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Accueil du site > Actualités > Société > Travailler plus pour gagner rien, ou comment rétablir l’esclavage

Travailler plus pour gagner rien, ou comment rétablir l’esclavage

Après les stages à rallonge et les formations non rémunérées, après le service civique obligatoire et la réforme des retraites, l’Angleterre fait mieux que la France pour offrir un autre futur à nos enfants : l’esclavagisme. Il n’y a malheureusement pas d’autre terme envisageable, car le fait d’obliger des gens à travailler sans négocier ni même recevoir de salaire correspond à sa définition.
Bien loin de pouvoir retrouver du travail à ceux qui l’ont perdu, les gouvernements d’aujourd’hui ne cherchent plus désormais à cacher l’affreuse réalité qu’ils ont créé, mais tout simplement à en tirer partie. Comment ? Et bien en imposant aux misérables victimes du système qu’ils sont en train de démolir un chantage encore plus abject que les « avancées » déjà scandaleuses concernant les droits et les devoirs du citoyen. Car c’est bien d’un chantage qu’il s’agit : la possibilité de faire travailler des gens sans emploi à toutes sortes de tâches dont personne ne veut contre de maigres allocations revient à leur mettre le couteau sous la gorge : c’est « tu marches ou tu crèves », et pour « l’Etat providence » tu repasseras.

Peu à peu se forge dans l’esprit des hommes, et pire encore dans celui des enfants, l’idée que le citoyen doit quelque chose à l’Etat, qui n’est plus désormais son protecteur mais son maître. Il doit le respecter, lui obéir, travailler sans relâche et sans se rebeller, pour espérer un jour avoir le droit de faire partie de « l’élite », c’est à dire du petit nombre d’individus qui dirige les masses. Cela doit passer par l’abnégation de ses volontés, le renoncement à sa liberté, la soumission aux ordres. Derrière cette lente évolution vers le « travail forcé » se cache non pas la réussite du capitalisme, mais en réalité quelque chose de bien plus grave encore, son échec. En effet, entretenir l’idée que l’Etat n’est pas là pour pourvoir aux besoins des nécessiteux, que le citoyen n’est pas le propriétaire de l’Etat est bien le symbole que le capitalisme ne permet pas d’atteindre les objectifs qu’il était censé atteindre : permettre le plein emploi, faire des hommes libres, rendre la société meilleure.

On a longtemps cru que les pays en voie de développement étaient victimes de leurs systèmes trop autoritaires, et qu’ils finiraient un jour, en adoptant le capitalisme, par évoluer « naturellement » vers la richesse, l’éducation, la démocratie…. mais aujourd’hui, et malgré tous les efforts entrepris par les pays riches pour éviter cela, les pays pauvres ont réellement fini par évoluer, s’enrichir et s’ouvrir à la « civilisation capitaliste »… au détriment des pays riches ! Ils prennent des parts de marchés, « volent » le travail des autres en disposant d’une main d’oeuvre moins chère, et finissent par mettre en danger « l’équilibre du monde », c’est à dire l’hégémonie de l’Occident. Le capitalisme est bien capable d’enrichir une société, mais toujours au détriment d’une autre. Impossible autrement.

N’étant donc plus en mesure d’offrir du travail à tout le monde à l’intérieur de leurs propres nations, ces Etats préfèrent donc dans un premier temps faire cesser l’immigration pour conserver le maximum de revenus à l’intérieur de leur pays, puis dans un second faire baisser le coup du travail, jusqu’à en arriver là où nous en sommes aujourd’hui : imposer le travail à ceux qui n’en trouvent pas, en échange du minimum vital, et du contrôle incessant de la part de l’Etat qui le nourrit. Ce qui, si l’on regarde les choses autrement, revient à infirmer la croyance que j’évoquais plus haut : ce n’est peut-être pas parce que les Etats en voie de développement étaient autoritaires que la croissance ne venait pas, mais peut-être plutôt parce que la croissance ne venait pas qu’ils restaient autoritaires. Et aux vues de l’exploitation des pays pauvres par les pays riches tout au long de l’histoire, on pourrait très bien penser qu’elle est la seule responsable de la lenteur du développement de certains… ainsi que de ce qui nous attend si les choses continuent ainsi.

Disposer d’une main d’oeuvre servile et nombreuse, corvéable à merci, maintenue dans des cadres comportementaux définis dès le plus jeune âge, affamée, pistée, conditionnée, voilà tout ce qu’il reste à nos dirigeants pour conserver l’illusion de leurs certitudes. La dictature et l’esclavage, pour éviter d’avoir à remettre en question tous leurs méfaits, tous leurs mensonges, et ceux de tous leurs prédécesseurs avant eux. Plutôt que de se rendre à l’évidence de l’échec historique de toutes leurs croyances, de tous leurs rêves de société rendue meilleur et plus juste par le capitalisme, ils préfèrent sacrifier le futur de nos enfants, et des leurs aussi. Ils ne veulent pas voir que leur pouvoir est inutile, alors ils le rendent nuisible. Pour rester en place, pour continuer de donner un sens à leur misérable existence fondée sur du vent.

Après des siècles de luttes, de guerres et de misères nous avons enfin l’incroyable opportunité technologique de nous affranchir de la misère, de la maladie et de la pénibilité du travail. Nous sommes désormais capables de produire propre, en grande quantité et pour tous, de vivre enfin libérés des contraintes afférentes au système qui nous oppressait, mais qui nécessitait le sacrifice de nos libertés. Aujourd’hui, nous n’avons plus besoin du capitalisme pour vivre car nous savons qu’il nous nuit plus qu’il nous sert. Et nous n’avons donc plus besoin de présidents, de rois ou de dictateurs… et c’est justement de cela qu’ils ne veulent pas.

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr


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108 réactions à cet article    


  • Greys 10 novembre 2010 11:59

    C’est sur que pour un chômeur de longue durée, rester chez soit devant la télé en vivant sur les indemnité chômage est quelque chose de très productif, socialement évolué et très formateur.

    Autant je serais méfiant sur la dérive de ce type de pratique que je trouve assez limite mais faire travailler les gens pour la communauté en échange d’un maintient de ses indemnité chômage ne revient-il pas à une forme d’emplois de l’État ?

    Pour autant que je sache le travail qui devra être founit consistera t-il à travailler gratuitement pour une entreprise privé ? casser des cailloux sur le bord de la route ?

    Si le travail demandé et fourni peut apporter une expérience formatrice, peut être une nouvelle orientation professionnel, améliorer la communauté et le voisinage, je pense sincèrement que ça pourrait être une idée à travailler, vu que les possibilités sont illimités.

    Après effectivement si ça va consister à distribuer des tracs dans la rue, je ne pense pas que ce sera extrêmement contributeur a l’intérêt publique.

    Je ferais également un aparté sur les références fourni qui sont tous des liens vers le blog du rédacteur sur des articles aussi référencé que constructif.


    • foufouille foufouille 10 novembre 2010 12:20

      et pourquoi ne pas creer un vrai boulot ?
      genre cantonnier


    • zototo 10 novembre 2010 13:34

      Vous vous trompez !

      A première vu, ça semble assez logique de vouloir faire travailler pour qu’il garde un rythme.

      La signification réelle de tout ça, c’est que les anglais sont face à un plan d’autorité gigantesque (-500 000 fonctionnaires) et donc le gouvernement détourne les allocations chômage pour remplacer les gens qu’il vire...

      Imaginez, le gouvernement vous vire pour vous faire faire le même travail ou plus dégradant au tarif du chômage...

    • Guy Liguili Guy Liguili 10 novembre 2010 14:33

      Je rappellerai que les allocations chômage correspondent à des cotisations, à une assurance, donc.
      Mais peut-être, pour être conséquent, accepteriez-vous, en cas d’incendie, cambriolage ou tempête de travailler gratuitement en l’échange du remboursement de votre assureur ?


    • Greys 10 novembre 2010 14:49

      Le fait que le gouvernement vire un fonctionnaire pour le réembaucher tout de suite après avec des allocations chômage en guise de salaire est clairement du foutage de gueule.
      je suis d’accord avec cette potentiel dérive.

      Il faut voir qu’elle sont les propositions de travail, les possibilités que cela peut offrir.

      D’un point de vue du chômeur, on peut aussi se dire tant qu’a travailler gratos pourquoi ne pas travailler dans un domaine qui est plus intéressante/gratifiant moralement/utile ?
      Créer une association de voisinage, Aide aux personnes âgées, organisation d’événements culturel/sportif, ...

      Le fait est qu’on en sait rien de ce qui sera proposé, possible, réalisable.
      Quel sont les type de travail/activités qui seront éligible/proposé ?

      Cependant je suis sur d’une chose, le fait de ne pas travailler sur une longue durée et rester assis sur ses mains en attendant qu’on nous propose quelque chose c’est un coup à devenir un légume et ne plus savoir faire ce pour quoi on a été formé à la base, garder un rythme de travail que ce soit à titre gracieux ou rémunéré est quelque chose de très important que ce soit d’un point de vue physique ou intellectuel.

      Je trouve ça juste dommage de placarder direct une idée/proposition de propagande à l’esclavagisme sans même réfléchir deux secondes sur les possibilités que ça peut offrir à forcer une tranche de la population sclérosé dans le chomâge, certain depuis des années sans possibilité/volonté d’exercer une activité et redynamiser un secteur qui à terme pourrait apporter si ça offre de bon résultat de la création d’emploi et d’entreprise.


    • Kalki Kalki 10 novembre 2010 16:02
      Sarkozy aussi voulait instaurer une forme de travail gratuit
      Ce n’est pas que ca devienne une économie de l’abondance et gratuite qui est le problème : la question reste celle de la liberté, et du modèle de société, et la place et le respect que l’on porte a l’humain

      Sinon c’est encore une fois un crime contre l’humanité, c’est un système totalitaire qui avec la technologie pourrait mettre fin a l’humanité

      Donc ne vous trompez pas, ne faites confiance à personne, et encore moins un politique, encore moins a quelqu’un qui veut décider pour vous ce qui est bien pour vous


    • foufouille foufouille 10 novembre 2010 16:25

      "Cependant je suis sur d’une chose, le fait de ne pas travailler sur une longue durée et rester assis sur ses mains en attendant qu’on nous propose quelque chose c’est un coup à devenir un légume et ne plus savoir faire ce pour quoi on a été formé à la base, garder un rythme de travail que ce soit à titre gracieux ou rémunéré est quelque chose de très important que ce soit d’un point de vue physique ou intellectuel."
      tu devrais supprimer la retraite
      les vacances aussi
      le travail gratuit a 11a


    • Cogno2 10 novembre 2010 16:35

      @ Greys.

      Vous partez du principe que les gens veulent du travail.
      C’est pas vrai, de l’argent leur suffirait (Coluche)

      Il y a des gens pour qui le travail ne constitue pas une valeur, qui ne veulent pas être les dindons de la farce, pour qui « travail famille patrie » appartient au passé.

      Si les gens bossent, c’est pour le fric, pas pour le boulot, sauf pour une très rare minorité, mais alors ce n’est plus du travail.
      Et la novlangue qui vise à remplacer le mot « travail » par « activité professionnelle », dans le but d’escamoter le coté péjoratif du mot « travail », n’y changera rien.


    • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 10 novembre 2010 17:43

      foufouille : « et pourquoi ne pas creer un vrai boulot ?
      genre cantonnier
       »

      Malheureux, il ne faut surtout pas faire ça ! On t’accuserait de faire « du socialisme » ou, pire, « du communisme ». Un plan dirigiste de création d’emplois comme sous Degaulle ou Roosevelt, n’importe quoi ! Et pourquoi pas restaurer l’état providence pendant que tu y es. Foufouille, pourquoi, selon toi, Sarkozy n’a aucune politique d’emploi ? Tu ne sais pas ? Et bien parce que ça fausserait la merveilleuse loi de l’offre et de la demande qui régit le marché du travail. Moins de chômeurs c’est mécaniquement des salaires plus élevés (« plus c’est rare, plus ça prend de la valeur ma bonne dame », Adam Smith), et fatalement les branleu..., hum, les actionnaires percevraient moins de dividendes. Tu ne souhaites pas leur malheur, tout de même ?

      Et puis si Pujadas répète tous les soirs que « c’est mal, c’est mal, c’est mal », alors, ben... c’est mal. Par contre si on oblige les gens à travailler gratuitement, ça, c’est bien. C’est de la réforme moderne, c’est libéral, c’est la mondialisation, l’avenir. Tu imagines les avantages sur les coûts si on se passait de salaires ? La compétitivité, tu y as songé foufouille ? Le Medef pourrait vendre ses merdes aux chinois pour pas un radis et conquérir des parts de marchés en Asie. Tiens, demande leur avis à Jean-François Copé ou Laurence Parisot pour voir.

      L’esclavage, c’est une belle réforme pour Sarkozy, ça.


    • amest 11 novembre 2010 11:05

      En 1975, il y avait 400 000 chômeurs en France
      On trouvait du travail « dans le journal ».
      On ne parlait même pas de CDI ou CDD
      (paraît que Pompidou avait dit qu’avec 1 000 000 de chômeurs, il y aurait la Révolution)

      Les chômeurs allaient pointer à l’ANPE ou à la Mairie
      A l’ANPE, les annonces étaient affichées avec le nom et l’adresse de l’employeur, que l’on pouvait contacter directement.

      En 1980, 1 000 000 de chômeurs.
      A cette époque, le SMIC était à 2 000 Francs.
      Une « bonne boîte » payait 3 000 Francs.
      (1/3 au dessus du SMIC !)

      Et puis il y a eu les années 1985, Reagan, Tatcher...

      Et maintenant ?...


    • SamAgora95 SAMAGORA95 11 novembre 2010 13:46

      Guy Liguili

      Normalement c’est lorsque l’on arrive à la fin des indemnités courvertes par l’assurance et que l’état prend la relève (RMI ou RSA pour la France), que le système se met en place.

      Mais même là c’est injuste ! 

      A la base tout travail mérite salaire, si on fait travailler une personne qui est au RMI, alors par définition elle a trouvée du travail, on arrête le RMI et on le paie au SMIC au minimum.





    • slipenfer 14 novembre 2010 18:27

      @caleb irri

      un article de plus qui montre votre grand coeur smiley


    • zelectron zelectron 10 novembre 2010 12:02

      La formule exacte c’est : travailler plus pour gagner plus pour les patrons.


      • titi 10 novembre 2010 15:27

        Tenez zelectron vous allez pouvoir répondre à cette question.

        Puisque les patrons s’enrichissent tellement sur le dos de leurs salariés, pourquoi ne cherchent ils pas à s’enrichir encore plus, en embauchant plus ??



      • kemilein 10 novembre 2010 15:42

        nan c’est dépasser « useless » ça, maintenant, « now », c’est travailler plus pour travailler mieux

        enfin j’espere quand même que les cons vont pas encore gober ces conneries ?, comme on vit plus vieux donc il faut travailler plus longtemps !

        déjà quand y’a eu les 35h la droite disait non le marché du travail c’est pas un temps qu’on répartit entre plusieurs employés (mouerf.. mes burnes) et travailler plus pour gagner plus ? c’est quoi si c’est pas la même chose ?

        -travailler mieux = travailler moins
        -travailler plus longtemps = mourir plus tôt

        c’est clair pour tout le monde ça aujourd’hui !?


      • Cogno2 10 novembre 2010 16:38

        La formule exacte c’est : travailler plus pour gagner plus pour les patrons.

        Faut pas mélanger le patron de PME avec une ou quelques dizaines de salariés, et le PDG professionnel ou l’actionnaire, ils n’ont en général rien à voir.


      • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 10 novembre 2010 18:05

        titi : « Puisque les patrons s’enrichissent tellement sur le dos de leurs salariés, pourquoi ne cherchent ils pas à s’enrichir encore plus, en embauchant plus ??  »

        Parce que ça ferait gonfler la masse salariale, et donc les impôts. Les néolibéraux préfèrent faire bosser plus les salariés à leur disposition (les pressurés pour dégager des gains de productivités), tout en gelant, voire en baissant, les rémunérations. Une fois fait, les profits générés sont ensuite reversés aux actionnaires sous forme de dividendes. Et vu que le capital est moins taxé que le travail, tu comprendras pourquoi ils n’embauchent pas.


      • TSS 11 novembre 2010 00:29

        @titi

        les patrons pour embaucher attendent des aides de l’etat comme ..... les chomeurs !!

        Ils se plaignent au moindre pepin et sollicitent la bienveillance de l’etat ! ce sont des assistés

         comme ...les chomeurs !!


      • Razzara Razzara 10 novembre 2010 12:04

        ’’ Et nous n’avons donc plus besoin de présidents, de rois ou de dictateurs… et c’est justement de cela qu’ils ne veulent pas.’’

        En plein dans le mille caleb irri ! J’irais même plus loin en disant qu’ils en sont parfaitement conscient, tout comme ils sont conscients que l’envie de se débarrasser d’eux va crescendo. L’exploitation mortifère d’une majorité pour servir les intérêts grandissants d’une minorité toujours plus décomplexée est devenue humainement inacceptable. Alors ne nous y trompons pas, car ils sauront prendre les mesures les plus extrêmes pour maintenir leur domination, quitte à se débarrasser ce faisant du plus grand nombre d’inutiles bouches à nourrir. Car ils ont les moyens d’entrainer le monde dans un chaos indescriptible : banqueroute, guerre, famines, maladies, etc ...

        Bien venue à Globalia ...

        Razzara


        • Razzara Razzara 11 novembre 2010 13:39

          Petit complément à mon commentaire, le film des yes men :

          http://leweb2zero.tv/video/grozabruti_8446d5b94161870

          Le son n’est pas génial, mais la vidéo est sous-titrée pour ceux qui ne parle pas l’anglais. Regardez en particulier à partir de la minute 35 environ, le discours à l’OMC. Les propos tenus sont proprement édifiants, et pourtant l’assistance ne réagit aucunement .... Peu après ça tourne à la parodie la plus délirante, mais la encore le gars termine sa prestation sous les applaudissement nourris de l’assistance. Tout ceci montre bien à quel point ces ’élites’ qui mènent le monde sont des sociopathes narcissiques. Car c’est bien la définition de la sociopathie que l’absence de toute sensibilité à l’égard des conséquence de ses actes envers autrui.

          Ci-dessous le site web de cette bande de types que je trouve absolument géniaux dans leur démarche. C’est presque du Donald Forestier ! En tout cas ils sont indubitablement une source d’inspiration dans l’art du contre-pied dévastateur ...

          http://theyesmen.org/

          Razzara


        • ZenZoe ZenZoe 10 novembre 2010 12:51

          Toute peine mérite salaire. Ne jamais perdre de vue ce principe. Je suis contre toute tentative pour le contourner. 

          Pour autant, peut-on considérer que le travail qui sera fourni par les chômeurs britanniques bénéficiaires d’allocations ne reçoit pas de contrepartie ? Est-ce qu’on ne pourrait pas considérer que les allocations sont une forme de salaire, et qu’il serait juste qu’un travail soit fourni en échange ?

          C’est une question qui peut se poser en restant serein. Moi je pense que l’idée, appliquée brute de décoffrage en GB, peut être creusée et affinée (pas de contrainte par exemple).

          En France, un vrai paradoxe : d’un côté, des allocations données sans contrepartie, de l’autre, des emplois « d’état » qui ne sont pas pourvus faute de financement (contrôleurs, personnels de santé, entretien du patrimoine etc.). Conclusion : des millions de personnes dont les compétences s’étiolent, qui se replient sur eux-mêmes et s’enfoncent peu à peu dans la marginalité. Ce serait peut-être une bonne chose de proposer aux chômeurs, sans contrainte ni menace, un revenu (peu importe le nom) plus élevé à ceux qui acceptent de travailler en échange. Au lieu d’être « chômeur » on serait salarié par l’Etat, en attendant de retrouver un autre emploi. Bref, c’est juste des exemples que je donne. Je veux juste dire que la situation est intenable pour les chômeurs maintenant, et que rejeter tout en bloc est stérile. On devrait pouvoir discuter de toute mesure susceptible d’améliorer le quotidien des chômeurs.

          Il ne faut pas oublier que, en GB, les gens sont globalement moins stressés et bien moins pessimistes que les Français sur l’avenir, et que les opportunités restent très intéressantes. En GB, il y a aussi la crise, mais parions que les Anglais, moins rigides que nous, s’en relèveront plus vite.


          • FRK44 FRK44 10 novembre 2010 13:46

            Vous partez d’un mauvais postulat ; l’allocation chômage est un acte de générosité de l’état. Que né-ni !

            Il s’agit, en fait, d’une part des cotisations sociales des salariés, ce que les patrons et les médias dominants appellent les charges. Ce n’est ni plus ni moins qu’une partie du salaire qui est mis de côté, et redistribué à ceux qui en ont besoin.
            Ainsi celui qui est demandeur d’emploi, était avant tout un travailleur qui a lui aussi cotisé.


          • Guy Liguili Guy Liguili 10 novembre 2010 14:34

            Je rappellerai que les allocations chômage correspondent à des cotisations, à une assurance, donc.
            Mais peut-être, pour être conséquent, accepteriez-vous, en cas d’incendie, cambriolage ou tempête de travailler gratuitement en l’échange du remboursement de votre assureur ?


          • titi 10 novembre 2010 15:35

            La question sous jacente c’est qu’est ce que la solidarité ?

            La solidarité est elle seulement financière des gens qui ont de l’argent vers ceux qui n’en ont pas ?
            Ou bien la solidarité est elle globale entre personnes qui contribuent selon leurs moyens au fonctionnement de la société civile.

            Dans le première hypothèse il faut se rendre à l’évidence : les vrais socialistes sont donc uniquement les riches qui sont les seuls à contribuer à la solidarité dont ils sont exclus.

            Dans la seconde hypothèse on peut se demander comment peut contribuer une personne qui n’a pas de revenus suffisant mais qui dispose de son temps et de ses bras => « en nature » en effectuant des travaux d’intérets généraux dont profite la société civile.


          • foufouille foufouille 10 novembre 2010 16:27

            "Dans la seconde hypothèse on peut se demander comment peut contribuer une personne qui n’a pas de revenus suffisant mais qui dispose de son temps et de ses bras => « en nature » en effectuant des travaux d’intérets généraux dont profite la société civile."
            tu devrais faire pareil pour les assurances privees


          • FRK44 FRK44 10 novembre 2010 16:33

            @titi : La question sous jacente c’est qu’est ce que la solidarité ?

            Je ne vois pas pourquoi. Elle est évidente, par la redistribution des cotisations sociales.
            Faut-il en déduire que ceux qui cotisent sont riches ou qu’ils assument leur responsabilité de solidarité ?
            Et en quoi, les ’riches’ cotisants seraient exclus ?
            Ils ne connaitront jamais le chômage ? c’est être bien présomptueux.
            Bénéficier de la solidarité serait un luxe ? comme si vivre avec le minimum vital était un choix.

            Pour finir, on peut se demander comment peut sortir du chômage une personne qui ne dispose plus de son temps et de ses bras, occupés pour des travaux d’intérets généraux dont profite la société civile ?


          • titi 10 novembre 2010 17:12

            « tu devrais faire pareil pour les assurances privees »

            L’assurance privée n’a rien de comparables.
            La prime d’assurance est fixé selon un risque individuel. Ainsi un propriétaire de moto paie selon son age et la cylindrée de sa machine. En aucun cas ne sont appelés à la rescousse les personnes plus agées qui n’ont pas de moto.

            Qui plus est il est toujours possible de faire jouer la concurrence.


          • titi 10 novembre 2010 17:21

            « Je ne vois pas pourquoi. Elle est évidente, par la redistribution des cotisations sociales. »
            Payé l’impot ce n’est pas de la solidarité ?
            Donc ne pas le payé ce n’est pas être anti social. CQFD.

            « Faut-il en déduire que ceux qui cotisent sont riches ou qu’ils assument leur responsabilité de solidarité ? »
            Pourquoi la solidarité ne serait qu’une affaire de riche ?
            Dans le débat que la paupérisation de notre société revient souvent le cas des mères célibataires. Où est le père ? La solidarité et la responsabilité ne s’appliquent -t-elles pas d’abord à lui ?

            « Et en quoi, les ’riches’ cotisants seraient exclus ? »
            Je pense qu’au niveau probabilité le fait de voir un dirigeant du CAC dépendre de la CMU me parait peu évident.

            « Ils ne connaitront jamais le chômage ? c’est être bien présomptueux. »
            Vous mettez le doigt sur qq chose d’important.
            L’indemnité chomage se calcule sur le derniers revenus salariés.
            Ou par exemple pour bénéficier de la sécu il faut justifier d’une activité salariée (ou sinon cotiser par le biais des TNS).
            Or avec la CSG et le RDS les revenus non salariés participent à la solidarité. Or ils n’ouvrent droit à aucun droit.

            « Bénéficier de la solidarité serait un luxe ? comme si vivre avec le minimum vital était un c »
            Euh... je vois pas où vous avez vu ca.


          • foufouille foufouille 10 novembre 2010 17:30

            mais si
            tu devrais rembourser en travaillant ton indemnisation


          • titi 10 novembre 2010 18:18

            @foufouile

            Dans les assurances y a ce qu’on appelle le Bonus / Malus.

            Donc oui une fois qu’on a un sinistre on doit payer plus « rembourser » le « remboursement » de l’assurance.


          • foufouille foufouille 10 novembre 2010 19:28

            faux titi
            uniquement si tu es responsable


          • Bruno R. Bruno R. 11 novembre 2010 13:01

            @FRK44


            Vous vous trompez totalement lorsque vous affirmez que les allocations chômage, étant financées par les cotisations du salarié, ne sont qu’une partie du salaire qui est mis de coté pour pouvoir ainsi assurer les besoins d’un futur chômage.
            Réflexion plutôt grotesque, dans le sens où, et il en va de même pour le régime actuel des retraites, ce sont les travailleurs qui payent pour les chômeurs : cela s’appelle un système de répartition. Dans ce sens, il s’agit bien évidemment d’ une solidarité.

          • Marc Bruxman 11 novembre 2010 13:19

            Et bien je préférerai largement épargner mes « charges » plutot que de les verser à un organisme incompétent. 


            Les charges, c’est autant que votre salaire net ! Si on vous laissez épargner tout ca par vous même (par exemple sur un plan épargne entreprise pour protéger les cons de leur propre bétise vu que c’est un argument souvent employé par les bolches) ne croyez vous pas que vous auriez une meilleure protection sociale ? 

          • hinanna hinanna 13 novembre 2010 13:44

            bien dit smiley


          • FRK44 FRK44 15 novembre 2010 10:10

            @Bruno R. inutile d’être grossier. Si vous aviez lu mon message jusqu’au bout, vous auriez pu lire que les cotisations mise de côté sont redistribuées ( ça veut dire répartition :) ) à ceux qui en ont besoin. Vous écrivez donc la même chose que moi !

            Les besoins pour un futur chômage sont assurés parce que vous avez participé à cette solidarité, dans le même esprit que le système de retraite ; vous y avez droit car vous avez cotisé.

            @Marc Bruxman : Malheureusement pour vous, en france on ne veut encore pas que ce type de gestion soit généralisé( sûrement qu’après la crise financière de 2008 et tous ces crét... , ces pauvres gens qui ont perdu leurs placements, ça n’a pas donné envie...). Mais vous pouvez quand même y avoir accès, si vous en avez le courage, mettez vous travailleur indépendant, sinon allez vivre chez les anglo-saxons.


          • LE CHAT LE CHAT 10 novembre 2010 12:54

            les anglais sont des couilles molles , jamais on n’acceptera ça en France !


            • Massaliote 10 novembre 2010 13:28

              Vu que notre Minus les prend pour modèle, ça nous pend au nez.


            • La Botte secrète 10 novembre 2010 14:10

              D’autant que certaines réactions de membres de l’UMP laissent présager d’une telle évolution en France.


            • pruliere pruliere 10 novembre 2010 15:42

              vous avez probablement raison....au moins, ils vont essayer !

              et quand on pense que si ces salopards donnaient ne serait-ce 5 à 10% de leur salaire, dont ils n’ont probablement pas besoin, cela ferait un emploi de plus !


            • kemilein 10 novembre 2010 15:52

              naaaaan ça nous pend pas au nez, met avis que c’est déjà en route

              vous allez voir et ca va passer comme une lettre a la poste... et suis pas sûr qu’y est du mouvement social cette fois, car beaucoup pense effectivement que chômeur = parasite (sauf que pour être chômeur faut avoir cotisé > juste retour des choses

              bref a force de criminaliser et stigmatiser tout le monde nous vivons dans une société de la peur de l’extérieur et de l’étranger, mais en plus peur des nos « propres » citoyens.

              ça va devenir tendu du slip toute cette affaire.

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