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Accueil du site > Actualités > Société > Sauver l’agriculture française !

Sauver l’agriculture française !

Nous assistons à nouveau à des protestations des agriculteurs qui se retrouvent pour nombre d’entre eux quasiment acculés à la faillite. Alors que des négociations sont en cours avec la grande distribution pour trouver un accord sur des prix permettant le maintien de l’activité, n’est-il pas temps de changer de direction et de revoir notre politique agricole ? 

 Nous assistons aujourd’hui à un énième épisode où les agriculteurs sont pris à la gorge. Le nombre d’exploitation a diminué de moitié en 20 ans et il est tombé à moins de 500 000. Nous allons sûrement devoir prendre des mesures fortes pour arrêter l’hémorragie et empêcher de nouvelles faillites d’agriculteurs sinon notre tissu rural va finir de s’étioler. Nous risquerions de voir mise en cause notre autonomie alimentaire qui a toujours été un impératif pour tous les gouvernements français d’après-guerre.

 Le problème de fond vient de la position de force des acheteurs qui parviennent entre les grossistes (souvent des centrales d‘achat appartenant aux grandes surfaces) à prendre une marge de 60-70 % alors que les agriculteurs sont soumis à une concurrence internationale qui les contraint à ne percevoir que la portion congrue.

 Il sera nécessaire de prendre des mesures de long terme (voir http://christophebugeau.fr) pour recentrer les exploitations sur des productions à forte valeur ajoutée, utilisant moins de pesticides et de se déclinant en appellations d’origine contrôlée. Mais en attendant des pressions fortes doivent être faites sur les circuits de distributions.

 Il est nécessaire de limiter la marge des grossistes et revendeurs à 50 % du prix hors-taxe auquel les produits non transformés sont vendus aux consommateurs. Cette limitation des marges permettrait aux producteurs de percevoir 50 % de leur côté et non les 30-40% actuels qui ne couvrent pas les charges. Et cela éviterait aux grandes surfaces d’avoir envie de se fournir à l’étranger car ces dernières ne couvriraient alors plus leurs frais.

 Cette mesure valable pour les fruits et légumes, le lait comme la viande concernerait un grand nombre d’agriculteurs, éviterait d’avoir une hausse des prix des consommateurs car cela obligerait les grandes surfaces à limiter leurs bénéfices. Ces dernières sont en situation de force ce qui oblige leurs fournisseurs à se soumettre de facto au prix qu’ils proposent.

 Lorsque l’on a affaire en économie à une situation où un petit groupe d’acheteur fait face à un grand nombre de vendeur, il s’agit d’un « oligopsone » l’inverse d’un petit groupe de producteurs (un oligopole). Dans les deux cas, il est du devoir de l’Etat d’intervenir pour rétablir un juste équilibre du marché !

 Il est normal que les agriculteurs puissent vivre dignement de leur activité tout en continuant d’assurer une alimentation de qualité et notre autonomie alimentaire qui sera certainement mise à mal avec une population mondiale en croissance constante. 


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50 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 10 février 09:36

    Bonjour, Christophe

    « Il est normal que les agriculteurs puissent vivre dignement de leur activité »

    Les agriculteurs, oui, mais pas les destructeurs des sols. Les éleveurs, oui, mais pas les kapos de l’élevage concentrationnaire industriel.

    Cela fait des dizaines d’années que la filière est engagée sur la voie périlleuse du productivisme sans éthique prônée depuis les années 50 par la FNSEA dont on ne dénoncera jamais avec assez de force la responsabilité dans le désastre actuel, entre sols en vie de stérilisation et animaux de batterie élevés dans des conditions indignes.

    Issu d’une famille d’agriculteurs-éleveurs de montagne qui comporte encore quelques exploitants, j’ai honte de voir ce que sont devenus leurs collègues qui ont cédé aux discours suicidaires de la FNSEA et transformé au fil du temps les vrais paysans respectueux de leur terroir et de leurs bêtes en supplétifs de la grande distribution.

    A l’évidence, tout le système productif français doit être revu pour s’aligner sur ce qui fonctionne : les productions de qualité, respectueuses de l’environnement et des conditions de vie animales, et destinées à une distribution en circuits courts.

    Des paysans - ceux qui méritent encore ce nom - travaillent de cette manière, à l’écart des grands réseaux, des manipulations de la FNSEA, et sans bénéficier des primes de Bruxelles. Or, cela marche pour eux. Certes, ils ne gagnent pas des fortunes et n’ont pas les moyens de se payer des monstres de 250 cv* pour travailler leurs sols, mais ils vivent de leur activité en produisant de la qualité, et cela dans la dignité !

    * Une course débile à l’hyperpuissance inutile qui a contribué à plomber de nombreuses exploitations.


    • alinea alinea 10 février 09:42

      @Fergus
      Merci Fergus ! tu m’évites un commentaire !!!


    • Fergus Fergus 10 février 11:27

      Bonjour, alinea

      Merci pour ton soutien. Connaissant ton rapport à la terre et au respect de la nature, je ne doutais pas que tu puisses émettre une opinion de soutien à cette agriculture dévoyée de manière dramatique.


    • Doume65 10 février 11:43

      @Fergus
      Il y a quelque chose que tu ne dis pas sur ces « vrais paysans respectueux de leur terroir » et qui explique pourquoi tous les autres ne prennent pas ce chemin : ils bossent dur.


    • ZenZoe ZenZoe 10 février 14:10

      @Doume65
      Les autres aussi ils bossent dur !
      Sauf que le résultat n’est pas le même.
      Les uns, accrochés aux subventions et syndiqués FNSEA, ne voient pas le bout du tunnel. Les autres ont essayé autre chose, et ma foi, s’en sortent bien mieux.

      Le principal problème reste le niveau d’endettement pour les premiers. Plusieurs centaines de milliers d’euros. Il sont prisonniers. S’ils se mettent en faillite, ils perdent tout, leur terre, leurs bêtes, leur matériel et même leur ferme. Et comment recommencer ailleurs quand on n’a plus rien sauf les banques au derrière ?


    • Fergus Fergus 10 février 14:10

      Bonjour, Doume65

      Malheureusement, d’autres aussi « bossent dur » parmi les esclaves du modèle industriel, et parfois dans des conditions atroces tant elles sont dégradantes, à l’image de cet éleveur de volailles en batterie que j’ai bien connu dans le Finistère car son « ensemble carcéral » jouxtait la maison d’un couple d’amis. Le pire est que cet homme était le fils d’un paysan à l’ancienne. Un terrible gâchis !


    • bakerstreet bakerstreet 10 février 18:20

      @Fergus
      Bosser dur, c’est vrai, ce n’est absolument pas un argument. Le mieux c’est de bosser intelligemment. L’agriculture, en Bretagne, c’est difficile de ne pas connaitre. De l’argoat à l’armor, on passe du nitrate dans l’eau à sa forme putréfiée dans les algues vertes mortifères. Une eau dégueulasse et empoisonnée que personne ne boit, mais payent, sauf les agriculteurs...Cherchez l’erreur...Combien de chemins de randonnées retournées par le soc des charrues ? Je suis assez remonté contre les agriculteurs. Obligé dernièrement de me sauver en courant en voyant arriver vers moi un paysan arrosant son champ de pesticides, à fond sur son tracteur..

      Pas qu’un comportement isolé malheureusement...Que dire des terres en location et qui sont démembrés de leurs arbres de façon sauvage, et qu’on ne peut pas récupérer. Le droit paysan est un anachronisme. Si vous avez un champ, ne le prêtez pas surtout à un paysan, vendez le, mais le prêtez pas, même de façon orale. Combien n’ont jamais pu récupérer leur terre en fonction de ce vieux droit archaïque qui est un scandale : Une vache qui broute votre prairie, et voilà votre terre lui appartiendra, vous ne pourrez jamais le récupérer, juste espérer une location misérable. La terre sera transmise aux héritiers...Cerise sur le gâteau, le paysan qui loue des terres, verra si un jour il daigne vouloir les acheter, le prix diminué de la fumure et des engrais qu’il a déposé année après année. Il sera donc récompensé d’avoir transformé une terre saine en un champ de ruine. Au bout du compte, vous serez content de ne pas lui devoir de l’argent. 

    • Lebougnat Lebougnat 10 février 18:42

      @Fergus « Cela fait des dizaines d’années que la filière est engagée sur la voie périlleuse du productivisme sans éthique prônée depuis les années 50 par la FNSEA »

      En effet, et ce n’est certainement pas « l’éthique » imposée par l’Europe qui va améliorée les choses.
      Les normes imposées ont eu pour effet de faire disparaitre les exploitations les plus modestes au profit de grandes structures souvent seules capables de financer des investissement leur permettant d’être dans les « clous ».
      Tout comme on a fait disparaitre tout les petits commerces de bouches bien vite remplacés par les grandes surfaces !


    • bakerstreet bakerstreet 10 février 18:49

      @bakerstreet
      Tout se tient, productivisme, environnement...J’en reviens forcément aux portiques, et à la curieuse déroute du gouvernement, ayant plus ou moins laissé faire quelques poignées d’excités instrumentalisés par le medef et leurs patrons : Je veux parler des bonnets rouges.....Extraordinaire de voir comment le gouvernement a capitulé, après avoir massivement investi, sur un projet qui tenait la route, c’est le cas de le dire : Taxer le fret, c’était redonner de l’intérêt aux productions locales, subitement plus compétitives. Sans parler évidemment de l’intérêt environnemental, sécuritaire, freinant la marche de ce tout camion, qui demain peut faire de moi, de vous, sa prochaine victime. 

      Qui étaient ils ? Quelques centaines à tout casser, beaucoup d’ouvriers travaillant dans les trusts agro alimentaires produisant de la malbouffe. Les effets concomitants sont catastrophiques dans cette politique de gribouille, qui lâche là où il faudrait sévir, et se crispe sur des causes suspectes, et entretenues par des lobbys agissant, comme à Notre dame de la lande. .... 
      La FNSEA d’un coté, et Vinci dans l’autre cas, voilà qui décident dans ce pays, au delà des effets « coups de menton », et « déchéance de n’importe quoi ! »

    • foufouille foufouille 10 février 09:48

      ce qui marche : tu fais un gaec qui ouvre ou achète une boucherie, tu vends en direct.
      faut un peu se casser le cul mais le culto peut se goinfrer 4€/kg minmum.
      ensuite, il faut de la bouffe pour les sans dents donc tu oublies ta connerie bio ou le culto se goinfre.


      • Fergus Fergus 10 février 11:33

        Bonjour, foufouille

        Mais aussi la vente sur les marchés, dans la petite distribution locale, voire dans des locaux mutualisés à l’initiative des producteurs, à l’image des Fermiers de la Baie qui commercialisent à Saint-Malo uniquement des produits régionaux de qualité.



      • aimable 10 février 11:56

        @Fergus
        les marchés régionaux étaient fais pour cela, les professions de bouche venaient s’y approvisionner


      • air pur air pur 10 février 11:38

        Ces pauvres agriculteurs ne se rendent même pas compte que depuis des années ils sont manipulés par la FDSEA et que sa politique les mêne dans le mur. Pourtant ils détiennent tous les pouvoirs, partout, MSA, Crédit, Assurance, Coopératives, Abattoirs etc.....c’est toujours de la faute de l’état et des grandes surfaces, il y a d’autres voies et d’autres voix, mais ils ne veulent ni voir ni entendre alors ils crèvent, tant pis pour eux.


        • Trelawney Trelawney 10 février 12:11

          Je vais me faire l’avocat du diable, mais j’ai vraiment l’impression que vous n’avez pas compris l’étendu du problème.

          Premièrement : Une ferme de 1000 cochons pollue 10 fois moins que 10 fermes de 100 cochons. Et bien sur une ferme de 1000 cochons et beaucoup plus rentable que 10 fermes de 100 cochons.

          Dans les années 70 la France a connue la délocalisation de l’industrie textile et de l’habillement. On avait des société de haute couture pour encore nous faire croire, que la France sait fabriquer de beaux vêtements, mais on s’habillait avec du made in Maroc, puis India, puis China.

          Dans les années 80, ce fut le tour à construction navale, l’industrie chimique et aussi la métallurgie. Aujourd’hui, la France sait fabriquer de belles centrales nucléaire, mais avec du métal indiens et François Hollande inaugure en grande pompe le plus grand trans-containers du monde fabriqué en Corée.

          Dans les années 90 2000 ce fut le tour à l’industrie du pneu, automobile, électroménager, mais aussi et surtout la pèche et l’industrie alimentaire.

          Dans le années 2010 ce fut le tour aux transports et à l’électronique informatique et maintenant l’agriculture. Prochainement ce sera au tour des services.

          On peut refaire l’histoire comme on veut, à la fin c’est toujours quand le cadavre est froid qu’on décide de prendre sa température et qu’on essaie de chercher un remède. C’est aussi cela la France


          • foufouille foufouille 10 février 12:17

            @Trelawney
            tu devrais acheter du cochon en promo lors de la période des vendanges. infect mais très peu cher.


          • Trelawney Trelawney 10 février 14:36

            @foufouille
            Je ne mange pas de porc, ma religion me l’interdit smiley


          • Trelawney Trelawney 10 février 14:40

            @foufouille
            Pour être un peu plus sérieux,

            Est-ce que vous pensez vraiment que le porc « breton artisanal » est meilleur que le porc allemand ou hollandais ?

            Est-ce que vous trouvez normal qu’une région comme la Bretagne a 5 fois plus de porc que d’habitants ?


          • foufouille foufouille 10 février 14:56

            @Trelawney
            ça dépend comment il est élevé. tu as de l’industriel juste bon à faire des « knackis » mais le porc industriel pas cher est infect. pas cher, c’est la caissette de plusieurs kilos à moins de 3€.
            donc ta grosse ferme rentable vend vraiment de la merde. que les porcs soient produits en bretagne ne devrait pas déranger. en plus, on pourrait produire du méthane avec le lisier.
            mais est ce que tu as déjà manger cette viande farcie de colorants ?


          • Trelawney Trelawney 10 février 15:24

            @foufouille
            Il est vrai qu’à défaut de produire du méthane, nos élevages bretons produisent des algues vertes en quantité plus que suffisante. Pour ce qui est du porc produit dans une ferme de 100 cochons comme celui produit dans une ferme de 1000 ; la qualité est la même à savoir de la merde emballée.

            Là je suis sérieux : Depuis le scandale de la vache folle, je suis devenu végétarien et je mange les légumes et fruits que je fais pousser dans mon jardin. Depuis que je suis végétarien, je n’ai plus de diabète, plus de cholestérol, la taille de mon foie à diminué et je n’ai jamais été malade.

            Aussi vous pouvez continuer à manger de la viande si c’est votre choix, mais je peux vous dire par expérience, que le corps humain peut s’en passer


          • foufouille foufouille 10 février 15:48

            @Trelawney
            mauvais délire car la viande ne donne aucun diabète et ne peut te le guérir. le cholestérol vient des graisses qui peuvent aussi être végétales. le foie se régénère pour tout le monde, escrolo ou pas. je suppose que ton jardin est bio ?
            tu es propriétaire, retraité, a de l’argent, etc donc aucune raison d’attraper une maladie grave. en plus, tu étais patron donc pas fatiguer par le travail manuel.
            oublies pas ta B12 surtout.


          • Trelawney Trelawney 10 février 16:12

            @foufouille
            mauvais délire car la viande ne donne aucun diabète

            Peut être que la viande ne donne aucun diabète, mais ce qu’il y a dans la viande industrielle en donne.

            Pour ce qui est de mon jardin, le fait de passer quelques heures par semaine à bêcher, ratisser, enlever les mauvaises herbes, récolter est déjà très bon pour ma santé et vaut tous les sports fait pour cela.

            je n’ai pas très envi d’enrichir l’industrie chimique, aussi j’utilise de la bouillie bordelaise, purin d’ortie, du composte, du purin d’animal, des cendres et ça suffit largement pour avoir une bonne récolte. Je vis à la campagne avec beaucoup de personnes autour de moi qui touchent le RSA et qui ont une vie saine et ne sont pas malades. Par contre , je ne peux pas en dire autant de mais anciennes relations du medef qui eux subissent de plein fouet les abus de toute sorte (alcool, tabac, restau, sédentarisation et médicaments). Et oui l’argent ne fait pas tout !


          • oncle archibald 10 février 16:29

            @Trelawney : un mien cousin plein d’humour et habitant Plerin disait ; encore heureux qu’il y ait les algues vertes en décomposition sur la plage, certains jours, suivant le vent, leur odeur arrive à couvrir celle des porcheries ! Lui c’était surtout l’odeur du pastis qu’il utilisait pour couvrir celles insupportables des porcheries et des algues vertes. Son corps a été porté à la distillerie, paix à ces cendres.


          • foufouille foufouille 10 février 17:32

            @Trelawney
            non aucun produit ne donne le diabète. le diabète est causé par une partie du pancréas qui ne fonctionne plus ou pas assez bien. rien ne peut guérir le diabète sinon ce n’est du diabète mais de l’intolérance au glucose qui nécessite un régime au début puis se transforme en diabète.
            comme cause, tu as la génétique, l’âge, certains cas particuliers pour les noirs ou encore une blessure grave. tu peut aussi manger trop de glucide et en avoir trop dans le sang. ton truc est de la propagande végétarienne.
            manger bio ne rend pas non plus immortel. à la campagne vous n’aimez pas les malades, donc les gens restent rarement et comme les médecins sont ignares ou culs terreux, les gens crèvent de la moindre maladie.
            je connais des gens qui mangent bio, dont certains en campagne, qui ont le cancer ou d’autres maladies.


          • eugene eugene 10 février 18:02

            @Trelawney
            Les marchés de l’est vont tailler des croupières à la France, car ils ont compris qu’un nouveau marché est porteur, le bio...Les terres ne sont pas encore saturés de produits phyto, et ils l’opportunité de rafler des marchés, intelligemment, en employant du personnel et en ayant des produits de qualité qui correspondent maintenant de plus en plus à l’attente des gens...Le productivisme, qui est une sorte de monstre, marchant sur une jambe du libéralisme, et sur l’autres des aides massives, lui a évité de crise en crise , de subvention en plan d’aide massif, de continuer à exister. Nous sommes au bout du parcours : Terres et eau empoisonnées, les aides de l’Europe se sont diversifiées vers les pays entrant. Ce que beaucoup ne voient pas ou font semblant de ne pas voir, c’est que l’agriculture française, qui montre les produits étrangers sur les étages des supermarchés est hautement exportatrice. Qu’un marché se ferme, comme la Russie, et on se retrouve le bec dans l’eau. C’est assez croustillant de voir nos politiques implorer la fin de l’embargo contre les russes, alors que le but de l’embargo, normalement, c’est de mettre l’autre en difficulté....

            On peut délocaliser la métallurgie, le textile, mais on ne peut pas délocaliser la terre. On a laminé la qualité pour le résultat qu’on connait....Le pari, ça serait de faire le pari de la qualité, source d’emploi et d’espoir, autant pour notre cadre de vie que pour ce qu’on mange et respire. Je suis attérré d’entendre les conseils pour nous éviter d’attraper le cancer, dans laquelle on nous pointe notre propre responsabilité, alors qu’on le sait l’air, l’eau et la terre sont hautement pollués, et évidemment coupables. 

          • foufouille foufouille 10 février 18:10

            @eugene
            le smic est aussi beaucoup plus bas et il est possible d’importer du travailleur étranger pigeon. sinon le bio serait plus cher avec le transport.


          • bakerstreet bakerstreet 10 février 18:24

            @foufouille

            Je crois que vous tenez absolument à vous empoisonner ! je connais des producteurs et j’ai des réseaux : Pas question d’acheter maintenant en supermarché, dont les prix d’ailleurs sont à peine compétitifs par rapport à des produits bio. Comptez 20 à 30 % plus cher, mais la qualité est inégalable, et vous ne vous achetez pas un cancer à crédit. 
            Maintenant, chacun voit midi à sa porte. 

          • bakerstreet bakerstreet 10 février 18:27

            @foufouille
            Admirable : Le professeur foufouille spécialiste des maladies endocrines, nous dit : « Le bio donne le cancer ! »

            Pour le cours sur le diabète, vaut mieux vous abstenir que d’être ridicule. Quand au reste.....

          • foufouille foufouille 10 février 18:29

            @bakerstreet
            30% de quoi, bouffon ? de LIDL ?
            tu connais internet ?
            tu as les prix et le lieu de livraison.
            il faut donc se déplacer, avoir le permis et quand on arrive c’est pour les bourgeois dans 99% des cas.
            les AMAP ont ont des blogs, bouffon. il faut aussi pouvoir faire du bénévolat.
            soit tu es stupide ou un khmer vert.


          • foufouille foufouille 10 février 18:36

            @bakerstreet
            et le facho déforme ce que j’ai écrit. tu peut manger bio et avoir le cancer.
            sauf le khmer vert.
            explique nous le diabète vu que tu sais tout.


          • bakerstreet bakerstreet 10 février 18:58

            Trelawney

            Effectivement, la concentration de porcs en Bretagne est elle que quelqu’un avait calculé il y a dix ans qu’elle correspondait à la pollution qui aurait engendrée par la ville de Mexico, si celle ci n’avait pas de système d’assainissement. 
            Mexico s’est agrandie depuis en habitants, mais la Bretagne a gagné au moins autant de porcs supplémentaires, ce qui fait que la comparaison reste valable. 
            Les rias sont de plus en plus investie d’algues pourrissantes, qu’on appelle « la salade », empoisonnant l’oxygène, réservoir nocif d’infection et d’air putrides. Des animaux, des chevaux, des sangliers, des chiens sont morts pour avoir passé à proximité, et même certainement des hommes ramassant les déchets. Des faits niés évidemment par les responsables mais pas coupables. 

          • oncle archibald 10 février 12:37

            Il y a quelques années, quelques décennies même, les viticulteurs du languedoc produisaient des vins pas terribles en grande quantité et se trouvaient confrontés à la concurrence des italiens qui faisaient du vin en quantité en le coupant avec de l’eau du sucre et des colorants. Ils ne gagnaient pas d’argent et arrêtaient sur la route des camions de vin italien pour les vider de leur contenu devant la presse, ils cassaient beaucoup de perceptions en réclamant l’aide du gouvernement. Tous ces mecs là n’existent plus. Ils ont arraché leurs vignes et louent la terre à des gens qui y font pousser du blé dur voire du maïs « Monsanto » pour ceux qui peuvent arroser.

            Je m’étonnais que le fils d’un de ces viticulteurs ne participe pas aux manifestations comme son père. J’ai pas de temps à perdre à ces conneries me répondait-il. Il a progressivement arraché les vignes de son père pour les replanter avec des cépages de moindre rendements certes mais donnant des vins de meilleure qualité, il a investi beaucoup dans la cave pour vinifier sous température contrôlée, outre le traditionnel vin rouge il produit des blancs et un rosé, il fait ses assemblages avec l’aide d’un œnologue et ses vins sont de très bonne qualité, il a bien réfléchi à ses tarifs et s’est placé dans un créneau ou on lui reconnait un rapport qualité prix exceptionnel.

            Il fait venir au domaine de gros semi-remorques qui servent d’usine de mise en bouteilles, il a acheté un gros utilitaire qu’il charge avec ses cartons de bouteilles et part avec sa femme vendre dans les foires très loin de chez lui, en Belgique, en Allemagne, dans le Nord Pas de Calais, en Normandie, en Bretagne. Sur les foires il a rencontré des commerciaux très performants et avec eux il exporte quelques palettes de bouteilles aux états unis et en chine.

            Il s’en sort très bien, rembourse sans difficultés les emprunts qui lui ont servi à changer complètement de cap, il manque de vin à vendre dès le mois de Mai et attend des opportunités pour acheter quelques hectares de plus autour de son domaine.


            • aimable 10 février 13:06

              @oncle archibald
              1 qui a compris
              il est vrai que c’est moins fatiguant de produire de la daube que de la qualité et c’est la que l’on voit que , travailler plus pour gagner beaucoup plus prend tout son sens


            • oncle archibald 10 février 15:40

              @aimable ; c’est surtout un viticulteur qui a compris que c’est très important de commercialiser et qu’il ne suffit pas de produire. Il faut produire une denrée vendable, et donc se positionner sur le marché au prix que souhaite le marché et après avoir convenablement analysé la concurrence.

              Ceux qui barrent les routes et saccagent les perceptions savent bien que leur produit n’est pas vendable sur le marché actuel parce que le prix de vente est inférieur au prix de revient, et ils viennent gueuler qu’ils ne peuvent pas vivre et qu’il leur faut l’aide de la collectivité. Au secours, il ne veulent pas payer la merde que je produit plus cher qu’elle ne vaut. C’est puéril. C’est stupide de vouloir concurrencer ceux qui produisent du bas de gamme sans avoir la possibilité de vendre au même prix qu’eux.

              Ce sont les subventions de toutes sortes, les primes à ceci et à cela qui ont aveuglé les petits agriculteurs assez stupides pour croire qu’on allait éternellement compenser leurs pertes. A leur décharge il faut bien dire qu’ils y ont été incités par les ministres de l’agriculture successifs et aussi par les magnats de la FNSEA qui eux savent parfaitement s’adapter aux marchés et « optimiser » leur production en fonction des aides qu’ils reçoivent. Ce ne sont plus des agriculteurs mais des industriels de l’agro alimentaire, ce sont leurs experts comptables qui leur disent ce qu’il y a lieu de faire pousser ou d’élever à l’instant T.


            • eugene eugene 11 février 19:05

              @oncle archibald
              Pourquoi voudriez vous qu’ils changent, l’Europe leur donnant des subventions à l’hectare, et la France leur donnant des primes à chaque fois qu’ils cassent. Les produits de merde vont surtout sur les marchés extérieurs, après avoir ruiné les sols, et la santé de la collectivité, ainsi que les paysages et l’eau, comme on le voit en Bretagne. le coût en fait exact n’est pas chiffrable, il ne sera jamais fait : Il faudrait inclure les millions de bouteilles de bouteilles d’eau en plastique que les gens sont obligés d’acheter, les résidus dans la nature, la destruction des animaux, des abeilles. Il y a un génocide silencieux qui effraiera un jour les générations futures, si elles existent...

              « Comment ont ils pu laisser faire ça ? » Se demanderont ils. On a focalisé après guerre sur les risques de confrontation, en ne regardant pas la vraie menace : L’empoisonnement des sols et de l’air, la rupture du contrat qui unissait le vivant et l’homme, depuis des millénaires, en fait le début de la civilisation.

            • Jeekes Jeekes 10 février 16:16

              « Il est normal que les agriculteurs puissent vivre dignement de leur activité tout en continuant d’assurer une alimentation de qualité... »


              Ben oui, c’est là que le bât blesse.
              Désolé, j’ai du mal à compatir.

              Quand les « z’agriculteurs » nous proposerons enfin (je sais, je rêve) de la qualité, quand ils cesseront d’employer du poison à haute dose pour produire toujours plus de merde, alors peut-être pourrai-je verser une larme sur leur triste sort. 

              Peut-être.

              Parce que j’en connais des z’agriculteurs, y’en a plein dans ma famille. Demandez leur s’ils bouffent la merde qu’ils nous vendent.

              Moi, mes tontons-tatas-cousins-pécores, ils la bouffent pas en tout cas.
              Non, ils ont tous « leurs poules », « leur cochons », « leurs légumes »...
              Soigneusement mis à l’écart de leur production de masse et réservé à leur seule consommation. 

              Et ça, c’est CQFD !

              • mmbbb 10 février 18:31

                @Jeekes je ne verserai pas un larme sur les agriculteurs de la FNSEA cela va de soit De surcroit ils sont souvent des gros cons Style a repandre des pesticides a la lisiere du voisin ui fait du bio pour l’emmerder Des beaufs Ils nous font chier


              • Jeekes Jeekes 10 février 19:06

                @mmbbb

                Ben oui.
                D’ailleurs c’est rarement les petits paysans qui foutent le boxon.

                C’est plutôt des gros pourris qui n’ont jamais mis les pieds sur « leurs terres » que pour aller massacrer un max de pauvres bestioles. Enfin, qui font du « sport ». Ca fait prendre l’air à Madame et au 4x4... 
                Et qui envoient généralement leurs salariés manifester à leur place.

                Mais reconnaissons qu’en dehors d’une minorité qui travaillent de façon responsable, une grosse majorité de paysans sont prêts à nous faire bouffer n’importe quelle saloperie. 
                Pourvu que ça paye (mal). 

              • petit gibus 10 février 16:18
                Faites comme moi,
                y a longtemps que j’ai remplacé le vulgaire lait des Cevennes
                par du bon champagne smiley

                • Lebougnat Lebougnat 10 février 17:29

                  Croire que la solution pour sauver l’agriculture réside dans la vente directe relève de la pure utopie, et ce serait porter un regard méprisant sur les agriculteurs n’aillant pas opté pour cette solution ; un jour ou l’autre ils ont forcément appréhendé cette solution que se révèle malheureusement irréalisable pour la plupart

                  La vente direct nécessite
                  - de disposer d’une main d’œuvre familiale sous rémunérée (enfants parents à la retraite) et disponible
                   produire et commercialiser demande beaucoup de temps.
                  Les 3/4 des producteurs que je connais travaillent en famille, et le jour ou cette M-O disparait les gros problèmes commencent.

                  - de productions adaptées à ce genre de commercialisation (je vois mal le paysan vendre blé, colza etc au marché du coin)

                  De plus, vouloir nourrir un pays ou même simplement une ville comme Paris au travers un circuit ultra court (producteur consommateur ou organisation producteur consommateur ) est totalement irréaliste.
                  Nourrir un pays comme la France nécessite un flux de marchandise au quotidien que nous avons du mal à imaginer.

                  Les solutions existent au niveau individuel et sont très spécifiques à chaque exploitations

                  Si non je lis très souvent des réflexions du types « les paysans sont devenus des entrepreneurs et travaillent pour le fric » ou, « ils ne pensent qu’a augmenter leurs rendements pour gagner encore plus »
                  Quelque soit l’exploitation , elle est une entreprise à part entière, crée pour faire vivre ceux qui y travaillent, soumise aux lois du marché,( mondial même et surtout !) ,aux réglementations de tout ordre.
                   L’image d’Épinal qui voudrait voir le paysan barbu écoutant les oiseaux chanter, regardant virevolter les papillons au dessus des cultures, tout en tapotant amoureusement le cul de sa vache en lui causant doucement au creux de l’oreille me parait quelque peu dépassée !
                  Je vois plutôt des paysans le nez devant leur écran, tapant au clavier attentivement leurs déclarations, étudiant les dernières nouveautés en terme de réglementation environnementale scrutant les courbes des cours des produits agricoles etc....

                  Que vous le vouliez ou non, l’agriculture a évoluer tout comme les entreprises des autres secteurs économiques, elle doit s’adapter aux marchés, être compétitive, se moderniser.... ou mourir !

                  Bien sur de nombreuses erreurs ont été faites par les pouvoirs publiques par les agriculteurs eux même mais les choses évoluent au rythmes de la société et surtout de la mondialisation.
                  La pire étant la disparition des exploitations familiales au profit de méga-structures détenues non pas par des paysans mais par la finance.


                  • Fergus Fergus 10 février 17:57

                    Bonjour, Lebougnat

                    « Le pire étant la disparition des exploitations familiales au profit de méga-structures détenues non pas par des paysans mais par la finance »

                    Bien d’accord sur ce point. D’où l’intérêt pour ces paysans de mutualiser leurs efforts dans des structures coopératives, le cas échéant en créant leurs propres points de vente de produits diversifiés en ville. J’ai cité plus haut le cas de Saint-Malo, mais cela existe ailleurs. Et je sais que des maires sont très intéressés par ce type de démarche.

                    Une chose est sûre : il faut en finir définitivement avec le massacre des sols. De même faut-il en finir avec les productions animales de batteries industrielles, eu égard à une concurrence extérieure sur ce créneau de la malbouffe qui sera toujours plus redoutable.

                    Et cela n’en déplaise à Beulin et ses amis de la FNSEA, fossoyeurs de l’agriculture traditionnelle française.

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