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Accueil du site > Actualités > Société > Un appel à ma génération

Un appel à ma génération

Si vous avez entre 56 et 65 ans, ceci est un message pour vous. Vous avez traversé à un tendre âge les années que l’on désigne aujourd’hui sous l’appellation trompeuse de “Mai-68″ (une grande part de ce qu’on entend par ces mots s’est développé dans les années 1970). Après avoir dû subir le révisionnisme qui a dominé ces dernières années, vous allez maintenant recevoir des invitations à se réapproprier Mai-68. L’une d’entre elles se conclut sur ces mots : Mai-68, ce n’est pas qu’un début, c’est une actualité urgente, et appelle à des retours critiques et discordants. Ceux-ci sont effectivement nécessaires puisque le pire risque du révisionnisme, c’est de nous précipiter en réaction dans une idéalisation stupide, par ailleurs très ennuyeuse pour les plus jeunes. Le propre des mouvements importants, c’est que c’est toute une société qui en hérite, et qui en tire le meilleur et le pire. Participer à ces efforts de réappropriation critique pourra être utile et même agréable malgré le miroir cruel que nous tend la vitesse d’écoulement du temps.

Mais il y a mieux encore à faire en matière d’actualité urgente de Mai-68. Puisque vous avez environ mon âge, vous ne risquez plus rien en termes de carrière. Quelques-uns s’accrochent peut-être encore à des rêves de pouvoir, mais justement il est temps pour eux de commencer à revivre. Si j’en crois des statistiques, beaucoup sont déjà retraités ou mis à l’écart en attendant. Pourtant cette génération occupe aussi de nombreux postes de responsabilité. Ceux qui les détiennent ont une occasion unique de s’apercevoir, si ce n’est déjà fait, que sur certains sujets, qu’on soit dans l’industrie ou fonctionnaire, le devoir d’expression existe et que le ciel ne nous tombe pas sur la tête quand on en use. Et pour nous tous, il est temps de se rendre compte que si le cynisme ou le découragement dominent de par notre espace politique d’aujourd’hui, c’est parce que nous leur avons abandonné cet espace politique, tout en refusant aux générations suivantes d’y accéder. Quant aux gens honnêtes et constructifs qui ont enfin le temps de s’investir dans la démocratie, s’ils sont aussi démunis en matière de perspectives, c’est qu’ils sont bien seuls. Bref, nous pouvons faire mieux qu’une célébration ce printemps.

Dès avril et pendant les trois mois qui suivront, le gouvernement s’apprête à lancer une offensive sans précédent contre l’un des rares espaces qui fasse vivre le meilleur de ce que nous avons tenté de construire dans “Mai-68″ : l’articulation entre liberté individuelle et solidarité collective ; l’esprit critique à l’égard des médias et l’invention de nouvelles formes de ceux-ci ; le lien complexe entre des dimensions apparemment séparées de la vie humaine ; la critique de la consommation et de la publicité (dont les formes extrêmes sont aussi des descendances de 68) ; le respect pour ceux qui nous aident à penser et agir par nous-mêmes, la dérision à l’égard du pouvoir qui prend au sérieux ses titres estampillés et la méfiance à l’égard du pouvoir qui se tient en chacun de nous ; l’impertinence polie (contraire de la grossièreté conformiste dont certains héritiers honteux de 68 nous donnent l’exemple) et le refus - à quelques exceptions près, du moins en France - de la violence. Cet espace, c’est celui de l’appropriation sociale consciente de l’information, de ses techniques et d’internet. Avec le mouvement écologique part de l’altermondialisme (celle qui construit plus qu’elle ne “défend les acquis”), c’est l’un des seuls “lieux” politiques que la jeunesse d’aujourd’hui fait vivre et où quelques membres de ma génération trouvent une amicale place.

Le gouvernement va tenter de faire passer une série de textes législatifs, de mesures réglementaires et d’accords négociés entre amis et clients pour corseter, surveiller, ensevelir sous des torrents de mensonges et pousser dans la clandestinité les pratiques d’échanges libres et de production sociale utilisant l’informatique et internet. Ce projet de régression mentale, de normalisation médiatique, de censure et de contrôle est évidemment voué à l’échec à long terme. Mais comme le long terme est vraiment trop long pour ma génération, comme, en attendant, ce projet peut faire beaucoup de mal à des sociétés déjà mal en point, il vaut mieux le faire échouer maintenant. D’autant plus qu’il va produire exactement ce contre quoi il prétend lutter : l’exposition addictive des jeunes esprits à des canaux qui font tout et notamment le pire pour attirer leur attention, la désinformation, la pauvreté culturelle et éducative, la piraterie (des artistes par les distributeurs), la tribalisation des communautés. Tout cela en subventionnant les amis labellisés et en rendant la vie plus difficile à tous les contre-pouvoirs critiques, bref en détruisant le nouvel espace public.

Non, ce n’est pas le seul chantier essentiel. Celui des inégalités par exemple l’est au moins autant. Ceux de l’écologie, de l’invention de modèles de développement et d’orientation du progrès technique, de la solidarité humaine planétaire itou. Mais si le chantier de l’espace public est négligé, tous les autres en pâtiront. Stay tuned et soyez prêts à ne pas laisser passer la contre-réforme numérique.


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62 réactions à cet article    


  • geo63 7 mars 2008 11:51

    Même si je ne suis plus dans la fourchette, j’ai 68 ans, j’exprime mon soutien total à l’auteur.


    • Schroen 7 mars 2008 12:56

      Il faudrait surtout que votre génération, qui elle a bénéficié des nombreux avantages contrairement à la mienne largement post 68, commence à arrêter de gonfler avec vos rêves d’enfances frustrés.

      Que votre génération se rende compte de sa médiocrité, qu’elle laisse ses propres enfants dans une panade pas possible, aussi bien au niveau de la dette nationale, que de disposition légale toute plus crétine que les unes que les autres. Vous parlez d’héritage de mai 68, super TF1, des immigrés qui nous crachent dessus, des bourkas dans nos rues, des milliards de dettes.

      En gros vous mettez votre descendance sur le trottoir pour assoir vos privilèges...

      Alors combien de temps encore nous allons devoir suporter vos jéremiades, ouhinnn 68 ça à part marcher, ouhinnn on veut la retraite à 60 ans, ouhinnn on veut plus de fonctionnaire et de moyen, ouhinn l’école doit être l’école de l’enfant roi et notre toute puissance sur les profs, ouhinnn....(ter repetita)

      Bref, prenez votre retraite, restez jardinez dans votre potager et laisser vos descendants essayer de rattraper les conneries de votre génération...

      Sur ceux, bon jardinage, un trentenaire qui n’en a rien à battre de l’héritage de 68


      • satyagraha 7 mars 2008 13:25

        Je suis trentenaire et j’apprécie l’héritage de 68. Je suis néanmoins d’accord sur les dommages provoqués par l’égoïsme forcené de la génération du papy-boom. Outre la situation économique calamiteuse, cette génération, qui a hérité d’un mode plein d’espoir et propre (au sens écologique), nous lègue un monde sans espoir (ou presque) et pollué à l’extrême, devrais-je plutôt dire "saccagé".

        Mai 68 est une révolution d’enfants gatés, notre révolution (celle de ma génération) sera autrement plus pragmatique, et, hélas, beaucoup plus violente.

        Mais il n’est pas impossible que les soixante-huitards se joignent à notre génération pour exiger un autre modèle de société qui s’appliquera à eux, comme d’habitude, mais aussi aux générations futures (on peut rêver).


      • Philippe Aigrain Philippe Aigrain 7 mars 2008 13:45

        Je partage votre jugement sur l’égoisme générationnel. Mon but essentiel était justement d’appeler les membres de ma génération à se joindre au meilleur de ce que font les suivantes, à y reconnaître la part d’écho du meilleur de ce qu’ils ont voulu ou fait (dégagé de beaucoup de leurs illusions et construit dans un contexte oh combien plus difficile). Mais surtout d’assumer au moins une fois leur responsabilité en ne laissant pas casser les outils de la réinvention du politique et de la culture qui se construisent aujourd’hui à travers les techniques de l’information et internet.

        > hélas, beaucoup plus violente.

        Possible mais pas joué, donc objet de vouloir. Je retiens donc surtout votre "hélàs".


      • geo63 7 mars 2008 16:54

        ..."des nombreux avantages"... ???


      • Jean Massicot Jean Massicot 8 mars 2008 17:29

        D’accord avec vous. Bravo


      • Bernard Dugué Bernard Dugué 7 mars 2008 13:36

        Bonjour Philippe, ça alors, c’est assez étrange cette synchronicité, j’avais moi-même projeté un billet de ce genre, mais pour my generation, celle des 47-53 balais, que j’ai appelée les frangins de mai 68. Quant aux contenu, je m’oriente aussi vers ce pessimisme de l’action typique d’un Gramsci

        on va tous crever, mais pas de ma même manière alors, tant qu’à crever, autant crever debout et non pas soumis


        • foufouille foufouille 7 mars 2008 14:28

          vous avez votez pour des pourris

          vous avez ete recupere

          maintenant que vous etes vieux c’est trop tard

          mai 68 est toujours idealise car vous avez saute du train en marche. vous vous trop battus entre vous, cherchant a tirer la couverture. vous avez donne des couronnes a l’umps. vous avez gobe joyeusement les jeunes chomeurs (ou autre) c’est des faineants

          pour changez les choses vous devriez creer un nouveau parti republicains

          dans ce cas : pare-balle, avocat, super propre, pognon


          • foufouille foufouille 7 mars 2008 17:23

            les petit jeunes de moins de 40 critique car vous vous etes pas battu longtemps et vous reveillez maintenant tres tard. le pouvoir est aux mains des memes vieux que vous avez voulu changer


          • foufouille foufouille 7 mars 2008 18:51

            ben oui il n y a pas que des vieux

            une critique n’est pas une attaque, elle permet a certaines personnes de voir que d’autre n’ont pas le meme point de vue

            et puis a part une ou deux communaute emblematique je ne vois pas ou sont les restes de mai 68. la societe aurait evoluee quand meme. mais reconnaissez le vous vous etes fait bouffer (cohn-bendit compris)


          • Yohan Yohan 7 mars 2008 23:00

            bien vrai, malheureusement


          • Bulgroz 7 mars 2008 14:33

            Oui, vivement qu’on liquide ce soi disant héritage de Mai 68. Vous ne trouvez pas qu’il en a fait assez ?

            A chacun sa guerre, Mai 68 n’est pas la mienne.

            Vos procès d’intention et vos cllchés dignes d’un communiqué de la LCR en sont la preuve.

             

             


            • 5A3N5D 7 mars 2008 15:00

              On a vraiment l’impression de parler de n’importe quoi : pour vous, qu’est-ce que c’est "l’héritage de mai 68" ?

              Autre chose : cette génération aurait pu, comme vous le faites si bien, se retourner contre la précédente (celle de la guerre) et l’accabler de tous ses maux. L’a-t-elle fait ? Je ne m’en souviens pas.

              Il y a aussi une autre vérité : les gens de 68 ont eu le courage de secouer le monde du travail et même la société pour la changer. Aurez-vous la même audace ? C’est bien beau de critiquer (sans savoir quoi exactement), mais passer à l’acte, c’est un peu plus délicat. 

              Il y a du chômage et de la misère en France et c’est la faute de 1968 ! C’est simple, ça sonne bien, mais la vérité est ailleurs : depuis cette époque, de nombreux pans de l’économie ont bénéficié des progrès de la technologie. Et qui dit progrès technologique dit mécanisation, robotisation, automatisation et... mise sur la touche de travailleurs dont on n’a plus besoin. Essayez de réfléchir à ça et ne collez pas tous vos problèmes sur le dos de soixantehuitards. Prenez-vous en main car, contrairement à ce que vous affirmez, les jeunes qui ont suivi cette génération ne sont, dans la majorité des cas, pas mûrs avant leurs 25 ans.


            • Philippe Aigrain Philippe Aigrain 7 mars 2008 15:05

              Je ne sais pas trop à qui s’adresse votre commentaire, mais d’après l’indentation, ce serait à mon texte. Un point qui a son importance, "mai 68" n’était pas une guerre et je me moquais gentiment des anciens combattants. Quant aux procès d’intention, je ne sais pas si vous entendez par là :

              • les critiques que j’adresse à ma propre génération (qui ne portent en rien sur des intentions mais sur des faits, débattables bien sûr dans leur réalité) ?
              • Les projets que j’affirme être ceux du gouvernement ? Pour ce dernier point, il est vrai qu’il y a un côté "teasing" dans mon texte, mais on en reparlera et vous semblez déjà en avoir manqué quelques-uns.

              Passons sur la comparaison avec la LCR, vous allez les vexer


            • Schroen 7 mars 2008 16:42

              Commentaire de 5A3N5D complétement débile, à la limite du croyable... Mai 68 ne fut elle pas une révolte contre la génération d’avant guerre représentée par De Gaulle ???? Vous vous décribilisez et surtout vous vous ridiculisez...


            • Gasty Gasty 7 mars 2008 17:54

              @ Schroen

              A part VICHY.

              La révolte dont vous parlé n’était pas comme vous semblez le vouloir une révolte à l’encontre d’une catégorie de la population contre une autre catégorie de la population. Bien que cela semble etre le cas aujourd’hui et vous pouvez vous en rendre compte. Mai 68 n’était pas une réunion d’individualiste.

              Les gouvernements actuels ont (et pour le plus grand plaisir du MEDEF) tendance à ce défaussé justement sur les salariés, employés, fonctionnaires et les opposer entre eux . Ceci pour le plus grand profits de la classe dirigeante .... a vous de voir ou vous vous situez !

              Il y avait encore de la solidarité à cette époque.
               


            • Yohan Yohan 7 mars 2008 23:09

              @bulgroz

               

              L’héritage de mai 68, c’est surtout des dettes. Mais, si l’on y regarde de plus près, la génération de 68 n’était ni représentative, ni majoritaire dans le pays. Elle a surtout dominé dans les médias et la sphère politique. Ceux qui ont battu le pavé ont vite lâché l’affaire pour s’occuper des siennes d’abord. Moralité, ils ont laissé la place à ceux qu’ils voulaient chasser et qui au final sont revenus subrepticement en laissant croire aux soixantehuitards qu’ils dominaient encore le monde. Pendant que les intellectuels plastronnaient à la télé et dans les medias, les affairistes ont pillé et laissé le pays partir à vau l’eau.


            • fourreau 7 mars 2008 14:46

              @ Bernard Dugué

              Il n’y a pas à crever ! Nous avons des lourdes responsabilités pour les générations qui suivent, et nous devons les assumer, quelques soient les embûches ! Notre mérite ne réside ni dans un pessimisme ni dans un optimisme, mais dans le réalisme de nos responsabilités. Les tâches sont-elles rudes ? Jusqu’au dernier souffle, l’effort et le goût de laisser à nos successeurs du meilleur doit guider !

              A propos, j’avais soumis un article, cas concret des difficultés qu’on rencontre à cette tranche d’âge et le combat qui m’attend, à la rédaction AV mais aucune suite ne m’est donnée. Pas même pour dire un refus. Est-ce normal ? Où parce que le personnage public que je mets en cause doit gêner la rédaction ?


              • Blé 7 mars 2008 15:07

                Juste un témoignage à grands traits.

                En 1968 j’avais 18 ans. J’avais déjà 4 années de travail derrière moi dans le cadre d’un apprentissage dans la coiffure dame. En tant qu’apprentie, à 18 ans je gagnais l’équivalent de 10€ par mois en étant au salon 45 heures semaines. Alors je faisais des petits boulots au noir pour me payer mes collants, c’était nouveau à l’époque, mon entrée à la piscine et de quoi boire un coup avec les ami-e-s.

                J’appartiens à ce milieu populaire où le maquillage pour les jeunes filles était très mal perçu, où lire pour une fille était un signe de fénéantise. Je devais savoir coudre, tricoter, cuisiner, etc....J’ai connu l’époque où un homme pouvait engrosser une demoiselle sans avoir à assumer une responsabilité quelconque, la fille ayant "fauté", c’était à elle d’assumer.Dans le meilleur des cas, la famille prenait en charge le bébé mais très souvent la jeune était foutue à la porte de chez elle. Les plus chanceuses pouvaient avoir recours aux "faiseuses d’ange". La pilule a vraiment libéré les femmes de cette peur constante d’être enceinte.

                Le mai 68 transmis par les médias n’est pas le mai 68 que j’ai vécu à Paris durant plusieurs semaines. Les grèves dans les usines mais aussi de tous les transports, les défilés, les manifestations, etc...

                Il ne faudrait pas généraliser car les classes dominantes de 1968 sont toujours majoritairement dominantes aujourd’hui. Les classes dominées d’hier le sont aussi aujourd’hui mais je reconnais que c’est plus dur pour elles aujourd’hui qu’hier. Ce sont les classes dominantes qui ont imposé une manière de vivre au reste de la société. (maison individuelle, télé, voiture, vacances, voyages,mode, spécialités, etc...)Ce ne sont pas les classes ouvrières et salariés qui imposent le libéralisme et l’économie de marché mais les classes dominantes. Ces dernières font tout ce qui est possible pour casser ce que le C N R avait mis en place après la guerre.

                 Les populations sont beaucoup plus dépendantes des nouvelles technologies (médias, ordi, téléphone portable,D V D, etc... ) de produits finis, il faut tout acheter et quand on n’a pas les moyens, la transmission des savoirs traditionnels n’ayant pas été faite, on ne sait plus faire par soi même, on se sent démuni.La dévalorisation des savoirs traditionnels, la dévalorisation, la non reconnaissance du travail des femmes (le travail fantôme d’Ivan Illich), à la maison, dans les fermes, chez les artisans et commerçants, etc... et la marchandisation constante de toutes les activités de la vie ont largement contribué au développement du monde dans lequel nous vivons à ce jour. 

                 


                • Philippe Aigrain Philippe Aigrain 7 mars 2008 15:33

                  Merci de ce témoignage qui est aussi une rectification. J’avais conscience de tronquer gravement le paysage, mais je ne pouvais pas parler de ce que je ne peux prétendre connaître. Oui, les classes privilégiées de 68 le sont encore. Mais la nature de leur domination et ce qu’on peut lui opposer, et qui peut le faire a profondément changé.

                  Pour moi, le plus important est la relation savoir-faire / produits finis sur laquelle vous concluez. L’information et ses techniques ont dévalorisé les savoir-faire en les incorporant dans la technique, mais elles permettent également de se les réapproprier et plus encore de se réapproprier leur devenir. Le premier pas, c’est de refuser que ce soient des produits finis, ce que font les logiciels libres et tous les mouvements d’innovation partagée. La deuxième étape, c’est de faire un immense tri dans ces produits, un vrai processus de choix qualitatif entre ce qui est outil dont on peut se servir et qu’on peut perfectionner, un contenu culturel qu’on peut utiliser dans une pratique ou une création, bref ce qui source de nouveaux savoir-faire humains et ce qui ne sert qu’à à nous plonger dans l’hypnose télévisuelle, nous assigner à consommer la 18ème génération d’un produit ou le succès programmé d’une major.

                  Pour le partage des tâches homme-femme, comme Dominique Méda l’a montré, il y a eu une sévère régression après un timide progrès. Mais ce timide progrès est quand même toujours vivant pour peu qu’on le réveille.


                • Schroen 7 mars 2008 17:04

                  "Pour le partage des tâches homme-femme, comme Dominique Méda l’a montré, il y a eu une sévère régression après un timide progrès. Mais ce timide progrès est quand même toujours vivant pour peu qu’on le réveille. "Gnééé ??? Des statisques ??? Des faits ?? A moins que vous parliez de la vile exploitation des ménagères de plus de 50 ans dans la préparation des repas de famille ?


                • Philippe Aigrain Philippe Aigrain 7 mars 2008 22:21

                  Pour la période récente, les faits et les statistiques sont là : deux heures de moins de temps libre (définition : le temps qui reste quand on enlève travail, transport, sommeil, déplacements obligés, entretien personnel de base, entretien domestique, soin des enfants et des personnes à charges) pour les femmes que pour les hommes, et cela a augmenté (légèrement) dans la période récente, notamment à cause de la montée du travail partiel subi avec souvent plusieurs périodes non jointives de travail. Source par exemple : Dominique Méda, Le travail des femmes : vers un nouveau partage des rôles.

                  Là où c’est plus compliqué c’est les tendances à un rééquilibrage qui ont bel et bien existé à diverses périodes, mais confinés à des groupes sociaux ou des périodes de la vie.


                • haddock 7 mars 2008 22:38

                  Blé comme toi j’ ai commencé mon apprentissage à 14 ans , debout dans le fournil à 2 heures du mat , 10 heures par jour , 60 à 70 heures par semaine .

                   

                  Pas de façonneuses et diverses machines de maintenant pour travailler , à la main on faisait la plupart des opérations .

                   

                  A l’ époque on se torchait avec du papier journal , pas de portable , pas de télé , pas internet , pas de lave-vaisselle , beaucoup de ménagères lavaient le linge à la main . Pas de plats tout prêts , pas de TGV , chez le dentiste on t’ arrachait la dent sans bien de sentiment .

                   

                  Ben je vais vous dire , ce qui m’ est arrive de mieux dans la vie c ’est d’ apprendre à me démerder ce que j’ ai fait le restant de ma vie .

                   

                  68 ? on en entendait parkler à la radio , des mecs qui mettaient des barricades et nous en province on bossait .

                   

                  Alors les jeunes , je vous invite à vous lever le cul , au lieu de penser que l’ on vous DOIT quelque chose .

                   

                  On vous doit pas plus que ce que vous devez à vos enfants et petits enfants .

                  r


                • sery 9 mars 2008 17:43

                  "Métro,boulot,dodo, 10h/jour du lundi au samedi, service militaire en algérie et tout le toutim et on nous appelle génération gâtée ?"

                  J’ai lu "service militaire en algérie " ? PAS POSSIBLE !

                  Nos baby-boomer soixanthuitards ne sont pas ts concernes mais ceux qui les sont dvraient peut-etre instruire les jeunes.Les bebes ils savent faire merci (et la contraception ne vous doit rien).

                  Rarement un manquement a l’omerta sur la guerre d’ALGERIE parmi eux qui l’ont pour le moins bien suivie et critiquee (c’est tellement plus drolatique d’enfoncer lesportes ouvertes)

                  Courageux, pas temeraires les lanceurs de paves sur CRS desarmes


                • sery 9 mars 2008 18:21

                  Generation de ceci...., generation de cela....Abstraction facile pour bon journaliste ou mauvais historien

                  La seule realite est celle des classes d’age de tous temps (petits-grands -vieux)

                  Celle dite de Mai 68 a pretendu (comme d’autres avant elles) prendre l’histoire a bras le corps.L’histoire a deja commence a la broyer et elle va continuer son oeuvre (propos journalistique)


                • ASINUS 7 mars 2008 15:46

                  ben moi j avais 9 ans j etais a la dass

                   

                  l apres mai 68 a vu arriver des educateurs et des educatrices a la place de surveillantes et de regisseurs

                  est ce que j ai apprécié la différence ?

                   

                  PUTAIN OUI

                   

                  comme quoi mai 68 ça as eté différent pour tous mais l important c est qu il y ai eu une Différence


                  • Schroen 7 mars 2008 16:43

                    Les éducateurs ne devaient pas de cours d’orthographe, peut être que les surveillants si... ;p


                  • ASINUS 7 mars 2008 18:45

                    voila vous avez bien compris , si malgrés mon certif pour tout viatique,

                    j ai une orthographe défaillante

                    la faute en incombe à mai 68


                  • haddock 7 mars 2008 22:47

                    Schroen ,

                     

                    Comme quoi on peut écrire sans faute et être un âne quand-même .

                    Ca t’ aurait plu toi , la DASS  ? becile va ...


                  • mimi 7 mars 2008 16:45

                    Pourquoi tant de haine contre notre génération

                    Ils ont 30 ans ,ont été choyé ,contre les loi Devaquet ils manfestaient pour plus de pions et plus de controles .

                    Le seul reproche qu’on puisse nous faire c’est d’avoir cru que le bonheur n’était pas dans la possession des choses mais dans la qualité de l’être . Nous n’avons pas changé assez de choses c’est sur mais on a au moins essayé .Maintenant que de petits gamins viennent nous donner des leçons je regrette mais vous ne pouvez comprendre car vous n’êtes que dans l’avoir .

                     


                    • Schroen 7 mars 2008 17:00

                      "L’avoir "c’est bien simple lorsque l’on a des biens immobiliers, une retraite assurée alors vous me faites bien gausser... De plus, nous choyons nos enfants largement plus que vous , les besoins de nos têtes blondes d’aujourd’hui sont plus important qu’il y a trente ans...

                      Tout ce que vous avez fait c’est creuser les déficits publics pour vous assurez une qualité de vie optimale, vous n’avez même pas eu les corones de faire l’Europe des peuples, mais vous avez mis en place l’Europe des technocrates, oh mon aieul comment vous remercier pour tant de bienfait...heu je ne vous mets pas ma main dans la gueule

                      Aller mon gars profite de tes 20 ans de retraite, vends bien ton appart ou ta maison et profite, on trime pour toi...


                    • Blé 7 mars 2008 18:34

                      Je ne crois pas que ce soit de la haine que les trentenaires éprouvent, je dirai plutôt que c’est une forme de désespoir.

                       


                    • 5A3N5D 7 mars 2008 18:40

                      @ Shroen,

                      Je me demande si vous croyez un instant à tout ce que vous avez écrit. Vos enfants ont plus de besoins que les nôtres ? Vous vous moquez de qui ? Ils auraient surtout besoin de travailler autant que nous l’avons fait : ce n’était pas la semaine des quatre jeudis, à cette époque !

                      Quant aux "bien-être" que notre génération se serait accordé, j’ose espérer que vous ne pensez pas ce que vous écrivez.

                      Vous êtes l’archétype du citoyen manipulé : les difficultés que vous rencontrez ont pour origine mai 68. Le lider maximo l’a dit ! Il aurait tout aussi bien pu désigner comme bouc émissaire la défaite de la guerre d’Algérie, cela aurait pu faire l’affaire : l’important, c’est de trouver un coupable. Ou la crise du pétrole de 73. Oui, mais ce coup dur ne permet pas de dresser deux générations l’une contre l’autre, alors que mai 68, c’est du nanan !

                      L’important, dans tout ça, c’est que vous puissiez vous exprimer, ce que vous devez justement à la génération de 68. 


                    • Icopas 7 mars 2008 19:57

                      "L’avoir "c’est bien simple lorsque l’on a des biens immobiliers, une retraite assurée alors vous me faites bien gausser... De plus, nous choyons nos enfants largement plus que vous , les besoins de nos têtes blondes d’aujourd’hui sont plus important qu’il y a trente ans...

                       

                      Bien bien bien, encore un qui mélange la propagande et les faits.

                      Sais-tu qu’à une époque beaucoup ne cotisaient à aucune retraite et que les générations qui suivirent durent assurer une retraite à ceux-ci, et ils le firent avec honneur. C’était bien pire que maintenant où ce n’est qu’une retraite insuffisemment financée (à peu près +0.5% du PNB suffirait pour assurer un équlibre aisé des régimes de retraite).

                      Parler en termes de génération est un peu la dernière cartouche de ceux qui ont essayé d’opposer travailleurs français et immigrés, puis salariés du privé et salariés du public, maintenant il faut agresser ces profiteurs de retraités à 1000 euros pour les opposer aux pauvres jeunes....

                      Je ne pense pas que cela soit très futé ni très juste.

                      1968 ne fut pas affaire de quelques jeunes bourgeois ayant besoin de se dévergonder, mais fut affaire comme maintenant de dispute sur l’avenir, la liberté et le partage.

                      L’avant-68 aurait fait péter les plombs des jeunes de maintenant devant une telle pression sur les individus, une telle tristesse sur la société, ce pays sortait juste d’un cortège de guerres incessantes (2e mondiale, Indochine, Algérie) où un grand nombre de jeunes furent envoyés au cauchemar. Des menaces de guerre mondiale planaient en permanence (à 2 doigts en 1962 avec Cuba) , l’Indochine vivait un cauchemar sans issue écrasée par les bombes, 68 ce fut également les divisions blindées russes dans Prague, la conscription obligatoire, des droits differents entre hommes et femmes, la quasi-impossibilité de vivre ensemble sans être mariés (ne parlons pas de la possibilité d’être homosexuels), un sexisme ordurier, .....

                      Le monde était triste, gris, violent , dur, alcoolique, les puissants l’étaient comme ils le sont maintenant.

                      En vouloir à ceux qui subissaient ces puissants, comme ils les subissent maintenant ne me semble pas trop juste.

                       Parler de besoins plus grands dans le désir d’éduquer des chères têtes blondes de maintenant c’est tout à fait surprenant. Les besoins n’étaient pas moins grands avant sauf à penser que les unes valaient moins que les autres.

                      Par contre que nos désirs pour ces chères têtes blondes, brunes, rousses, des petits de maintenant soient plus grands, ça ok. 

                       

                       


                    • caramico 7 mars 2008 16:46

                      je pourrais tout aussi caricaturer en parlant de la génération de mai 68 comme de celle qui s’est fait tout le temps emmerder : Au départ par ses parents (que le droit de se taire, et encore... !)

                      On avait qu’une idée, se tailler de la maison.

                      On a fait le contraire avec nos gosses, on les a bien gatés, et ils ne nous lâchent plus.

                      Et pour finir, on héritera de nos vieux quand ils seront impotents.

                       


                      • aquad69 7 mars 2008 17:01

                        Bonjour Mr Aigrain,

                        bon, très bien, vous avez très certainement raison ; une reprise en main par l’Etat des derniers liens libres existants entre êtres humains est dans la logique des choses.

                        Mais que proposez-vous pour l’enrayer ? Vous avez des stocks de kalachs à distribuer, vous ? Franchement, le net, "combien de divisions" ?

                        Une "résistance" ponctuelle ne servirait pas à grand chose : vous n’avez pas affaire à des gens, mais à un gigantesque processus qui se développe depuis longtemps, et pas seulement en France : ne vous imaginez pas que ce soit le fait d’un président français particulier, nous y aurions eu droit tout aussi bien avec les autres candidats.

                        Résister de front au développement du "système" actuel, aussi "naturel" et fatal que le développement végétal, tragique au sens classique du terme, le refuser, donc, reviendrait à vouloir affronter de face une avalanche ou une déferlante dans l’océan Pacifique ; c’est voué à l’échec et ça ne sert à rien.

                        Utilisez plutôt vos capacités humaines : adaptez-vous, cherchez les failles, et si le net devient obsolète parceque trop maîtrisé, passez à autre chose ! Sortez du cadre !.

                        En toute occasion, apprenez à désobéir sans crainte ; on a toujours voulu décrire les doctrines du vieux Gandhi comme "non-violentes", mais en réalité, elles étaient beaucoup plus basées sur une désobéissance civile systématique envers les pouvoirs illégitimes et leurs représentants. La légalité n’est rien et n’est pas respectable si elle n’est pas synonyme de légitimité.

                        Je crains malgrès tout qu’il ne soit difficile pour une génération comme la nôtre, pourrie gâtée à l’excès, immature, et qui dans sa plus grande partie s’est complètement intégrée à et compromise avec ce qu’elle prétendait refuser, qu’il ne lui soit difficile, donc, de passer de l’autre côté du miroir, dans une résistance active...

                        Et je vous avoue que je finirais par trouver assez savoureux que des gens comme nous qui, à l’abri de leur bien-être et de leurs théories, ont prôné les beauté du progrès et ont participé à un système qui a conquis et détruit toutes les cultures et sociétés saines et humaines qui restaient en ce Monde, en les traitant d’arriérées, finissent par goûter, eux aussi, les fruits véritables de leurs oeuvres.

                        Mais à cinquante-quatre ans, à force de comptabiliser les tragédies que nous avons provoqué et dont nous avons profité, on finit par s’aigrir un peu...

                        Thierry


                        • Hermes 7 mars 2008 17:11

                          Quel dommage que cet appel soit empétré dans des considerations generationnelles et des considérations historiques dont la réalité est trop complexe pour etre tirée au clair et pour permettre d’enrichir un argumentaire.

                          Au contraire cela souleve des polemiques à ces sujets (apparemment dans l’objectif de discréditer l’auteur et qui ne sont pas loin du racisme générationnel primaire), qui masquent tout l’obectif initial de l’article : alarmer sur des projets de lois liberticides concernant la liberté d’expression sur Internet (ce que j’ai cru comprendre).

                          Ne serait-ce pas plus efficace et utile de les lister et les commenter (arguments officiels et conséquences possibles). Cela permettrait à tout un chacun d’en apprehender la réalité et de juger de la réalité du risque

                          Un job pour morice ??


                          • Dalziel 7 mars 2008 18:45

                            Pendant les événements dont vous parlez, je faisais, avec mes potes, du camping dans une ville de la banlieue parisienne.

                            A côté de chacune de nos guitounes, nous avions creusé un trou, adorné d’une pancarte "Ci-gît un manifestant".

                            Lorsque les choses se sont calmées, nous avons été ramenés, officiers, sous-officiers et soldats, dans nos casernes, après avoir bouché des trous qui n’ont finalement pas servi...

                            A vous lire, j’ai cru comprendre que je n’étais pas du côté de ceux dont vous sollicitez le témoignage... C’est une exclusion dont je me consolerai facilement, A dire vrai, c’est déjà fait...

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