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Accueil du site > Actualités > Société > Situation d’un monde qui risque de basculer en 2015

Situation d’un monde qui risque de basculer en 2015

Le monde change. L’Histoire occidentale est parsemé d’évolutions, de périodes et d’ailleurs, sa doctrine moderne, partagé par la majorité, est le progrès. Cette notion est simple dans sa définition. Le progrès signifie que demain sera meilleur qu’aujourd’hui. Mais là où ça coince pour ainsi dire, du point de vue philosophique, c’est de déterminer ce qui est meilleur et ce qui est mauvais. Actuellement, les intellectuels et surtout les politiciens s’entendent sur la nécessité de faire des réformes tout en constatant que le changement des sociétés provient aussi des innovations techniques, des productions industrielles et des modifications des styles et caractères de vie choisies (ou subies) par les citoyens. Le mot d’ordre du réformisme, tout change, il faut accompagner et vouloir le changement, quitte à forcer le cours des choses. Personne n’aurait imaginé dans les années 1960 que des retraités aisés iraient s’isoler dans des camps retranchés voués à l’existence paisible ou bien que des citadins iraient habiter dans des villages construits par Disney pour se retrouver entre eux dans un environnement standardisé, sécurisé et coupé de la grande ville (source d’excitation mentale, de déracinement, d’angoisse selon Simmel). La décennie 2010 pourrait se placer dans le sillage de la précédente, assez différente des années foisonnantes et innovantes que furent les sixties et les seventies. La forte croissance des Trente Glorieuse a suscité une évolution sans précédent des modes de vie. Dans les pays de l’OCDE, la grande majorité des habitants ont accédé à un logement pourvu d’eau, de gaz, d’électricité, de sanitaires. Dans ces logements, des équipements électroménagers ont facilité les tâches du ménage. La télévision a ouvert les esprits sur le monde (puis les a fermés, merci TF1) Mais c’est l’automobile qui a marqué cette civilisation reposant sur une ressource essentielle et disputée, le pétrole.
 
Inutile d’énumérer les lieux communs sur l’émancipation de la jeunesse, la libération des mœurs, le souci des plaisirs, la volatilité des compagnonnages. La profusion de moyens a engendré également un glissement dans les positionnements politiques et les relations entre citoyens. Pour s’en convaincre, on peut suivre les transformations du système éducatif. Avant 1970, le modèle de l’excellence républicaine était un entonnoir duquel sortait peu d’élus mais de toutes origines et doté d’un bagage conséquent et certifié. La transition des années 70-90 s’est faite sur des bases pédagogiques nouvelles, élaborées par quelques intellectuels manipulateurs plutôt qu’éveilleurs, motivée par la massification de l’enseignement. L’entonnoir s’est élargi mais le bagage a perdu de sa valeur. Après 1990, la fascination pour les compétences, la maîtrise de soi, la culture du management, ont encore modifié les pratiques pédagogiques. L’entonnoir ne s’est pas assez élargi pour satisfaire une demande croissante. Du coup, l’éducation devient un parcours où chaque famille tente de placer au mieux ses rejetons, l’appui culturel étant renforcé par l’appui financier et les cours particuliers. L’excellence républicaine a été supplantée par l’élitisme social. L’argent, autant que la culture, façonne les parcours éducatifs des élèves, depuis le primaires jusqu’aux plus hauts niveaux de l’enseignement supérieur. La pression sociale dans l’entonnoir éducatif fait que jamais, les jeunes issus de famille pauvre, n’ont eu un accès aussi réduit à l’éducation supérieure (ces lignes ont été inspirées par une conférence d’Alain Planche) Cette évolution de l’éducation montre que dans une société moderne, non seulement les comportements individuels et privés évoluent, mais aussi les relations sociales, déterminées notamment par les moyens matériels. Les années 1990 ont vu également se déployer des tendances urbaines qui sans être inédites, sont devenues des signes d’époque. Par exemple, l’automobile chassée des centres-villes, l’engouement des municipalités pour le tramway, l’organisation généralisée de fêtes et autres manifestations et puis les lieux de la nuit. La ville bouge mais se veut aussi sécurisante. Les écarts de revenus ont engendré la tectonique des quartiers et des cités. Les gens se regroupent selon leur compte en banque. Ce processus est strictement parallèle à l’évolution du système éducatif qui voit les établissements se remplir en fonction des revenus des familles. La massification de l’école a accompagné la massification d’une culture qu’on appelle mainstream. Les pipoles et autres célébrités sont vénérées. L’industrie de l’émotion se porte bien. Les salles de ciné sont remplies, les DVD se vendent comme des petits pains. Enfin, les médias sont devenus une caisse de résonance émotive réagissant dès qu’un incident non ordinaire se produit.
 
Nous y voilà, en plein dans le schème issu des années 1990, marquées par le désir d’exciter contraint par la fadeur des normes. Décrire ces transformations nécessiterait des pages entières. On soulignera néanmoins l’avènement de la téléphonie mobile, d’Internet, ainsi que la globalisation de l’économie. Quant à la société occidentale, elle est traversée par le schème de la fracture sociale. En 1981, Mitterrand voulait changer la vie. C’était de l’ordre du possible mais les Socialistes n’ont fait qu’accompagner de leurs réformes le cours des choses alors qu’à la fin de son mandat, Mitterrand reconnaissait que tout avait été essayé contre le chômage, mais en vain. En 1995, Chirac voulait réduire la fracture sociale. C’était d’une nécessité républicaine évidente. Mais le cours des choses a accentué cette fracture sociale au-delà de toutes les prévisions. Adieu les vieux idéaux et les oripeaux d’une lutte des classes remplacée par une lutte des places (cf. propos précédent sur l’éducation). Bien qu’elle soit vécue différemment, la fracture sociale est présente dans tous les pays industrialisés. Les analystes allemands ont carrément évoqué une amputation sociale pour décrire l’évolution de la société germanique sous le mandat de Gerhard Schröder avec comme signe emblématique les lois Hartz, pires que notre RSA. Passons maintenant en 2010. La crise de la finance a produit un assèchement de la monnaie disponible pour l’économie réelle. Et donc, ce que les analystes nomment crise économique touche des sociétés déjà fissurées par les pratiques financières, ce qui aggrave la fracture sociale substantiellement. Les chiffres sont éloquents. Un quart des Français refuse ou reporte des soins pour des raisons financières, alors que le chômage et la précarité se stabilisent à un niveau dépassant ce qu’on a connu en 1993. Pour l’instant, la société semble tenir le choc. Cette résilience s’explique sans doute par l’abnégation, les solidarités familiales, les aides sociales, les combines, le travail non déclaré. La résilience sociale est une chose avérée mais elle est distribuée inégalement. La pression psychique a un impact dévastateur sur les sujets les plus fragiles. La rubrique des faits divers en atteste. Aux chiens écrasés s’ajoutent les gens assommés, voire gommés par l’existence, suicidés du système.
 
Revenons sur l’Histoire. La Modernité c’est la transformation généralisée. Les évolutions se font par petites touches, marquées par des découvertes, des innovations industrielles. Le jeu politique dévoile les conflits d’intérêts qui se terminent en guerre parfois. Les évolutions graduelles qu’on discerne à peine aboutissent en certaines occasions vers des états critiques si bien que l’abcès crève, déclenchant des crises dont la plus intense fut celle située entre 1932 et 1948. Le monde après la Guerre a été complètement transformé. Crise économique, effort de guerre, désastres et destructions massives sur les front européens et asiatiques. Au final des pays industrialisés laminés mais dont l’élan social et productiviste n’a pas été altéré si bien que dans un contexte mondial devenu bipolaire, la croissance est revenu avec comme nouveauté l’Etat providence. Ce dispositif étant appliqué dans tous les pays industrialisés avec des programmes spécifiques. En France, c’est le Conseil national de la résistance qui détermina les dispositions d’un nouveau deal social passé entre les citoyens et l’Etat. Des droits encadrés furent accordés à chacun. Un monde meilleur est arrivé mais il a accouché après la tragédie. En plus, l’héritage a mal été géré. L’Etat providence devenu Etat opulence pour les privilégiés qu’on ne nommera pas.
 
Cette mise en perspective conduit à interroger les années 2010. Bien évidemment elles sont très différentes des années 1940. Le nationalisme pathologique est pratiquement enterré. Les nations ne se font plus la guerre mais sont en concurrence. E. Todd a reproché à Sarkozy non pas d’agresser les autres nations mais de pourrir l’image de la France au point qu’elle perde des parts d’exportation sur le marché de la concurrence. Le niveau de vie est incomparablement plus élevé. Si un danger guette les pays, il vient de l’intérieur, de la crise sociale, des tensions entre communauté, des révoltes liées à la pauvreté. Les pays industrialisés se font concurrence mais plus la guerre. La menace terroriste est présente mais elle est largement surestimée. On dirait qu’elle tombe à point pour des Etats devant faire face aux frondes sociales. Pointer une menace extérieure est un outil moderne de gestion politique. Cela calme les masses avec la peur. Le mot adéquat n’est pas menace mais danger. En 1935, la France était menacée par l’Allemagne. La menace suppose qu’on sous-entende une chose qui soit la cause de cette menace. Un danger renvoie plutôt à quelque chose d’inattendu, d’invisible, d’incernable. Les sociétés sont en danger car elles sont fracturées. Alors qu’elles n’ont pas de perspective de croissance. Et que les ressources naturelles s’épuisent, le pétrole en premier. Le modèle ayant prévalu ces dernières décennies risque d’être en crise durable. Nul ne sait si la société tiendra et si oui, comment, par quel effort de résilience, au prix de quelles réformes ?
 
Le spectre de 2010 se réfléchit telle une image déformée dans le miroir de 1940. Car si les sociétés les plus avancées sont en danger, c’est depuis l’intérieur que viendra la menace. Ou alors le salut, pour reprendre une allégorie suggérée par une célèbre formule de Hölderlin. Alain Touraine a émis l’idée d’un silence des partis, intellectuels, syndicalistes, associatifs. Nous n’avons plus les mots et sommes privés de pensée a-t-il affirmé sur France Inter. Nous n’avons plus idées a-t-il ajouté, des idées pour inventer un monde d’après cette crise qui dure depuis trois décennies. Car une chose est certaine, on ne peut pas revenir en arrière, dans l’univers presque radieux des Trente glorieuses. Sans mots nouveaux, sans idées, point de salut a dit Touraine, car seuls les mots précis peuvent permettre de transmettre les réalités essentielles et la compréhension du monde. Je partage évidemment ce constant. Mais l’invocation des mots nouveaux ne suffit pas. Il faut une pensée profonde de la société et de l’individu pour inventer le monde d’après 2020. Et aussi des élites d’un genre nouveau. Affaire à suivre… Mais une question subsiste. Le monde actuel est-il gérable, viable, vivable, tenable ? Même question pour ce même monde mais en 2015, puis en 2020, si rien ne change. Autrement dit, quelle est la durée de fonctionnement de notre société en crise sociale ?
 

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23 réactions à cet article    


  • cathy30 cathy30 4 octobre 2010 10:51

    B Dugué
    et bien votre lame dit tout sur ce qu’il se passe. Le monde a changé, les plus de 40 ans ne s’y retrouvent pas. Vous semblez prendre les problèmes à l’envers. Il y a moins d’homogénéité dans les quartiers parce que les écarts économiques se creusent. Cela a toujours existé.
    bienvenue dans un monde où l’argent est roi, où tous les coups sont permis pour obtenir ce que l’on veut. Des périodes sombres, l’humanité en a connue des centaines, bon cette fois nous avons une technologie qui craint un peu pour l’extermination en grande masse. Comme nous l’a si bien expliqué Dati, inflation ou fellation ? et bien je crois que c’est la même chose, il faudra avaler, de gré ou de force.


    • Le chien qui danse 4 octobre 2010 11:34

      Merci pour ce billet, les trente glorieuses n’ont durée que trente ans par définition. Nous n’acceptons que difficilement apparemment des élans d’évolution que nous récoltons après les crises.
      C’est comme les personnes, il n’y a qui seulement en état de crise se sentent vivre, le bonheur, la liberté ne sont pour beaucoup que des sentiments, des aspirations qui n’existent que par contraste avec la réalité de crise, ceci explique (peut-être) cela. 
      Les gouvernements font la même chose, il ont compris qu’ils ne sont indispensable que dans l’état de crise. En dehors de cela nos n’aurions nullement besoin d’eux, ou tout au plus en tant que gestionnaire du fait public décidé par les peuples vraiment vivant.
      Alors comme le disait le titre d’un livre d’il y a quelques années « Vive la crise » ou « la crise c’est la vie », mais bon problème, on se fatigue, s’essouffle, rend le monde invivable et insupportable voire même qu’une pointe d’autodestruction commence à surgir, ça sent le roussi.
      Alors comme vous le dites, quel sera le cataclysme qui permettra de déboucher sur une reconstruction, 2012 les mayas..., fin du pétrole, chute de l’impérialisme financier, réchauffement climatique, insurrection et guerre civile, tout ça en même temps peut-être la totale quoi !
      Ca nous met dans une position d’attente, dans l’incapacité d’investir dans l’avenir, faute de projection viable et vivable.
      Une reprise en main de la situation par la base, celle qui subit le plus devrait être l’idée émergente, après plusieurs siècles d’évolution technologique et politique en fer de lance, faut rééquilibrer en en faisant profiter tout le monde.
      A l’ingénierie technique, faudra intégrer l’ingénierie sociale et politique. C’est le seul point qui reste positif chez l’homme actuellement, sa capacité d’invention, suffit de trouver les bons prétextes. Je me dis qu’on va les trouver, mais beaucoup grinceront des dents comme disait l’autre et pour le moment ça résiste. La digue finira par lâcher, mais a quel prix là et la question.

      Merci Bernard, vos billet permettent de traverser à « gué » les torrents de boue que nous ne cessons de déverser sur ce paradis que nous habitons.


      • goc goc 4 octobre 2010 12:38

        @ Mr Dugué

        très bon article, avec une excellente analyse
        pour ma part, j’irais au plus simple
        si on veut comprendre l’évolution de nos sociétés depuis la fin des 30 glorieuses, il suffit de voir l’évolution de nos salaires avec des produits courants. Par exemple

        il est indéniable que les salaires n’ont pratiquement pas bougé ( en dehors du smic)
        or
        1 - les loyers ont plus que doublé
        2 - la voiture et surtout le carburant ont aussi plus que doublé
        3 - le poste de télévision a été divisé par 4 (et le nombre de chaine multiplié par 100)
        4 - le voyage en avion a tellement baissé qu’aujourd’hui ça coute moins cher de faire Paris-Marseille par avion que par train (et je ne parle pas de la voiture)
        5 - chaque ménage dépense environ 100 euros/mois de technologie nouvelle (internet, gsm,etc.. (ce qui fait 100euros de moins pour vivre qu’auparavant)

        alors quand on voit ces évolutions on a un aperçu des « priorités » que nous donnons à notre mode de vie
        Quand à la façon dont tout cela va évoluer, il est clair que nous allons vers un appauvrissement encore plus important. Mais on peut faire confiance à nos gouvernants pour nous endormir et nous faire croire qu’on vit de mieux en mieux.
        Mais tout cela aura forcement une fin, ne serait-ce que le jour (très proche) ou nous n’auront plus assez d’argent pour faire tourner notre économie (et donc nos salaires) et nous partirons dans une spirale infernale, celle qui amène les gens à devenir des sdf, mais là ce sera tout le pays qui sera sdf.

        La solution existe, il suffit d’arrêter de donner la priorité au capital et redistribuer les richesses d’une entreprise de façon plus équitable entre actionnaires et travailleurs


        • asterix asterix 4 octobre 2010 14:30

          Je crois que ce sera pire que cela, cher Monsieur. Nous risquons plutôt les émeutes de la faim dans les grandes villes.


        • Vipère Vipère 4 octobre 2010 15:39

          A Goc

          Votre constat est juste !
          Les loyers ont doublé alors que les salaires n’ont pas progressé proportionnellement, à l’instar des discours d’économistes qui prétendent le contraire.

          Il est plus rentable de faire fructifier ses capitaux que de se lever tôt pour aller travailler.
          Ce qui fait la part belle aux capitalistes, qui non seulement n’investissent plus à un niveau national mais délocalisent l’outil de travail pour payer encore moins de charges salariales et capitaliser plus.


        • jmcn 4 octobre 2010 22:55

          Malraux disait, le 21ème siècle sera spirituel ou ne sera pas.

          Il nous faut nous dégager des considérations matérialistes, du pouvoir d’achat, toutes ces conneries.

          Ce qui est important c’est la qualité des êtres humains que notre se société se donne de créer pour elle-même. En fait, il n’y a que cela. Prenons-en collectivement conscience et tout ira mieux.


        • fonzibrain fonzibrain 4 octobre 2010 13:48

          La Grèce surendettée reçoit le soutien intéressé de la Chine

          Pékin s’est engagé samedi 2 octobre à soutenir Athènes dans ses emprunts futurs. Un geste intéressé : la Chine veut faire de la Grèce sa porte d’entrée vers le marché européen et dans les Balkans. Au premier jour de sa tournée européenne, le Premier ministre chinois Wen Jiabao a signé deux accords-cadres, un contrat de construction de navires et un autre destiné à doper les investissements chinois en Grèce. En pleine cure d’austérité, Athènes est avide de capitaux étrangers pour renflouer ses caisses.

          La Chine fait confiance à la Grèce et elle veut la soutenir. C’est du moins ce qu’avait fait entendre son Premier ministre dans son allocution devant la presse à Athènes. Wen Jiabao a promis que la Chine achètera les emprunts grecs à long terme pour aider le pays à revenir sur les marchés.

          Donc pas de doute côté chinois, quant à la sortie du surendettement de la Grèce, alors qu’on entendait beaucoup, ces derniers mois, qu’une restructuration de la dette grecque pouvait arriver. Le Premier ministre chinois a par ailleurs annoncé la création d’un fonds cinq milliards de dollars pour que la Grèce puisse acheter des bateaux chinois. Evidemment Pékin est bien intéressé dans l’histoire. Six bateaux vont être construits par les chantiers navals chinois pour les armateurs grecs.

          Et puis cette rencontre au sommet a été l’occasion de signer deux accords-cadres sur les investissements chinois en Grèce et sur les échanges culturels entre les deux pays.

          On n’a pas beaucoup plus de détails sur ces accords, aucun chiffre n’a été donné, mais l’idée c’est, bien sûr d’accélérer les investissements chinois en Grèce. Sachant que les entreprises chinoises ont déjà commencé à s’implanter.

          Depuis l’an dernier, plus de la moitié du port du Pirée, le principal port du pays, est géré par le géant maritime chinois Cosco (China Ocean Shipping Company).
          rfi

          Bon, c’est un truc de dingue, la Chine a des centaines de faux milliards de dollars dont elle ne sait quoi faire, ils sont en train de tout acheter, vlad nous disait qu’en Californie les chinois achetent énormément d’immobilier, d’un point de vue géostratégique, ce qui se passe est tout bonnement magnifique, rarement le monde n’a connu de telles periodes si riches, avec des boulerversements si important, c’est presque beau. C’est une analyse possible de la situation avec beaucoup de détachement, mais dans la réalité c’est extrémement grave.
          Vous vous rendez compte du délire, la Chine est en train d’annexer économique la Grèce, la Chine va acheter les obligations grecques à long terme, elle va lui préter 5 milliards de dollars pour qu’en suite la Grèce achète des bateaux chinois et possède pl us de la motié du port du Pirée.
          C’est comme si la Chine subventionnait le développement d’une région chinoise….
          Nos dirigeants nous ont vendu, des nations entières vendues au plus offrant.


          • samir 4 octobre 2010 14:17

            @fonzi

            surtout qu’il me semble que la Grece possede la plus grande flotte civile du monde avec 16% des bateaux

            les Chinois ne frappent pas au hasard


          • Vipère Vipère 4 octobre 2010 15:13

            Des faux dollars ? Fonzibrain pouvez-vous développer .


          • goc goc 4 octobre 2010 16:13

            il y a aussi un autre point important pour la chine, c’est celui d’assurer ses échanges commerciaux acheminés par bateaux, que ce soit les matières premières (pétrole, coton, fer, etc.. venant d’Afrique) ou les produits finis fabriqués en Chine. Ils savent que les américains ont un contrôle hégémonique sur le transport maritime, et donc ils ne veulent pas être dépendant des usa.

            quand aux « faux dollars », je pense que fonzi veut parler des bons du trésor américain qui pourraient bien devenir du « bon russe » en cas de crash. D’ailleurs je pense qu’ils n’ont tellement plus confiance dans le billet vert qu’ils cherchent a s’en débarrasser, d’où ces achats massifs


          • samir 4 octobre 2010 16:17

            oui tout a fait Goc il achetent en masse avec leurs dollars

            il ne s’agit aps de faux dollars mais de monnaie de singe : une monnaie maintenue sous pêrfusion depuis les années 90


          • Emmanuel Aguéra LeManu 4 octobre 2010 16:35

            Hello Fonzi,
            « ... La Chine fait confiance à la Grèce et elle veut la soutenir... »
            En sommes-nous vraiment surs ? Il me semble même que c’est précisément parcequ’elle n’a pas confiance dans la Grèce qu’elle se rue dessus... En d’autres termes, ce n’est pas un saint-bernard qui se radine, mais bien un vautour... et un vautour modèle long-terme.
            Patience, notre tour viendra.
            PS ; j’attends toujours l’invasion militaires des paradis fiscaux. Mais ça n’a rien à voir, A12C4.


          • ffi ffi 4 octobre 2010 18:27

            @Vipère,
            Il semblerait que la Chine possède une quantité énorme de dollars : les USA ayant sabordé toutes leurs industries de base, ils ne produisent plus grand-chose par eux-mêmes et importent en masse de Chine. Mais ces importations se font à crédit, par émission unilatérale de dollars, qui se retrouvent en Chine.

            Le dollars est-il faux ? Il reste la monnaie mondiale, ce qui en fait une force, surtout que le pétrole Brut ne peut s’acheter qu’en dollars. Mais comme les niveaux délirants de son émission sont sans aucune contrepartie réelle, au regard des capacités de l’économie intérieure des USA, cette monnaie est très fragile.


          • Vipère Vipère 4 octobre 2010 15:04

            Bonjour à tous et à Bernard DUGUE

            Au cas où cela aurait échappé à certains, le monde a déjà basculé.

            Des trente glorieuses à aujourd’hui, le monde a basculé progressivement de la prospérité vers la paupérisation de masse.

            Naguère, on était marginalement clochard et à la rue « par choix » et rejet de la société, de ses codes et de ses lois.

            Aujourd’hui, on est SDF parce que la société ne vous intègre pas et vous rejette sans la moindre compassion.


            • aberlainnard 4 octobre 2010 15:06

              Voilà un tableau bien sombre de l’état du monde. Et pourtant, il faut bien se rendre à l’évidence ; il n’y a là ni catastrophisme, ni pessimisme mais un simple constat. Le XXème siècle n’a pas non plus été un long fleuve tranquille pour autant ; deux guerres mondiales et des dérives monstrueuses et tragiques de dictatures se réclamant d’une philosophie communiste mal comprise n’en font pas une époque historique très glorieuse ni un modèle de civilisation. Pourtant ce dernier siècle nous a fait connaître, en occident du moins, une croissance économique et des progrès sociaux sans précédent dans l’histoire de l’humanité, avant que le cours des choses ne s’inverse sans espoir d’amélioration avant longtemps.

              Plutôt qu’analyser les causes multiples et complexes de cette décadence, nous pourrions nous interroger sur les raisons qui sont à l’origine la montée en puissance, extrêmement rapide d’un point de vue historique, de notre confort matériel et de la protection sociale dont nous jouissons encore provisoirement.

              Quelle est la différence la plus remarquable qui sépare la société préindustrielle de celle d’aujourd’hui et qui a rendu possible cette progression jusqu’à ce jour ? Et si tout reposait sur l’utilisation croissante d’une énergie toujours plus abondante à un prix qui n’a fait que décroître par rapport au coût horaire du travail humain ?

              Les sources d’énergie dont l’homme disposait étaient limitées à l’énergie musculaire humaine ou animale, à l’énergie éolienne capricieuse ou hydraulique pour moudre son grain, pour l’irrigation et quelques autres applications mécaniques limitées. Sans la machine à vapeur qui a permis un premier décollage industriel et le moteur à combustion interne qui l’a supplantée par la suite, l’homme n’aurait jamais pu se libérer du temps qui le retenait aux champs pour se nourrir. Puis est venue l’énergie électrique, grâce au charbon qui reste l’énergie primaire dominante utilisée dans le monde pour la produire.

              Ces nouvelles énergies ont généré des gains de productivité et de temps créant un surplus de richesse individuelle et collective sans précédent qui a rendu possible l’instauration des systèmes de prévoyance et de protection sociale (privés ou d’État), le développement du secteur tertiaire de services, de santé et la civilisation des loisirs. Elles sont aussi à l’origine du développement considérable du transport et des échanges internationaux, en volume et en rapidité. Sans ces énergies, nous aurions dû nous passer des chaînes de froid qui préservent et conservent nos aliments tout au long de leur périple depuis leur production jusqu’à leur consommation.

              Imaginez ce que deviendrait notre société sans ces énergies abondantes.

              Il se trouve que la crise financière est venue briser cette belle machine basée sur la croissance. Mais elle ne fait que masquer, pour un temps, une réalité que nous oublions. Le fonctionnement de notre société repose essentiellement sur des ressources énergétiques non renouvelables : le charbon et le pétrole. Que nous parvenions à nous sortir de cette crise économique et nous nous retrouverions devant cet autre défi bien plus problématique encore.

               


              • Taverne Taverne 4 octobre 2010 16:16

                Salut Bernard !

                Je vois que vous ne prenez toujours pas vos antidépresseurs ou toute autre médication que l’on administre aux personnes broyées par le système pour qu’elles cessent de lutter contre celui-ci (et surtout pour qu’elles ne finissent pas par se suicider). Je vais commenter un peu avec humour :

                - « La télévision a ouvert les esprits sur le monde (puis les a fermés, merci TF1) » J’ajoute : "Internet a ouvert les esprits sur le monde (puis les les a fermés, merci Facebook )

                - Education : L’entonnoir s’est élargi mais le bagage a perdu de sa valeur. Aujourd’hui, l’entonnoir, on le porte sur la tête.

                - Les DVD se vendent comme des petits pains : Dire qu’il y en a encore qui achètent des DVD ou des CD au lieu de les pirater. Voler sans se faire prendre, l’exemple vient d’en-haut.

                - lois Hartz, pires que notre RSA : On n’aurait pas eu ce retour de boomerang si on n’avait été si généreux et si laxiste avec le RMI pour lequel tout était admis comme action d’insertion y compris le fait de se gratter le nez...L’allocation de RMI était devenue un droit imprescriptible !


                • Emmanuel Aguéra LeManu 4 octobre 2010 16:46

                  « TF1 = Facebook »... Là, la Taverne, t’y va fort.
                  Je ne crois pas que les internautes qui limitent l’usage d’Internet à FB ou autre deuxième vie soient la majorité, loin s’en faut, et heureusement. A l’inverse, tout téléscpectateur de TF1 me semble prouver par définition ses limites intellectuelles (à moins d’étude sociologique ou même ethnologique...).

                  Par contre je vois certainement moins de danger dans le fait de réduire l’internet à FB que dans celui de le dénigrer un peu trop cavalièrement...

                  Cool Raoul.


                • clostra 4 octobre 2010 17:33

                  Il y aura du changement. Nous cultiverons nos patates sur les façades et le blé poussera sur certains de nos toits. Sur d’autres des poules et poulets, des chèvres...
                  Et puis il y aura la décroissance ce qui sera nouveau.
                  Allez Dugué Vive la rose et le lilas !
                  La France ?
                  On dit qu’elle est malade
                  Dugué vive la rose
                  On dit qu’elle est malade
                  Peut-être qu’elle en mourra
                  Vive la rose et le lilas


                  • NeverMore 4 octobre 2010 20:20

                    Le monde a déjà basculé ; et il basculerait à nouveau en 2015 ?

                    Si l’auteur n’a rien vu que peut t’il prévoir ?


                    • moebius 4 octobre 2010 21:15

                       je m’en fou de 2015 et du basculement du monde mais je profite ici de cette tribune qui m’est offerte, merci monsieur Dugué pour poser une question d’ordre métaphysique trés profonde surtout quand se la pose .... la voici : c’était mieux avant, quand on été pas né ou ce sera mieux plus tard quand on sera mort ?


                      • moebius 4 octobre 2010 21:21

                        pardon on « était ».... mais tout est là, tout changement est relatif mais par rapport à un pré-supossé absolu et donc idéologique ou imaginaire qui nous est extérieur..une croyance


                        • moebius 4 octobre 2010 21:24

                          moi personellement étant croyant je partage le point de vue euphorique et si je ne l’était pas je pencherait pour le point de vue dysphorique mais ce n’est pas le cas vue que je viens de gagner une trés grosse somme au loto


                          • moebius 4 octobre 2010 21:28

                            ..je ne sais pas moi quoi vous dire, hommes du ressentiment..bruler donc des cierges, prier, raler, peter, faites la révolution, achetez un i pod.....je ne sais pas

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