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Accueil du site > Actualités > Société > Sortir du fétichisme de l’argent

Sortir du fétichisme de l’argent

Molière dans sa pièce « L’avare » mettait en scène le rapport excessif et maladif que peut avoir un homme avec le goût de la thésaurisation. A notre époque, dans nos sociétés occidentales, notre rapport à l’argent paraît fétichiste comme jamais. L’argent du football, des vedettes du cinéma ou de la chanson, celui des multinationales et des gros actionnaires, les cagnottes du Loto, la fascination pour le compteur du Téléthon... Qu’en diront les historiens de demain ?

La dérive fétichiste

Parmi les individus les plus pauvres, certains ont un rapport fétichiste avec l’objet de consommation, quel que soit son mode d’appropriation, par achat ou par voie illégale. Ces consommateurs, au niveau culturel faible, ont une relation très primaire avec le produit de consommation. Leur avidité en fait des fétichistes d’objets de consommation. Dans les banlieues, ces objets de consommation sont davantage extériorisés (chaussures et vêtements de marques, voitures de grosse cylindrée, portables dernier cri, etc.) que tournés vers la sphère privée. Logement et mobilier sont négligés. L’apparence dans la rue ou à l’école compte davantage. Peut-être cette tendance s’est-elle amplifiée sous l’effet de l’intégration des populations d’Afrique du Nord.

Chez les individus les plus riches, il y a un fétichisme de l’argent : la course au profit n’a plus pour but l’accroissement du niveau de vie, mais devient un jeu dans lequel aucune limite n’est posée : accumuler les fortunes le plus astronomiques possible, exiger des revenus croissant de manière exponentielle, les stocks options, les parachutes dorés de PDG... Les très riches jouent avec l’argent à la Bourse, ne savent plus qu’en faire, le risquent au poker ou dans d’autres formes de jeu, rachètent même leurs propres actions, selon Arlette Laguiller.

Dans les deux cas de fétichisme, l’individu a abdiqué une part de son libre-arbitre et de son bon sens pour opérer une sorte de déification de l’objet de son fétichisme. D’une certaine façon, on peut dire aussi que le ludique et le virtuel ont pris le dessus, avec à la clé beaucoup de violence, ce fétichisme prenant la forme d’agressivité. Vols et rackets dans les banlieues et les écoles.

Les victimes de ce fétichisme sont les classes moyennes

D’abord, parce que les populations qui subissent la ségrégation par l’habitat, l’emploi, la médiatisation et les discriminations, poussées par des pulsions très agressives car frustrées dans leur désir de consommation de biens et de modes de vie supérieurs, se déchaînent à travers des actes graves : destruction des symboles de la société de consommation (voitures, vitrines) et de symboles de leur univers fermé et sans espoir (mobilier urbain, maisons pour tous, écoles, autobus).

Ensuite, parce que la minorité des gens les plus riches nuit aux classes moyennes en rompant tout lien entre profit et sens des valeurs (travail, intérêt général, utilité réelle de cet argent accumulé). En s’accaparant de plus en plus d’argent, elle provoque une régression du pouvoir d’achat des classes moyennes. Galbraith, dans L’ère de l’opulence, avançait l’idée que la croissance -y compris celle du profit- se justifie par le fait qu’elle entraîne un effet de démocratisation d’ensemble à long terme. Cette thèse a été complétée par celle du rattrapage tirée des idées d’Engels. (En gros les classes moyennes finissent par accéder aux biens qui leur sont dans un premier temps inaccessibles). On ne peut plus justifier aujourd’hui la course astronomique au profit par cet argument. La course à l’accumulation de biens se poursuit sans limites et sans la satisfaction espérée autrefois. Pire, les inégalités se développent.

Le consumériste fétichisme n’est-il pas responsable de ce fait ? N’est-ce pas notre rapport à l’argent, au profit, et à l’appropriation, qui doit être repensé dans le cadre d’une économie plus juste, au sens du développement durable ?


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29 réactions à cet article    


  • miaou (---.---.169.199) 14 décembre 2006 13:25

    Il y a un côté très catholique dans cet article (ne vous braquez pas, ce n’est pas une insulte...).

    Sur le fond, vous avez raison ; mais, devant la négation des autres valeurs (quelles que’elles soient), il est naturel que les individus se rabattent sur l’argent et la société de consommation. Là encore, c’est une occasion de citer René Girard et le mimétisme (entre voisins, entre classes sociales différentes...) qui fait naître le désir.


    • Bill Bill 14 décembre 2006 13:36

      Ouh ! Miaou, quel fameux commentaire ! « On ne peut servir Dieu et Mammon ! » Et je suis parfaitement d’accord avec vous.

      Merci la Taverne de citer Molière ! Molière nous manque dans cette soviété et à tous les niveaux. Dans la pièce que j’affectionne tout particulièrement, « L’école des Femmes » également, sur le droit des femmes. Un petit lien ci-dessous, avec toutes les pièces de Molière.

      http://www.toutmoliere.net/oeuvres/index.html

      Bien à vous

      Bill


      • LE CHAT LE CHAT 14 décembre 2006 16:59

        C’est vrai ce que tu dis actias , ce n’est pas bien de montrer du doigt une catégorie de personnes qui ont l’argent comme religion , c’est du pur fascisme .

        TAVERNE , bienvenue au club !

        que tout le monde adopte le mode de vie des sadus et y’en aura pour tout le monde !


      • pingouin perplexe (---.---.93.45) 14 décembre 2006 14:29

        L’article est intéressant, et je souscris à votre conclusion, mais il me semble que votre hypothèse relative à l’intégration n’est pas fondée. La relation à la consommation que vous évoquez désigne à mon avis un phénomène qui n’est pas nouveau dans les sociétés occidentales, toutes communautés confondues. La question à poser est à mon avis la suivante : comment mettre en perspective la possibilité d’une attitude quelque peu sensée par rapport à la consommation ?


        • Marie Pierre (---.---.167.182) 14 décembre 2006 14:35

          Bonjour Taverne,

          Et je renvoie aussi à l’article très intéressant de Michel Monette


          • seb59 (---.---.180.194) 14 décembre 2006 15:47

            « quel que soit son mode d’appropriation, par achat ou par voie illégale »

            « Ces consommateurs, au niveau culturel faible, ont une relation très primaire avec le produit de consommation »

            « Leur avidité en fait des fétichistes d’objets de consommation »

            Eh bien !, je suis tres etonné de voir ce genre de propos venant de la taverne. D’habitude votre style est plus policé envers les indijeunes ! Comme quoi...

            Je trouve votre raisonnement un peu rapide. Y a t’il vraiment des « fetichistes d’objets de consommations » ?

            Ne croyez vous pas que l’appropriation de tels objets tient plus d’une tentative de mimétisme social, en cherchant à paraitre comme membre d’une autre classe, qu’à une reelle boulemie d’achat ?

            La responsabilité des riches et des puissants sur le reste de la population n’est pas nouvelle. Ceci a eu lieu de tout temps : nobles/marchands/paysans, riches/bourgeois/ouvriers ... Nous sommes malheureusement dans une société capitaliste et le systeme communiste n’a pas marché, car la richesse revient toujours aux plus puissants.

            Donc à moins de reprendre à zero les bases de notre société (l’argent etant necessaire pour vivre, il convient d’en avoir le plus possible), et à trouver des hommes politiques humanistes et honnetes, sortir du fetichisme de l’argent n’est pas pour demain.


            • miaou (---.---.169.199) 14 décembre 2006 16:50

              « Ne croyez vous pas que l’appropriation de tels objets tient plus d’une tentative de mimétisme social »

              Mais ce fait est déjà extrêmement sérieux en soi, comme l’a fort bien théoricisé René Girard : du mimétisme naît le désir : le fait de vouloir ressembler à, de copier son modèle plus ou moins avoué (ici les classes sociales plus élevées), est plus important que la possession de l’objet en lui-même (qui peut même être purement symbolique : il peut s’agir d’un style vestimentaire, d’un comportement donné...)

              Dans le cadre d’une « médiation interne » (ce qui est fréquemment le cas dans nos société revendiquant l’égalité), on peut s’emparer (éventuellement symboliquement) de l’objet désiré en présence même de ce modèle. Il y alors rétorsion de ce dernier : focalisation exacerbée sur l’objet en question ou, au contraire, intérêt déclaré sur un autre objet (dans le but de se démarquer à nouveau), ce qui amène à nouveau l’autre partie à le convoiter. En tout cas, cela peut entraîner un effet « boule de neige » du désir, puis de la violence. Dans les cas les plus graves, on aboutit à l’implosion, à la guerre civile. Jusqu’à ce qu’un bouc émissaire, plus ou moins aléatoirement choisi ressoude l’unité du groupe par son sacrifice. C’est l’origine des religions archaïques, qui ritualisent le souvenir du sacrifice en question. Mais, dans les sociétés évolués, il existe d’autres mécanismes de contrôle de ce déferlement : religions évoluées qui soient, tentent de supprimer ou limiter le désir (bouddhisme), ou qui révèlent l’innocence de la victime traitée en bouc émissaire (christianisme), ou encore l’institution judiciaire. Devant l’absence ou l’affaiblissement de tels garde-fou, tout devient possible.


            • seb59 (---.---.180.194) 14 décembre 2006 17:12

              « Devant l’absence ou l’affaiblissement de tels garde-fou, tout devient possible. » En effet, ce vers quoi notre société tend actuellement à mon avis, avec la perte de l’autorité judiciaire.

              Je propose qu’on passe au plan B, le sacrifice humain smiley


            • pingouin perplexe (---.---.93.45) 14 décembre 2006 18:28

              A miaou Un garde-fou s’appelle une institution symbolique. Les formes historiques sont multiples, mais je ne connais pas de civilisation qui en ait fait l’économie.


            • axion (---.---.174.250) 14 décembre 2006 16:03

              La france, ancienne nation catholique, à des rapports incestueux avec l’argent.

              Voyez le bon anglo-saxon, qui travaille dur en gagnant bcp d’argent jusqu’à 40 ans, et qui s’achète ensuite une maison en France pour bien passer le reste de sa vie.

              Lui, il a tout compris.

              Les français chicanent, réclament, grognent, veulent plus en faisant moins, et finissent par travailler jusqu’à 65 ans, ou a faire partie d’une minable élite de priviligiés qui gagnent peu mais ne travaillent que jusqu’à 50 ans avec une retraite dorée, tout en continuant à ruminer, et à grogner, vu que en France, quand on grogne, on gagne plus d’argent.

              Génération pas content !

              Axion


              • Matthao (---.---.117.178) 14 décembre 2006 16:42

                C’est un article à résonance biblique : le veau d’or. Quand l’humanité se détourne de la transcendance ou de valeurs plus élevées que celles prônées par l’homo politicus actuel, elle adore ou idolâtre son ventre. La religion contemporaine est bien celle du consumérisme et de l’« avoir » éphémère plutôt que l’« être »...


                • Marsupilami Marsupilami 14 décembre 2006 16:54

                  @ Mattheo

                  J’allais écrire à peu près la même chose que toi, moins le référence biblique. J’en profite pour faire un lien vers la simplicité volontaire (merci Michel Monette !).


                • panama (---.---.198.59) 14 décembre 2006 16:52

                  Vous avez tout faux selon moi. Votre différenciation sur le comportement des classes moyennes / classes riches ne tient pas debout :

                  - les riches veulent être encore plus riches pour dépenser encore plus : jet privé, maison à Hollywood, bijoux, bateaux etc.

                  - les classes moyennes investissent leur argent en bourse par exemple, sans chercher à le dépenser mais à le placer de plus en plus. Elles participent également de ce fait au système capitalisme ultralibéral.

                  Aujourd’hui, il est communément que le bonheur se mesure aussi (j’ai bien dit : aussi) en capacité à consommer frénétiquement. Mais il reste des valeurs fondamentales qui perdurent : la famille (les familles se défont mais se recomposent également, la culture (il ne s’est jamais autant vendu de lives), la liberté d’expression (sur internet en particulier), et même la charité (Téléthon, etc.)

                  Sans compter la politique, qui n’a jamais autant provoqué autant de commentaires, ce qui prouve bien que les gens s’intéressent à leur avenir en tant que communauté.


                  • seb59 (---.---.180.194) 14 décembre 2006 17:18

                    @ panama

                    Demande à quelqu’un s’il prefere de l’argent ou aider le telethon, la politique, la liberté d’expression , l’internet.

                    L’argent sort grand vainqueur !


                  • (---.---.198.59) 15 décembre 2006 10:14

                    @ Seb 59 : je pensais la même chose que toi. Mais l’ampleur de certaines campagnes de dons : Tsunami, Téléthon m’a fait changer d’avis.


                  • Le Panda Le Panda 14 décembre 2006 18:25

                    @ La Tavernez des Poètes

                    Evidemment, rien ne peut détronner l’argent pour le pouvoir qu’il procure, pas forcement pour les jouissances qu’il apporte...Car faut-il mieux mourir riche ou pauvre, cela n’est qu’un clin d’oeil, tant je me sens preneur de l’article qui dit bien le fond que reprend (Michel Monette)

                    Merci à tous deux.

                    Le Panda

                    Patrick Juan.


                    • Raph (---.---.5.110) 14 décembre 2006 19:30

                      Excellent article, et c’est quand même révélateur de les pertes d’objectif de développement moral. L’Avoir à pris le pas sur l’Être. (citant plus ou moins le bel édito de N. Hulot dans le Nouvel Obs de ce mois-ci)

                      Rien ne peux échapper à l’argent. Conséquence directe : TOUT (naissance, nourriture, transport, habitat, culture, amour, mort) se monnaie. L’argent pouvant tout acheter, l’argent étant nécessaire pour vivre, le raccourci est vite fait de croire que le bonheur s’évalue à la quantité d’argent accumulée. Du moins certains le croient tant qu’ils sont pauvres qu’ils croient que leurs enfants s’en sortiront mieux qu’eux. Le pouvoir d’achat diminuant, l’argent se fait encore plus nécessaire, le matérialisme en sort renforcé et les humains un peu plus alliénés. (Mais le travail libère (dixit Sarkozy)... certains résidents temporaires d’Auschwitz-Birkenaud se l’ont aussi entendu dire)

                      Il est fou de voir que le monde n’a jamais eu un tel potentiel de s’affranchir de la monnaie (quasi-gratuité des moyens de communication, surproduction de nourriture, moyens de transport propres et économiques) mais que le coût de la vie n’a jamais été aussi élevé. Anecdote : 1 minute d’appel (sur portable) en Inde coûte 1 roupie 1€ = ¢ 59 roupies (Oups, ça se justifie surement grâce à la merveilleuse notion de « retour sur investissement », no comment)

                      Je suis à deux doigts de penser que le capitalisme ne produit pas de richesses mais les pompe. La seule richesse étant l’homme, le capitalisme se déplace utilisant les ouvriers du monde comme à l’époque du commerce triangulaire, pendant que des fortunes s’amassent dans les 104 paradis fiscaux.

                      On a au moins autant choisi le capitalisme que les russes le communisme en 1917. Par contre, on y participe tous plus ou moins quand on porte la casquette de consommateur. Et ça continuera tant que nous seront près a perdre liberté et humanité pour gagner la possession matériel (hum .... le luxe ?) à défaut d’ouverture intellectuelle (oserais-je spirituelle ?). Nous ne sommes qu’à moitié coupable de notre lacheté, les autres sont les gouvernements qui agissent pour cette doctrine. Qui a dit que le capitalisme n’est pas un système idéologique ???

                      De toute façon nous n’aurons pas le temps d’être tous pauvres, la planète devenant inhospitalière sera peut être la cause commune qui nous demandera de se serrer la ceinture pendant que ceux a qui a profité le capitalisme (oui, ceux qui font travailler leur argent en bourse plutôt que leurs petite mains sur la chaine de montage (ou le clavier, ou autre)) rigoleront de voir les « pauvres » prendre sur eux pour sauver un monde (ou un système de gouvernance par l’argent) que la plupart ne regretteraient pas.

                      Tout le monde payera, sauf ceux qui auront les MOYENS d’y échapper. J’ai peur qu’on n’ai même pas l’occasion de pouvoir juger les industriels irresponsable (euh,si, responsable du profit des actionnaires) de crime contre l’humanité (au moins ceux des années 1980-2020 qui étaient loin d’ignorer les conséquences financières et environnementales de leurs actes).

                      Désolé pour le long commentaire qui casse la mise en page, mais un bon article stimule l’écriture. Je rêverais bien d’un Nuremberg avec Renaud, Exxon, ... au banc des accusés ... mais c’est un rêve, et de plus le crime étant déjà commis. On aurait simplement quelques boucs émissaires révélateur de pulsions humaines poussées à leur paroxysme à l’aide d’un outil : la monnaie :)


                      • La Taverne des Poètes 15 décembre 2006 08:17

                        A Raph : Non, non ! Votyre article ne « casse pas la mise en page ». Vos réflexions sont intéresssantes.

                        Ainsi, par exemple, « L’Avoir à pris le pas sur l’Être.(citant plus ou moins le bel édito de N. Hulot dans le Nouvel Obs de ce mois-ci) » :

                        Je dirai qu’il faut procurer et enseigner le bien-être mais aussi une sorte de « bien-avoir » car l’art de bien désirer, acquérir et posséder ainsi que notre rapport à l’argent font ce « bien-avoir » qui influe considérablement sur notre bien-être.

                        Vous aurez remarqué que j’ai écrit que « dispenser » le bien-être (rôle de la famille, de l’Etat, ou du consumérisme) ne suffit pas et qu’il faut aussi l’« enseigner »... Vaste débat.


                      • ZEN (---.---.41.32) 14 décembre 2006 20:34

                        Je ne peux m’étendre, car je suis en déplacement.

                        Sujet passionnant.L’article est symptomatique d’une approche morale et religieuse du problème, comme il a été noté plus haut.Il faut remettre dans le contexte socio-historique la question de l’argent, de sa naissance, de son développement, de sa transformation de simple moyen d’échange en fin en soi fétichisée,voire en objet névrotique.La meilleure leçon me semble être celle de Marx, dans le Capital,analyse indépassable (théorie de la valeur)...


                        • La Taverne des Poètes 15 décembre 2006 08:09

                          Vous savez, Zen, je n’ai voulu que faire un article, pas réécrire l’oeuvre de Marx ! smiley


                        • ZEN (---.---.41.32) 15 décembre 2006 09:15

                          @La Taverne

                          Bien sûr,ce n’était pas une critique, mais seulement pour faire remarquer que notre conception de l’argent est trés historiquement marquée, si l’on ne prend prend pas le recul anthropologique et historique qui était celui de Marx ou même de Ricardo.Par ex.les métaux précieux ne pouvaient être l’objet de spéculation dans certaines sociétés.

                          D’autre part, la notion de f&tichisme a chez Marx un sens particulier, qui ne rejoind pas celui de Freud:par cette notion, il signale seulement que l’argent, quelle que soit sa forme, occulte, dans son usage social et ses représentations, la valeur du travail et les rapports de production et d’échange nécessaires à la fabrication d’un objet.

                          Amicalement


                        • candidat 007 (---.---.122.128) 14 décembre 2006 23:35

                          Ah ce « développement durable » !

                          Serait-ce la nouvelle « dernière utopie » ? la dernière religion.

                          C’est un plaisir de conclure sur ce concept, de finir un article avec cette chute définitive et irréprochable.


                          • La Taverne des Poètes 15 décembre 2006 07:43

                            à candidat007 :

                            Vous n’avez pas tort d’ironiser un peu sur cette mode ou relgion de « développement durable ». Cett notion veut tout englober environnment, socil, transports, etc.). Or, ce qui veut tout dire ne veut rien dire. C’est parfois un alibi politique aussi pour rechercher le consensus, l’unanimité. Mais j’y vois un bienfait : le D.D se veut mobilisateur de tous les citoyens et cela peut s’apparenter à une mobilisation nationale face à un ennemi comme dans une guerre où il n’y a pas de sang versé. Cette mobilisation rapproche les gens comme en temps de crise et ça c’est positif. On en est encore loin je vous l’accorde mais cette idée de renforcement du lien social autour d’une cause commune est assez jubilatoire. Mais j’aurai l’occasion de mieux m’expliquer sur le D.D dans un futur article.


                          • Johan Johan 15 décembre 2006 01:55

                            Hum, il arrive que ce que nous possédons finisse par nous posséder.

                            Pourquoi cette soif de marques, de paraître ?

                            Peut être pour exister, tout simplement.

                            A la maison, on ne se parle pas pendant le JT, on ne bricole pas ensemble pendant la Satr Ac, on n’écoute pas une histoire de Papa maman pour s’endormir.

                            Nous avons besoin de nous sentir exister pour vivre.

                            Alors, on agit par mimétisme. Peut être que si je m’habille comme ça, que je deviens star du foot (c’est en ce sens et en ce sens seulement que je suis prêt à comprendre G.Frêche), que je chante, que je choque, que je casse... qu’on s’intéressera à moi.


                            • LibérezIngrid (---.---.121.76) 15 décembre 2006 05:24

                              Je n’ai pas l’impression que l’inclinaison des francais pour la thésaurisation soit avant tout du fétichisme.

                              les francais mettent de coté en moyenne une année de revenu tous les 7 ans (15% de taux d’épargne). Ce n’est qu’une moyenne il y a bien sur des grosses variations selon les revenus, l’age...

                              C’est une tradition qui nous viendrait de nos racines paysanes ? (transmettre les moyens de production a ses enfants, ne pas vendre les terres, ne pas « manger » l’héritage)

                              Des valeur bougeoises ? (travail , économie , tempérence) .

                              Ca a en tout cas une explication bien rationelle si on considere qu’il s’agit d’une épargne de sécurité contre les coups durs qui peuvent nous tomber dessus ou sur nos proches.

                              On n’est jamais a l’abri d’un ennui de santé, de perdre son emploi, de se retrouver en rade a la retraite... ( la liste est longue)

                              L’argent serait il un paliatif contre l’angoisse du futur ?


                              • poipoi 15 décembre 2006 06:09

                                Cet article m’a rappelé dans un premier temps un vers de McSolaar « tu vaux bien plus qu’une marque m’avait dit Mamadou », in Lève-toi et Rap, 5ème As, puis les paroles d’une chanson de Jean-Jacques GOLDMAN, issu de l’album Chansons pour les Pieds : Les choses.

                                Bah, oui ok, culturellement parlant, ça ne vaut pas l’Avare de Molière, vous allez me dire...


                                • (---.---.121.76) 15 décembre 2006 09:36

                                  foulles sentimentalles ...


                                • (---.---.229.236) 15 décembre 2006 06:29

                                  « Ces consommateurs, au niveau culturel faible, ont une relation très primaire avec le produit de consommation. Leur avidité en fait des fétichistes d’objets de consommation. »

                                  Tous ces salauds de pauvres qui s’exitent comme ca pour l’unique objet cher qu’ils achéterons de l’années, vraiment des pervers...

                                  « L’apparence dans la rue ou à l’école compte davantage. Peut-être cette tendance s’est-elle amplifiée sous l’effet de l’intégration des populations d’Afrique du Nord. »

                                  Tous des cons qui veulent s’intégrer.. Moi aussi, je trouve que les pouilleux devrait rester à leur place, et même avoir un uniforme Mao obligatoire, pour qu’on puisse bien les distinguer.

                                  « destruction des symboles de la société de consommation »

                                  Oauis, surtout des services publics et taper sur des fonctionnaires : les pouilleux ont, avec leur faible niveau culturel et leur intelligence négative, bien compris qui piquait l’argent de la redistribution qui à l’origine leur était destiné.

                                  « En s’accaparant de plus en plus d’argent, elle provoque une régression du pouvoir d’achat des classes moyennes. »

                                  Lisez « Les classes moyenne à la dérives », vous verrez que c’est faux.

                                  « On ne peut plus justifier aujourd’hui la course astronomique au profit par cet argument. »

                                  Il n’y a rien à justifier, car vous n’avez aucune légitimité.

                                  « Pire, les inégalités se développent. »

                                  Totalement faux. D’ailleur en quoi les inégalités seraient elles « pire » ??

                                  « N’est-ce pas notre rapport à l’argent, au profit, et à l’appropriation, qui doit être repensé dans le cadre d’une économie plus juste, au sens du développement durable ? »

                                  Le fétichisme des gens de gauche vis à vis de l’argent est surtout à soigner. C’est vous qui avez un probléme.


                                  • Jules Lebenet (---.---.193.121) 15 décembre 2006 12:31

                                    Super le retour des grands classiques pour réaffirmer que les problèmes du monde et les réactions humaines sont, somme toute, toujours semblables.

                                    La technologie, la modernité n’a rien changer. Elle nous fait redécouvrir comment l’Homme peut aussi bien être CIVILISE que BARBARE, et ce autant à l’époque des puces biologiques qu’électroniques.

                                    Bravo de citer MOLIERE, j’ai dans un poste cité un autre classique .... LA FONTAINE.

                                    Que de culture pertinente !!!!! Merci. smiley

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