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Accueil du site > Actualités > Société > Séducteur du XXIe siècle

Séducteur du XXIe siècle

Séduire : attirer de façon puissante irrésistible (sans créer ni entretenir d’illusion).

Introduction

En ces temps trouble de rererererereconstruction (ou rerererererererererénovation, je sais plus où ils en sont dans leur sémantique) du PS et d’omnipotence présidentielle, nous allons abordé aujourd’hui ensemble un sujet pouvant paraître en apparence désuet, mais qui, finalement, quand on y regarde bien n’est quand même pas si innocent que ça. Je veux parler du domaine de la séduction (que nous aborderons plutôt sous l’œil de l’homme).

Eh oui, car l’homme (et la femme) dans leur quête infinie du bonheur cherche désespéremment à trouver l’âme sœur. Après manger, boire, dormir, baiser (où trouver un partenaire pour rester dans le langage courtois) est le besoin vitale que les gens cherchent majoritairement à satisfaire et, si possible, de la meilleure manière qui soit (et que si franchement, ils pouvaient réussir, les gens seraient plus heureux et donc nous feraient peut-être moins chier !).

Alors que les sites de rencontre se multiplient se déchirant à coup de campagnes publicitaires basées sur la surenchère autour du mythe du grand amour, traitant les profils de célibataires en mal d’amour tels des morceaux de viande sur un étalage de boucher : « - Alors pour moi ca sera une blonde 90-60-90, pareil pour l’autre jambe », « - Et avec ceci ? Vous nous prendrez bien une petite sportive amatrice de cinéma », « - Non merci, ce sera tout. J’ai déjà une rousse amatrice d’équitation à la maison » ! Apologie du contact facile et impersonnel, finalement bien à l’image de notre sociéte de consommation. La personne d’en face, celle à séduire, n’est devenue qu’un vulgaire objet, une suite de critères abstraits sans rapport avec les autres. Et ces doux rêveurs, imaginant la femme ou l’homme parfait, se retrouvent finalement seuls face à leurs illusions et leur ordinateur, seuls dans leur grand appartement froid et vide... Paix à leur âme.

Alors que ces sites de rencontres se multiplient, disais-je, il existe depuis quelque temps une petite communauté, qui, sans bruit et résistant face au préformatage de la société de consommation telle un petit village gaulois face à l’envahisseur romain, avance distillant à qui veut bien entendre, et surtout comprendre, des conseils avisés, sensés en matière de séduction (mais pas seulement, nous le verrons plus tard) et qui a le mérite d’avoir assimilé les évolutions récentes de notre société qui ont quelque peu redistribué les cartes (et de la gente féminine plus particulièrement).

Les personnes de cette communauté se nomment entre eux Player (en référence au "game", le jeu de la séduction) ou encore PUA (Pick Up Arstist). Ces acronymes offrent une alternative plus positive et moins réductrice que le terme, péjoratif, de "dragueur".

De nos jours, la drague est une activité connotée très péjorativement. La séduction est un sujet tabou dans notre société, et la télévision et les livres ont abreuvé les dernières générations d’histoires à l’eau de rose où le gentil garçon finit par conquérir la belle à coup de déclarations enflammées et la séduit à force de larmes de désespoir. Foutaises !

Malheureusement (ou heureusement), ça ne se passe pas comme ça dans la *vraie* vie. Les femmes n’aiment pas les serpillères qui se traînent à leurs pieds en leur jurant amour éternel dès la deuxième rencontre. Non. Bizarrement, elles préfèrent les hommes qui n’ont pas peur de leurs opinions, qui sont un challenge pour elles, qui ne se cachent pas derrière un masque de gentillesse et de beaux cadeaux pour les séduire.

Des débuts de l’humanité jusqu’à Bob

Retour en arrière rapide avant d’entrer dans le vif du sujet : comme je l’ai dit plus haut, les évolutions de la société ont largement bousculé le monde de la "rencontre", de la séduction. Il n’y a pas très longtemps encore, les couples se formaient à la fin de l’adolescence pour durer toute la vie (quand ils n’étaient pas arrangés d’avance). Le femme était préformatée pendant toute son enfance pour tomber amoureuse du premier con venu et elle scellait le pacte devant Dieu, l’emprisonnant dans une relation à la vie à la mort. Peu de risques, mais un peu chiant quand même.

Bref, en même temps que l’émancipation de la femme et l’évolution de la société, des modes de vie, les règles de la séduction ont changé entraînant de profonds changements dans les modes de rencontres et dans les circonstances du flirt amoureux.

Bob appartient donc à cette génération Meetic qui n’a pas intégré ces évolutions et est contaminé par la folie consommatrice de notre société : dans son interprétation des relations homme/femme, et dans la façon dont il les appréhende, il se base entièrement sur ce qu’il voit (ou a vu) à la télévision, au cinéma ou dans les livres. Bombardé de situations et de modèles stéréotypés, il développe une conception absolument manichéenne et tranchée de la façon dont se passent les choses, sans jamais se rendre compte que rien n’est ni tout blanc ni tout noir, et que ce qui se passe autour de lui est peut être plus compliqué - ou plus simple - qu’il ne le pense. Eh oui, dans la "vraie vie" Ross ne fini pas avec Rachel.

Bob est donc ce que cette communauté appelle un AFC, un Average Frustated Chomp, un gars qui finalement n’a pas compris grand-chose à la drague. Bob, comme une grande partie des gens d’ailleurs, considère que "draguer, c’est minable". Il ne s’imagine aucun instant que :

1 - les "dragueurs" puissent être autre chose que des beaufs, qu’ils puissent être des mecs sympas, intelligents et cultivés - avec lesquels il pourrait bien s’entendre s’il faisait l’effort d’aller vers eux en abandonnant ses préjugés et en mettant sa jalousie de côté ;

2 - les "dragueurs" puissent éprouver du respect envers la gent féminine, et AIMER les femmes - d’une autre façon que la sienne, tout simplement ;

3- la fille puisse VOULOIR et/ou AIMER intéresser les hommes (et donc, être draguée, quoi qu’elle en dise).

Une vision théorique de la drague :

Le PUA, ou Pick-Up Artist, se définit (source : Wikipédia) comme un homme qui maîtrise suffisamment les sciences psycho-sociales pour pouvoir se créer à loisir des opportunités de rencontres sociales ET amoureuses et, si c’est ce qu’il souhaite, faire évoluer ces rencontres vers un degré plus intime et plus personnel. Il entend ainsi façonner lui-même sa propre vie, et ainsi ne plus s’en remettre au hasard des (rares) rencontres fortuites.

Le mouvement a démarré aux Etats-Unis dans les années 90, avec un certain Ross Jeffries, diplômé de sciences politiques, qui a jeté les bases de cette vision très manipulatrice de la séduction : le game, on ne sacralise plus la séduction, mais on la considère comme un jeu. Ce mouvement a été introduit en France par l’intermédiaire du site web French Touch Seduction.

Le game consiste pour l’homme à se montrer joueur, sexué et mystérieux tout au long de son interaction avec la cible qu’il aura choisie. Concrètement, elle avance qu’arriver avec un léger retard à un rendez-vous permet de s’affirmer en tant qu’individu, que ne pas se laisser aller à la tentation de toujours régler la note de la personne convoitée au restaurant traduit la force de caractère de l’homme, et que savoir, à l’occasion, lui adresser au bon moment des remarques savamment dosées pour être déstabilisantes, peut l’amener à revoir l’idée qu’elle se faisait de lui et à se prendre au jeu, le but étant de l’amener à chercher à se valoriser elle-même auprès de l’homme et à rapidement considérer celui-ci comme un prix.

Dans leurs efforts pour améliorer leur lecture et leur maîtrise des codes inconscients de la séduction, les séducteurs s’intéressent tout particulièrement aux moyens leur permettant d’améliorer leur impact sur leur entourage (leur charisme dans le contexte social, et leur charme dans le contexte amoureux), ainsi que leurs facultés à susciter et entretenir l’intérêt de leurs intelocutrices, dans un environnement parfois semé d’embûches et très peu propice aux rencontres et au flirt.

Leurs sources d’inspiration sont multiples et éminemment éclectiques, et bien souvent, au-delà de simples "techniques", un fort développement personnel sera la clé. Nous pouvons citer en vrac :

- études de la programmation neuro-linguistique (PNL), de la pyscho-sociologie ou de livres tel que l’art de la guerre ou de sociologie sur les rapports de domination homme-femme ;

- développement des capacités de sociabilisation ;

- pratique intensive de sports et d’activités culturelles ;

- ...

En effet, il est surtout question d’épanouissement personnel. Ces guides abordent de très nombreux points de la vie, notamment la confiance en soi, comment "s’imposer" au lieu d’être éclipsé par la présence de quelqu’un d’autre, comment "toucher" votre interlocutrice, au lieu d’avoir peur de lui parler, ou d’être intimidé à l’idée de l’aborder, oser aborder et se confronter à ses peurs quelque peu irrationnelles. On peut y apprendre, pour ceux qui le voudraient, une véritable calibration sociale.

Dérives, critiques et opinions :

Alors, bien sûr, j’en entend déjà crier au scandale (à ceux-là je leur demanderais si leur mariage va bien et depuis quand ils n’ont pas séduit quelqu’un), au machisme ou au mauvais goût... Je leur dirais juste qu’ils ne sont pas prêts à recevoir ce message. Certes la théorisation des comportements humains et, en particulier, dans le domaine de la séduction, a de quoi déstabiliser, mais je le répéte, le principal message est celui d’un développement personnel couplé à la lutte contre certaines croyances, issues notamment de la tradition judéo-chrétienne.

Bien entendu, tout n’est pas rose et nous pouvons citer quelques contreparties :

- l’apparition récente des coach en séduction (vive la société de consommation !), comme partout, vous trouverez aussi bien de la merde que des pros ;

- les techniques de séduction sont décryptées avec une précision maniaque et une modélisation quasi sicentifique, le jargon employé pour nommer étape par étape la séduction a de quoi déstabiliser ;

- l’apparition de personnes se croyant tout d’un coup des Superman de la drague, mais qui finalement restent quand même avachis devant leur ordinateur... ;

- la multiplication de ce genre de sites, avec plus ou moins de qualité.

Quelques avis sur la communauté qui traîne à droite et à gauche :

http://larouquine.canalblog.com/archives/2006/10/05/2836577.html

http://1mec1fille.over-blog.org/article-4548981-6.html

Forum Doctossimo

Un article assez marrant sur une mise en abîme de ses sites : un magazine parle de cette nouvelle mode. Deux séducteurs s’en amusent et décident d’aller aborder des inconnues en leur parlant du magazine.

De mon point de vue, cette découverte m’a permis de me rendre compte de pas mal de chose et d’améliorer, non seulement mon coté séducteur, mais aussi mes relations sociales. Mais attention, cela ne vient pas tout seul, il faut notamment être prêt à recevoir le message et à faire des efforts !

Enfin, bref, pour conclure, si les relations que vous entretenez avec la gent féminine ne vous plaisent pas... allez faire un tour sur les divers sites que propose la toile... Prenez ce que vous jugez bon, et bonne chance !


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5 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 7 septembre 2007 12:51

    Les apprentis séducteurs ont de la chance , les queers vont bientôt être de retour sur téhéfin , fini les bourrelets et les chemises ringardes , fashionitude assurée !  smiley smiley smiley


    • Bouli Bouli 7 septembre 2007 13:28

      Ridicule. Même le jeu de séduction devient une espèce de science, on y a applique maintenant des principes quasi marketing. Que des hommes qui se sentent maladroits demandent quelques conseils, ok je comprends (je dis homme mais ça s’applique aux femmes aussi). Mais pousser jusque là !! smiley


      • La mouche du coche La mouche du coche 8 septembre 2007 07:27

        Et pourquoi ne pas pousser jusque là ? smiley


      • Halman Halman 12 septembre 2007 11:53

        Je ne sais pas où vous avez vu qu’elles sont « demanderesses » puisques toutes ont en horreur le matcho dragueur, elles le disent et les fuient !

        Elles les voient arriver à des km, se foutent de leur fioles et changent de trottoir.

        Elles préfèrent de loin celui qui les respectent à celui qui les prennent juste pour une occasion à tirer pour la soirée.

        Le genre marcel + gourmette + eau de toilette qui pue à des km + bagnole ridicule + cheveux gominés elles haïssent à un point que vous n’imaginez pas.

        Il y a aussi le genre costard cravate + idem, un autre genre, mais toujours un dragueur vulgos et lamentable.

        Quant aux gourdasses qui se laissent piéger par ceux là, si vous saviez les termes peu élogieux qu’elles emploient envers elles...

        Celles qui sont « demanderesses » comme vous dites, sont souvent des femmes qui se vengent d’un mari infidèle, juste par colère, par dépit, ça ne dure qu’un temps.


      • Gnetum Gnetum 8 septembre 2007 09:21

        Article bien écrit, intéressant et surtout qui change un peu de ce que l’on a l’habitude de lire sur AVox.

        Merci à l’auteur.

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