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Accueil du site > Actualités > Société > Révolution silencieuse

Révolution silencieuse

De ce qui est en train de se passer, on ne voit que des signes : disparition de journaux, émissions de téléréalité, actes de violence dans les écoles, portrait de Jean-Marie Le Pen sur les écrans en lieu et place du portait de Lionel Jospin le soir du deuxième tour aux dernières présidentielles.

Derrière ces signes, de l’indignation et des explications. C’est la faute à... Sur le banc des accusés, le capitalisme, le libéralisme, la perte des valeurs, la permissivité. Les privilégiés de la parole parlent, et la France silencieuse écoute.

France silencieuse se lève tôt le matin pour un boulot qu’elle déteste mais auquel elle tient autant qu’à sa vie, parce qu’elle y gagne sa vie. France silencieuse possède des objets : un radioréveil, une radio, une télé, un autoradio, qui l’accompagnent et lui disent en gros qui elle est, et ce qu’il y a autour d’elle. Elle possède également deux objets qui boivent un liquide qui provient des sous-sols du Sud et de la Mer du Nord : un engin qui lui permet de se déplacer et un appartement qu’elle quitte tous les matins pour se déplacer justement avec l’engin en question. Le soir, France silencieuse fait des projets, sorties, resto, qui en général tombent à l’eau, mais peu importe, elle était fatiguée, elle et son porte-monnaie sont souvent fatigués. Alors elle fait la jonction jusqu’à la nuit avec Canal, Frédéric Beigbeder, le 20 heures, le film. Libé, il y a longtemps qu’elle ne l’achète plus, il finissait trop souvent dans la poubelle, pas même déplié.

Ce sont à peu près les règles du jeu : tu bosses et tu écoutes les privilégiés qui, au micro ou face à une caméra, te disent ce qu’il faut que tu penses. On peut ajouter quelques variations, France silencieuse a un mec qui ronfle la nuit pendant qu’un type à la télé lui dit que quatre rapports par semaine, c’est la norme ; elle a un gosse qui s’est fait coller au collège pour acte de violence. France silencieuse approuve, sauf qu’un matin elle s’est mise sur le pèse-personne en tenant le cartable de son gosse et elle a fait une simple soustraction. Ensuite elle a fait une règle de trois. France silencieuse s’est alors vue portant un sac de ciment toute la journée, et s’est dit que quelque chose ne tournait pas rond. Au flash de sept heures, on ne parle pas du sac de ciment mais on parle de l’école : actes d’insubordination, préavis de grève. Et si la vraie violence c’était ce sac que porte son gosse sans rien dire ? Un coup de fil interrompt les méditations de France silencieuse, son banquier : "Vous travaillez dans le privé, il faut qu’on voie pour votre retraite, on a des produits pour ça..." Ben oui, ma retraite, je cotise pour les fonctionnaires, je cotise pour les hommes politiques, faudrait aussi penser à moi ?

Mon Dieu ! Pardonnez-lui, ça lui a échappé, cette dernière phrase, on peut pas l’effacer ? Pourquoi l’effacer ? Parce que c’est pas bien, de dire des choses comme ça, ça ferait pas plaisir au radioréveil, à la radio et à l’autoradio. C’est vilain, c’est facho, c’est facile.

Mais si France silencieuse ne dit pas ce qu’elle ressent, qui le dira ? Peu importe que ses idées soient fausses ou justes, elles posent problème. Et puis dire les choses sans être rangé ici ou là-bas, c’est comme un début de solution, peut-être qu’un média comme AgoraVox serait un début de solution, pour France silencieuse.


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70 réactions à cet article    


  • Céline (---.---.200.22) 18 octobre 2006 11:15

    Je ne partage pas les resentiments, ni les impressions de cette « France silencieuse » (celle de l’article). Cependant je trouve cette article très bien car il me permet de comprendre ce que toute une partie des gens ressentent. Peut être effectivement que si chacun se sentait entendu cela irait mieux pour tous !!!


    • ropib (---.---.27.229) 18 octobre 2006 11:37

      C’est mignon...


      • LE CHAT (---.---.75.49) 18 octobre 2006 11:58

        France silencieuse fait partie de la france d’en bas ,celle qui vit au jour le jour , la france qui a dit NON rien que pour emmerder les gens de la France d’en haut ,Celle qui a le blues parce qu’elle s’aperçoit que son pouvoir d’achat dégringole alors que les politiciens lui disent chaque jour le contraire , la france qui en a marre de la bienpensance et du politiquement correct , qui se fout completement du génocide arménien et pense que nos politiciens n’ont vraiment rien à faire pour légiférer sur le passé alors que le futur est angoissant .

        2007 sera un séisme encore plus puissant que celui de 2002 France silencieuce n’acceptera pas qu’on lui impose un second tour sarkozy-sarkozette


        • gem (---.---.117.250) 18 octobre 2006 12:08

          pfff... c’est pas France silencieuse, c’est France qui s’écoute parler, Dominique qui se regarde écrire... des poncifs. Plus bavard tu meurs.


          • ropib (---.---.27.229) 18 octobre 2006 15:12

            Non non... je crois que la France c’est lui.

            Bon faut vraiment que je me fasse apatride moi, j’commence demain.


          • DEALBATA (---.---.166.140) 18 octobre 2006 12:22

            La solution ne peut pas venir du peuple, on l’a longtemps cru mais l’illusion se dissipe. Il faut se rendre à l’évidence : la démocratie est un leurre, un concept artificiel, qui renvoi chacun d’entre nous à son incompétence et à sa médiocrité. Comment la base pourrait-elle comprendre le sommet ?

            Oui, je sais, c’est celui qui dit qui y est. Mais quand on en a conscience, on sait que le salut ne peut venir que d’en Haut.


            • turlututu (---.---.184.187) 18 octobre 2006 14:54

              Je suis d’accord à un détail près... avez-vous conscience, « qu’en haut » on a que faire « d’en bas », et que de plus, ceux « d’en haut » ont bien trop souvent des comportements que certains n’hésitent pas à qualifier de « maffieux ».

              La base comprend, que ceux « d’en haut » sont tombés bien bas...


            • Xavier (---.---.148.35) 18 octobre 2006 20:35

              La France d’en Haut devrait se faire le hérault du Bas, et non pas son héros. C’est là (-haut) que le bât blesse.

              France silencieuse en a ras le bol des socialistes d’en haut qui se font des coups bas et nivellent la France par le bas.

              France silencieuse a peur de Sarko qui abat nos idéaux sur fond de rupture

              France silencieuse se dit que Bayrou a dit tout haut ce qu’elle pense tout bas. France silencieuse, lorsqu’elle se fait France d’en bas, ne veut pas voir mourir la classe moyenne qui lui porte l’espoir. France silencieuse, lorsqu’elle se fait France du milieu, a peur que l’on tire le tapis de sous ses pieds. Le prochain vote de France silencieuse pourrait fort bien être mi-contest-à-terre, mi-motivé. Pour la France, ce serait une sortie « par le haut » des prochains combats.


            • renato 8 mai 2007 15:16

              ce n’est pas le salut qui viendra de la France d’en haut mais le chaos actuellement le gâteau ( le terre ) est vampirisé par quelques nations pour assurer le développement des États unis, Europe chine inde il faudrait les ressources d’une 10 de terre et il n’y en a qu’une un gâteau si une part est de 70% il n’en reste pour les autres 30% et un jour ils viendront réclamer leur dû


            • jako (---.---.21.70) 18 octobre 2006 12:24

              Bravo, j’aime bien cette chronique qui ressemble tellement à la réalité


              • aebc (---.---.53.119) 18 octobre 2006 13:19

                Bravo...bravo...bravo....


                • aebc (---.---.53.119) 18 octobre 2006 13:24

                  ...mais à l’occasion inscrivez vous à un concours categorie de la fonction publique après votre échec vous aurezp>


                • aebc (---.---.53.119) 18 octobre 2006 13:35

                  categorie A Plus de respect pour les fonctionnaires


                • sigefroid (---.---.205.3) 18 octobre 2006 13:41

                  Sympathique ce texte ... mais n’oublions pas que s’il elle veut, le pouvoir émane de la Nation ... La France évoquée est la Nation ... Et vous pouvez franchement sortir des frontières et destiner votre texte à toute l’Europe molle, fatiguée, vieillissante, taillable et corvéable à merci pour une aristocratie bureaucratique européenne qui n’a d’autre projets à offrir que directives que personne ne lit, des pseudo discours politiques de parlementaires européens qui se taillent les meilleurs revenus et les meilleures retraites et que personne n’écoute, une classe dirigeante « démocratique » qui s’attribue des privilèges et des Offices d’Ancien Régime et le bon peuple dont la condition sociale glisse insensiblement mais sûrement vers les conditions des ouvriers Chinois ... Il y a trop à faire ... et les héros sont fatigués.


                  • anto (---.---.178.10) 18 octobre 2006 13:41

                    c’est un chouette texte. bravo.

                    cette France silencieuse qui oscille entre dépit et indifférence est vraiment déprimante. Cependant il faudrait un évenement extérieur trés fort pour la sortir de son marasme. ce n’est pas parce qu’elle se rend compte de son état qu’elle fera quelque chose pour y remédier.


                    • ropib (---.---.27.229) 18 octobre 2006 14:07

                      Pour remédier au poids des cartables vous voulez dire ?

                      Et oui tout se perd... à quand des hordes dans la rue exigeant de la fonction publique qu’elle travaille gratuitement ? fff tous ces professeurs qui usent la future génération à coups de livres par unique goût de sadisme.


                    • anto (---.---.178.10) 18 octobre 2006 14:24

                      heing ? je dois avouer que j’ai du mal à faire le lien.

                      Vous pensez sans doute avoir à faire à un révolutionnaire frustré quoique je ne puisse proposer que des conjectures quand au sens de votre réaction. En tout cas, on peut difficilement manier l’ironie avec moins de finesse. Mais ne vous donnez pas la peine de répondre je pense que j’ai repéré un adepte du monologue.


                    • ropib (---.---.27.229) 18 octobre 2006 15:09

                      @anto

                      Pardon ? Heu... les questions ironiques n’appellent pas de réponses je crois. Peut-être finalement que c’était en effet trop fin.

                      Non je ne comprends pas bien comment on peut trouver cet article intéressant qui part de débuts de constatations pour en arriver à la platitude. De la preuve du début d’ailleurs : tout le monde est tellement excédé que nous en sommes arrivés à vouloir nous battre sur la première cause venue.

                      Pour continuer dans mon ironie plombée (c’est peut-être de l’humour noir)... il faudrait exterminer ces enfants qui portent de toutes façons des sacs trop lourds (un peu comme les chevaux qui ont un patte cassée). Ca permettrait de libérer les forces vives de la nation.

                      Après tout vous avez peut-être raison... le privé sacrifié et le sac de ciment sont les prémices d’une révolution épanouie.

                      Je me rends compte que peut-être c’est l’auteur qui a écrit une fin ironique et plus fine que moi. Bah, le ridicule ne me tuera pas.


                    • ropib (---.---.27.229) 18 octobre 2006 15:36

                      @anto

                      Je n’avais pas compris en fait... excusez moi. En tant qu’adepte du monologue de confrontation je n’avais pas saisi votre idée du dialogue dans votre coin.

                      Ben non en fait, j’avoue ma faute je croyais qu’on allait pouvoir discuter et mon ironie n’était pas marquée deu sceau du mépris. D’ailleurs, en étudiant les classiques, l’ironie n’est-elle pas toujours un appel au dialogue ?


                    • anonyme (---.---.117.194) 18 octobre 2006 19:02

                      Après 20 années de formation en réalité virtuelle dans les salles de classe de l’education nationale, le reveil est difficile, voire impossible.


                    • (---.---.9.230) 18 octobre 2006 14:13

                      @ DEALBATA,

                      Qu’est-ce qui vous fait croire que vous êtes au-dessus (nécéssairement au dessous vu le ton du commentaire) du Peuple que vous méprisez tant ? Le peuple c’est forcément les autres. Mais êtes-vous si sur de faire partie des compétents et des aristoï ?

                      Le salut ne peut venir que d’en Haut. Qu’est-ce à dire ? Dieu (une théocratie) ? Une oligarchie (Trotsky, Pol Pot, Staline, Chavez, Castro) ? Un bon fascisme de derrière les fagots ?


                      • (---.---.142.250) 18 octobre 2006 14:25

                        France silencieuse, France incomprise ?

                        Et, tel que c’est parti, ce n’est pas demain la veille que nous pourrons espérer un changement !

                        Quant j’écoute ou lis les uns les autres, boudions ! j’en vois vraiment pas le bout !

                        Pire, une dégradation est à prévoir, vu le grand écart de nos dirigeants pour s’occuper de l’inutile !

                        Alors le concret... c’est nous qui nous en chargeons ! tous les jours ! chut ! faut pas le dire et leurs laisser croire le contraire, ils vont se vexer...

                        Regardez tout le mal qu’ils se donnent pour justifier leurs raisons d’être pas grand-chose !

                        Alors, rien ! pas même un silence !...

                        Parce que notre silence lui, a un poids démesuré, une force inestimable ! Supposons que 80 % des citoyens n’aillent pas voter ! Patatras boum !

                        Enfin de compte, c’est nous le contre-pouvoir absolu !

                        Et, s’ils s’obstinent à ne pas instaurer, entre autres, un contre-pouvoir, qui soit digne d’une vraie démocratie, alors ce sera le perpétuel conflit.

                        Nous avons déjà perdu beaucoup trop de temps. Les solutions existent.

                        Mais, ils s’y retrouvent beaucoup mieux dans leurs cacophonies... Au moins, cela fait du bruit, pour ne pas entendre notre silence...

                        Philgri


                        • ropib (---.---.27.229) 18 octobre 2006 16:00

                          Le silence a très peu de poids. D’ailleurs combien de révolutions silencieuses dans l’histoire ? Et combien de dictatures bavardes ?

                          D’autre part qui voulez-vous d’autre pour s’occuper du « concret » (j’imagine que vous voulez parler du quotidient) plutôt que vous ? A partir du moment où nous nommons des gens pour nous représenter ce sera à eux de décider, mais dites-vous que c’est bien pratique car si c’était à vous de vous occuper de diplomatie avec la Russie ce serait très dur. Imaginez que votre gaz vient de Russie, que Poutine vient en France pour se faire mousser (genre recevoir une légion d’honneur ou un truc comme ça) et qu’il peut lui passer à travers la tête d’arrêter la livraison... ben tout de suite la diplomatie devient vachement concrète étrangement. Alors bien sûr vous n’avez peut-être rien à faire du statut de GDF ou Suez et ça vous parait de la manipulation ce dossier mais dites vous que peut-être il y a d’autres gens pour qui c’est très concret.

                          Je ne propose pas de rester dans le système actuel, bien au contraire. J’essaye d’apporter un contrepoint pour faire avancer la réflexion... attaquer des personnes qui globalement s’investissent dans la société je trouve ça dommage et les solutions existantes ne sont peut-être pas si évidentes, enfin moi (tout petit d’homme, bas du front si vous voulez) je ne les connais pas.


                        • (---.---.142.62) 18 octobre 2006 20:00

                          Que je comprends bien votre point de vu, surtout s’il est de bonnes fois !

                          Hélas, force est de constater les échecs successifs des différentes politiques menées depuis l’après-guerre.

                          Nous sommes bien dans une spirale infernale, qui nous entraîne dans des bas fonds inconcevables.

                          Vos exemples démontrent la faiblesse de nos capacités à faire face aux enjeux d’aujourd’hui, prévus depuis un petit moment déjà.

                          Nos démocraties sont incapables de répondre au mieux vivre de la population mondiale, ni aux défis des enjeux de demain.

                          Le rapport de force reste la seule méthode. Il en résulte une soumission au plus fort ! inacceptable, conflictuel.

                          Dessiner demain, est-il de laisser sur le carreau les trois quarts de la population ? c’est ce que nous faisons depuis un demi-siècle !

                          Il y a des solutions, mais les profits effacent les bonnes volontés. Et tous les gros problèmes ne peuvent se régler que sur le plan international auquel nous n’avons aucun levier.

                          Les visions sont primaires et les philosophies n’ont servi à rien. Aucune grandeur dans les idées et l’humain est à la dérive.

                          Et nous entendons encore, c’est la droite, c’est la gauche, alors qu’ils n’existent plus depuis belle lurette ! Ceux qui y croient encore vont être les premiers déçus des prochaines présidentiel.

                          L’Europe qui n’avance pas dans la bonne direction est impuissante, impotente, inconsciente, inutile.

                          D’autre part, le silence a bien plus d’importance contrairement à ce que vous pensez. En effet, il n’y aurait jamais eu les 7 notes s’il n’existait pas !

                          Il nous faudra bien plus que de la bonne volonté, pour faire face à notre survie. La démocratie est a revoir dans sa globalité et la complexité est l’une des trémières erreurs de notre civilisation. Mais pourquoi faire simple... ?

                          Philgri


                        • Xavier (---.---.148.35) 18 octobre 2006 20:56

                          D’ailleurs combien de révolutions silencieuses dans l’histoire ?

                          C’est sans doute anecdotique pour le français moyen, mais un exemple a eu lieu en Thailande en début d’année, avant le coup d’état (plus démocratique et populaire que le gouvernement déposé, soit dit en passant). Une participation minimale étant requise pour valider certains votes, un appel au boycott des élections avait réussi à bloquer le gouvernement de Shinawatra.

                          ...un exemple (par trop) rare, ou peut-être une exception à la règle...


                        • ropib (---.---.27.229) 19 octobre 2006 12:56

                          @anonyme « Mais pourquoi faire simple... ? » quand on peut faire compliqué j’imagine. Et bien parce que la simplicité n’existe pas par exemple. Quand on en appelle au « bon sens » on signifie à l’autre qu’on considère avoir raison une bonne fois pour toute et que ce n’est pas la peine de discuter. Sinon une guerre c’est simple.

                          @Xavier Vous parlez d’une révolution qui aboutit à un coup d’état en moins d’un an et vous parlez de silence ? Les révolutions se jugent à partir du moment où l’ancien ordre est anéanti et un nouvel ordre est en place, et dans « nouvel ordre » il y a « ordre ». C’est moche mais c’est comme ça. Pour la suite effectivement on ne sait pas encore vraiment sur quoi ça va déboucher mais l’espoir est permis. (en passant merci pour le « moyen », ça fait plaisir smiley )


                        • Xavier (---.---.148.35) 19 octobre 2006 13:44

                          Bonjour Ropib.

                          Pour le francais « moyen », ce n’est pas une attaque contre vous ou contre quiconque. Ayant vécu en Thailande et ayant une compagne thailandaise, je me rends compte de la méconnaissance que l’on peut avoir vis-à-vis de pays si distants (ceci dit, il n’est pas indispensable d’aller si loin pour trouver des pays dont on est ignorant). En fait, votre commentaire semble aller dans le sens de cette méconnaissance, mais je m’explique...

                          Ce n’est pas cette révolution silencieuse qui a amené un coup d’état. Suite à l’échec des élections qu’il pensait remporter haut la main, Thaksin Shinawatra a décidé de revenir sur le siège de 1er ministre qu’il avait fini par céder sous la pression de la rue (des « sittings » silencieux bien différents de nos manifs CGTistes). On doit préciser aussi que dans certains villages de Thailande (dans le nord et le nord-est, des provinces pauvres) le TRT, le parti de Thaksin, a donné de l’argent à la population en échange de promesses de vote. Pour l’élection de la chambre haute du parlement, institution sensée jouir d’une certaine indépendance par l’obligatoire non-affiliation de ses membres, on peut enfin noter que de très nombreux candidats étaient des parents directs de la direction du TRT. L’ensemble de ces faits, notamment un 1er ministre qui s’empare de force/facto du siège qu’il avait laissé vacant dans un excès de politique politicienne, pensant le regagner facilement, associés à une gestion déplorable de la crise indépendantiste dans le sud du pays, ont poussé l’armée à agir. La révolution silencieuse n’a pas engendré le coup d’état. Et elle a débouché sur un certain « ordre » même si celui-ci n’était pas souhaitable car il consistait en un gel des affaires politiques jusqu’aux prochaines élections.


                        • ropib (---.---.27.229) 19 octobre 2006 14:13

                          @Xavier

                          Vous n’avez pas compris ce que je disais. En fait ce que je veux dire c’est que la révolution, s’il y a révolution, est loin d’être terminée.

                          Quant à votre analyse je ne suis pas d’accord. On peut dire que la révolution française c’est le 14 juillet 1789 et dire que la Terreur juste après ce n’est pas la révolution, que Napoléon est arrivé comme un cheveux sur la soupe, que la Restauration n’a rien à voir etc. etc. mais je trouve ça très restrictif. On peut considérer aussi que la révolution française a duré un siècle et a engendré en très grand désordre autour d’elle.

                          De plus des sittings « silencieux » c’est déjà une forme de rébellion concrète. La révolution silencieuse de l’auteur c’est quand chacun râle chez soi. De plus l’armée étant intervenu (non silencieusement) on ne sait pas comment ça se serait passé autrement. Une révolution est toujours un ensemble de faits. Lorsque le peuple sort tout seul sans que d’autres choses posent problème et bien, hélas, on tire dans le tas comme en Russie en 1905 (je crois).

                          Pour les français moyens j’avais bien compris, c’était une petite boutade.


                        • Zéro pour cent de matière grise 18 octobre 2006 15:15

                          Libé qui finit à la poubelle... Plutôt dans la cuvette des WC, non ? Ca fait bien longtemps que ce torche-cul n’éveille plus aucune conscience et participe, au contraire, à l’ahurissement généralisé de ce qu’on appelle « l’opinion publique ».

                          La devise de Libé : « un citoyen endormi en vaut deux » !


                          • Jerolek 18 octobre 2006 15:20

                            La France silencieuse n’est que le résultat de la démocratie. Une démocratie où seules les minorités parviennent à se faire entendre. Où ces minorités profitent du silence pour se faire entendre.

                            Le problème n’est pas le silence en lui-même, il existe et existera longtemps encore, mais l’usage qui est fait de ce silence par ceux qui se bougent pour avoir accès à la parole. Et seules les minorités se bougent.

                            C’est bien beau d’espérer une France silencieuse qui ouvre la bouche mais soyons réaliste, c’est plus confortable de suivre que de mener. Et le confort personnel est notre objectif à tous.

                            La démocratie est un leurre. Elle appartient aux minorités qu’elles soient au pouvoir ou non. La démocratie n’est qu’un nid à lobbyistes.


                            • puce (---.---.102.41) 18 octobre 2006 15:39

                              C’est tellement vrai mais france silencieuse va réagir haut et fort (du moins c’est mon souhait le plus profond) Amitié d’une maman qui veut un avenir pour ses enfants


                              • ropib (---.---.27.229) 18 octobre 2006 16:04

                                Quelle réaction ? Le vote ? Le désordre et les émeutes ? L’illumination soudaine ? La lecture de cet article par nos gouvernants ?


                              • Jesrad (---.---.159.38) 18 octobre 2006 17:56

                              • Amazone (---.---.4.9) 18 octobre 2006 15:48

                                L’idéal, selon moi, ce serait de pouvoir choisir au sens large du terme :
                                - choisir avec qui l’on veut être solidaire (quand je lis qu’un gus vit depuis plus de 20 ans avec les aides diverses, qu’il a un appart et une voiture bien à lui.. grrrr)
                                - choisir ce que l’on consomme (c’est de plus en plus dur de savoir d’ou viennent les produits que l’on achéte, d’autant plus que les grandes surfaces vendent de plus en plus leur propre marque fabriquée on ne sait ou)
                                - choisir comment vivre, tout simplement.


                                • Fab (---.---.6.21) 18 octobre 2006 16:19

                                  La solidarité à la française ce n’est pas choisir avec qui l’on veut être solidaire, c’est donner dans un pot commun en espérant que cette richesse sera intelligemment redistribuée vers ceux qui en ont besoin, sinon moi je choisis d’être solidaire de la famille Leclerc, elle ne me demandera rien, si ce n’est d’aller faire mes courses chez eux...

                                  Pour les choix de consommation, j’ose partir du principe que vous avez accès à internet (sinon comment diable avez vous écrit ce post ?), avec un peu d’efforts et l’aide du bon génie Google (ou autres) vous devriez trouver les informations qui vous font défaut.


                                • anonyme (---.---.117.194) 18 octobre 2006 19:10

                                  « chomeur pro » est une fiction.


                                • anonyme (---.---.117.194) 18 octobre 2006 19:23

                                  Réjouissez vous, Jésus va revenir smiley peut-être !


                                • Amazone (---.---.4.5) 19 octobre 2006 13:37

                                  La révolution doit être fatalement faire couler le sang ?

                                  A l’allure ou vont les choses, ce n’est pas une révolution qui va éclater, mais une guerre civile.

                                  Et la source de tous nos « maux », viennent (je pense), des médias, qui véhiculent des informations « globalisantes ».

                                  Tour à tour, ce sont agriculteurs, fonctionnaires, patrons, chomeurs, étudiants qui sont responsables des difficultés financières de la France, et donc du Français.

                                  Ils divisent, encore et toujours, volontairement ou involontairement. Alors on essaye, que l’on soit agriculteur, professeur, patron ou autre, de s’en sortir, dans ce monde qui parrait être une jungle. On se sent agressé alors on s’agresse pour se défendre de nous même.

                                  La solution, c’est peut-être simplement de prendre le temps de souffler et de voir le monde avec ses propres yeux, plutôt qu’à travers ceux des médias. C’est peut-être aussi d’être moins en défense et d’accepter que l’autre (qu’il soit fonctionnaire, policier, beurre, blanc, black, homo ou autres) existe. Que finalement, cet autre, ne nous empêche pas de vivre.

                                  Et puis peut-être, après, passer à un autre stade : ne pas empêcher les autres de vivre.

                                  Et puis, et puisss, après on pourra penser et agir écologiquement ENFIN, au sens large du terme... bref : être en harmonie avec soi même et avec son environnement.


                                • ropib (---.---.27.229) 19 octobre 2006 13:50

                                  @Amazone

                                  Et si on proposait une politique hygiéniste, un cahier des charges pédagogique pour les grands producteurs de contenu que sont devenus les médias. Si nous leur proposons un nouveau (=ancien en réalité) pacte social : rendre publique la vie de la Cité et y intégrer les citoyens. On les rend véritablement indépendants en les institutionnalisant avec aucun contrôle des autres pouvoirs. Je crois que là on touche des trucs pas complètement infaisables et qui auraient de véritables conséquences.


                                • Sam (---.---.116.120) 18 octobre 2006 16:04

                                  Notre joug est soupesé et dénoncé.

                                  De simples constatations, qui méritent bien d’être rappelées, pour la plupart.Même si certains passages sont un peu réducteurs (le cartable en ciment).

                                  Car nos politicards, nos hommes de pouvoirs, nos influents dirigeants ne veulent pas entendre.

                                  Pas étonnant, ce sont leurs mains qui pèsent sur notre joug, leurs bouches qui taisent les nôtres.

                                  Un jour, couleur d’orange, il faudra bien que nous descendions joyeusement les rues, et peut-être y aura-t-il la mort au bout.

                                  Car quand on est nié, quand notre parole et notre vie toute entière sont écrasés, quand les mots qu’on nous laisse sont tressés de chaînes, quand ceux qui nous commandent tuent peu à peu l’idée même que nous puissions déterminer notre destin en commun, dans la justice et dans la liberté, que reste-t-il sinon une violence convulsive, transformatrice.

                                  89, c’était quelques fleurs,mais beaucoup de morts aussi pour que meure enfin l’ordre ancien. Le changement ne résulte pas de vieillards confortables installés autour d’une table Louis XV.

                                  Ils vous décernent dédaigneusement le brevet d’humanité, vous ne vous êtes pas battu dans la cours de récréations.

                                  Retournez-vous et vous verrez les cadavres qui jonchent l’histoire, de cette histoire toujours menée par le combat sans merci entre possédants et possédés.

                                  Leur combat qui n’est pas le nôtre, il consiste à nous persuader, aujourd’hui, que se battre pour ce qu’on est et ce qu’on veut n’est pas digne, n’est pas humain.

                                  Et ce combat, ils le mènent, eux. Sans hésiter à recourir à la plus grande violence pour nous persuader qu’à la fin de trop de renoncements il ne faut pas se lever, combattre l’ennemi.

                                  Aujourd’hui, tel un hideux vampire cette noblesse qu’on croyait heureusement écrasée renait.

                                  Elle revient de la nuit, elle reprend tous les privilèges perdus, un à un. Regardez, écoutez, ses fils les plus cruels sont là ; ils n’ont rien oublié, leurs yeux brillent dans la sombre clarté des projecteurs et leur bouches nous fouettent à plaisir.

                                  Oui, ils nous le répètent sans cesse. La violence ne résoud rien. La violence ne résoud rien. La violence ne résoud rien.

                                  Et leurs griffes glacées tirent de toutes leurs forces sur nos mords. Et nous saignons. Encore, et encore.

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