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Accueil du site > Actualités > Société > Sarkozy rêve d’une rétention de popularité

Sarkozy rêve d’une rétention de popularité

Après l’interdiction de fumer dans les lieux publics entrée en vigueur le 1er janvier, c’est le projet de loi relatif à la « rétention de sûreté » des criminels les plus dangereux qui est désormais à l’étude. Deux évènements qui tendent vers le même objectif : débarrasser le monde de ses précipices, la vie de la mort.

Ca ne pouvait plus continuer comme ça : Nicolas Sarkozy avait prévenu, il n’est plus possible de remettre en liberté de dangereux individus aux pulsions immondes, susceptibles de s’abattre sur nos enfants innocents, si blonds, si purs. Il n’est plus possible d’entendre la douleur de ces pères, ces mères, ces frères et ces sœurs détruits par l’horreur et l’injustice d’avoir perdu un être cher et sans défense. Le Président de toutes les victimes avait assuré qu’il mettrait sur pied une loi qui permettrait l’enfermement de ces individus inguérissables même après la fin de leur peine. Une prison après la prison, mais qui prendrait plutôt la forme d’un hôpital fermé, un centre de soins barricadé, où ces patients seraient traités, d’abord un an, peut-être plus s’il le faut, jusqu’à ce qu’ils deviennent inoffensifs. Ou qu’ils meurent, dans le cas contraire. Une sorte de peine de mort déguisé, humanisé, sans bourreau, sans injection, juste un suivi thérapeutique censé rassurer la ménagère de moins de cinquante ans et l’électeur de plus de deux enfants. Une loi qui « répond à une attente » selon Nicolas Sarkozy. En fait, une loi qui participe d’une politique victimaire en place depuis le mois de mai dernier, qui consiste à caresser dans le sens de la larme la veuve éplorée, le père chagriné, le grand-père dévasté par la mort d’un des leurs. Une politique victimaire que l’on est en droit de juger scandaleuse, voire populiste, mais qui en plus, n’a que très peu de chance d’atteindre son objectif : empêcher la récidive. Une loi donc relativement inutile, mais qui créera peut-être quelques emplois, dans le bâtiment au moins : il faudra bien les construire, ces centres fermés.

Abolitionniste historique, Robert Badinter s’est lucidement insurgé de cette nouvelle loi : « Il s’agit d’un changement radical de notre droit et d’une dérive que je ne peux que critiquer, dénoncer » (...) « Tout notre système judiciaire repose aujourd’hui sur un principe simple : il n’y a pas de prison sans infraction. Or, là c’est tout à fait autre chose, c’est après la peine que l’on maintient quelqu’un en prison, non pas au titre d’une infraction qu’on lui reproche, non pas au titre d’une infraction pour laquelle il a été condamné mais au titre d’une infraction virtuelle, d’un crime qu’il pourrait éventuellement commettre s’il était libre » (...) « C’est une dérive dangereuse, nous oublions trop que la justice repose sur un certain nombre de principes et que le premier de ces principes, dans tout pays de libertés, c’est la présomption d’innocence » a notamment déclaré Badinter, dans ce style précis et limpide qui est le sien. Robert Badinter qui s’était levé contre la peine capitale en pleine affaire Patrick Henry, alors que la France entière était préparée à la mise à mort de l’accusé Henry, que la lapidation médiatique était au plus fort, que nombre d’élus, déjà à l’époque, s’étaient emparés de la douleur des proches de la victime pour justifier l’utilisation dans ce cas-là de la guillotine. Robert Badinter n’en avait pas démordu, et était parvenu à retourner les jurés, sans forcément convaincre l’opinion. Il n’empêche, il avait remis les bœufs avant la charrette, et initié le mouvement qui allait aboutir à l’abolition de la peine de mort. Cette même peine qu’il ne veut pas voir revenir, sous quelque forme que ce soit, et toujours au nom des mêmes principes, à commencer par le principal : la justice est humaine, elle juge les hommes pour ce qu’ils ont fait, pas pour ce qu’ils sont. Nuance colossale.

Aujourd’hui, si Badinter monte au créneau, et il n’est pas le seul, c’est aussi pour rappeler qu’on n’est pas obligé d’attendre qu’un criminel ait purgé sa peine pour commencer à le soigner : on peut commencer à s’occuper de lui dès l’instant où il entre en prison. C’est aussi pour rappeler que le taux de récidive chez les délinquants sexuels ne dépasse pas le 1% (ce qui est déjà énorme, eu égard aux victimes potentielles que ça représente, bien entendu). C’est enfin, comme il l’a fait sur France 2 hier, pour souligner que l’expertise d’un psychiatre n’a pas valeur de vérité, de table de la loi, ce n’est qu’une appréciation, rien d’autre. C’est pour répéter, encore une fois, que la justice est autant faite pour les victimes que pour les accusés, pour donner une réponse à la douleur des uns et infliger une sanction à la faute des autres. Que la justice, surtout, n’est pas une question de « bon sens » mais de textes de loi, et l’affectif doit être le plus éloigné possible du législatif.

Mais les temps ont changé, encore une fois. Et la société d’aujourd’hui se veut sans risque. L’alcool et la vitesse doivent être modérés, mais pas seulement : fumer est désormais interdit dans tous les lieux publics, le téléphone portable est soupçonné de présenter un danger pour la santé, les ondes wi-fi pourraient bien se révéler moins inoffensives que prévu, et depuis qu’un chauffeur de poids lourd a été contrôlé en grand excès de vitesse sur l’autoroute, le Président lui-même a annoncé qu’il allait renforcer les contrôles sur ce type de véhicule. Le rêve, l’illusion d’une société sans risque, presque stérile, est en marche. Le premier magistrat de France n’est évidemment pas le moins du monde convaincu qu’il peut mettre, avec quelque projet de loi bien balancé, tous les enfants de notre beau pays à l’abri des prédateurs, non, ce n’est pas de cela qu’il est convaincu, mais il est bien persuadé qu’avec de telles annonces, de tels brassages d’air il réussira à entraîner derrière lui une bonne partie d’un électorat conservateur, bigot et populiste, qui compte, et il le sait, quelques lourdes divisions dans le pays. Le Président de tous les Français qui ne peuvent que compatir à l’insupportable et injuste, évidemment, douleur des familles de victimes, ces familles qu’il a rencontrées, plus d’une fois. Tous ces Français, on peut en faire partie, qui un jour ou l’autre, après quelque sordide fait divers, se sont exclamés un « ces gens-là, ils ne méritent pas de vivre » en apercevant le visage du tueur, récidiviste ou non. Ce n’est plus la « peoplisation » de la vie politique, c’est ça « sensiblerisation » : tout jouer sur la corde sensible, l’affectif, l’émotion, au risque de manquer de recul, mais toujours dans le souci de faire monter sa cote de popularité. Pour qu’il n’y ait pas récidive dans la baisse des sondages.

S’il a suffi d’un décret pour qu’on ne fume plus nulle part que dehors, il ne suffira jamais d’une loi, fût-elle de Rachida Dati, pour « empêcher la récidive ». Et quand bien même le taux de récidive serait ramené à 0, les pédophiles, eux, existeraient toujours, malheureusement. Une « rétention de sûreté » qui n’est qu’un effet de manche, donc, qui ne résoudra rien, ou si peu, mais qui participe à cette liquidation de Mai 68 promise par l’Elysée : il semble désormais interdit de ne pas interdire.


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117 réactions à cet article    


  • La Taverne des Poètes 8 janvier 2008 09:23

    « le taux de récidive chez les délinquants sexuels ne dépasse pas le 1% » : information totalement fausse dont la source n’est d’ailleurs pas indiquée.


    • La Taverne des Poètes 8 janvier 2008 09:25

      Rien que pour cela, le référencement automatique sur Yahoo devrait être repensé...


    • La Taverne des Poètes 8 janvier 2008 09:35

      Même dans le cas du Canada où existe un centre depuis 1979 qui traite les pédophiles (au prix d’un énorme effort de prévention), le taux de récidive reste autour de 10 % (contre 17 % sinon). Voir ici par exemple : http://www.rue89.com/2007/08/20/recidive-des-pedophiles-le-canada-a-choisi-la-prevention


    • La Taverne des Poètes 8 janvier 2008 09:56

      Encore ne s’agit-il que du taux de récidive connu car, en France, les pédophiles sont libérés sans aucun suivi ni avant leur sortie (pendant la réclusion) ni après.


    • La Taverne des Poètes 8 janvier 2008 10:03

      En fait pas 10 % mais 12 % : Selon 43 études menées essentiellement en Amérique du Nord, le taux de récidive serait tombé au Canada autour de 12 % au lieu de 17 % (en cas d’absence de soin), au prix d’un traitement de prévention très lourd et couteux. Source : L’Express du 13 décembre 2007, page 114.


    • Emile Red Emile Red 8 janvier 2008 11:10

      Encore à côté du sujet, la taverne, et quand bien même vous auriez raison, 10 posts de votre part ne servent à rien.

      Si je vous comprends, dans la mesure où il y aurait hypothétiquement 10% de récidive vous êtes d’accord avec cette loi, heureusement donc que la bienpensance mode Bayrou n’est pas passé au delà du fantasme.


    • La Taverne des Poètes 8 janvier 2008 11:29

      Emile Red : voter négativement des posts qui rétablissent la vérité est un comportement disons curieux, pour ne pas dire totalitaire. Nous n’avons donc rien à nous dire...


    • Crapulox 8 janvier 2008 13:33

      Le taux de récidive de 1% est repris par Mr Badinter.
      - Certes, ancien ministre de la justice, éminent juriste et sénateur, on peut toujours arguer que ses sources sont mauvaises !
      - Pour qui s’attache à la rigueur juridique, cette mesure tant voulue par Sarkobruni est totalement contraire à tous les principes républicains et à l’esprit du droit français.
      - Peut-être conviendrait il de méditer encore une analyse de M. Badinter, et je fais un copier coller d’un post que j’ai adressé hier à M. Bilger !

      - La « rétention de sûreté », telle qu’elle apparaît dans le projet de loi du 28 novembre 2007 est un « changement profond d’orientation de notre justice. [...] Après un siècle, nous voyons réapparaître le spectre de « l’homme dangereux » des positivistes italiens Lombroso et Ferri, et la conception d’un appareil judiciaire voué à diagnostiquer et traiter la dangerosité pénale. On sait à quelles dérives funestes cette approche a conduit le système répressif des Etats totalitaires. »

      (Robert Badinter, dans Le Monde, La prison après la peine, 27 novembre 2007).

      - Sachez, pour bien mesurer l’état d’esprit du gouvernement dans l’applcation de cette mesure, qu’elle passe AUJOURD’HUI en PROCEDURE D’URGENCE !

      - Il s’agit nom de Dieu, de « la présomption de dangérosité définitive » ! Ce n’est pas n’importe quoi !

      - Cette mesure est un premier pas vers une sélection administrative de l’être humain. De par son ridicule et son fondement uniquement électoraliste, elle devrait indigner bon nombre de victimes !
      - Veuillez me dire quelle différence il peut y avoir entre le chagrin d’un fils dont on a assassiné la vieille maman pour lui voler sa misérable retraite, ou la femme du convoyeur de fonds explosé par une roquette, avec celui de parents d’un enfant victime d’un « pédophile » ?
      - Moi je n’en vois pas. Cependant, les deux premiers verront l’assassin sortir après quelqus années pour cause de remises de peine et bonne conduite, alors que les troisièmes pouuront faire un deuil définitif.

      - C’est la même chose que le fichier ADN. Grâce à M. Sarkozy, nous sommes passés des pédophiles et grands criminels, aux opposants OGM et aux manifestants des banlieues avec 400% d’augmentation du fichier depuis sa création.
      - C’est la même chose que le fichier STIC créé en 2003 par le ministre de l’intérieur, qui touche toutes personnes ayant eu de près ou de loin à faire dans une infraction.
      - Ce n’est plus l’extrait n°3 du casier judiciaire qui décide si vous avez ou non accès à certaines professions, mais le STIC !
      - Les exemples sur internet et les attaques contre les effets pervers de ce fichier ne manquent pas !

      - Quoi qu’il ait fait, un être humain a droit à son rachat.
      - En poussant à l’extrême la vision des choses de Sarkozy (et c’est bien parti pour devenir réalité), il faut supprimer la profession d’avocat, seuls les procureurs seront nécessaires. C’est une image mais elle a tout son sens.

      - Le Conseil Supérieur de la Magistrature s’est associé à la pétition contre la rétention de sûreté.

      - Je tire de tout celà la conclusion suivante, en souhaitant bien sûr qu’on me prouve que je me trompe :
      - Il faut rayer de la langue française le mot « prévention ».

      - Un jour, dans pas longtemps, Fahrenheit 451 deviendra réalité.


    • Emile Red Emile Red 8 janvier 2008 13:33

      ? ??

      Vous êtes incroyablement pédant, vous affirmez ce que vous imaginez, il vous faut 5 commentaires pour vous expliquer, ensuite vous m’accusez de turpitudes alambiquées, quant à savoir si vous rétablissez quelques vérités seul vous pouvez souscrire.

      Si les moins ont plu sur vos diatribes c’est sans doute qu’elles le méritaient de là à m’en attribuer la paternité vous franchissez le pas alerte.


    • La Taverne des Poètes 8 janvier 2008 16:07

      Crapulox : vous dites « Le taux de récidive de 1% est repris par Mr Badinter ». Vous avez dû entendre « 20 % » et non « 1 % » car le taux selon une autre étude varie entre 10 et 30 %, ce qui fait une « moyenne » -si on peut dire- de 20 % mais encore une fois il ne faut pas oublier que beaucoup de cas de récidives ne sont pas connus.


    • Crapulox 8 janvier 2008 17:40

      OBS 07/01/2008

      - « Vous savez, il va peut-être récidiver un jour »

      Soulignant que « le taux de récidive des violeurs est de 1 % », Robert Badinter a relevé que « de nombreuses mesures » existaient pour prévenir la récidive comme « le suivi socio-judiciaire avec injonction de soins, la surveillance judiciaire, l’inscription au casier avec obligation de se présenter à la police pour les criminels dangereux ». « Garder quelqu’un en prison parce que des psychiatres auront dit ’vous savez, il va peut-être récidiver un jour’ c’est une dérive vers une société, une justice que je n’accepte pas », a insisté l’ancien ministre de la Justice.

      - Soyons bien d’accord sur une chose, M. Badinter -mais aussi Mme Badinter- ce n’est pas Mme Dati :

      - Professeur émérite d’université, mais encore :
      - Il est membre de la Commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du règlement et d’administration générale .Il est également membre de la Délégation parlementaire pour l’Union européenne, membre titulaire de l’ Office parlementaire d’évaluation de la législation et membre de la Commission consultative des archives audiovisuelles de la justice.

      - Si mes souvenirs sont exacts, ils sont tous les deux parmis les plus diplômés de France (si ce ne sont les plus diplômés), et doivent naviguer dans du Bac + 15 ou 18 !

      - Maintenant si tu veux, tu peux suivre Rachida dans son point de vue : (Obs 08/01/2008)
      - Dati : la rétention de sûreté n’est pas en « rupture » avec le droit

      - Elle a certainement le bagage juridique suffisant pour opposer à M. Badinter une énormité pareille !


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 9 janvier 2008 02:22

      @ Taverne du Poete. Prétendre que le taux de récidive pour les délinquants sexuels est de l’ordre de 1% echappe au bénéfice du doute pour l’erreur de bonne foi et entre dans le domaine de la simple coquille ou de l’escroquerie intellectuelle. Je ne vois pas d’intérêt à prolonger un débat sur un fil ou une dizaine de personnes votent négativement ce qui semble une évidente et nécessaire rectification. On se reverra sur le prochain fil créationniste

      Pierre JC Allard


    • gloagf 9 janvier 2008 13:31

      Je n’avais qu’une vague idée du taux de récidive, mais j’ai fait l’effort de lire le lien laissé par "la taverne", j’ai également fait une petite recherche internet, et il semblerait que "la taverne" ait parfaitement raison pour un taux de récidive nettement plus important. Merci pour l’information. Je suis également choqué qu’on écrive un article avec des chiffres abhérants sans liens pour les justifier. A tous ceux qui votent négatif pour une correction aussi importante apportée au texte (qu’on soit d’accord avec l’auteur ou pas), renseignez-vous et réfléchissez avant d’agir...


    • Crapulox 12 janvier 2008 18:48

      Le seul problème est que tu te gardes bien de nous dire en quoi ont consisté tes "recherches intrenet"


    • tvargentine.com lerma 8 janvier 2008 09:40

      Encore et toujours les mêmes articles primaires consistant à démolir tout ce que fait Nicolas Sarkozy

      En résumé notre ami censeur écrit « il ne suffira jamais d’une loi, fut-elle de Rachida Dati, pour « empêcher la récidive ». »

      Oui,c’est cela,envoyé vos amis voyous faire du bateau en Bretagne et donner leurs des aides sociales ,alors que les victimes doivent subir les traumatismes.


      • wangpi wangpi 8 janvier 2008 19:44

        merci lerma,

        chacun de tes commentaires de microcéphale redonne espoir à toute intelligence critique.

        continue !


      • morice morice 8 janvier 2008 09:41

        Entre Badinter et Dati, effectivement il n’y a pas photo : on la pousserait un peu et elle nous rétablit la peine de mort !


        • Emile Red Emile Red 8 janvier 2008 11:15

          Cette loi est un rétablissement de la peine de mort...


        • Emile Red Emile Red 8 janvier 2008 11:22

          Un bon article, cependant Lilian Massoulier, a omis une facette de cette loi, que Badinter n’a pas soulevé non plus, étrange.

          En effet, quid de la justice populaire, du jury qui a condamné un prévenu à 15 ans plutôt qu’à 20, cette loi est une forfaiture en relégant le jury à un rôle subalterne et dont la décision n’est plus souveraine.


        • Crapulox 8 janvier 2008 13:48

          Non RED, Badinter le dit, mais d’une autre manière :

          - « Tout notre système judiciaire repose aujourd’hui sur un principe simple : il n’y a pas de prison sans infraction. Or, là c’est tout à fait autre chose, c’est après la peine que l’on maintient quelqu’un en prison, non pas au titre d’une infraction qu’on lui reproche, non pas au titre d’une infraction pour laquelle il a été condamné mais au titre d’une infraction virtuelle, d’un crime qu’il pourrait éventuellement commettre s’il était libre »

          - Lorsqu’il dit « c’est après la peine que l’on maintient quelqu’un en détention », il répond à ta question.
          - Il sous-entend sans équivoque, que la décision du jury populaire n’a plus de sens puisqu’on pourra -après qu’il se soit prononcé- condamner sur un crime virtuel, un crime présumé. smiley


        • chris chris 8 janvier 2008 21:28

          Pour quelqu’un qui considère que continuer à fumer aujourd’hui est un acte de résistance face au fascisme rampant, en effet cette loi s’assimile en un rétablissement de la peine de mort.

          Et le sens de la nuance, vous connaissez monsieur le nain rouge au doigt levé ?


        • Emile Red Emile Red 9 janvier 2008 08:06

          Le sens de la nuance c’est quand un choix est proposé, ici aucun choix, aucun débat, mais le Sarkoshow continue, les groupies saluent et tendent le cul.


        • thanatosB 9 janvier 2008 13:28

          Vos comparaison sont aussi démesurée. Pourquoi ramener ce sujet dans ce poste ?

          L’art de détester l’autre pour l’image de nous qu’il nous renvoi...1ère année de psycho ça !


        • Le péripate Le péripate 8 janvier 2008 10:37

          A ce rythme, nous allons revenir à la peine de mort. Et nous aurons à la fois, encore et toujours des récidives, et toujours plus d’innocents en prison. On peut prédire sans risque qu’à l’avenir il y aura toujours plus de lois circonstancielles toujours à la fois inefficaces et de plus en plus perverses.

          Pourtant, je ne crois pas que nous nous dirigeons vers une société sans risques. Il s’agit plutôt d’un déplacement du risque. L’actionnaire fait peser le risque sur le salarié, le risque est glorifié en économie et nié dans le pénal. Pareil pour la présomption d’innocence. Entre la dépénalisation des délits des affaires d’une part, et la stigmatisation de populations visibles, c’est à un mouvement de balance que nous assistons.


          • Vilain petit canard Vilain petit canard 8 janvier 2008 11:43

            Non, nous ne courons pas à la peine de mort, mais à la détention préventive illimitée pour crimes potentiels.

            Nous avons déjà eu un avertissement, sous la forme du projet délirant de surveillance des enfants en maternelle pour repérer les futurs délinquants, vous vous rappelez ? Cette mesure est de même nature, on agrandit ce que pourrait être le futur, et on prend des mesures inutiles pour prévenir ce futur plus ou moins réaliste. Preuve qu’on est ici en plein délire, aucun moment il n’est envisagé que pendant sa peine, le pédophile puise être soigné.

            Cette obsession de la récidive potentielle est révélatrice d’un certain état d’esprit, dont une forme mineure empêche de fumer et de conduire trop vite, mais qui finit, sous sa forme majeure, par amener au crime par la pensée, où on enferme les gens au motif que leurs pensées puissent être traduites (un jour, une fois) en acte nocifs ou inconvenants.

            Il est également significatif que l’on choisisse (comme vous le dites au détour d’une phrase) un procédé de prévention faisant appel à la construction de prisons. En effet, il semblerait bien que Bouygues (pardon, « Martin ») et Vinci ne soient pas intéressés par le (petit) marché des seringues léthales...


            • Dark Mind Dark Mind 8 janvier 2008 12:06

              Certes, on n’est pas obligé d’attendre qu’un criminel ait purgé sa peine pour commencer à le soigner. Mais la fin de la peine ne signifie pas que l’individu est guérri. Cette contrainte complémentaire serait décidée par un collège de psychiatres qui devrait tous les ans déterminer si oui ou non un ex-détenu est adapte à retrouver la société sans risque de récidive. Car c’est bien là tout l’enjeu ! Comment peut-on réinjecter un délinquant sexuel dans la société si on a déterminé qu’il n’était pas guéri. Ce ne sont ni les thérapies pré ou post incarcération, ni les bracelets électroniques qui empêcherons le passage à l’acte incontrôlé de la bête qui sommeillait jusqu’alors. Il serait criminel de ne pas prendre en compte l’avis d’experts et contre toutes les évidences lui offrir la possibilité de nuire à nouveau.


              • Crapulox 8 janvier 2008 14:08

                - Un pédophile est un malade.
                - Un braqueur est un malade.
                - Un tueur en série est un malade
                - Un cleptomane est un malade
                - Un homme qui bat sa femme (il paraît qu’ils sont nombreux) est un malade.
                - Un exhibitionniste est un malade
                - Un distributeur de substances psychoactives illicites est un malade etc, etc..............

                - Remplaçons les juges par des psy et le tout sera joué !
                - Pas de risques DARK MIND, il n’y aura plus de récidives !


              • Dark Mind Dark Mind 9 janvier 2008 07:19

                Juste une petite remarque, puisque cela ne semble gêner personne. Pourquoi les décisions d’enfermement sont-elles pratiquement toujours décidées sur la base d’expertises médicales prodigués par des experts psychiatriques et que cela ne pourrait être le cas pour les libérations. Charge au gouvernement de trouver un système pour éviter les dérives et le maintien arbitraire en détention. J’ai toujours du mal à comprendre cette peur chronique de la psychiatrie... Mais c’est sans doute des réminiscences de l’effet ’Vol au dessus d’un nid de coucou’ !!!


              • Crapulox 9 janvier 2008 11:02

                J’ai toujours du mal à comprendre cette peur chronique de la psychiatrie... Mais c’est sans doute des réminiscences de l’effet ’Vol au dessus d’un nid de coucou’ !!!

                - Pas la peine d’aller chercher aussi loin !

                - Il suffit de revoir le travail du psy dans l’affaire d’Outreau (et bien d’autres)

                - ETANT DONNE LA NOUVELLE CONFIGURATION D’AV, ET L’OBLIGATION D’ACCEPTER LES POPUPS, JE QUITTE DEFINITIVEMENT CE SITE, EN SALUANT TOUT LE MONDE, Y COMPRIS LES ADVERSAIRES.

                - LONGUE VIE A CERTAINS AUTEURS QUI NE DOIVENT PAS Y ETRE POUR RIEN, JE PENSE TOUT PARTICULIEREMENT A M. BILGER DONT L’ACTIVITE COMMERCIALE EST PLUS IMPORTANTE QUE L’ACTIVITE JURIDIQUE.

                - J’AI SUFFISAMMENT INVESTI DANS LES ANTI VIRUS ET LES LOGICIELS DE NETTOYAGE.

                - BONNE CONTINUATION A VOUS TOUS.

                 


              • thanatosB 9 janvier 2008 13:33

                La psychanalise peut tuer l’esprit avant le corps sans laisser de trace... d’où une méfiance légitime. Cela dit c’est pour moi la médecine du futur.


              • Mjolnir Mjolnir 8 janvier 2008 12:10

                Le projet d’interdire de fumer dans les lieux publics était dans les cartons bien avant que Sarko soit élu, ne mélangeons pas tous les problèmes.

                « Le rêve, l’illusion d’une société sans risque, presque stérile, est en marche. »

                En même temps, la société n’a jamais paru avoir autant de dangers : OGM, pollution, réchauffement climatique, terrorisme, grippe aviaire, crises mondiales...

                Qui peut croire qu’on tend réellement vers un monde aseptisé ?


                • Mjolnir Mjolnir 8 janvier 2008 14:01

                  J’approuve complètement M Badinter et son combat contre la peine capitale mais son argument porte hélas sur la forme : si, effectivement, on ne peut pas mettre quelqu’un en prison pour un crime non commis et par conséquent, on ne peut enfermer quelqu’un qui a déjà purgé sa peine, rien n’empêche le gouvernement de modifier les lois pour allonger les peines : le principe sera différent mais le résultat serait le même.

                  L’article ici parle d’individus dangereux. Une question qui me semble importante est : ces individus sont ils malades ou non ? Sont ils responsables ? S’ils ne sont pas responsables, que faire d’eux ? Les soigner dans des centres spécialisés ne reviendrait il pas à les enfermer ? Et s’il fallait les soigner à vie, cela ne reviendrait il pas à les enfermer à vie ?


                  • Crapulox 8 janvier 2008 14:38

                    Non MJOLNIR, Badinter ne soulève pas le problème de l’allongement des peines, pour la raison fort simple que c’est difficilement réalisable, et que même Bruxelles s’y opposerait.
                    - Sans entrer dans les détails, une condamnation aussi longue qu’elle puisse s’apparenter à une peine de mort n’est guère possible.

                    - Dans ton deuxième paragraphe, tu soulèves une question qu’il ne faudrait peut être pas poser aux parlementaires qui aujourd’hui ont commencé à faire passer la loi en « procédure d’urgence » !
                    - Comme tu dis, si on les garde après la peine parcequ’ils sont malades pour ne pas maîtiser leurs pulsions, c’est donc qu’ils sont totalement irresponsables.
                    - S’ils sont totalement irresponsables, selon le 122-1 du Code pénal, (premier paragraphe) ils ne doivent pas être jugés.
                    - Si on veut leur appliquer le second paragraphe (responsabilité atténuée) on ne peut les déclarer totalement irrécupérables et les enfermer à vie.
                    - Mais bon, une loi bancale de plus ou de moins........
                    - Mais c’est le principe qui inquiète.
                    - Raffarin nous a balancé le coup de la participation forfaitaire de 1€, et vu la modicité de la somme personne n’a rien dit.
                    - La brêche était ouvert et le principe admis, nous avons les franchises médicales et nous en aurons encore d’autres demain.
                    - Comme il faudra se faire aux lois répressives, et tant pis si elles bafouent les principes Républicains et le reste.


                  • Mjolnir Mjolnir 8 janvier 2008 14:56

                    « Comme tu dis, si on les garde après la peine parcequ’ils sont malades pour ne pas maîtiser leurs pulsions, c’est donc qu’ils sont totalement irresponsables. »

                    Oui mais dans ce cas, on les enferme dans des hopitaux psychiatriques. Hopitaux, prisons, dans les faits, cela ne vient il pas un peu au même ? N’y a t il pas là une hypocritie de notre part en nous leurrant avec le fait que sur le papier, ce ne sont pas des prisons mais des hopitaux psychiatriques ?

                    Le traitement dans les hopitaux est sans doute plus humain mais les prisons, théoriquement, ne devraient pas mal traiter les prisonniers.


                  • Crapulox 8 janvier 2008 17:12

                    Regarde Mjolnir :

                    - Article 122-2

                    N’est pas pénalement responsable la personne qui a agi sous l’empire d’une force ou d’une contrainte à laquelle elle n’a pu résister.

                    - Ce n’est pas le cas des pédophiles ça ?
                    - Ce ne sont pas leurs pulsions qui les pousse à agir ?

                    - Alors, pourquoi la juridiction répressive ?
                    - S’ils sont malades ils doivent avoir le régime des irresponsables et finir en psychiatrie.
                    - Mais les faire passer par la case prison pour ensuite les mettre dans ces centres pour les fous (je résume)c’est une peine à vie qui n’existe pas (et n’est pas concevable) en droit français.
                    - Responsable : prison et tu purges ta peine
                    - Irresponsable : tu vas en psy.

                    - Cette loi est une insulte à l’entendement et à l’humanisme, même au sens le plus restrictif du mot. smiley


                  • CAMBRONNE CAMBRONNE 8 janvier 2008 14:26

                    BONJOUR AUX DROITS DE L’HOMMISTES

                    Pour éviter toute polémique stérile je suggère de rétablir la peine de mort pour les assassins d’enfants et autres personnes faibles .

                    Cela , réfléchissez y , simplifierait sérieusement le débat .

                    Economie de soins , de locaux , pas de récidive possible .

                    Je suis un barbare et je l’assume .

                    Notre ami Lilian Massoulier dont j’apprécie en général les articles pour leur fond et leur style m’avait fortement énervé quand il avait pris la défense de bertrand Quantat qui me semble être un de ses amis . Le Quantat en question est libre aujourd’hui après avoir fait quatre ans de prisons /huit pour le meurtre de son épouse ou compagne c’est comme vous voulez . C’est pas cher .Merci pour lui .

                    Vive la république quand même .


                    • 5A3N5D 8 janvier 2008 14:36

                      «  »« Economie de soins , de locaux , pas de récidive possible. »«  »

                      On pourrait même étendre le système à d’autres catégories de personnes, dès lors qu’il y aurait « économie de soins, de locaux ». Non ? Vraiment ?

                      La « société de civilisation » est bien en marche.


                    • Crapulox 8 janvier 2008 16:03

                      Très bien ton post LUDO.
                      - Mais tu aurais du le mettre tout simplement, sans répondre à Cambronne.
                      - D’abord il ne le comprendra pas, ensuite c’est lui faire trop d’honneur.
                      - Je dis un peu la même chose à 5A3N5D. smiley


                    • CAMBRONNE CAMBRONNE 8 janvier 2008 16:18

                      SALUT LUDO

                      Relis moi et tu verras que je ne mets absolument pas Cantat et Dutroux dans le même sac . Je faisais simplement référence à un autre article de Lilian qui m’avait énervé parce qu’il faisait une fois de plus passer les criminels avant les victimes .

                      Il est un peu facile de considérer comme des imbéciles ou des barbares ceux qui pensent que la question sur la peine de mort peut être posée .Je croyais que la gauche était contre les tabous !

                      Ton histoire de tondeuse à gazon est parfaitement nulle .

                      Quant à notre « ami »corse je lui demanderais ce qu’il pense de la condamnation à mort suivie d’effet du préfet Erignac ?

                      Salut et fraternité .

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