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Accueil du site > Actualités > Société > Travailler à la campagne : un marché du travail spécialisé ?

Travailler à la campagne : un marché du travail spécialisé ?

Je suis abonné, depuis deux ou trois ans, à une liste d’offres d’emplois APEC. Les propositions, envoyées quotidiennement, sont ventilées en deux régions : Paris/Ile-de-France et le Centre.

Un recul de plusieurs années de réception de ces annonces permet de se faire une opinion sur le type de postes proposés en secteur rural.

Je vous livre mon retour d’expérience personnel.

Les mots-clés définis dans mes deux profils APEC, pour la région Centre sont :

1) conseil, consultant, conseil en management, organisation, marketing, direction, commercial
2) adjoint, direction, responsable, marketing, développement, commercial, PME, PMI.

Il s’agit de profils de type "cadre".

Quelques constats personnels :

A poste équivalent, sur la région Paris/Ile-de-France, les opportunités d’emploi de la région Centre sont :

1) moins nombreuses
2) avec un montant de rémunération de 30 à 50% inférieur
3) en général assez éloignées de mon lieu de résidence campagnard
4) plutôt spécialisées. Par exemple : "Responsable de production H/F pour une PME spécialisée dans la production de composants passifs en petites et moyennes séries" ou, autre exemple, "Ingénieur RD Matériaux / Calculs H/F pour une filiale allemande spécialisée dans les freins à disque industriels" 
5) relativement sectorisées. Par exemple, les secteurs qui recrutent le plus sont la grande distribution, les banques, les assurances, les agences d’intérim plutôt pour des postes en rapport avec la clientèle (chefs de rayon, commerciaux itinérants, conseillers commerciaux).

J’en tire, comme principal enseignement, que pour conserver, dans le Centre, le même type de poste que celui exercé actuellement en CDI en région parisienne, il faut s’armer de beaucoup de patience. Trouver un poste équivalent, bien que moins bien rémunéré, reste toutefois possible. On ne peut pas tout à fait exclure le facteur chance ! Toutefois, en parallèle d’une démarche de recherche d’emploi classique, je me suis mis à étudier un ensemble de formules alternatives.

Voici quelques pistes méritant une attention particulière.
Nous pourrons parler des avantages / inconvénients de chacune de ces formules dans un prochain billet.

Télétravail (on tombe sur des offres d’emploi de type "commercial sédentaire" qui proposent le "Home Office", littéralement "le bureau à la maison"), indépendant (à son compte), intérim, conserver un emploi dans une grande ville régionale (en acceptant d’effectuer des allers-retours quotidiens de plusieurs heures), activités rémunératrices d’appoint : - boursicoter en ligne si vous avez un capital disponible
- services à la personne (dépannages, jardinage, garde, cours à domicile)
- gîte rural (pour certains d’entre vous)
- implication dans le développement d’une association.

Conclusion :

L’un des principaux défis, lorsqu’on a un projet de vie à la campagne, est d’une part, de parvenir à maintenir une activité salariée suffisante pour ne pas sombrer dans une précarité qui transformerait votre rêve de campagne en cauchemar, et, d’autre part, d’imaginer de diversifier ses sources de revenus en cumulant plusieurs activités.

Bien sûr, on constate que le coût de la vie à la campagne est en général moins élevé qu’en ville. La propension à consommer est moindre, et on obtient souvent de bons plans (produits du potager, bois de chauffage, etc.) par le réseau des voisins. Toutefois, la situation au regard de l’emploi en milieu rural nécessite davantage de flexibilité, dans son état d’esprit comme dans son parcours professionnel. Comme indiqué dans une précédente note (Principe 1.1 : assurer une continuité professionnelle ou se reconvertir), certaines professions sont plus avantagées que d’autres au départ.

Pour vous aider à déterminer quel niveau de vie vous sera nécessaire, si vous envisagez de basculer vers la campagne, je mettrai très prochainement à disposition des lecteurs du blog une sorte de "simulateur" Excel. Il s’agit d’une feuille de calcul permettant de prévoir ce que rapporte et coûte votre mode de vie urbain, et de le comparer avec celui que vous auriez à la campagne. Bien évidemment, comme l’aspect financier n’est pas l’unique motivation de ceux qui ont un projet de vie rural, ce simulateur vous permettra de comparer, de façon totalement subjective puisque c’est vous qui évaluez, selon votre propre perception des choses, les paramètres qualitatifs des deux modes de vie ville / campagne sur une échelle de valeurs non financière. L’analyse la plus fine sera possible pour ceux qui ont leur logement principal en ville et une résidence secondaire à la campagne, et qui ont donc une bonne vision des deux modes de vie. Pour les autres, n’hésitez pas à demander des points de références directement dans le blog. Il y aura sûrement quelqu’un de passage qui fera part de son point de vue personnel.

L’application sera accompagnée d’un cadre d’utilisation (ses possibilités et ses limites) et d’un mode d’emploi.
C’est une version beta. Je l’améliorerai dans la mesure où vous ferez parvenir vos remarques.


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2 réactions à cet article    


  • terreaterre (---.---.36.152) 3 février 2006 15:59

    Règle Numéro 1 : S’installer dans une localité où il existe une réelle volonté de développement économique et son corollaire ne pas s’installer dans une localité où les élus bloquent toutes initiatives d’installation de nouvelle entreprise ce qui est un cas fréquent dans le monde rural où la fonction est conçue comme monopole et les nouveaux entrepreneurs perçus comme des rivaux potentiels par les élus. Si à cela vous ajoutez la crainte de surenchère salariale qui obligeraient les notables à payer mieux que le SMIC vous aurez une bonne perception de la réalité de la France profonde. Il convient donc de s’informer sur les usages (par le passé) face à l’installation de nouvelles entreprises car le discours de façade sur le développement économique des élus locaux s’accompagne souvent de pratiques visant à bloquer toute initiative de développement économique qui ne soient pas sous emprise.

    Avec cette règle en main et après quelques interviews d’autochtones sur les pratiques généralement constatées vous considérerez bien vite que la surface de territoire propice est assez restreinte.


    • anounette (---.---.32.209) 8 août 2006 18:31

      je n’en peux plus de paris et je reflechis serieusement à l’idée de partir en province (région centre val de loire). cet article est très intéressant et donne un point de départ pour ma recherche des secteurs d’emploi possibles ; chercher qqchose d’équivalent ou changer complètement de secteur (à 45 ans !?....)voilà ! si d’autres personnes (ou la même) ont des experiences à me faire partager, merci d’avance

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