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Accueil du site > Actualités > Société > Rythmes « scolaires » ; retour à la case départ !

Rythmes « scolaires » ; retour à la case départ !

Il y a plus de deux ans, j'écrivais un article sur l'histoire de l'aménagement des temps de l'enfant

http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/petite-histoire-de-l-amenagement-77546

Je me réjouissais de constater qu'il n'y avait plus de confusion institutionnelle entre le temps scolaire et le temps péri et post scolaire... Je me suis réjoui trop vite !

Aujourd'hui, cette question revient avec un texte gouvernemental contesté et des partenaires divisés sans que le débat ait eu réellement lieu !

Le Ministre de l'Education Nationale aura réussi à dresser les instituteurs, oh pardon, les professeurs d'école contre son projet d'aménagement des « rythmes scolaires ».

Il aura même réussi le tour de force de faire s'opposer deux alliés naturels : la FCPE et le SNUIPP, le premier syndicat des personnels du primaire ….

Tout cela parce qu'il a voulu faire vite, en bousculant les étapes.

Une réelle concertation demande du temps, de l'écoute et des échanges.

La grève sur Paris des professeurs d'école a été massive contre la décision du Maire de Paris d'agir aux forceps.

Dans l'affaire, l'intérêt de l'enfant est oublié par les uns et par les autres.

L'opposition des enseignants au projet est compréhensible, on leur rajoute une demi journée de travail, le mercredi, sans compensation et on augmente leur temps de présence sur l'école avec l'élargissement de la plage de la pause méridienne.

Qui dans ces conditions accepteraient de voir ses conditions de travail s'aggraver, d'autant plus que cet élargissent de plage va conduire à mettre en place une garderie.

Oui les enfants sont fatigués après le repas du midi, oui ils ont besoin de se poser et de se reposer mais où se mettront-ils, dans quelles conditions...

On entend ça et là des commentateurs traiter les syndicats d'enseignants de corporatistes !?

Syndicats professionnels ils défendent aussi les intérêts du personnel et c'est légitime.

Les associations de parents d'élèves savent qu'il vaut mieux pour prendre en compte les rythmes biologiques des enfants qu'il y ait classe le samedi matin...Oui mais voilà, la demande sociale des parents est si forte qu'il n'est pas question de revenir à la situation de l'avant Darkos...Est-ce là aussi du corporatisme ?

 

Dans le cadre de l'aménagement du temps de l'enfant, le projet gouvernement envisage de libérer un temps scolaire de fin d'après midi et de le replacer par du temps péri et post scolaire animé par des animateurs.

L'idée pourrait paraître innovante mais comme les moyens ne suivront pas, beaucoup de communes ne pourront pas organiser des accueils et activités ludiques encadrées par du personnel compétent... Il va y avoir une inégalité de traitement entre les écoles en fonction de leur situation géographique et des moyens municipaux disponibles.

Des associations pourraient intervenir. !?

L'idée peut être séduisante si deux conditions sont remplies :

La première c'est qu'il n'y ait pas de confusion entre le temps scolaire directement et exclusivement sous la responsabilité des enseignants et le temps péri et post scolaire...Il dit y avoir une complémentarité éducative entre les temps mais pas de brouillage.

La deuxième, c'est que soit effectuée une remise à plat des agréments Éducation Nationale...Des associations non laïques comme Familles de France sont agréées

Il est nécessaire que seules les associations laïques obtiennent l'agrément.

Il faut aussi de la cohérence et là je m'adresse aux enseignants : on ne peut pas à la fois dénoncer à juste titre la municipalisation de l'école et à la fois demander le maintien -là où c'est en place- de l'intervention temps scolaire des intervenants sportifs et musicaux municipaux !?

Halte au feu ! La précipitation est mauvaise conseillère

Il faut un moratoire, c'est à dire une suspension immédiate du projet ministériel et que s'ouvre un vrai débat serein entre les organisations de parents d'élèves, les syndicats enseignants, les représentants des collectivités territoriales et les mouvements laïques d'éducation populaire comme les CEMEA, les Francis, les Éclaireuses - Éclaireurs de France, la Ligue de l'Enseignement, les Pupilles de l'école publique....

 

Jean-François Chalot


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21 réactions à cet article    


  • Yvance77 24 janvier 2013 09:38

    Salut,

    Le souci majeur est que décennie après décennie le secteur de l’éducation a été mis à mal par ceux qui se sont succédés au ministère de l’éducation. De réformes débiles en coups de rabots sur le nombre d’enseignants... on est arrivé à fabriquer un monstre sans queue ni tête. Et, plus personne ne sait comment de dépétrer de tout ce merdier.

    Idem pour l’hôpital, voir l’armée.

    A force de confier nos avenirs et présents à des incapables...

    Il y a tout à reprendre ou presque dans ce pays !

    Et c’est comme pour le mariage homo... on pense à tout sauf aux principaux intéréssés... les gamins !!!


    • ricoxy ricoxy 24 janvier 2013 09:38

      Ça m’amuse un peu, ces « rythmes scolaires ». René Descartes était élève au Collège de La Flèche, dirigé par des jésuites. Il avait droit à un traitement de faveur, en raison de sa santé fragile : il était autorisé à se lever plus tard le matin, et non à cinq heures, comme ses condisciples.


      • Santamari 24 janvier 2013 10:42

        Le fond du problème de la réforme de l’éducation n’est la ou l’on croit.
        C’est une réforme de la place de l’éducation dans la société qu’il faut faire.

        L’éducation est à la frontière de multiples acteurs.
        Il y a les parents qui doivent assumer leur part de travail.
        L’état qui doit assurer une meilleur cohérence possible.
        Les collectivités qui doivent organiser les choses.

        Maintenant cela doit se faire en fonction des rythmes sociétales actuel, 5 jours de travail, 2 jours de repos et 5 semaines de congé environ.

        Il y a aussi l’économie qui a son mot a dire, car moins de vacance c’est aussi moins de travail, donc plus de chômeur, tout cela a un cout.

        Le vrai problème c’est que tout le monde veut changer les choses des autres, mais surtout pas les siennes.

        Or il y a des solutions qui permettrait d’améliorer significativement les choses, mais il faut une approche global de la vie de société si on veut les changer. Changer un programme ou l’heure de sortie ne règle absolument rien.


        • jef88 jef88 24 janvier 2013 10:42

          SOUVENIRS
          8h30 -11h30 et 13h30-16h30 plus étude (payante) jusqu’à 18h30....
          récréation de 15 minutes toutes les 2 heures ! et jeudi libre mais on bossait le samedi

          je peux vous assurer que je n’en suis pas mort !


          • LE CHAT LE CHAT 24 janvier 2013 11:25

            Jai connu aussi cette époque , et puis après le mercredi a remplacé le jeudi dans le primaire ;
            et il y a des années dans le secondaire où j’allais à l’école les 6 jours par semaine
            ( complet lundi , mardi , jeudi , vendredi , le matin les mercredi et samedi ) ,
            et moi aussi j’ai survécu ! smiley


          • LE CHAT LE CHAT 24 janvier 2013 11:26

            et en plus fallait se taper plus d’une heure de bus à l’aller comme au retour !


          • enréfléchissant 7 février 2013 19:30

            Ben tant mieux pour toi, beaucoup n’ont pas survecu et ont eu de nombreux problemes...

            Bande d’egoistes.


          • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 24 janvier 2013 11:03

            « L’opposition des enseignants au projet est compréhensible, on leur rajoute une demi journée de travail, le mercredi, sans compensation et on augmente leur temps de présence sur l’école avec l’élargissement de la plage de la pause méridienne. »

            Quand j’ai débuté dans la carrière d’instituteur, on avait classe 5 jours complets par semaine, soit 30 h. On en est aujourd’hui à 24. Et pendant ces 24 h., il faut tout faire, acquérir les savoirs fondamentaux mais aussi se livrer à des activités « épanouissantes », souvent décloisonnées, s’initier à une langue étrangère, etc.
            Autrefois, les instituteurs vivaient dans l’école ou à proximité. Aujourd’hui, ils résident loin de leur lieu de travail et on leur impose du temps de concertation et des tâches administratives inutiles... Ils ne se sont pas plaints quand on leur a réduit l’horaire de cours, bien que certains aient exprimé des réticences compte-tenu du peu de temps qu’il restait aux élèves pour les acquisitions.
            Aujourd’hui comme toujours on s’accroche aux « acquis ». N’aurait-il pas été judicieux d’exiger une remise à plat de tout le système (avec une évaluation des résultats des politiques menées depuis 20 ans) et de négocier. Plus de temps de présence dans l’établissement contre une augmentation de salaire, par exemple.
             

            • bakerstreet bakerstreet 24 janvier 2013 11:16

              Pourquoi ne pas donner plutôt une journée de plus à l’enfant pour se reposer ?

              Les institus ne sont pas hostile à toute réforme !
              D’ailleurs, l’avez vous remarquer, Il n’y a pas eu de mouvement de protestation quand Xavier Darcos en 2007, avait courageusement imposé la semaine de trois jours de repos, diminuant déjà d’une demi journée la semaine de travail, sans même augmenter les salaires !

              Une journée de plus, d’accord, mais laquelle ?

              Pourquoi pas le Lundi : Avez vous vu toutes ces petites mines défaites, au retour du week-end ?
              Cette journée est détestable et traumatisante.
               Même les adultes ont des difficultés avec !
              Alors les enfants, vous pensez...
              On n’a pourtant même pas mis en place de cellule de soutien psychologique, pour faire face à ce trauma ; ce qui prouve une fois de plus, la faiblesse des moyens dont dispose l’éducation nationale.
               Mais je ne suis pas venu ici écrire pour me plaindre, mais pour apporter ma pierre à un débat constructif et équilibré.

              Bon, je sais bien que ça ferait encore une journée de moins, au calendrier scolaire. Mais il convient de le multiplier par 25 semaines, à tout casser, et non par 52.

              Mais est ce que ça serait pas un plus, d’ailleurs ?
              Il faut savoir élaguer ! Les jardiniers le savent : Couper les branches d’un arbre provoque une belle montée des sève.
              Ramenons le français, langue difficile et obsolète, en relation avec la réalité : Un mot peut en remplacer vingt, comme nous le montre les SMS.

              Un seul temps, s’impose, de nous jours, où les cours de la bourse sont établis à la micro seconde : le présent.
              No passé ! A quoi bon retenir le nom de ces têtes couronnées qui sont d’ailleurs tombées ? Coupons la tête aussi au plus que parfait, ne respectant pas les handicapés, au subjonctif, et au conditionnel, temps des doutes et des incertitudes !
              No Future, non plus, comme disent les cités, qui ont tout compris.

              Je suis sûr que les syndicats d’enseignants applaudiraient à cette initiative courageuse, qui dégagerait des tonnes de temps libre, propre à inverser les certitudes....Allons plus loin dans la réforme ! Gardons le rythme cinq-deux, mais en l’inversant : Cinq semaines de vacances, deux semaines de travail à l’école.....

              Une fois de plus, répétons ce que tout le monde admet : Les enseignants ne sont pas fermés au débat constructif.Mais décidément, on ne peut faire confiance à aucun ministre de l’éducation nationale. Non seulement celui ci a oublié de mettre ses chaussons fourrés, comme son prédécesseur, mais en plus le voilà qui parle !

              Décidément on aura tout vu !

              Ce que veut le corps en saignant, je le répète :

              C’est mettre un terme à la démagogie, aux débats qui n’ont pas de sens, et qui s’inscrive malheureusement dans un climat de surenchère détestable.
               Pour réformer, il faut savoir simplement respecter ses interlocuteurs, favoriser le dialogue, traiter les véritables enjeux, établir un calendrier en tenant compte des différents acteurs, le tout dans un débat constructif, et apaisé, en ne perdant pas de vue, que ce qui est véritablement en jeu,c’est l’épanouissement de l’enfant bien sur...
              .Ouf, laissez moi reprendre mon souffle !

              Elle ouvrirait des opportunités à des intervenants extérieurs, des gens qui ont un véritable savoir faire, même si évidemment, il n’arrive pas à la cheville de celui fourni par nos pédagogues patentés. Faut pas confondre bac plus cinq, avec le cinquième étage de la cité Jacques Prévert, quand même....

              Dans mon école rêvée, des types à la casquette à l’envers viendraient donner des courts de verlan à nos petites têtes blondes. On apprendrait le rap plutôt que les vers compassés de Victor Hugo. Le tout sous le regard bienheureux de Jack Lang, l’ami des bobos, souriant, botoxisé, ayant remplacé l’image suranné de jules Ferry

              Je dis ça, mais je m’avance. Victor Hugo.....Qui connait encore ce type, de nos jours, à par Depardieu, qui le bredouille, entre deux gorgée de vin

              De bière belge

              De vodka ?

              Ah, bon dieu ! Tout cela nous prouve une fois de plus qu’il faut former notre belle jeunesse pour affronter les véritables enjeux !


              • bakerstreet bakerstreet 24 janvier 2013 11:34

                Après un tel état des lieux, je m’attend à aller au tableau noir
                A rester en classe après la récré

                Non, ces choses là ne se font plus.

                Bon alors à me faire larder de flèches. Tel Saint Sébastien.
                Une image surgi du catéchisme.
                Mais c’est comme Victor Hugo, plus personne ne connait.
                Quand à l’humour, il lui faut aussi être consensuel, ne plus heurter.
                C’est la fin des Deproges, et l’avénement d’Eli Simoun !


              • LE CHAT LE CHAT 24 janvier 2013 11:18

                encore une fois , la réforme est de démolir ce qui a été fait sous le régime précédent !
                faire et défaire , pas étonnant que la France a une image d’immobilisme !

                on comprend la colère des enseignat qui vont aussi devoir payer pour faire garder leurs enfants et devoir subvenir à un transport de plus par semaine alors que les salaires de la fonction publique font du sur place ..


                • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 24 janvier 2013 11:33

                  @le chat

                  « on comprend la colère des enseignants qui vont aussi devoir payer pour faire garder leurs enfants  »

                  Je suppose que c’est du persiflage ! Le métier d’enseignant est de ceux qui donnent le plus de temps pour garder ses enfants !



                  • velosolex velosolex 24 janvier 2013 11:48

                    En tout cas, question humour on rigole : Voilà bien une situation assez amusante, et peut-être assez révélatrice de la situation.

                    Je ne suis pas sûr que Le chat fasse dans l’ironie..Il est beaucoup de gens assez aveugles pour ne pas s’apercevoir que leur situation rendent leur propos critique, et leurs revendications assez intolérables.

                    Marie Antoinette avait su ainsi trouver les mots justes,à son époque, avec cette histoire de brioche et de pain.


                  • LE CHAT LE CHAT 24 janvier 2013 11:50

                    à moins de les prendre avec en classe , comment elles font les instits avec leurs mouflets ?


                  • LE CHAT LE CHAT 24 janvier 2013 11:54

                    @VELOSOLEX

                    cela dit , je suis d’accord avec toi , il n’y a pas que les enseignants à devoir s’adapter et on sait comment c’est dur de faire remuer le mammouth !
                    on peut dire aussi que c’est un peu plus pertinent cette fois que certains motifs de grève qui parfois nous laissent songeurs , nous les travailleurs du privé .............


                  • velosolex velosolex 24 janvier 2013 11:59

                    Le chat

                    Bravo pour votre coup de patte !


                  • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 24 janvier 2013 15:56

                    @le chat

                    « à moins de les prendre avec en classe , comment elles font les instits avec leurs mouflets ? »

                    Elles font comme tout le monde. Mais elles ont la chance d’avoir un temps de présence obligatoire au travail réduit par rapport à d’autres professions.

                  • CHALOT CHALOT 24 janvier 2013 12:01

                    J’aurais bien voulu une réaction par rapport aux intervenants municipaux et la contradiction existant chez les syndicats enseignants
                    - Ils s’opposent à juste titre à l’intervention municipale dans les écoles durant le temps scolaire
                    - Si la Municipalité retire les intervenants ils vont crier et s’opposer à cette décision....
                    C’est pourtant ce qu’il faut faire car si les communes sont contraintes à assurer des activités péri et post scolaires supplémentaires, ces intervenants qui existent dans certaines villes glisseront du temps scolaire au temps « récréatif » !
                    Question de coût et de cohérence !


                    • velosolex velosolex 24 janvier 2013 12:21

                      Comme quoi le démantèlement de l’école républicaine joue sur le corporatisme, les replis démagogiques et infantiles : 144 journées solarisés en France, alors que la moyenne en europe est de 177 !

                      On a inventé un problème là où ils n’y en avait pas. Pourquoi ne pas envisager de revenir à la case départ. Cette mesure, faite soi disant pour les enfants, semble maintenant un avantage acquis pour les enseignants. Sans être cruel, il y a de quoi ironiser !

                      Il y a le feu dans la maison. ...La décision de Darcos en 2007 avait été totalement inconséquente, et n’avait pour but que de ne pas déplaire à l’éducation nationale.
                      Un minimum de déontologie aurait du amener les enseignants à rejeter ce cadeau empoisonné !
                      Ceci dit, ils n’ont pas vu leur salaire diminuer, alors.
                      Demander une augmentation pour revenir à un semblant de situation antérieur, maintenant n’est donc pas très honnête, et souligne, au mieux, une amnésie des faits.

                      Assez tendancieuse
                      Autant que de vouloir s’affranchir du sort des autres fonctionnaires, dont le mérite n’est pas moins grands, et qui n’ont pas vu eux non plus leurs salaires augmenter depuis plusieurs années.
                      Et que dire des gens du privé !
                      On ne leur a pas demandé comment ils feront pour palier en temps de nourrice ou de garde, pour combler ce retrait de l"école.


                      • CHALOT CHALOT 24 janvier 2013 19:44

                        Le texte retravaillé et complété par deux « plumes » est ici

                        http://www.cdafal77.fr/texterythm.html

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