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Accueil du site > Actualités > Société > Trop de morts sur la route : à qui la faute ?

Trop de morts sur la route : à qui la faute ?

Voyant rouge pour la sécurité routière en janvier 2011. La cause est-elle bien claire ? Il faudra attendre avril 2011 pour mieux comprendre mais les parlementaires ont quand même donné un très mauvais signal.

Le 8 février 2011, les statistiques de la sécurité routière pour le mois de janvier 2011 en métropole ont été rendues publiques et montrent une aggravation manifeste de la situation. Il y a eu plus de morts sur la route en janvier 2011 qu’en janvier 2011 : 331 tués au lieu de 273 soit une augmentation de 21%. Un nombre encore provisoire puisqu’il faut attendre le 1er mars 2011 pour comptabiliser également les blessés graves qui succombent dans les trente jours.

Entre septembre 2002 et décembre 2010, un seul mois avait connu une hausse de plus de 20%, onze mois une hausse entre 5 et 20%, et soixante-dix-sept mois avaient connu une amélioration (par rapport au mois de l’année précédente). Mais depuis 1973, seulement cinq mois ont eu une croissance exceptionnelle de plus de 20% dont deux pour cause de prévision d’amnistie. C’est donc une très mauvaise performance.


L’assouplissement du permis à points en cause ?

Très vite, les associations de prévention routière, qui font un travail considérable pour sensibiliser les automobilistes à rouler avec responsabilité et encourager les pouvoirs publics à sanctionner plus sévèrement les infractions au code de la route, ont réagi de manière, à mon sens, assez contreproductive en expliquant un peu hâtivement cette croissance d’accidents mortels par l’assouplissement du permis à points.

En effet, depuis très récemment, l’unique point supprimé est réattribué au bout de six mois au lieu d’un an auparavant (et avant encore, c’était trois ans), et les autres points (hors fautes graves) sont réoctroyés après une période probatoire sans infraction de deux ans au lieu de trois ans. De plus, il est possible de récupérer quatre points par un stage tous les ans au lieu de tous les deux ans.

Cet assouplissement, voté par les parlementaires contre l’avis du gouvernement et à un peu plus d’un an des prochaines élections législatives, peut, effectivement, faire croire à une manœuvre électoraliste et démagogique.

Pourtant, il répond aussi à une sévérité accrue dans l’application des sanctions : depuis presque une décennie, la mise en place de plusieurs milliers de radars automatiques rendant l’infraction systématiquement sanctionnée a entièrement changé les habitudes des automobilistes dans le bon sens.


Une politique répressive très efficace

La politique du bâton a hélas fonctionné, ce qui prouve a posteriori qu’avant 2002, aucune volonté politique n’avait été réellement engagée. Je me souviens notamment en 1995 du Ministre des Transports Bernard Pons refusant les contrôles radars surprises, le but étant de responsabiliser et pas de punir.



Les dommages collatéraux, ce sont les permis de conduire retirés qui risquent de faire perdre leur travail aux automobilistes contrevenants. Il faut noter cependant que cela ne concerne que 0,12% des usagers de la route (et plus des trois quarts d’entre eux n’ont perdu aucun point).



Pourtant, c’est bien la punition qui a été efficace : le nombre de tués sur la route est passé de 7 655 en 2002 à 3 994 en 2010, soit une baisse de 48% en huit ans alors que le trafic a augmenté d’environ 10% (à comparer aux 17 488 tués en 1972 !), et l’objectif du gouvernement est d’atteindre le seuil de 3 000 tués d’ici 2012, un nombre qui, quoique très ambitieux, restera encore beaucoup trop élevé pour les familles des victimes.



L’assouplissement du permis à points peut donc être considérée comme une mesure complémentaire à la sévérité toujours croissante de l’application du code de la route mais qui ne va pas dans le bon sens.


La technologie au service de la lutte contre l’insécurité routière

Depuis fin 2009, de nouveaux projets ont été lancés pour sanctionner encore plus durement : près de deux mille radars automatiques ont été mis en place, dont plusieurs centaines aux feux rouges et aux passages à niveaux (les radars aux feux rouges sont d’une efficacité redoutable, Nancy fut la première ville à l’expérimenter).

D’autres appareils vont être installés visant à contrôler les distances de sécurité entre les véhicules, d’abord dans les tunnels et les ponts. Enfin, beaucoup de radars seront équipés d’un dispositif infrarouge, n’utilisant donc plus le flash pour pincer les automobilistes en excès de vitesse.

Le 10 février 2011, en réaction aux mauvaises données de janvier 2011, le gouvernement a décidé d’installer dans l’année encore mille nouveaux radars automatisés, cent radars tronçons qui contrôleront la vitesse moyenne sur plusieurs kilomètres et quatre-vingt-dix radars discriminants permettant de différencier les poids lourds des véhicules légers.



Même la Commission européenne y met son grain de sel comme cette directive du 24 septembre 2008 qui oblige, à partir de ce 7 février 2011, à ce que tous les nouveaux véhicules soient équipés de feux spéciaux pour éclairage de jour (une mesure annoncée très discrètement dans la presse).


Hausse de tués et affaiblissement du permis à points

Donner une corrélation causale entre la forte hausse de janvier 2011 et l’assouplissement du permis à points, ce n’est pas un mauvais procès mais, à mon sens, un procès trop rapide.

Reprenons les éléments factuels.

On pourrait dire par exemple qu’il serait beaucoup trop tôt pour voir les effets de cette mesure même si l’on peut se souvenir que l’espoir d’une amnistie juste après l’élection d’un nouveau Président de la République aggravait la situation quelques mois avant (c’était assez flagrant en 1988) : la loi sur la sécurité intérieure (Loppsi 2) a été en effet adoptée définitivement à l’Assemblée Nationale et au Sénat le 8 février 2011 (après la réunion d’une commission paritaire) et n’a donc pas encore été appliquée.



À cet argument, on pourrait répondre que la réalité, c’est que le comportement des automobilistes obéissent non pas aux mesures concrètes mais aux effets d’annonce. Ainsi, la réduction drastique du nombre de tués a eu lieu dès l’été 2002 (l’annonce du combat contre la violence routière a été faite par Jacques Chirac le 14 juillet 2002) alors que la décision d’installer des radars automatiques a été prise seulement le 18 décembre 2002.



Si l’on se fie uniquement aux conséquences des effets d’annonce, rappelons toutefois que la première fois où a été évoquée l’aménagement du permis à points, c’était le 2 avril 2010 par une proposition de loi qui a été ensuite intégrée à l’article 28 bis de la Loppsi 2 par le dépôt le 7 septembre 2010 d’un amendement du sénateur UMP Alain Fouché qui, contre toute attente, a été adopté en séance publique avec cette philosophie : « Cet aménagement n’est pas contraire à l’esprit du texte examiné mais bien au contraire, la diminution des délais répond à la volonté de restreindre les cas de conduite sans permis ainsi que le trafic de points de plus en plus courant. ».

En première lecture, les sénateurs étaient allés très loin puisqu’ils avaient réduit la durée probatoire de trois à un an seulement, mais les députés l’ont ramenée (un peu plus sagement) à deux ans le 16 décembre 2010.

Or les mois d’octobre à décembre 2010 ont vu le nombre de morts régresser, donc cela n’aurait pas été influencé par cette préparation parlementaire. À cela, certains répondraient que le vote des sénateurs en septembre n’était pas "crédible" et qu’il aurait été retoqué par les députés et que c’est seulement en décembre que cette crédibilité a été renforcée par le vote même des députés (et l’accord finalement du gouvernement).

La Loppsi 2 avait pourtant un volet sécuritaire assez affirmé contre la violence routière avec de nombreuses mesures sévères comme la qualification du trafic de points en un délit passible d’un an de prison et de trente mille euros d’amende ou encore la possibilité donné aux policiers municipaux de dépister des produits stupéfiants.


Un double langage des pouvoirs publics ?

Dès le 30 septembre 2010, le Président Nicolas Sarkozy prenait les devants : « Je n’accepterai jamais un message de laxisme concernant la lutte contre la violence routière. ».

Le professeur Claude Got, spécialiste de la santé publique, met en doute la parole présidentielle quand il l’entend se focaliser uniquement sur les grandes infractions au code de la route, surtout quand "Le Canard Enchaîné" rapporte le 29 septembre 2010 ces propos qui auraient été tenus par Nicolas Sarkozy : « Il faut cesser de harceler ceux qui commettent des petits excès de vitesse et qui risquent ainsi de perdre leur boulot parce qu’ils n’ont plus leur permis (…), tout en étant intraitables pour les grands excès de vitesse et l’alcoolisme au volant. C’est le genre de réforme qui ne coûte rien, qui est simple à mettre en œuvre et qui plaît aux gens. Je comprends que pour les énarques, cela ne soit pas assez intelligent, mais c’est nécessaire de le faire. ».

Et Claude Got de rappeler quelques règles simples de probabilité : « Beaucoup de petits délits avec un faible excédent de risque peuvent provoquer plus d’accidents que peu de grands délits avec pour chacun d’entre eux un fort excédent de risque. Il n’est pas nécessaire d’avoir fait math-spé pour comprendre cela, c’est la différence entre le joueur qui prend un billet de loterie à quelques euros avec de très faibles chances de gagner, mais il peut et il espère gagner gros et le joueur de poker qui joue gros avec une chance beaucoup plus élevée de gagner. La vie et la mort des humains sont gouvernées par des probabilités. Le raisonnement est identique, qu’il s’agisse de gains ou de pertes, de rester intact ou d’être handicapé. Les politiques qui n’ont pas compris cela doivent aller prendre des cours avec les spécialistes de la Française des jeux. ».


La répression des petites infractions réduit le nombre de tués sur la route

En huit ans, la vitesse moyenne sur les routes a baissé de 10% mais la réforme du permis à points adoptée le 7 février 2011 pourrait la faire augmenter de 1% à 2%. Or, 1% de réduction de la vitesse moyenne correspondent à 4% de mortalité en moins dans les modélisations de l’insécurité routière.



Une conclusion provisoire des analyses statistiques proposées par Claude Got reste très prudente sur ces statistiques : « Affirmer que la Lopssi 2 a tué est une affirmation grave, cela signifierait que ceux qui ont affaibli le permis à points sont soit des incompétents, soit des assassins, suivent leur niveau de compréhension de du risque d’un "mauvais signal" » dit-il par prévention mais il rajoute, en se basant sur les 438 derniers mois : « Si la Loppsi 2 a tué en tranquillisant les usagers qui craignaient pour leur permis, cet effet psychologique peut avoir des conséquences graves dès le mois de janvier 2011. Nous avons vu que les retournements de situations peuvent être rapides et très importants. La probabilité de se tromper sera d’autant plus faible que le nombre de décès sera important. ».


Pour bien comparer janvier 2011 à janvier 2010



Le mois de janvier 2010 avait été particulièrement bon pour la sécurité routière. S’il avait été moyen (comme les sept derniers mois de janvier), alors il y aurait eu 295 tués et pas 273 (0,074x3 994). C’est donc avec ces 295 tués théoriques qu’il faut comparer les 331 morts de janvier 2011, ce qui prouve une hausse sensible de 12% encore comme le montre cet autre graphique qui indique aussi l’effet d’une possible amnistie à la suite de l’élection présidentielle de 2007.



La raison de cette hausse n’est pas très claire : le mois de janvier 2010 avait connu un faible trafic en raison des nombreux jours de neige, alors que janvier 2011 a connu un trafic normal avec parfois de la pluie verglaçante peu prévisible. Si les jours de neige de janvier 2010 ont été pris en compte dans le réhaussage théorique (pour retrouver un mois de janvier moyen), nul doute que le verglas qui a surpris des automobilistes peut aussi apporter une part d’explication, parallèlement au mauvais signal émis par le Parlement.

Il est encore trop tôt pour connaître de façon indiscutable l’effet de l’assouplissement du permis à points : les statistiques des prochains mois donneront une indication pertinente et on sera fixé lorsque le nombre de tués au cours du premier trimestre de 2011 sera connu.


Conduire est un acte dangereux, la prudence s’impose

Dans tous les cas, il est clair que si les excès de vitesse sont maintenant largement sanctionnés, d’autres infractions graves restent toujours impunies et rendent la route encore très dangereuse, et la première d’entre elles est la distance de sécurité qui n’est jamais respectée, notamment par les poids lourds, cause de nombreux accidents. L’autre jamais sanctionnée et très accidentogène, notamment pour les motards, c’est l’absence de clignotant lors d’un changement de direction.

Il faut toujours se rappeler que le volant d’une automobile est comme un couteau : un objet létal qu’il faut manier avec la plus grande précaution.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (3 mars 2011)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :

Analyse statistique du Pr. Claude Got avant de connaître les données de janvier 2011.
Analyse du Pr. Claude Got sur janvier 2011 (au 11 février 2011).

Des nouveaux moyens techniques pour sanctionner les infractions.

Aimez-vous les enfants ?

Les passages à niveaux.

Communiqué de Brice Hortefeux du 10 février 2011.
Le site officiel (sans mise à jour des données depuis 2009).

La neige sur les routes, que faire ?


(Les huit graphiques proviennent du site www.securite-routiere.org)


Les réactions les plus appréciées

  • TSS (---.---.---.50) 3 mars 2011 09:54

    4 fois moins de morts avec 4 fois plus de vehicules qu’il y a 40 ans !

    Le risque zero n’existe pas ,il y a plus de morts par non respect de la legislation du travail que

    sur la route et pourtant je ne vois aucune association s’elever contre les patrons assassins... !!

  • Rough (---.---.---.234) 3 mars 2011 12:01

    Encore un article bienpensant sur la « violence routière » c’est comme ça que l’on dit aujourd’hui pour accident de la route...Vive la novlangue....

    Toute cette effervescence autour de la prétendue hausse du nombre demorts de janvier 2011 est une tartufferie destinée à justifier l’installation de centaines de bandits manchots au bord de nos routes...3000 ou 4000 morts par an dans un pays de 65 millions d’habitants c’est vraiment pas grand chose !

    Dans les années 90 ler nombre de morts par suicide et accidents de la route était identique 12000....aujourd’hui les suicides c’est toujours pareil....Les suicidés seraient-ils moins digne d’intérêt que les morts de la route ? Pourquoi cette compassion sélective ? Après tout un mort est un mort....Mais suicidés ont un grave défaut ils ne rapportent rien à moins de mettre une taxe sur les cordes et les barbituriques...alors que les automobilistes c’est jackpot !

  • Natariege (---.---.---.116) 3 mars 2011 11:23

    Moins de morts, sur les routes ???
    Donc si j’ ai bien compris avant sarko, les conducteurs se tuaient sur les routes pour embeter les politiques.
    La méthode de calcul des morts sur la route a ete modifiée sous l’ ere chirac et remodeler sous l’ ere sarko. si mes souvenirs sont bons, une personne décedant 6 mois aprés un accident était comptabilisé comme mort sur la route (avant chirac). cette valeure est passée à 1 mois ( A confirmer).
    Deplus, l’intervention des secours et les progrés medicaux ont également contribué à bricoler les stats.
    Par contre je ne vois pas de chiffres officiels sur le nombres de légumes et autres tetraplégiques !!!

  • Traroth (---.---.---.125) 3 mars 2011 11:08
    Traroth

    « le rôle de dénonciation des patrons assassins revient aux syndicats » : NON ! Les syndicats ne font que se substituer à l’Etat comme toujours défaillant ! Exactement comme les Restos du Coeur !


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122 réactions à cet article

  • Fergus (---.---.---.45) 3 mars 2011 09:23
    Fergus

    Bonjour, Sylvain, et globalement d’accord avec votre article, même si la conclusion, quelque peu excessive, n’est pas dénuée de fondement.

    La lutte contre l’insécurité routière est à peu près le seul domaine où la droit s’est montrée efficace ces dernières années après des décennies d’un laxisme coupbale et... meurtrier.

    S’il est un domaine où la répression est nécessaire et utile, c’est bien celui de la conduite automobile, et l’assouplissement du permis à points est un très mauvais signe qui a été donné aux conducteurs.

    Personnellement et au risque d’être critiqué, je suis non seulement pour les radars, mais pour l’installation rapide des très efficaces radars-tronçon. Comme je suis, à l’image de la décision que vient de prendre l’Espagne, pour la généralisation de la limitation à 110 km/h sur l’ensemble du réseau autoroutier et quatre-voies. Cela fonctionne d’ailleurs déjà très bien en Bretagne et sur la RN9 dans le Massif central.

    J’ajoute pour terminer que je conduis régulièrement, tant en ville qu’à la campagne, à raison de 12000 km par an : rien à voir avec un retraité immobile !

  • Fergus (---.---.---.45) 3 mars 2011 09:51
    Fergus

    J’aurais aimé que la personne qui m’a moinssé dans le commentaire ci dessus explique les raisons pour lesquelles elle est en désaccord avec la tonalité de mon propos. Trois explications possibles :

    1) Elle ne supporte pas les atteintes à la liberté individuelle. Un argument parfaitement recevable, mais très largement mis en porte à faux par le terrible bilan de la route où sont fauchés, de manière aveugle, hommes, femmes, enfants, vieillards.

    2) Elle estime que les radars sont une scandaleuse usine à fric. Argument très largement réfutable par le fait que le traitement des infractions, l’installation et l’entretien des radars coûtent autant à la collectivité qu’ils lui rapportent.

    3) Elle est hostile à toute mesure supplémentaire visant à réduire sa possibilité de jouir pleinement de l’espace routier, au risque sinon de causer un accident, du moins d’en aggraver les conséquences par une vitesse trop élevée.

     

    • brieli67 (---.---.---.187) 3 mars 2011 11:06

      2) Elle estime que les radars sont une scandaleuse usine à fric. Argument très largement réfutable par le fait que le traitement des infractions, l’installation et l’entretien des radars coûtent autant à la collectivité qu’ils lui rapportent.

      Fergus ! stp tu peux sourcer cette affirmation ???
      Je ne constate pas d’amélioration en France : on ne trouve dans aucun pays de l’Europe voire du Monde autant de chausse-trappes automatiques ou avec deux verbalisateurs agréés !
      De vrais pompes à fric !
      Qui tombe dans le panneau ?
      En premier lieu les touristes, ceux qui ne connaissent les subtilités .. Quelle image de la France !
      puis les gens qui travaillent en dehors des horaires « réguliers » Ils ne sont pas là pour sanctionner les bons pères de famille qui doublent en 3 e position sur les trois voies : phénomène de plus en plus fréquent dans les bouchons de transhumances quotidiennes.
      les grands circulants - en rythme de croisière j’ai 3 à 4 contacts par jour distants de 100 voire 300 km sur le principe un « dossier se porte » Les 15o-180 effectifs à l’heure sont possible en allemagne avec une macchina allemande....

      Prends une agglo « chimique » , une fois sur deux je me fais gauler sur Lyon, la ville aux priorités à droite !

      Il y a de quoi pester les autoroutes françaises sont vides sauf aux heures de pointes , les week-end et transhumances des vacances. Le français préfère lambiner sur son réseau de « départementales » ( y a plus de nationale... , l’Etat s’est retiré ) et des ...vicinales
      En Allemagne, le conducteur aménage son itinéraire pour emprunter le plus d’autoroute possible de jour comme de nuit

      Oui ! il y a du rackett étatique en France avec primes d’abattages aux agents de pied ou de robe chargés de faire fructifier la cagnotte ! Si seulement, ils contrôlaient le « sprite » le mazout rose des 4x4...

    • titi (---.---.---.180) 3 mars 2011 13:09

      « on ne trouve dans aucun pays de l’Europe voire du Monde autant de chausse-trappes automatiques ou avec »

      Ca c’est parce que vous n’appréciez pas le chocolat suisse...

      L’autoroute A1 (Genève - Lausanne) est équipée d’un radar tous les 5 km.
      En suisse les radars ne sont pas annoncés... mais quelques fois décorés : morceau de gruyère ou tacheté comme un vache.
      Les coyottes, les bases radar embarquées dans des GPS sont interdits.

      Alors ? On a fini de jouer les victimes ?

    • titi (---.---.---.180) 3 mars 2011 13:10

      Et j’oubliais...

      grosses allemande ou pas, en Suisse sur autoroute c’est 120km/h...

    • jymb (---.---.---.52) 3 mars 2011 13:27

      Les suisses disposent du référendum d’initiative populaire s’ils ne sont pas, ou plus d’accord, avec une contrainte du quotidien Ils sont libres de choisir. Rien de tout ceci en France.

    • titi (---.---.---.180) 3 mars 2011 13:40

      « Les suisses disposent du référendum d’initiative populaire s’ils ne sont pas »

      C’est quoi le rapport ?

      La question est « le radar sauve des vie ou est une machine à fric ».
      Qu’on est choisi ou pas d’en installer...

    • homer555 (---.---.---.246) 3 mars 2011 13:42

      2) Elle estime que les radars sont une scandaleuse usine à fric. Argument très largement réfutable par le fait que le traitement des infractions, l’installation et l’entretien des radars coûtent autant à la collectivité qu’ils lui rapportent.

      Bonjour

      Je pense que nous n’avons pas tout à fait la même notion de l’égalité. Les chiffres 2010 étant assez difficiles à trouver, arrêtons nous sur 2009. En raison du nombre croissant de radars, les chiffres 2010 n’en serons que plus collossaux.

      L’enveloppe d’entretien / installation des radars automatiques représente 212 millions d’euros. Chiffre issu de la loi des finances 2009, sous le compte d’affectation Contrôle et sanction automatisés des infractions au code de la route.

      Les radars automatiques ont représenté une recette en 2009 de 542 millions d’ Euros.

      Ne vous dérangez pas, je m’occupe du calcul : 330 millions d’excédant d’exploitation ou comme on préfère dire dans le commerce, de bénéfices nets.

      Chaque radar rapportant donc en moyenne 60% de marge nette , investissement compris, chaque année, je pense qu’il est possible de parler de pompes à fric capables de faire baver d’envie plus d’une enseigne de grande distribution.

      Mais ce n’est pas le plus beau. Là, nous parlons des chiffres arrêtés sur une année. Grosso modo, la somme allouée par l’état au controle sanction automatisé est de 200 millions d’euros depuis plusieurs années (entre 190 et 210).
      Par contre le nombre de radars, et donc les recettes, sont en constante augmentation.
      La part des couts de fonctionnement deviens donc de plus en plus dérisoire au regard du chiffre d’affaire au fil des ans.

      Pour finir, n’oublions pas que si l’automobile en générale n’était pas une pompe à fric, cela ferait bien longtemps que nous aurions tous un moyen de transport individuel, propre, et automatisé (donc totalement sur => 0 mort). Cette technologie existe depuis des années, mais comme il n’y a aucune volonté politique de tuer la poule aux œufs d’or...
      En attendant, nous vivons sur cette bonne vielle terre, avec sa TIPP, sa TVA, ses amendes, son industrie automobile, sa géopolitique pétrolière...

      On me dit cynique, mais je reste persuadé que la baisse des morts n’est qu’un effet secondaire bénéfique de la politique de transport, la motivation première étant l’argent.

    • Fergus (---.---.---.45) 3 mars 2011 15:48
      Fergus

      Bonjour, Homer.

      Des chiffres auxquels il convient d’ajouter dans la balance les quelques centaines de millions d’euros, voire les milliards d’euros supportés par la collectivité au titre de la couverture médicale ainsi qu’au titre des tarifs d’assurances, les primes payées par chacun traduisant le coût des « sinistres » induit par l’accidentalité routière !

      Une réalité que, manifestement, beaucoup refusent de voir.

    • brieli67 (---.---.---.17) 3 mars 2011 16:18

      Fergus !

      et les « sportifs » qui vadrouillent dans les Alpes qui se font le Kilimandjaroooooo

      ou ceux qui font de la voile.....

      qui paye ? qui entretient le système ?

    • homer555 (---.---.---.246) 3 mars 2011 18:34

      Bien sur Fergus

      Mais la couverture maladie est supportée sur le budget des cotisations sociales et les primes d’assurances par le budget des assurés qui, pour ce cas, est majoritairement assuré par les fautifs eux même via le malus.

      Ces deux dépenses ne rentrent donc pas en ligne de compte dans le calcul de la rentabilité des sanctions automatiques. De plus, ces dépenses comprennent les accidents de la routes dans leurs globalité et non seulement celles dues à la vitesse qui, je le rappelle, n’est pas la première cause de mortalité mais représente l’écrasante majorité des sanctions automatisés.

      Ma question reste donc ouverte : Où passent les 330 millions d’Euros excédents des recettes des radars ?

      - Dans des pubs plus risible qu’effrayante ? « Insoutenable » (spot de la prévention routière) est une belle avancée mais les images sont encore beaucoup trop soft. Et c’est là le meilleur film de la prévention routière. Les autres cachent tout...
      Les anglais sont bien plus trash (envoyez les gamins dans leurs chambre avant de la regarder) : http://www.youtube.com/watch?v=6YEoYGArMas
      Voila pour moi de la vidéo à réflexion. Moi même, je ne peux pas la regarder sans nausée.
      C’est à mon sens le juste chemin vers l’éducation routière. Voila pour moi ce qui represente « l’insoutenable ».

      - Dans une meilleure éducation ? 20H à apprendre à manier des pédales et des moyens financiers dans cette voie qui fondent comme peaux de chagrin. En Allemagne, les jeunes ont un réel apprentissage qui met l’accent sur l’appréhension des hautes vitesses et les dangers d’une vitesse INADAPTEE ( Ne jamais confondre excès de vitesse et vitesse excessive) et surtout le respect des distances de sécurité. En effet, on ne lâche pas un jeune sur une route en vitesse illimité avec un apprentissage à la Française. Le résultat est que, quand je roule en Allemagne en portion à vitesse illimité, les gens qui arrivent derrière à 180 ou 200 déboitent 400m derrière moi et reviennent 400 mètres devant moi. Et je ne me sens pas en danger. En Allemange, quand je suis collé par une autre voiture, c’est souvent par un Français...

      - Dans une aide ou une incitation (ou mieux : une obligation) aux constructeurs à développer d’autres systèmes de locomotion ? Là le budget est carrement inexistant. Le dernier en date (les feux de jour) émane de la communauté européenne. C’est une honte. Et pourtant, les radars de proximité existent (volvo il me semble), les route à rail magnétique où la voiture se dirige seule en suivant le rail avec échange d’informations existent, les voitures électriques existent (depuis plus d’un siècle)... Y’a t-il une quelquonque incitation des pouvoir publics à pousser ces technologies ? Non... Et ça se dit le gouvernement qui fait de la sécurité routière sa priorité...

      L’etat français n’a d’action pour la sécurité routière QUE quand il y a un retour financier dans les caisses.

    • srobyl (---.---.---.49) 3 mars 2011 21:27
      srobyl

      @ Titi
      Vrai pour les Suisses...Sont très stricts sur les vitesses. Mais comme ils ne peuvent avoir tous les défauts, il revient moins cher de rouler sur leurs autoroutes que sur les nôtres...En France, c’est de la véritable escroquerie.

    • titi (---.---.---.216) 4 mars 2011 00:12

      Y a beaucoup de chose à prendre dans le système suisse.

      Un exemple...
      En France on a des amendes par catégorie d’infraction. Que le délinquant (appelons les choses par leur nom) soit smicard ou milliardaire le montant de l’amende est le même. Ce qui diminue rapidement tout effet dissuasif au fur et à mesure que les revenus augmentent.
      En Suisse c’est des « jours amendes ». Si on écoppe d’un jour-amende, alors celui qui gagne 120 CHF/jour, paie 120CHF. Celui qui gagne 10 000 CHF/jour, paie 10000 CHF.
      Du coup ca calme... vite...

  • TSS (---.---.---.50) 3 mars 2011 09:54

    4 fois moins de morts avec 4 fois plus de vehicules qu’il y a 40 ans !

    Le risque zero n’existe pas ,il y a plus de morts par non respect de la legislation du travail que

    sur la route et pourtant je ne vois aucune association s’elever contre les patrons assassins... !!

    • Fergus (---.---.---.45) 3 mars 2011 10:11
      Fergus

      Bonjour, TSS.

      Votre argumentation ne tient pas.

      Sur le premier point, vous ne tenez pas compte :
      1) de l’amélioration de la sécurité des véhicules (airbags, ceintures, qualité du verre, etc...) ;
      2) de l’amélioration du réseau routier ;
      3) de la mise en place de limitation de vitesse sur le réseau et en ville, ainsi que de dispositifs ralentisseurs ;
      3) de la mise en place de la répression, notamment contre les grands excès de vitesse et l’alccolémie au volant.

      Sur le deuxième point, vous oubliez que le rôle de dénonciation des patrons assassins revient aux syndicats, aux inspections du travail et aux comités d’hygiène et de sécurité. Rien de tel n’existant sur la route, c’est donc bien le rôle d’associations de victimes.

    • Traroth (---.---.---.125) 3 mars 2011 11:08
      Traroth

      « le rôle de dénonciation des patrons assassins revient aux syndicats » : NON ! Les syndicats ne font que se substituer à l’Etat comme toujours défaillant ! Exactement comme les Restos du Coeur !

    • TSS (---.---.---.50) 3 mars 2011 11:08

      Sur le deuxième point, vous oubliez que le rôle de dénonciation des patrons assassins revient aux syndicats, aux inspections du travail et aux comités d’hygiène et de sécurité.

       je peux vous dire qu’ils font leur boulot,mais ce qui n’est pas mediatisé n’existe pas... !!

    • TSS (---.---.---.50) 3 mars 2011 11:13

      Contrairement à une idée repandue la vitesse n’est pas ,loin de là ,l’element essentiel des

       accidents mortels... !!

    • titi (---.---.---.180) 3 mars 2011 12:48

      « sur la route et pourtant je ne vois aucune association s’elever contre les patrons assassins...  »

      Réaction doublement fausse.
      1. D’abord parce que les chiffres indiquent environ 600 morts par an pour les accidents du travail (ADT). On est plutot loin des chiffres de la route, même à considérer que les chiffres des ADT sont minorés.
      2. Parce que la législation francaise considère comme ADT les accidents survenus dans les déplacements domicile-travail. Du coup, le facteur de risque le plus important dans le travail c’est justement la route (> 50 % des ADT mortels).


      Bon bah TSS, va falloir trouver autre chose pour dénoncer les salauds de patrons.


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