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Accueil du site > Actualités > Société > Revenu Minimum d’Existence : l’expérience d’Utrecht

Revenu Minimum d’Existence : l’expérience d’Utrecht

Le très libéral Néerlandais Sicco Mansholt, président de la Commission Européenne en 1972-1973, et architecte convaincu de la P.A.C., reconnaissait à chaque homme le doit à l’oisiveté sans que la société soit exonérée de le prendre en charge. Vingt ans après sa mort, ses compatriotes de la ville d’Utrecht vont mettre en place une expérience de « Revenu Minimum d’Existence »...

Dotée de 320 000 habitants, Utrecht est la 4e ville des Pays-Bas. Très dynamique sur le plan économique, elle n’en compte pas moins de nombreux chômeurs, mais surtout une très large proportion de travailleurs à temps partiel. Rien d’étonnant à cela, les Pays-Bas sont, avec un taux de 46 %, le pays champion d’Europe du temps partiel, très loin devant l’Autriche avec ses 25 %, la France affichant un taux de 19 %.

Cette réalité du partage de l’emploi en jobs fractionnés ne va pas sans confronter les Néerlandais les plus modestes à des difficultés économiques et à des démarches aussi compliquées que dégradantes pour obtenir des aides sociales. De même, la gestion des différents types de prestations sociales, particulièrement complexe aux Pays-Bas, n’est pas sans poser de problèmes, tant en termes de coût que d’organisation. D’où une réflexion conduite au niveau de l’État pour tenter de répondre à cette double problématique dans le sens d’une simplification non pénalisante pour les ayant-droits.

C’est dans ce cadre que les élus de la ville d’Utrecht ont, avec l’accord des autorités gouvernementales, collaboré en partenariat avec les chercheurs en sciences sociales et économiques de l’U.C.U. (University College Utrecht) à la recherche d’une solution. Leur objectif :

Mener une expérience visant à améliorer de manière significative la situation des citoyens en recherche d’emploi tout en simplifiant la gestion des prestations sociales, le R.M.E. pouvant, à terme et si l’expérience est concluante, venir en remplacement des différentes allocations, à un niveau tel qu’il permette de subvenir aux besoins essentiels des bénéficiaires.

À l’issue de leurs travaux, il a été décidé qu’un Revenu Minimum d’Existence – ce que les anglo-saxons nomment « Universal Basic Income » – serait attribué à un panel de 250 personnes qui bénéficient actuellement d’aides sociales à divers titres. Ces personnes seraient réparties en 5 groupes tests de 50 personnes confrontées à des exigences différentes selon les groupes, allant des obligations en vigueur jusqu’au versement sans condition de l’indemnité.

L’originalité du projet réside dans la possibilité de cumuler le R.M.E. et le salaire d’un job, notamment à temps partiel. Le concept mis en avant par les promoteurs de cette expérience est en effet de permettre aux personnes concernées de choisir de travailler de manière plus flexible dans une société moins réglementée, tout en bénéficiant, avec des revenus améliorés, de plus de temps pour les loisirs, la santé ou les études.

Cette expérience devrait débuter en janvier 2016 si le gouvernement néerlandais en valide définitivement le principe et les modalités. Elle permettra aux bénéficiaires, tous volontaires et sélectionnés de manière aléatoire, de toucher chaque mois une somme de 900 € pour une personne seule, ou 1275 € pour un couple ou une famille. D’ores et déjà, d’autres villes sont intéressées, sous réserve d’accord préalable du gouvernement de La Haye. C’’est notamment le cas de Groningue, Nimègue, Tilburg et Wageningen, mais aussi de 42 autres municipalités, nous indique le journal Financial Holding.

Comme on pouvait le prévoir, des voix se font entendre ici et là pour dénoncer ce « cadeau à la paresse » ou émettre des réserves morales sur le principe même du R.M.E., déconnecté de toute obligation de travail ou de devoir envers la société. Mais ces voix sont rares, et comme l’a fait remarquer récemment l’échevin* Victor Everhardt dans les colonnes du média De Stad Utrecht, seulement 1,5 % des personnes qui bénéficient actuellement de prestations sociales tentent d’abuser le système en place ; et il n’y a pas de raison, selon cet élu, que le nouveau système débouche sur une aggravation de ce constat.

L’instauration d’un Revenu de Base, qu’on le nomme ainsi ou Revenu Minimum d’Existence, ne concerne pas que les seuls Pays-Bas. D’autres pays travaillent sur ce qui pourrait être l’innovation sociale majeure de ce début de siècle. C’est notamment le cas de la Finlande où la population et la majorité des députés issus des élections générales d’avril 2015 se déclarent favorables à l’instauration d’une telle allocation. À cet égard, l’expérience conduite dans la petite ville de Dauphin (Canada) de 1974 à 1979 est particulièrement encourageante si l’on considère que seule la volonté politique de la droite, confrontée à une situation de crise au niveau fédéral, a mis fin sans motif impérieux à cette expérimentation initiée par la gauche.

Entre la nécessité de simplification des systèmes allocataires, souvent complexes et par trop inquisiteurs, et la volonté concomitante de sécurisation de la vie des citoyens, voire de lutte contre la pauvreté, l’instauration progressive d’un R.M.E. – déjà théorisée à la fin du 18e siècle par Thomas Paine ! – semble aller dans le sens de l’histoire. En France, le très peu gauchisant Dominique de Villepin s’est même déclaré, il y a quelques années, favorable à une allocation de 850 . Et de nombreuses autres voix s’élèvent un peu partout sur la planète pour aller dans cette direction. C’est pourquoi l’expérience d’Utrecht sera suivie avec beaucoup d’intérêt.

 

Conseiller municipal

 


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162 réactions à cet article    


  • JL JL 2 septembre 2015 08:33

    Le capitalisme se nourrit de ses contradictions. Le RU est une invention capitaliste.


    Il me parait évident qu’une telle allocation serait mortifère pour la survie des services publics en même temps qu’un accélérateur vers une marchandisation de ce qui est encore gratuit. Ce que l’Etat donnera d’une main, il le reprendra forcément de l’autre. 

    Quelle différence, entre quelqu’un qui gagne sa vie par son travail et celui qui est assisté ? 

    « Le secret d’une autorité, quelle qu’elle soit, tient à la rigueur inflexible avec laquelle elle persuade les gens qu’ils sont coupables. » (Raoul Vaneigem) 

    • rocla+ rocla+ 2 septembre 2015 08:40

      Quelle différence, entre quelqu’un qui gagne sa vie par son travail et celui qui est assisté ?


      Un mec qui gagne  sa vie par son travail dans le privé s’ il fait 
       une connerie il est viré .

      La différence entre lui et un assisté   , par ex fonctionnaire , 
      le fonctionnaire  s’ il fait une connerie  il continue , tranquille 
      jusque’ à la retraite , sauf cas extrêmement rare .


    • Fergus Fergus 2 septembre 2015 09:17

      Bonjour, JL

      « Le RU est une invention capitaliste »

      Non, ce n’est pas exact. Outre qu’il a été théorisé par la révolutionnaire Paine dès 1796, son principe a également été porté par Marx. Et de nos jours, ce sont des forces politiques et des intellectuels de tous bords qui apportent leur soutien à ce revenu universel.

      « une telle allocation serait mortifère pour la survie des services publics en même temps qu’un accélérateur vers une marchandisation de ce qui est encore gratuit. »

      Très franchement, je ne vois pas le rapport entre le RME et les services publics et leur marchandisation. Les processus bien réels de réforme néolibérale qui pèsent sur ces derniers sont d’ores et déjà à l’œuvre sans que le RME y soit pour quoi que ce soit.

      Certes, il pourrait y avoir à terme moins d’agents publics affectés à la gestion des prestations sociales si celles-ci sont remplacée par une allocation universelle. Mais on ne peut avancer dans une société en maintenant ad vitam aeternam des structures devenues caduques. Il y aura d’ailleurs besoin d’encore plus d’emplois de service dans l’avenir. De qui employer les personnes concernées.

      « Quelle différence, entre quelqu’un qui gagne sa vie par son travail et celui qui est assisté ? »

      Cette question cesserait de se poser si le RME était généralisé, du fait de l’universalité de l’allocation.


    • Fergus Fergus 2 septembre 2015 09:23

      Bonjour, Capitaine

      Des fonctionnaires virés, il y en a nettement plus qu’avant. Et dans le privé comme dans le public, le licenciement doit être justifié par une faute lourde. Si tel n’est pas le cas, il y a abus du patron et possibilité de se tourner vers les prud’hommes.

      Mais tout cela est, je le reconnais, théorique, notamment du fait d’un cynisme patronal trop fréquent face à des employés par toujours armés pour contester une décision inique. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si 80 % des jugements aux prud’hommes sont favorables aux salariés alors que cette instance est paritaire entre les juges salariés et les juges patrons.


    • rocla+ rocla+ 2 septembre 2015 09:41

      @Fergus


      L’ exemple de la gonzinette  fonctionnaire qui dépense 40 000 euros 
      de taxis aux frais de la princesse dont 8000 euros sont allés dans la 
      poche du taxi de son fils qui lui est pas fonctionnaire , 

      Eh bien la dame , même si elle a remboursé son méfait n’ est plus 
      crédible pour être maintenue dans la fonction publique . 

      Elle a été changée  de ministère et c ’est reparti pour un tour .

      Dans le privé , ouste .

    • Fergus Fergus 2 septembre 2015 10:04

      @ rocla+

      Le cas scandaleux de cette femme ne doit pas éclabousser toute la fonction publique : il s’agit là d’une inacceptable dérive au sommet, pas d’une pratique généralisée, fort heureusement.

      Sauf erreur de ma part, malgré le remboursement des sommes incriminées, elle est sous le coup d’une poursuite judiciaire.

      Pour ce qui est du privé, évitons d’idéaliser : j’ai connu des personnes officiellement « chargées de mission » qui ne mettaient que très rarement les pieds dans la boîte censée les employer. Normal : leur mission les appelait hors des murs de la société. smiley 

      Autre chose : il n’y a pas pire assisté en France que le grand patronat qui suce sans vergogne la moelle des finances publiques alors que la véritable force vive de la productivité est dans les PME-PMI.


    • Philippe Stephan Philippe Stefan 2 septembre 2015 12:37

      @JL
      .
      complétement faux mais bon


    • JL JL 2 septembre 2015 22:34

      Le RU n’est pas une idée capitaliste ? Ben voyons ! Comme la libre circulation des capitaux, hein, puisque c’est Pierre Bérégovoy qui en a été le promoteur en France. L’enfer socialiste est pavé de bonnes intentions : j’appelle ça de fausses bonnes idées.





    • Fergus Fergus 2 septembre 2015 23:15

      @ JL

      Disons qu’il y a deux approches du revenu minimum, l’une visant à optimiser les minimas sociaux dans un sens de maintien des travailleurs en situation de dépendance, l’autre ayant pur but de libérer l’homme pour lui permettre de s’élever dans la connaissance.


    • Fergus Fergus 2 septembre 2015 23:18

      Bonsoir, gros macho

      Il peut y avoir un loup, en effet, comme il peut ne pas y en avoir. Marx lui-même était favorable à un revenu minimum pour libérer, au moins partiellement, l’homme de la servitude d’un travail aliénant.


    • julius 1ER 3 septembre 2015 08:28

      @JL


      bien sûr tu dénonces !!!!!!!!!! mais au niveau des propositions ..... zéro pointé !!!!!

    • JL JL 3 septembre 2015 09:02

      Julius,


      Des propositions ? Je ne passe pas mon temps à rabâcher.

      Mon premier article sur ce site il y a plus de 8 ans déjà, en disait long sur au sujet de mes propositions.

      Et dans mes quelques 28000 commentaires qui ont suivi, je n’ai pas fait que dénoncer.

      Alors ton zéro pointé, tu te le mets où tu veux, mais pas chez moi.

    • Fergus Fergus 3 septembre 2015 09:08

      Bonjour, gros macho

      Je ne pense pas que cette définition - en grande partie liée au travail harassant du 19e siècle - soit au centre des réflexions conduites par les promoteurs du RME qui réfléchissent aujourd’hui à l’organisation de la société de demain. 


    • JL JL 3 septembre 2015 09:11

      Tiens, mon com de ce matin aurait-il été censuré ?


      Voyons ce que je disais à Fergus : dans vos deux approches, je ne vois que deux carottes. Vous avez déjà vu le Medef se préoccuper le la culture des masses laborieuses ? Pfff !

      Dans mon approche à moi, je vois surtout un moyen utile au Medef pour faire baisser ce qu’il appelle le coût du travail et en même temps se libérer des contraintes administratives et prud’homales relatives aux licenciements.

      « Le libéralisme économique préside tous les imaginaires » (Edouard Glissant) . 

      Oui, surtout l’imaginaire des socialistes dont la complaisance à ces idées est impressionnante !

    • Fergus Fergus 3 septembre 2015 09:33

      Bonjour, JL

      Si un commentaire a disparu, je peux vous assurer que je n’y suis pour rien.

      « Vous avez déjà vu le Medef se préoccuper le la culture des masses laborieuses ? Pfff ! »

      Précisément, il y a une énorme différence entre l’approche archaïque et égocentrée des patrons français et celle, plus pragmatique dans ses rapports avec les salariés, des pays du nord de l’Europe. Or, ce sont eux qui sont les plus avancés dans la définition des rapports sociaux dans la société de l’avenir. Sans doute faut-il voir les expériences à venir aux Pays-Bas et en Finlande sous cet angle.


    • JL JL 3 septembre 2015 10:14

      • Demain, ils maudiront les effets dont ils chérissent aujourd’hui ce qui en sera la cause.
      Mais pour les politiques de tous poils, c’est pain béni : ça leur fera du grain à moudre. Un peu comme les malfaçons, dans le domaine du Bâtiment.

    • Fergus Fergus 3 septembre 2015 10:23

      Bonjour, gros macho

      Il est aussi très attentif à son chiffre d’affaires, et s’il fait du bon pain, il sait qu’il aura une clientèle élargie. La motivation n’est pas uniquement dans l’accomplissement du travail, mais aussi dans les revenus que l’on peut en tirer pour vivre décemment et bénéficier d’activités de loisirs.


    • JL JL 3 septembre 2015 11:41

      ’’Ce qui est m’inquiète est qu’un ultra-libéral de chez ultra-libéral dans le pays le plus ultra-libéral de chez ultra-libéral, propose cette solution de revenu universel. Elle est très séduisante comme l’est Satan le séducteur. Il y a forcément un loup mais nous sommes trop aveuglés par l’emprise du Malin pour le voir.’’

      Et ces types sont viscéralement opposés à l’impôt progressif, quand ce n’est pas à l’impôt tout court.

      Il faut être sacrément naïf si ce n’est pas idiot, pour croire que ceux qui vont se décarcasser pour gagner plus accepteraient de payer pour ceux qui ne foutraient rien !

      Alors, qui paierait ? C’est là qu’est le loup, c’est clair.



    • Philippe Stephan Christian Deschamps 3 septembre 2015 13:55

      @JL
      .
      je parlai du RE pas du RU il y a aussi le RdB revenu de base
      chiant toutes ses lettre


    • JL JL 3 septembre 2015 14:29

      @Christian Deschamps,

       
      tout ça c’est la même chose, non ? 

      Sauf bien sûr, pour ceux qui se construisent des chapelles avec cette idée. Mais qu’est-ce que ça change au fond ? Aussi longtemps qu’aucun d’entre eux ne se sera prononcé pour une taxation réellement progressive des revenus pour financer la chose, ça restera, au mieux que miroir aux alouettes, au pire un outil d’asservissement et de destruction de plus au service des puissants.


    • Jean 2 septembre 2015 08:54

      Bonjour, j’ai entendu que la Finlande allait aussi faire cette expérience mais avec carrèment plus de 2000 personnes ( une petite ville là bas).
      Attention cependant, j’ai entendu aussi que les autres prestations sociales dont la sécu serait supprimée.
      Merci de votre article


      • Fergus Fergus 2 septembre 2015 09:27

        Bonjour, Jean

        En effet, la Finlande, déjà au top des méthodes éducatives en Europe, entend, comme je l’ai indiqué dans l’article, se lancer dans ce type d’expérience sous la houlette du gouvernement centriste sorti des urnes au printemps. Et sans doute de manière plus radicale qu’aux Pays-Bas. Mais toutes les modalités ne sont pas encore arrêtées et a fortiori validées par les autorités. A suivre...


      • Jean 2 septembre 2015 09:56

         @Fergus
        « comme je l’ai indiqué dans l’article » exact, excusez moi, j’ai lu trop vite.


      • gruni gruni 2 septembre 2015 09:07

        Bonjour Fergus


        Sujet polémique, l’assistanat. Aider des gens en difficultés, c’est juste. Mais en faire des assistés à vie, ce n’ai pas à mon avis une solution souhaitable. Sauf si ne pas travailler est un choix, dans ce cas il devra être assumé. Ce RME, ne serait-il pas aussi un moyen de mettre le chômage sous le tapis. Par contre, dans l’avenir, si le robot devient le travailleur dominant, un revenu minimum d’existence sera peut-être la seule solution.

        • Fergus Fergus 2 septembre 2015 09:38

          Bonjour, gruni

          « en faire des assistés à vie »

          Dès lors qu’une allocation est universelle, ses bénéficiaires ne peuvent plus être considérés comme des assistés. Elle entre alors dans la même logique que la gratuité des soins ou de l’école.

          Et rien ne démontre que les bénéficiaires d’Utrecht - ou d’ailleurs lorsque se mettront en place les expériences envisagées - choisiront la voie de l’oisiveté. L’expérience réalisée durant 5 ans à Dauphin dans le Manitoba (mais également pour partie à Winnipeg) a très largement montré que cette crainte était infondée, ce que croient également les élus d’Utrecht sur la base d’enquêtes faites par les universitaires de l’UCU.

          Pour ce qui est de la robotisation (et l’informatisation), elle est en marche accélérée, et il ne faut pas se faire d’illusions : il n’y aura plus d’emploi à plein temps pour tout le monde dans l’avenir. Il est donc temps d’imaginer la société de demain et de s’y préparer.


        • Pascal L 2 septembre 2015 17:22

          @Fergus
          « il n’y aura plus d’emploi à plein temps pour tout le monde »

          Celà est également une illusion. Le chômage de masse est une marque du mauvais fonctionnement de note monnaie. Il n’y a plus d’emploi pour tout le monde parce que notre société ne veut plus financer l’emploi. Nous nous trompons complètement sur le sens de la richesse. Si nous considérons qu’un environnement sain, la santé ou l’éducation ont un peu de valeur, il est alors possible de créer un monnaie qui va financer cet enrichissement qui ne peut se faire que par du travail. Il faut juste placer les contreparties de la création monétaire au bon endroit.

        • Fergus Fergus 2 septembre 2015 17:35

          Bonjour, Pascal L

          Je ne crois pas, malheureusement, que - sauf révolution - nos sociétés aient le courage de changer totalement de schéma pour privilégier de l’activité non marchande. Or, exception faite de l’environnement, c’est essentiellement dans le domaine du service aux personnes que se concentrera l’emploi. Insuffisant, à mon avis, pour donner à tous un job à plein temps.

          Et ce n’est pas une question de monnaie : quelle que soit la monnaie, elle ne pourra pas agir sur la création d’emplois, sauf à donner l’illusion de la richesse et à payer des emplois plus ou moins utiles avec des virements sans valeur.


        • Mr.K (generation-volée) Mr.K (generation-volée) 2 septembre 2015 17:46

          @Pascal L


          « Il n’y a plus d’emploi pour tout le monde parce que notre société ne veut plus financer l’emploi. »

          Mais de quels emplois parlez vous ?

          Les services à la personne ? Oui ils encore de beaux jours devant eux mais 
          la robotisation touchera dans les 50 prochaine année ce secteur, une fois mis au point les « robots nurses » seront vite plus rentable. Sans parler que c’est une evolution de supprimez la tache dégradante de torcher le cul d’un parfait inconnu ou de se le faire torcher par un parfait inconnu, de magnifier le jardin d’un autre sans avoir le temps de bichonner le sien etc.

          La dépollution ? Grand chantier du XXIeme mais qui, de part les risques sanitaire, doit impérativement être robotiser.

          Citez moi donc tout ces emploi non aliénant qui sont à notre portée ?


          Non l’emploi n’a plus d’avenir et seuls ceux qui ont un « emploi » qui leurs plait on du mal à envisager une vie sans. Ces gens là oeuvrent et voudraient imposer labeur à autrui.




        • Fergus Fergus 2 septembre 2015 18:49

          Bonjour, Mr.K (generation-volée)

          Sans partager votre vision si pessimiste, je suis globalement d’accord avec vous.


        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 2 septembre 2015 19:28

          @Fergus
          Ces bateaux remplis de containers, sont pleins de produits fabriqués dans des pays à bas salaires.
          95% de tous les objets que vous avez autour de vous, sont fabriqués ailleurs.


          1- l’esclavage ne vous gêne pas du tout.
          2- vous décidez qu’il n’y aura plus de travail, ces photos montrent que le travail se fait ailleurs.
          3- vous ne cherchez aucunement les conditions qui permettraient de rapatrier tous ces emplois en France.
          4- vous préférez partager la misère. Amen !

          Conclusions :

          1- Une économie délocalisée n’est pas une économie.

          2 - Vous cherchez désespérément des idées qui puissent faire accepter cette Europe du chômage, de la précarité et de l’exclusion sociale. Comme les curés faisaient avec le Paradis pour que les ouailles acceptent leur triste sort.

          3- Vous êtes le prototype du naufrage de la Gauche euro-atlantiste française.


        • Pascal L 2 septembre 2015 20:00

          @Fergus
          Pour la monnaie, vous faites fausse route. Le lien entre le chômage de masse et le fonctionnement actuel de la monnaie a été démontré depuis les années 90 grâce aux travaux de Steve Keen. Avec un tel fonctionnement, le chômage est la variable d’ajustement de notre économie au même titre que la pénurie régulait les économies socialistes. La quasi-totalité de la circulation monétaire se fait aujourd’hui avec une dette en contrepartie. Le paiement des intérêts, qui n’a pas fait l’objet d’une création monétaire vient diminuer inexorablement la masse monétaire en circulation. D’un autre côté, le poids du paiement des intérêts pousse également au remboursement et donc à la diminution de la masse monétaire. Et sans monnaie, pas de salaires, donc pas de travail. Pour un fonctionnement équilibré, il faudrait que la dette ne dépasse jamais 30 à 40% du PIB. Nous en sommes très loin maintenant. En favorisant les cycles courts, l’Euro favorise la prédation de la richesse existante plutôt que la production de richesse nouvelle.

           La seule solution pour en sortir est de créer des capitaux pemanents. La contrepartie de ces capitaux peut assez facilement être la richesse que nous allons créer avec ces capitaux (par exemple dans les fonds propres des entreprises).
          Si l’Euro ne veut pas se réformer, on doit pouvoir faire tomber son monopole et travailler avec plusieurs monnaies comme les Suisses le font avec le Franc Wir (10% du PIB suisse en Francs Wir). Si les Etats ne veulent pas suivre, on trouvera certainement dans quelques années des monnaies virtuelles avec des intentions économiques plus saines que ce que nous trouvons maintenant sur le marché. Ces monnaies seront aptes à supplanter les monnaies nationales.

          Le chômage de masse n’est pas une fatalité, mais nous sommes conditionnés à l’accepter. Ainsi, nous n’envisageons plus que des modifications à la marge alors qu’il faut reprendre les fondamentaux.

        • Fergus Fergus 2 septembre 2015 20:11

          Bonsoir, Fifi Brind_acier

          Par chance pour nos activités industrielles, le coût des salaires et le coût du transport permettent d’envisager des relocalisations. Mais il ne faut pas se faire d’illusions, elles ne seront pas suffisantes pour compenser des délocalisations qui, au lieu de se faire vers la Chine et l’Inde se feront demain vers l’Egypte et le Nigéria.

          Pour le reste, je n’aime pas du tout le ton de votre commentaire. Je suis ni plus ni moins responsable que vous de ces délocalisations. Et je n’ai aucune leçon à recevoir sur « l’esclavage » vécu par ces ouvriers lointains, esclavage que j’ai participé à dénoncer à Amnesty International.

          Merci d’aller faire vos prêches ailleurs, chez ceux qui sont les artisans de cette situation, et avec qui je n’ai pas la moindre affinité !

           


        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 2 septembre 2015 20:46

          @Fergus
          Bien sûr que vous êtes responsable, vous ne voulez pas sortir de l’ UE !


          Pour protéger les secteurs stratégiques, il existe un moyen : les quotas.
          Ce sont les Traités européens, les Commissaires européens qui ont ouvert largement les frontières et ont supprimé les quotas. L’UPR propose de sortir de l’ UE et de remettre en place les quotas.

          L’UE a désindustrialisé la France et la PAC est entrain de tuer l’agriculture !
          Vous allez réagir quand ?

        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 3 septembre 2015 09:27

          @Fergus
          Le NAIRU, c’est un indice de la BCE pour que le chômage persiste à un haut niveau.
          Les périodes de plein emploi s’accompagnent toujours d’inflation.
          L’inflation est l’ennemi des rentiers.
          Pour que la dette crache un maximum d’intérêts qui ne soient pas grignotés par l’inflation, faut éviter le plein emploi. D’ailleurs le seul objectif de la BCE dans ses statuts, c’est de maintenir l’inflation en dessous de 2%.
          BCE + NAIRU = chômage de masse.


        • rocla+ rocla+ 2 septembre 2015 09:21

          Bonjour Fergus ,



           Le voilà l’ article polémique , 


           Contrairement à ce que vous pourriez  penser je ne suis pas du tout contre à mener de nouvelles expériences dans ce monde qui évolue .

          Un essai grandeur nature , ou plusieurs essais sur une durée donnée , sont les seuls outils pour évaluer la pertinence d’ une idée .



           Bonne journée à vous .

          • Fergus Fergus 2 septembre 2015 09:42

            @ rocla+

            Polémique, non, mais sujet à débat.

            « je ne suis pas du tout contre à mener de nouvelles expériences dans ce monde qui évolue »

            Je vous croie sur parole ! D’autant plus que les expériences envisagées vont être conduites avec une rigueur scientifique et non de manière empirique dans un cadre idéologique.

            Bonne journée.


          • sarcastelle 2 septembre 2015 09:34

            Y roupille, Spartacus ?? 


            • Fergus Fergus 2 septembre 2015 12:46

              Bonjour, sarcastelle

              Eu égard au thème, il viendra sans doute faire un tour sur ce fil.


            • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 2 septembre 2015 09:37

              « Revenu Minimum d’Existence » ou DIVIDENDE UNIVERSEL ?

              Le Projet Socio-Économique ci-dessous bénéficie de
              l’accord intellectuel et du soutien moral de
              Jacques SAPIR,
              Économiste.

              Refondation du Capitalisme & Instauration d’un Dividende Universel financées ​par l’Épargne.

              INTRODUCTION :

              Depuis la fin des Trente Glorieuses, vers 1975, soit depuis 39 ans, nous avons dû nous accommoder du chômage massif.
              Il serait peut-être enfin temps de remettre en question notre paradigme sur le « Plein-Emploi » qui est devenu une sorte d’Arlésienne...
              Après tant de dizaines d’années de chômage massif, il devient légitime de retenir l’hypothèse selon laquelle l’économie ne pourrait fournir du travail à tous et en tirer les conséquences sans hypothéquer un retour incertain au plein-emploi.
              Sans doute faut-il adopter un nouveau paradigme en la matière qui éradiquerait définitivement le concept même de chômage.

              ¿ Et si la majorité des Français(es) adoptait un paradigme SOCIO-ÉCONOMIQUE réellement innovant et véritablement progressiste ?

              Cependant, au
              Revenu de Base financé par la Fiscalité, sans Refondation du Capitalisme
              on peut préférer le
              Dividende Universel financé par l’Épargne, avec Refondation du Capitalisme

              ​​Refondation du Capitalisme & Instauration d’un Dividende Universel financées ​par l’Épargne.

              Lire le lien, SVP :

              Refondation du Capitalisme & Instauration d’un Dividende Universel ​financées ​par l’Épargne.
              http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/3/40/47/56/Refondation_du_Capitalisme_et_Dividende_Uni versel_Sincerite.pdf

              Refondation du Capitalisme & Instauration d’un Dividende Universel financées ​par l’Épargne.

              RÉSUMÉ :

              Le Parti Capitaliste Français ( PCF ) propose une synthèse socio-économique permettant d’instaurer une authentique compatibilité entre compétitivité et cohésion sociale ; entre compétitivité et solidarité.

              Ce projet de « Refondation du Capitalisme et de création d’un Dividende Universel » se compose d’un Objectif Principal et de deux Objectifs Spécifiques qui découlent de l’objectif principal.

              Objectif Principal :
              Acquisition Citoyenne & Collective du Pouvoir Économique
              Par un effort préalable d’épargne soutenu, les « démunis » (par opposition aux « nantis ») acquerront collectivement des actions du capital des entreprises du secteur marchand, banques incluses.
              Cette participation au capital pourra être minoritaire (minorité de blocage) ou majoritaire.

              Objectifs Spécifiques :
              I)
              Transformer le « capitalisme ordinaire » en un véritable Capitalisme Écologique, Anthropocentrique, Philanthropique et Équitable.
              Les représentants des « démunis », démocratiquement élus, géreront ce patrimoine financier de manière à infléchir Recherche, Développement, Production & Commercialisation des entreprises contrôlées : Refondation du Capitalisme.
              II)
              Faire bénéficier chaque citoyen, même mineur, d’un Dividende Universel évolutif qui, de facto, éradiquera définitivement le concept même de chômage ainsi que celui de la « lutte des classes ».
              II.1)
              À terme, les profits des entreprises sous contrôle des « démunis » seront partiellement distribués à l’ensemble des « démunis » sous forme de Dividende Universel.
              II.2)
              a) Ceux qui le souhaiteraient pourraient s’arrêter de travailler et se satisfaire du Dividende Universel.
              b) Ceux qui souhaiteraient gagner plus que le seul Dividende Universel pourraient travailler dans l’économie marchande et, éventuellement, y gagner des rémunérations faramineuses sans plus jamais être accusés d’exploiter qui que ce soit.
              II.3)
              Si plus personne ne souhaitait travailler dans l’économie marchande, celle-ci s’effondrerait totalement et, avec elle, le patrimoine accumulé des « démunis » deviendrait stérile et interdirait le bénéfice du Dividende Universel (Auto-régulation automatique : Activité économique / Dividende Universel).

              ​On n’ose imaginer que l’Humanité serait si stupide pour se lancer dans cette dernière voie suicidaire ! ! !​

              = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = =

              L’addendum ci-dessous apporte la preuve, a contrario, de la pertinence du projet ci-dessus.

              ​Addendum :
              À partir de 1989, la Russie aurait pu mettre en œuvre le projet ci-dessus en s’évitant la phase d’épargne incluse dans cette proposition puisque tout le « capital social » des entreprises était depuis longtemps la possession de l’État et, donc, du peuple russe.

              Lire le lien, SVP :
              Pauvre peuple russe : Spolié en 1917 et en 1991 !
              http://www.sincerites.org/2014/08/pauvre-peuple-russe-spolie-en-1917-et-en-1991.html

               = = = = = = = =
              ​Post-scriptum :
              ​Fondation Capitaliste Virtuelle : Bilan 2001 - 2014

              http://www.sincerites.org/2015/02/fondation-capitaliste-virtuelle-bilan-2001-2014.html

              = = = = = = = =
              La chance de Cuba : son Économie d’État !
              http://www.sincerites.org/2015/05/la-chance-de-cuba-son-economie-d-etat.html


              • Fergus Fergus 2 septembre 2015 09:53

                Bonjour, Jean-Pierre Llabrés

                Tout cela est, à ce niveau de réflexion, très technique. A ce propos, merci pour les liens.

                Personnellement, si je suis évidemment très partisan du Dividende Universel, je pense qu’il est difficile à mettre en place dans la mesure où il n’a aucune chance de voir le jour tant qu’existe une domination politique libérale. Il implique donc préalablement une révolution des esprits débouchant sur des changements électoraux significatifs, non seulement dans notre pays, mais également chez plusieurs de nos voisins.

                Sur le fond, les deux systèmes n’en ont pas moins de fortes convergences en cela qu’ils contribuent à libérer les hommes des contingences emploi/chômage telles que nous les connaissons aujourd’hui. A cet égard, Sapir a raison dans le constat qu’il fait dans ce domaine et qui se traduit, dans sa parole par la nécessité de définir pour l’avenir un nouveau paradigme. Cela rejoint d’ailleurs ce que je viens d’écrire plus haut en réponse à Gruni.

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