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Accueil du site > Actualités > Société > Savoir-Être, Savoir Faire et Faire Savoir

Savoir-Être, Savoir Faire et Faire Savoir

 Récemment, j’ai publié trois textes, l’un sur La pulsion de mort, un autre sur L’idéologie managériale et un troisième qui tenait des ces deux thèmes : Se suicider est un manque de savoir-être, mais c’est aussi une façon de faire savoir.

Le troisième texte était en réalité le plus ancien. Je l’avais écrit en 2009 et il m’avait été inspirée par « cette mode des suicides » que déplorait Didier Lombard, qui était encore le PDG de France Télécom. Je l’avais republié accompagné d’une introduction car, depuis deux ans environ, une nouvelle mode des suicides semblait se développer : immolation par le feu en Tunisie en 2011, par coup de feu dans une école et dans un temple catholique au printemps 2013.

Ce dernier suicide et la publicité qui lui a été faite sont bien l’air délétère du temps présent. Ce « suicidé de la société » d’un type nouveau a laissé des commentaires pour justifier son acte :

« Je crois nécessaire de me sacrifier pour rompre la léthargie qui nous accable. »

Je ne parviens pas à croire, non pas à la sincérité de l’acte, mais à la vérité de la justification. Je ne doute pas que la décision de mettre fin à ses jours se soit imposée comme une nécessité à Dominique Venner. Mais je ne crois pas que, « comblé d'amour par (sa) femme et (ses) enfants », on puisse se suicider pour protester contre l’ouverture du mariage entre personnes du même sexe.

Lui-même, qui dans les derniers mois a lutté contre, prend ici des précautions oratoires pour l’évoquer en disant « s’insurger contre les poisons de l'âme et contre les désirs individuels envahissants qui détruisent nos ancrages identitaires et notamment la famille ».

Mais il a réussi à faire passer dans certains milieux l’idée qu’il se sacrifiait, qu’il faisait « don de sa personne ». Il n’aurait pas accepté qu’on dise que son suicide est un manque de savoir-être. Mais il aurait sans doute soutenu que ce savoir-mourir, c’est aussi une façon de savoir vivre et de faire savoir.

 

Cette idée de sacrifice ayant été reprise par certains milieux, on peut leur reconnaître un certain succès dans l’art du faire-savoir. La lettre du martyr a été reprise et agitée par des propagandistes qui, selon leurs habitudes, ont crié au complot du silence autour de leur grand homme. On est bien loin des suicides de France Télécom et de Pôle Emploi. Les employeurs et la presse se mettent généralement en quête d’un lettre que le malheureux ou la malheureuse aurait pu laisser pour expliquer leur geste. En effet, des problèmes « personnels » devaient préexister, qui ont conduit les pauvres à mettre fin à leurs jours et à leur ennuis. Certes, ils ont parfois commis leur geste sur leur lieux de travail.

Ce n’est pas le cas de Dominique Venner. La cathédrale de Paris n’était pas son lieu de travail. Il tenait plutôt pour un néo-paganisme gréco-romain et il écrivait dans sa petite lettre : « Je choisis un lieu hautement symbolique, la cathédrale Notre Dame de Paris je respecte et admire, elle qui fut édifiée par le génie de mes aïeux sur des lieux de cultes plus anciens, rappelant nos origines immémoriales. »

 

La droite nationale identitaire qui n’aime pas qu’on la qualifie d’extrême tenait son martyr, son sacrifié. Un partisan n’hésitait pas à écrire sobrement :

« L'événement marquant de cette première semaine après la Pente­côte, a été le suicide héroïque de Dominique Venner à Notre-Dame de Paris.

« Cet événement est concomitant avec les émeutes de Stockholm et l'exécution à la machette du soldat Lee Rigby à Woolwich (Angleterre). »

 

Hélas, dès le 5 juin, dans une rue de Paris, des partisans moins lettrés de Dominique Venner montraient que, s’ils voulaient appliquer ses idées, il n’avaient pas lu ses livres dans toute leur subtilité. Ils rendaient à la gauche cosmopolite un fier service, un martyr, un sacrifié qui avait la vie devant lui. Il se nommait Clément Méric.


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6 réactions à cet article    


  • bluerage 10 juin 2013 14:02

    On veut faire passer un facho rouge pour un saint martyr, c’est un peu gros pour moi, permettez que je rigole...


    • Rensk Rensk 10 juin 2013 17:36

      Question suicides... saviez-vous que 6 policiers turcs l’on fait ces jours ?


      • soi même 10 juin 2013 19:08

        vous en oubliez un, savoir devenir !


        • Ruut Ruut 11 juin 2013 07:01

          Lorsque la moralité de la société n’est plus, le futur heureux est compromis.



          • modesto modesto 11 juin 2013 10:52

            je ne suis pas sûr d’avoir bien compris le message de ce texte : pouvez-vous être plus clair ?
            1. c’est quoi « la subitlité » des idées de dominique venner ?
            2. que signifie « la gauche cosmopolite » ?
            3. qu voulez-vous dire par « rendre un fie service » à cette dite gauche « cosmopolite »
            4. c’est quoi « un sacrifié », en la personne de clément méric ?
            vite, de la clarté !!!


            • Didier-David Maurice Didier-David Maurice 11 juin 2013 12:57

              se suicider c’est surtout un manque de savoir vivre...

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