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Accueil du site > Actualités > Société > Saint Badinter ?

Saint Badinter ?

Je sais, Robert Badinter, ancien Garde des Sceaux, sénateur socialiste, maître d’oeuvre, sous l’égide de François Mitterrand, de l’abolition de la peine de mort, ami fidèle et silencieux de l’ancien président de la République, juriste et partisan à la fois, est devenu une icône qu’on n’a pas le droit de toucher, fût-ce avec la plus légère critique. Pourtant il parle, il écrit, il intervient, il loue, il dénonce, il condamne, il s’implique. Pourtant, il n’a pas toujours été exempt de reproches dans son action ministérielle. Homme politique, il a fait des choix, les uns bons, les autres mauvais. De sa bouche ne sont pas sorties que des paroles d’évangile. Mais il demeure paré d’une sorte d’impartialité absolue, comme un Sage qu’on ne devrait écouter que pétrifié de respect. Militant, il bénéficie du crédit qu’on attache à qui ne l’est pas. Intellectuel, il jouit de la considération qu’on offre à l’engagement. Jouant sur les deux registres, il campe sur une position inexpugnable. Confortable.

Je regrette mais, pour moi, il n’est pas saint Badinter.
Lorsque, sur le site du Nouvel Observateur, il revient à la charge et qualifie de "dérive dangereuse" la rétention de sûreté envisagée pour les criminels sexuels qui seront déclarés trop dangereux pour une vie libre, je suis moins transi d’admiration pour cet humanisme qui ne se préoccupe que de l’infime minorité probablement dévastatrice que choqué par le fait qu’à aucun moment, les risques ne sont mesurés pour la sauvegarde d’une majorité qui n’a que le tort de n’avoir pas encore été offensée. Donc, nous dit Robert Badinter, nous serions dans le virtuel et il n’y a pas de quoi s’émouvoir.
Avec toute la modestie qui sied, j’ose répliquer. Il y a des situations heureusement rares où la certitude du pire est assurée et je ne vois pas au nom de quoi un Etat pourrait ne pas prendre en compte une telle désastreuse prévisibilité. Il ne suffit pas de souligner, comme le sénateur Badinter, qu’après l’expiration de la peine, il y a le suivi socio-judiciaire avec injonction de soins, la surveillance judiciaire, l’inscription au casier avec obligation de se présenter à la police pour les pédophiles dangereux. A supposer que ces dispositifs puissent être mis en oeuvre avec une totale efficacité, je ne doute pas une seconde de leur qualité intrinsèque. Mais la rétention de sûreté va se rapporter aux quelques cas, aux rares destinées, coupables sûrement et victimes aussi d’elles-mêmes, qui se glisseraient entre les mailles de ce filet serré pour s’abandonner aux démons intimes dont elles souffrent, qui les torturent et leur font tuer autrui. Aucune structure, aussi efficiente soit-elle, n’est assez contraignante pour peser, sans cesse, de tout son poids de coercition sur un être pour l’empêcher de perpétrer l’intolérable, quand au tréfonds de lui-même tout l’y pousse.

Le problème n’est donc pas dans le principe de la rétention de sûreté ni même dans sa limitation, puisque celle-ci est évidente, les psychiatres évoquant seulement une dizaine de condamnés susceptibles de n’être pas remis en liberté. Le problème réside dans la commission qui sera amenée à statuer. Au risque de surprendre, il conviendrait de ne pas la composer que de psychologues ou de psychiatres. Outre les représentants judiciaires habituels, il serait bénéfique d’y placer des citoyens. Des décisions aussi lourdes de conséquences ne pourront pas se passer, pour être rendues, d’un indéniable pluralisme, qui leur donnerait force et légitimité. Elles seront d’autant plus incontestables qu’un certain nombre d’esprits de toutes tendances les auront édictées.
Cette rétention de sûreté devra se concilier avec une conception classique de l’Etat de droit qui exclut la continuation d’un enfermement, en quelque sorte pour préserver l’avenir après avoir sanctionné le passé. Pour éviter ce hiatus entre la prison et une autre mise à l’écart, on aurait d’ailleurs pu réfléchir à la notion de peine indéterminée qui n’est pas absurde du tout pour certains comportements. Le gouvernement ne devra pas se laisser gagner, demain, à l’Assemblée nationale, par une mauvaise conscience qui pourrait l’inciter à ne pas accomplir ce qui est nécessaire. Et qui pourrait advenir à Fresnes, à la fin de l’année, selon le site 20 minutes.
Je pense que la dérive dangereuse ne serait pas celle dont nous menace Robert Badinter, dont l’humanisme s’inscrit clairement dans la philosophie que Lionel Jospin avait qualifiée de naïve en la regrettant trop tardivement. La dérive dangereuse serait de léser la société pour ne pas porter atteinte à la liberté de quelques-uns, fatalement voués au crime tant leur ressort intime et leurs pulsions les y conduiraient, comme malgré eux. Si refuser de telles perspectives, c’est faire "du populisme en action", comme, avec un peu de condescendance, Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des droits de l’homme, dans l’Express, nous en prévient aussi, vive, alors, cette volonté que je qualifierai de populaire et tant pis pour les délicats !
Alors, je maintiens. Pas saint Badinter. On a le droit de lui dire non.


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145 réactions à cet article    


  • SANDRO FERRETTI 8 janvier 2008 14:06

    Oui, cent fois oui. Badinter fait partie des gens dont la personne est respectable, mais dont les idées (et l’action, en son temps) sont nuisibles, décalées qu’elles sont de tout rapport avec la réalité.

    Laquelle, on le sait,en matière fait-diversière et carcérale, sent rarement bon.

    C’est l’idéologie au service du droit (parfois l’inverse), le symbole d’une icone de décenies heureusement révolues (pas les soixante-huitards, les 70/80, qui ont fait beaucoup plus de mal à l’efficacité de l’institution judiciaire).

    Bref, avec lui (et ses quelques disciples plus « verts »), c’est l’angélisme bien pensant à la Place Vendome, endroit où, ni chez les bijoutiers, ni aux Sceaux , cela n’a de raison d’étre.


    • non666 non666 9 janvier 2008 14:17

      Badinter a surtout eu le triste privilège d’etre l’avocat de Mmitterand quand celui ci etait innocent...

      Dans les affaires ou il etait coupable, il preferait Dumas...

      De plus Badinter est un des deux redacteurs parlementaire français de l’immonde TCE.

      Vous savez dans cette assemblée "giscard" ou ceux qui avaient été elu sur des problemes de 35 h avaient decidé qui ils enverraient definir la future constitution de l’Europe sans se poser la question du sens de leur mandat et de notre volonté.

      Bref nos "vertueux" de gauche ont , encore une fois, bien des crottes sous leurs bottes.

       


    • La Taverne des Poètes 8 janvier 2008 14:12

      Ce qui me choque, c’est qu’une fois encore le débat droite-gauche s’empare d’une question pour la limiter à une querelle idéologique et bloquer tout débat sérieux. Ce que je n’accepte pas non plus, c’est que l’on brandisse cette mesure comme la seule possible et comme moyen racoleur des voix populaires.

      Sur les principes, Badinter a raison. Maintenant, il y a aussi le principe de réalité. La mesure de rétention de sûreté devrait être l’arme de l’ultime recours après la prévention (ernforcée), les soins (y compris castration chimique), la lutte contre les réseaux de pédophiles, les mesures de sûreté non privatives de liberté...Cette question méritait un vrai débat, d’autant plus que l’effet ne se produira qu’en 2023 et qu’on pouvait donc se donner un an pour approfondir.


      • La Taverne des Poètes 8 janvier 2008 14:16

        Il y a des mesures urgentes à prendre et celle-là, par l’éloignement de sa prise d’effet, n’en fait manifestement pas partie.


      • Guil 8 janvier 2008 14:27

        Ce qui dit ce « principe de réalité » c’est qu’il existera toujours des criminels et que prétendre qu’il existe une « arme ultime » est totalement irréaliste.

        Ce qui dit aussi le principe de réalité c’est qu’il est stupide de vouloir soigner quelqu’un après 15 ans de prison... Pendant 15 ans, ce quelqu’un sera dans une cellule entre quatres murs et des barreaux, à la disposition de tous les psychiatres du monde ! Soit on considère que le type est malade et dans ce cas on le soigne immédiatement après le procès, on n’attend pas 15 ans en le laissant pourrir dans l’école du crime qu’est la prison !! Soit on considère qu’il est criminel auquel cas on luis donne une peine au delà de laquelle on considère qu’il a payé sa dette.

        Cette mesure de rétention après la peine transgresse les principes de justice. Elle est indigne de la France. Badinter n’est effectivement pas un sain, je ne suis pas toujours daccord avec lui, mais sur ce coup il a 1000 fois raison. Avec Sarko, Dati et toute la clique on s’avance droit vers le gouffre les yeux fermés. Heureusement qu’il reste quelques rares personnes comme Badinter pour nous prévenir. Malheureusement, il ne sont guère écouté.

        Nous pourrons pas dire, le jour où nous regretterons tout ça, que nous n’avions pas été prévenus...

        Quand à cette loi en passe d’être voté, tout ce qu’on peut espérer est que le volet rétroactif soit censuré par le conseil constitutionnel, comme il le devrait. Du coup la loi ne s’appliquera que dans 15 ans, et d’ici là il reste un peu de chance qu’un gouvernement plus sage, à la faveur d’une alternance, l’abroge. Il reste donc un espoir qu’elle ne soit jamais appliquée, même si elle est votée.


      • La Taverne des Poètes 8 janvier 2008 14:40

        Je suis d’accord avec vous qu’il faut traiter les pédophiles pendant leur séjour en prison mais la loi interdit les soins forcés. Quand je parle d’arme ultime, j’évoque les cas de pédophiles incurables ou qui refusent les soins ou encore qui font mine de les accepter mais persévèrent dans leur comportement dangereux. Pour ces gens-là il faut des mesures de sûreté. Ce qui importe dans tous les cas c’est d’agir en responsables.


      • La Taverne des Poètes 8 janvier 2008 14:43

        Etait-ce responsable de laisser sortir le violeur du petit Enis alors qu’il avait dit asez clairement à un journaliste de la télé qu’en sortant il remettrait ça ?


      • Castor 8 janvier 2008 14:34

        Il me semble que la question à se poser est de savoir si le rôle de l’état est d’assurer à ses administrés une société sans risque.

        Comment ne pas trouver malsaine l’idée d’une privation de liberté par anticipation, sur la base d’un risque si intense soit-il ?

        Certes, qui n’est pas choqué par ces crimes commis contre des enfants, mais on ne peut, à mon sens, en arriver à de telles extrémités qu’en ayant exploré toutes les possibilités de soins, de contrôle ou de réinsertion, sous peine d’une dérive dangereuse.


        • Internaute Internaute 8 janvier 2008 16:29

          On peut accepter une société pleine de risque à condition que celui-ci soit partagé. Malheureusement l’auto-défense conduit toujours en prison. A partir du moment où l’on ne voudrait faire porter le risque qu’aux futures victimes il vaut mieux prévenir et laisser en prison les délinquants.


        • Alpo47 Alpo47 8 janvier 2008 14:37

          R.Badinter exprime, comme quasiment toujours, une opinion mesurée, qui trouve ses fondements dans le Déclaration des Droits de l’Homme... Utiliser le terme « saint », comme le fait l’auteur, est juste un artifice de com, histoire de dénigrer par avance son discours.

          Donc, et si j’ai bien compris, il s’agit de maintenir en détention quelqu’un qui a purgé toute sa peine. Serais je le seul sur AgoraVox que ce principe choque ?

          Attention ! Quels étaient donc les arguments du système communiste en URSS pour emprisonner des opposants dans des asiles psychiatriques ? Un opposant à ce « système merveilleux » est surement fou (vous voulez parier que je trouve des psychiatres pour le certifier) et doit être interné ...Serais je visionnaire, ou bien est ce l’excès de cafeine ?

          Hors sujet ? Pour l’instant, oui, mais ne pourrait il pas s’agir du premier pas pour mettre en place un système où après avoir commencé avec les vrais criminels, on prend en compte tous ceux qui s’opposent, (anti OGM, alternatifs, marginaux ...)

          De toutes façons, et s’il était voté, ce projet de loi, ne résisterait sans doute pas à l’examen du Conseil Constitutionnel ou de la Cour de Justice Européenne.

          Encore un « écran de fumée » ?


          • Julien Julien 8 janvier 2008 15:25

            Non vous n’êtes pas le seul que cette idée de double peine choque. Je suis assez surpris d’ailleurs par ce papier de Monsieur Bilger qui nous avait pourtant habitué à des raisonnements moins populistes.

            Je ne suis pas allergique à l’idée d’interner les prédateurs les plus dangereux dans les établissements spécialisés, et si nécessaire, pour une durée indéterminée, voire illimitée. Mais si quelqu’un a besoin de soins psychiatriques, il en a besoin sur le champ et pas après 15 ou 20 ans de réclusion.

            Enfin bon, tout ça ne m’étonne plus. Sarkozy et son gouvernement réagissent à chaud, en surfant sur l’actualité.

            Dans l’affaire du petit Enis, il était effectivement plus facile de fustiger la loi, de la déclarer inadaptée et de la durcir que de reconnaitre qu’il s’agissait d’une cascade d’erreurs de la part des différentes administrations concernées (pas de contrôle du traitement hormonal auquel le pédophile était censé se soumettre, pas de contrôle strict de ses déplacements, etc, etc...).


          • masuyer masuyer 8 janvier 2008 20:28

            Alpo47 et Julien,

            je suis aussi choqué que vous. Quant à la position de Me Bilger est-elle vraiment étonnante de la part d’un avocat général ?


          • waimea 8 janvier 2008 14:50

            Bravo à Philippe Bilger d’entrer dans les détails de l’argumentation ; souvent certains esprits bien pensants lancent de grands principes vagues avec lesquels il est simple de tordre la réalité, comme dans le cas de l’amendement ADN d’ailleurs qui ne fait que proposer de vérifier qu’une mère est la mère de ses enfants ; dans le cas présent, il s’agit de hiérarchiser les libertés ; la liberté d’un être très instable et dangereux d’après des avis médicaux malgré une forte probabilité de récidive criminelle ou barbare est-elle supérieure à la liberté du plus grand nombre de ne pas subir l’aléa de la menace de cette remise en liberté ? l’« humaniste » Badinter semble indiquer que oui... que pense Monsieur Badinter du principe de précaution, qui est souvent invoqué en particulier à gauche ? les mesures préconisées n’en sont-elles pas l’application modérée ? est-il raisonnable d’invoquer le principe de précaution dans certains secteurs et de le refuser dans d’autres, non pour des raisons scientifiques mais suivant si cela est compatible avec les dogmes de la gauche bien pensante ?


            • Dogen 8 janvier 2008 14:53

              Je ne comprend pas bien la justification de cette mesure.

              Si elle est necessaire, c’est que le detenu a ete mal juge.

              Si le criminel est veritablement dangereux, alors ils devraient se prendre perpetuite avec une peine de surete.

              Comme ca, a la fin de sa peine de surete, s’il est considere comme toujours dangereux, il reste en prison.

              Non ? C’est plus complique ?


              • Redj Redj 8 janvier 2008 17:10

                Bonjour Dogen,

                Je pense comme vous, il aurait été plus simple de condamner à perpetuité que de vouloir créer une usine à gaz comme ça...


              • bernard29 candidat 007 8 janvier 2008 18:38

                a dogen,

                On ne juge pas quelqu’un. On juge un acte, un crime, un fait délictueux.


              • koton 8 janvier 2008 22:33

                ça,c’est toi qui le dit.


              • CAMBRONNE CAMBRONNE 8 janvier 2008 14:54

                MERCI Monsieur Bilger pour cet article plein de bon sens .

                Badinter n’a jamais été ma tasse de thé et la manière dont il s’est servi du procès de patrick Henri pour faire abolir la peine de mort ne m’a pas laissé le souvenir d’un homme intègre , idéaliste convaincu mais celui d’un habile avocat .

                Il y a des gens comme ça qui arrivent à se construire une belle vitrine et maitre Badinter en fait partie .Il joint au physique de l’emploi un talent de comédien remarquable .

                Badinter , comme BHL sont d’habiles personnes qui surfent sur les nobles sentiments , c’est plus gratifiant que d’aller ramasser les cadavres ou prévenir les familles des victimes .

                Mes sentiments n’ont rien à voir avec le clivage droite gauche car je connais plein de gens « de gauche » qui vont beaucoup plus loin que moi sur ce sujet .

                Salut et fraternité .


                • morice morice 8 janvier 2008 14:56

                  Mr Bilger n’a pas aboli la peine de mort en France à ce que je sache... on a le droit de lui dire non sur cet article. smiley


                  • waimea 8 janvier 2008 15:03

                    vos arguments sont spécieux ; 1. vous évoquez l’URSS, or une dictature n’a pas besoin de règles de droit pour faire ce qu’elle veut, et qu’il existe des règles de droit dans une dictature ne garantit pas la liberté des citoyens ; 2. l’exemple des anti-OGM est particulièrement mal choisi, puisqu’ils se revendiquent du principe de précaution dont ces propositions pénales ne sont que l’application modérée ;


                    • waimea 8 janvier 2008 15:04

                      c’était une réponse à une réaction écrite précédemment !


                    • geko 8 janvier 2008 15:08

                      A supposer que ces dispositifs puissent être mis en oeuvre avec une totale efficacité, je ne doute pas une seconde de leur qualité intrinsèque. Mais la rétention de sûreté va se rapporter aux quelques cas, aux rares destinées, coupables sûrement et victimes aussi d’elles-mêmes, qui se glisseraient entre les mailles de ce filet serré pour s’abandonner aux démons intimes dont elles souffrent, qui les torturent et leur font tuer autrui

                      Si cela concerne quelques rares cas pourquoi faire tant de bruit ?

                      Mr Bilger, venant d’un professionnel comme vous, cet article n’a d’autre objectif que de régler vos comptes avec Mr Badinter et je ne vous trouve pas très objectif dans cet article.

                      Un cas récent a montré que ces gens là ne sont pas véritablement soignés et les outils mis en place souffrent de disfonctionnements notoires (j’ai en mémoire le toubib qui a donné du viagra à un pédophile la veille de sa sortie) !

                      Pour moi cette loi comme toutes celles faites sur les récidives sont un aveu d’échec des politiques de réinsertion menées. D’une manière générale il est de notoriété publique que les prisons sont des fabriques à truands ! Et avec l’accroissement de la pauvreté, la prison va retrouver son rôle premier de mise à l’écart et d’enfermement sans véritable but de réinsertion sociale ! C’est symbolique d’une société en regression !

                      Faire une analyse détaillée et tirer un bilan de l’administration pénitencière serait un point de vue plus interessant venant de votre part !

                      En dernier point, ce qui m’effraie beaucoup plus c’est le projet de loi sur l’enfermement des personnes sur présomption de dangerosité ! Quand on voit comment fonctionne notre justice et la promotion du juge Burgo suite à l’affaire d’Outreau il y a vraiment du souci à se faire dans ce pays !


                      • Pierre de Vienne Pierre Gangloff 8 janvier 2008 15:58

                        Quels doctes discours sur la répression, la nécessité de la rétention à vie, alors que nos prisons sont une honte, la condition des détenus et des gardiens un scandale. Dire le droit depuis les prétoires ne suffit pas, L’infamie et l’irresponsabilité c’est de continuer à faire croire que l’éloignement, la mise à l’écart, solutionnent la douleur des victimes et transforment des détenus. Evidemment monsieur Bilger, que Badinter n’est pas un saint,il n’y a que vous (et ce qu’il me semble être un bien mauvais ressentiment à l’égard de quelqu’un qui vous dépasse) qui voudrait le faire croire.


                        • apami 8 janvier 2008 16:23

                          Il me semble que ce débat est un faux débat. Aujourd’hui on peut être condamné à la réclusion a perpetuité assorti dune période de sureté prédéterminée. Une modification cosmetique permettrait d’y ajouter une période de sureté révisable et quelques mécanismes pour ce faire...

                          Au lieu de faire tout ce bruit cela repecterait le pouvoir des cours d’assises.


                          • Dalziel 8 janvier 2008 17:24

                            Ce n’est qu’un de plus, parmi les combats que livrent les religionnaires intégristes des Droits de l’Homme contre les Droits de la Société, qui incluent celui d’être protégée de certains hommes !


                            • Dalziel 8 janvier 2008 20:41

                              Je précise à l’intention de ceux qui votent « - » que la première image de Badinter qui me vient à l’esprit est, systématiquement, celle de père adoptif de Patrick Henry.


                            • Forest Ent Forest Ent 8 janvier 2008 18:13

                              D’habitude, je respecte cet auteur et ses articles, mais celui-ci me laisse sur une impression plus forte que le malaise, tirant sur le dégoût.

                              Cela provient d’abord du procédé de personnalisation utilisé, truc efficace de plaideur, mais qui n’élève pas le débat. L’auteur pouvait entamer un débat d’idées sans s’attaquer à la personne de son contradicteur. Non, Robert Badinter n’est pas un saint, mais il ne l’a jamais prétendu, et cette forme d’attaque personnelle semble trahir jalousie et méchanceté.

                              Cela donne également une impression de non-dit assez forte, du style « si ça tenait qu’à moi, je leur couperais la tête ».

                              Enfin, les arguments utilisés sont démagogiques : « il faut protéger la société ». A ce niveau de généralité, tout le monde est d’accord, et les postures viriles de l’UMP me font là-dessus doucement rigoler. A ce compte-là, autant rétablir la peine de mort. L’auteur ne s’est jamais soucié de mesurer l’efficacité des peines ?

                              Pour en venir au fond du sujet, il s’agit de la vingt-huitième idée en l’air creuse de Pinocchio pour prétendre agir sur le terrain de la sécurité, en manipulant une Justice que notre Constitution ne lui donne pas la charge de piloter. Comme d’habitude, il s’agit de baratin fumeux, et la preuve en est que l’on n’a jamais vu le bilan des 27 précédentes, heureusement pour lui.

                              Je suis très déçu de cet article. smiley


                              • COLRE COLRE 8 janvier 2008 21:40

                                Cher amis, quel plaisir de vous voir ouvrir les yeux soudain sur l’auteur ! relisez ses papiers précédents, serviles, simplistes, primaires, faussement modestes, fats, populistes, manipulateurs (et j’en passe !). Relisez, relisez, si vous avez du temps à perdre, évidemment !

                                @julien : « Je suis assez surpris d’ailleurs par ce papier de Monsieur Bilger qui nous avait pourtant habitué à des raisonnements moins populistes » : non !

                                @Forest Ent : « D’habitude, je respecte cet auteur et ses articles, mais celui-ci me laisse sur une impression plus forte que le malaise, tirant sur le dégoût. » comme d’habitude !

                                @L.S.B. « Finalement, on peut se demander si P. Bilger n’est pas, en ce moment, un vrai courtisan » : ne vous le demandez plus !

                                @philippe Renève : vous relevez : « avec toute la modestie qui sied, j’ose répliquer ». Mais Monsieur Bilger OSE toujours, face à ceux qui ne sont plus au pouvoir... point de Sainte Dati ni de saint Sarko avec monsieur Bilger, là, en ce moment, il n’oserait pas.


                              • Pelletier Jean Pelletier Jean 8 janvier 2008 18:35

                                @Philippe Bilger

                                Décidemment la droite brutale et arrogante n’hésite plus à sortir de son trou, la tête haute activée par les discours de Nicolas Sarkozy. Monsieur le Procureur quelle belle harangue ...si belle dans un prétoire ! Mais décidemment non .... On ne vous suivra pas sur ces sentiers « puants » ... décidemment oui à Monsieur Robert Badinter qui fait honneur à l’idée qu’un démocrate se fait de la justice. Même si vous brillez aujourd’hui de quelques feux (je devrais dire Strass...) vous finirez aux oubliettes de l’histoire avec tout ce que celles-ci peuvent contenir de personnages infamants. Je ne vous salue pas.  smiley


                                • Foudebassan Foudebassan 8 janvier 2008 20:55

                                  Pour ne pas saluer les gens qui ne sont pas d’accord avec vous, vous ne seriez pas socialiste par hasard ? Cordiales salutations.


                                • Tonio Tonio 8 janvier 2008 18:56

                                  Sur le fond : ça me semble une évolution très dangereuse des principes fondamentaux du droit pénal, et ceci pour des cas en pratique très limités. Le ratio fragilisation de l’édifice de protection des droits de l’homme / bénéfices concrets m’apparaît particulièrement peu attractif. Accessoirement, quid de l’internement psychiatrique ?

                                  Sur la forme : pourquoi accorder la moitié de l’article à M. Badinter ? Ce n’est pas le sujet ? Vous donnez un peu l’impression que l’exploit d’avoir un avis différent du sien doit vous dispenser de justifier précisément votre point de vue.


                                  • L.S.B 8 janvier 2008 19:21

                                    Décidément, P.Bilger est sur tous les fronts pour porter le drapeau sarkosyste. Dernièrement, un journaliste a critiqué la nomination à Paris d’une magistrate, épouse d’un membre du cabinet de B. Laporte, car il y voyait une un risque d’interférence avec le traitement judiciaire des affaires de B. Laporte. P. Bilger le « flingue » sur son blog (Justice au singulier)...Auparavant, Bedos ose parler « d’un rire de résistance » à propos des « sans logements ». P.Bilger s’empresse de lui rentrer dans le chou... Badinter se positionne contre la rétention de sûreté, P. Bilger ne supporte pas et ironise sur l’aura de Badinter... Finalement, on peut se demander si P. Bilger n’est pas, en ce moment, un vrai courtisan en vue du prochain remaniement ministériel...


                                    • 8 janvier 2008 19:32

                                      M Badinter se place sur le plan du principe ajouter une peine d’enfermement à une peine déjà décidée par la justice et accomplie pose un problème de droit et de principe. Vous placez sur le plan plus émotionnel, ce que l’on peut comprendre. Et je vous ai trouvé moins acide et plus nuancé ce matin au GG sur RMC.


                                      • Mustrum 8 janvier 2008 20:03

                                        Et quel est le pourcentage d’erreur envisagé pour l’évaluation de la dangerosité d’un individu ? 1 sur 10 ? 1 sur 100 ? Ou on ratisse large et on estime dangeureux des gens qui n’auraient jamis récidivé ?


                                        • apache 8 janvier 2008 20:57

                                          Mr Badinter est au demeurant un homme de qualité ,un esprit raffiné Qui a l’image des mystiques s’abandonne au dogmatisme de l’utopie des beaux esprits Il rejoint les tenants de l’infaillibilité papale ,de l’immaculé conseption ,et tout autres fariboles du même genre qui avaient poussé certain jusque a voir en tout dictateur de gauche ou de droite un sauveur du peuple CONCLUSION : Mr Badinter est un gaspilleur d’intelligeance ( la sienne)et un homme dangereux . C’est le deffenseur de la Glose et non pas des agneaux . Amen ST Badinter


                                          • samedi 8 janvier 2008 21:12

                                            Monsieur, vous ne récoltez qu’un mauvais point de ma part, et laissez moi vous dire que je note très rarement les articles pourtant. Vous aimez le mot pourtant. Pourtant, vous parlez de ce que vous ignorez, et l’ignorance c’est du mépris. Or il ne convient pas de traiter le sujet avec mépris précisément. Vous aimeriez miser sur la compassion due aux victimes pour contrebalancer la probité de M. Badinter et stigmatiser sa prise de position.

                                            Monsieur, ce que vous faites, c’est que vous méprisez non seulement les victimes, mais plus criminel vous méprisez le droit qui est le fondement de notre démocratie. Et ceci n’est pas qu’un vain mot, dévoyé par les intellectuels et les politiques. Le droit en France a toujours dominé la justice, aussi loin que nous pouvons remonter dans les archives de ce qui a fait la France, nous trouvons le droit, les us et les coutumes. Or, vous mettez tout ça dans un grand sac poubelle au nom de la compassion et au nom des victimes.

                                            Non, Monsieur, on ne foule pas le droit aux pieds pour assouvir le fantasme de détruire la réputation d’un homme comme Badinter et pour se faire le petit plaisir mesquin de s’ériger en défenseur de la veuve et de l’orphelin. Laissez ce soin et ce travail aux professionnels, juges et avocats dont c’est le métier, pas le vôtre en conséquence.

                                            En tant que citoyen, vous avez le droit de donner votre avis sur les réticences de M. Badinter concernant ce projet de loi. Mais pour cela, vous devez vous efforcer de connaître le droit.

                                            Et que dit le droit, Monsieur. Qu’un homme ne peut être condamné 2 fois pour la même peine. Comprenez-vous cela ? C’est cela la justice, la plus élémentaire dirais-je. Sinon où irions-nous ??

                                            Et ce que veut Dati c’est une double peine. Elle estime que condamner un homme qui a commis de tels méfaits n’est pas suffisant, et qu’il faut le condamner mais sans le dire une 2è fois. Est-cela la justice, Monsieur, condamner sans juge et sans publicité une 2è fois un homme déjà condamné qui a purgé sa peine ?

                                            Oui, Monsieur Robert Badinter est un saint. Non il est mieux qu’un saint. Monsieur Badinter est peut-être le seul homme qui mérite d’entrer au Pantheon de son vivant, au XXIè siècle.


                                            • Leekid 8 janvier 2008 21:50

                                              @samedi : Vous avez le droit de ne pas être d’accord avec l’auteur...mais lorsque vous lui dites « Laissez ce soin et ce travail aux professionnels, juges et avocats dont c’est le métier » ou encore « [...]vous devez vous efforcer de connaître le droit. », je crois que vous en avez fait rire plus d’un. Tous ceux qui ont pris la peine de consulter le CV de l’auteur en fait smiley


                                            • Forest Ent Forest Ent 8 janvier 2008 23:27

                                              Non, ça ne m’a malheureusement pas fait rire. smiley


                                            • samedi 9 janvier 2008 07:40

                                              Cher ami, ce que je voulais dire est qu’il ne suffit pas d’avoir un diplôme en poche pour avoir la compétence. Tiens un exemple, regardez Sarkozy, regardez Lagarde. A bon entendeur ha ha ha smiley


                                            • admimot 8 janvier 2008 23:48

                                              Voyez vous M.BILGER, j’aurai un reproche à vous faire, c’est que votre article a réveillé les vieilles ’lunes’ soixante-huitardes... Vous savez ces ’intellectuels’ donneurs de leçons, je devrai dire ’ayatollahs’ de la bien pensance, convaincus de détenir la vérité, et toujours prompts à se ranger du côté des agresseurs plutôt que des victimes.. Idéologie quand du nous tiens.... Le problème voyez vous, ce que ces ’intellos’ n’ont jamais été confrontés à ces terribles drames, et pensent ne jamais l’être... je sais de quoi je parle pour avoir traité des affaires de ce type durant ma carrière, et qu’il m’a été donné de prendre en charge des familles de victimes, voire de leur annoncer la terrible nouvelle. Et que dire des pauvres victimes dont la triste image vous reste marquée à vie... Je peux vous assurer que vous ne sortez pas indemne de ces situations dramatiques et que vous avez beaucoup de mal à trouver le sommeil. Car à cet instant précis vous tremblez à l’idée de vous trouver à la place des pauvres parents.

                                              Que proposent-ils nos chers ’intellos’, rien ou pas grand chose ou de ne rien changer et laisser ainsi le champ libre à ces récidivistes et d’attendre la prochaine affaire...J’en veux pour preuve le nombre d’affaires déplorées depuis 3O ans..

                                              Voyez vous M. BADINTER n’est pas une icône mais un avocat qu’il n’a jamais cessé d’être. Souvenons nous qu’il a été par ailleurs ministre de la justice, et qu’a t’il fait pour traiter le problème des récidivistes ??

                                              Je pense qu’à l’instar de la peine de mort qui a été abolie à l’instigation de M. BADINTER, contre une majorité de l’opinion, il faut envisager d’appliquer ces mesures préconisées par Mme DATI parce qu’elles répondent à l’intérêt général, fussent elles aussi contre une majorité de l’opinion.. Et la seule question qu’il faille se poser c’est non pas de savoir si ces mesures nous conviennent ou pas, mais combien de victimes potentielles seront épargnées. Voila la seule question que nos intellectuels doivent se poser, idéologie mise à part !!

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