Dans de nombreuses révolutions après l’euphorie de la liberté, nous avons vu apparaître un retour à l’ordre terrible, et toujours au nom des principes de la révolution.
L’état de droit se définie comme
« La primauté du droit est une situation juridique dans laquelle chacun est soumis au respect du droit, du simple individu jusqu'à la puissance publique. »
Cette notion, d’origine allemande (Rechtsstaat), a été redéfinie au début du vingtième siècle par le juriste autrichien Hans Kelsen, comme un Etat dans lequel les normes juridiques sont hiérarchisées de telle sorte que sa puissance s’en trouve limitée. Dans ce modèle, chaque règle tire sa validité de sa conformité aux règles supérieures. Un tel système suppose, par ailleurs, l’égalité des sujets de droit devant les normes juridiques et l’existence de juridictions indépendantes.
La genèse de cette notion est beaucoup plus ancienne, elle remonte au moins au droit romain,
Mais le principe d’égalité de tous devant le droit est beaucoup plus récente, ce principe fut posé par la révolution américaine mais surtout par la révolution française. L’ancien système superposé trois droits ( pénal, civils et fiscal) pour le tiers état, pour la noblesse et pour le clergé et pour compliquer nous avions les particularismes régionaux. La révolution par la nuit du 4 Août et par la déclaration des droits de l’homme et du citoyen créa un concept de citoyen tous égaux devant les tribunaux.
Mais après cette période béni de la révolution, la période obscure de la terreur lui succéda.
Dans de nombreuses révolutions après l’euphorie de la liberté, nous avons vu apparaître un retour à l’ordre terrible, et toujours au nom des principes de la révolution, sauf dans les révolutions de certains pays ex communistes d’Europe orientale.
Alors pourquoi ce balancier ? Dans des sociétés traditionnelles, avec peu d’accès à la culture et à l’éducation, avec un pouvoir et la famille du pouvoir tout puissant, la création d’un état de droit, fut-il à nos yeux rétrograde, est une avancée.
En Libye, remplacer le pouvoir absolu de Kadhafi, un système juridique totalement arbitraire par la charia est, même si cela est terriblement choquant, un pas vers un état de droit, tous les Libyens sont jugés par les mêmes lois (certes terriblement rétrograde).
Pendant la révolution française, l’instauration de la citoyenneté de droit aboutie à la terreur.
Alors les révolutions sont-elles condamnées à une période obscure plus ou moins longue ? Oui et non, tout dépend le niveau de développement du pays de la révolution. C’est ma théorie, elle est peut-être en partie erronée, mais plus une société est d’un point de vue médicale, éducative et économique, dure avec les individus, plus la survie de l’individu, de la famille n’est pas garantie, plus l’état de droit protège la société et la famille au détriment de l’individu.
En France de 1790, la Russie de 1917 et la Libye de 2011 ont cherche à garantir la survie de la société en négligeant l’individu. La terreur et la charia sont là pour garantir la tranquillité du groupe en faisant disparaître le moi individuel.
En France, le respect de la personne, la reconnaissance de l’individu s’est étalé sur plus d’un siècle. La révolution de velours tchèque de 1989 n’est possible que parce que le pays a un certain niveau de soins médicaux, de développement économique et d’éducation, la révolution a pu se faire tout en reconnaissant le droit à l’individu d’être lui-même et non uniquement une partie d’un groupe.
En Tunisie, pays du Maghreb relativement développé, ce sont des islamistes dit modérés qui ont remporté une majorité relative. En Libye, pays arabe tribal, c’est la charia et la charia est là pour assurer la pérennité du groupe en niant l’individu (et surtout la femme qui n’existe que pour enfanter et garantir la pérennité du clan).
Le droit n’est que le reflet de la société, il la protège quand son existence est en jeu au détriment de l’individu, souvenez-vous des lois liberticides américaine au lendemain du 11 septembre.

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