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Accueil du site > Actualités > Société > Russie : réalités, apparences, tensions et contradictions

Russie : réalités, apparences, tensions et contradictions

La Russie est aujourd’hui un pays qui, derrière et sous son développement significatif depuis quelques années - lequel a été accompagné de son retour sur la scène politique et militaire mondiale - montre des signes manifestes de tensions et contradictions graves et croissantes. Cet article se propose d’en montrer quelques exemples et de dégager une perspective positive pour l’avenir en commun...

Sous les apparences des chiffres, des réalités inquiétantes

La Russie est-elle une démocratie, une dictature, ou une variété intermédiaire et imprécise que certains qualifient avec ironie de « démocrature » ?

La question concentre en effet l’ensemble des problèmes, des tensions et des contradictions qui agitent en profondeur ce pays immense, aux ressources potentielles colossales.

Si la Russie semble stable, elle est en fait secouée de problèmes, économiques, sociaux et politiques, considérables.

Bien évidemment, la première série de contradictions est liée aux élections législatives récentes qui, loin des principes démocratiques concrets tout en ressemblant dans la forme à la démocratie, ont confirmé la maimise du parti du président Poutine - largement structuré sur l’ancien KGB devenu FSB - sur le pouvoir, avec quelques petits partis associés, ou plus ou moins en opposition, notamment le Parti communiste.

Sur le plan économique, à l’évidence, il existe depuis quelques années un redressement rapide du pays, mais ce sursaut est gangrené de maux qui le mettent à terme en danger, notamment la corruption qui infeste l’Etat et les sociétés privées, l’existence incontestable d’une mafia qui joue un rôle substantiel dans l’économie nationale au détriment d’un véritable Etat de droit et l’absence de contrepoids, de contre-pouvoirs, au régime en place et à ses dérives constatées.

Sur le plan social, les contradictions ont été, en cette année 2007, plus sensibles qu’auparavant, sous les apparences de calme et de la croissance accélérée. Il est indéniable que le pouvoir d’achat, le niveau de vie d’une partie significative de la population ont augmenté, notamment du fait des programmes sociaux de l’Etat, de la politique de réarmement menée activement par le gouvernement Poutine - un processus créateur d’emplois - et de la manne en devises fortes générée par les matières premières, dont le gaz et le pétrole.

Il reste que, si la paysannerie russe sort aussi la tête hors de l’eau des années « noires » Eltsine, la réindustrialisation du pays a ranimé, revigoré, rajeuni aussi, une classe ouvrière dynamique et a engendré des grèves qui, pour ne pas être nombreuses, envoient au pouvoir et aux investisseurs étrangers des messages clairs. Le principal enseignement des grèves récentes en Russie, qui sont en moyenne quatre à six fois plus nombreuses que celles reconnues par les autorités, ont permis aux grévistes d’obtenir de larges satisfactions à leurs demandes, en termes d’augmentation de salaires et/ou de conditions de travail.

On note même le développement de syndicats ouvriers indépendants et actifs, dans les régions les plus diverses du pays et dans tous les secteurs, malgré une législation répressive sur le droit de grève et le fait que le syndicat officiel, le FNPR, soit considéré par les salariés largement comme une structure patronale et gouvernementale, voire dirigé par un appareil quasi mafieux. Beaucoup de salariés n’en sont membres que pour les avantages qui y sont liés (centres de vacances, centres sociaux, accès amélioré à la santé) et qui proviennent de la période de l’URSS.

Ces faits sont tirés pour la plupart d’un médium patronal russe « la revue analytique des affaires » qui a comme site internet :http://www.vedomosti.ru/

La société russe écartelée entre passé, présent et avenir

Il est évident que la société russe, dans sa façon de penser, d’agir, de comprendre les faits et de les analyser, de réagir et de communiquer, est encore fortement marquée, à tous les niveaux, par l’époque de l’URSS.

Il apparaît aussi que les changements intervenus depuis 1991 ont généré des mouvements et réactions très contradictoires au sein même de cette société. Ainsi, les groupes religieux de toutes natures ont proliféré pendant longtemps. Le régime poutinien, s’il tolère officiellement toujours les mouvements religieux de tout acabit, les surveille, d’autant que le président russe, ancien officier du KGB, se comporte, au moins publiquement, comme un patriote russe et un fidèle de l’Eglise orthodoxe, Eglise de tous temps inféodée à l’Etat en Russie.

Les mouvements néo-nazis, xénophobes, racistes et antijuifs, qui avaient connu une expansion extraordinaire sous Eltsine, tel le mouvement PAMIAT, sont aujourd’hui plus discrets et ont perdu en influence, d’autant que les représentants de ces tendances sont maintenant écartés de la Douma, le parlement russe.

Y compris le parti Rodina, qui, sous couvert de vouloir protéger la culture russe, avait, en 2005, déposé une motion sur l’interdiction en Russie de toutes les organisations juives !

Ce parti s’était illustré particulièrement, dans le registre du ridicule, par une déclaration de Mme Natalia Narochnistkaia, alors vice-présidente de la Commission des Affaires étrangères à la Douma et MEMBRE DE L’ASSEMBLEE PARLEMENTAIRE DU CONSEIL DE L’EUROPE en juin 2006.

Selon cette députée russe, qui auparavant voulait interdire les associations juives dans son pays, «  Le président Bush mène une politique influencée par le trotskysme. Il ne s’agit pas seulement d’un entrisme des trotskystes dans le parti républicain, mais d’une continuation du marxisme scientifique par les néo-conservateurs  ».

Cette déclaration assez surréaliste marque bien, d’un certain point de vue, que les problématiques et pratiques héritées du passé sont bien vivantes dans la société russe. En Russie, où les habitudes de pensée quelque peu « paranoïaques » issues de l’ère stalinienne continuent à exister, ce type de discours public trouve encore, aussi incroyable que cela puisse paraître à des gens sensés, des oreilles attentives.

Ceci explique que les déclarationns anti-juives, par exemple, mais aussi anti-musulmanes ou anti-caucasiennes - je parle ici des peuples et ethnies du Caucase - peuvent s’accomoder avec des discours nationalistes de nature xénophobe, soit avec des discours staliniens actualisés. La Russie, de par son système politique assez fermé, n’est pas une vraie société d’information ouverte où le passé est étudié avec un esprit critique, mais une société dans laquelle le régime encourage ou laisse exister, selon les cas, des réflexes ou préjugés anciens, parfois fort dangereux.

On touche ici la question des conséquences nuisibles de l’absence d’organisations importantes pouvant vraiment jouer un rôle de contrepoids, voire de contre-pouvoir au sein même de la société russe.

La manière dont les médias et nombre d’intellectuels, même parmi les plus connus (cf. les nombreuses déclarations anti-juives primaires de Soljenitsyne et sa nostalgie du régime tsariste), abordent l’histoire du pays, à travers des prismes policiers, des théories conspirationnistes permanentes, des rapports passionnels de haine irréfléchie ou de nostalgie outrancière, illustre la difficulté qu’a la Russie à regarder son passé avec objectivité, sérénité et distance, ceci étant une condition primordiale pour vivre un présent apaisé et préparer un avenir fécond.

Entre les écueils du passé et les périls du futur : une perspective positive de coopération

Cette brève étude éclaire aussi de facto les processus qui expliquent en partie les succès politiques internes de Vladimir Poutine.

Certes, sous son impulsion, la Russie est sortie de sa déchéance de l’ère Eltsine et elle est redevenue un pays qui compte sur la scène mondiale, politique, mais aussi militaire. Bien sûr, la Russie n’est pas encore à proprement parler une grande puissance économique, mais elle détient sous son sol des gisements gigantesques de matières premières dont l’économie mondiale moderne a un besoin urgent et croissant dans le futur prévisible.

Ce n’est donc pas son PIB relatif ou absolu qui fonde sa place internationale, mais ses possibilités futures et son rôle incontournable de fournisseur de matières premières très variées.

Si ce pays compte aujourd’hui de nouveau sur l’arène mondiale, ses problèmes anciens, aggravés des maux récents, ne sont nullement résolus. Cependant, il semble urgent, dans l’intérêt universel, que la Russie accomplisse des progrès subtantiels sur les plans démocratique, culturel, éducatif, intelellectuel, en un mot, qu’elle ne soit considérée ni comme une terre de colonisation à la manière des « Chicago Boys » des années 1990, ni comme une menace directe par des partisans égarés en Europe des théories bushistes, mais comme un peuple qui a besoin de progresser, de se développer et de s’épanouir, ceci en relation étroite, amicale et confiante avec les autres peuples.

Ce dont tant la Russie que les autres pays du monde ont un besoin vital pour progresser, ce n’est pas d’une stratégie de confrontation - ce que développe actuellement de facto l’Union européenne sur divers dossiers du fait d’une influence américaine croissante sur ses dirigeants -, mais d’une politique de saine coopération et de travail en commun pour avancer ensemble de manière concertée.

Ceci signifie comprendre et intégrer le fait incontournable que la Russie est une partie intégrante du monde de demain qui, avec ce pays vraiment démocratisé, stabilisé, épaulé dans son rétablissement, peut générer un partenariat fructueux pour tous les peuples, ceci dans un monde redevenu multipolaire.


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85 réactions à cet article    


  • La mouche du coche La mouche du coche 27 décembre 2007 13:02

    Vous lisez le russe ? smiley


    • Yannick Harrel Yannick Harrel 27 décembre 2007 14:05

      Bonjour,

      Je salue la portée de votre article qui est moins de jeter l’anathème sur la Russie que de tenter de la comprendre, avec ses schèmes particuliers liés à son histoire, ses structures socio-politiques et la diversité de son peuple (les Slaves étant la composante majoritaire, à côté de laquelle évoluent nombre d’autres ethnies). Personnellement je pense qu’il faut laisser la Russie suivre son sonderweg et d’éviter de lui imposer notre weltanschauung.

      Et comme vous le mentionnez à la fin de votre article, je m’inquiète de la réaction parfois obtue des autorités Européennes à l’égard de la Fédération de Russie. Pour des raisons tenant parfois à une vision géopolitique digne d’un esprit atteint de psychorigidité avancée smiley

      Cordialement


      • Philippe Vassé Philippe Vassé 27 décembre 2007 14:45

        Yannick,

        Merci beaucoup d’avoir compris le sens de l’article qui se veut une analyse la plus objective possible- eu égard aux données diverses que je possède sur le sujet- de la situation en Russie et de ce pays sur la scène mondiale.

        Je note avec intérêt que vous avez choisi à dessein des termes allemands pour dessiner votre point de vue.

        Si « sonderweg » que je traduirais, sous votre accord, par « chemin particulier » ou « voie spécifique » signifie pour le peuple de Russie la marche vers la démocratie, la prospérité, la paix, la stabilité et une vie quotidienne plus épanouissante, je suis en effet favorable à cela.

        Il est évident que personne ne peut imposer dorénavant un quelconque « Weltanschauung », comme vous l’écrivez, à ce pays et à son peuple, le singulier étant ici placé pour désigner la collectivité de ses citoyens par delà les diverses nationalités existantes, Slaves et non-Slaves.

        Sur les rapports UE-Russie, il me semble que plusieurs « dossiers » sont sources potentielles de conflits politiques, notamment le statut du Kosovo, le futur de la Géorgie, la place des Etats baltes, l’avenir de l’Ukraine et la situation en développement dans les républiques d’Asie Centrale, sans oublier les missiles et radars américains près des frontières russes.

        Sur ces points, fort divers, il ne me semble pas en tout état de cause que les autorités de l’UE, conglomérat d’Etats aux positions politiques assez diversifiées sur ces questions, font preuve de « psycho-rigidité ».

        Il me paraît plus adéquat de qualifier l’attitude des dirigeants en question de « position américaine européanisée », ce qui me semble plus précis quant aux sources réelles des prises de position et de l’habillement qui lui est ensuite donné.

        A l’évidence, et quoi qu’on puisse penser du problème du Kosovo, il me paraît clair que ce dossier est « manipulé » ou, c’est selon, « instrumentalisé » depuis 1999 par les responsables américains pour leurs propres objectifs géo-politiques dans la région, à la fois contre l’UE d’un certain point de vue, mais aussi et surtout contre la Russie.

        Et là, les risques de déboucher sur un conflit militaire régional sont réels...

        Bien cordialement,


      • Yannick Harrel Yannick Harrel 27 décembre 2007 15:17

        Merci pour votre réponse.

        Je rebondis sur un point de celle-ci, concernant l’implantation à terme d’un radar et de missiles d’interception sur les sols Tchèque et Polonais : j’ai lu bien des intervenations Américaines, Russes et parfois même Polonaises et Tchèques sur la question. Mais de représentants de l’Union Européenne, point ! A croire que ce problème géopolitique majeur ne concerne aucunement Bruxelles... Un comble qu’un pays tiers puisse implanter un outillage de guerre sur le sol de notre communauté et que cela ne déclenche aucune réaction de la part de cette structure censée assurer la prospérité et la paix sur ce petit cap du continent Asiatique qu’est l’Europe ?

        Quant aux autres points que vous soulignez, le tropisme Américain joue effectivement énormément dans la politique étrangère des pays Européens (France en tête désormais). Et les Américains semblent avoir pris pleinement conscience du redressement Russe sur la scène mondiale, je m’étais d’ailleurs fendu d’un article à ce sujet quelques mois auparavant où j’évoquais le discours de Robert Gates devant le Congrès. Cette option géopolitique reste à mon humble avis plus que jamais d’actualité.

        Pour la démocratie, je me méfie des concepts clef en main prêts à l’exportation. Le plus essentiel n’est pas selon moi que tous les pays du monde nous ressemblent mais que nous puissions bénéficier chez nous de conditions d’épanouissement intellectuel et économique. Si notre modèle est nimbé de succès, alors inévitablement il fera des petits à l’étranger...

        Cordialement


      • Philippe Vassé Philippe Vassé 27 décembre 2007 16:09

        Yannick,

        Je partage tout à fait votre dernier point, à la fois dans la forme et dans le fond constitutif. La démocratie ne s’importe pas, ne se décrète pas, ne s’exporte pas non plus.

        Mais, les peuples et les citoyens peuvent librement échanger leurs expériences lorsqu’ils peuvent tout aussi librement communiquer entre eux afin de concourir à un épanouissement commun et concerté entre eux.

        Sur le problème des installations militaires américaines, effectivement, l’UE en tant que telle se tait, faisant ainsi la vérification du dicton selon lequel « qui ne dit mot consent ».

        Officiellement, l’explication en serait que les pays en question ont des responsabilités souveraines qui les regardent, au niveau des accords extérieurs de nature militaire. En clair, la Pologne et la Tchéquie ont le droit de devenir des problèmes internationaux, donc aussi pour l’UE, sans que Bruxelles ne puisse rien dire sur le genèse du dossier.

        La tartufferie de la bureaucratie UE a ici une extension originale qui confine au ridicule burlesque.

        Cette position de tartuffe s’explique par la soumission de la direction politique générale de l’UE aux intérêts américains face à la Russie. En d’autres termes, l’UE manifeste son accord tacite à une immixtion manifeste d’un Etat non-membre de l’UE -les Etats-Unis- dans les rapports entre l’UE, ses 27 Etats membres et la Russie.

        Il n’est pas sûr que la « ligne de conduite » plutôt fuyante et inconsistante de la Commission Européenne sur le sujet soit constitutive d’une politique claire et compréhensible par tous les acteurs concernés.

        Ce dossier des installations militaires aux frontières de la Russie forme, avec celui du Kosovo, les deux grands dangers potentiels de crise entre d’un côté, une Russie qui a retrouvé sa confiance en elle, sa force militaire et une force de frappe économique, une Serbie qui a tiré les leçons de son isolement de 1999 et su se lier à Moscou pour défendre des intérêts vus comme communs, et de l’autre une direction de l’UE qui croit que les problèmes disparaissent quand on n’en parle plus, ce qui relève de l’absence de réalisme la plus absurde.

        Comme vous le notez non sans humour, les dirigeants de Bruxelles vont devoir faire le constat que l’UE n’est qu’un petit appendice de l’immense continent asiatique, sans vrai pouvoir international et sans réelle politique d’ensemble.

        La problématique, ramenée à des données plus mesurables, est la suivante : quelle place pourrait-il y avoir pour l’UE entre la Russie qui reprend sa place de superpuissance mondiale, la montée de l’Inde et de la Chine, la solidité maintenue du Japon, et les Etats-Unis ?

        Soit l’UE existe dans une relation équilibrée et pacifiée entre les grands Etats mondiaux, soit elle privilégie des choix « continentaux » pragmatiques.

        Dans les deux hypothèses, sa nature même et la variété des intérêts contradictoires mèneront à des crises répétées et incessantes car il ne peut y avoir UNE politique étrangère globale de l’UE quand les situations nationales sont si diverses et de logiques contradictoires.

        La réponse peut donc générer des contradictions internes flagrantes et menacer de facto l’UE d’implosion.

        On commence à voir les premiers signes avant-coureurs de cette « implosion » possible dans les louvoiements de la Lithuanie face à la Russie et dans les processus en cours en Ukraine. Et ce n’est pas fini car la Pologne ne peut non plus faire l’impasse sur son voisin géant à l’Est....

        Peut-être tout simplement l’UE va-t-elle payer par cette implosion sa volonté d’être trop « grande », donc d’agréger des environnements géo-politiques et économiques par trop différents, ce qui nourrit par essence des tensions nouvelles entre des intérêts parfois très (trop ?) divergents.

        Bien cordialement,


      • Proudhon Proudhon 29 décembre 2007 18:09

        Un article de M Gorbatchev sur Novosti condamne avec raison la position de l’UE et de l’OTAN sur l’avenir du Kosovo :

        Kosovo : Gorbatchev s’en prend à l’hypocrisie « inouïe » des Occidentaux 11:48 | 29/ 12/ 2007

        MOSCOU, 29 décembre - RIA Novosti. L’ex-dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev a violemment critiqué l’UE et de l’OTAN pour leur intention de régler elles-mêmes le statut du Kosovo, une province serbe qui revendique son indépendance par rapport à Belgrad.

        « C’est une démarche inouïe, inconsistante sur le plan politique mais surtout sur le plan moral. Conformément au droit international et aux résolutions adoptées précédemment par l’ONU, le Kosovo fait partie intégrante de la Serbie. Pour la première fois de son histoire, deux organisations souhaitent décider du sort de la Serbie qui n’est membre d’aucune d’entre elles », a-t-il écrit dans son article publié dans les colonnes du quotidien Rossiiskaïa Gazeta.

        Des représentants américains et européens au Conseil de sécurité de l’ONU ont officiellement déclaré que les possibilités de dialogue sur le Kosovo sont épuisées en soulignant que l’Union européenne et l’OTAN assumaient désormais la responsabilité du règlement du conflit.

        « En piétinant le droit international au profit d’un arbitraire mal dissimulé, les auteurs de cette initiative n’en ont évidemment pas calculé les conséquences. Au bout du compte, aucun groupe de pays, même dotée d’une immense puissance, ne peut se réserver le droit de décider du sort de l’humanité », a estimé M. Gorbatchev.

        L’ancien dirigeant soviétique s’est dit convaincu de la nécessité de régler le problème par le dialogue. « Un précédent dangereux pour le droit international et la sécurité dans le monde risque d’exploser la situation dans certaines régions du monde », a-t-il résumé.


      • Marsupilami Marsupilami 27 décembre 2007 15:08

        @ L’auteur

        Excellente analyse très objective et très bien argumentée.

        Comme disait Aristote, il est « possible d’être un bon citoyen sans posséder la vertu qui nous rend homme de bien ». Le camarade Poutine est un excellent citoyen Russe post-soviétique, et tout sauf un homme de bien... mais à coup sûr un homme de bienS qui a su resituer son pays sur l’échiquier géopolitique.


        • Philippe Vassé Philippe Vassé 27 décembre 2007 15:34

          Marsupilami,

          L’article en lien dans votre commentaire est doublement intéressant : il est un signe (rare, pour ne pas dire rarissime) des luttes internes sourdes au sein du Kremlin poutinien et par le biais de ces « conflits », l’occasion de faire « un peu » de lumière sur la fortune du Président russe.

          Il est vrai que celui-ci ne se cache pas d’avoir grandement amélioré son propre sort matériel, notamment via ses datchas et ses chevaux de course.

          La question de la « corruption » soulevée par l’article est plus épineuse qu’il y paraît. Les sociétés citées doivent toutes, de facto, leur richesse sociale, leur puissance internationale et leurs chiffes d’affaires à la politique de...Vladimir Poutine.

          En Russie, certains disent élégamment, et sans humour aucun, que les « parts du Président » sont comme des cadeaux à celui à qui ces sociétés doivent tout...

          Une notion juridico-politique qui est en expansion, en Russie, mais aussi ailleurs, Etats-Unis avec le groupe CARLYLE- ou en France avec un certain Bolloré, ponte du MEDEF, qui prête avec générosité son avion privé à...son ami Nicolas Sarkozy, Président aussi !

          Poutine s’inscrit donc dans un processus général mondial de ce point de vue, mais de manière moins ostentatoire que d’autres. En tout cas, il me semble.

          Bien cordialement,


        • Jocrisse Jacques 30 décembre 2007 14:12

          Marsu

          Je viens de lire l’article du monde.....écrit au conditionnel. Coluche avait fait la même chose pour se moquer des jounalistes !


        • Marsupilami Marsupilami 30 décembre 2007 14:59

          @ Jacques

          Le conditionnel s’impose vue la puissance du FSB. Les informations sur la fortune de Poutine continuent à apparaître dans la presse internationale, entre autre Die Welt et tout récemment The Guardian. C’est pas du Coluche...


        • Philippe Vassé Philippe Vassé 27 décembre 2007 16:47

          Le Furtif,

          Merci pour votre commentaire qui resitue avec une certaine ironie amusante la problématique de certains pays nouveaux membres de l’UE de plein droit, si on peut dire.

          En fait de pays du « cordon sanitaire », quand le gaz et le pétrole russes pénètrent et sont bien utiles en Lithuanie, en Ukraine, en Allemagne, en Pologne, il est difficile de se voir destiner de nouveau par les « gens du Pentagone » un destin de « cordon sanitaire » contre un voisin dont le premier objectif est de commercer avec vous.

          Les objectifs du Pentagone dans ce contexte sont plutôt ennuyeux pour les principaux visés non-demandeurs, pour la direction politique de l’UE qui par son silence montre qu’elle ne peut ni offenser son « allié de Washington », ni se faire menaçante envers son fournisseur russe payé en euros sonnants et trébuchants.

          Dur, dur, d’être un des commissaires européens incapables de prendre une position entre le marteau et l’enclume. Toute l’absurdité ubuesque de la politique commune « étrangère » - qui n’est qu’une vue de l’esprit de certains- de l’UE explose ici.

          L’UE devient ainsi la risée du monde alors qu’elle se voulait un exemple...En attendant la crise au Kosovo, avec une Albanie bushiste qui fait aussi une cour assidue à Bruxelles tout en rejetant le Kosovo dont elle se moque ouvertement et une Serbie qui s’appuie sur le grand frère russe, de plus en plus puissant et influent.

          A trop vouloir s’étendre de tous côtés sans avoir d’abord réfléchi aux problématiques géo-politiques en cause, l’UE ne peut plus maîtriser les problèmes et les contradictions qui s’accumulent.

          Rêve des dirigeants, réalité des faits.

          Bien cordialement,


        • ZEN ZEN 27 décembre 2007 17:20

          Bonjour Philippe

          Article éclairant

          « A trop vouloir s’étendre de tous côtés sans avoir d’abord réfléchi aux problématiques géo-politiques en cause, l’UE ne peut plus maîtriser les problèmes et les contradictions qui s’accumulent. »

          Cette logique d’extension apparemment irréfléchie, je la prends plutôt comme l’aboutissement d’une logique tout à fait repérable , celles des puissants lobbies des multinationales, qui n’ont eu de cesse à Bruxelles , de « militer » pour le plus grand espace de libre-échange possible, sans consistance politique, donc sans régulation possible...Les projets officieux de la Grande-Bretagne, hinterland des intérêts us, ont fini par s’imposer . Voir les études de R.Jennar sur cette question). Amicalement


          • Philippe Vassé Philippe Vassé 27 décembre 2007 18:49

            Zen,

            Merci beaucoup de ce commentaire qui apporte l’explication à la situation constatée d’expansion géographique quelque peu désordonnée de l’UE.

            Vous avez parfaitement mis les doigt sur l’origine de cette extension indéfinie de ce qui est appelé « Union européenne » et qui, à force de s’étendre, ne maîtrise plus les problèmes nés de son processus de développement, mais commence à les subir comme des forces désagrégatrices.

            Et ce qui se passe en Lithuanie et en Ukraine, pour ne parler que de deux pays limitrophes, est indicatif du futur.

            Un citoyen ironique sur un forum avait posé la question sous cet angle : « Trop d’Europe pourrait-il tuer l’Europe ? »

            Sous l’humour citoyen se cache parfois la réalité qui se profile derrière les absences de réactions ou les positions ambigues qui ne cachent pas les vrais problèmes délaissés.

            Bien amicalement,


          • JL JL 28 décembre 2007 09:35

            Bon article. Je réagis à : «  »Un citoyen ironique sur un forum avait posé la question sous cet angle : « Trop d’Europe pourrait-il tuer l’Europe ? »"

            Pour les partisans de cette Europe marché cela n’est pas un problème puisque cette Europe là aura alors rempli sa mission qui est la dévastation des « vieilles démocraties ».


          • Philippe Vassé Philippe Vassé 28 décembre 2007 10:59

            JL,

            Je suis totalement d’accord avec ce que vous exprimez, à savoir que l’UE- et son fonctionneemnt en est la meilleure preuve vivante- tue de manière sûre et absolue la démocratie en Europe.

            Cela a fait l’objet de nombre d’articles sur Agoravox qui font, à quelques rares exceptions de personnes payées pour cela, l’unanimité des vrais citoyens libres.

            Bien cordialement,


          • N.E. Tatem N.E. Tatem 27 décembre 2007 18:27

            Salut.

            L’article, à mon avis, s’inspire du classement par le « Times » de Poutine personnalité de l’année 2007. Il apporte de son côté des explications (ou anlyses) du système politique de la Russie. Je remercie l’auteur, pour m’avoir fourni des éléments de compréhension. Mais la Russie est loin d’être la libye...

            Cependant ou Mais, je crois et responsable de ma parole, il est fort délicat de s’attaquer à un tel morceau, je veux dire ce sujet. La « démocrature » ou le démocratisme voulu uniforme sur la face du globe terrestre ne convient pas à tous les peuples qui composent l’humanité.

            Les ONG étrangères qui sévissent dans ce pays, auquelles vous n’avez point fait allusion sont derrière moulte troubles dont le dénigrement de Poutine. Elles noyautent la société civile locale qui est le fer de lance d’un lébéralisme béat venant à désorganiser qu’à donner une liberté harmonieuse. Ces ONG quand elles sont honnêtes et désirent apporter une aide coopérative aux russes, leurs agents ou missionnaires s’adonnent à des initiatives personnelles qui n’ont rien à voir avec leurs missions. Parmi leurs tâches informelles, servir les services secrets étrangers pour que les pays qui mobilisent un tel personnel arrivent à placer au sommet des Etats visés leurs hommes de mains. Plus de 1000 ONG des Etats-Unis activent dans les pays de l’est-européen (avec 5 à 20 milliards de budget par an) et recherchent sans cesse des contacts avec les personnalités locales afin de les pousser à des REVOLUTIONS ORANGES... Je devais vous mettre un lien hypertexte à ce propos, il n’est pas sous ma main actuellement... L’information peut être consultée dans les archives du quotidien Le Figaro et bien d’autres journaux.

            Ce monsieur POUTINE est fils de son peuple et a été militaire, comme on peut être poète russe, employé de cirque ou boulanger. Hamzatov un poète ouzbèque, inconnu en dehors de la Russie et surtout absent depuis le démentellement de l’URSS dit : Si vous voulez connaître la valeur d’un peuple, questionner ses ingénieurs, ses artistes et ses militaires... Soupçonné d’être autoritaire, Poutine sert son pays loyalement. Les militaires ont l’odeur du soufre dans les galons... On y voit, selon une interprétation européanisée surtout, tout militaire au pouvoir est porteur du symdrome de junte sud-américaine... C’est le cas de l’armée algérienne ou turque qui ne veulent pas que les islamistes cassent la baraque (afghanisation), la première dit-on tue son peuple -NON le terrorisme- et la seconde lorgne pour instaurer la dictature.

            En fait à propos de démocratie... assurer l’éducation, la nutrition, le boulot, le repos et les distractions une existence dans le bien-être vaut plus que la démocratie classique et même archaïque le pouvoir au peuple qui se manifeste (se veut) sans un brin de constitutionalité et d’ordre public.

            La Russie est un pays méconnu même et surtout en Europe de l’ouest et en Amérique. Les chiffres disent : Chaque russe (y compris le bébé qui est né cet après-midi) achète 70 bouquins par an... L’ingénieur russe est doublement compétent par rapport à l’anglais... L’artiste du cirque russe est 4 fois meilleur que tout autre du monde...

            Mais c’est un lointain pays, qui faute de ne pas posséder la formule secrète de la boisson Coca-Cola, il détient AVEC GRAND SECRET ET HAUTE PROTECTION l’unique technologie du monde de fabrication de diamants artificiels.

            Cordialement, de Tatem qui demande qu’on lui parle des pays lointains, inconnus et performantq... Qui ont leur manière d’exister et de contribuer à l’évolution de l’humanité...

            A quand, on nous parlera de cette Chine de plus en plus heureuse...

            Merci pour votre sujet.


            • Philippe Vassé Philippe Vassé 27 décembre 2007 19:04

              N E Tatem,

              Désolé de vous décevoir, je n’ai pas lu le journal que vous citez sur Poutine, qui n’était d’ailleurs pas le centre de l’article comme vous avez dû le lire, mais la Russie et son peuple.

              Je n’ai pas voulu développer non plus sur les ONG et les histoires de services secrets, qui ne jouent dans cette histoire actuelle de la Russie que des rôles fort secondaires, pour ne pas dire plus.

              Je ne rentre pas non plus dans les almanachs de propagande officielle qui ne servent à rien d’autre qu’à décerveler leurs auteurs autant que leurs auditeurs, et ne sais rien des critères fiables et concrets de comparaison entre les artistes de cirque russes et leurs homologues étrangers, pas plus que le diamant artificiel ne m’intéresse dans le cadre de l’étude abordée.

              Je note que la Russie n’est pas un lointain pays, mais plutôt un immense territoire, et que les besoins de démocratie, de culture, d’éducation, de citoyenneté et de vie sociale plus élaborée y sont aussi immenses. De l’avis des citoyens russes eux-mêmes !

              Quant à la Chine de plus en plus heureuse, il appartient, me semble-t-il, à son peuple de se prononcer sur ce point, ce qu’il fait par les émeutes quotidiennes, les révoltes urbaines, les grèves de masse et les actions de protestation de plus en plus puissantes de toutes natures.

              La démocratie est fondamentalement une et indivisible, et ne se modifie pas selon la couleur de la peau ou le passeport. C’est un droit humain essentiel sans lequel tout développement pérenne et harmonieux est, à terme, impossible.

              Bien cordialement,


            • JL JL 28 décembre 2007 09:45

              D’accord avec Tatem. Mr Vassé vous faites les articles qui vous inspirent, mais convenez que celui-ci doit être lu avec le background qui convient : plutôt que de pleurer sur le manque de démocratie en Russie nous ferions peut-être mieux de nous battre contre les dilapideurs de la notre. Il y a en ce moment sur Avox un article qui titre « Bush n’a pa été élu », l’UE se fait à marche forcée, sous la poussée des lobbies et contre la volonté et l’expression démocratique ...


            • Philippe Vassé Philippe Vassé 28 décembre 2007 11:13

              JL,

              Vous avez raison sur le recul de démocratie tant aux Etats-Unis qu’en Europe et en France.

              Pour autant, il n’en reste pas moins que la démocratie est un bien humain universel collectif que tous les peuples doivent défendre pour tous, donc aussi pour eux-mêmes, avec l’aide et le concours des peuples qui ont les mêmes intérêts communs.

              Les lobbies destructeurs de la démocratie que vous dénoncez à juste titre en UE ne connaissent ni frontières, ni nationalités. Ils détruisent les sociétés, brisent les vies et annéantissent les avenirs des citoyens qui composent les peuples, où que ce soit.

              Il en résulte que le combat pour la démocratie ne peut qu’être par essence mondial et général, ou, si vous préférez, international et commun à tous les peuples.

              Il me semble qu’un grand penseur des lois constitutionnelles américaines, Benjamin Franklin si je ne me trompe, a écrit : « tout coup porté contre la démocratie et les libertés d’un seul peuple est un coup porté contre la démocratie et les libertés pour tous les peuples ».

              Ce principe est d’une actualité brûlante. Si la démocratie recule en Russie, cela aidera l’UE dans ses attaques contre la démocratie. Si au contraire, la démocratie progresse en Russie, alors, ce sera un point d’appui et un exemple pour les autres peuples d’Europe.

              Il convient de le répéter partout et sans cesse : « la démocratie est une et indivisible ». En la défendant pour le peuple russe, chinois, birman ou irakien, je la défends en France et en Europe, et inversement.

              Bien cordialement,


            • JL JL 28 décembre 2007 11:39

              Philippe Vassé, merci pour vos articles et vos réponses ici. Bien cordialement.


            • 5A3N5D 30 décembre 2007 11:23

              @ N.E. Tatem,

              Ah, l’art de la caricature ! Votre commentaire est simplement risible. Avez-vous donc oublié que l’Ukraine a proclamé son indépendance en 1918 ? Ah, vous ne le saviez pas ? Savez-vous que, parmi les députés ukrainiens élus en septembre 2007, il y a de nombreux agents du FSB (surtout dans le parti « du donbass » (Ianoukovitch) ? Savez-vous que ledit Ianoukovitch n’est qu’un délinquant de droit commun qui a fait deux séjours en prison ? Qu’il mène un train de vie digne d’un milliardaire US ? Que son inculture lui a fait placer les couleurs de son drapeau national à l’envers (il n’y a pourtant que deux couleurs !) ? Qu’il se dit « proffesseur » (avec deux « f ») ? Voilà le niveau culturel russe.

              La nuance ne semble pas être votre fort, c’est le moins qu’on puisse dire.


            • Internaute Internaute 27 décembre 2007 18:38

              L’article projette sur la Russie des préoccupations canalisées par les oeillères de son auteur. On se pose la question de la démocratie en Russie. Putin fait 64% au parlement quand l’UMP et les divers droite en font actuellement 59% chez nous. Est-ce une différence suffisante pour se poser la question de savoir si le régime est une dictature ? Que doit-on penser alors de Chirac qui a été plébiscité avec 85% des voix pour son second mandat ?

              L’article nous apprend quand même que la classe ouvrière reprend du poil de la bête et que de nombreuses grèves marquent ce renouveau. N’est-ce pas justement le signe d’un fonctionnement démocratique de la société ? Il me semble que oui, ainsi que le fait que les partis extrémistes aient été éliminés du parlement.

              Bien entendu on s’attarde sur les mouvements marginaux xénophobes (et alors, c’est un péché ?), anti-juifs (hou là là vous vous rendez compte ?) et on oublie le plus grave. Il y a en Russie au moins 3,5 millions de putes, 4 millions de drogués et une démographie en chute libre. La société, détruite en profondeur par 70 ans de communisme a énormément de mal à se reconstituer. Arrivera-t-elle à refaire surface ou bien ne verra-t-on du redressement que les quelques nouveaux-riches qui viennent en touristes chez nous ? C’est cela le véritable défi de la Russie et qui aurait mérité d’être mieux traité.

              Longue vie à Poutine qui jusqu’à présent a réussi des prouesses dont la majorité des russes se félicitent.


              • Philippe Vassé Philippe Vassé 27 décembre 2007 19:35

                Internaute,

                je vous remercie de votre commentaire qui est un peu rapide et fait parfois, trop vite, quelques raccourcis qui ne sont pas de même nature.

                La démocratie en Russie est encore une conquête à venir, sans laquelle les progrès constatés, relatifs, mais réels, pourraient ne pas perdurer. Ne pas comprendre la problématique liée de la démocratie et du développement social en Russie serait, à mon sens, se priver de toute capacité de compréhension des faits actuels et passés.

                Les grèves ouvrières, pas plus en Russie qu’en Chine, ne sont une marque de démocratie : elles indiquent au contraire que la révolte sociale sourd dans la société car ne trouvant pas de canal d’expression démocratique pour s’exprimer et se faire entendre du pouvoir.

                La seule différence essentielle est qu’en Chine, cette révolte est si générale et massive qu’on ne peut plus la taire, ni la cacher, alors qu’en Russie, les autorités essaient de la dissimuler et de la minimiser.

                Autre point qui soulève question dans votre réaction : vous indiquez que les partis « extrêmistes », selon votre appellation, ont été laminés. Ce que je n’ai pas exactement dit. Certains partis de natures diverses -libéraux, nationalistes xénophobes- ont été balayés par les règles électorales imposées par le régime, donc, en apparence, par les électeurs. Les deux principaux partis survivants sont tous deux issus du Parti Communiste et de sa police politique, ce qui ne peut que vous interroger quant à vos souhaits de rompre vraiment avec le passé.

                Ceci étant pointé pour information, les dérives dangereuses que j’ai signalées (racisme anti-caucasien, anti-musulman ou anti-juif demeurent, et parfois sont intégrées dans les partis représentés à la Douma. Ils restent des dangers sociaux importants, facteurs de troubles possibles.

                Les élections truquées et fabriquées par un appareil d’Etat uniformisé n’ont pas résolu la problématique que vous soulevez à juste titre- comme je le fais dans l’article- de la construction d’une société russe démocratique, moderne et libérée des écueils du passé.

                Car, la société russe n’a pas à être « reconstruite », elle existe bien. Ce qui est en jeu est son passage à la démocratie réelle (sociale, économique et politique), qui seule peut assurer un développement durable et harmonieux au pays et à son peuple, avec une économie mieux structurée et plus en adéquation avec les potentiels et besoins existants, en paix surtout avec les nations voisines.

                Plutôt qu’une incantation de type stalinien genre « Longue vie à Poutine » qui ne résout rien pour personne, d’autant que l’intéressé va devenir Premier Ministre avec des conflits internes durs qui s’annoncent au sommet du pouvoir, j’aurais plus apprécié qu’un lecteur de votre qualité soutienne avec plus de netteté la nécessité d’une vraie démocratie en Russie, ceci dans l’intérêt final bien compris justement de la majorité du peuple russe, mais aussi des peuples d’Europe et du monde.

                Car je pense en effet que nous avons tous tout à gagner à une Russie démocratique et moderne, comme à une Chine démocratique et moderne. Cela serait un plus pour la paix et la stabilité mondiale.

                Bien cordialement,


              • scorplyon 28 décembre 2007 11:09

                cet article est une véritable profession de foi gauchiste traduisant la pensée unique anti-libérale qui sévit dans ce pays, désormais le seul sur la planète . C’est ce dogme gauchiste qui est responsable ici comme partout où il s’était appliqué, de cette lente mais inéluctable déclin de l’économie française sur ces vingt cinq dernières années. C’est le dogme de Bush qui a fait des USA la première puissance éconmique du monde et c’est son dogme qui a permis de sortir la Russie, la Chine, l’Inde et le Brésil de la pauvreté et du désastre social économique et humain auquel la pensée de gauche criminelle avait contraint la plupart d’entre eux ! Il est vraiment regrettable que AGORA VOX devienne sournoisement une tribune de gauche ou d’extrême gauche puisqu’il est évident à lire les commentaires, que les gauchistes s’en sont emparés comme ils savent si bien le faire avec la plupart des médias pour faire de la propagande déguisée et manipulée !


                • Philippe Vassé Philippe Vassé 28 décembre 2007 11:34

                  Scorpiyon,

                  Votre commentaire laisse pantois par son absence total de lien avec l’article et son caractère désuet, pour ne pas dire dépassé.

                  Dois-je lire dans votre diatribe quelque peu excessive la marque d’une impuissance au dialogue, d’une impossibilité de penser librement sur les faits exposés ?

                  Il reste que votre réaction est d’un comique achevé au moment où les citoyens des Etats-Unis rejettent plus que massivement G W Bush, ses pratiques, sa « doctrine » et ses « dogmes », suite aux échecs sanglants d’Irak, d’Afghanistan, et devant le spectre d’une véritable crise d’une ampleur bien plus profonde encore au Pakistan, sans oublier les menaces bellicistes contre l’Iran.

                  Mais, il est vrai que pour certains, accrochés farouchement au dogme statique de la foi « libérale », l’humanisme, l’attention sereine aux êtres vivants, la compassion envers autrui et la solidarité humaine sont de dangereuses idées fort subversives.

                  Il est aussi vrai que le cours plutôt épuisé du CAC 40 ou du Dow Jones n’épuisent pas l’histoire de la civilisation humaine et n’apportent pas les solutions aux problèmes exposés dans l’article.

                  Mais, sur l’article dont il est question, je ne lis pas de remarques intéressantes et constructives.

                  Je regrette sincèrement que vous vous isoliez ainsi des réalités vivantes de manière un tantinet agressive, mais bien vaine.

                  Bien cordialement,


                • CAMBRONNE CAMBRONNE 29 décembre 2007 17:28

                  BONSOIR PHILIPPE VASSE

                  Excellent article qui fait bien le point de la Russie de Poutine .

                  Je vous trouve sévère avec Boris Eltsine qui n’était pas seulement l’ivrogne que l’on nous a montré mais l’instigateur de la démocratie en Russie et de la fin du communisme .

                  En ce qui concerne la psychorigidité de certains pays européens et vous pensez à la pologne et à la Tchéquie il ne faudrait pas oublier ce qu’ils ont vécu pendant cinquante ans . Le seul pays dans lequel ils ont confiance pour ne pas remettre ça ce sont les Etats unis . Peut on leur reprocher honnêtement alors que par au moins deux fois nous n’avons pas bougé quand ils étaient attaqués et martyrisés .Monsieur Chesson disait en 1981 lors de la « reprise en main » de Jaruzelwski : « Evidemment nous ne ferons rien »

                  Ces peuples se sont libérés eux mêmes et nous aurions mauvaise grâce à les regarder de travers et à les accepter du bout des doigts en Europe . Europe qui est à eux autant qu’à nous même si par lacheté collective ils en ont été exclus pendant cinquante ans . Lacheté américano européenne il faut le souligner .

                  Mais les polonais et les tchêques ont plus pardonné aux américains qu’à nous . ll faudra du temps pour que l’intégration et la confiance soient totales .

                  Allez en Pologne et vous sentirez que la dernière guerre et l’occupation russe qui s’ensuivit ne sont pas loin et bien ancrées dans les esprits .

                  Salut et fraternité .


                  • Philippe Vassé Philippe Vassé 29 décembre 2007 18:13

                    Cambronne,

                    Merci de votre commentaire.

                    Juste deux remarques :

                    - sur Boris Eltsine : en Russie, il est vu, certes, comme un alcoolique, mais aussi comme l’instigateur du désastre socio-économique des années 1990, le promoteur de la corruption mafieuse que tous dénoncent aujourd’hui et celui qui a laissé le pays être humilié et rabaissé. Quant à la démocratie et la fin du stalinisme, une telle affirmation peut sembler à ce jour fort optimiste...

                    - sur la psycgo-rigidité : je ne visais pas les peuples tchèques et polonais qui sont dans l’affaire des installations militaires américaines des « otages » de puissances extérieures, mais les dirigeants de l’UE.

                    A l’évidence, la population souhaiterait ne pas voir se créer des problèmes inutiles avec la Russie, comme les dirigeants d’ailleurs, pour de très matérielles raisons économiques (investissements du puissant voisin, gaz, pétrole, matières premières et énergie électrique). Mais aussi parce que leur indépendance récente est chère au coeur des populations en question, vis à vis des Etats-Unis comme de la Russie.

                    Je suis d’accord avec vous sur les souvenirs « ennuyeux » que la génération plus âgée possède sur la nazisme et les interventions soviétiques. Mais, depuis, les deux peuples ont affronté d’autres problèmes plus concrets qui retiennent plus leur attention quotidienne, notamment les difficultés graves que pose l’entrée dans l’UE, notamment pour les paysans et les populations ouvrières.

                    Quant à dire que les citoyens tchèques et polonais aimeraient plus les Etats-Unis que le frère slave russe, c’est une assertion qui se discute largement.

                    Dans la génération âgée, on se souvient certes des méfaits du régime d’avant 1989, mais on n’oublie pas que le « grand frère » slave est venu en 1944- 1945 chasser les occupants nazis, et au prix de lourdes pertes humaines.

                    En fait, les citoyens ne confondent pas régime politique russe et peuple russe. Ils font la distinction très nettement.

                    Par ailleurs, ce sont des peuples qui ont des sentiments nationaux assez forts : de ce point de vue, que ce soit des troupes américaines ou russes qui viennent loger chez eux, elles ne sont pas les bienvenues a priori.

                    Seule, en Europe centrale et orientale, la population albanaise a montré de vrais sentiments d’affection envers les Etats-Unis, et dans une mesure moindre, les Kosovars.

                    D’où d’ailleurs la prudence américaine sur ce sujet, en Pologne et Tchéquie, car la « communication » poutinienne sur ce thème très « chaud » est très efficace.

                    Bien cordialement,


                  • CAMBRONNE CAMBRONNE 29 décembre 2007 19:04

                    PHILIPPE VASSE

                    Je ne suis pas du tout d’accord avec vous sur les sentiments qu’auraient ou n’auraient pas les Polonais et les Tchêques sur le grand frêre slave qui finalement les a sauvé du nazisme .

                    J’ai eu la chance , oui je dis bien la chance de vivre en pologne les trois dernières années du communisme , de 1986 à 1989 et je peux vous dire que le grand frêre ils l’avaient sérieusement en travers de la gorge . Le grand frêre et tout ce qui touchait au communisme .

                    Ils ont découvert qu’a KATIN c’étaient leur grand frêre pour reprendre vos propos qui avaient massacré 20 000 officiers polonais . Le gouvernement communiste a même reconnu les faits en 1987 officiellement .

                    Non les Polonais si ils n’aiment pas les allemands haissent et craignent les russses communistes ou pas d’ailleurs car à la différence des français ils apprennent l’histoire à l’écôle .

                    Les américains ne leur ont jamais rien fait et ils ont tous un oncle d’amérique ce qui les rapproche de l’oncle SAM .

                    Ce que j’en dis est fondé sur une immersion de trois ans en Pologne ,maintenant vous avez le droit de ne pas me croire .

                    Salut et fraternité .


                    • Philippe Vassé Philippe Vassé 30 décembre 2007 05:24

                      Cambronne,

                      Le problème n’est pas de vous croire ou non, il est de voir et de constater les faits publics et mesurables.

                      Pour qui connaît et suit l’évolution des peuples en question -je laisse de côté les images d’Epinal qui voient une haine multi-séculaire entre les peuples voisins-, le constat est simple et clair : les relations entre les divers pays cités, Allemagne, Pologne, Tchéquie et Russie sont en plein essor sur divers plans. Il se construit ainsi de nouveaux rapports qui induisent des relations nouvelles.

                      Cela n’a pas été facile, je vous l’accorde.

                      Il a fallu que chaque « nationalisme » ou chaque « Etat » fasse son deuil des atrocités passées commises par les « anciens » de tous côtés, que ce soit Katyn et l’insurrection de Varsovie d’août 1944, ou bien les massacres des Allemands des Sudètes en mai-juin 1945, qui eux-mêmes suivaient les horribles exactions nazies sur la population tchèque et slovaque -rappelons le soulèvement national slovaque de mars 1945 ou Lidice- ou encore les troupes supplétives de SS polonais, tchèques et slovaques en URSS qui ont été coupables de crimes tout aussi ignobles.

                      Le passé est le passé. Le présent se tourne vers le futur. Et le futur pacifique et prospère passe par les échanges de tous ordres, la communication, la connaissance réciproque dans un cadre renouvelé.

                      C’est la raison pour laquelle les échanges culturels, scientifiques et économiques entre les 4 pays cités sont en pleine expansion. Ce qui est une bonne chose et relativise les vieux sentiments passés qui ne servent aujourd’hui de rien à personne.

                      C’est bien là l’essentiel.


                    • moebius 29 décembre 2007 19:07

                      Incontestablement les polonais preferrent les USA. Ca ne se discute meme pas


                      • Julius Julius 29 décembre 2007 23:50

                        Il est important de réaliser que, pour l’Europe centrale, la guerre n’a pas pris fin en 1945, mais en 1989. En 1945, une colonisation (nazi), a été simplement remplacé par un autre (russe).

                        Concernant la République Tchèque, c’été Etats-Unis, qui nous a libéré trois fois : Première fois : après la guerre 14-18, le président Wilson a poussé pour la déclaration de la indenpendence tchèque. Deuxièmement fois : après la guerre 39-45, les Américains ont libéré le sud de la Tchécoslovaquie (malheureusement, seulment le sud). Troisièmement : c’ete de nouveau USA (R. Reagan), qui a détruit imperium communiste russe.


                      • Philippe Vassé Philippe Vassé 30 décembre 2007 05:07

                        Julius,

                        Votre commentaire est assez intéressant, mais malheureusement, il comporte quelques lacunes historiques fort troublantes :

                        - avant 1918, il n’existait pas de République tchèque, mais la Tchécoslovaquie est un « produit » de la dislocation de l’empire austro-hongrois, lui-même à l’époque traversé par une crise révolutionnaire profonde. La République tchécoslovaque de l’époque est appuyée par plusieurs gouvernements européens. Quant aux autorités américaines,tout comme les gouvernements anglais et français, elles y voient surtout à ce moment un « Etat-tampon » contre la Russie révolutionnaire. D’où notamment l’usage de soldats tcéhcoslovaques anciens prisonniers envoyés mourir en Russie contre l’Armée Rouge. Il en est parfois ainsi des « soutiens » politiques, pas toujours désintéressés !

                        - En 1945, les troupes soviétiques ont libéré du régime nazi la Tchécoslovaquie, avec l’aide de la résistance tchèque et slovaque. Le régime impulsé par Staline n’a été mis en place qu’en 1948. Ce qui fait que vous avez occulté 3 ans d’histoire et les accords de Yalta qui en sont la cause. En effet, les troupes américaines avaient reçu des consignes très claires de RESPECTER le partage des zones d’influence en Europe conclu entre Staline, Roosevelt et Churchill à Yalta. Ceci explique que quelques patrouilles américaines aient poussé de Plzen jusqu’à Prague, sans d’ailleurs rien libérer puisque le groupe d’armées Schoerner a capitulé le 9 mai 1945.

                        - Enfin, en 1989, la révolte du peuple de la République tchécoslovaque, suivant les manifestations en Allemagne, n’a rien dû à la politique de Reagan. Il suit le mouvement de libération des peuples de cette époque contre les dictatures qui les opprimaient. Il est en fait le fruit victorieux de la révolution de 1968 réprimée par les chars russes et des forces du pacte de Varsovie.

                        Ceci juste pour remettre les faits en ordre et les idées au clair.

                        Bien cordialement,


                      • Philippe Vassé Philippe Vassé 30 décembre 2007 05:29

                        Moebius,

                        Sans vouloir vous contredire puisque vous affirmez de manière péremptoire (ça ne se discute pas !!!) des choses sans apporter les preuves, je me fais un plaisir de vous informer sans vous infirmer que le pays le plus apprécié par les Polonais est..l’Allemagne.

                        Loin devant les Etats-Unis. Les chiffres des sondages et des demandes d’émigration sont ici formels, mais discutables, en toute démocratie.

                        Les sources sont officielles : ce sont celles des autorités et de la presse polonaise. Et répétées depuis presque 10 ans année après année.

                        Bien cordialement,


                      • Julius Julius 30 décembre 2007 12:13

                        S’agissant de la guerre 14-18 : La création de la Tchécoslovaquie (c’est-à-dire la destruction de l’empire austro-hongrois) a été soutenu par les Etats-Unis (et par France) avant bolshevic révolution en Russie. L’objectif n’était pas de protection contre la Russie, mais la destruction de l’empire austro-hongrois. Concernant les légions tchèque en Russie après 1917, ils étaient pour la plupart composés de tchèque (et slovac) déserteurs qui ont rejoint l’armée russe, mais n’a pas voulu soutenir régime bolshevic. Bien qu’elles aient eu des conflits avec gouvernement bolshevic, leur but était simplement de rentrer chez eux.La Déclaration d’indépendance tchécoslovaque a été prononcée aux USA (c’est donc « Déclaration de Washington »).

                        1945-48 : les Russes n’ont jamais vraiment quitté. Ils ont conservé très forte présence, le plus souvent en forme de conseillers. Armée et la police était complètement contrôlée par russes avant même 1948. Il est vrai que les Américains sont restés en 1945 à Pilsen, car ils respecté les traités avec les Russes. Ils pourraient facilement libérer le reste, ils ne le faisaient pas.

                        1989 : Les révolutions de 1989 serait totalement impossible avec la Russie aussi forte que dix ans avant. Et la Russie a été affaiblie par la politique de R. Reagan (avec M. Thacher et le pape Jean-Paul II). Russie était économiquement complètement morts (en partie parce que son propre système collectiviste, en partie à cause de la politique de Reagan & comp.). Le rôle positif de M. Gorbatchev était également importante, mais différent : il a renoncé. Il pouvait commencer un conflit majeur.


                      • Philippe Vassé Philippe Vassé 30 décembre 2007 13:00

                        Julius,

                        Il semble utile, au vu de votre commentaire, de vous rappeler l’Histoire tchèque REELLE.

                        La déclaration de naissance de la République tchécoslovaque a été faite par Masaryk non pas à Washington comme vous l’écrivez, mais dans l’enceinte de l’Independance Hall à PHILADELPHIE, le 18 octobre 1918.

                        La coïncidence de dates avec les évènements qui se développaient alors en Russie ne saurait vous échapper. Masaryk, alors aux Etats-Unis, présentait aux dirigeants américains son futur Etat comme un rempart possible contre le bolchevisme qui triomphait et aussi contre les anciennes puissances centrales. Ce que le Président américain a bien compris.

                        Cette déclaration formelle de naissance de la République tchécoslovaque fut ensuite légalisée et validée par deux Traités signés en France, l’un en 1919 à Saint Germain en Laye, l’autre en 1920 au Trianon, parrainés tous deux par les grandes puissances victorieuses en concertation avec les Etats-Unis.

                        La formation réelle de l’Etat tchécoslovaque est issu du premier Traité, ses frontières définitives, pour l’époque, du deuxième.

                        Autre erreur : vous confondez les LEGIONS TCHECOSLOVAQUES, formées en Russie tsariste, puis avec l’aide du gouvernement Kerensky, et envoyées se faire tuer en France, notamment en Argonne, avec LA LEGION TCHECOSLOVAQUE que Masaryk a mis en 1919 à disposition des puissances interventionnistes contre la Révolution russe.

                        Je rappelle que Masaryk a été accusé par le gouvernement soviétique d’avoir financé une tentative de meurtre contre Lénine en 1918, l’accusation étant faite par Boris SAVINKOV, opposant aux bolcheviks, celui-la même qui a fourni l’arme pour cet acte à Fanny Kaplan. On voit ici qu’un des deux pères fondateurs de la Tchécoslovaquie, l’autre étant Benès, a donné des gages aux ennemis de la Russie d’alors.

                        En 1945, les troupes américaines ont attendu paisiblement dans la région de Plzen que les forces allemandes se rendent. Elles n’ont pas combattu en territoire tchécoslovaque et ont bien respecté les accords de Yalta, puis de Potsdam ensuite.

                        Quant aux évènements de 1989, personne ne voit ce que Ronald Reagan, le pape ou Mme Thatcher viennent faire dans l’histoire du pays et un soulèvement populaire. Vous êtes sans doute proche de la vérité en mettant le succès des manifestations sur la faiblesse du régime en URSS.

                        Espérant avoir corrigé vos erreurs involontaires.

                        Bien cordialement,

                        PS : les informations historiques indiquées ci-dessus sont trouvables sur WIKIPEDIA sous les rubriques « BENES » et « MASARYK ». Cela permet de sourcer les faits avec précision.


                      • Julius Julius 30 décembre 2007 14:33

                        > La déclaration de naissance de la République tchécoslovaque a été faite par Masaryk non pas à Washington comme vous l’écrivez, mais dans l’enceinte de l’Independance Hall à PHILADELPHIE, le 18 octobre 1918.

                        Washington déclaration a été écrit par T.G.Masaryk 13-15.october 1918 à Washington. Elle a été adressée à USA gouvernement (17.october). Elle a été déclarée à Philadelphie (18.october). Je n’ai jamais dit qu’elle a été déclaré à Washington, j’ai dit « aux Etats-Unis ».

                        Le rôle de la France était bien sûr très important aussi (je ne vais pas aller dans les détails).

                        Concernant légions : Il y avait trois légions tchécoslovaques : 1. En Russie : Ils ont été formés en Russie. Ils se sont battus dans le front russe, puis ils sont passé à travers la Sibérie et des États-Unis vers l’Europe (il a été impossible d’aller directement). Au cours de ce voyage, ils se battaient également contre les bolcheviks. 2. En France : Ils ont été créés en France en 1914. Ils se battaient à Arras et de l’Afrique. Ils n’étaient pas très importants. 3. En Italie : Elles se sont formées en 1917.

                        Histoire de Lénine et Fanja Kaplan est très confuse, il est très semblable à l’histoire de JFK Et J.H.Oswald. Dans les deux cas, il n’est pas clair du tout qui a tué et il est encore moins claire, qui était commandant. (Plus de détails dans Dmitrij Volkogonov : Lénine - la Nouvelle Biographie.), Je doute sérieusement qu T.G.Masaryk le financés (peut-être il aurait dû le faire smiley. Et, en général, je ne crois pas des accusation provenant du processus soviétique. Vous avez peut-être lu cette accusation d’Alain Soubigou, il a juste copié l’historiographie officielle soviétique. Pour plus de détails regardez aussi Ferdinant Peroutka : Le bâtiment de l’État.

                        Concernant les événements de 1989 : La politique de Reagan, Pape et Thacher joué très grand rôle par de deux moyens : 1) la destruction d’imperium communistes par moyens politique et économique (la fin de « l’apaisement »). 2) Massive soutien à l’opposition. Les deux étaient très clairement visibles à l’intérieur des pays occupés par la Russie (j’y étais). Pour plus de détails : John O’Sullivan : Le Président, le Pape, et le Premier ministre.


                      • Philippe Vassé Philippe Vassé 30 décembre 2007 17:15

                        Julius,

                        Je prends bonne note de vos sentiments privés, ou, plus exactement, des opinions personnelles qui vous portent à voir dans Reagan, Thatcher, le pape, les sources réelles des évènements de 1989. C’est le droit de chacun de croire en ce qui lui plaît, y compris aux thèses les a-historiques.

                        Pour les « légions tchèques », visiblement, vous avez des sources peu fiables, à moins que ces sources aient été « révisées » de manière à fabriquer une « Nouvelle Histoire » compatible avec les nouveaux critères de pensée. Là aussi, c’est votre droit de mélanger les Légions créées par Masaryk et qui ont combattu les troupes allemandes en Argonne avec la Légion de volontaires tchécoslovaques en Russie dans la guerre civile. D’autant que ses massacres, notamment quelques pogroms, sont passés dans l’Histoire.

                        Sur Fanny Kaplan, malgré vos impressions de confusion, je rappelle que ce ne sont pas les bolcheviks qui ont accusé Masaryk de l’attentat, c’est un ennemi farouche des bolcheviks, le socialiste-révolutionnaire partisan du terrorisme individuel- passé en 1924 au service des services secrets anglais, fusillé peu après par les Russes lorsqu’il voulut revenir comme agent secret dans son pays natal- qui l’a affirmé et maintenu y compris à son procès.

                        On rappellera que les dénégations de Masaryk ont été bien faibles, d’autant que, depuis lors, les liens puissants tissés entre Masaryk et les alliés occidentaux ennemis du pouvoir soviétique de l’époque sont plus que connus en détail.

                        L’historien que vous citez, et qui a le mérite effectivement de ne pas « refaire » l’Histoire selon les besoins politiques de tel ou tel régime, appuie cette thèse sur des faits et des écrits, notamment ceux de Boris Savinkov. Lequel, on le rappelle, avait rencontré Masaryk en Russie lorsque ce dernier travaillait avec (pour ?) le gouvernement Kerensky. Il est aussi un fait avéré que Masaryk était un adversaire acharné des bolcheviks, contrairement à Benès, qui était plus fin diplomate et comprenait mieux les intérêts de son petit pays face à son puissant voisin.

                        Il n’y a donc rien de confus. Simplement des faits, des dates et des accusations jamais démenties avec clarté.

                        Outre le fait que vous occultez Yalta et Potsdam, vous omettez aussi l’abandon de la Tchécoslovaquie en 1938 par les autorités européennes et américaines de l’époque.

                        Il conviendrait donc de plus concevoir votre position sur Reagan, Thatcher et le pape à la lumière d’une politique plus globale répondant aux seuls intérêts américains en Europe. Faute de quoi, sans intégrer ce facteur prépondérant dans le cas de la Tchécoslovaquie, comme dans d’autres pays, vous ne pourriez appréhender avec objectivité et dans son contexte les faits.

                        Il en fut de même, avec des succès divers, à Cuba, au Vietnam, en Amérique du Sud, voire en Europe, en Irak, en Afghanistan et en Irak.

                        Je comprends bien que vous vouliez remercier ce faisant vos soutiens de l’époque (encore que les dissidents tchéques de la Charte 77, de Havel à Sabatova, n’ont guère reçu, surtout avant 1985, de soutien de Washington), mais cela ne peut passer par une Histoire « revisitée » pour les besoins d’une cause, quelle qu’elle soit.

                        Bien cordialement,


                      • Philippe Vassé Philippe Vassé 30 décembre 2007 18:07

                        Julius,

                        Le nom de l’accusateur de Masaryk dans l’attentat de février 1918 contre Lénine est Boris SAVINKOV. C’est lui qui, même avant d’être arrêté, l’a déclaré à plusieurs reprises en parlant de l’argent versé par Masaryk.

                        Avec mes excuses pour cet oubli involontaire.

                        Bien cordialement,


                      • Philippe Vassé Philippe Vassé 30 décembre 2007 19:05

                        Julius,

                        Je lis votre commentaire et ne veux pas rentrer dans les débats vides de sens sur les opinions des uns et des autres.

                        Par contre, votre phrase sur les pertes soviétiques est très surprenante.

                        Que Staline ait liquidé une partie des cadres de l’Armée Rouge comme il avait assassiné auparavant les révolutionnaires de 1917, chacun le sait. Chacun sait aussi qu’il a essayé par tous les moyens, y compris l’horrible accord de démantèlement de la Pologne signé entre Von Ribbentrop et Molotov, de retarder, voire de tenter d’éviter l’attaque allemande contre l’URSS.

                        On peut estimer cela cynique et immoral (surtout pour les Polonais qui en furent les victimes premières), mais chercher à éviter un conflit pour son pays n’est pas en soi répréhensible, contre aucun dirigeant d’Etat, fussent-ils français et anglais en 1938 lors de l’abandon de la Tchécoslovaquie ou russe en 1939.

                        Staline et l’URSS y ont gagné presque deux ans de paix, la France et l’Angleterre à peine 10 mois. C’est là le fait historique fiable que l’on peut seul retenir.

                        Mais, porter sur le dos de Staline- qui n’avait rien d’un pacifiste et d’un humaniste- la politique d’extermination des « Untermenschen » dans le jargon nazi, en clair des « Slaves de l’Est », notamment en URSS et...en Pologne serait une aberration totale.

                        Hitler avait, depuis 1933, et dèjà dans ses écrits, énoncé ses intentions de rayer ce qu’il appelait le communisme de la carte. C’était déjà ce que certains appellent en Histoire, avec un peu d’ironie, « un anti-communiste primaire génocidaire ».

                        Cette guerre à l’Est a été le principal front militaire, celui qui a saigné et ruiné le régime nazi, mais aussi celui qui a coûté le plus grand nombre de victimes, soviétiques et...allemandes.

                        On peut, comme vous, et c’est votre droit, ne pas aimer le « régime stalinien », mais il convient de rester clair et honnête sur la part cruciale de l’URSS à la victoire sur le nazisme.

                        La vérité historique ne s’occupe pas des opinions. Elle les domine et les contraint.

                        Votre interlocuteur a raison sur un autre point : sans les immenses pertes en hommes et en matériel en URSS, jamais les troupes américaines, anglaises, canadiennes et françaises libres n’auraient pu débarquer, ni en France, ni en Italie.

                        Donc, indirectement, les pays d’Europe Occidentale doivent leur libération au courage des troupes de l’URSS. Et je ne vais pas ici développer sur les plans américains sur le sort que le gouvernement américain réservait à l’Europe ici : on commence aujourd’hui à bien les connaître et ils n’étaient pas précisément « démocratiques » : plan Morgenthau pour l’Allemagne, plan Eisenhower pour la France et les pays voisins avec occupation militaire...

                        Ce sont les réactions des peuples et parfois des dirigeants des pays d’Europe occidentale qui ont empêché ces plans d’occupation américaine de se réaliser, comme Benès l’a empêché 3 ans pour son pays après 1945 par les troupes russes.

                        Le nazisme a été abattu par sa guerre contre l’URSS. C’est là qu’il a creusé sa propre tombe, en créant par sa politique d’extermination raciste anti-slave une réaction populaire massive et irréductible de haine contre lui.

                        Cela ne vous empêche pas de détester qui vous voulez ensuite, mais il me paraît souhaitable de restituer les faits avant toute autre chose.

                        Autre point qui fait débat et que vous abordez un peu légèrement, à mon sens : cette habitude détestable de certains de jongler avec les chiffres de morts des régimes nazis et staliniens afin de comparer ces régimes.

                        Deux remarques historiques : 1- le nazisme a occupé toute l’Europe durant 4 ans en moyenne et avait une véritable stratégie d’extermination de populations précises et ciblées, ceci s’alliant avec la volonté de transformer en esclaves économiques TOUS les peuples occupés dont la vie était sans valeur aucune aux yeux des nazis. On est loin des politiques des régimes dits « communistes » et des raisons de leurs actes criminels. Les différences de systèmes économiques sautent aussi aux yeux des moins cultivés. Les points de comparaison stricto sensu sont donc absents du débat.

                        2- Le débat fait rage entre spécialistes des sujets en question car les données initiales ont été parfois perverties par des historiens assez confus. Ainsi, il semble utile de distinguer par exemple les décès dus aux actes des régimes eux-mêmes (exécutions individuelles et/ou collectives, personnes mortes des suites de mauvais traitements) de celles décédées dans les guerres, les épidémies et les famines, qui ne sont pas directement liés à des actions des régimes considérés.

                        C’est un aspect du débat historique sur les faits de même nature.

                        Le nombre de victimes de régimes politiques en Histoire, de tout temps, ne vaut pas argument de comparaison en rien.

                        Ainsi, les massacres du Japon impérial en Chine, comme celui de Nanjing (Nankin en français) ne signifient pas que le régime nippon voulait exterminer le peuple chinois, ou qu’il partageait les mêmes axes politiques que son allié nazi après 1938. Cela vaut pour le régime mussolinien ou franquiste.

                        Le million de morts algériens tués par les troupes françaises ne signifie pas que la 4ème République était une dictature ou avait des buts d’extermination. Et pourtant, les chiffres sont imparables aussi ici.

                        Ce que je souligne par ces remarques est qu’il faut, si on veut comaparer des régimes politiques, fussent-ils « incomparables » par nature, établir des critères précis qui puissent être « comparables ».

                        Ce que ne sont pas des chiffres, par nature fluctuants, discutables et souvent sans rapport avec la nature exacte du régime concerné.

                        Bien cordialement,


                      • sade 30 décembre 2007 12:41

                        Article débile d’un homo qui baise les thailandaises.

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