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Accueil du site > Actualités > Société > Thanatos beauté institut

Thanatos beauté institut

Comme chacun sait, l’activité économique est par nature fluctuante. Tôt ou tard, tous les secteurs connaissent des périodes de crise, synonymes de chute des profits pour les patrons et de licenciements pour les salariés... Tous sauf un : les pompes funèbres ! Les gens ayant le bon goût de décéder tout au long de l’année, on ne connaît pas de… morte saison dans cette vénérable institution. L’emploi y est stable et la rentabilité assurée.

Cela dit, l’évolution des mœurs a relégué la prospérité d’antan dans les profondeurs de la malle aux souvenirs. Les gens continuent certes de mourir, mais ils décèdent désormais à reculons, ils cassent leur pipe à contrecœur, en retardant le plus longtemps possible leur radiation définitive des fichiers de la Sécu, comme pour faire la nique aux professionnels du mortuaire, aux héritiers impatients et aux fonctionnaires de l’administration fiscale, désolés de voir se multiplier les déambulateurs au détriment des corbillards. En outre, la dépense consacrée aux funérailles n’est plus ce qu’elle était naguère ; désormais, le Français chipote, il a l’inhumation étriquée, l’enterrement chiche, le deuil mesquin !

En un mot, le Gaulois est devenu plus regardant sur les frais d’obsèques. Résultat : le superbe cercueil en chêne massif, capitonné de velours garance et assorti de rutilantes poignées en cuivre n’apparaît plus qu’en de rares occasions pour emporter, devant les objectifs de la presse people, la dépouille d’une star de la Jet Set ou celle d’un académicien, mort d’ennui au milieu des boiseries du quai Conti en abordant la lettre « Q » du dictionnaire*. En pratique, ce magnifique écrin, qui assurait naguère un confort incomparable dont jamais aucun défunt ne s’est plaint, n’existe plus que dans les catalogues. Il y remplit les mêmes fonctions que le somptueux cabriolet sport dans les brochures des constructeurs de bagnoles. La pin-up en moins.

Cette évolution est d’autant moins surprenante que, malgré la résistance des populations rurales – bien décidées à amortir au maximum de ses possibilités d’accueil le caveau de famille acheté naguère à prix d’or –, l’incinération (28% des décès en 2007) ne cesse de progresser, la multiplication des crématoriums sur le territoire national est là pour en témoigner. Dans de telles conditions, inutile de brûler du bois noble quand on peut se contenter de sapin, voire de pin à nœuds tout droit sorti de chez Brico Dépôt. En attendant sans doute la bière en aggloméré, voire en carton recyclé pour les bobos !

Du formaldéhyde dans les artères

Tout cela pour dire que, côté bénéfice, les sourires sont désormais plus crispés dans la corporation, encore que les perspectives s’annoncent bien meilleures dès 2010 si l’on en croit l’INSEE qui envisage un nombre de 550 000 décès contre une moyenne de 525 000 ces dernières années. La contraction des profits n’a d’ailleurs touché que les professionnels imprévoyants qui n’ont pas su grimper en cours de route dans le wagon de la modernité. Quel wagon ? Quelle modernité ? Un cadavre reste un cadavre et il n’existe pas cinquante méthodes pour le renvoyer à sa poussière d’origine. À moins que la modernité ne se niche dans la « cryogénie  » dont quelques officines américaines tirent un profit juteux en exploitant l’utopie d’illuminés pleins aux as et décidés à attendre dans une solution réfrigérante d’être un jour ressuscités par la science ? À moins, autre hypothèse, que la modernité ne se niche dans de grands et déjantés happenings funéraires avec pom-pom girls, mojito parties et techno parade ?

Il ne s’agit évidemment pas de cela, encore que ce dernier concept puisse connaître un certain succès, pour peu qu’il soit lancé par quelque star du show-biz en mal de provocation posthume. En l’occurrence, le « wagon de la modernité » tient en un mot : thanatopraxie (de Thanatos, dieu grec de la mort, et praxis, pratique). Si les familles sont désormais plus regardantes sur la facturation des cercueils, des urnes funéraires ou de la compassion affectée des croque-morts, elles souhaitent en revanche, lorsque leurs moyens financiers le permettent, pouvoir offrir à domicile au regard des parents ou des amis un défunt dont tous garderont une image naturelle et reposée.

La thanatopraxie répond précisément à cette attente, en retardant la thanatomorphose (le processus de putréfaction du corps) et en prenant en charge les soins esthétiques du visage, voire sa reconstruction lorsque celui-ci a subi des altérations, la cire ayant désormais remplacé les bouts de chair prélevés naguère par les pionniers, d’un coup de scalpel précis, sur les parties charnues non apparentes du défunt. Le plus souvent utilisée dans le cadre familial, la thanatopraxie peut l’être également, à la demande des autorités, dans un cadre plus officiel au profit d’une personnalité de premier plan dont la dépouille est destinée à être exposée plus longuement. Et le résultat peut se révéler saisissant, le défunt ayant parfois bien meilleure mine que les vivants pâlichons qui l’entourent.

En quoi consiste l’action du thanatopracteur ? En résumé**, à injecter, au moyen de cathéters, du formol*** dans l’artère carotidienne en assurant l’évacuation simultanée du sang par la veine jugulaire. Ensuite vient l’étape la plus rebutante : l’élimination des liquides et des gaz contenus dans le corps. Cette opération se fait au moyen d’une pompe via une incision pratiquée près du nombril. Les praticiens disposent pour cette phase d’un masque anti-odeur à filtre à charbon très efficace. Cette évacuation faite, le thanatopracteur injecte par la même voie la quantité de liquide formolé nécessaire au remplissage des cavités, dans le but de ralentir la prolifération bactérienne et retarder du même coup le processus de putréfaction. Enfin, après une asepsie des orifices et la fermeture des incisions, le thanatopracteur procède à la toilette du cadavre, à l’habillage et au maquillage du visage. La présentation peut commencer, après… aération du local !

Le cœur bien accroché

On recense désormais plus de 700 thanatopracteurs diplômés d’état en France. Environ un tiers sont des femmes, et ce pourcentage ne cesse d’augmenter, au point qu’elles seront sans doute majoritaires dans dix ans, malgré les difficultés qu’elles peuvent rencontrer dans la manipulation des corps. La raison de cette féminisation est sans doute liée à la plus grande capacité d’empathie des femmes exerçant ce difficile métier avec les familles en deuil, mais aussi à la part grandissante qu’ont pris, au fil du temps, le maquillage et la coiffure des défunts.

À cet égard, et contrairement à l’idée que l’on pourrait s’en faire, les aspirants-embaumeurs choisissent la thanatopraxie de leur plein gré, et bien peu sont des tristes faces, obnubilées par la danse macabre. Aucune étude sérieuse n’indique toutefois ce qui les a motivés à faire ce choix. Pas plus que ne sont expliquées les motivations des médecins-légistes ! Il faut pourtant avoir le cœur bien accroché en début du cursus pratique de la formation de thanatopracteur, les élèves étant – en général dès les premières heures – délibérément mis en présence de cadavres peu ragoûtants dans un IML (Institut Médicolégal) pour tester leur résistance à la répulsion sous l’œil amusé des employés. Pas de problème en revanche avec la formation théorique (150 heures contre 200 heures de pratique), faite notamment de cours d’anatomie, de médecine légale, de technique de conservation des corps, d’histologie, d’hygiène médicale, de règlementation et de sciences humaines de la mort. Avis aux amateurs et aux amatrices : la profession recrute !

De nos jours, la thanatopraxie intervient dans près du quart des décès en France, principalement pour des raisons de présentation. Acceptée par les religions chrétiennes, cette technique est rejetée par le bouddhisme, l’islam et le judaïsme – à l’exception des transferts mortuaires vers Israël et certains pays musulmans. De manière générale, la thanatopraxie apporte un réel progrès dans l’approche du deuil par les familles. Et plus que le salaire du praticien, voire le pourboire qui récompense parfois certaines interventions, c’est le regard ému, parfois bouleversé, des proches qui constitue pour le thanatopracteur la plus belle récompense : ils avaient laissé un cadavre entre les mains d’un(e) inconnu(e), ils retrouvent un parent au teint frais et au visage apaisé, comme s’il venait de s’assoupir. Ils se mettent alors à parler bas, pour ne pas le réveiller…

 

* Un peu prématuré : les académiciens en étaient toujours à la lettre « P » le 23 juin 2009, date de leur dernière publication, et plus précisément au mot « pommette » !

** Ce paragraphe a déjà été utilisé dans l’article intitulé « Quand Lady Di s’appelait… Patricia ».

*** En réalité, un liquide composé de formaldéhyde (en général 20 à 30%), de méthanol, de glycol, de phénol et d’éosine.


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26 réactions à cet article    


  • Gül 29 septembre 2009 10:30

    Bonjour Fergus,

    Il fallait oser aborder ce sujet délicat auquel nous sommes pourtant tous un jour ou l’autre confrontés, acteurs ou tristes spectateurs.

    Et tu l’as fait avec beaucoup de talent ; Une dose d’humour, de l’info brute de décoffrage (pardon !....), un regard sur une « drôle » de profession.

    Je ne sais pas comment on arrive à la pratiquer, honnêtement je crois que je ne pourrais pas.

    On ne peut que les remercier du boulot qu’ils (elles) font dans le sens où la dignité est, grâce à eux, préservée au delà du dernier souffle. Le résultat est admirable et ça a ce quelque chose de réconfortant presque, de voir l’être aimé reposer paisiblement, souriant, enfin extrait de cette fin de vie qui déformait ses traits.

    Merci d’avoir levé le voile sur les petites mains de l’Après, comme en haute couture, sans elles, pas de beauté même s’il elle n’est plus que virtuelle.

    Amicalement.


    • Fergus Fergus 29 septembre 2009 10:57

      Salut, Gül, et merci pour ton commentaire.

      Je ne crois pas, moi non plus, que j’aurais pu exercer ce métier. Mais c’est un fait qu’il attire de plus en plus de volontaires, non par goût pour le macabre, mais probablement parce qu’il est plutôt bien rémunéré et, pour un bon professionnel, quasiment pas exposé au chômage en raison du succès grandissant de la thanatopraxie.

      Chez les hommes, ce sont essentiellement des employés des pompes funèbres qui sautent le pas, mais également des aides-soignants, déjà armés contre les déchéances physiques et condamnés dans leur carrière à rester à un poste subalterne.

      Chez les femmes, des aides-soignantes également (pour les mêmes raisons), mais aussi des transfuges de salon d’esthétique ou de coiffure.

      Personnellement, je crois moi aussi que c’est un réel progrès parce qu’il permet une « présentation » du mort qui s’avérait souvent difficile, voire totalement impossible, dans le passé. Qui plus est, le défunt, après être sorti des mains du praticien, présente un aspect réellement naturel et parfaitement détendu qui permet aux proches de graver dans leur mémoire une image positive particulièrement importante pour l’accomplissement du deuil. 

      Je te souhaite une excellente journée. 


    • Lapa Lapa 29 septembre 2009 11:07

      la mort tout un business ! Si l’on naît gratuitement, il n’en n’est pas de même pour la fin du voyage !
      Merci pour l’article qui nous éclaire sur cette profession d’avenir (bon perso je pourrai pas non plus ^^ )


      • Fergus Fergus 29 septembre 2009 11:13

        Bonjour, Lapa. Il est vrai que la mort est un très bon business qui a souvent donné lieu à des abus de la part de professionnels peu scrupuleux. Un business où certaines prestations sont facturées de manière excessives quand d’autres répondent à un véritable travail de spécialistes au service des familles. C’est le cas de la thanatopraxie.


      • c.d.g. 29 septembre 2009 14:05

        super, comme ca meme mort, on a une realite arrangee ...
        La chirurgie esthetique meme pour les morts !
        qu est qu il restera d authentique sur Terre d ici quelque temps ?

        L auteur oublie quand meme de dire que tous les produits qu on injecte dans les morts c est extremement toxique et ca pollue un maximum.

        Tout ce cinema, est ce vraiment utile ?
        Vous voudriez vous faire empailler/momifier vous ?


        • Gül 29 septembre 2009 14:18

          c.d.g.,

          Vous vous révoltez contre une pratique qui est pourtant un avancement dans le respect de la dignité humaine !

          Vous pensez que c’est bien de laisser un cadavre dans l’état éventuel de délabrement où il peut se trouver ? Que ce soit suite à un accident, une maladie, peu importe, on ne choisit pas dans quel état on meurt.

          Pour la famille, les proches, tout particulièrement les enfants, je vous assure qu’il est préférable de voir le défunts paré de jolis habits, coiffé, maquillé, l’air serein plutôt que la bouche grande ouverte du dernier souffle, les traits tirés par la douleur, voire le visage déformé par les blessures...

          Pour ce qui est de la pollution, il y a sûrement des possibilités moins nocives que celles décrites ici. Rappelez-vous que le principe de conservation des morts est antediluvien (voir les principes de momification des égyptiens entre autres exemples).


        • Fergus Fergus 29 septembre 2009 14:39

          Bonjour, c.d.g.

          La thanatopraxie ne fait pas de « chirurgie esthétique ». Lorsqu’un praticien intervient pour de la reconstitution de visage, c’est pour compenser les conséquences de blessures occasionnées lors d’un accident fatal, en aucun cas pour modifier un visage. Pour sa partie visible, le reste de l’intervention consiste en de l’habillage, de la coiffure et un discret maquillage destiné à redonner au défunt une apparence de naturel et de paix. Où est le problème ? A cet égard, je rejoins Gül dans son commentaire tant ce qu’elle a écrit est juste et emprunt d’empathie pour les familles endeuillées.

          Pour ce qui est des techniques, nul doute qu’elles évolueront vers l’emploi de produits moins polluants, mais aussi et surtout moins nocifs pour les thanatopracteurs actuellement exposés, pour ceux qui n’y prennent pas garde, aux effets cancérigènes du formaldéhyde et autres composants pas très sympathiques.

          Enfin, il ne s’agit ni d’empailler ni de momifier les corps, mais de leur redonner une apparence présentable pour quelques heures (au mieux deux jours) avant de les inhumer ou de les incinérer.

          Merci de votre contribution.


          • ASINUS 29 septembre 2009 14:40

            Puis je regarderais le haut de ma colline,
            qui danse , qui se devine qui finit par sombrer.
            Et dans l odeur des fleurs qui bientot s’eteindra,
            je sais que j’aurais peur une derniere fois.

            J Brel



            yep


            • Fergus Fergus 29 septembre 2009 16:16

              Bonjour, Asinus.

              Au chapitre musique, j’aime également beaucoup Lady d’Arbanville de Cat Stevens (avant qu’il ne vire islamiste). Superbe dans sa version originale, mais aussi dans celle, peut-être encore plus émouvante, chantée en italien par Gigliola Cinquetti.


            • ASINUS 29 septembre 2009 16:43

              yep fergus ,c etais maniere de saluer votre article , sur ce theme il y a une serie us assez décalée
              « six feet under »


            • Surya Surya 29 septembre 2009 16:01

              Bonjour Fergus,

              Oui en effet, c’est un sujet pas facile à aborder, et vous l’avez fait avec beaucoup de naturel, (parce que finalement qu’on le veuille ou non, la mort c’est naturel, et c’est la seule certitude qu’on aura jamais dans la vie : on nait, on vit, on meurt, et puis après la mort, là ça devient culturel, on est incinéré, enterré, on se réincarne ou pas...). De naturel, donc, et de tact, et puis comme dit Gul, la pointe d’humour qui dédramatise.

              La conservation des morts, ça me fait penser à Ravage de Barjavel, pour ceux qui ne l’ont pas lu, désolée si mes souvenirs sont un peu anciens mais ça fait longtemps que je l’ai lu : dans la société qu’il décrit, les morts étaient super bien conservés dans des sortes de pièces en verre au milieu du salon, frigorifiés, je crois, dans des attitudes de leur vie quotidienne, par exemple assis à leur bureau en train d’écrire une lettre, et puis un jour, brutalement énorme panne d’électricité générale, et là tout s’effondre, et en ce qui les concerne, en quelques minutes ils prennent un aspect...

              Personnellement c’est clair que ce n’est pas un métier que je pourrais faire, vu que j’ai déjà du mal à écrire un commentaire à ce sujet sur votre article. C’est peut être une question d’habitude finalement, et je suppose qu’humainement parlant, aider les familles à mieux affronter leur douleur doit être vraiment gratifiant, mais je crois que c’est, au delà de l’habitude à prendre, le courage d’être en permanence plongée dans cette ambiance que je n’aurais sûrement pas. Je ne sais pas si je saurais cloisonner et passer à autre chose comme dans des métiers moins difficiles, une fois ma journée de travail terminée.


              • Fergus Fergus 29 septembre 2009 16:47

                Bonjour, Surya.

                L’humour n’est heureusement pas incompatible avec le respect des morts. C’est pour cette raison que j’ai choisi d’aborder le sujet de cette manière plutôt que de plonger d’emblée dans des considérations forcément plus macabres.

                Ce qui compte avant tout dans la thanatopraxie, c’est sa finalité : le réconfort qu’apporte aux familles le « traitement » (terme professionnel) du défunt. Et si de nombreux thanatopracteurs ont choisi ce métier par goût de l’indépendance ou pour améliorer leurs revenus, tous comprennent très vite que leur mission est chargée d’une importante dimension affective pour l’entourage des morts. Une mission « gratifiante » comme vous l’avez justement écrit.

                Pour ce qui est de « cloisonner », je ne sais pas, honnêtement, si tous y parviennent. sans doute certains doivent-ils éprouver quelques difficultés. Mais une chose est sûre : la majorité semble y parvenir sans trop de difficultés, au même titre que les employés d’IML. De l’avis d’une thanatopractrice que je connais bien, les seuls moments véritablement difficiles concernent le traitement des jeunes enfants. Impossible dans ces cas-là de s’exonérer totalement de l’émotion. Mais cela vaut également pour les soignants des services pédiatriques.

                Je n’ai jamais lu Ravage, mais je le note en vue de ma prochaine incursion à la bibliothèque.


              • brieli67 29 septembre 2009 19:15
                Les Monty Python sont passés par là

                http://www.youtube.com/watch?v=vWWg5shNWR4

              • Georges Yang 29 septembre 2009 16:32

                Fergus, il faut de sacrés moyens financier pour mourir en beauté !


                • Fergus Fergus 29 septembre 2009 17:03

                  Bonjour, Georges.

                  Vous avez raison, « mourir en beauté » peut coûter cher. Encore que l’on peut se contenter, pour une présentation limitée dans le temps, d’un simple maquillage du défunt effectué par un(e) ami(e), une coiffeuse ou une esthéticienne du voisinage.

                  Pour un « traitement » complet dans les règles de l’art, je ne connais pas les tarifs, et ils diffèrent d’une entreprise à l’autre. Mais grosso modo, le coût doit actuellement approcher les 300 euros, ce qui n’est effectivement pas accessible à tous les budgets.

                  La plupart des interventions avaient d’ailleurs lieu naguère dans les « beaux quartiers » et concernaient essentiellement les milieux aisés. Désormais, ce n’est plus le cas, et les thanatopracteurs interviennent également dans les quartiers populaires à la demande de familles appartenant aux classes moyennes.


                • brieli67 29 septembre 2009 19:10

                  http://fr.wikipedia.org/wiki/Datation_des_cadavres

                  ça se dégrade très très vite.

                  http://fr.wikipedia.org/wiki/Datation_des_cadavres
                  On comprend l’enfouissement dans la journée en Afrique.

                  Chez les parpaillots, pas de pleureuses ni d’extrême onction, on toilette et puis on ferme la boîte définitivement. Et celà depuis des siècles...

                  La bière « et son jus potentiel » n’entre pas au Temple. Le pasteur n’évoque que peu le défunt lors du sermon, d’ailleurs.

                  Congélos et frigos ont changé la donne.
                  Me souviens d’un enterrement en Bavière catholique profonde début des années 70 à la mi-août ... Le bonshomme de 3 quintaux (15okg) s’est délité devant l’autel.


                  • Fergus Fergus 29 septembre 2009 19:19

                    Bonjour et merci pour ces liens, Brieli.
                    Je ne connaissais pas ’l« Ecological burial » scandinave.
                    Pour ce qui est des parpaillots (en effet plus prudents avec les cadavres que les catholiques), ils sont de plus en plus nombreux à recourir à la thanatopraxie, précisément parce qu’elle permet de différer l’inhumation ou la crémation d’un corps.


                  • brieli67 29 septembre 2009 20:22

                    Des sources des liens des références SVP !! 


                    Prosecteur tu connais ? http://fr.wikipedia.org/wiki/Prosecteur

                    Depuis 18 ans presque ...
                    Pas d’honoraires, pas d’indemnisations 
                    et comm d’hab ce sera aux tarifs d’antan. montant non indexé 
                    et à coucher sur la feuille de revenus de l’année. 

                    « Commis d’office » par le Préfet sur une liste, véhiculé et encadré par la maréchaussée.
                    Et se taire de ce qu’on a vu, lu et entendu. 
                     




                  • gruni gruni 29 septembre 2009 19:39

                    Bonsoir Fergus.

                    Un article documentaire intéressant traité avec tact et un humour mesuré .
                    Personnellement quand je pense à un proche décédé, c’est souvent cette dernière image d’un corps reposant en paix dans son cercueil qui me vient à l’esprit . Il est donc important que cette image soit belle .
                    Merci à cette profession.


                    • Fergus Fergus 29 septembre 2009 19:43

                      Bonsoir, Gruni, et merci pour votre commentaire.

                      En quelques mots, vous avez parfaitement résumé l’intérêt de la thanatopraxie et ce que l’on doit aux professionnels qui exercent ce difficile métier.


                    • brieli67 29 septembre 2009 20:48

                      Allons Allons

                       Tout cadavre au CHU passe par les nécrobs des services d’Anapath....
                      Même mort le corps parle encore.....
                      Pour le carabin, qui se donne la peine de« pratiquer » un semestre, en voyant en palpant sous la peau et le scalp le« substrat » assimilera définitivement étiologies symptômes, syndromes les plus abscons....

                      Sûr les premières semaines, on charcute tout son entourage.... la nuit. En grande majorité ils sont moniteurs de TP et de TD d’anat normale..... l’étudiant dessine la coupe/préparation devant lui et le Mono passe, annote le crobard en faisant un rappel du cours....
                      C’est tout un rituel.... les autopsies....


                    • abedul 30 septembre 2009 09:04

                      Bonjour,

                      Si je peux me permettre, en tant que thanatopracteur diplômé national, l’approche de cet article est pas mal pour un profane externe au monde si hermétique et particulier dans lequel j’évolue. Toutefois quelques éléments sont faux, mais dans l’ensemble, la description de la pratique est à peu près correspondante à une part de réalité. Par exemple, il semblerait que l’auteur de l’article se soit inspiré de lectures anglo-saxones, où de récits de vieux praticiens français, car comme il a été écrit, le sang n’est plus (depuis presque 15 ans) récupéré par la veine jugulaire en France - cette technique n’est plus très usitée chez nous pour diverses raisons d’hygiène et de réglementation - mais par une ponction cardiaque, représentant en cela une « french touch », jalousée et critiquée par nos amis anglo-saxons. Je ne parlerai pas des divers chiffres donnés dans l’article qui ne sont pas « up to date ». Enfin, je tiens à préciser surtout que contrairement à ce qui a été écrit (et c’est pour cela que j’interviens), à la fin d’un soin de conservation, la quantité présente en formaldéhyde dans l’organisme du défunt (dans les standards français) n’est pas supérieur à 1%. Autant dire à titre de comparaison, que l’on compte plus d’alcool (qui est aussi un aldéhyde) dans le sang d’un certain nombre de personnes vivantes (non négligeable au vu du nombre de cancers du foie que l’on rencontre tous les jours sur une table de thanatopraxie) que dans celui des défunts ayant reçus des soins à l’instant « T » de leur obsèques. 
                      Il y a beaucoup encore à dire sur le sujet, mais n’étant pas un fan des forums en tout genre, je suis donc désolé de ne pas répondre à d’éventuelles questions. 

                      • Fergus Fergus 30 septembre 2009 09:48

                        Bonjour, Abedul, et merci pour ce commentaire.

                        Contrairement à ce que vous écrivez, je n’ai pris aucun renseignement sur un site anglo-saxon (précisément parce que l’approche est différente), mais uniquement auprès d’organismes français (AFIF, Société de Thanatologie, France-Obsèques, INSEE) sans compter des témoignages récents (et même actuels) de praticiens.

                        Cela dit, je ne conteste pas que les techniques aient pu évoluer dans certains cas et dans certaines entreprises. De même qu’il est possible que j’aie pu commettre quelques erreurs dans la description de l’intervention. Mais l’aspect technique n’était pas véritablement au coeur de mon article, bien qu’il prenne une place importante. Le but était avant tout de démontrer l’utilité sociale d’une pratique qui prend une place de plus en plus importante dans l’accompagnement du deuil.

                        Je ne manquerai pas de transmettre vos observations à une thanatopractrice de mes amies qui ne manquera pas, elle, de me tirer les oreilles si j’ai commis trop de bourdes.


                      • Yohan Yohan 4 octobre 2009 19:02

                        Salut Fergus
                        Le sujet est délicat, pas évident de s’y coller.
                        Je préfère garder un souvenir du bonhomme vivant que mort fardé. Le corps mort n’est qu’une dépouille. A quoi bon s’acharner pour le faire revivre quelques minutes aux yeux de ceux qui vont le mettre bientôt en terre. Entourons le d’un voile pudique, plutôt que de le remplir de formol par toutes les coutures. Le formol a un côté glauque, mettez y plutôt un bourbon 30 ans d’âge


                        • Fergus Fergus 5 octobre 2009 09:12

                          Bonjour, Yohan.

                          D’accord avec toi à titre personnel. 
                           
                          Cela dit, je me mets à la place des familles qui tiennent à faire une présentation du défunt pour répondre aux demandes de la parentèle ou pour respecter des usages parfois très ancrés dans leur culture.

                          Une présentation qui, dans de nombreux cas, serait rendue difficile, voire impossible, en raison de l’état du cadavre ou de la chaleur ambiante*, aux parents ayant à effectuer de longues distances pour parvenir au domicile du mort. Or cet éloignement est, de facto, devenu beaucoup plus problématique de nos jours avec l’essaimage des enfants en France et à l’étranger.

                          Quant au bourbon, plutôt le garder pour les vivants !

                          * Pour ce qui est des corps présentés dans les IML ou les chambres mortuaires des entreprises spécialisées, ce problème est contourné pr l’utilisation de table réfrigérantes.

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