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Sous caution

Terrible piège.

Il m'est arrivé une curieuse affaire, une expérience dont je me serais bien passé. J'y ai perdu sans doute un ami, quelques kilogrammes et beaucoup de ma naïveté. J'ai découvert le monde de la procédure, des mauvais payeurs, des arguties judiciaires et du mensonge. Cela fait beaucoup pour une aventure qui n'aura pas duré plus de six mois et me laisse un goût amer.

Celui qui fut un jeune ami se retrouvait revenir dans la région sans disposer de relations, de famille et de camarades de son âge susceptibles de faire la folie de se porter caution pour lui. Chacun savait son instabilité, ses sautes d'humeur et sa fabuleuse propension à inventer des histoires, à embrouiller les uns et les autres par une logorrhée invérifiable.

Mais voilà, je lui savais gré de m'avoir, en deux occasions, apporté son soutien quand le plus grand nombre me jetait aux chiens. C'est chose courante dans le monde sportif que l'entraîneur qui n'obtient pas les résultats espérés est accablé de tous les défauts de la terre. Lui avait su reconnaître quelques qualités et avait mouillé le maillot tandis que d'autres préféraient jouer à l'envers.

Ce sont des souvenirs qui restent forts et quand il me demanda de me porter caution afin qu'il puisse se loger, je ne me voyais pas le droit moral de refuser. On me mit en garde contre le peu de fiance qu'il inspirait : il traînait de nombreuses casseroles, avait l'art de se fourrer dans de jolis guêpiers. Par loyauté, je plongeai la tête la première dans ce piège redoutable.

L'inconscient agit parfois comme un signal d'alarme. Au moment de remplir le très long et fastidieux paragraphe afin de me porter caution, j'écrivis le plus sottement du monde « signature » au lieu d'apposer celle-ci au bas de ce document qui allait agrémenter mes futures préoccupations. J'aurai dû interpréter cet acte manqué plutôt que de réparer la bévue ! Avec des si … , on cesse enfin de faire des sottises.

J'étais donc caution d'un garçon qui avait trouvé un emploi, s'y conduisait fort bien, pour le peu que j'avais pu constater en me rendant à plusieurs reprises pour juger de la chose. J'avais des doutes : je cherchais à me rassurer. Bien vite, la propriétaire devint une habituée de ma correspondance. Je reçu des courriels pour m'avertir des premiers retards de paiement. Je me fis fort d'aller faire la morale à mon jeune ami qui me sortit alors quelques sornettes dont il a le secret.

À chaque visite, il me tirait de son chapeau une bonne raison, une malformation, un vice de forme, une procédure en route, un versement du loyer à la caisse des dépôts et des « conciliations ». J'étais parfaitement novice dans les arcanes de la jungle locative. Je gobai les premières explications puis j'eus de plus en plus de mal à avaler les grosses ficelles qu'il me tressait.

Au début, je crus à sa fable de la propriétaire irascible, malhonnête, confuse, du fait de son grand âge. Puis petit à petit, je compris qu'il y avait anguille sous roche, que celui dont je me portais garant était un mauvais payeur et un fieffé procédurier. La pauvre femme qui ne cessait de m'appeler finit par me toucher. Je la croyais désormais et émettais de plus en plus de réserves sur le bien-fondé de ma prise de risque.

C'est alors que je découvris que mon cher locataire venait de perdre son emploi. Les apparences, une fois encore, avaient été trompeuses. Il ne faisait pas l'affaire et c'était moi qui me trouvais dans de sales draps. Sans emploi, le paiement serait encore plus délicat. Je ne me trompais guère. Mes premiers recommandés arrivèrent ; je devais honorer ma signature et payer à la place de l'aigrefin qui, pour me remercier, ne me donnait plus de signe de vie.

Je décidais de ne pas m'abaisser à aller jusqu'à sonner à sa porte pour savoir de quoi il en retournait. J'allais assumer la folie que j'avais commise et renoncer à fréquenter celui qui m'avait fait un enfant dans le dos. Je suis idiot, certes, mais pas couillon. Je ne voulais plus entendre de bobards.

Je reçus alors une convocation au tribunal. Mon chemin de croix pouvait commencer. Moi qui n'avais jamais eu ce plaisir, j'allais devoir m'expliquer devant la justice. J'en étais vert de rage, honteux et, à parler franchement, parfaitement désabusé. Je me voyais dans l'obligation de cracher au bassinet pour quelqu'un envers qui j'avoue ne plus éprouver la moindre confiance. Ça m'apprendra !

Il se trouve que la veille de l'audience, j'appelai la propriétaire de cet indélicat locataire pour savoir de quoi il en retournait. La vieille dame m'apprit que notre homme n'avait pas daigné aller chercher sa convocation et que, de ce fait, la procédure était repoussée. Décidément nous touchions le fond de l'indélicatesse.

Je finis pas lui donner une information sur ce cher monsieur. Il avait cessé de me toucher ; je n'avais désormais plus de raison de le couvrir d'une aile qui avait été protectrice pendant de trop longues années. Ce fut sans doute le détonateur : la dame fit honte au garçon, là où je savais sa faiblesse . Il s'engagea alors à payer ce qu'il devait et à quitter au plus vite l'appartement. J'ose croire qu'il ira jusqu'au bout de sa promesse, je n'attends plus rien de lui et souhaite d'ailleurs ne plus jamais en entendre parler.

Quoi de mieux que ce billet pour couper définitivement les ponts ? Il ne viendra pas chercher une nouvelle signature : j'ai donné. J'ai découvert la difficulté d'une propriétaire âgée à pouvoir récupérer son dû, le peu de pouvoir réel de la justice, la longueur et la faiblesse des procédures. Il y a sans doute quelques modifications à apporter aux règles qui prévalent aux locations ; en ce rapport de force, dans les deux camps, seuls les plus roublards tirent leur épingle du jeu et les autres s'arrachent les derniers cheveux qui leur restent. Mais ceci n'est plus de mon ressort, j'ai retenu la leçon et me garderai désormais de me porter garant pour qui que ce soit !

Àbontendeurement sien.

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38 réactions à cet article    


  • juluch juluch 15 avril 13:19

    Délicat comme affaire Nabum.


    Je me suis porté garant pour ma fille aînée se qui est normal on est les parents, pour les autres.......  smiley

    • C'est Nabum C’est Nabum 15 avril 17:54

      @juluch

      Je l’ai toujours fait pour mes enfants sans connaître de désagréments

      Là, j’ai fini de le faire pour les autres


    • hervepasgrave hervepasgrave 15 avril 14:23

      Bonjour,
      C’est ni de ta faute ,ni a ton indélicat protégé . Le problème actuel n’est que de vouloir des garanties.Bizarre à l’heure tout le monde peut-être comme sont les ricains viré sur n’importe quel motif. Et oui la propriétaire quel soit une sainte femme ou le plus cupide des rapaces se doivent d’assumer leur enjeux.Trop facile de demander des garanties sur un quidam qui est honnête.
      Les mésaventures que tu as je les trouves surtout décevante humainement parlant.Pour ma part je me porte garantie pour mes enfants ,quoique de plus normal !. Mais j’ai pris aussi une claque d’une autre nature c’est quand ma bru m’a déclaré que s’ils ne pouvaient pas honorer leurs mensualités pour l’achat de leur maison ,eux il garderait la leur et moi(nous !ma femme) pourrions être obligé de vendre la notre ?! Merde ! alors. Ce n’est pas le fait de vendre et de me retrouver à la rue qui me dérange,car en bon père tu te dois un minimum pour que tes enfants arrivent à quelques choses. Mais le fait de me déclarer cela !! cela m’a fait plus de mal que de prendre un poing ou une balle de fusil dans le coin de la G.Comme quoi. Alors ! faut-il pour autant ne plus rien entreprendre sans que cela soit risqué ?? La vie est comme cela,pasgrave.


      • C'est Nabum C’est Nabum 15 avril 17:55

        @hervepasgrave

        J’ai beaucoup appris de cette affaire

        merci


      • foufouille foufouille 15 avril 15:18

        tu le savais dés le départ qu’il était pas net.


        • C'est Nabum C’est Nabum 15 avril 17:55

          @foufouille

          OUI
          Je me suis montré Loyal


        • foufouille foufouille 15 avril 18:11

          @C’est Nabum
          des fois rendre un service du ou pas revient assez cher.


        • Loatse Loatse 15 avril 16:24

          Bonjour c’est nabum


          J’ai lu le récit de vos mésaventures hier sur votre blog...je me suis dit à lire la description de ce garçon, comment est il possible que deux être en apparence si différents puissent être amis* (*puisqu’il vous a soutenu sans contrepartie à une certaine époque difficile pour vous, c’est donc qu’il éprouvait et éprouve sans doute encore une sincère amitié pour vous et vice versa ?)

          qu’est ce qui lie ces deux là, me suis je demandé ?

          Je pense que la réponse vous appartient.

















          • C'est Nabum C’est Nabum 15 avril 17:57

            @Loatse

            Pas amis sans doute mais une relation complexe de maître à disciple

            La relation est morte


          • sls0 sls0 15 avril 18:39

            Il faut apprendre à savoir dire non pour que le oui soit efficace.
            Le non oblige à analyser pour justifier le refus quand on est du genre donneur.
            L’analyse permet de dire oui quand c’est nécessaire et valable.

            Je vis dans un pays pauvre où il est plus facile de dire oui, je dis souvent non, le peu que je dis oui est suffisant pour bouffer la moitié de ma retraite. C’est surtout du scolaire.

            Je me suis porté deux fois caution en France, même pas pour de la famille. C’est peut être ma facilité à dire non qui a fait que je n’ai pas eu de problèmes comme vous.

            Il y a con et bon mais il y a aussi fort et bon, pour faire dans l’efficace la deuxième définition est préférable.
            Quand je parle de fort, c’est une réaction à l’action d’aider l’autre, ce n’est pas volontaire. Ca facilite grandement la vie quand même.


            • C'est Nabum C’est Nabum 15 avril 21:17

              @sls0

              Vous êtes sage et je suis fou

              Vous êtes fort et je suis trop faible


            • Loatse Loatse 15 avril 19:34

              slsO


              Je ne sais pas si c’est nabum va accepter de concevoir que ce garçon ci l’a choisi dans le cadre de cette démarche (caution) rien que pour lui apprendre à dire non... 

              La leçon aura été coûteuse (il faut parfois cela en larmes ou en argent, j’en sais quelque chose), et le disciple devenu le maître par un surprenant retour des choses..(tu m’a donné, je te donne)

              mais la vie est surprenante...




              • sls0 sls0 15 avril 20:37

                Disons à écouter les bonnes personnes, j’ai gagné un peu de temps pour voir le monde tel qu’il est et non tel que je voulais qu’il soit.
                A 22 ans un quiproquo* à laissé croire que j’étais dans la merde, plutôt que de démentir j’ai laissé courir pour voir où était les vrais amis. J’ai été agréablement surpris, 3 c’est beaucoup.
                Comme disait mon père, je ne suis pas resté longtemps un lapin de six semaines.
                *Simplement l’armée qui s’est rappelé que j’existais malgré que je résidait à l’étranger.
                 

                J’ai rarement voulu avoir* ce qui me laissait les moyens pour aider, ça peut se faire sans rêver.
                *Mes biens actuels après une vie bien remplie c’est moins de 30kg, j’ai tout donné le reste, c’est le prix de la liberté.

                Quand on essaie de ne pas juger les gens, sans regarder à travers nos concepts, ils deviennent assez transparents, ça aide aussi pour ne pas se faire rouler, c’est pas la perte d’argent qui dérange, c’est le fait qu’il est mal utilisé.


                • tf1Groupie 15 avril 20:58

                  C’est Nabum qui se range du côté de la propriétaire rentière.

                  ça restera forcément un événement significatif.


                  • C'est Nabum C’est Nabum 15 avril 21:19

                    @tf1Groupie

                    Mon pauvre ami, le dogme n’est rien face à la réalité
                    L’épreuve de l’une était sans commune mesure avec la fourberie de l’autre


                  • sarcastelle 15 avril 21:19

                    Un proprio, il n’a qu’à se démerder avec son placement. S’il ne trouve pas de locataire qu’il juge sûr, il n’avait qu’à placer son pognon autrement, et pas à faire caguer des innocents qui n’ont rien à foutre de son placement. Combien il verse, le proprio, chaque mois pour prix de la caution, à celui qui lui fait la grâce de se porter caution ? Zéro ? Eh bien vous avez tout compris...


                    • C'est Nabum C’est Nabum 15 avril 21:58

                      @sarcastelle

                      La guerre des classes en quelque sorte

                      Ce n’est pourtant pas si simple


                    • hervepasgrave hervepasgrave 16 avril 21:50

                      @C’est Nabum
                      Bonsoir, je trouves que ce que dit « Sarcastelle » est simplement la réalité sans détour. Toi tu lui réponds la guerre des classes.Et oui il faudrait aujourd’hui que le simple quidam,monsieur tout le monde soit virable,corvéable ,jetable pendant que d’autres imposeraient des garanties. S’ils pouvaient demander à la communauté environnante ,cela serait certainement accepter. Nous arriverons par la force des choses à ressembler a ce que vous détestés .« Aux arabes et a toutes les communautés qui font de se principe une règle » Bizarre pour des personnes pronant la liberté ,une forme d’individualiste progressiste ! 


                    • C'est Nabum C’est Nabum 16 avril 22:14

                      @hervepasgrave

                      J’ai souvent tort


                    • michel49 (---.---.108.135) 16 avril 10:01

                      Les boudhistes considerent que le but de la vie est d’affronter des epreuves afin de progresser ; si nous ne parvenons pas à les resoudre elles se representeront dans une prochaine vie, ceci afin d’atteindre le nirvana...


                      • C'est Nabum C’est Nabum 16 avril 10:59

                        @michel49

                        Je vais énormément progresser alors

                        Merci


                      • Loatse Loatse 16 avril 11:09

                        A la fille qui ne savait pas dire non, se présente un jour à sa boite, un futur client.. une dégaine de mafieux, des chevalières en or à tous les doigts ou presque, gourmette, médaille enfin la totale...


                        Bref ca clignotait (dans les jt on dirait « tous les voyants étaient au rouge ! ;)

                        Mauvais pressentissement.. Mais bon, me dis je, tu ne vas tout de même pas juger les gens sur leur apparence...

                        Le projet tenait la route : un semestriel repertoriant les loisirs régionaux.. Le gus possédait disait il un local, s’occupait des annonceurs je n’avais qu’à faire la mise en page, emmener le tout au flashage.. il connaissait un imprimeur pour l’impression..

                         ok

                        Là dessus, à la signature du devis, je demande tout de même une avance.. Le gus roule des yeux, me la joue offense suprême, manque de confiance - »in dis pen sable en affaire« -

                        et roule ma poule, que je m’affaire pendant 3 mois, en commencant tout de même au fil du temps à me faire quelques sueurs froides.. surtout que le type est difficilement joignable, sans doute très occupé à encaisser les annonceurs...

                        et un matin, paf dans le canard local, je retrouve mon »arbre de noel« (c’est le cas de le dire)... celui ci avait payé un voyou pour mettre le feu à »son" local ou plutôt au local d’une association à qui il n’avait pas versé le moindre kopek de loyer et qui ne voyant rien venir sauf des promesses lui avait demandé de quitter les lieux...

                        Manque de bol, le dit voyou s’était brûlé en lancant son coktail incendiaire.. hopital, dénonciation et zonzon pour mon futur ex client donc...

                        Pour ma pomme, 3 mois de travail de perdus

                        L’histoire aurait pu s’arrêter là, si ce n’est que l’épouse du client, chargée au lexomil, débarqua à mon bureau la semaine qui s’ensuivit me suppliant de continuer le job... dans les mêmes conditions à son nom donc et EN TOUTE CONFIANCE...(c’est à dire en s’asseyant sur mon dû reporté aux calendes grecques parceque vous comprenez, les frais d’avocats etc etc...)

                        Des clignotants je suis passée à la sirène d’alarme..
                        Il fallait au moins cela pour qu’enfin je dise NON ! cela dit j’aurais pu économiser du temps, de l’argent et du souci..

                        Mais sans doute c’était là le prix à payer pour ma naiveté crasse...



                        • C'est Nabum C’est Nabum 16 avril 12:16

                          @Loatse

                          Je ne suis pas seul ça me rassure
                          Merci pour ce récit éloquent

                          Les margoulins sont donc légion !


                        • bakerstreet bakerstreet 16 avril 13:11

                          @C’est Nabum
                           Loatse fait référence à une autres sorte de prédateurs : les escrocs qui savent d’emblée la technique pour étendre leur filet, le votre ne me paraissant qu’un gamin pas trop structuré et opportuniste. 

                          Si les escrocs parviennent tant à abuser les gens, c’est qu’ils les mettent à une place privilégiée, celles des élus qui vont sauver les autres, ou qui vont faire des affaires, se hisser au dessus du commun. Dans les deux cas bénis par les dieux ; après il n’y a plus qu’à tirer sur les fils. 
                          On est aveuglé par d’autres étais que la logique froide ; le sentiment, l’émotion, le jeu, sont les martingales qui vont vous faire glisser, et que l’escroc encouragera au mieux par de multiples promesses de profits à toutes les échelles, et qui gonfleront votre égo.
                          Finalement pas besoin de plus de qualités pour faire un mollah salafiste qu’un vendeur de draps troués, tout est dans l’attente du paradis. 

                        • Loatse Loatse 16 avril 15:26

                          @bakerstreet


                          Qu’importe la forme (petit opportuniste,escroc).. le deal 

                          Il y a appréhension, réticence dans les deux cas à accorder sa confiance... ce qui en toute logique normalement aboutit à un refus...

                          sauf à vivre dans l’inconfort de l’incertitude (va t’il honorer son loyer, va t’il pour moi, payer le travail effectué et quand ?)

                          Bref dire oui ou non, c’est possible sans dommage que si l’on est en total accord avec soi même, que l’on se respecte en gros...

                          or si l’on ne se respecte pas, « l’univers » en vertu de la loi d’attraction enverra vers vous des gens qui reflèteront cette croyance...


                          Jusqu’à ce que l’on comprenne..






                        • bakerstreet bakerstreet 16 avril 17:29

                          @Loatse
                          Toute la difficulté réside dans le fait que rien n’est noir et blanc.

                           Il y a des escrocs charmants, et même sympas, et il y a des braves gens parfaitement antipathiques. 
                          Souvent j’ai préféré donné, plutôt que prêté par exemple. 
                          On s’honore d’un don, et on perd ses amis en attendant indéfiniment parfois un retour. 

                        • njama njama 16 avril 12:03

                          @ Nabum

                          Et comment ce garçon avait-il trouvé ce logement ? par une agence immobilière ou directement auprès de la propriétaire ?

                          Aujourd’hui on demande qu’une voire deux personnes se portent caution en sus d’au moins trois fiches de paie pour rentrer dans un logement, ce qui ne se faisait pas avant, ou très rarement il y a trente ou quarante ans.

                          La crise économique est passée par là, elle a fragilisé les locataires ...

                          Ma fille ainée a étudié deux ans en Espagne, et là-bas, seul un mois de loyer sert de caution, ... c’était très facile de trouver un logement, on « rencontre » le (la) propriétaire, le contrat de location tient sur une feuille A4 et c’est bon, en 24 ou 48 heures l’affaire est réglée... En France ça prend des plombes de trouver un logement étudiant ...

                          Les propriétaires sont devenus hyper frileux et se sont beaucoup déchargés pour la gestion de leurs biens sur les agences immobilières qui multiplient les sûretés juridiques ... alors que les propriétaires pourraient s’assurer eux-mêmes pour les loyers impayés.


                          • C'est Nabum C’est Nabum 16 avril 12:18

                            @njama

                            Il ne m’a pas expliqué comment il a trouvé le logement
                            Il est simplement venu me supplier de me porter caution étant le seul à pouvoir le faire à Orléans où il ne connaissait plus personne

                            Maintenant, il doit connaître du monde et pour son nouveau logement, il n’a pas eu recours à ma signature

                            Bon vent à lui que la tempête l’accompagne !


                          • bakerstreet bakerstreet 16 avril 12:22

                            A trop se garder de tout, on ne se fera jamais avoir, ce qui ne nous empêchera pas de mourir comme un crétin, assis sur son butin. Il n’y a que les paranos « je vous l’avais bien dit », qui ne se feront jamais avoir, jamais mordre, jamais cuire par le soleil, jamais volé d’une bouteille de cidre. Ces gens là prévoient tout, car ils savent que le pire leur ressemble. Reste que leur cidre deviendra rance, et qu’ils le boiront tout seul....

                            Maintenant cela est aussi projectif sur la société, qui a trouvé ses clauses, pour bétonner sa sécurité, au détriment du vivant et de la jeunesse. Les banquiers et les bailleurs veulent leur sécurité, deux trois ceintures, un airbag, une voiture blindée, sinon ils disent qu’ils iront ailleurs, qu’on veut décourager l’entreprise, les spolier. 
                            Vous avez hérité donc d’un mistigri. Il n’y a plus de jeu du mouchoir. Ce sont toujours les mêmes qui se font avoir. Au jeu des quatre coins, certains refusent de bouger, ils restent dans leur fauteuil. Cette société est sclérosée jusqu’à la moelle. J’en ai signé moi aussi de ces contrats de trente pages, si épais, qu’on a l’impression d’acheter la M.G.Meyer
                            Si vous n’avez pas de cautionnaire, vous n’avez plus qu’à dormir sous les ponts, comme on disait dans le temps. J’en ai vu aussi de ces jeunes, en psy, foutus à la porte de chez eux à tout juste dix huit ans, qui squattaient les baraques de chantier, avant d’être amené par le samu.....A l’époque, on trouvait une piaule bancale sous les toits pour un loyer d’avance. Sans douche peut être, avec wc sur le palier ou même dans la cour, et cela ressemblait à la bohème d’aznavour. 
                            Quelle chance d’avoir eu 18 ans finalement au début des années 70. Sans diplôme je me suis tout de même débrouillé je me suis raccroché aux branches, après avoir travaillé à l’usine. Le matin un réveil matin furieux me réveillait dans ce couloir de mine, où il n’y avait qu’un chauffage au gaz qu’il fallait allumer. J’allais payer mon loyer 150 francs par mois le huitième de mon salaire à ma logeuse qui m’entretenait me payait un guignolet, m’entretenait de son défunt mari. Il fallait mettre les patins avant d’entrer. Il n’y avait pas de contrat, on se faisait confiance. La pendule égrainait ses heures, mais c’était il y a un siècle. 

                            • C'est Nabum C’est Nabum 16 avril 13:32

                              @bakerstreet

                              Les banquiers ne cessent de nous tromper, gruger, leurrer et parfois voler

                              Ce métier était si vilain autrefois que l’on leur accordait une journée supplémentaire la veille des fêtes religieuses afin qu’ils puissent laver leur âme ....

                              Les époques changent, le métier reste toujours aussi vil


                            • njama njama 17 avril 00:17

                              @bakerstreet

                              Merci pour ce billet, je m’y retrouve d’humeur et d’humour ...

                              A Valladolid, en septembre 2002 je signais sur un banc public dans un petit jardin « public », avec une charmante propriétaire un bail (contrat) de colocation pour ma fille qui démarrait son master en Espagne ...
                              Dans ce pays, les colocataires ne sont pas cautions solidaires entre eux, comme ce système pourri de rats en France le fait ... , dès le préavis signifié, c’est au propriétaire de retrouver un autre (co)locataire ...
                              En Espagne tout est encore beaucoup plus basé sur la confiance, et la « rencontre » ... je ne vais pas jusqu’à dire qu’on tope dans la main, mais presque ...

                              Les « sociétés d’investissements » (qui alimentent des fonds de retraite pour étrangers surtout, anglo-saxons assez précisément) sont passés par là ...

                              Les petits propriétaires gagneraient à ne pas confier leur petit patrimoine (épargne d’une vie souvent, ou maigre héritage de leurs parents) à des sociétés immobilières qui déshumanisent totalement le marché, et la vie tout court.
                              Quand aux fonds d’investissements le maigre manque à gagner pour quelques loyers impayés à gagner sera indolore et passera en pertes et profits.

                              Ne signez jamais (ou presque) pour être caution, indignez-vous, réclamez que ces Thénardier s’assurent contre les défaillances imprévisibles de la perte d’emploi et de revenus de leurs locataires ...
                              Ces histoires de caution systématique pour rentrer dans un logement, c’est une honte !


                            • C'est Nabum C’est Nabum 17 avril 07:03

                              @njama

                               Le billet est mien


                            • Phoébée 16 avril 12:34

                              C’est vous qui êtes responsable Nabum, pas le système de cautionnement.

                              On m’a cautionné, j’ai cautionné, et il n’y a jamais eu de problèmes.

                              Evidemment je ne cautionnerais pas n’importe qui sous prétexte qu’il est éloquent ou si prés de moi qu’il me semblerait faire partie de la famille.

                              Le cautionnaire engage sa responsabilité, s’il est irresponsable c’est bien fait pour ses pieds.


                              • bakerstreet bakerstreet 16 avril 12:59

                                @Phoébée
                                « Le cautionnaire engage sa responsabilité, s’il est irresponsable c’est bien fait pour ses pieds. »

                                Philosophie de survie à l’usage des prédateurs, mais bien dans la mouvance actuelle. Remarquons déjà que la pratique en dit long sur cette société de vieillards. Une société où le risque est aboli, exigeant toujours plus de garanties et de certifications, et ne s’en remettant qu’aux héritiers va droit dans le mur. 
                                Je me suis fait avoir deux ou trois fois dans des histoires d’argent prêté, que je n’ai jamais revu..Pour autant je me demande si j’ai vraiment été généreux, s’il n’y avait pas un intérêt quelconque dans ma démarche. J’en ai le souvenir d’histoires et d’affects, d’une sorte de richesse dans l’apprentissage de la vie. Ce qui fait qu’ au bout du compte je n’ai pas l’impression de m’ être fait avoir. Car il y a des impératifs d’aide qu’on ne peut pas fuir, au risque de se conscience. 
                                Pendant la guerre, on les appela« les justes ». Est ce vraiment une autre histoire ?
                                Après, il est sûr qu’on n’est pas maître des choses. Mais il y a cette satisfaction d’avoir aidé quand les autres ne le faisaient pas qui nous donnent une opinion de nous, qui compense certains autres faits où nous ne nous montrâmes pas à la hauteur. 
                                Voilà ce qu’est une vie d’homme. Mais « se faire avoir » comme on dit, de façon un peu fragmentaire, suite à un acte de générosité n’est pas une chose qui nous accable de honte. Et puis il y a le trajet de l’autre, qui déroulera cette expérience au fil de sa vie, de son évolution, et de ses remords. Une histoire n’est jamais fini ; nous lui avons donné le « là ». Ne nous plaignons pas d’avoir tenté de ne pas avoir faussé. C’est le plus important, bien plus que le bruit d’un cerveau tiroir caisse !. 

                              • C'est Nabum C’est Nabum 16 avril 13:33

                                @Phoébée

                                On ne m’a pas cautionné, on m’a détroussé

                                Nuance

                                Le système est impitoyable aux humbles et d’ue extrême permissivité aux puissants


                              • Aristide 16 avril 12:36

                                Votre fable est assez ... gentille, la pauvre vieille proprio spoliée de ses faibles revenus par un louer indélicat et sans morale. Le choix est simple alors si en plus le brigand est jeté à la rue et que vous n’ayez rien à payer !


                                Je m’interroge, si en place de la petite vieille il y avait un gros mossieur à cravate et Mercedes, est ce que vous auriez pris le même parti ?





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