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Accueil du site > Actualités > Société > Stagiaires : enfin un encadrement

Stagiaires : enfin un encadrement

Dans un article du 17 mars, j’avais fait une brève revue du problème des stagiaires, des difficultés qu’ils pouvaient rencontrer pour trouver des stages d’abord, et surtout pour ne pas s’y faire exploiter.Car les associations d’étudiants relayées par les médias avaient mis à jour une conjonction d’intérêts "voyous" entre des universités qui délivraient des conventions de stage sans contrôle (pour 300 euros néanmoins), des entrepreneurs qui utilisaient les stagiaires comme de véritables employés sans -ou avec peu de- salaire et des inspecteurs du travail qui n’étaient pas au courant du scandale.

La loi sur l’égalité des chances, que certains voulaient carrément supprimer,comportait quand même quelques dispositions sociales intéressantes, comme celle qui concerne justement la résolution du problème de l’exploitation des stagiaires.

Désormais les stages seront encadrés par une nouvelle convention de stage, renforcée, destinée à responsabiliser tous les acteurs du processus, le stagiaire tout d’abord, l’enseignant chargé de suivre stage et stagiaire, et le chef d’entreprise ou le tuteur du stagiaire. Elle fera référence à une "charte de bonnes pratiques des stages" en cours d’élaboration par les organisations patronales, et qui servira de référence à la Délégation interministérielle à la lutte contre le travail illégal (Dilti), qui est chargée du contrôle du système des stages.

Enfin, la loi limite désormais à 6 mois maximum la durée des stages effectués en dehors du cadre du cursus scolaire, et prévoit qu’un minimum de rémunération soit donné au stagiaire pour les stages de plus de trois mois seulement fixé par décret à 360 euros /mois.

C’est un grand pas en avant pour limiter les abus. Ce n’est sans doute pas la définition d’un statut du stagiaire inscrit dans le Code du travail, comme le réclamaient certaines organisations, mais c’est sans doute un bon compromis. Car sinon le risque était que le robinet des stages ne se ferme.


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8 réactions à cet article    


  • Ben (---.---.2.2) 27 avril 2006 14:14

    Cela reste tout de même un emploi réel pour un salaire en dessous du RMI.


    • A. Dirien (---.---.64.74) 27 avril 2006 14:25

      Ce qu’a fait le gouvernement, c’est mettre sur papiers les habitudes des entreprises en matière de stage. Rien ne change.

      Sauf qu’avant, c’était comme ça, parce que c’était pas mal. Maintenant c’est comme ça parce que c’est légal. Cool, on peut continuer à abuser, mais en plus, on a le soutien du gouvernement.

      Moi j’m’en fiche, je fais partie de ceux dont les stages sont correctement rémunérés. Du coup, j’avais pas gueulé, même si je soutenais le mouvement. Ces stakhanov du stage ont encore du souci à se faire.

      Savez vous qu’aucun stage ne se fait en dehors du cursus scolaire ? Ceux qui veulent faire un stage pour pas laisser de blanc sur le CV payent les écoles, s’inscrivent en fac, histoire de dire. Parce que les entreprises prennent des stagiaires école ou d’université. Pas des stagiaires lambda.

      Savez vous que quasiment tous les stages proposés par les entreprises font ... 3 mois ou 6 mois. 6 mois, c’est pour les fins de cursus type grandes écoles. Dans les grandes écoles ont a les moyens de refuser des stages mal payés. La ou j’étais, c’était l’école qui nous refusait les stages payés en dessous de 750 € net par mois.

      360 Euros mais, mais, mais bien sur, c’est le tiers du SMIC ! Non imposable ! Comme avant quoi.

      Non, non rien a changé, tout tout à continuer.

      Bonne chance à ceux qui se battent pour ce combat. J’ai eu la chance d’avoir des stages payés, et souvent bien grace à mon CV. Je soutiens ceux pour qui ce CV n’est pas un sésame. Ce texte, est une première reconnaissance, c’est un premier pas, maintenant, il faut faire faire le deuxième au gouvernement, un vrai, un grand, un en avant.


      • A. Dirien (---.---.39.74) 27 avril 2006 14:26

        Il y a quand même un bon point, qu’il ne faut pas oublier, c’est qu’un même poste ne peut plus être occupé par une succession de stagiaire.

        Un bon point, ça se signale !


      • Ben (---.---.2.4) 27 avril 2006 14:37

        « un même poste ne peut plus être occupé par une succession de stagiaire. »

        Ce ne sera vrai que si les controles sont dissuasifs, et vu les moyens existants pour lutter contre les travail au noir ...


      • A. Dirien (---.---.64.73) 27 avril 2006 14:43

        Je me contente de donner une critique sur le texte hein. L’hypocrisie du gouvernement et l’hypocrisie des entreprises c’est pas la même bataille.

        Attention, j’ai pas dis que les entreprises et les patrons c’étaient rien que des méchatns. Y’en a des biens, comme dirait l’autre.


      • Angus (---.---.131.193) 27 avril 2006 17:05

        Quelle position adopter lorsqu’une entreprise envoit en clientèle un stagiaire qu’elle facture au prix d’un ingénieur salarié ?

        Sauf erreur, le stagiaire n’est pas payé de retour financièrement pour cette prestation ... Par contre, l’entreprise gagne bien sa vie sur ce genre de pratique. 360 €uros mensuels, c’est aux alentours d’une facturation à la journée par une ssii, ce qui donne une idée de la différence entre charges et recettes ...

        Quant à dire qu’une enfilade de stagiaires ne peut plus occuper le même poste, facile, il suffit de changer l’intitulé de celui-ci.

        Ceci n’est malheureusement pas de la fiction. Et pour une entreprise épinglée, combien qui passent à travers les contrôles ?

        Avec un peu de chance, le stagiaire pourra même noter dans son CV quelque chose qui pourra lui servir.


        • Rage Rage 28 avril 2006 15:15

          Ne vous méprenez pas : la charte est très insuffisante. Imaginez simplement qu’une charte régisse les comportements routiers et vous comprendrez que cette disposition est très insuffisante.

          Point positif : Enfin un outil d’évaluation quantitative du nombre de stagiaire.

          PointS négatifS : Aucune inscription au code du travail, stages en dessous de 3 mois = 0€, quid de la période d’essai, quotas inexistants, délais de carence pour éviter l’emploi à plein temps de stagiaires sur un poste réel inexistant... Bref aucune action sur le fond.

          Les stages resteront donc en l’état encore une superbe mine d’abus, d’emploi à moins de 30% du smic et surtout de non reconnaissance des diplômés.

          Juste un exemple : Un apprenti à Bac+1 gagne environ 500€ net/mois + prime pour l’emploi, dispose de congés payés et cotise pour sa retraite (durée prise en compte), le tout à mi-temps en entreprise et en cours, et en prime le statut étudiant (réductions diverses).

          Malheureusement, le stagiaire bac+5 devra encore ramer à 360€/mois max, le tout sans cotisations pour sa pomme, sans congés (et oui il faut aussi y penser), sans couverture du droit du travail (inspection du travail non compétente car stage pas codifié) et parfois en occupant un poste de cadre à hauteur de 45heures / semaine.

          Faites des études qu’ils disaient...


          • faxtronic (---.---.183.158) 5 mai 2006 20:28

            J’ai fais un stage en « France » (car je me suis retrouvé expatrié au japon avec oh lala 450euros par moi.... a Tokyo) comme ingénieur. je me suis ruiné, car ni nourri ni logé et je n’avais pas de quoi de bouffer car je mangeais un jour sur deux. Et je n’etais pas le seul. Ma vengeance fut de griller un peu leur sale image aupres des partenaires japonais. J’ai fait un second stage à la suite, dans une entreprise japonaise : nourri, logé et 1500 euros... (c’etait Tokyo, la vie est un tantinet plus cher que partout dans le monde ou dans l’univers). J’ai adoré mon stage, je bossais avec plaisir et j’ai encore de tres bonnes relations avec eux, on se voit une fois par an. Je leur en suis tres reconnaissant car j’ai pu travailler et apprendre sereinement Ensuite j’ai fait ma these en france au CNRS.... non seulement il y a importation massive de thesard etranger en bourse egide (ni nourri, ni logé et 300 euros par mois), mais en plus la main d’oeuvre est constituée par une armée de stagiaire plus ou moins gratuit. Le plus marrant c’est que c’est une armée inepuisable, car les ecoles demandent des stages pour des periodes differentes (automne, été, printemps, hiver). Et c’est vraiment la main d’oeuvre. Et je me suis encore vengé avec une fleche de parthe.

            Depuis ce temps (10 ans), j’ai une haine et un mepris sans pareil pour les entreprises privées et publiques françaises, et je me suis toujours debrouiller pour travailler pour des non-français. Je m’en porte tres bien et je suis heureux.

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