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Silver Sunday, une journée pour célébrer les personnes âgées

Cela fait deux ans maintenant qu’existe au Royaume (très) Uni la journée du « Silver Sunday », consacrée aux personnes âgées. Cette initiative est née d’une étude montrant que plus d’un tiers des britanniques de plus de 75 ans souffraient de solitude. 
 
Plus encore qu’une simple journée de lutte contre cette solitude des personnes âgées, ce qui aurait peut-être pour effet de leur coller à la peau l’image de personnes tristes, exclues de la société, et dont il faut avoir pitié, à qui il faudrait « tendre la main » comme lorsqu’on tente de repêcher une personne sur le point de se noyer, c’est une véritable célébration du troisième âge, avec de nombreuses activités proposées, notamment sportives, et des rencontres en tout genre. 
 
Cette année, le Silver Sunday tombe le dimanche 5 octobre, et plus de cent-cinquante activités, dont certaines se tenant dès le 30 septembre, sont annoncées à ce jour. Ce n’est bien sûr pas mon intention de toutes les énumérer ici, la liste serait trop longue, mais pour se donner une petite idée, mentionnons : des concerts, des visites de musées, des thés dansants, certains à thématique rétro (je suppose que les participants doivent alors se vêtir à la mode de l’époque, comme pour ce thé dansant années 40 annoncé pour le 3 octobre), des tours à bicyclette, des journées portes ouvertes gratuites à la piscine, du tennis, de la danse irlandaise... j’ai également vu au programme des promenades dans des parcs, de la méditation, un cours de dessin architectural, des ateliers d’écriture, du cinéma, avec notamment une projection du mythique « Casablanca », et même des dégustations de chocolat. Un week-end des grands-parents se tiendra à Manchester où se mêleront toutes les générations, et personne ne sera oublié puisqu’auront également lieu des activités religieuses pour les croyants, et qu’un festival de film sur le thème du troisième âge dans la communauté homosexuelle se tiendra à Londres. Bien des activités auront également pour thème la mémoire du passé, où les participants seront encouragés à raconter leurs expériences de vie. Une tentative de battre le record du monde (Guiness World Record) du plus grand rassemblement de centenaires aura lieu à Southend.
 
C’est en écoutant la radio, qui diffusait une interview de l’actrice Joanna Lumley* (qui soutient l'événement), que j’ai entendu parler de cette journée du Silver Sunday. Je n’étais pas au courant de cette célébration annuelle, établie depuis pourtant deux ans déjà, qui respire la bonne humeur et le dynamisme. Elle semble désormais mieux médiatisée car étendue sur tout le Royaume Uni, et soutenue par des personnalités. 
 
Je trouve formidable qu’une étude sur la solitude de certaines personnes âgées ait engendré un tel élan de dynamisme, désormais concrétisé par une journée annuelle de rencontres, de sorties et activités diverses. Cela ne peut bien sûr régler tous les problèmes rencontrés par les personnes âgées, mais cela contribue à tisser l’indispensable lien social qui fait de plus en plus défaut dans nos sociétés hyper individualistes et matérialistes, et maintenir les personnes dites « âgées » au cœur même de la société.
 
Il faudrait changer en profondeur notre point de vue et se demander même pour quelle raison nous appelons ces gens des « personnes âgées ». Nous sommes toutes et tous des personnes âgées, puisque nous avons toutes et tous un âge. Il se trouve juste que cet âge n’est pas le même pour tout le monde. Il serait peut-être temps alors de changer l’appellation et trouver quelque chose qui ne stigmatise plus ni ne marginalise plus cette catégorie de la population. L'expression "vieux" rappelle trop la chanson "Les Vieux" chantée par Jacques Brel, qui donne un peu le bourdon, il faut bien l'avouer. Appelons les ici les retraités, bien que toutes les personnes âgées ne soient pas à la retraite (même si on les pousse souvent, parfois contre leur gré, vers la porte de sortie).
 
Bien que le regard sur les retraités aient heureusement changé ces dernières décénnies, ils ne bénéficient toujours pas de la place qui leur est dûe dans nos sociétés où seuls comptent la productivité et le matérialisme. Sans oublier l’apparence. Une fois « inactifs », car on ne considère comme valable l’activité que si elle sert à gagner de l’argent, on ne les voit plus que comme des personnes en fin de parcours, une charge financière et médicale pour la génération qui travaille encore. D’un côté, on pousse les gens vers la sortie alors que certains souhaitent sincèrement continuer à travailler, de l’autre on leur reproche d’être une charge pour la société, de ne plus gagner d’argent, de ne plus avoir suffisamment de moyens pour continuer à consommer. 
Consommer, consommer, consommer… on n’a plus que ce mot là à la bouche. Nous sommes devenus des machines à consommer, et pour nous culpabiliser si nous ne consommons pas assez, on nous fait bien comprendre que c’est du niveau de notre consommation que dépend la santé de notre économie. « La consommation des ménages », qui n’a pas entendu cela dans les média ?
 
Bien sûr, il est important que les jeunes trouvent une place sur le marché de l’emploi, et pour cela il faut aussi (mais il est si injuste de faire porter sur les anciens le poids de la responsabilité du chômage des jeunes ! Le chômage des jeunes ne dépend pas que d’eux !) que les anciens leur laisse un peu de place. Cependant, on demande d’un côté aux gens de laisser la place aux jeunes (autrement dit, vous avez suffisamment servi, allez ouste, la sortie c’est par là), de l’autre on nous annonce que l’on vit désormais de plus en plus longtemps, et que le paiement des retraites va donc devenir de plus en plus compliqué, puisque les gens demeureront plus longtemps qu’auparavant dans ce statut de retraité.
 
Tout le monde sait bien qu’après cinquante ans, et même parfois bien avant (en particulier pour les femmes), il devient très difficile de retrouver un emploi si l’on a perdu le sien. Les gens sont considérés comme finis, alors que c’est pourtant eux qui détiennent l’expérience et les compétences engrangées durant une vie de travail, dont pourraient largement bénéficier les dirigeants d’entreprise, mais aussi les jeunes, qui pourraient, et devraient même être formés par les anciens. 
 
Oui, mais voilà, ce qui compte, semble-t-il, c’est plus l’image que donne l’entreprise à l’extérieur. « Une équipe jeune », « une équipe jeune et dynamique », sont des expressions monnaie courante dans les annonces. Même pas la peine que vous répondiez à ce genre d’annonces si vous avez plus de trente-cinq ou quarante ans. « Excellente présentation », « présentation irréprochable » en sont d’autres, ce qui prouve que les gens, quelque soit leur âge, sont également choisis en fonction de leur apparence physique, ce qui est déjà scandaleux en soi car les gens au chômage ont rarement les moyens de se payer des fringues dignes d’une « excellente présentation » et passer chez un coiffeur haut de gamme avant de se rendre à un entretien d’embauche, de plus on se doute bien qu’on ne considèrera pas comme une « présentation excellente » une femme de près de soixante ans présentant de nombreuses rides, ce qui, rappelons-le, est tout à fait normal à cet âge.
 
Que l’on refuse de laisser les personnes « âgées » sur le bord de la route, que l’on veuille mieux intégrer les personnes « âgées » dans la société (par exemple en mettant le terme « âgé » entre guillemets comme je le fais) que l’on refuse l’idée que ces personnes, parce qu’ayant un certain âge, ne soient plus bonnes à rien, est une chose, mais que l’on en vienne à tomber dans l’extrême de refuser l’idée même de vieillir en est une autre.
 
Les sociétés dans lesquelles nous vivons ont une telle aversion pour les personnes « âgées » que nous avons développé une totale névrose. L’idée même de vieillir provoque une vague d’angoisse, voire de panique, poussant certain(e)s à se ruiner en crèmes antirides bien évidemment miraculeuses, voire en opérations chirurgicales pour se tirer au maximum la peau du visage comme s’il s’agissait d’un vulgaire tambour, ou autres injections probablement coûteuses et peut-être même également douloureuses de produits chimiques dignes d'un apprenti sorcier, qui donnent parfois au visage l’apparence de souffrir de paralysie. Voir telle ou telle actrice, dont on sait qu’elle a plus de soixante ans, essayer d’en paraître trente est tout simplement ridicule. Les personnes qui n’ont pas les moyens de se payer ces traitements, autrement dit la majorité de la population, ou qui ne souhaitent pas le faire, sont désormais considérées comme négligées, pas présentables. Des mochetés à jeter à la poubelle.
 
Pourquoi refuser de vieillir ? Cela fait pourtant partie de la vie. Les signes de vieillissement sont parfaitement normaux, et mieux on les acceptera, plus nous seront heureux. Au lieu de cela, nous nous torturons l’esprit dès l’apparition de la moindre petite ridule.
 
Pourquoi mettre les personnes « âgées » au rebut de la société en refusant à celles et ceux qui le souhaitent le droit de continuer à travailler ? Que l’on permettre aux gens de partir à la retraite à soixante ans, voire plus tôt pour les emplois pénibles, est une excellente chose, et l’on ne devrait pas forcer les gens qui souhaitent prendre leur retraite à continuer à travailler, mais à l’inverse, pourquoi imposer d’autorité cette règle du départ à la retraite pour tout le monde ? Si l’employeur est d’accord pour conserver son employé et le payer, et si l’employé souhaite continuer à travailler, pourquoi dans ce cas le forcer à partir en retraite ?
 
Il n’y a pas que les jeunes qui font les statistiques du chômage. Les chiffres du chômage incluent également les plus de cinquante ans, et ces chiffres diminueront également si l’on donne du travail aux gens de plus de cinquante ans, pas seulement aux jeunes. On peut aussi proposer aux anciens d’aménager leur activité, de la faire évoluer vers une activité gratifiante de formation des jeunes. Les jeunes auraient en effet tout intérêt, dans bien des secteurs d’activité, à être pris en charge et formés par les anciens de l’entreprise, qui connaissent bien l’entreprise et le travail à accomplir, si l’on n’a plus vraiment les moyens, pour x raisons, de les garder sur un poste à temps plein, au lieu de se débarrasser d’eux comme s'ils étaient des déchets.
 
De plus, on nous parle de « solitude des personnes âgées » comme si c’était bien évidemment regrettable et triste, mais finalement pas si surprenant que cela. Comme si, selon les normes de nos sociétés, c’était un risque à courir, et même à accepter de courir, dès l’instant où l’on devient plus âgé ou que l’on prend sa retraite.
 
C’est l’image même du retraité, de la personne « âgée », qu’il faut faire évoluer, voire complètement bouleverser, révolutionner, dans nos sociétés. Des célébrations comme le Silver Sunday peuvent contribuer à transformer les mentalités, et les ramener vers un esprit positif, et vers l’idée que la personne « âgée » est une composante essentielle de notre société, que de plus c’est elle qui détient le savoir et l’expérience. Il y a des cultures dans le monde où plus l’on vieillit, plus on est respecté. Dans nos cultures, c’est l’inverse. Au lieu de nous croire en permanence le phare du monde, on aurait beaucoup à apprendre de ces cultures que nous considérons comme moins développées que les nôtres, et auxquelles nous croyons toujours avoir tout à apporter.
 
Pour toutes ces raisons, des initiatives comme le Silver Sunday, qui célèbre et valorise les personnes âgées, devraient, et devraient partout, se généraliser.
 
 
Source de l'image.
 
 

 

*On n'a pas oublié Joanna Lumley dans le rôle de Purdey, dans la série culte « Chapeau Melon et Bottes de Cuir », et on n’est pas prêts d’oublier non plus son interprêtation décapante et hilarante de Patsy dans la série « Absolutely Fabulous ». Entre autres rôles. Joanna Lumley, dont le sens de l’humour et la classe ne sont plus à présenter, s’investit également beaucoup dans les causes humanitaires et la défense des animaux.

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11 réactions à cet article    


  • lsga lsga 1er octobre 2014 15:49

    Quand je regarde un film des années 60-70, et que je vois les personnages de vieux réacs, du type de ceux qui étaient contre la jeunesse de 68 ; je me dis souvent que ce qu’il y a de beau, c’est qu’ils sont tous morts. 


    Prenez les 65 Millions de français d’aujourd’hui, leur croyance, leurs habitudes, leur « mode de vie » : tout cela aura disparu dans moins d’un siècle. C’est tellement rassurant. 

    • Surya Surya 1er octobre 2014 17:07

      « Prenez les 65 Millions de français d’aujourd’hui, »Isga, rassurez moi, vous ne mettez pas tous les Français dans le même panier ? Ils sont donc tous les mêmes, pour vous ? 


      Mais vous, ne faîtes vous pas partie de ces 65 millions de personnes ?

      On dit toujours « les gens » sont comme ci, « les gens » sont comme ça, comme si on ne faisait pas partie des gens. Les « gens », c’est toujours les autres...

      Sinon, pour répondre à votre commentaire, il n’y a pas eu que du bon dans mai 68, mais ça a été une tentative pour essayer de changer la société. 

      J’aime l’idée de vouloir refaire le monde, de changer la société, mais le problème, c’est qu’à chaque fois qu’on essaye, on ne fait que détruire ce qui avait été mis en place avant, mais on ne propose jamais rien de vraiment solide et durable pour remplacer. 

      Regardez par exemple la révolution française de 1789, dont on est si fiers qu’on l’étudie en long, en large, et en travers à l’école. Qu’est-ce qu’elle a changé ? Dans le fond, rien. Les privilèges existent toujours. Un bain de sang pour rien.

      Et qu’on ne me parle pas de la déclaration des droits de l’homme, les Américains l’ont énoncée avant nous, d’une certaine façon, en 1776 : 
      « We hold these truths to be self-evident, that all men are created equal, that they are endowed by their Creator with certain unalienable Rights, that among these are Life, Liberty and the pursuit of Happiness » (Declaration of independence, 1776)

      Bon, évidemment, ce beau principe, après, il faut l’appliquer... Ce que nous n’avons pas fait non plus après 1789, notre histoire en témoigne.

    • Frabri 1er octobre 2014 17:15

      Pour les travailleur-se-s il y a la fête du travail. Il serait logique que pour les retraité-e-s il y ait la « fête de la retraite ».

      Le Canard Enchainé a consacré un numéro spécial aux vieux en avril 2014. Numéro 131 qui s’appelle « Vive les vieux »


      • Surya Surya 1er octobre 2014 17:51

        C’est une belle initiative que ce numéro spécial.


        Plus généralement, je crains que l’intérêt désormais porté aux personne âgées ne soit que mercantile, et que l’on ne voit en elles qu’un nouveau marché à conquérir, de nouveaux consommateurs à séduire. 

      • Mélanie 2 octobre 2014 15:27

        "Que l’on permettre aux gens de partir à la retraite à soixante ans, voire plus tôt pour les emplois pénibles, est une excellente chose, et l’on ne devrait pas forcer les gens qui souhaitent prendre leur retraite à continuer à travailler,« 
        Oui, bien sûr
         »...mais à l’inverse, pourquoi imposer d’autorité cette règle du départ à la retraite pour tout le monde ? Si l’employeur est d’accord pour conserver son employé et le payer, et si l’employé souhaite continuer à travailler, pourquoi dans ce cas le forcer à partir en retraite ?« 
        Eh bien, c’est précisément la règle en France : personne n’oblige personne à partir à la retraite, sauf les employeurs qui se débarrassent ainsi de leurs salariés les plus âgés. Mais le droit est ainsi fait qu’effectivement, si l’employeur est d’accord et si l’employé souhaite continuer, le contrat de travail peut se poursuivre jusqu’à... la mort de l’un et/ou de l’autre.
        L’âge de départ dont il est si souvent question est un âge auquel on peut »faire valoir ses droits" à la retraite, et ce n’est en aucun cas une obligation. Il reste que dans certains secteurs les gens n’ont qu’une envie, c’est partir à la retraite le plus tôt possible, ce qui en dit long sur la pénibilité et le stress au travail de beaucoup.


        • Surya Surya 2 octobre 2014 16:24

          Merci beaucoup Mélanie pour cette mise au point qui corrige mon erreur.

          Apparemment, dans le passé, jusqu’en 2008, il y avait un âge limite de départ à la retraite, et que ce n’est plus le cas maintenant car la loi aurait changé en 2008 pour encourager ceux qui souhaitent continuer à travailler. Honte à moi, j’étais donc en retard sur une loi.
          Je viens toutefois de trouver ce texte sur internet stipulant qu’un employeur peut mettre d’office un salarié à la retraite, sans avoir à lui demander son avis, dès lors qu’il atteint 70 ans.
          Mais, comme vous le faites remarquer cela ne semble pas être une obligation, là non plus, et si l’employeur n’y voit pas d’inconvénient, le salarié devrait alors pouvoir rester après 70 ans.

          Il est évident que dans certains secteur, personne ne souhaite continuer à travailler aussi tard. C’est pourquoi je pense qu’il faut absolument tenir compte de la pénibilité du travail et permettre à des salariés ayant un emploi pénible de partir à la retraite avant 60 ans à taux plein.

          Maintenant, regardons non plus es lois, mais les mentalités. 
          Quel personne de plus de soixante-cinq ou soixante-dix ans, qui a la possibilité de partir à taux plein, va pouvoir demeurer en activité dans son entreprise jusqu’à 75 ou 80 ans, parce qu’il est en pleine forme et qu’il souhaite continuer à travailler, sans qu’on lui mette la pression pour qu’il parte, ou sans qu’il se fasse taxer d’égoïste qui ne pense pas aux jeunes qui attendent à la porte qu’une place se libère ? C’est un peu compréhensible, parce que c’est vrai que les jeunes ont besoin de travailler, mais tout de même, on ne devrait pas pousser ainsi les gens vers la sortie. Ce qui, loi ou pas, est ce qui se passe bien souvent.

        • Surya Surya 2 octobre 2014 16:26

          Je disais donc que je viens de trouver ce texte sur internet...



        • Mélanie 2 octobre 2014 16:58

          Pas honte à vous, surtout pas, cette idée d’ âge couperet« passe en boucle sur toutes les antennes dès qu’il est question d’une nouvelle loi sur la retraite. Cela dit, pour être tout à fait complet, il existe bien une limite d’âge dans la fonction publique, au-delà de laquelle un fonctionnaire est automatiquement »rayé des cadres« .
          Pour le secteur privé, effectivement, en 2008, un nouveau texte est passé, repoussant à 70 ans l’âge de la »mise à la retraite d’office«  : il stipule que chaque année, une fois atteint au minimum 65 ans et 9 mois, l’employeur doit demander au salarié s’il envisage de partir à la retraite ou pas. En cas de réponse négative (ou une fois que le salarié a 70 ans), l’employeur qui veut faire partir ledit salarié doit le licencier, avec les indemnités qui vont avec.
          En ce qui concerne cette idée de »continuer à travailler par égoïsme au lieu de laisser la place à un jeune« , elle peut aussi se discuter : depuis les années 1980, il y a eu plusieurs dispositifs fondés sur ce principe, qu’encourager quelqu’un à partir à la retraite permettrait de créer de l’emploi pour un jeune. Or, chaque fois, on constate que les départs de ces décennies n’ont pas été remplacés et n’ont pas constitué l’appel d’air attendu. Les métamorphoses des méthodes de production sont telles qu’une même tâche peut être assurée soit par une machine, soit par une personne au lieu de trois, etc. C’est du reste ce constat qui a présidé à l’actuel »accord senior« qui lie le maintien dans l’emploi (ou l’embauche) d’un senior à l’embauche d’un jeune, histoire d’essayer de tenir les deux bouts de la chaîne.
          Enfin, on pourrait soutenir qu’actuellement, continuer à travailler alors que l’on a atteint un âge disons... avancé contribue à pérenniser un système de retraites quand même encore assez favorable. De fait, ce sont les gens qui travaillent en ce moment qui paient les pensions des retraités actuels. Là encore, c’est une idée très répandue que chacun »cotise pour sa retraite« . Or c’est vrai en ce sens que cela permet d’acquérir des droits, mais c’est faux sur un plan financier : l’argent de nos cotisations sert à alimenter les caisses qui servent les retraites aujourd’hui. C’est ce que l’on appelle un système par »répartition« , à la différence d’un système par »capitalisation", où effectivement les sommes versées constituent une sorte d’épargne pour l’avenir (à la mode anglo-saxonne). 


        • Surya Surya 2 octobre 2014 17:21

          « Les métamorphoses des méthodes de production sont telles qu’une même tâche peut être assurée soit par une machine, soit par une personne au lieu de trois, etc. »

          La population augmente constamment, mais les méthodes de production évoluent toujours plus vers une diminution du besoin en nombre de personnes... Je ne sais pas comment on va pouvoir régler ce problème à l’avenir sans laisser personne sur le bord du chemin. Le problème n’est pas nouveau de toute façon, mais il me semble cependant qu’il s’aggrave avec le temps.

          Merci encore pour ces précisions smiley

        • Fergus Fergus 9 octobre 2014 23:31

          Bonsoir, Surya.

          N’ayant pas vu d’article de votre part depuis des mois, je suis allé voir votre fiche et j’ai découvert celui-ci qui m’avait échappé.

          Comme vous, j’approuve totalement cette initiative d’autant plus nécessaire qu’avec l’allongement de la vie, de nombreux retraitées veuves vivent très longtemps en s’enfermant peu à peu dans une solitude dont nous sommes tous coupables, faute d’y prêter une attention suffisante, ou à défaut d’avoir contribué à des initiatives de nature à rompre cette solitude de temps à autre.

          A Morlaix, où j’ai habité 10 ans, il y avait une maison de retraite qui jouxtait une école maternelle. Et régulièrement des rencontres étaient organisées entre les pensionnaires et les gamins. Tous étaient ravis ! Dans le Finistère encore, mais cela commence à se développer ailleurs, il existe maintenant des familles d’accueil de « personnes âgées » calquées sur ce qui existe pour les enfants de l’ASE (ex-Ddass). Là aussi, le succès est souvent au rendez-vous, les personnes prises en charge retrouvant une vie familiale, et les hôtes pouvant bénéficier de petites aides appréciables comme des gardes d’enfants ou des aides aux devoirs.

          Bonne nuit.


          • Surya Surya 10 octobre 2014 12:31

            Bonjour Fergus,


            En effet, j’ai fait ces derniers temps une pause sur Agoravox, n’ayant plus autant le temps qu’avant pour rédiger des articles. J’avais déjà fait une longue pause l’année dernière, qui a duré près d’un an, entre mars 2013 et janvier 2014 ! J’espère avoir plus de temps à l’avenir, ça me permettra d’ailleurs d’écrire des articles moins rapidement, un peu plus documentés que ceux que j’ai produits ces derniers temps.

            Il existe en effet plein de belles initiatives pour rapprocher les générations, chose qui se faisait de façon tout à fait naturelle autrefois, car les générations n’étaient pas séparées, donc on n’avait pas besoin d’organiser des activités pour les rapprocher. 

            Une autre bonne initiative est ces chambres que les personnes retraitées louent à des étudiants dans leur maison ou leur appartement, ça aide bien les étudiants désargentés, et les retraités sont ravis de cette présence chez eux. Sans parler du fait que ça peut les aider à arrondir des fins de mois difficiles, vu que les retraites ne sont pas, pour beaucoup de gens, très élevées.

            Merci de votre commentaire et très bon week end smiley

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