Terri Schiavo est maintenant décédée, soit 13 jours après le débranchement de son tube alimentaire. Est-ce vraiment la mort qu’elle souhaitait dans les circonstances ? Le système judiciaire le prétend et il a le dernier mot. Or, il y a lieu de questionner la légitimité de cette décision.
Le débat s’est limité à une opposition traditionnelle entre ceux qui, d’une part, croient qu’on ne devrait jamais mettre un terme à la vie d’un homme, peu importe les circonstances dans lesquelles il se trouve, et ceux qui, d’autre part, considèrent qu’il s’agit d’une décision personnelle. Or lorsque le système judiciaire décide de la vie ou de la mort d’une tierce personne, il ne s’agit plus d’une question strictement personnelle. De même, lorsqu’on maintient en vie un individu à l’aide de l’argent des contribuables, cela ne relève plus seulement d’un choix entre la vie et la mort.
La « droite religieuse » exige de l’État ? par conséquent des contribuables ? qu’il paie la note. De son côté, la « gauche progressiste » demande que ce débat reste dans la sphère familiale, mais ne voit aucune difficulté à ce que le système judiciaire prenne cette décision. Il faudrait se faire une idée ! C’est à la famille ou à l’État de décider ?
À vrai dire, la gauche et la droite désirent que l’euthanasie reste dans la sphère privée, mais personne n’est prêt à prendre les moyens pour ce faire, soit privatiser les soins de santé. Les impôts qui servent à les financer ne relèvent pas d’un désir personnel ou familial. Tant que l’État sera en charge du régime de santé, la décision ne relèvera pas de la sphère privée. Pour la même raison, on ne peut pas limiter ce débat à une question de vie ou de mort. Plus l’État s’accapare la liberté, plus la dignité humaine écope.
Le système judiciaire a décidé en faveur du mari de Terri, alors que celui-ci vit maintenant avec une autre femme dont il a eu deux enfants. Puisque Madame Schiavo n’avait pas de mandat d’inaptitude, déterminer ce qu’elle aurait fait dans ces circonstances relève de la spéculation qui, à son tour, ne relève pas de l’État. Si l’État ne défrayait pas les coûts des soins de santé, il reviendrait au cercle familial de prendre cette ultime décision comme le désire la plupart des gens. Il n’en tient qu’à nous d’être conséquent.

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