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Tintin au pays des grévistes

Nous connaissions Tintin au pays des soviets, l’URSS des années 20, voici maintenant Tintin au pays des grévistes. Un reporter dans le feu de l’action qui lutte contre l’hégémonie des syndicats dans les transports et s’oppose à une mafia corporatiste et fonctionnarisée.

Ce matin, les agents conducteurs de la ligne B du RER ont exercé un droit de retrait. Bizarrement, il s’agit du même que celui choisi par les syndicats pour faire une grève. Raisonnée ou raisonnable, cette grève n’en reste pas moins une prise en otages de millions de clients qui prennent chaque jours cette ligne de transport en commun. A plusieurs titres, elle constitue un handicap et une folie en temps de crise.
Gare de Denfert Rochereau - 08/11/2011
Prise en otage, non l’expression n’est pas trop forte. Quand vous multipliez par deux ou trois le temps de trajet des millions de voyageurs pour défendre votre intérêt personnel, il s’agit d’une prise en otage. De surcroit quand cette grève sert d’instrument de négociation –dans le meilleur des mondes- ou de pression. Cette prise en otage est d’autant plus illégitime qu’elle s’exerce sur de pauvres innocents. Pauvres car celles et ceux qui prennent les transports en commun le font par obligation. Restent quelques rares illuminés qui se gargarisent de l’utilisation des « transports populaires » pour faire comme tout le monde. Innocents parce qu’ils ne demandent rien à personne que de travailler. D’autant que ce travail tend à se raréfier en France et en Europe.
 
Mais pourquoi donc est-ce un handicap que ce droit de grève ? Au delà des aspects idéologiques qui mènent les centrales à défendre la révolution plutôt que la négociation, il s’agit clairement d’un moyen de nuire à nos entreprises et donc à la création d’emploi dans notre pays. Cette nuisance est d’autant plus pernicieuse qu’elle se drape de liberté d’expression. Qui pourrait comparer les révolutions arabes et l’opposition à l’entrée de trains étrangers sur le réseau ferré français ? Cette attitude est d’autant plus incompréhensible que les salariés sont confrontés tous les jours aux exigences du dialogue social. Les contraintes légales deviennent tellement lourdes que plus personne n’échappe à la négociation d’accord pour tel ou tel sujet. Dans la quasi-totalité des cas, il s’agit de salariés non syndiqués qui en bonne intelligence avec leur direction orientent et enrichissent les politiques sociales de l’entreprise. Dans la majorité des cas, le dialogue social est une coopération et non une opposition.
Gare de Denfert Rochereau - 08/11/2011
Cette posture syndicale révèle véritablement du coup de folie pour deux raisons. L’une étant ponctuelle, l’autre d’ordre plus général. D’un point de vue ponctuel, il n’a échappé à personne que nous sommes en crise. Crise de la dette des Etats certes, mais crise quand même. Il n’a échappé à personne n’ont plus que l’Etat ne compte pas supprimer les délégations de personnel et les subventions folles données aux syndicats pour diminuer ses dépenses. Non, l’Etat touche aux retraites, il augmente les taxes et surtout les impôts des grandes entreprises. En somme, en temps de crise, l’Etat compte sur l’économie et principalement sur les entreprises pour renflouer ses caisses. C’est un fait.
 
Dans ce contexte, les grèves ne vont certainement pas aider les entreprises. Au contraire, un salarié fatigué –voire irrité- par son temps de transport, sera toujours moins productif. Goutte d’eau, diront les syndicats ? Mais goutte d’eau multipliée par les millions d’actifs parisiens, on s’approche de la rivière en crue !
 
D’un point de vue général, et c’est sans doute le plus grave, quelle image donne-t-on de la France ? Dans l’entreprise, il n’est pas un collègue étranger qui ne se soit retrouvé bloqué dans les grèves. Pis, c’est tellement récurant qu’ils les croient quotidiennes !! Cette atteinte à l’image de la France nuit de facto à nos exportations, à notre attractivité et contribue à la fuite de nos talents. Ce n’est pas ainsi que l’économie française va se relancer ! Il convient donc d’affirmer que cette grève aussi légitime soit-elle, constitue un suicide collectif à l’autel de bas intérêts catégoriels.
par André Lagache mercredi 9 novembre 2011 - 83 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Gabriel (xxx.xxx.xxx.98) 9 novembre 2011 09:49
    Gabriel

    Monsieur le DRH spécialiste dans le recrutement et le licenciement, peut-être qu’un jour vous arriverez à comprendre que ceux qui défendent leurs droits chèrement acquis aux files des années et de nombreuses luttes, le font parce que le bonheur, ce n’est pas forcement la rentabilité à tout prix faite sur le dos des travailleurs en créant des chômeurs.

  • Par zdf (xxx.xxx.xxx.116) 9 novembre 2011 12:36

    L’incompréhension dont vous faites preuve dans vos réponses face aux commentaires montre à lui seul comment il doit être difficile, voire impossible de dialoguer avec vous. Je plains les salariés qui sont sous votre coupe.
    Il vous manque une donnée essentielle pour bâtir un jugement sur la situation sociale de la France. Ce que vous appelez un "climat social rude".
    Visiblement, vous n’avez jamais vécu à la place d’un petit salarié payé au SMIC, faisant un boulot ingrat, sans possibilité d’évolution, dont les talents et compétences ne seront jamais reconnus par sa hiérarchie, par son DRH et qui s’accroche en fermant sa gueule parce qu’il sait que c’est ça ou le pôle emploi et la dégringolade sociale finale.
    Vous n’avez jamais vécu cela, vous n’avez jamais côtoyé ce genre de personne et ne le ferait jamais. Je me trompe ?
    Pour autant ce profil que je décris est très fortement représenté dans la France actuelle. D’où l’on peut déduire que vous ne connaissez pas la France actuelle, et son "climat social rude". Tout cela est très virtuel pour vous.
    Je parierais plutôt que la représentation que vous vous en faite est tirée de vos lectures dans le Figaro magazine et autre "grands journaux".
    Comment dès lors espérer de vous compreniez le sens du mot grève ?
    Vous est-il arrivé d’ouvrir un jour un livre d’histoire afin de vous intéresser aux évolutions du monde du travail en France et ailleurs ?
    Vous n’auriez pas manqué de voir que les grèves sont ce qui a permis un nombre important d’avancées sociales. Le patronat n’a jamais, historiquement parlant, été prêt à céder quoi que ce soit par un simple dialogue poli.
    Il y a eu des grèves, il y a eu des morts avant que le patronat ne concède quelques faveurs à ses salariés. Il y a eu une vrai lutte.
    Et l’amalgame que vous faite : grève = prise d’otage stérile est une insulte à la mémoire de ces gens qui ont combattu (et parfois donnée leur vie) pour les avancées sociales dont a bénéficié la France.
    L’instauration de la journée de grève du 1er mai en 1889 pour aboutir à la journée de 8h.
    Grève générale de 1936 pour les congés payés.

    Vous prenez le temps pour écrire un article sur agoravox, c’est bien. Faites mieux : prenez le temps de vous instruire.

  • Par Fergus (xxx.xxx.xxx.185) 9 novembre 2011 10:22
    Fergus

    Bonjour, André.

    Si j’ai bien compris votre message :
    1) période de vaches grasses, grève inopportune car non justifiée ;
    2) période de crise, grève inopportune car économiquement pénalisante.

    En résumé, la grève est toujours inopportune et par conséquent inacceptable pour les "pris en otage". Encore bravo pour un DRH. Il est vrai qu’il en existe deux sortes : ceux qui essaient de metter de l’huile dans les rouages en facilitant le dialogue social, et ceux qui sont de vulgaires suppôts du patron, chargés de mettre en place ses décisions unilatéralement.

    Qu’un DRH puisse parler de "pris en otage" est extrêmement choquant !

  • Par dhbasse (xxx.xxx.xxx.226) 9 novembre 2011 09:33
    dhbasse

    prise d’otage... je ne vous souhaite pas être pris un jour réellement en otage avec une arme braquée sur la tête... ou peut être que si finalement, vous verriez la différence...

    sinon pour votre texte, je pense que vous pouvez le présenter aux prochaines journée de l’UMP, il est bien démagogique et ridicule, dans la bonne lignée de ce que nous ressasse le gouvernement... ( au fait, vous avez oublié de taper sur les fonctionnaires)

    au fait, ça fait 40 ans que je suis usager du RER et chaque grève me fait chier, mais c’est grâce à ces mouvements revendicatifs, et à de nombreux autres, que nous ne sommes pas tous déjà totalement esclaves du système injuste que vous défendez... alors vive la grève !

     

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