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Sur les inégalités

"Réduire les inégalités", une formule sans enjeu.

Dire en boucle qu'il faut « réduire les inégalités » est la base-line du discours politique et des publications médiatiques qui le relaient. Quand on a dit cela, on s'est rangé dans le bon camp, celui de la justice et aux côtés des plus démunis (autre terme à contenu magique).

Quand on prononce le mot d'inégalité c'est en fait d'égalité qu'il est question. En appeler à Jean Jacques Rousseau est naturel, puisqu'il a dit cette chose incontestable qui fonde nos sociétés, à savoir que les hommes sont égaux quelques soient leurs capacités physiques intellectuelles ou morales. La petite vieille grabataire est, en tant qu'être humain, l'égal du brillantissime, jeune et élégant professeur de philosophie ; et l'on voit bien à l'attention qu'on lui porte, aux soins qu'on lui prodigue, que cette proposition est mise en application dans nos sociétés. Le débat sur l'euthanasie en est une illustration, comme le sont les réactions fortes aux fautes constatées ici ou là vis à vis de ces personnes affaiblies par l'âge ou des handicaps.

Mais il n'en reste pas moins vrai – c'est un constat – que ces capacités physiques intellectuelles ou morales ne sont pas distribués également entre les hommes. Certains ont un fort QI, d'autres peuvent courir le 100 mètres en 9,58 sec. ; d'autres encore sont des coquins, commettent crimes et délits alors qu'à leurs côtés des hommes et des femmes donnent l'exemple du dévouement, de la justice, de la compassion. Cette inégalité à la fois génétique et sociale (débat sans fin sur ses causes et origines) est une donnée que les philosophes, sociologues, anthropologues &c. ont prise en compte. Ceux qui pensent que la société, par l'éducation notamment, a pour mission première d'effacer ces différences sont soit des utopistes, soit des affabulateurs qui pensent trouver là un fonds de commerce. (Il faut appeler un chat un chat, et ne pas tourner la tête quand le chat passe pour ne pas le voir !) La société doit donc, au contraire, tirer parti de ces différences pour que chacun puisse vivre en homme libre avec tout ce que cela implique ; les désirs des uns n'étant pas (heureusement) ceux des autres.

Le terme « réduire les inégalités » doit se comprendre comme un effort pour faire en sorte qu'un minimum de ressources soit assurée aux plus faibles, d'une part, et, d'autre part, qu'un maximum soit fixé à la richesse des plus favorisés.

La fiscalité par différents mécanismes (plus ou moins arbitraires - mais c'est un privilège de la règle fiscale que de ne pas avoir à se justifier) peut répondre à l'exigence de limitation de richesse, tant pour ce qui concerne les revenus proprement dits, que la possession patrimoniale. C'est une décision de plume : un décret, une loi &c., et la limite est fixée.

Par contre si on peut fixer de façon administrative un plancher de ressource en-dessous duquel aucun citoyen ou résident en France doit se trouver, sa mise en place ne relève plus du contrôleur, mais d'un système complexe qui met en jeu tous les ressorts des secteurs public et privé. Car il ne s'agit plus de dons, de charité, même si des organismes qu'on peut ranger dans le secteur caritatif y contribuent fortement (Emmaüs, Restos du cœur, Croix Rouge, Associations diverses, &c., &c.), mais d'une réorientation du système de production vers l'emploi et le logement, les deux facteurs les plus importants de la lutte contre la précarité et la pauvreté.

Et comme on n'est pas arrivé à obtenir, ni le plein emploi, ni un logement décent pour tous, des palliatifs ont été mis en place : RMI, puis RSA, avec des financements nouveaux (CSG). (Heureusement que ces dispositifs ont été mis en place par Rocard, alors Premier Ministre – mais viré par Mitterrand !), mais cela ne répond pas à cette exigence de minimum humainement acceptable qui ne se réduit pas à une allocation, fut-elle égale à la moitié du smic. Et cela n'a d'ailleurs en rien réduit les inégalités – qu'entre le haut et le bas de l'échelle la différence soit de 1.000 ou de 999... où est le gain ?)

« Réduire les inégalités » n'est donc pas une démarche pour donner un emploi et un logement, ni d'élever le plancher de ressources, au bas de l'échelle : c'est souvent du baratin politique pour cacher l'incapacité de répondre aux besoins d'emploi et de logement. Pour ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain, le politique ouvre en grand le robinet et laisse déborder la baignoire : ça s'appelle « réduire les inégalités » !

Il faut donc abandonner cette formule - réduire les inégalités - et parler de fiscalité pour le haut de l'échelle, d'emploi, de logement (complété par des allocations financières) pour le bas de l'échelle. Et que l'on ne nous fasse plus le coup de la croissance (ni celui des utopistes tenant de la décroissance), ni celui de la mondialisation, pour que cela soit ! C'est avec les moyens du bord et toutes les contraintes inhérentes au monde actuel qu'il faut modifier les règles. Radicalement. Pas demain, pour les générations futures (elles ont bon dos les générations futures !) mais aujourd'hui.

Une frange de cette population restera marginalisée, car notamment dans l'incapacité de travailler pour des raisons diverses, (y compris celle de vouloir travailler : nous ne sommes pas tombés dans la logique anglo-saxonne : « no work no diner ! », heureusement.), et pour celle-là la solidarité doit se manifester par une assistance sociale, financière et médicale. Action qui devrait être marginale dans un système ré-orienté pour fournir en priorité travail et logement.


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11 réactions à cet article    


  • non667 27 décembre 2012 23:56

    réduire les inégalité pour ( l’umpsmodemeelv +fdg =N.O.M.)c’est les resto du cœur pour tous + un i-pad  !


    • @lbireo @lbireo 28 décembre 2012 02:18

      et réduire le QI, vous avez une solution pour ça ?

      puis i-TRUC, comme système fermé, on peux difficilement trouver pire, solution pour ça aussi ?


    • FRANCE PAYS DE LA DEMI PAYE ET DU DOUBLE LOYER DOUBLE inégalité


    • @lbireo @lbireo 9 novembre 2013 05:52

      au fait, pour info, j’ai droit aux restos du cœur, mais je n’y suis jamais allé, car j’estime que d’autres en ont davantage besoin !


    • JL JL 28 décembre 2012 09:34

      Faute d’arguments pour justifier l’opulence excessivement ridicule et mortifère des prédateurs ses maître, l’auteur de ce PQ - tout juste digne de figurer dans l’anthologie des insultes à l’intelligence -, GéraldCursoux, pratique ici ce qu’on appelle la technique dite « de l’homme de paille ».

      La technique de l’homme de paille consiste à discréditer son adversaire en présentant sa position de manière erronée (le plus souvent caricaturale), en lui attribuant fallacieusement des arguments faciles à réfuter.

      Laissons le s’amuser tout seul.


      • @lbireo @lbireo 9 novembre 2013 05:59

        je vois mal ce que la Parti Québecois viens faire dans tout ça, et je doute que votre commentaire plaise à ses adhérents... (pardon à mes amis d’outre atlantique pour cette pique d’humour au second degré).


      • foufouille foufouille 28 décembre 2012 12:42

        « Action qui devrait être marginale dans un système ré-orienté pour fournir en priorité travail et logement. »

        perdu
        impossible


        • RBEYEUR 28 décembre 2012 13:38

          « ….mais c’est un privilège de la règle fiscale que de ne pas avoir à se justifier… »

          Faux !

          Bien lire la déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 (en préambule de la constitution), notamment ses articles 13, 14 et 17.


          • Claudec Claudec 29 décembre 2012 19:24

            Plutôt que relire une déclaration qui découle d’une spéculation utopique de plus, il suffit d’observer l’histoire pour constater que le pouvoir fiscal est supérieur à tout autre (y compris politique ou religieux).

            Il est aussi profondément vrai que quotidiennement vérifié que la règle fiscale bénéficie du privilège de n’avoir pas à se justifier (sauf à la demande des minorités du moment, qui ne peuvent qu’obéir)

          • Claudec Claudec 29 décembre 2012 19:29

            Une révolution chasse l’autre, jusqu’à celle d’après. Parce que la nature le veut ainsi, la société des hommes est, a toujours été et sera jusqu’à sa fin, irrévocablement faite d’inégalités. L’exception y domine la masse ; le pouvoir y domine le peuple, la force la faiblesse, l’intelligence la sottise, le savoir l’ignorance , la richesse la pauvreté etc. ; dans tous leurs aspects. Et le nombre n’arrange rien.

            Il existe des chiffres et un mécanisme vieux comme le monde, qu’aucun des membres de nos élites n’a le courage d’affronter et dont il faudrait pourtant avoir clairement conscience avant de tenter sincèrement quoi que ce soit d’utile pour secourir durablement les plus nécessiteux d’entre nous  :

            À l’aube de notre ère, la Terre était peuplée d’environ 250 millions d’êtres humains. Elle en compte plus de 7 milliards aujourd’hui, dont 1,2 à 1,4 milliard vivent dans un état de pauvreté profonde. L’homme et le progrès dont il est porteur ont ainsi créé, en 20 siècles, 5 fois plus de miséreux qu’il n’y avait d’individus de toutes conditions sur terre au début de leur entreprise. Et la population augmente, quotidiennement, de 220 à 250 000 âmes qui viennent dans leur grande majorité surpeupler la base d’une société dans laquelle le « descenseur social » prend le pas sur l’ascenseur du même nom, comme pour démontrer que la pauvreté est plus facile à partager que la richesse.

            Coïncidence ? ... Toujours est-il que rien n’est mieux approprié à la représentation synthétique de cette société humaine, avec ses clivages, ses relations de dépendance et de domination, que la pyramide.

            Visiter à ce sujet : http://claudec-abominablepyramidesociale.blogspot.com
            - De la richesse à l’exclusion sociale aujourd’hui et à la barbarie demain, par la démographie.

            Ou lire "La Pyramide sociale - Monstrueux défi" : http://www.thebookedition.com/la-pyramide-sociale---monstrueux-defi-claudec-p-84411.html

            À travers une analyse de cette représentation appliquée à la société, il y est tenté d’apprécier la mesure dans laquelle la démographie influence le sort des hommes et en particulier celui des plus déshérités d’entre eux, sans passion ni fausse compassion. Aussi pragmatiquement que possible. Défiant le romantisme, la superstition, la foi, les certitudes des uns et des autres, Candide y partage en toute simplicité ses observations et les sentiments qu’elles lui inspirent. Il se livre ainsi à une analyse mettant en évidence des aspects de la condition humaine allant bien au-delà des poncifs, oublieux de l’essentiel, rabâchés par la philosophie, la religion, la politique, l’écologie, l’économie, la sociologie et bien d’autres sciences.

            Une vision aussi libre que décoiffante de fondamentaux trop souvent négligés quand ils ne sont pas tabous.


            • RBEYEUR 29 décembre 2012 19:56

              De Claudec, le 29 décembre à 19h24 :

              « …Plutôt que relire une déclaration qui découle d’une spéculation utopique de plus, il suffit d’observer l’histoire pour constater que le pouvoir fiscal est supérieur à tout autre (y compris politique ou religieux)…. »

              Ignorance, ignorance profonde quand nous tiens !

              Je vous invite à prendre connaissance de la décision 2012-662 DC du 29 décembre 2012 du conseil constitutionnel qui renvoie le pouvoir actuel dans ses buts en s’appuyant sur cette déclaration que vous considérez, bien stupidement, comme spéculation utopique….  

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