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Syndicats et patronat reprennent les négociation sur le stress au travail à partir du 7 avril

Les banques dont la vocation était jadis d’être des lieux « confidentiels » sont à leur tour touchées par la vague des suicides au travail. Coup sur coup, c’est deux suicides qui sont révélés par la presse. Dans le même temps des accords signés depuis octobre 2004, mais toujours pas mis en application font l’objet de nouvelles négociations à compter du 7 avril.

L’hécatombe continue. Le 1er concerne un salarié de la banque HSBC à Paris-La Défense qui s’est suicidé sur son lieu de travail en décembre dernier et dont le corps n’a été retrouvé que le 2 janvier, plusieurs jours après son suicide (information révélée entre autres par Le Parisien dans son édition du 23 février). Aujourd’hui, on apprend qu’un autre salarié du secteur bancaire : il s’agit cette fois de la BNP de Villefranche de Rouergue dans l’Aveyron a été retrouvé pendu sur son lieu de travail le 21 janvier dernier. L’information est révélée aujourd’hui (4 mars).

Ces suicides que nous apprenons par la presse émanent en général de grandes organisations professionnelles (Renault-Peugeot-La Poste-France Telecom-BNP-HSBC). Qu’en est-il de tous ceux qui ne sont pas portés à notre connaissance ? Les suicides professionnels anonymes. Ceux qui ne bénéficient pas de relais syndicaux ou autres, pour être portés à la connaissance du public. Je rappelle que le vice-président du Conseil économique et social, Christian Larose, déclarait à L’Express l’année dernière que le nombre de suicides au travail serait de l’ordre de 3 à 400 par an.

Depuis plusieurs années le traitement du stress en entreprise est souvent géré de manière curative. On intervient après et il est souvent trop tard. Même si rien ne permet de penser que ces suicides sur lieux de travail sont directement ou uniquement liés à des raisons professionnelles, ce geste ultime et le lieu où il se déroule ont peu de probabilités d’être sans lien avec la sphère professionnelle. Il est temps de traiter le stress en entreprise de manière préventive et non plus curative.

C’est d’ailleurs à partir du 7 avril que patronat et syndicats vont commencer ou, plutôt, poursuivre des négociations sur le sujet du stress au travail. Poursuivre, parce que ces négociations avaient débuté en octobre 2004 et avaient à l’époque donné lieu à la signature d’un accord-cadre européen qui n’a pas encore été mis en application en France.

Trois ans et demi plus tard, donc, ces négociations reprennent. Il y a tout lieu de penser que les plannings des participants devaient être assez chargés, sinon comment expliquer qu’il leur faille attendre plus de trois ans et près d’un millier de décès (Si l’on en croit Christian Larose cité plus haut) pour se remettre au boulot.

Il n’est pas difficile d’imaginer la souffrance hormis de la famille et des amis, des collaborateurs, collègues et patrons de ces suicidés du travail. A une époque où la notion de travail se dévalorise, de telles situations ne sont pas de nature à remonter le moral des ménages et à donner du sens au travail.

De grâce, Mesdames et Messieurs les partenaires sociaux, n’attendez pas trois ans pour faire mettre en oeuvre des mesures immédiatement applicables dans le monde professionnel. On parle là de vies humaines, mais aussi de pérennité sociale. Comment combler les vides abyssaux des fonds publics quand on sait que selon certaines études le coût de ce stress au travail serait en France de l’ordre de 51 milliards d’euros par an.

A vous lire sur le site de l’ANACT (Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail), vous seriez déjà d’accord. Alors décidez et signez rapidement les mesures de mise en application de cet accord. Vous ferez d’une pierre plusieurs coups : vous contribuerez au progrès social, vous réduirez la charge publique, vous épargnerez des vies, vous redonnerez du sens à l’action quotidienne de millions de salariés des secteurs privés et publics et participerez par vos décisions à l’essor économique par l’accroissement de la performance. Vous le savez, un salarié épanoui sur son lieu de travail développe une contagion du bon, du bien et de la performance. Le bien-être au travail ne nuit pas à l’intérêt économique, bien au contraire ! Il lui profite.


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5 réactions à cet article    


  • Philippe Philippe 6 mars 2008 18:48

    Jean-Louis a tout à fait raison, il y a urgence à agir. Notre rôle de citoyen peut être d’éclairer sur la réalité de la situation actuelle et sur ses causes, histoire de provoquer une prise de conscience et d’amorcer de nouvelles pistes de traitement.


    • Jean-Louis RENAULT Jean-Louis RENAULT 7 mars 2008 09:42

      Je suis content que l’article vous ai fait rigoler, même si ce n’était pas le but, mais l’essentiel est qu’il ne vous ai pas laissé indifférent. Si je faisais de la psychologie de bazar, je dirais qu’aucune réaction n’est sans fondement. - )

       


    • Céphale Céphale 8 mars 2008 21:44

      @Jean-Louis RENAULT

      Je n’avais pas lu vos derniers articles quand ils sont parus, car j’étais en voyage sans ordi et je ne suis rentré que le 7 mars. Je suis bien d’accord avec vous quand vous écrivez que le stress en entreprise n’est traité que de façon curative, et je suis bien d’accord avec votre analyse des causes de stress.

       

      Au delà des négociations actuelles, je souhaite comme vous que soit tenu un Grenelle de la santé en entreprise, suivi de recommandations afin de montrer que le stress est mauvais pour l’entreprise à tout point de vue, et que les principales causes résident dans les méthodes de management.

       

      De nombreux chefs d’entreprise s’imaginent, en toute bonne foi, que le stress favorise la productivité. C’est faux. Ils confondent stress et concentration au travail. Deming a écrit à ce sujet des choses remarquables qui mériteraient d’être mieux connues chez les partenaires sociaux (Hors de la crise, Economica 2002).


      • Jean-Louis RENAULT Jean-Louis RENAULT 9 mars 2008 10:58

        @cephale, vous avez tout à fait raison. La modification d’un système de management doit se conduire comme un projet. Ce n’est pas en dispensant des formations au middle management que l’on améliore une organisation. Trop souvent hélas les niveaux de top management ne sont pas impliquées dans les projets, pensant souvent à tort que les améliorations ne doivent porter que sur les niveaux inférieurs. On apprend ainsi à des niveaux de management intermédiaire à améliorer leur management, mais souvent leur enthousiasme fait place à une certaine frustration quand ils découvrent que le nouveau management qu’ils pratiquent n’est pas le même que celui qu’ils recoivent. L’analyse et la pratique systémique des "bons comportements" managériaux à encore du pain sur la planche.


      • Céphale Céphale 10 mars 2008 09:03

        En vacances, j’ai parcouru le dernier numéro de CAPITAL, ce qui m’a remis en tête une boutade entendue à la radio ces jours-ci : « un capitalisme honnête, c’est un oxymore (comme par exemple une obscure clarté) ».

         

        J’y ai pu lire un éloge des cabinets de conseil à la mode : Deloitte, McKinsey, Accenture, BCG, Mars... C’était à vomir.

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