou, de Gaulle et autre Pinay, de favoriser leurs amis les plus riches par une fiscalité allégée, sans cependant mettre dans la rue les travailleurs par une austérité insupportable (et contre-productive pour l’activité économique) l’ex-premier ministre avait ouvert en grand les vannes du déficit budgétaire.
          On aurait pu espérer que l’Union de la gauche arrivant au pouvoir en 1981, supprimerait la loi Pompidou-Giscard et permettrait de nouveau à la France de se prêter à elle-même. Mais il était trop tard ! L’adhésion aux traités européens l’interdisait déjà !
          Depuis, avec l’adoption de la monnaie unique (sauf pour les Britanniques, donneurs de leçons économiques ... mais pour les autres) le système a été sur-verrouillé. C’est désormais une banque indépendante se comportant comme une banque de statut privé, la Banque Centrale Européenne qui contrôle le taux d’intérêt de base sur lequel se fonde celui que doit payer l’état emprunteur.
          Or pour empêcher les particuliers de trop emprunter ce qui paraît-il relancerait l’inflation, la BCE a toujours fixé des taux directeurs d’intérêts les plus hauts. ce qui n’a fait que faire exploser la dette. Avant la grande crise actuelle qui ne fait que commencer, de bons esprits préconisaient pour résorber cette dette, non d’augmenter les impôts directs sur les plus hauts revenus pour améliorer le « pouvoir d’achat » de l’État, mais par différents procédés de faire baisser les salaires et les retraites et diminuer les dépenses publiques. Ce qui ne pouvait manquer que tuer la demande et diminuer en cercle vicieux le PIB et les revenus de l’État en même temps que cela augmentait le chômage.
          Outre qu’en révélant son étendue effrayante, la dette publique sert à « calmer » les légitimes revendications des travailleurs (« Non seulement les caisses sont vides mais en plus on doit de l’argent »), elle permet également aux banques privées et leurs actionnaires, en ayant pour débiteur le plus sûr client qui soit, à savoir l’État lui-même, de s’offrir une durable rente de situation. Elle compense en partie les pertes que leur confiance irraisonnée envers leur maîtresse idolâtrée à tous, l’économie américaine, leur a fait subir.
          La France a payé depuis 1980 1176 milliards d’euros d’intérêts. Sa dette actuelle s’élève à 1149 milliards d’euros. 1176 - 1149 = 27. Si la France se prêtait à elle-même, au lieu d’une dette abyssale, elle se retrouverait avec 27 milliards d’excédents. CQFD

          Alain Colbert.

          • ddacoudre ddacoudre 9 février 2010 22:11

            bonjour galuel

            je me souviens de l’obligation du versement des salaires sur un compte bancaire pour faire passer la chose c’était présenté comme un pas vers la mensualisation, ensuite pour la stabilioté monétaire le patronat a réclamé que l’état n’interviennent olus dans la production de la monnaie, il s’en ai suivit une loi faisant de l’état un client des « marchés financiers » comme tout citoyen, et ceci n’a était qu’en se précisant jusqu’à la création de la BCE, et aujourd’hui ce sont eux qui décident de la respectabilité financière d’un état.

            tristesse et aujourd’hui ils vont comme par le passer réclamer des mesures d’austérités que les gouvernants vont vendre, comme des serviteurs zélés à leurs citoyens.
            http://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=69498

            cordialement.


            • Galuel Galuel 9 février 2010 22:30

              @ddacoudre

              Oui sans doute, mais pourquoi toujours revenir à l’Etat ? Où est le droit de création monétaire INDIVIDUEL ? Renvoyer la balle entre Banques et Etats n’arrange en rien les affaires des citoyens libres.

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