"La question n'est pas de savoir si nous résoudrons la crise de la dette mais si nos enfants accepteront de continuer un système que nous leur avons imposés contre leur gré."
Ma génération est celle de la génération gâchée nous sommes venus au monde sans but, sans opinion, et sans Dieu. Nous sommes employés dans des sociétés de service comme des pions où le capitalisme nous met en concurrence avec d'autres chairs à chômage : Turques, Chinois, Américains. Le potentiel de notre jeunesse est piétiné sous des impératifs économiques. Entre deux jobs nous errons vers un avenir incertain.
Le consumérisme a fait de nous des cerveaux vides qui ne se soucient pas de l'avenir mais d'ipod, d'iphone, et d'ipad. Nous courrons après les fringues, et les voitures en faisant des boulots qu'on déteste pour un salaire de misère. L'appauvrissement de nos parents nous a poussés vers des études courtes pour faire des boulots sans intéret, esclaves de petits chefs heureux du peu de pouvoir qu'on leur a donnés. Aucun grand projet ne nous concerne, aucune idée ne vient de nous, personne ne souhaite connaitre notre avis. Nous ne votons pas. Pas assez en tous les cas. Ignorés, méprisés, gâchés.
Pourtant les médias nous abreuvent d'images nous faisant croire que nous sommes uniques et merveilleux. La télé-réalité nous apprend que chacun d'entre nous peut un jour avoir son moment de gloire. Qu'il y a une star en chacun de nous. Pas besoin de talent juste nous et notre image suffisent. Abrutis nous ne concevons plus, n'avancons plus, ne critiquons plus. Dans notre désespoir, pathétiques nous crions dans le petit écran. Happés dans un tourbillon ce que nous sommes se répand dans le vide.
Qui pourrait nous sauver ? Nos parents ? Ceux dont l'empire de la honte et de saleté s'étale sous nos yeux jour après jour. Trop inquiet de perdre leur emploi, leur argent, et ce qu'ils pensent être ce qu'ils sont c'est à dire ce qu'ils possèdent. Aucun modèle nous a guidés, nous sommes les enfants rejetés de l'histoire, élevés par les publicités. Nous nous reconnaissons plus dans cet ordinateur, ce téléphone, cette console de jeux que dans nos parents. Inconnus, étrangers nous n'arrivons pas à les respecter pour ce qu'ils sont devenus. Rancune inconsciente, "nous n'oublierons pas et nous ne pardonnerons pas".

Nos combats ne riment à rien. Nous avons été élevés dans le vide. Nous frappons également dans le vide numérique. Et la peur de celui qui possède pousse des vieillards à étouffer dans la rue toute tentative de contestation. Les gueux que nous sommes errons sans emploi, sans but, sans bonheur, maltraités nous essayons de trouver notre place. Même si cela doit se faire à plusieurs milliers de kilomètres nous essayons de trouver une terre encore vierge. Tentant de briser nos liens.
Mais héritier d'un trône putride de mensonges. Nous savons que nous devrons faire face à des menaces écologiques, terroristes, énergétiques, économiques. Rien ne nous sera épargné. L'avenir est sombre et nous préférons penser au présent. Brulant comme une lumière nous voulons à tout prix oublier. Drogue, alcool donnez nous une dose pour oublier. Fuir, fuir ailleurs. Nous gâchons nos corps et nos esprits. Malades, viciés nous essayons de respirer l'air pollué de vos voitures et de lui rendre son oxygène comme nous pouvons. Ces doux instants sont comme des interrupteurs de plaisir dans nos consciences.
Nul combat spirituel pour nous, vous nous avez enlevés Dieu. Enfant rationnel et de la modernité nous ne voyons que ce que vous nous avez laissés. Nous décortiquons la nature, et l'étalons comme une dissection méthodique. Froids et sans amour pour nous même, nous n'aimons pas la nature. Elle est juste ce qui nous nourrit, nous fournit notre eau, où nous permet de faire de belles photographies. Nos raisons nous poussent à toujours plus d'avidité. Nous sommes des enfants inconscients dont l'âme et la morale ne signifient plus rien.
Méfiez-vous de nous. Vous qui nous léguez ce monde. Vous savez tout autant que nous que nous n'agirons pas dans votre intéret quand nous aurons des décisions à prendre. La retraite ? Vous pensez vraiment que nous paierons pour vous après tout ça ? La dette ? Contractée pour rembourser un modèle financier corrompu et inique ? Ces mêmes banques qui nous ont endettés dès nos études. Soyons sérieux, vous agissez comme nous. Vous vivez dans le présent de manière irresponsable et inconsciente. La différence est que demain nous ne pourrons plus maintenir votre Titanic à flot. Coulant nous ne sauverons que les plus jeunes d'entre nous. Excusez-nous mais on en a vraiment, vraiment plein le cul.

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