Les banques dont la vocation était jadis d’être des lieux « confidentiels » sont à leur tour touchées par la vague des suicides au travail. Coup sur coup, c’est deux suicides qui sont révélés par la presse. Dans le même temps des accords signés depuis octobre 2004, mais toujours pas mis en application font l’objet de nouvelles négociations à compter du 7 avril.
L’hécatombe continue. Le 1er concerne un salarié de la banque HSBC
à Paris-La Défense qui s’est suicidé sur son lieu de travail en décembre
dernier et dont le corps n’a été retrouvé que le 2 janvier, plusieurs jours
après son suicide (information révélée entre autres par Le Parisien dans son
édition du 23 février). Aujourd’hui, on apprend qu’un autre salarié du secteur
bancaire : il s’agit cette fois de
Ces suicides que nous apprenons par la presse émanent en
général de grandes organisations professionnelles (Renault-Peugeot-
Depuis plusieurs années le traitement du stress en entreprise est souvent géré de manière curative. On intervient après et il est souvent trop tard. Même si rien ne permet de penser que ces suicides sur lieux de travail sont directement ou uniquement liés à des raisons professionnelles, ce geste ultime et le lieu où il se déroule ont peu de probabilités d’être sans lien avec la sphère professionnelle. Il est temps de traiter le stress en entreprise de manière préventive et non plus curative.
C’est d’ailleurs à partir du 7 avril que patronat et syndicats vont commencer ou, plutôt, poursuivre des négociations sur le sujet du stress au travail. Poursuivre, parce que ces négociations avaient débuté en octobre 2004 et avaient à l’époque donné lieu à la signature d’un accord-cadre européen qui n’a pas encore été mis en application en France.
Trois ans et demi plus tard, donc, ces négociations reprennent. Il y a tout lieu de penser que les plannings des participants devaient être assez chargés, sinon comment expliquer qu’il leur faille attendre plus de trois ans et près d’un millier de décès (Si l’on en croit Christian Larose cité plus haut) pour se remettre au boulot.
Il n’est pas difficile d’imaginer la souffrance hormis de la famille et des amis, des collaborateurs, collègues et patrons de ces suicidés du travail. A une époque où la notion de travail se dévalorise, de telles situations ne sont pas de nature à remonter le moral des ménages et à donner du sens au travail.
De grâce, Mesdames et Messieurs les partenaires sociaux, n’attendez pas trois ans pour faire mettre en oeuvre des mesures immédiatement applicables dans le monde professionnel. On parle là de vies humaines, mais aussi de pérennité sociale. Comment combler les vides abyssaux des fonds publics quand on sait que selon certaines études le coût de ce stress au travail serait en France de l’ordre de 51 milliards d’euros par an.
A vous lire sur le site de l’ANACT (Agence nationale pour
l’amélioration des conditions de travail), vous seriez déjà d’accord. Alors décidez et signez rapidement les mesures de mise
en application de cet accord. Vous ferez d’une pierre plusieurs coups :
vous contribuerez au progrès social, vous réduirez la charge publique, vous épargnerez
des vies, vous redonnerez du sens à l’action quotidienne de millions de salariés
des secteurs privés et publics et participerez par vos décisions à l’essor
économique par l’accroissement de la performance. Vous le savez, un salarié
épanoui sur son lieu de travail développe une contagion du bon, du bien et de
la performance. Le bien-être au travail ne nuit pas à l’intérêt économique, bien au contraire ! Il lui profite.

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