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Un débat démocratique et citoyen sur la fin de vie

C’est en ces termes que Didier Sicard a présenté la mission que lui a confié le Président de la république. François Hollande s’y était engagé au cours de sa campagne, il est passé à l’acte en confiant au professeur Didier Sicard une mission de réflexion sur la fin de vie.

Le sujet, comme tous les sujets de société est difficile, il clive la société dans ses avis bien au-delà des clivages habituels. La mission Léonetti a abouti à un texte de loi en 2005 qui a instauré un « droit à mourir »sur lequel certain pensent que le droit est allé au bout de ce qui lui est autorisé et d’autres pensent qu’à l’usage celui-ci ne suffit plus et qu’il faut aller plus loin. Le nouveau pouvoir ouvre ainsi la possibilité d’un débat. « La question de la fin de vie n’appartient pas aux médecins » déclare Didier Sicard, professeur de médecine.

Il a toute autorité pour mener à bien cette réflexion, lui qu’on a nommé par ailleurs président d’honneur du Comité consultatif d’éthique qu’il a dirigé de 1999 à 2008. Beaucoup se souviennent de lui comme chef de service de médecine interne à l’hôpital Cochin à Paris. Il est par ailleurs professeur de médecine à l’Université Paris Descartes.

Il a largement contribué à la réflexion sur le droit à la procréation en participant aux débats de l’Ecole Normale Supérieure ouvert par Monique Canto-Sperber et plus particulièrement à la table ronde : « les problèmes de la naissance : question de limites, question de droits. »

Le voilà ainsi saisit de la naissance à la mort d’une tâche importante : celle d’élaborer les propositions les plus à mêmes de gérer la fin de vie.

Il est l’auteur de nombreux ouvrages où la préoccupation de la place du patient est son souci récurrent : « Infection à VIH : Savoir et comprendre : connaissance de l'infection à VIH pour la personne séropositive, ses amis, sa famille » en 1996, « La médecine sans le corps : une nouvelle réflexion éthique » en 2002, « L’alibi éthique » en 2006.

Didier Sicard a donné le ton lors d’un entretien accordé au journal le Monde : « Il faut aller à la rencontre de ceux qui ne parlent jamais, et non reconstituer un puzzle avec ceux que l'on connaît déjà ». En clair il propose de mettre un coup d’arrêt à la confiscation des débats par les médecins. Les associations de patients qu’il connait bien se félicitent de cette nomination d’un homme dans lequel elles ont toute confiance.

Il va se trouver au cœur même d’un affrontement entre des cultures différentes pour lesquelles ce sujet est l’objet d’âpres débats et parfois de violences extrêmes. Ses déclarations sont d’autant plus surprenantes qu’elles ouvrent en grand le champ du possible : « Il faut aller chercher les naïvetés sur la question, plus que les jugements abrupts ». Le ton est donné, cet homme d’une grande franchise et d’une honnêteté intellectuelle remarquable va surprendre son monde. C’est sans aucun doute le souhait de François Hollande.




par Pelletier Jean (son site) jeudi 19 juillet 2012 - 48 réactions
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  • Par CHIMERE (---.---.---.15) 19 juillet 2012 09:38

    En tant que soignant ayant été très impliqué dans l’accompagnement de patients en fin de vie,je tiens à préciser qu’il existe déjà un « arsenal » réglementaire qui permet,non pas d’euthanasier,mais d’assister ce difficile passage vers la mort.


    Le problème serait,selon moi,que ces dispositions ne sont pas suffisamment appliquées.

    En plus des classiques traitements de la douleur en fin de vie,dont les systèmes PCA,il est possible de pratiquer ce que l’on appelle la « neuro-sédation ».

    il s’agit de mettre en place une mini pompe portable à perfusion,qui va diffuser un mélange de molécules assimilable à un « cocktail » anesthésique,composé de neuroleptiques et d’anxiolytiques puissants.

    Je sais bien que je risque de choquer certains lecteurs, mais il est important d’apporter des détails « morbides » à cette tentative d’explication.

    Le principe est simple :

    1) Le pronostic fatal étant admis,on procède à la mise en place du dispositif,que l’on règle à faible débit.La pompe est également programmée pour pouvoir délivrer des « bolus »,c’est à dire,des doses individuelles uniques élevées.

    2) Lorsque arrive l’agonie,elle se manifeste très souvent par une asphyxie,et ceci très souvent dans un état de conscience du patient conservé.
    En clair,il se voit mourir.
    Ceux d’entre vous qui ont un jour eu la sensation d’étouffer,savent de quoi je parle.

    Alors à ce moment là,on « envoie » un « bolus »,c’est à dire une dose programmée de ce mélange qui a pour effet immédiat la sédation de l’angoisse.

    La mort,cependant,n’intervient pas systématiquement.

    Très souvent,même,dans les minutes qui suivent,on observe le réveil du patient,dont l’angoisse a disparu.

    Il se peut que ce phénomène se reproduise plusieurs fois.

    A un moment,cependant,il ne se réveillera plus jamais.

    Ce ne sera pas la conséquence directe de l’effet des drogues,mais juste la survenue du processus naturel de la mort.

    Ce protocole de « neuro-sédation » est, d’après mon expérience,le moyen le plus doux que je n’ai jamais vu pour passer de vie à trépas.

    Il permet,de plus,associé à une PCA,de ne délivrer les « drogues » qu’aux strictes quantités nécessaires,permettant d’éviter de se trouver dans une situation dans laquelle le patient, sur dosé,n’a plus la faculté de communiquer avec ses proches.

    Là,au contraire,il peut parler pratiquement jusqu’à la dernière minute,sans confusion,et sans douleur.

    Donc,si ce protocole était généralisé,et si des moyens financiers étaient mis à la disposition des équipes de soins palliatifs et d’hospitalisation à domicile ( mourir chez soi plutôt qu’à l’hôpital..)
    le débat sur la fin de vie prendrait un autre aspect.

    Pour l’avoir pratiquée il y a trente ans,l’ « euthanasie » active ( car elle s’est toujours pratiquée de manière « sauvage »,ne nous mentons pas...) j’en ai gardé un traumatisme interne très douloureux.

    Ceux qui défendent l’euthanasie,pour la plupart,seraient,j’en suis sur,incapables de la pratiquer.

    Les autres sont surement de dangereux nécrophiles...

    La mort,il faut le savoir,ce n’est pas beau à voir,et on ne s’habitue jamais...

    Quant aux dangers que représenterait une loi autorisant l’euthanasie,je suis effrayé des conséquences qu’elle pourrait avoir en termes de dérives eugénistes. 

    Il faut à ce titre savoir que l’on « vide » parfois des lits de réa avant les WE....car pendant la semaine,les patients en état de mort apparente intubés et ventilés,sont bien pratiques en termes de facturation T2A....les professionnels honnêtes ne me démentiront pas...

    P.S. : @  durae.leges.sed.leges : le suicide n’est pas criminalisé en France.Renseignez vous.


  • Par CHIMERE (---.---.---.121) 19 juillet 2012 16:02

    @ Pelletier Jean,


    Evidemment,ils grossissent le trait.

    Mais pas tant que cela.

    Voila ce qui se passera : lorsqu’un patient atteint d’un pathologie lethale mais d’évolution lente,qui passera un épisode de son combat dans le coma en réanimation,il y aura discussion de pratiquer l’euthanasie là ou aujourd’hui,on décide de se battre.

    Dans le contexte de casse du système de santé public,solidaire par essence,et de privatisation des soins,je vous fais le pari que le débat financier primera sur les questions éthiques.

    Un enfant atteint de mucoviscidose par exemple,en phase aiguë d’insuffisance respiratoire,et peut être effectivement pas très loin de la fin de sa maladie ,sera « évalué » en phase terminale,et euthanasié,par compassion,pour lui éviter de longues semaines de combat en ventilation artificielle.

    Puis,cela sera le cas des AVC,avec au début la fixation d’une limite d’age.Puis sans limites....

    Puis les « vieux »...

    Etc...

    Comme je l’ai détaillé dans mon post plus haut,il existe ,si on en donnait les moyens aux équipes de soins,pour pallier aux souffrances de fin de vie,sans prendre ces risques.

    Il est vrai que cela a un coût.

    C’est comme cela que les dérives vont s’insinuer dans les pratiques.
  • Par katakakito (---.---.---.90) 19 juillet 2012 14:12

    J’approuve totalement ce que dit CHIMERE.

    Attention à ce débat : eugénisme en travaux. On commence par le plus évident. Ces gens qui sont en fin de vie, ils coutent cher à la sécu, ils souffrent plus que nécessaire n’est-ce pas, alors aidons les à en finir. Après on s’en prendra aux vieux qui ont des maladies graves et incurables.
    Voyez ce qui se passe en Belgique (cf article de SCHIFFER sur Agoravox).

    Les deux évènement ne sont pas apparus en même temps par hasard.

    Et puis ces handicapés majeurs à quoi servent -il. Les structures coutent cher, bonnes gens.
    Et ces parents qui veulent mettre au monde des enfants trisomiques, vous vous rendez compte du poids pour eux et pour la société. Il faut les obliger à avorter.

    Et puis ceci et puis cela.
    C’est mettre le doigt dans la porte de l’enfer !
    Mais les socialistes aiment ça.

  • Par Pelletier Jean (---.---.---.34) 19 juillet 2012 15:41
    Pelletier Jean

    @Jako,


    merci de cette précision j’allais le faire, être du Front de gauche ,n’autorise pas à raconter n’importe quoi.

    Cordialement
    http://jmpelletier52.over-blog.com/

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