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Accueil du site > Actualités > Société > Silence politique sur la « socialisation » du capitalisme

Silence politique sur la « socialisation » du capitalisme

Le fait que le président ait parlé de vouloir « socialiser » le capitalisme aurait du avoir un retentissement dans le microcosme intellectuel, politique et philosophique de notre pays. Il faut bien admettre que le silence autour de ce sujet est inquiétant ? Faut-il en croire que personne n’est dupe de ce nouveau slogan, ou bien que la pauvreté et la régression de l’information n’a plus la force de sortir de sa pensée unique cristallisé autour du faits divers et peoples, et que subitement un sujet aussi philosophique laisse pantois, car dans aucun livre à ma connaissance vous ne trouverez ce sujet, si ce n’est dans mon essai écrit en 1999, mais ce n’est pas mon propos.

Quelques Agoraviens se sont lancés dans des explications du capitalisme et ont reçu en échos des commentaires. Certains reprenant les définitions livresques d’autres donnant leurs perceptions du vécu. Je ne veux pas discuter l’exactitude des propos tenus par les uns ou les autres qui sont fondés par leur degré d’ignorance ou de savoir tout comme moi.

Mais force est de constater que la nécessité de vivre fait accepter les concepts et les contraintes qui nous soumettent à leur exercice. Il en est ainsi pour le capitalisme, son concept ne fut pas inventé par un quelconque penseur mais est le produit d’une association de comportements, dans lequel il faut inclure tout aussi bien la transformation des relations salariales en 1804 « le louage de sa force de travail » que l’abandon de la production manufacturière vers une production industrielle pour poursuivre la recherche de l’enrichissement qui s’opérait au travers des anciens privilèges.

Le salariat est apparu dès que les liens féodaux ont été suffisamment lâches pour permettre à des hommes de disposer librement de leur force de travail. Bien que cette liberté soit plus formelle que réelle, car ne disposer que de la force de ses bras pour subsister et assurer ses lendemains, borne nécessairement cette liberté. C’est ainsi qu’au XIV ième siècle, apparaît le terme « prolétaire » qui qualifiait ceux qui ne possédaient que leur descendance (proles, en latin), et les pauvres dont l’existence ne dépendaient que de leur capacité à louer leur bras.

Mais la plupart du temps leur activité professionnelle les faisait qualifier « Brassiers », « manouvriers », « journaliers ». Ils étaient plus comme des domestiques, car la plupart du temps ils s’intégraient à la famille de leurs employeurs, dont ils partageaient le gîte et le couvert, à l’instar de la « famille » romaine qui désignait en fait l’ensemble des esclaves. Cette intégration limitait la précarité de leur existence, parce que le salaire correspondant (modeste fraction de la récolte, quelques pièces de monnaie équivalentes à un argent de poche) ne permettait pas de trouver une autonomie, à moins de trouver d’autres occupations complémentaires, ce qui n’était pas chose facile. Malgré des conditions qu’il ne faut pas regretter, cette société rurale, dure pour les pauvres et les sans grades, était immergée dans un monde de relations personnelles, voire familiales qui lui donnaient un sens (communauté de famille).

Avec l’avènement de l’industrialisation, les liens personnels ne comptent plus, du fait d’une part de l’urbanisation (migration vers les cités industrielle), d’autre part par la structure industrielle qui mobilise des masses de travailleurs que l’on voit mal s’installer dans la famille de l’employeur. La seule forme qui subsistera en la matière, héritée de la ruralité, sera le « paternalisme ». Un paternalisme qui donnait un sens à l’intégration dans l’entreprise, de la même manière que nous parlons aujourd’hui, « d’esprit d’entreprise ».

Le salaire devint le mode dominant de mobilisation et de rémunération de la force de travail, sans que pour autant la condition des travailleurs s’améliorent, car ils passent d’un dur labeur rural, à un prolétariat qui les plonge dans la misère, et il faut attendre la première loi « sociale » votée en mars 1841 pour voir le travail des enfants limité dans les filatures. Au XIX ième siècle le salaire devient un prix comme un autre, soumis aux fluctuations de l’offre et de la demande en fonction de l’intensité de la concurrence, ce n’est donc plus le juge ou la coutume qui le fixe. Cette relation est analysée par le code civil en 1804 et reconnue comme résultante d’un échange de libres volontés, et considéré comme une forme de « louage de service ». (Imposture du contrat de travail, plutôt contrat d’adhésion).

Ainsi le salarié privé de liens familiaux ruraux, privé d’une fixation d’un salaire coutumier, voit la recherche d’un travail et du salaire correspondant devenir essentielle, et s’imposer comme la valeur référentielle quelles que soient les lentes transformations qui ont jalonné jusqu’à nos jours, sa durée, son organisation, sa rémunération en fonction des périodes qui marquent notre société industrielle.

Nous pouvons parfaitement comprendre qu’avant comme après la recherche du moindre coût et le propre d’un comportement biologique, mais c’est un autre sujet complexe, on va donc dire historique, car nous pouvons le faire remonter à la Grèce antique, et qu’il est né de la sédentarisation qui a contraint des groupes d’hommes à se structurer pour produire. La démocratisation bourgeoise d’abord par le libéralisme et son extension a une population de plus en plus éduqué grâce a la vision de Condorcet ou de philosophe comme Pelloutier à ce que nous connaissons aujourd’hui.

 Ainsi des règles de commerces instaurent les modalités par lesquelles se comptabilise et se réparti la création du capital issus du besoin de produire et d’échanger des biens, produits et services et ses différentes dénominations suivant sa distribution, salaires, honoraires, vacation, intéressement, bénéfice, rentes, impôts etc.

Ce n’est donc qu’au dix-neuvième siècle, sans entrer dans la discorde sur ses origines qui opposait Max Weber et Werner Sombart, que l’industrialisation créer les conditions du travail en son sein proche de l’esclavagisme, pour ne pas dire issus de l’esclavagisme (société qui utilisent les esclaves ou les personnes en servitudes à des productions essentielles, ne pas confondre avec la traite des noirs).

La base en est toujours la recherche du capital par la transformation de matières premières (matériaux ou la capacité intellectuelle) pour produire un produit fini (biens, services, épargnes) au plus bas coût et l’échanger au plus haut prix, en utilisant le travail des autres, devant l’impossibilité de faire tout soi-même. Quand c’est le cas nous parlons d’artisans.

Ce processus de production collective dans un bassin d’extraction, de transformation etc. que nous appelons aujourd’hui bassin d’emploi, à induit la notion de lutte contre l’exploitation de l’homme par l’homme par des philosophes qui se sont penchés sur l’analyses des rapports humains qui unissaient les « possédant et les serviteurs du système de production.

Comme je le décris cette exploitation n’est pas nouvelle sauf que depuis la révolution elle bénéficiait du statut de liberté de choix, ce qui laisser supposer que l’autonomie des individus n’était pas attachée à la servitude d’un maitre, c’est pour cette raison qu’est née la notion de louage de service.

En effet nous pouvons observe parce que nous appelons le marché de l’emploi que les « possédant » demandent de l’aide pour parvenir à la réalisation de leur objectif de production, et que les sans possession, les démunis, ceux qui n’ont que leurs bras et leurs têtes cherchent à qui se louer, voire plus précisément comme ont l’entend parfois aujourd’hui à qui se vendre. Certes ils peuvent entreprendre comme hier, sous réserve de disposer de la filaire héritière ou financière.

Aujourd’hui ses relations de production issus de la sédentarisation sont identiques à celles d’hier, seule la perception du maitre et la nature de ses possessions se sont transformées, le maitre c’est dilué dans la société anonyme et vous pouvez tout à la fois être une fraction de ce maitre (actionnariat) et celui qui le sert (le salarié), sans que cela est changé la nature de la recherche maximum d’un capital comme moyen d’échange, dont le cumul conduit à la puissance.

Alors où ce situe la différence qui fait le capitalisme ? Dans la possession d’un moyen de production qui vend au travers du produit sont coût de production, y comprit le capital reversé en salaire et autres, qu’il récupèrera chez tous ses clients potentiels pour reformer son capital et regrouper par ce moyen des capitaux qui lui permette d’en ressortir un bénéfice avec lequel il prospèrera ou acquerra des titres de propriétés (actions) sans jamais participer à la gestion des entreprises ou groupes dont il est possesseur en partage qu’il confie a un tiers qui se substitue a lui et agit en son nom, même quand il peut en être nominativement l’actionnaire majoritaire.

Ce maitre qu’il n’est plus possible de toucher est le produit de la société anonyme et du marché boursier, et derrière eux tous les acteurs qui agissent en leurs noms se déculpabilisent de leurs comportements, ce qui conduit non a une concurrence entre individus, mais une concurrence de comptabilité, une concurrence de l’impersonnalisation du système auquel à conduit sa réglementation.

Vous pouvez bien jeter tel ou tel manager son remplaçant au nom des comptes s’attachera à faire la même chose. Ce système que je qualifie de "dominant systhèmique", suscite les réponses de notre affect qui ordonne nos comportements en bien ou mal, alimente et conduit notre vie sociale et politique.

Aujourd’hui la puissance des banques est le produit du système de production industrielle, donc du capitalisme, en mettant sur le marché, par création, la monnaie qui transitera entre tous les agents économiques de l’entrepreneur au client pour se concentrer dans « la pompe à création de capital » « qui enfle sans jamais redistribuer, je vais dire convenablement.

Convenablement parce que l’asservissement de ceux qui louent leur force de travail aux possédants sont de même nature que les ilotes face aux spartiates, des esclaves face aux romains, des serfs face aux seigneurs, du journalier ou manouvrier face à la noblesse ou la bourgeoisie.

Seule la contestation de masse a su imposer une redistribution, de cette contestation par des hommes instruits en est sorti dans le sang le socialisme avec toute s ses figures emblématiques et ses erreurs historiques.

Alors quelle est donc cette "socialisation" du capitalisme que veut mettre en œuvre notre Président ?

Pour ma part j’en défends une conception :

Nous pouvons convenir que lorsqu’un particulier prend l’initiative d’un investissement créatif, il est normal qu’il dispose des revenus et profits de ce dont il est le propriétaire.

Mais lorsque son projet doit utiliser l’aide de tiers, alors c’est lui qui est demandeur ; et c’est une évidence que de comprendre que sans ces aides, il ne parviendrait pas à ses fins.

De fait une collaboration s’impose, et si le propriétaire veut être le maître absolu de ses décisions, s’il veut disposer du fait du prince, alors il doit rester seul.

Dans tous les autres cas il y a une collaboration à imaginer pour que le propriétaire conserve les profits de son investissement et atteigne ses buts, sans s’approprier ceux générés par les tiers.

L’histoire de l’impuissance collective a conçu des maîtres plutôt que des guides, mais le reconnaître ne le rend pas irréductible ; et si le code civil a analysé en 1804 la « marchandisation » de la force de travail comme du « louage de service », donc du marchandisage. Je pense que depuis 1804, il est intervenu bien des événements culturels (développement des sciences) qui nous permettent de concevoir notre activité de travail complexes entre adultes culturalisés, comme une relation humaine, et non un conflit d’intérêt comptable.

Cela naturellement nécessite une approche plus éducative de ce que j’ai appelé le « collectivisme fractal », ou entreprendre avec les autres.


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17 réactions à cet article    


  • Candide 15 janvier 2009 10:46

    à l’auteur

    En fin d’article, vous dites :
    "Dans tous les autres cas il y a une collaboration à imaginer pour que le propriétaire conserve les profits de son investissement et atteigne ses buts, sans s’approprier ceux générés par les tiers".

    Quel dommage que vous n’ayez pas consacré tout votre article à cette collaboration qui reste à imaginer !

    Quelles sont vos idées en la matière ?


    • Candide 15 janvier 2009 13:14

      à l’auteur

      Concernant cette "collaboration à imaginer", il me semble que l’article suivant contient des propositions intéressantes.

      http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=47406


    • ddacoudre ddacoudre 15 janvier 2009 13:30

      Bonjour candide

       

      Sans trop d’imagination, nous pouvons penser qu’une plus grande consommation de biens et de services, compte tenu de notre production polluante, va nécessiter une plus grande coordination internationale, et conduira à forcer le libéralisme économique à s’organiser, non plus comme force de vente et de production de n’importe quoi n’importe comment, mais d’acquérir une dimension « politique » autre que celle de soumettre les États à ses appétits financiers, ceci sans tomber dans une planification doctrinaire. En cela je ne fais pas allusion à ce qui ce fait actuellement, car ce type de relations existe déjà. Je vise un libéralisme qui se situerait dans une société ou une communauté qui aurait pris conscience de son espèce, comme je m’en suis expliqué. Nous pouvons espérer alors que ce soit le développement de l’intelligence qui devienne un signe extérieur de richesse pour tous, plutôt que de demeurer la possession d’une élite, dont certains vendent de la médiocrité aux autres, parce ces derniers se reconnaissent dans leur propre misère intellectuelle.

       

      L’histoire du travail apparaît à la suite des besoins biologiques nutritionnels de l’homme, mais sa définition sous notre regard hiérarchisant ou « méritocratique » commence à prendre forme lorsque, d’une appréciation qualitative de l’observation de l’exercice d’une activité économique humaine diversement organisée et désignée, s’élabore la quantification d’une valeur d’échange commune, après n’avoir été qu’une valeur d’usage liée à la fonctionnalité des productions. C’est avec l’œuvre de Petty William (1623-1687) que se situe la transition avec les mercantilistes et les libéraux. Sa théorie de la valeur corrèle une unité de monnaie avec une journée de travail et une acre de terre (elle valait en France 52 ares environ). Elle est à l’origine de la théorie de la « valeur/travail » qui encrera définitivement ce mot comme la clé objectivée d’une mesure de référence universelle de l’activité productive de la civilisation industrielle permettant l’intégration d’un individu dans une société dite de « libre échange ». Sa consécration se caractérise par le nombre de sciences particulières qui lui ont été consacrées, et desquelles sortent des modèles, comme les techniques de rationalisation qui sont appliquées dans d’autres domaines que ceux du travail, et notamment de nombreux secteurs de la vie sociale, certains services de l’État, le sport, et pour une bonne part la gestion du temps de notre existence.

       

      La transition a faire aujourd’hui est une corrélation comme celle qu’a fait W. Petty mais adapté a notre type de production industrielle dans la perspective d’un renouvellement du capitalisme, réévaluer la quantification de la qualification d’un savoir pour le traduire en monnaie pour qu’il constitue une valeur de capital que l’autre apporte à celui qui a besoin de son aide. Dune manière plus simple ce que nous connaissons au travers des grilles de salaires qui sont l’objet d’un rapport de force et de l’offre et de la demande, pour le codifier en valeur minimale de référence. Le partage des décisions et des moyens de contestations changeront seulement d’aspect. Et la transition ne pourra se faire qu’en laissant la possibilité aux individus de choisir soit le principe en vigueur qui consiste à louer sa force de travail sans participer aux décisions et ainsi d’être toujours en servitude ou de devenir un partenaire avec le partage du capital produit, accompagné d’un certain nombre de garantie comme cela existe pour les entreprises.

       

       


    • ddacoudre ddacoudre 15 janvier 2009 13:52

      re candide

      j’ai lu ton lien j’avais déja lu cet article, et je ne m’en souvenais plus, l’idée tient la route si en face un revenu d’existence il y a une activité à la clé. dans mon essai je préconise de créer des centres de formation complémentaires pour adulte et d’y rémunérer les citoyens pour apprendre sans les déconnecter de l’activité productrive, mais en escontant que de l’instruction ressortent ceux qui demain apporteront des solutions au futur, y compris au renouvellement du capitalisme.

      actuellement la recherche est sclérosé par celle d’un but lucratif immédiat puisque ce sont les entreprises qui la finance et que le financement de l’état pour la recherche fondamentale se réduit comme une peau de chagrin, cette recherche ne se consentre que dans un nombre restreint d’hommes, plus on élargie son champs plus l’on se donne une possibilité d’avoir des solutions, c’est sous cet égide que fonctionne la nature et l’évolution.
      et il ne serait pas sot d’avoir en même temps qu’une activité productrice une activité éducative, les individus se ferait très bien à la fréquentation d’un univers universitaire plutot qu’une mecque ou d’un temple de la consommation.
      cordialement.


    • zelectron zelectron 15 janvier 2009 23:24

      @l’auteur

      ...et jusqu’à maintenant ça a été la capitalisation du socialisme, est-ce pareil ?

      signé : le naïf


    • oncle archibald 15 janvier 2009 12:47

      Il existe des entreprises qui fonctionnent très bien en « SCOP » sociétés coopératives ouvrières de production, dans lesquelles le salarié est un associé qui perçoit, outre son salaire, une part des bénéfices, une autre part étant obligatoirement consacrée à pérenniser l’entreprise par des provisions sur investissements.

      Jusqu’à une certaine taille d’entreprise, cela fonctionne assez bien, mais j’imagine mal Airbus, Renault ou Citroën fonctionnant en SCOP.... En revanche il y a eu des tentatives qui remontent à Charles de Gaulle et Jacques Chaban Delmas pour imposer une « nouvelle société » avec obligation d’intéressement des salariés aux bénéfices. Tout doit être question de dosage pour qu’il ne s’agisse pas d’une simple utopie, un hochet destiné à assurer la paix sociale plutôt que le partage des fruits du travail.

      Et pour revenir au début de cet article, si personne n’a relevé les propos de notre guide suprême c’est sans doute qu’il n’est absolument pas crédible en cette matière.... Quand on invente le boucliers fiscaux et dégrèvements de toute nature c’est qu’on n’a guère envie de partager, même le superflu, avec le « petit peuple », celui qui se lève tôt pour que d’autres soient riches !


      • ddacoudre ddacoudre 15 janvier 2009 14:14

        bonjour archibal

        merci pour ton commentaire je ne suis pas s’en ignorer le projet de nouvelle société qui a couté la tête politique de ces acteurs. il en est resté l’éducation permanante revisité par le patronat donc vidé de son contenu émancipatf de l’esprit humain, et devenir ce que le président veut faire de l’enseignement une fabrique de robot.

        la scop ou l’autogestion sont des formes qui se collent au processus capitaliste. imaginons que par aporie il soit possible de dire que chacun est son maitre, donc pour être sur de disposer de son pouvoir arbitraire il devrait rester seul, restant seul notre production ne ressemblerait qu’a la capacité d’un homme ignorant limité par l’usage de sa capacité individuelle. notre prospérité est dont le produit d’une activité collective cumulée que se sont appropriés les individus sur des millénaires en se la passant des uns aux autres, certes pas sans erreurs puisque ce sont d’elles que nous nous sommes nourris, dont croire que la forme de relations sociales pour produire est bloquée à celles que nous vivons, est sclérosant.

        compte tenu du temps que prennent les évolutions, même si nous avons eu le privilège de vivre dans une période où elles ont été scientifiquement exponentielle, celles de nos comportements ne résultent pas du même processus et sont donc plus lente. je doutes que nous soyons de ce monde l’orsque cette transition aura lieu, car la seule certitude c’est qu’elle aura lieu.

        cordialement.


      • oncle archibald 15 janvier 2009 20:04

         Je ne partage pas du tout votre vision de la SCOP ou de l’autogestion. Les entreprises qui fonctionnent sous ce régime ont bien sur une organisation hiérarchique ça n’est pas la cour du roi Petaud et il y a des hommes qui donnent des ordres aux autres.

        La différence et elle est de taille c’est que celui qui reçoit l’ordre est aussi "l’actionnaire" et qu’il peut donner son avis sur la gestion. Je connais de près une de ces entreprises, elle a été montée avec comme investissement initial les primes de licenciements des employés de la Société initiale en faillite. Elle a pu racheter les locaux et le matériel au syndic. L’entreprise initiale avait une centaine de salariés, la SCOP n’en compte plus qu’une soixantaine, les moins performants bien connus des autres ouvriers ont été écartés ou n’ont pas osé risquer leurs primes de licenciement..

        C’est une excellente entreprise de peinture dans laquelle les ouvriers sont soucieux par exemple de terminer un travail en restant le soir une heure de plus pour éviter des trajets inutiles le lendemain. et tout un tas d’autres points très positifs...


      • médy... médy... 15 janvier 2009 13:08

        Eh oui, c’est si dur d’imaginer, rien que ça, i-ma-gi-ner une société où le mot d’ordre serait avant tout vivre, et non s’enrichir. Eh oui, tout le monde court après les sousous comme des petits chienschiens sans savoir d’où est issu ce fric, et si on l’a créé légitimement.

        Et lorsque l’on rentre dans cette partie de l’enseignement économique qui n’est délivré que dans le supérieur, on se rend compte que l’argent est créé par les banques ou organismes de crédit assermentés pour répondre à une demande de crédit, donc cet argent n’existe pas, et de plus il comporte une part de dette, à cause de l’usure exercée par les banquiers, alors on l’appellera l’argent-dette.

        De plus en plus d’argent dette est créé, ce qui signifie plus de travail à fournir pour rattraper la dette (travailler plus pour "gagner" plus), plus de croissance, une déforestation et un pillage des ressources naturelles plus importants chaque jour.

        Qui cela arrange t’il ? Les entreprises, qui en empruntant peuvent dévorer le monde et licencier en masse. Les banquiers, qui sont vautrés dans de sordides baccanales et gagnent un mois de salaire par heure de non-travail (en argent dette bien sur). Les gogos, ce sont les gens qui ne comprennent pas qu’un billet ou un prêt en scriptural ne constituent pas du vrai argent, c’est l’oeuvre de faussaires qui veulent s’enrichir légalement.


        • ddacoudre ddacoudre 15 janvier 2009 14:26

          bonjour médy

          on n’invente pas une nouvelle société elle se façonne toute seule en répondant aux modifications environementales du vivant, de tous ceux qui par leur actions reconditionnent leurs existences pour répondre à ce qu’ils perçoivent comme une "souffrance", c’est un processus sans fin. l’homme a confié son destin pour le momment à la monnaie car sa virtualité la rend disponible à tout un chacun, mais elle demeure bornée par la limite de ce que l’on en espère, si l’on veux disposer d’un airbus, il faudra établir un tour de rôle pour y accéder et certains mourront avant de l’avoir eu. si l’on veut s’instruire avec, il n’y a pas de limites, entre les deux il doit être possible de naviguer pour préserver le monde du vivant.

          cordialement.


        • Jason Jason 15 janvier 2009 14:21

          Mon cher DD à coudre,

          Vous voulez en découdre avec le capitalisme, mais je ne crois pas que c’est en regardant en arrière que l’on pourra aller dans le sens que vous souhaitez, essentiellement un capitalisme social.

          Le principe fondamental du capitalisme, c’est la captation/confiscation des surplus dans les activités qu’il met sur pieds. C’est également la création jusqu’à l’obsession de nouveaux produits et de nouveaux marchés, avec tout le côté irrationnel et démagogique que cette démarche comporte.

          La solution, face aux défis démographiques planétaires actuels, reste à trouver. Il faudra bonne volonté, concertation, bon sens, coopération, et une certaine autorité pour imposer le secours, peut-être la survie de notre espèce. Il y a un savoir faire immense à portée de la main. Nos bibliothèques et banques de données croulent sous les informations, rapports, propositions et trouvailles diverses, mais les concertations n’y apportent rien. Autant de qualités qui, si elles existent, ne sont guère adoptées dans le chaos actuel.

          Entre les allumés, les crétins, les nantis, les opportunistes, les moi-Je, etc. qui peuplent les meetings planétaires, on ne sait plus lesquels choisir.



          • ddacoudre ddacoudre 15 janvier 2009 14:37

            bonjour jason.

            Dans le cadre des contraintes physiques que l’univers nous impose, (dont la maîtrise de certaines a permis notre essor technologique), nos jugements de valeur sont émotionnels et suggestifs. Leur normalisation permet d’assurer la cohésion des groupes d’individus et constitue leur ethnogenèse.

            Néanmoins, puisque ce sont des jugements de valeur subjectifs, ils sont tous contestables dans l’absolu, et cela permet aux civilisations de se succéder. C’est le « relativisme culturel », dont l’acculturation est la démonstration.

            Nous ne pouvons pas dire d’après les traces archéologiques et les lectures qui nous ont permises de comprendre et d’apprendre l’existence des civilisations passées, que les dominants de chacune d’elles, assurés de leurs certitudes aient voulu laisser leur place, et considérer leur propre culture comme une valeur relative. Pourtant, le temps a eu raison de leurs certitudes absolues.

            Puissions-nous le comprendre à présent afin que le travail des anthropologues et archéologues ne soit pas vain !

            Ces mêmes certitudes, nous les affirmons aujourd’hui avec heureusement beaucoup plus de moyens et de compétences.

            Toutefois, le risque demeure le même que par le passé, c’est à dire celui de croire que les idoles que nous bâtissons suffisent à nous prémunir de l’évolution.

             


          • Jason Jason 15 janvier 2009 16:16

            Bonjour DDàcoudre,

            Dans votre réponse de 14h37, premier paragraphe, vous parlez de normalisation des jugements de valeur. C’est un fait que ces jugements qui constituent la trame, souvent inconsciente, de nos éthiques sociales, prennent forme, se cristallisent de façon lente jusqu’à former le substrat couramment accepté des attitudes que l’on rencontre dans notre société. Mais comment se fait-il que l’existence d’un capitalisme nomade, opportuniste et souvent prédateur soit devenue un élément incontournable, fondatrice de notre société ? L’anthropologie ni la sociologie ne peuvent expliquer seules ce phénomène vieux de deux-cents ans seulement. 

            Il serait intéressant que les anthropologues se penchent sur ce qui nous arrive, ici et maintenant, et laissent l’anthropologie comparative et génétique de côté pour s’atteler à l’examen des sociétés européennes, par exemple. Je serais très heureux de voir un travail de terrain, très documenté, sur le rôle de l’entreprise dans la Cité, disons, dans les cent dernières années. On verrait alors en quoi ce système hyper-pénétrant a changé les moeurs et façonné une société en constant changement qui connaît des bouffées de folie de plus en plus nombreuses. 

            Car les idoles que nous construisons maintenant sont façonnées de façon terrifiante par ce capitalisme et ses perversités.

            Cordialement


          • ddacoudre ddacoudre 15 janvier 2009 19:04

            Jason


             

            je pense qu’il serait très constructif de pouvoir discuter dans le détail avec toi. un jour je me plaignais à une connaissance des méfaits de la société, comme il était neuropsychiatre il m’a répondu la société je ne connais pas la seule chose que je rencontre ce sont des individus qui ont plus ou moins des difficulté existentielle en dehors de tous traumatismes neurologiques.

            il n’y a pas de solution finale à notre existence, même la mort n’en est pas une elle met seulement fin a une configuration passagère. Tu as raison en ce qui concerne l’impact de l’entreprise sur nous le dernier exemple en est la tentative de ce gouvernement de laisser penser qu’une nation se gouverne comme une entreprise, s’en faire le parallèle avec ce que cette démarche comporte de totalitaire, car l’entreprise est un lieu ou les individus sont soumis à l’arbitraire de leurs dirigeants, et par cette déclaration le gouvernement se place en position de potentiel dictateur. Et si tu te montres attentif aux mesures que prend ce gouvernement, tout en se montrant proche des préoccupations du peuple, on peut observer qu’elles sont des mesures qui renforcent le totalitarisme du gouvernement puisque calqué sur l’efficacité de l’entreprise, ce qui m’a fait dire que nous aurons le privilège de développer la première « démocratie totalitaire ».

             

            ensuite la nature nous montre qu’elle est économe de l’effort et choisi toujours la solution consommant le moins d’énergie, même si passagèrement ses transformations sont explosives, cela veut dire que nous privilégions toujours ce que nous appelons la fainéantise puisqu’elle est économe d’énergie, et que pour produire ce dont nous avons besoin nous devons nous faire violence et consommer beaucoup plus pour cela.

             

            Ces structure productive s’appelle aujourd’hui l’entreprise et les individus s’y aliènent car elle satisfait en passant par l’effort et la contrainte tout ce qui biologiquement permet à chacun de se nourrir, s’abriter, se valoriser pour une seule fin qui est toujours la même procréer ou renouveler l’espèce.

            Sauf qu’en fonction des transformations que nous apportons à la nature par l’utilisation de ce lieu de concentration humaine et d’efficacité productrice nous pouvons constater que les capacités de renouvellement des populations dans les seuls pays riches ne croissent que du fait de l’immigration, d’hommes et de femmes qui ne sont pas encore atteint par l’hédonisme que donne la prospérité « entreprenariale ».

            Cette prospérité momentané n’en n’est pas forcément une, si le bien être ressenti individuellement, qu’au travers de la possession sans limite de la désidérabilité, conduit à la transformation ou la disparition de notre espèce et d’autres. S’il en est ainsi ce n’est pas de notre chef, car nous ne disposons pas du libre arbitre, même si individuellement nous pensons être les maitres de nos décisions. L’inverse nous rendrait la vie invivable, car nous existons par défaut de tout connaître, c’est ce qui rend la vie difficile ou agréable et nous fait agir.

             

            Quel que part nous sommes, se que j’appelle des êtres perdus à la recherche perpétuelle « du père » dans un éternel recommencement toujours sous de nouveaux paradigmes.

            J’ai pour comprendre cela j’ai deux source celle de l’étude de Calhoum :John B. Calhoun (11 Mai 1917-Septembre 7, 1995) était un écologiste américain et de la recherche psychologue pour ses études de la densité de population et de ses effets sur le comportement. Au cours de ses études, Calhoun a inventé le terme "comportement de puits » pour décrire des comportements aberrants à la densité de la population des situations surpeuplées et "beaux" pour décrire les individus passifs qui se sont retirés de toutes les interactions sociales. Son travail acquise une reconnaissance mondiale. Il a parlé à des conférences dans le monde, et son avis a été demandé par des groupes aussi divers que la NASA et le District de Columbia du Groupe d’étude sur la surpopulation dans les prisons locales. Calhoun du rat ont été utilisés comme base dans le développement de Edward T. Hall ’s 1966 proxémique theories.

            Ensuite l’mage suivante que j’en donne, le monde est lisible mais caché pour notre compréhension. Nous devons pour le comprendre, le décrypter, réunir et assembler les pièces détachées de « la connaissance et du savoir » que nous découvrons.

            Nous en prenons conscience au fur et à mesure en sélectionnant les pièces de ce puzzle qu’est la vie, même si la pièce théâtrale finale est jouée (la mort). Par analogie, notre monde ressemblerait à un puzzle en expansion où chaque pièce se renouvelle, se multiplie, varie de forme, de couleur, de place, et modèlerait une image sans cesse changeante. Un puzzle que nous n’avons aucune chance de lire dans son ensemble par notre seul regard, et même si nous nous situions dans une position hypothétique d’observateur, nous ne pourrions observer et comprendre que le passé, car le temps de décoder ce que nous observons, l’image que nous définissons n’existe plus. Si bien que l’étroitesse de notre regard ne nous permet d’exister que par défaut tout en étant partie intégrante du monde objectif. Monde objectif que nous devons percevoir par nos sens, et c’est cet apparent paradoxe qui a certainement donné naissance à la récurrente querelle des matérialistes et des spiritualistes.

             


          • Marsupilami Marsupilami 15 janvier 2009 15:57

             @ DDàcoudre

            Très bon billet. Sur un sujet proche je renvoie à Travailler moins pour vivre mieux : du début à la fin du Travail. Ce pauvre Larrouturrou avait été contraint de s’allier à Benoît Hamon au dernier congrès du PS. Bilan : le petit arriviste est porte-parole d’Aubry et le programme que proposait Larrouturrou est passé à la trappe. De toute façons, il n’avait aucune chance de passer. Quelle misère...


            • ddacoudre ddacoudre 15 janvier 2009 19:19

              bonjour marsupilami

              merci pour ce commentaire j’avais lu ton article que j’avais trouvé exellent. indépebdenment des clivages politiques quelles que soit ses convictions personnelles, avec un peu de bon sens, si l’on s’échape de la chappe médiatique pour lire ailleurs, il est une évidence qui s’impose à l’analyse, et non pas au regard qui est restreint et trompeur même si l’analyse s’y rattache, qu’à sélever sans cesse sans précaution l’on fait comme Dédale ou Johnathan le goëlan, on se brule les ailes.

              c’est ce qui nous arrive à cause d’un aveuglement qui nous fait élire ceux qui nous aveuglent par les lustres et le clinquant de ce que nous sommes capables de faire. il faut réorienter cette capacité humaine pour que sans renoncer a cette fabuleuse capacité de prolonger la vie la conséquence n’en sioi pas la mort de tous.

              cordialement.


            • ddacoudre ddacoudre 15 janvier 2009 19:29

              bonjour marsupilami

              merci pour ton commentaire, j’avais lu ton article que j’avais trouvé exellent et pour cause. indépendemment des convictions politiques des uns et des autres, si l’on prend la peine d’échapper à la chappe de plomb des médias il y a par ailleurs des informations qui paraisent une évidence quand nous les analysons et echappons à la vue restrictive de notre regard ou de nos sens en permanance solicité vers un seul objectif consommer, et de ce fait ignorer malgrés les évidences les drames qui se formentent. sans remettre en cause cette fabuleuse capacité humaine à produire les moyens de prolonger son existence nous pourrions réorienter notre activité pour qu’au bout elle ne nous tue pas tous.le mythe de Dédale et de Jonathan le goêlan sont là pour rappeller qu’a s’élever dans l’euphorie aveuglante l’on n’en retombe que plus bas.

              cordialement.

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