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Accueil du site > Actualités > Société > Un bien portant est un malade qui s’ignore

Un bien portant est un malade qui s’ignore

Une part du déficit de la Sécurité sociale est certainement due au fait que les acteurs de santé ont tout intérêt à développer des stratégies pour maintenir et développer leur activité, si l’on en croit Le Monde diplomatique, le Professeur Béraud et cette récente étude d’un spécialiste américain de l’anthropologie médicale.

Depuis son bureau situé au cœur de Manhattan, M. Vince Parry représente le nec plus ultra du marketing mondial. Expert en publicité, il se spécialise dorénavant dans la forme la plus sophistiquée de la vente de médicaments : il s’emploie, de concert avec les entreprises pharmaceutiques, à créer de nouvelles maladies. *

Pourquoi le nombre de malades va-t-il croissant ?
Il y a au moins trois raisons à cela, selon Claude Beraud, professeur honoraire à l’Université de Bordeaux et ancien vice-président de la Commission de la transparence de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (1) :

  • La première est liée à l’allongement de la durée de la vie.
  • La deuxième est due à l’accroissement considérable des maladies chroniques (diabète, Sida,obésité, asthme...).
  • La troisième relève d’une véritable stratégie de promotion de la maladie mise en oeuvre depuis une dizaine d’années par l’ensemble des acteurs de soins.

Selon Le Monde diplomatique (2) : "Il y a une trentaine d’années, le dirigeant d’une des plus grosses firmes pharmaceutiques au monde tint des propos fort éclairants.
Alors proche de la retraite, le très dynamique directeur de Merck, Henry Gadsden, confia au magazine Fortune son désespoir de voir le marché potentiel de sa société confiné aux seuls malades. Expliquant qu’il aurait préféré que Merck devînt une sorte de Wrigley - fabricant et distributeur de chewing-gums -, Gadsden déclara qu’il rêvait depuis longtemps de produire des médicaments destinés aux... bien-portants. Parce qu’alors Merck aurait la possibilité de « vendre à tout le monde ».
Trois décennies plus tard, le rêve de feu Henri Gadsden est devenu réalité ".

Une étude de Kalman Applbaum, professeur d’anthropologie médicale à l’Université du Wisconsin Milwaukee, parue récemment dans PLOS est aussi éclairante : "Le marketing pharmaceutique et l’invention du consommateur médical".

Je cite : "Puisque nous croyons que nous devons à des entreprises notre santé et notre bien-être, nous tendons à ne pas remettre en cause les pratiques fondamentales de ces sociétés, et finalement nous ne rendons plus compte de ce problème".

Le scandale du Vioxx est à ce titre éclairant (3).

Mais d’autre part, le consommateur est-il raisonnable ? Il n’y a pas de vendeur sans acheteur/consommateur, c’est la loi du marché. Il est plus facile de prendre des pilules que d’avoir une bonne hygiène de vie, et ça, l’industrie pharmaceutique le sait très bien.

Le Pr Beraud parle de l’ensemble des acteurs de soins, et il fait aussi naturellement allusion au corps médical. L’industrie pharmaceutique ne peut prospérer sans le soutien des médecins. Quant aux médecins, ceux-ci doivent répondre à une demande insistante de patients qui , encore trop souvent, attendent un soulagement immédiat sans effort.

Pour résumer, je citerai un journaliste canadien, qui écrivait dans un article paru en 2002 (4) : "... Prévention, alimentation équilibrée, environnement sain, équilibre psychique, thérapies diverses importent au moins autant qu’un apport pharmaceutique. La voie qu’on propose n’a rien d’un choix... L’industrie se trouve dans un conflit d’intérêt patent, estiment ses critiques. Si elle avait à cœur de contribuer à la santé publique et au soulagement des malades, la voie à suivre serait toute traçée. Elle n’aurait qu’à soutenir financièrement la formation du personnel et l’éducation scientifique du grand public."

Si l’industrie pharmaceutique a des torts, elle n’est pas seule en cause. Les acteurs de santé, dans leur ensemble, jouent un rôle, sans oublier les patients qui ne doivent pas se comporter en consommateurs invétérés.

Et si on doit jeter la pierre à quelqu’un, attention de ne pas se tromper de cible. Il s’agit d’un phénomène de choix de société et de culture et, pour détourner une citation maintenant célèbre, nous pourrions dire : tous responsables, tous coupables ! Mens sana in corpore sano (5).

* Le Monde diplomatique de mai 2006 .

1. in "L’actualité médicale vue par le Pr C. Béraud" n°1 mai 2006.
Claude Béraud est membre du Conseil médical et scientifique permanent de la Mutualité française.

2. Pour vendre des médicaments, inventons des maladies
Le Monde diplomatique de mai 2006.

3. Après le scandale du Vioxx les laboratoires

4. Le marketing douteux du lobby pharmaceutique.

5. Voir l’edito sur l’impact de l’activité physique sur les affections neurodégénératives www.tregouet.orgwww.tregouet.org


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23 réactions à cet article    


  • alberto alberto 20 juillet 2006 11:19

    Oui,le lobby des laboratoires pharmaceutiques est bien réèl et redoutable.

    Oui le déficit de la Sécurité Sociale est abyssal : 10, ou 12, ou 15 milliards d’€ ,qui le sait réèllement ?

    Mais quelle est la part des médicaments prescrits (hors hôpital) dans ce déficit ?

    Car quand j’entends les autorités s’auto satisfaire de 3 ou 400 millions d’économies faites suite à leurs actions sur la consommation des médicaments je demande à quoi correspondent les 9,6 ou 11,6 ou 14,6 milliards de déficit restant ?

    L’hypocondrie supposée des consommateurs harcelés par le lobby des laboratoires suffit-elle à expliquer ces dépenses ?

    En tout cas une synthèse claire des dépenses de l’Assurance Maladie permettrait de faire une peu de lumière sur la question de savoir « qui dépense quoi ? » Ce qui de mon point de vue n’est pas le cas actuellement.


    • gem (---.---.117.249) 20 juillet 2006 11:59

      @alberto :

      une bonne adresse : l’ifrap http://www.ifrap.org/Sante/Dossier-Hopital-4clefs.htm

      Concretement, les médicaments représentent 30 milliard sur 150.


    • gem (---.---.117.249) 20 juillet 2006 11:40

      Mais on sait ça depuis des siècles !!! sans oublier Molière (et d’autres encore avant lui) , Jules Romain en a fait l’immortel Knock en 1924 ! Et à l’époque il n’y avait pas encore d’industrie pharmaceutique, ni de crétins antédiluviens pour lui faire porter le chapeau.

      Si ces évidences n’étaient pas si oubliées, on pourrait parler de défonçage de porte ouverte. Mais c’est vrai que tout cela est bien oublié, volontairement oublié. La santé, c’est sacré et ça n’a pas de prix, n’est-ce pas, surtout quand c’est les autres qui payent...


      • alberto (---.---.28.249) 22 juillet 2006 11:26

        Vu l’article sur les dépenses de santé : trop schématique pour être précis, c’est illisible. Que représentent les dépenses dites de ville ? Quelle est la part représentée par les médicaments dans ces dépenses de ville puisque ce son celles qui sont désignées comme étant responsables du trou de la Sécu... ? Quelle est la part des prescriptions homéopathiques dont on dérembourse une partie pour faire de grandes économies ? : c’est pas du foutage de gueule ça ?


      • gem (---.---.117.250) 24 juillet 2006 11:01

        ouh là, vous voulez des réponses très, très, précises, vous. Dans ce cas, je ne vois qu’une seule solution : éplucher directement les chiffres officiels : de la DREES (ministère de la santé), notamment les comptes nationaux 2005 (tout frais sorti : juillet 2006 !) et bien sur les comptes de la protection sociale 2004 (novembre 2005). Bon courrage... Si vous arrivez à quelque chose vous avez de quoi faire un bel article ici ! C’est des trucs pleins de piège (par exemple, les comptes de la protection sociale ne sont pas les compte de la « sécu »), pour un non spécialistes c’est très, très, casse-gueule.

        Un détail : les pharmaciens ne savent pas si le malade qui leur achète sa dope sort de l’hôpital ou de chez son médecin. Il n’y a donc pas de chiffrage direct de l’origine (« ville » ou « hopital ») des dépenses de médicaments. J’ignore si il y a des études sur ce genre de sujet (j’espère que oui !), et même dans ce cas sont-elles publiques ?


      • Thucydide (---.---.101.8) 20 juillet 2006 12:10

        On fait porter le chapeau aux seuls acteurs de la santé, et on oublie un peu vite que l’explosion des dépenses est dû en grande partie à la multiplication des hypocondriaques nombriliques. Pour un oui, un non, ou un peut-être, on consulte les meilleurs spécialistes et on s’apitoie sur son sort à coup de bardées de gélules et de comprimés placébiques, dont il faut compenser les effets secondaires à l’aide d’une deuxième escouade de cochonneries. Et les médecins qui prescrivent trop le font, en fait, parce que s’ils se contentent de dire à leur « malade » : « perdez du poids en modérant votre alimentation, faites un peu d’exercice et essayez d’évacuer votre tension nerveuse par des activités adaptées », leur client disparaîtra, frustré de n’avoir pas reçu la compassion et la complaisance qu’il attendait.

        Autrefois, il était considéré de mauvais aloi de toujours se plaindre et geindre sur son état physique ou psychique, à tel point qu’on refusait de se soigner lorsque c’était nécessaire. De nos jours, le retour de balancier, favorisé par l’illusion officielle du « principe de précaution » généralisé, est allé trop loin. C’est avant tout un problème de prise de conscience collective.


        • claude (---.---.137.18) 20 juillet 2006 19:01

          voici ce que j’ai pêché dans la réponse de Freemanu ce jour à 12H30, Le trou de la SECU !

          Source Horizon santé N° 36 novembre décembre 2005 page 14

          QUEL TROU DE LA SÉCU ? Chaque année nous amène de nouvelles restrictions dans nos remboursements maladies, malgré de nouvelles augmentations de nos charges, et tout cela pour ... combler le trou de la secu qui serait aux dernières nouvelles de 11 milliards d’Euros. Mais voici un rapport de la cour des comptes 2003 qui éclaire les choses sous un autre jour, et qui justifie une légitime question citoyenne : De qui se moque-t-on ? - 7.8 milliards non reversés à la sécu sur les taxes sur le tabac, - 3.5 milliards non reversés à la sécu sur les taxes de ’alcool,
          - 1.6 milliard non reversé à la sécu des assurances auto pour les accidentés de la route, - 1.2 milliard non reversé à la sécu de la taxe sur les industries polluantes, - 2 milliards de TVA non reversés à la sécu, - 2.1 milliards de retard de paiements à la sécu pour les contrats aides, - 1.9 milliard de retard de paiements par les entreprises, etc.. . Soit : 20.1 milliards d’euros non reversés par l’état à la sécu. C’est-à-dire, près de 2 fois le trou de la sécu !

          par ailleurs, puisque l’on est à mettre en évidence les méfaits du tabac et le non reversement des taxes,, idem pour les industries et la pollution, idem pour l’alcool etc... il est un fléau social relatif à la santé que j’aimerais évoquer : le harcèlement moral au travail.

          une personne poussée en dépression par ses collègues, je ne m’étalerai pas sur le processus et les moyens employés, je me limiterai au coût :

          un mois d’hospitalisation en service psychiatrique, séjour relativement court car la personne est une battante qui veut retrouver ses enfants au plus vite, ( j’ignore le coût de revient du mois d’hospitalisation, si quelqu’un peut m’apporter cette précision )

          allez, un seul médicament parmi ceux prescrits : Risperdal 4 mg, 95,58 € la boîte X 2, traitement mensuel, durée du traitement un an ( non terminé à ce jour et qui durera probablement deux ans minimum ) soit un coût annuel de 2293,93 €, sachant que, pour le respect de la posologie, sur les deux fois trente comprimés, 45 étant à utiliser pour le traitement, 15 vont à la poubelle tous les mois soit 47,79 € jetés en l’air, non je ne me trompe pas dans mes calculs soit 573,48 € annuellement aux déchets.

          ce cas appelle de ma part deux constats essentiels :

          1° sur le gaspillage pharmaceutique : délivrer juste les doses nécessaires pour un traitement jusqu’au renouvellement permettrait de sérieuses économies, nos voisins allemands le font, qu’est ce qui l’empêche chez nous ? il faut savoir si l’on préfère engraisser les laboratoires ou si l’on veut réduire le trou de la sécu...

          2°éradiquer le harcèlement moral au travail qui sévit de manière endémique ( confidence voilée d’un professionnel de la santé ) serait aussi de bon aloi

          ah ! j’oubliais : tout traitement de ce genre entraîne des effets secondaires,

          - en suite immédiate au traitement cela nécessite donc d’autres médicaments pour équilibrer les réactions néfastes ;

          - en suite lointaine, suivant le terrain des malades des conséquences peuvent apparaîtrent dix à quinze ans plus tard, par exemple des troubles nerveux aux allures de maladie de parkinson donc autre traitement...

          et allons y gaiement !


        • claude (---.---.137.18) 20 juillet 2006 19:03

          voici ce que j’ai pêché dans la réponse de Freemanu ce jour à 12H30, Le trou de la SECU !

          Source Horizon santé N° 36 novembre décembre 2005 page 14

          QUEL TROU DE LA SÉCU ? Chaque année nous amène de nouvelles restrictions dans nos remboursements maladies, malgré de nouvelles augmentations de nos charges, et tout cela pour ... combler le trou de la secu qui serait aux dernières nouvelles de 11 milliards d’Euros. Mais voici un rapport de la cour des comptes 2003 qui éclaire les choses sous un autre jour, et qui justifie une légitime question citoyenne : De qui se moque-t-on ? - 7.8 milliards non reversés à la sécu sur les taxes sur le tabac, - 3.5 milliards non reversés à la sécu sur les taxes de ’alcool,
          - 1.6 milliard non reversé à la sécu des assurances auto pour les accidentés de la route, - 1.2 milliard non reversé à la sécu de la taxe sur les industries polluantes, - 2 milliards de TVA non reversés à la sécu, - 2.1 milliards de retard de paiements à la sécu pour les contrats aides, - 1.9 milliard de retard de paiements par les entreprises, etc.. . Soit : 20.1 milliards d’euros non reversés par l’état à la sécu. C’est-à-dire, près de 2 fois le trou de la sécu !

          par ailleurs, puisque l’on est à mettre en évidence les méfaits du tabac et le non reversement des taxes,, idem pour les industries et la pollution, idem pour l’alcool etc... il est un fléau social relatif à la santé que j’aimerais évoquer : le harcèlement moral au travail.

          une personne poussée en dépression par ses collègues, je ne m’étalerai pas sur le processus et les moyens employés, je me limiterai au coût :

          un mois d’hospitalisation en service psychiatrique, séjour relativement court car la personne est une battante qui veut retrouver ses enfants au plus vite, ( j’ignore le coût de revient du mois d’hospitalisation, si quelqu’un peut m’apporter cette précision )

          allez, un seul médicament parmi ceux prescrits : Risperdal 4 mg, 95,58 € la boîte X 2, traitement mensuel, durée du traitement un an ( non terminé à ce jour et qui durera probablement deux ans minimum ) soit un coût annuel de 2293,93 €, sachant que, pour le respect de la posologie, sur les deux fois trente comprimés, 45 étant à utiliser pour le traitement, 15 vont à la poubelle tous les mois soit 47,79 € jetés en l’air, non je ne me trompe pas dans mes calculs soit 573,48 € annuellement aux déchets.

          ce cas appelle de ma part deux constats essentiels :

          1° sur le gaspillage pharmaceutique : délivrer juste les doses nécessaires pour un traitement jusqu’au renouvellement permettrait de sérieuses économies, nos voisins allemands le font, qu’est ce qui l’empêche chez nous ? il faut savoir si l’on préfère engraisser les laboratoires ou si l’on veut réduire le trou de la sécu...

          2°éradiquer le harcèlement moral au travail qui sévit de manière endémique ( confidence voilée d’un professionnel de la santé ) serait aussi de bon aloi

          ah ! j’oubliais : tout traitement de ce genre entraîne des effets secondaires,

          - en suite immédiate au traitement cela nécessite donc d’autres médicaments pour équilibrer les réactions néfastes ;

          - en suite lointaine, suivant le terrain des malades des conséquences peuvent apparaîtrent dix à quinze ans plus tard, par exemple des troubles nerveux aux allures de maladie de parkinson donc autre traitement...

          et allons y gaiement !


        • Bulgroz 20 juillet 2006 12:19

          Le nouveau serment d’hypocrytus :
          - des chêques en blanc sur la Sécu tu tireras
          - du fric plein les pognes tu t’en mettras


          • Freemanu (---.---.107.173) 20 juillet 2006 12:30

            Lorsque j’entends parler du « trou de la Sécu », il y a toujours une donnée qui me vient à l’esprit : http://forums.france2.fr/france2/avousdejuger/Le-trou-SECU-sujet-3894-1.htm

            Mais cette info, je n’ai jamais entendu aucun politique en faire mention, et pourtant, n’est-elle pas là la réponse à ce fameux « trou » ?...


            • gem (---.---.117.249) 20 juillet 2006 13:08

              Dire que personne n’en parle est excessif. Les dirigeants syndicaux s’en plaignent régulièrement et publiquement ; mais jamais sans en faire un vrai bon gros sujet. Pourquoi ?

              1) Parce que le problème, pour une bonne partie, n’existe pas : il y a toujours et inévitablement un délai entre la constatation d’une créance et son paiement (lequel d’entre vous paye ses factures le jour même ?).

              2) parce que le problème, pour le reste, ne change pas grand chose. Même si l’état payait immédiatement sa dette ça ne changerait rien du tout au fait que la sécu dépense plus qu’elle ne doit encaisser. Alors qu’on lui rajoute sans arrêt des ressources nouvelles, qui, soi-disant, vont tout régler une bonne fois pour tout, promis-juré !

              3) parce que syndicalement parlant, c’est plus commode de pouvoir faire porter le chapeau aux autres. Ca permet de donner aux militant du grain à moudre sur les forums, avec des messages comme le votre...


            • (---.---.87.119) 20 juillet 2006 12:38

              malades les gens tu maintiendras dépendance aux médoc.tu pratiqueras grosse marge sur marque de médoc. tu feras car sécu bon-dos payeras sur démunis tu taperas créateurs de maladie pour profit tu deviendras... psychose de grippe tu généreras écoulement de vaccins tu imposeras..


              • Zermikus (---.---.98.153) 20 juillet 2006 14:01

                C’est vrai que le problème est connu. Ce qui est moins connu, c’est le rôle des praticiens : un médecin (surtout le généraliste), n’est pas là pour vous guérir, il est là pour « ordonner ». Il ordonne ce que les visiteurs médicaux lui prescrivent. Accessoirement, vous pouvez vous en trouver mieux (peu de gravité, ressources naturelles, effet placebo, et parfois ... un peu d’efficacité....)

                Mais il est clair que tout est fait pour que le client revienne... Pour ma part, je ne suis pas un « patient », je suis un « client », et le médecin est un prestataire de service, tout comme un plombier ou un garçon de café... Seule différence, il n’a pas devoir de résultat, seulement devoir d’intervention... Nuance, le plombier, si...

                Accepter d’être un « patient », c’est accepter d’être choséifié, de refuser toute participation, d’être un passif, un meuble... Il me semble que la nuance est d’importance... Quant on refuse d’être un « patient », on est déjà regardé ... autrement...

                La dernière trouvaille concerant « l’abonnement » ne va certainement pas améliorer les choses. Un des premiers problèmes est aussi l’incompétence des médecins, beaucoup reconnaissent qu’ils ont commencé à apprendre leur métier en consultations ! Après ça, tout le monde dira « qu’ils ont fait des études »...

                Maintenant, la responsabilité des clients est tout aussi importante : c’est avéré qu’il est bien plus facile de prendre une pilule que de pratiquer le trainning autogène ou d’arrêter de se goinfrer.... Et en plus, les pilules sont remboursées....


                • claude (---.---.137.18) 20 juillet 2006 19:25

                  voici ce que j’ai pêché dans la réponse de Freemanu ce jour à 12H30,

                  Le trou de la SECU ! Source Horizon santé N° 36 novembre décembre 2005 page 14

                  QUEL TROU DE LA SÉCU ? Chaque année nous amène de nouvelles restrictions dans nos remboursements maladies, malgré de nouvelles augmentations de nos charges, et tout cela pour ... combler le trou de la secu qui serait aux dernières nouvelles de 11 milliards d’Euros. Mais voici un rapport de la cour des comptes 2003 qui éclaire les choses sous un autre jour, et qui justifie une légitime question citoyenne : De qui se moque-t-on ? - 7.8 milliards non reversés à la sécu sur les taxes sur le tabac, - 3.5 milliards non reversés à la sécu sur les taxes de ’alcool,
                  - 1.6 milliard non reversé à la sécu des assurances auto pour les accidentés de la route, - 1.2 milliard non reversé à la sécu de la taxe sur les industries polluantes, - 2 milliards de TVA non reversés à la sécu, - 2.1 milliards de retard de paiements à la sécu pour les contrats aides, - 1.9 milliard de retard de paiements par les entreprises, etc.. . Soit : 20.1 milliards d’euros non reversés par l’état à la sécu. C’est-à-dire, près de 2 fois le trou de la sécu !

                  par ailleurs, puisque l’on est à mettre en évidence les méfaits du tabac et le non reversement des taxes,, idem pour les industries et la pollution, idem pour l’alcool etc... il est un fléau social relatif à la santé que j’aimerais évoquer : le harcèlement moral au travail.

                  une personne poussée en dépression par ses collègues, je ne m’étalerai pas sur le processus et les moyens employés, je me limiterai au coût :

                  un mois d’hospitalisation en service psychiatrique, séjour relativement court car la personne est une battante qui veut retrouver ses enfants au plus vite, ( j’ignore le coût de revient du mois d’hospitalisation, si quelqu’un peut m’apporter cette précision )

                  allez, un seul médicament parmi ceux prescrits : Risperdal 4 mg, 95,58 € la boîte X 2, traitement mensuel, durée du traitement un an ( non terminé à ce jour et qui durera probablement deux ans minimum ) soit un coût annuel de 2293,93 €, sachant que, pour le respect de la posologie, sur les deux fois trente comprimés, 45 étant à utiliser pour le traitement, 15 vont à la poubelle tous les mois soit 47,79 € jetés en l’air, non je ne me trompe pas dans mes calculs soit 573,48 € annuellement aux déchets.

                  ce cas appelle de ma part deux constats essentiels :

                  1° sur le gaspillage pharmaceutique : délivrer juste les doses nécessaires pour un traitement jusqu’au renouvellement permettrait de sérieuses économies, nos voisins allemands le font, qu’est ce qui l’empêche chez nous ? il faut savoir si l’on préfère engraisser les laboratoires ou si l’on veut réduire le trou de la sécu...

                  2°éradiquer le harcèlement moral au travail qui sévit de manière endémique ( confidence voilée d’un professionnel de la santé ) serait aussi de bon aloi

                  ah ! j’oubliais : tout traitement de ce genre entraîne des effets secondaires,

                  - en suite immédiate au traitement cela nécessite donc d’autres médicaments pour équilibrer les réactions néfastes ;

                  - en suite lointaine, suivant le terrain des malades des conséquences peuvent apparaîtrent dix à quinze ans plus tard, par exemple des troubles nerveux aux allures de maladie de parkinson donc autre traitement...

                  et allons y gaiement !


                  • claude (---.---.137.18) 20 juillet 2006 19:26

                    voici ce que j’ai pêché dans la réponse de Freemanu ce jour à 12H30,

                    Le trou de la SECU ! Source Horizon santé N° 36 novembre décembre 2005 page 14

                    QUEL TROU DE LA SÉCU ? Chaque année nous amène de nouvelles restrictions dans nos remboursements maladies, malgré de nouvelles augmentations de nos charges, et tout cela pour ... combler le trou de la secu qui serait aux dernières nouvelles de 11 milliards d’Euros. Mais voici un rapport de la cour des comptes 2003 qui éclaire les choses sous un autre jour, et qui justifie une légitime question citoyenne : De qui se moque-t-on ? - 7.8 milliards non reversés à la sécu sur les taxes sur le tabac, - 3.5 milliards non reversés à la sécu sur les taxes de ’alcool,
                    - 1.6 milliard non reversé à la sécu des assurances auto pour les accidentés de la route, - 1.2 milliard non reversé à la sécu de la taxe sur les industries polluantes, - 2 milliards de TVA non reversés à la sécu, - 2.1 milliards de retard de paiements à la sécu pour les contrats aides, - 1.9 milliard de retard de paiements par les entreprises, etc.. . Soit : 20.1 milliards d’euros non reversés par l’état à la sécu. C’est-à-dire, près de 2 fois le trou de la sécu !

                    par ailleurs, puisque l’on est à mettre en évidence les méfaits du tabac et le non reversement des taxes,, idem pour les industries et la pollution, idem pour l’alcool etc... il est un fléau social relatif à la santé que j’aimerais évoquer : le harcèlement moral au travail.

                    une personne poussée en dépression par ses collègues, je ne m’étalerai pas sur le processus et les moyens employés, je me limiterai au coût :

                    un mois d’hospitalisation en service psychiatrique, séjour relativement court car la personne est une battante qui veut retrouver ses enfants au plus vite, ( j’ignore le coût de revient du mois d’hospitalisation, si quelqu’un peut m’apporter cette précision )

                    allez, un seul médicament parmi ceux prescrits : Risperdal 4 mg, 95,58 € la boîte X 2, traitement mensuel, durée du traitement un an ( non terminé à ce jour et qui durera probablement deux ans minimum ) soit un coût annuel de 2293,93 €, sachant que, pour le respect de la posologie, sur les deux fois trente comprimés, 45 étant à utiliser pour le traitement, 15 vont à la poubelle tous les mois soit 47,79 € jetés en l’air, non je ne me trompe pas dans mes calculs soit 573,48 € annuellement aux déchets.

                    ce cas appelle de ma part deux constats essentiels :

                    1° sur le gaspillage pharmaceutique : délivrer juste les doses nécessaires pour un traitement jusqu’au renouvellement permettrait de sérieuses économies, nos voisins allemands le font, qu’est ce qui l’empêche chez nous ? il faut savoir si l’on préfère engraisser les laboratoires ou si l’on veut réduire le trou de la sécu...

                    2°éradiquer le harcèlement moral au travail qui sévit de manière endémique ( confidence voilée d’un professionnel de la santé ) serait aussi de bon aloi

                    ah ! j’oubliais : tout traitement de ce genre entraîne des effets secondaires,

                    - en suite immédiate au traitement cela nécessite donc d’autres médicaments pour équilibrer les réactions néfastes ;

                    - en suite lointaine, suivant le terrain des malades des conséquences peuvent apparaîtrent dix à quinze ans plus tard, par exemple des troubles nerveux aux allures de maladie de parkinson donc autre traitement...

                    et allons y gaiement !


                    • la fourmi la fourmi 21 juillet 2006 11:44

                      Relevé ce matin sur la revue de presse de sante.net, pour faire suite à cet article : Courrier International publie un long texte du psychiatre David Healy, publié dans New Scientist, sur « le marketing de la santé mentale ». L’hebdomadaire indique que le psychiatre, « comme de plus en plus de ses collègues médecins et chercheurs », est « convaincu » que « l’industrie pharmaceutique invente ou redéfinit des maladies dans le but de vendre toujours plus de médicaments ».

                      Le psychiatre irlandais écrit notamment que « si on peut accepter le recours aux antipsychotiques pour traiter les épisodes maniaques, il n’existe pas le moindre consensus sur le bien-fondé de leur utilisation comme traitement de longue durée des troubles bipolaires ».

                      David Healy remarque cependant que « les personnes souffrant de troubles bipolaires se voient aujourd’hui systématiquement prescrire un cocktail de médicaments qui coûtent très cher et qu’elles doivent prendre de façon permanente ».

                      Le psychiatre aborde en outre « le débat sur le rôle des antidépresseurs dans le suicide », ou encore indique qu’« on assiste actuellement aux Etats-Unis à une forte hausse des diagnostics de troubles bipolaires chez les enfants ».

                      « A une époque où les deux parents ont souvent de longues journées de travail et où les services de garde d’enfants rejettent les enfants « difficiles », les médicaments peuvent être le moyen le plus simple de faire face à un problème de comportement », constate David Healy.

                      Courrier International publie par ailleurs un article du Washington Post, selon lequel « plus de la moitié des médecins américains qui rédigent le célèbre Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, sont rémunérés par les labos ».


                      • claude (---.---.137.18) 21 juillet 2006 12:04

                        effectivement, le domaine de la psychiqtrie est encore un domaine où il est facile de faire prendre à peu près tous ce que l’on veut aux malades.

                        par exemple pour une grippe c’est viral, le cycle terminé le malade se relève,

                        un membre cassé c’est six semaines sauf complications

                        un cancer peut être concrètement évalué par la taille de la tumeur

                        mais en psychiatrie tout est soigneusement encadré avec le plus d’opacité possible, le jargon médical en facilitant la chose


                      • la fourmi (---.---.136.11) 24 juillet 2006 12:19

                        Je rajoute encore un éclairage sur le sujet : La préhypertension est définie selon les experts américains comme une pression artérielle systolique (PAS) entre 120 à 139 mmHg ou une pression artérielle diastolique (PAD) variant entre 80 et 89 mmHg. Ensuite on passe à l’HTA de grade 1 (PAS : 140-159 mmHg ou PAD : 90-99 mmHg) ou à une HTA de grade 2 (PAS ≥ 160 mmHg ou PAD ≥ 100 mmHg).

                        Le stade de préhypertension justifie, pour les experts américains, la mise en place ou l’intensification des mesures non médicamenteuses. En effet, on peut prévenir l’HTA chez un individu en jouant sur 4 facteurs : réduction du poids, diminution de la consommation d’alcool et de sel (6 g de sel par jour maximum), pratique d’une activité sportive à raison de 40 minutes tous les 2 jours (natation, bicyclette, marche, etc.).

                        Cependant, ces mesures de prévention, très difficiles à mettre en œuvre sur le plan individuel, le sont encore davantage à l’échelon collectif.

                        Par ailleurs, n’y a-t-il pas un risque d’incompréhension, et a fortiori d’adhésion à un traitement, à expliquer à un patient dont la pression artérielle est à 130/85 qu’il est « préhypertendu », c’est-à-dire « prémalade » ?

                        (Tiré d’un article de fond du site www.sante.net par en avril 2006)


                      • éric (---.---.157.153) 22 juillet 2006 16:22

                        « sans oublier les patients qui ne doivent pas se comporter en consommateurs invétérés. » Celà est vrai ! Mais si l’individu n’est plus un consommateur invétéré pour les médicaments il en sera de même pour les autres domaines de la consommation. Il faudra changer de société, j’en rêve déjà.

                        Dans mon blog je posais déjà les questions suivantes :

                        Doit-on s’en alarmer ? Comment se fait-il que nos dirigeants laissent courrir un déficit de façon permanente ? Et si certains y trouvaient leur compte ?


                        • nono (---.---.94.25) 23 juillet 2006 12:39

                          Regardez par exemple la différence de prix entre les medicaments génériques aux etats unis et en france.... Notamment sur l’acyclovir... la différence entre le générique et la marque est enorme.... en france la difference entre le générique est la marque est quasi identique..... a croire qu’il y a la meme entente de marché truqué dans la pharmacie comme dans la téléphonie mobile....

                          il est evident que les labos abusent et que le contexte commercial autour des maladies chroniques n’incite pas a trouver des medicaments efficace definitivement.

                          Exemple type les tri thérapie pour le vih qui sont de veritable abonnement a vie pour les labos et qui donnent pas envie de trouver un traitement efficace qui permettrait de eradiquer definitivement le virus et de redevenir seronegatif. Pire la prise de tri thérapie sur le long terme necessitera de developper des médicaments nouveaux pour combattre les effets secondaires qui apparaitrons dans le long terme...

                          Idem pour l’hepatite c, l’interferon medicament vieux et deja plus que amortie en recherche necessite un an de traitement pour essayer de soigner l’hépatite c.

                          Ce medicament a été reconditionné par le laboratoire roche sous le nom de pegasys...en modifiant la bio disponibilité du produit dans le sang...

                          1 an de traitement a (12 X 1400) = 16 800 euros... payé integralement par la secu, comme c’est le cas pour toute les maladies chroniques.

                          Sachant que ce traitement ne marche pas chez 30 % des patients que les effets secondaires sont lourd et bien connue et qu’un grand nombre de patient ne peuvent pas allez au bout du traitement a cause des effets secondaires.

                          Alors que la mise au point d’une nouvelle anti protease permettrait d’eradiquer definitivement le virus de l’hépatite c dans un temps plus court.

                          Mais le contexte economique actuel de ce vieux medicament recondionné n’incite vraiment pas les labos a trouver des medocs plus efficace le contexte economique et le rapport vital qui existe entre le patient et le laboratoire est pervers....

                          le patient d’une maladie chronique est un abonnement ultra rentable pour les labos....

                          Toute façon l’industrie pharmaceutique est la seule a avoir une croissance annuelle a 2 chiffres....

                          L’industrie pharmaceutique n’est pas une industrie comme une autre.... et il est evident que l’industrie pharmaceutique abuse....mais les patients ou les consommateurs sont aussi candides...et l’etat aussi a tendance a laisser faire....

                          La securité sociale ne s’occupera a terme que de rembourser les pathologies normale.... les rhumes, les anti depresseur les gens devront payer de leurs poches et c’est normal... je paye pour aller au cinema ou prendre le metro je trouve normal de payer pour mes medicaments contre le rhume...mais en cas de pathologie plus grave normal que la secu m’aide.


                          • gem (---.---.117.250) 24 juillet 2006 11:12

                            Bon cvommentaire, qui suscite une question de ma part :

                            Pourquoi le système de santé laisse-t-il l’initiative aux labo ? Concrétement, pourquoi les assureurs de santé (publics, en France, privés, ailleurs) ne donnent-ils pas des cibles de recherche ? Je suppose qu’ils n’y ont pas véritablement intérêt (au sens le plus finacier...), mais est-ce que cette absence d’intérêt est inévitable ?


                          • docdory (---.---.180.136) 26 juillet 2006 16:32

                            Il s’est produit , dans la pensée médicale récente , un certain glissement épistémologique qui a tendance à modifier les critères de normalité : on a tendance à vouloir remplacer la normalité statistique par la normalité axiologique .

                            Je m’explique :

                            La normalité statistique est la valeur médiane d’une distribution statistique bien connue que l’on appelle courbe de Gauss . Dans la pensée médicale classique , on considère le résultat d’un test biologique ou autre comme normal s’il est compris dans une fourchette comprise entre plus ou moins deux écarts - types de la valeur moyenne . Par exemple , la taille moyenne du français est de 1,74 m , si l’écart type est de 9 centimètres , on dira que les hommes entre 1,56 et 1,92 mètres ont une « taille normale ».

                            La normalité axiologique consiste à décrire ce qu’un être humain devrait être dans l’idéal. Par exemple , avoir des possibilités physiques d’un Carl Lewis et le quotient intellectuel d’un Isaac Newton , alors que l’être humain « normal » (au sens statistique du terme ) court le cent mètres en quinze secondes et possède un quotient intellectuel par définition de 100.

                            Un autre glissement épistémologique a consisté à remplacer la médecine hippocratique dont un des fondements est le fameux « primum non nocere » ( d’abord ne pas nuire ) par l’ « evidence-based medecine » ( EBM ) , concept anglo-américain signifiant « médecine basée sur des preuves » . Selon ce concept , le « bon » traitement d’un état pathologique quelconque est celui qui a assuré a une immense cohorte statistique de patients la survie la plus longue ( ou tout autre critère établi au début d’une étude statistique .)

                            Ces deux glissements épistémologiques ont des effets très visibles , par exemple sur le traitement des excès de cholestérol dans le sang :

                            Dans la conception classique , la limite supérieure du taux de cholestérol « normal » était égal à " deux grammes/l , auquel on ajoutait l’âge du patient . Par exemple quelqu’un de cinquante ans ne devait pas dépasser un taux de cholestérol de 2.50 g / l et quelqu’un de 70 ans un taux de 2,70 g/l . Ces normes tenaient compte de la distribution Gaussienne des taux de cholesterol , dont la moyenne est de plus en plus importante avec l’âge .

                            Dans la conception de l’evidence based medecine ( EBM ) , la médecine cardio-vasculaire est basée sur la notion de « facteurs de risque » dont la connaissaance est basée sur les résultats de la gigantesque étude statistique dite de Framingham .

                            Pour comprendre la notion de facteur de risque , je vous propose une comparaison automobile : en voiture , le risque d’accident augmente en fonction du carré de la vitesse , il existe d’autres facteurs accidentogènes tels que l’alcool , les drogues et psychotropes , le mauvais état du véhicule , la mauvaise vue , la fatigue . Tous ses risques ne s’additionnent pas , ils se multiplient . Quelqu’un qui roule à 150 sur l’autoroute à un peu plus de risque de faire un accident qu’à 130 , si quelqu’un roule à 220 avec 4 pastis dans le nez et deux pétards , qu’il est sous lexomil , qu’il a oublié ses lunettes et que ses plaquettes de freins sont usées , il n’ira pas loin !!!

                            De même , en médecine cardio vasculaire , il y a quatre facteurs de risque : l’excès de la fraction LDL du cholesterol (familièrement appelée « mauvais cholesterol ») , l’usage du tabac , l’hypertension et le diabète . Ces risques ne s’additionnent pas , ils se multiplient , comme pour la voiture . Un fumeur de deux paquets par jour , diabétique hypertendu et hypercholestérolémique est sûr de faire son infarctus dans les 3 ans .

                            Ceci a aboutit , chez les cardiologues , à une relativisation du taux de cholestérol , qui n’est plus une normale statistique , mais une normale axiologique fondée aussi sur les autres facteurs de risque : on essaiera de faire baisser beaucoup plus le cholestérol chez un fumeur hypertendu diabétique que chez quelqu’un ayant un simple exces de cholesterol ( un peu comme si on imposait à un alcoolique oubliant tout le temps ses lunettes la conduite d’une voiture bridée à 70 km /h ! )

                            Le concept de l ’ EBM, en cardiologie , a ses avantages et ses inconvénients .

                            Son principal avantage est la réduction notable de la mortalité cardio-vasculaire suite à l’application de ses règles .

                            Son inconvénient est que l’on finit par donner des médicaments contre l’excès de cholestérol , les « statines » a certains patients qui , en fin de compte , n’ont pas d’excès réel de cholestérol . Or , ces statines ont plusieurs inconvénients :

                            D’une part il s’agit de médicaments fort coûteux , qui plombent les comptes de la sécurité sociale ,

                            D’autre part , il s’agit de médicaments fort mal tolérés en raison de fréquents effets secondaires musculaires , soit mineurs ( douleurs diffuses ) , soit majeurs : les rhabdomyolyses (grave accident musculaire pouvant avoir des conséquences rénales sévères , accident pouvant parfois être fatal ) . Dans mon expérience , 30 % minimum des patients ne supportent pas le traitement et doivent l’arrêter ( a quoi bon gagner statistiquement quelques années de vie si c’est pour se retrouver perclus de douleurs comme un petit vieux !!! ) En médecine , la qualité de la vie est au moins aussi importante que sa quantité ! ( C’est du moins la conception française de la médecine . Aux USA , ils n’hésitent pas à continuer le traitement , même au prix de douleurs musculaires ! )

                            Enfin l’ EBM aboutit dans les pays anglo saxons a des dérives intellectuelles . certains pontes de l’athérosclérose proposant de donner à tous les gens de plus de 50 ans des « polypills » associant un peu de statine , d’aspirine et d’inhibiteur d’enzyme de conversion pour augmenter la durée de vie sans maladies cardio - vasculaires . Et là , je le dit tout net , on entre carrément dans le moderne Diafoirisme ou le Knockisme !!!

                            Je pense qu’il faut revenir à plus de raison . Pour moi , le meilleur traitement pour un patient donné est le meilleur compromis entre le traitement scientifiquement éprouvé et celui qu’est prêt à accepter le malade . C’est pour cela que la médecine n’est pas qu’une science , mais aussi un art !!!

                            Si j’ai le temps et si cela vous interesse , je vous parlerait ultérieurement des abus de certains laboratoires pharmaceutiques , j’ai certains exemples croustillants !


                            • la fourmi (---.---.128.227) 27 juillet 2006 10:15

                              Quand les médecins font fonctionner leur cervelle (bien faite et bien remplie) pour exercer leur art et prennent un peu de temps (et nous savons combien il est précieux) pour expliquer au plus grand nombre l’évolution de la médecine, et quand de surcroît ils écrivent de façon didactique, quel régal !!!

                              Merci de cette clarification sur l’évolution de la normalité statistique en médecine.

                              La question que je me pose en vous lisant c’est qu’elle est la raison fondamentale qui a amené à changer la norme. La médecine basée sur les preuves est sous-tendue par un (ou plusieurs) choix. J’y vois pour ma part un effet d’une prise de conscience qu’il faut augmenter les actes préventifs (c’est un euphémisme : rapport de 1 pour 140 au curatif) pour des raisons économiques évidentes. Il y a très certainement d’autres raisons financières (à commencer par l’explosion du marché des seniors et de la longévité). Il y a aussi l’apparition d’études portant sur des cohortes de plus en plus grandes tant il est vrai que le risque de se tromper diminue avec le nombre. Mais ces études extrêmement coûteuses doivent bien être financées par quelqu’un... qui en attend quoi ?

                              Quand vous parlez des statines et de la protection cardio-vasculaire nous sommes - pour moi - dans la prévention secondaire, même si le Pr Joël Menard préconise, après avoir pesé le pour et le contre dans son rapport, la vente libre de ces médicaments dans les pharmacies. (Extrait du rapport sur les statines).

                              Je m’explique : même si cette prévention peut s’adresser à des personnes bien portantes à risque, il n’en demeure pas moins que ce qui est proposé est un substitut chimique pour pallier au manque d’hygiène de vie (manger des aliments riches en omega 3 - beaucoup plus efficaces que les statines si on en croit le Pr Renaud et le Dr Michel de Lorgeril, à ce sujet voir cette étude suisse récente sur lanutrition.fr - augmenter son activité physique, équilibrer son alimentation, arrêter de fumer et toutes les conduites addictives), je n’appelle pas cela de la prévention primaire. Il y a déja dans cette façon de penser un glissement vers la facilité par pragmatisme.

                              Pour moi dans ce cas prévention primaire signifie avant tout modification de comportement individuel, responsabilisation(1).

                              De plus, les outils statistiques par définition ne s’intéressent pas aux indvidus mais aux populations, c’est pourquoi le raisonnement médical peut-être parfois biaisé par cette approche qui convient certes à la santé publique mais n’aide pas forcément à convaincre un patient.

                              Il manque à mon sens, mais cela ne devrait pas tarder à se développer, une spécialité médicale d’éducation pour la santé, laquelle nécessite une formation spécifique.

                              Je suis néammoins conscient que ce point de vue ne s’applique, aujourd’hui, qu’à une minorité et que pour le plus grand nombre (au sens Gaussien du terme) il faudra bien proposer ce substitut chimique pour le substituer à une faiblesse toute humaine.

                              Poursuivez, s’il vous plait dès que vous le pourrez sur l’approche des laboratoires pharmaceutiques.

                              1. Au titre des coûts, les statines (anticholestérols) demeurent la classe thérapeutique la plus coûteuse, avec plus de 1 milliard d’euros remboursés en 2005, selon un récent rapport de la CNAMTS.

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