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Accueil du site > Actualités > Société > Un premier résultat de la décadence des esprits

Un premier résultat de la décadence des esprits

Une anecdote fait la une du Progrès de Lyon, ce 13 janvier 2011. Un professeur de mathématiques d’un collège de l’Ain est parti en retraite à Noël et on ne lui trouve pas de remplaçant. Les parents d’élèves font remarquer qu’une retraite est un fait programmé et se scandalisent du fait que leurs progénitures n’ont plus de cours de mathématiques depuis le début de l’année. Le collège, après avoir, semble-t-il, épuisé les recours en interne à l’Éducation nationale, vient, en désespoir de cause, de se tourner vers Pôle Emploi.

Cette situation, aujourd’hui encore isolée, est pourtant vouée à devenir un cas général dans les années à venir et en voici un échantillon de raisons.

Au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, retenant, à l’ère atomique, que la science était un instrument de puissance, dans un pays à l’historique bien connu qui voulait renouer avec son passé resplendissant suite à une défaite, en 6 semaines en 1940, quelque peu honteuse, priorité fut donnée, dans l’enseignement et la sélection des élites, aux sciences dites dures : mathématiques, physique, chimie. Au sortir de la guerre, il fallait reconstruire le pays et tout le monde s’attela, sans trop d’états d’âme à la tâche, le conseil national de la résistance ayant, dans les fondements de son programme, écrit à la fois l’équité entre les constituants de la nation et un certain partage des richesses.

Le pays est bien remonté. Ce programme nous permit d’avoir une industrie aéronautique faisant jeu égal avec les États-Unis alors que le budget français était d’au moins un ordre de grandeur inférieur. L’exemple du Concorde, à ce titre, est emblématique et les raisons de coût, souvent invoquées aujourd’hui pour railler ceux qui ont réalisé ce programme qui a été un bide commercial de la seule volonté des États-Unis, non seulement sont bien subjectives, mais en plus elles sont fausses. Nous devons ajouter au tableau l’indépendance totale de notre pays, à l’inverse de la Grande-Bretagne, en matière de force de frappe nucléaire et enfin, une industrie nucléaire la plus performante au monde puisque nous sommes encore le seul pays à maîtriser la surgénération, laquelle fait passer mathématiquement les réserves connues d’uranium de 72 ans de consommation à 6700 ans. Bref ! Nous nous retrouvons en 1973 avec le pays au monde, la France, qui a le deuxième PIB par habitant juste derrière les États-Unis.

Peut-être alors notre culture nous conduit-elle plus rapidement du succès à l’échec que d’autres. En effet, à part le phénomène Jeannie Longo, nos sportifs, à l’inverse de ceux d’autres pays, ne restent en général que très peu de temps en haut de l’affiche quand encore ils y arrivent. Il en va, semble-t-il, de même de notre pays globalement qui, aujourd’hui, en termes de PIB par habitant, est parmi les derniers pays de l’Europe des 27. On a donc commencé, insensiblement, à se plaindre de la sélection par les sciences. Par ailleurs, le succès aidant, les mathématiciens de l’enseignement secondaire et supérieur se sont retrouvés très sous-payés par rapport à leurs homologues des entreprises, d’un niveau similaire. Il aurait suffit d’augmenter les professeurs de mathématiques et de physique, mais c’était impossible, le système de l’Éducation nationale estimant (sur quelle base ?) qu’un professeur de Gymnastique doit être autant rémunéré qu’un professeur de mathématiques. Ce fut donc une première désertion de la carrière de professeur de sciences.

La mondialisation arriva avec son cortège d’idioties et d’idées préconçues : l’industrie c’est sale, trop sale pour nous, autant que les Chinois s’en occupent ; les ouvriers, ce sont les parias de la société, trop bêtes pour pouvoir faire autre chose, mal payés, conditions de travail difficiles ; puisque nous avons trouvé le tiers monde, autant s’en passer, on créera des postes de bureau à la place ; les sciences, très liées à la capacité productive ne servent donc plus à rien ; ce qui est important, c’est le commerce, la maîtrise des langues étrangères, car, c’est bien connu, nous sommes en compétition avec les Chinois sur la maîtrise de l’anglais ; etc.

Ainsi, un élève qui entre en école d’ingénieur aujourd’hui, à 20 ans disons, a-t-il fait 1000 heures de maths et 700 heures de physique de moins que ses pairs des années 70 : soit 3 ans de retard. Celui qui entre en école d’ingénieur est donc de niveau Première des années 70 aujourd’hui au mieux, car non seulement la quantité a baissé, mais la qualité aussi et dans des proportions importantes. Clairement, nous n’irons pas bien loin avec des individus formés à ce niveau dans une compétition internationale forcenée. On peut même parier sans risque que nous allons importer, tant que c’est possible, des légions d’Indiens ou personnes d’autres continents, réputées excellentes en maths et en physique. De notre côté, on continue à gérer la pénurie. Dans l’Éducation nationale, comme on n’a pas assez de professeurs de mathématiques, chaque année on diminue le contenu des programmes. Il ne reste, objectivement aujourd’hui, jusqu’en classe de Terminale, pratiquement plus rien. Un bon élève de Sixième des années 70 aurait probablement la moyenne au BAC 2011 !

Le bateau va à vau-l'eau. L’événement qui vient de se produire en région Rhône-Alpes est appelé à se reproduire à maintes reprises dans les années à venir. Notre société, dite post-industrielle, hait, en réalité les producteurs de richesses, elle hait les disciplines où la note à l’école, dans les évaluations, est indiscutable au demi-point près, elle hait le seul système qui permet un véritable ascenseur social, car être bien né ne suffit pas à devenir bon en mathématiques ou en physique. On se plaint souvent des difficultés d’intégration des populations d’origine étrangère en notre pays aujourd’hui. Mais n’est-ce pas parce que nous avons renoncé, dans notre système d’enseignement, à sélectionner sur les sciences dures au profit de disciplines plus floues et permettant la reproduction sociale ? L’enseignement scientifique en notre douce France se meurt donc avec l’esprit initial qui l’accompagnait, celui de faire de la France, un pays de 50 millions d’habitants à l’époque, une grande puissance dans le top 5 des nations du monde. Nous avons abandonné cet objectif et en conséquence, nous n’avons aujourd’hui plus de professeurs de mathématiques pour nos enfants, en attendant, pour demain, que les heures qui resteront dans cette discipline ainsi qu’en physique, ne se transforment en heures de garderie.

Après ce tableau peu amène, je terminerai par une flèche que décocherai en direction des professeurs de sciences eux-mêmes. Mesdames et messieurs les professeurs, pour la grande majorité d’entre vous, vous êtes coupables de ce qui arrive. En ne défendant pas votre discipline, en ayant été complaisants en disant que le niveau n’avait pas baissé, mais que l’on voyait aujourd’hui les choses différemment, en refusant de voir la réalité en face, etc., vous avez joué ce même rôle avec Le Système, que celui qu’ont joué, en 1942, avec le système de l’époque, ceux qui furent condamnés en 1945 !


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41 réactions à cet article    


  • Cogno2 14 janvier 2011 11:11

    On a rehaussé le niveau requis pour entrer dans l’enseignement, allez dire à un bac+5 qu’il sera payé 1800 s’il fait prof (instit), vous allez être bien reçu. Objectif de la manoeuvre ? ... je ne sais pas... faire en sorte qu’il n’y ai plus de profs ?

    Mais faut pas s’en faire, on va vous trouver quelqu’un pour faire les cours de maths.
    un prof de Français par exemple, ou un intérimaire, qui sait.

    J’admire la cohérence du système, l’enseignement public a pris place sur l’autel, le sacrifice est en cours.

    Mais n’oubliez surtout pas de continuer à voter.


    • Alpo47 Alpo47 14 janvier 2011 11:57

      Vous dites : "... La mondialisation arriva avec son cortège d’idioties et d’idées préconçues : l’industrie c’est sale, trop sale pour nous, autant que les Chinois s’en occupent...« 

      C’est une analyse vraiment très superficielle de la mondialisation, dont l’attrait est surtout pour les actionnaires des grands groupes qui cherchent à réduire les coûts de fabrication des produits, et par voie de conséquence, leurs profits. C’est son seul attrait et uniquement pour les élites ou »rentiers-actionnaires".


      • jef88 jef88 14 janvier 2011 12:23

        C’est pourtant ce qui se dit dans les salles de profs


      • epapel epapel 14 janvier 2011 14:13

        L’enfer se cache dans les détails.


      • kemilein 14 janvier 2011 21:56

        Je ne jugerais pas la qualité de l’article, mais son contenu assez convenu, mais/et surtout sur le manque de vision de l’auteur. Sa réflexion se borne au monde « connu », pourquoi diantre et diable s’arrête il a la sacro-sainte relique du commerce, de la productivité (prodution/temps) et de la concurrence ?

        est-ce la tout ce que le monde et l’humain a offrir ? une concurrence digne de la préhistoire ?

        il fait un état des lieu, mais j’aurai aimé en savoir plus sur sa vision du « futur ».


      • Geneste 14 janvier 2011 22:08

        @Kemilein

        Je m’occupe du système présent dans cet article tout simplement parce que le système étant ce qu’il est, il va nous falloir y survivre et j’estime que nous sommes mal partis.
        En ce qui concerne ma vision du futur je ne vous dirai que 2 choses. La première c’est que les grandes théories des siècles qui nous ont précédés et qui ont été mises en œuvre ont été des désastres. En conséquence, refaire un monde depuis zéro me semble risqué. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas théoriser, mais il faut être très prudent dans le passage à l’application.

        La deuxième c’est que je me suis essayé à théoriser et cela a donné un livre de 500 pages que je ne puis que vous conseiller.
        http://www.amazon.fr/Ainsi-marchait-lhumanit%C3%A9-Jean-Fran%C3%A7ois-Geneste/dp/2756311030


      • Marc Bruxman 14 janvier 2011 12:08

        Ben c’est surtout que quand tu as le niveau pour faire des études poussées en Maths, tu peux trouver pleins de job allant de l’informatique, à la cryptographie, en passant par le traitement du signal, la robotique. Tous payent très bien !

        Question : Pourquoi un mec irait accepter d’être mal payé, de travailler en zep, de se faire insulter par des racailles, de ne pas choisir son lieu de travail parce qu’il n’a pas assez de points ?

        Au lieu de massifier l’éducation nationale et d’amener 80% d’une tranche d’age passer un baccasable puis une licence de socio qui lui servira à être caissier au carrouf’, on aurait mieux fait de payer correctement les enseignants et de se recentrer sur la production de l’élite dont on a besoin. 


        • c.d.g. 14 janvier 2011 13:36

          bof, ca paye pas si bien que ca
          Si vous regardez le salaire d un ingenieur en informatique et les revenus d un dentiste (et je compare meme pas avec un radiologue) ou d un financier meme pas trader, vous comprenez mieux pourquoi plus personne veut faire des etudes scientifiques

          Et comme une bonne partie de la R&D va etre delocalisee (car les inge chinois ou indiens sont aussi moins cher) ca ne va pas s arranger


        • perlseb 14 janvier 2011 19:57

          Ce qui paye, c’est d’être comédien, chanteur ou sportif, ... enfin, ceux qui passent à la télé. Et comme les jeunes ont beaucoup d’espoirs, s’ils prennent des cours de théâtre, font du sport en club ou forment un groupe avec leurs potes, ils s’imaginent que c’est évident qu’ils passeront un jour à la télé.

          Il restera toujours la prostitution pour la plus grande majorité (passer à la télé est on ne peut plus pyramidal et injuste) : en plus, ils auront le sentiment d’être libérés et branchés... Vous avez dit décadence ? Non, branchitude...


        • Marc Bruxman 14 janvier 2011 19:58

          Un dentiste est à son compte, vous ne pouvez pas comparer les deux, il y a un investissement initial en matériel (pareil pour un radiologue) qu’il faut amortir. Forcément une fois le matériel amorti et les prêts remboursés un dentiste ou un radiologue gagne très bien sa vie.

          Mais vous parlez la d’un entrepreneur et la aussi les entrepreneurs dans le secteur technologique gagnent très bien leur vie. Et pour le coup, dentiste ou radiologue sont des métiers techniques nécéssitant bcp de connaissances.

          De même pour les financiers les produits sont aujourd’hui très complexes, ce n’est pas un métier à la portée de n’importe qui. Et si vous voulez maitriser certains produits financiers mieux vaut avoir fait des Maths. Beaucoup de matheux ont d’ailleurs fini après leurs études à faire ce que l’on appelle de l’analyse quantitative (ou quant) pour le secteur de la finance. Ca paie très très bien et cela fait appel à des modèles mathématiques très complexes.


        • Abou Antoun Abou Antoun 14 janvier 2011 22:29

          Parallèlement au ’désamour’ pour les sciences on voit nos jeunes générations en pincer pour la gestion, le management, la pub, les professions du commerce. Bref on valorise toutes ces professions qui ne créent aucune richesse, tous ces boulots de parasites qui se nourrissent d’une forme plus ou moins avouée de commissions. sur des produits achetés et vendus.
          C’est la fin des savants, et le début du règne des boutiquiers.
          Allez dans les facs à la mode grossir les rangs des sections de ’communication’ apprendre à prendre les gens pour des cons et à leur bourrer le mou. C’est plus gratifiant que d’étudier, les maths, la physique, la chimie, la biologie.


        • Marc Bruxman 15 janvier 2011 01:23

          « Parallèlement au ’désamour’ pour les sciences on voit nos jeunes générations en pincer pour la gestion, le management, la pub, les professions du commerce. Bref on valorise toutes ces professions qui ne créent aucune richesse, tous ces boulots de parasites qui se nourrissent d’une forme plus ou moins avouée de commissions. sur des produits achetés et vendus.C’est la fin des savants, et le début du règne des boutiquiers. »

          Vous êtes un peu trop méprisant. Que l’enseignement des sciences soit insuffisant en école d’ingé ou en formation scientifique est un fait. Mais on a bel et bien besoin d’écoles de gestion et de management, de pub et de commerciaux. Et ces métiers sont d’ailleurs fortement consommateurs de statistiques avançées.

          Vous pouvez avoir le meilleur produit du monde, il vous faudra bien le vendre. Vous aurez besoin de ces professions pour vous aider à vendre vos créations. Il ne faut pas être sectaire dans la vie. Autant je conspue les ingénieurs qui ne veulent pas faire de technique (qu’ils aillent faire une école de commerce justement) autant on a besoin d’écoles de commerce et de gestion de haut niveau.

          Vous apprendrez avec l’expérience qu’une bonne idée technique est généralement trouvée simultanément à plusieurs endroits du monde. Prenez Facebook, il y a eu plusieurs tentatives de sites similaires avant dont Orkut de Google. Orkut a été un échec à part au Brésil.

          De même pour l’iphone, contrairement à ce qu’Apple veut faire croire ce n’est pas le seul bon produit mais il a été extrémement bien markété.

          Alors si demain vous faites une innovation géniale, je vous souhaite de trouver un bon publicitaire et de bons commerciaux pour la vendre !





        • Marc Bruxman 14 janvier 2011 12:23

          Et j’ajouterai que plus que jamais avec la société post-industrielle nous sommes dans une économie de la conaissance. Donc sans savoir, point de salut, enfin si la caisse du auchan ou l’entrepot (conduire un fenwick c’est passionnant).

          Pour ce qui est de la baisse du niveau que trop d’accord avec vous, le niveau en sciences au baccasable est lamentable.

          Le pire, lorsque je fais passer des entretiens d’embauche c’est le manque de logique des candidats. On les fait généralement travailler sur un problème technique (informatique) concret et les résultats même pour des prétendus ingénieurs sont affligeants. Aucun esprit critique, les mecs sortent des résultats aberrants sans se poser de question sur pourquoi ce qu’ils ont fait ne peut pas marcher. Difficulté à modéliser un problème concret de maniére théorique. Incompréhension des mécanismes de base de l’algorithmique (combien j’en ai fait dégager parce qu’ils ne savaient même pas faire un tri sans appeler la fonction de l’API qui le fait pour vous), incompréhension du fonctionnement d’une base de donnée relationelle... Lamentable ! On a voulu des généralistes moyens partout ? On a des bons à rien ! Et ces mêmes viendront chialer quand des boulots high tech partiront en Inde. Mais tant qu’à avoir une main d’oeuvre nulle, autant ne pas la payer chère.


          • epapel epapel 14 janvier 2011 14:43

            L’économie de la connaissance ne permettra jamais d’occuper une partie significative de la population dans un pays comme le nôtre, du moins avec semaine travaillée de 39h.

            D’autant plus que les politiques de ces trente dernières années ont eu un objectif contraire : multiplication des subventions pour les petits boulots, les emplois précaires et le les métiers manuels, dont le dernier avatar est l’encouragement des emplois d’aides à la personne.


          • epapel epapel 14 janvier 2011 15:08

            Et ces mêmes viendront chialer quand des boulots high tech partiront en Inde.

            J’ajouterai au Maroc et autres pays émergents, sauf que la cause n’est pas l’insuffisance de personnel qualifié en France mais les bas salaires ailleurs. Mon fils qui est ingénieur informaticien ne cesse de me le dire, ce sont les donneurs d’ordre qui contraignent par contrat les SSII à délocaliser leur production en Inde ou au Maroc pour faire baisser les coûts.

            Les délocalisations se produisent parce que les écarts de salaires sont tels que les profits augmentent à tous les coups même avec une faible productivité. Voici quelles sont les solutions possibles :
            - remettre en place les barrières douanières : c’est un crime de lèse-libéralisme et mondialisme, donc rejeté
            - diminuer le chômage : c’est contre-productif car un chômage faible crée une pression à la hausse sur les coûts salariaux, donc rejeté
            - augmenter la productivité : c’est nécessaire mais non pérenne car les concurrents nous rattrapent au fur et à mesure, toutefois aucun encouragement n’est requis
            - baisser les coûts salariaux  : c’est la solution idéale mais elle se heurte à la résistance de la population, mais ça marche bien pour les retraites et l’assurance maladie
            - recourir à l’immigration de travail : c’est absolument nécessaire car ça crée une pression à la baisse sur les coûts salariaux des emplois non dé-localisables
            - augmenter le nombre d’heures de travail : c’est une solution intéressante mais tout le monde sait très bien qu’il y a une limite à l’exercice, mais en attendant ça crée une pression à la baisse sur le salaire horaire


          • Marc Bruxman 14 janvier 2011 20:21

            "L’économie de la connaissance ne permettra jamais d’occuper une partie significative de la population dans un pays comme le nôtre, du moins avec semaine travaillée de 39h."

            Bien franchement sur des métiers à forte concentration de matière grise, l’horraire de travail n’est pas vraiment déterminant. Un programmeur ne vous pondra pas du code optimal 8 heures par jour ! Il faut laisser du temps pour bien faire le travail et ce temps est largement gagné sur le long terme. 

            Mais le gros problème la dessus est l’éducation,

            "J’ajouterai au Maroc et autres pays émergents, sauf que la cause n’est pas l’insuffisance de personnel qualifié en France mais les bas salaires ailleurs. Mon fils qui est ingénieur informaticien ne cesse de me le dire, ce sont les donneurs d’ordre qui contraignent par contrat les SSII à délocaliser leur production en Inde ou au Maroc pour faire baisser les coûts.« 

            Pour avoir essayé l’outsourcing sur du développement, je dois dire qu’au final les coûts finissent par être plus élevés que du travail fait en France. Lorsque vous ajoutez le management supplémentaire, les bugs et problèmes rencontrés, outsourcer du développement coute très cher. Sauf sur du boulot bas de gamme ou on a juste besoin d’un pisseur de code. Enfin cela c’est parce que l’on a toujours fait attention à bien recruter et à évaluer le profil technique dès l’entretien d’embauche via une série de questions éliminatoires qui font que 80% des gens que l’on voit ne passent au final pas le dit entretien. (C’est cruel mais c’est comme cela). 

            La majorité des écoles d’ingénieur françaises sont »généralistes« et offrent au mieux un verni. A coté de sa future profession, le diplomé a appris la mécanique, l’électronique, la mécanique des fluides. Plein de choses qui ne lui serviront pas si il devient informaticien sauf cas spécifique. On lui a donné des cours de management (comme si gérer une équipe s’apprenait en cours), des cours d’éthique de l’ingénieur (véridique), bref plein de cours qui ne lui serviront pas dans son futur métier. La comission des titres d’ingénieurs l’impose, les écoles ne sont pas forcément coupables.

            Derriére cela, on a une spécialisation de 6 mois en informatique à la fin. Or, en 6 mois pas le temps de s’impréigner des concepts, tout est souvent baclé. Les connaissances en modélisation objet sont catastrophiques, en algorirhmique de même et en base de données pareil. Pire on a dit à l’étudiant qu’il serait manager et ne ferait pas de technique et il l’a cru. Donc il a évité de trop travailler les matières techniques. Arrivé dans le monde de l’entreprise on a des gens qui ne maîtrisent pas les concepts, qui veulent être manager mais ne peuvent pas l’être sur un projet technique. C’est 5 années de formation gachées. La seule école en France qui a essayé de faire quelque chose de convenable est l’EPITA même si elle a du elle aussi passer par les fourches caudines de la comission des titres et y a donc perdu. (Après il y a aussi des gros nazes venant de la bas ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit hein !). On trouve après ca et la quelques bons éléments dans toutes les écoles (des passionnés qui ont appris tout seul) et c’est fini ! Le reste c’est de l’ingénieur »standard" formé à tout et donc à rien.

            Les quelques autodidactes ou ingénieurs bien formés sont employables et en aucun cas quand on en recrute un je n’envisagerai de l’échanger contre de l’outsourcing, ca me couterait le double. Mais le tout venant sachant que de toute façon ils ne savent rien faire tout seul et sont rarement autonomes, effectivement, l’outsourcing est compétitif. Mais c’est avant tout un défaut de formation.

            Otons de l’idée des jeunes qu’ils peuvent être managers sans rien comprendre à la technique. Il seront au mieux la serpillére qui fait les powerpoint du chef. Ou la secrétaire de luxe qui envoie des mails et remplit un diagramme de gantt mais ne comprends rien à ce qui se passe. Certe on donne un titre de chef de projet à cette secrétaire.

            Et pour les autres métiers je suis sur que c’est exactement pareil. A vouloir être bon en tout, on finit par être bon à rien. Il y a de la place pour des ingénieurs généralistes, je n’ai aucun problème avec l’existence de quelques écoles comme polytechnique ou centrale. Mais lorsque même l’école de seconde zone se met à faire du généraliste, on est en zone ROUGE.


          • Voltaire 14 janvier 2011 13:11

            Le constat est exact smiley mais l’explication n’est pas la bonne smiley !
            D’abord, il y a eu une aberration : selectionner par les maths ( citation de l’article : [...]Mais n’est-ce pas parce que nous avons renoncé, dans notre système d’enseignement, à sélectionner sur les sciences dures au profit de disciplines plus floues et permettant la reproduction sociale [...] ).
            On s’égarait gravement.

            Ensuite il y a un énorme problème de pédagogie.
            Les mathématiques sont enseignées au chausse-pied (Peut-être toujours dans l’idée de sélectionner ?! ). L’image du prof de math alignant les formules au tableau ... Mais on lui pardonne ; c’est un prof de math.
            La faute aussi aux politiques qui remplissent les classes avec 40 élèves ; avec de tels contingents, la pédagogie est impuissante.
            A l’heure du multimédia, on pourrait compenser en mettant en place des outils innovants.
            Un exemple trivial : le cd multimédia interactif de Disney « En quête de Maths avec Aladdin » qui est une vrai merveille.
            Ah, mais j’y pense, ce serait trop facile ; tout le monde pourrait être fort en Math...Adieu la sélection, adieu l’élitisme ... smiley


            • epapel epapel 14 janvier 2011 14:19

              A un moment donné, il faut bien sélectionner et mettre en place des critères le plus indépendants possible de l’origine des gens, car on ne peut pas distribuer 4000€/mois ni même 2000 à tout le monde. La sélection est inévitable, si ce n’est pas l’école alors ça sera le fric, les relations et les patrons.


            • Abou Antoun Abou Antoun 14 janvier 2011 22:45

              La sélection par les maths a été abusive, mais elle n’a pas duré longtemps (20-25 ans tout au plus).
              Avant c’était les langues anciennes, l’élite étudiait le grec et le latin.
              Maintenant qu’est-ce que c’est, j’avoue que je n’en sais plus rien. Les sections S sont officiellement prisées mais leur niveau scientifique est à peine meilleur que celui des autres sections. Par ailleurs on trouve des personnalités plus fortes et plus intéressantes dans les sections littéraires (en très petit nombre il est vrai) mais cela a toujours été le cas.
              Les mathématiques sont enseignées au chausse-pied (Peut-être toujours dans l’idée de sélectionner ?! ).
              Image d’Epinal. Difficile à vérifier. Je dirais qu’aujourd’hui les profs de maths font ce qu’ils peuvent avec un programme à peu près vide et un auditoire peu motivé et d’un niveau très faible.
              D’ailleurs toutes les disciplines exigeant des efforts de rigueur, de logique, ont subi le même sort que les maths (latin, grec, allemand, russe ont presque disparu de la liste des options proposées). Par ailleurs, les profs qui s’y collent soucieux de ne pas scier la branche sur laquelle ils sont assis ont maintenant des exigences très modestes pour attirer des candidats, y compris pour les épreuves d’examen.


            • Marc Bruxman 15 janvier 2011 01:17

              Surtout les profs de Maths n’ont plus trop le droit si ils suivent les programmes officiels de faire des démonstrations.

              Or que vous sachiez résoudre un polynome du second degré tout le monde s’en bat. Votre calculatrice sait le faire. Ce qui est intéressant ce n’est pas de connaitre delta = b^2-4ac mais la démarche qui mène à cette formule. Démarche sur laquelle on insiste souvent très peu. Par contre vous serez évalué sur votre capacité à résoudre 20 polynomes en peu de temps sans calculatrice. Ce qui est inutile. Dans la plupart des cas, le cours de Maths ne se consacre pas assez à la démarche scientifique (pourquoi ce résultat ? Que cherchait le mathématicien ? Comment s’y est il pris ? Pourquoi le résultat est il intéressant) et trop à l’application bête et connes de formules. 

               


            • Anonymous Republic Punisher Rigel 14 janvier 2011 14:19

              « Un bon élève de Sixième des années 70 aurait probablement la moyenne au BAC 2011 ! »
              Esperons vu qu’il aurait la cinquantaine !


              • epapel epapel 14 janvier 2011 14:34

                Outre que la remarque est pertinente, l’affirmation est totalement fausse. J’étais moi-même en sixième en 1971 et j’ai une fille qui a passé le bac en 2005, même avec la baisse du niveau je peux vous garantir qu’avec mes connaissances de sixième de l’époque je ne l’aurais pas eu :
                - niveau anglais : débutant
                - connaissance histoire : l’antiquité
                - connaissance géographie : la France
                - philosophie : néant (débutait en terminale)
                - physique : néant (débutait en seconde)
                - chimie : néant (débutait en seconde)
                - sciences-naturelles : notions de base
                - technologie : notions de base
                - connaissances mathématiques : l’arithmétique de base et des notions de théorie des ensembles et d’algèbre, mais pas d’analyse ni les principaux théorèmes ni le calcul vectoriel et j’en passe.


              • Anonymous Republic Punisher Rigel 25 janvier 2011 03:15

                Tout à fait d’accord, les programmes de physique-chimies et de svt sont vraiment très chargés de toutes les découvertes depuis les années 70 !


              • easy easy 14 janvier 2011 14:30

                Le reproche que fait Alpo47 ne me semble pas justifié. 

                Il y a toujours ceux qui ont décidé de faire quelque chose (qui sont animés d’une certaine vision des choses qu’ils n’expriment pas forcément explicitement) et il y a les spectateurs de ces entreprises (qui eux, sont obligés de commenter, de s’en arranger).

                Les industriels ont effectivement délocalisé parce que ça leur offrait plus de marge, comme vous le dites Alpo. Mais les spectateurs de ces délocalisations, commentaient de deux manières :
                Soit en « cépabien parce que ça va nous mettre au chômage et ça va nous faire perdre notre savoir-faire ».
                Soit - et c’est alors in petto- en « bin ça sera toujours cette saleté en moins chez nous », comme le dit Geneste.

                Si la voix des « cépabien de délocaliser » avait été prépondérante ou convaincante, bin les délocalisations auraient stoppé.
                Que s’est-il passé quand les patrons ont décidé de délocaliser ? Il s’est passé que personne n’a su trouver les arguments pour les y faire renoncer. Et alors ? Et bien c’est là qu’arrive l’argument consolateur, le pansement « Bah, après tout, d’une part, ça me fera la tondeuse à gazon moins cher, d’autre part ça sera toujours cette saleté d’usine en moins chez nous ».

                C’est qu’il a bien fallu que les ouvriers, les consommateurs, les politiques, trouvassent, d’abord in petto puis de manière de plus en plus coagulante, démagogique, des arguments pour justifier leur échec à conserver l’emploi et le savoir-faire en France.

                Réellement, il n’y a peut-être eu que 10 % des Français qui auraient explicitement dit immédiatement « Bin ça fera toujours ça de saletés en moins ici » (peut-être étaient-ce les marginaux, les bergers, les rentiers, les bas du front, je ne sais pas). Mais in petto, c’est 60, 70 peut-être 80 % des Français qui se sont finalement consolés avec cet argument après avoir été choqués et angoissés par les fermetures de nos usines.

                Cette consolation secrètement digérée a ensuite transpiré de chacun de nous sous la forme d’un manifeste plus....actif, plus entreprenant, plus conducteur, plus maître : Vive la verdure, vive la dépollution, vive la mer propre, vive la décroissance !...

                L’art de passer d’une situation subie à la même situation où l’on se donne l’air de l’avoir voulue.
                L’art de la collaboration. L’intelligence avec l’ennemi. L’intelligence. L’adaptation.

                Il y a alors eu d’authentiques slogans qu’on s’est tous mis à reprendre aussi bien dans les tribunes politiques que devant la machine à café, que dans préaux des collèges, qu’autour des tables familiales. C’est passé du vague in petto au verbe, puis du verbe hésitant à la formule bien rodée, devenue imparable.
                De la mort, de la perte d’un être cher, on s’est efforcé de passer à l’entreprise funéraire rentable.

                On s’est d’abord fait niquer à sec par la délocalisation puis on s’est tellement consolé avec la proprisme qu’il est devenu argument massue.

                « La saleté n’a plus rien à faire ici »

                « Ici on veut du propre »

                Et plus personne ne peut s’opposer à ce mot d’ordre. Du coup les plus malins arrivent même à se faire du fric avec. Greenwashing, si tu me vois...

                Il ne faut pas se raconter d’histoires. Nous avons été au moins 90 % à avoir tenu des discours écolos par ci par là, au moins devant nos enfants, au moins devant notre belle, au moins devant notre mère et notre chien. Et ces réflexions propristes coïncidant avec le Netisme étaient donc, pour une très grande part, des réflexions fondamentalement consolatrices. (à lire les CV sur les réseaux, c’est fou ce qu’il y a comme gens qui prétendent avoir un hobby vert)

                C’est sûr. Nous savions que nous perdions gros à ces délocalisations, à la prostitution de notre savoir-faire, c’est sûr. Mais nous étions totalement désarmés, impuissants pour enrayer ce mouvement de délocalisation essentiellement lié à la cupidité des patrons au départ (c’est d’abord de la cupidité de la part des pionniers de la délocalisation, puis, une fois que le mouvement s’est amplifié, une fois qu’il est devenu majoritaire, la délocalisation est devenue absolument vitale pour les retardataires)

                Etant entendu que l’intérêt pécuniaire de la délocalisation allait forcément se réduire lorsque, par effet mécanique les salaires du tiers monde allaient se niveler aux nôtres. Ici ça baisse, là-bas ça monte et à terme, tout sera égal. Mais dans l’intervale, ouille macouille.


                Geneste a donc raison de dire que nous avons bien accueilli les délocalisations
                selon le biais « Bah, ça sera toujours ces saletés en moins chez nous » . Cette réflexion positiviste (prenons les choses du bon côté) bien qu’installée en nos âmes par dépit ou par défaut, par consolation, une fois qu’elle a été verbalisée, une fois qu’elle s’est entendue partout, elle est devenue plus certifiée, consacrée, valide. Elle pouvait même être reprise par les patrons les plus cupides.

                Et là dedans, quand les politiques ont besoin de trouver un argument pour justifier qu’il faut réduire les budgets de l’enseignement, et bien ils utilisent, au moins en filigrane de leurs discours, cet argument de consolation propriste que nous sommes évidemment prêts à entendre puisqu’il germe déjà en nous.

                Quand on ne sait pas argumenter fortement contre la cupidité, contre la vénalité (parce que nous le sommes tous) alors nous sommes mûrs pour le proprisme, l’écologisme.


                Genest a donc raison d’enjamber bien des détails pour en venir à dire que le proprisme a sous-tendu le mouvement anti sciences dures. Il a raison de dire que l’unique argument de fond pour réduire les heures de formation en sciences dures provient du proprisme « on va tous bosser dans des bureaux, Exit la pollution ».

                Tu parles.
                On le sait tous que cet argument est consolateur et que nous avons perdu quelque chose d’inconsolable. La domination du monde.
                Et nous en sommes à espérer que cette perte nous offrira au moins la domination de la propreté ou de la durabilité globale, planétaire.

                Ce développement que je viens d’entreprendre sur les fondements de notre proprisme consolateur, Genest ne pouvait pas le faire. Quand on fait un papier, on doit synthétiser et passer sur des tas de détails. C’est aux intervenants de détailler davantage certains points du papier d’un auteur. 




                A part ça. J’ai personnellement buté sur les maths au concours de médecine et j’ai constamment reproché à l’Université de sélectionner les futurs toubibs sur les maths. J’ignore si j’ai eu raison de m’ofusquer de cet état de fait.

                Mais dans les autres disciplines, et pour autant qu’on garde, parmi les objectifs sourds mais profonds qu’on a en soi, le désir d’être dans un pays dominateur (si on n’évoque pas de point on ne dit rien) je trouve que les sciences dures doivent rester centrales.

                Le reproche que je ferais alors, et a posteriori c’est toujours facile, au système pro sciences dures d’avant 1980, c’est qu’il était trop hégémonique, qu’il écrasait trop les sciences humaines, seules susceptibles de fournir à chacun les briques morales lui permettant de donner du sens à son existence qui ne soit pas que productiviste, que matérialiste.
                 
                Je rappelle que pendant des siècles, notre pays a dirigé le monde en étant porté par des valeurs ou des arguments de domination qui n’étaient pas matérialistes. Foi, raison, savoir, humanisme et nationalisme ou patriotisme et racisme ont été les arguments massue pendant des siècles. Même dans l’épisode colonial, il n’y avait pas que du vénal dans l’esprit de ses zélateurs.

                 Alors que la délocalisation est strictement vénale.

                Je ne dis pas que Jules II a appelé à la croisade sans avoir la moindre vision cupide. Je ne dis pas que Cauchon a jugé Jeanne sans considérer le moins du monde son pécule. Mais je dis que des milliers de croisés et d’anti croisés sont partis en galère portés par tout ce qu’on voudra sauf pour de l’argent. Je dis que des Avéroès, que des Darwin, des Champollion, des Baudelaire, des Palissy, des Rubroeck, des Catherine de Medicis, ont mis le paquet, ont engagé corps et âme dans des entreprises sans avoir la moindre vision vénale. Il y avait même des gens nés riches, qui avaient consacré leur vie à une entreprise coûteuse, finissant par les ruiner matériellement mais les comblant moralement. 


                Même récemment, même après l’émergence des millionnaires à la Astor, à la Rockfeller, il y avait encore des gens animés par autre chose que le fric. Le baron Haussmann (à qui les pauvres peuvent toujours reprocher d’avoir fait de Paris une ville de riches, d’avoir fait naître la cupidité immobilière) s’était vu proposer, après ses grandes oeuvres, une demeure de prestige. Il a refusé. 



                 


                • easy easy 14 janvier 2011 14:37

                   rectification : (si on n’évoque pas ce point on ne dit rien)


                • Geneste 14 janvier 2011 15:15

                  Merci pour ce long commentaire que je partage tout à fait.


                • Abou Antoun Abou Antoun 14 janvier 2011 22:56

                  A part ça. J’ai personnellement buté sur les maths au concours de médecine et j’ai constamment reproché à l’Université de sélectionner les futurs toubibs sur les maths. J’ignore si j’ai eu raison de m’ofusquer de cet état de fait.
                  Vous avez eu parfaitement raison de vous offusquer de cela. La médecine est une science à n’en pas douter, mais la démarche n’est pas mathématique. Je crois que le principe « les mêmes causes produisent les mêmes effets » a une validité moindre en médecine qu’ailleurs. Les paramètres sont nombreux, difficiles à appréhender et il y a peu de déductions automatiques. Je pense que beaucoup de bons mathématiciens feraient de piètres médecins.


                • easy easy 14 janvier 2011 16:48

                  Cher Geneste,

                  Vous avez été autrefois, mon ennemi. Dans la vraie vie.

                  Je force le trait. Détendons-nous.


                  C’était vers 1984 - 1986. Dans ma tite entreprise, dans le 93, (convention collective de la métallurgie), il y avait 6 ou 8 ouvriers, censés fabriquer des capots d’insonorisation. En dehors de l’un d’eux qui avait des notions de menuiserie, les autres ne savaient pas ce qu’était une vis. Je leur ai tout appris de ce métier.
                  Comme j’étais forcément très souvent chez les clients (soit en prospection soit en livraison-installation) mes gars finissaient par ne plus rien foutre à l’atelier. J’avais donné une chance à ceux des candidats à l’embauche qui m’avaient semblé être le plus dans la mouise et je me retrouvais donc avec au moins deux ex taulards, 1 séropositif et trois drogués. Seul l’ouvrier un peu qualifié était super clean et sérieux.

                  Cet ouvrier sérieux avait été mon tout premier ouvrier. Les ouvriers suivants étaient donc placés sous son autorité informelle. Informelle car si ce chef d’équipe avait bien un salaire faisant 1,7 fois le SMIC, les autres étaient au SMIC.

                  Un jour, j’arrive à l’atelier et je constate la complète débandade. Ils n’arrivaient même pas à me raconter un quelconque mensonge tant ils avaient fumé et bu.
                  Vexé, je m’en prends au chef d’équipe et en apparté, je lui reproche de n’avoir pas surveillé ou tenu les autres gars. Je lui impose une mise à pied de 3 jours (pas de salaire donc). Les autres, je les licencie.

                  Mon chef proteste et me dit que dans ces conditions, il démissionne. Pour qu’il touche le chômage, je le licencie avec les indemnités légales. Une fois dehors, il porte plainte aux prud’homme pour licenciement abusif.

                  Je me retrouve avec vous (ou un de vos autres collègues) en face de moi et je perds ce procès. Je dois verser à cet ouvrier le prix d’une voiture neuve (alors que moi je ne roulais que dans des poubelles)


                  Mais c’est ainsi. Chaque fois que des gens débattent d’une question en restant calmes, je fais confiance en leur décision. Et j’ai compris le jugement de ce tribunal.

                  Ce gars n’avait aucune obligation écrite de contrôler les autres équipiers. Son autorité sur eux était informelle. Je lui confiais cette responsabilité de manière implicite, vague, floue. Et il s’en acquittait tant que les autres voulaient bien jouer le jeu. Tant qu’ils n’étaient pas trop tiraillés par leurs démons. Mais lorsque les gars se sont mis à fumer du cannabis, à boire de la bière, mon chef d’équipe n’était pas suffisamment haut placé, il partageait bien trop leur quotidien, pour pouvoir les stopper.

                  Puisque j’avais installé une hiérarchie très floue, je n’aurais pas dû, quand la situation était difficilement gérable, m’en prendre de façon nette à ce pseudo responsable.
                  J’aurais dû le sermonner de façon seulement floue.


                  J’ai donc compris mon erreur. Mais mon entreprise ayant duré 20 ans, j’ai eu des milliers d’occasions pour réfléchir à cette question de délégation d’autorité. Et quand je réfléchis à une question, je pousse le raisonnement au rouge.


                  Est-il normal, même en le payant en conséquence, même en le structurant en conséquence, d’employer un salarié pour qu’il fasse le flic à la place du patron ?

                  A la suite de cette affaire, ma réponse a toujours été NON et j’ai toujours été le seul flic de mon entreprise.


                  Je sais bien qu’il y a des millions d’entreprise ou de structrures dans le monde où il y a une hiérarchie de flics qui est installée. Mais je ne trouve pas ça sain.

                  Un entrepreneur, un dictateur, a des intérêts fondamentalement différents de ses employés, de ses administrés. C’est par un jeu de perversion de l’esprit que le principe de la délégation d’autorité s’est partout et de tous temps installé. C’est ce principe et seulement lui, qui a permis à des entrepreneurs de mettre à son service des centaines de milliers d’employés et de se faire des fortunes immenses, donc indécentes.

                  Ce que je dis ici confine clairement aux principes que Milgram a mis en évidence. Puisque nous constatons que dans une chaîne d’autorités, un grand chef peut en venir à faire décapiter ou fusiller ou incarcérer une personne, sans se salir les mains ou la conscience, il faut dénoncer cette chaîne. 

                  A mon sens, jamais les hommes n’auraient dû accepter cette chaîne qui permet l’émergence de kapos et de bourreaux, qui permet les guerres, qui permet les Saint Barthélémy, qui permet les affaires Halimi/ Gang des barbares ou le Stalinisme.

                  Certes, c’est le principe de ces chaînes qui permet la constitution de royaumes, de nations, d’Etat.
                  Et bien nous aurions dû nous en passer.

                  Dans l’affaire du vase de Soissons, Clovis a exécuté lui-même sa sentence.
                  La constitution de bandes, de clans, d’équipes, dans lesquelles un homme commande directement dix ou 30 personnes maximum (avec tous les turn over possibles et fréquents qui vont de soi) c’est cela le maximum que nous aurions dû accepter. Nous n’aurions jamais dû accepter le principe de la chaîne des responsabilité qui conduit à ce qu’un intermédiaire sanctionne un subalterne sans même que le chef ne soit présent, sans même qu’il ait à en assumer la charge sur sa conscience. (Hitler, et peut-être les Napoléon, n’ont jamais tué qui que ce soit directement)


                  Plus loin, mais toujours dans le fil de cette vision, le principe qui fait que des actionnaires, hyper distants des réalités humaines d’une entreprise, puissent, grâce à cette cascade de délégations de pouvoirs, ruiner la vie de millions d’employés sans rien ressentir de pesant au niveau de leur conscience, est une folie qui n’aurait jamais dû exister.

                  Et ça vaut pour les abattoirs. Si on veut manger de la viande, on doit tuer soi-même.

                  Puisse l’ex-syndicaliste que vous étiez, y réfléchir avec moi, en toute amitié.


                  • easy easy 14 janvier 2011 16:53

                    Rectification : Informelle car si ce chef d’équipe avait bien un salaire faisant 1,7 fois le SMIC, les autres étant au SMIC, rien sur sa feuille de paye ni sur son contrat n’indiquait qu’il devait superviser le travail des autres. Il était officiellement « ouvrier menuisier » pendant que les autres étaient « ouvriers toutes mains ».


                  • Geneste 14 janvier 2011 20:01

                    Sur le fond, sur la responsabilité personnelle, je suis d’accord avec vous. Sur la forme, c’est un peu plus compliqué. Si vous déléguez une responsabilité à quelqu’un, vous devez aussi lui déléguer les moyens de l’assumer. Quel moyens avait votre ouvrier spécialisé pour se faire obéir ? Il ne suffit pas d’écrire sur un bout de papier qu’il est responsable.
                    Je reviens sur le fond brièvement. Il existe un principe, dit de subsidiarité, qui prône de laisser prendre au niveau le plus bas possible les décisions. Vous remarquerez que ce principe, écrit dans les gènes de l’Europe de Maastricht, voulu par François Mitterrand, a été rédigé, pour l’occasion, de façon exactement inverse, à savoir tout ce dont ’Europe ne se saisit pas, les états peuvent s’en saisir. Cela pour dire que le principe qui doit guider, selon moi, la hiérarchisation d’une entité quelconque, une entreprise en particulier, doit être la subsidiarité. Les décisions doivent être prises au niveau le plus bas possible. Mais encore une fois, les acteurs doivent en avoir les moyens.
                    Si, donc, un tel système est mis en place, dans un monde parfait, la taille de la structure importe, en théorie, peu. On n’est pas limité à 30 personnes.
                    Maintenant je vous accorde que bien peu de « chefs » ont le courage d’accomplir les actes qui correspondent à leurs ordres.


                  • Marc Bruxman 14 janvier 2011 21:10

                    La dessus effectivement le droit du travail en France est trop complexe et contraignant. Parfois je pense qu’il vaudrait largement mieux augmenter les salaires mais faire en échange comme aux USA du point de vue de la rupture du contrat (mais ne pas aller aussi loin sur la liberté de mettre n’importe quoi dans le contrat de travail, il y a trop de clauses abusives). D’une part c’est plus simple pour l’entreprise qui se dit qu’elle va embaucher mais pourra rapidement se séparer en cas de problème (et moins de soucis juridiques) et vu que l’on peut de toute façon être licencié pour le salarié, autant que celui ci ait du même coup une « prime de précarité » (vu qu’il faudrait bien compenser cet avantage au niveau salarial afin que cela soit juste).

                    Finalement l’entreprise paie plus cher mais gagne en flexibilité (cela a un coût donc pas de souci), le salarié est mieux payé et cela réduira mécaniquement le chomage lors des période faste tout en risquant de l’aggraver en période de crise.

                    Mais sachant que tous les ans des milliards sont investis en prud-hommes, assurances juridiques, montages de plans sociaux compliqués et autres il y aurait surement de quoi financer une belle augmentation de salaire. Il serait d’ailleurs intéréssant de la faire évaluer en pourcentage. Comme cette augmentation sera réinvestie aussitot dans l’économie sous forme de consommation, cela donnera un coup de fouet aux embauches.

                    Et puis cela permettrait aussi de mettre fin à cette distinction CDD / CDI qui ermpoisonne ceux qui sont en CDD. Les agences immobilliéres n’auraient que des CDI et cesseraient donc d’ennuyer le monde. Ou d’ennuyer ceux qui sont en période d’essai, encore une plaie, si j’embauche un provincial et qu’il doit venir à Paris, même bien payé, il peut avoir du mal à trouver un logement. Cela sera également moralement mieux pour les jeunes qui commenceront comme tout le monde avec un CDI (et non un CPE ou autre contrat bizarre).

                    Je sais qu’en tant que syndicaliste vous allez probablement détester ce que je viens de dire, mais admettez que les lois actuelles n’ont jamais empéché le chomage ni crée une sécurité réelle de l’emploi et donc tant qu’à risquer de se faire licencier peut être y aurait il un ajustement à faire.

                    Autre suggestion : Les syndicats sont généralement rémunérés en fonction du nombre de cotisants, je proposerai plutot que pour une entreprise donnée :

                    • On calcul pour chaque syndicat le % de salarié qui y adhére.
                    • On calcule à la fin de l’année un % du bénéfice (appelons le Z).
                    • On donne à la fin à chaque syndicat son pourcentage de Z.
                    Exemple, 25% sont à la CGT, le pourcentage Z est à 2%, on donne 25% de 2% à la CGT pour son fonctionnement.

                    Cela permettrait d’associer les syndicats à la gouvernance de l’entreprise et de créer un compromis  :

                    • Ils ont intérêt à bien défendre les salariés sinon leur pourcentage aux élections va baisser.
                    • Ils ont intérêt à agir dans l’intérêt de l’entreprise sinon le gateau à se partager va baisser.
                    En réglant bien le dispositif (il faudrait trouver une solution si jamais il y a des pertes), il y aurait surement moyen d’équilibrer le rapport de force et d’inciter à un climat de discussion plus serein dans l’entreprise.

                  • easy easy 14 janvier 2011 22:47

                    Attention Geneste, ici je parle de la dimension répressive, du rôle de flic.
                    Oui, une fois que l’ouvrier a été formé, il faut le laisser disons s’organiser. ne pas lui dire ce qu’il doit faire toutes les minutes. Ca c’est pour l’action fantasmée, idéale, relative au travail.

                    Mais dans une entreprise, il y a, comme à la maison, des lâchetés de la part de chacun, des paresses, des mensonges, des vols. Et là il faut réprimer, sanctionner, licencier. C’est la partie horrible de l’activité d’entreprise. Et cette horreur, cette besogne de flic, de bourreau, je ne trouve pas normal qu’elle soit déléguée à un intermédiaire. La dureté des décisions de répression devrait être prise par le patron et par lui seul. A lui de se démerder avec sa conscience. Et il n’est pas bon qu’il se sente appuyé ou de bon droit quand il saque.

                    Car l’effet Milgram, il ne l’a pas remarqué, vaut également dans l’autre sens, de bas en haut. Quand un colonel ordonne qu’un gus soit fusillé, le fait qu’en dessous de lui des dizaines de personnes exécutent son ordre sans broncher, lui donne nettement l’impression qu’il a parfaitement raison d’être sévère. Et la fois prochaine il le sera un cran de plus. C’est de cette manière que le nazisme est devenu de plus en plus dur.

                    Dans cet esprit, quand un jour j’ai dû faire piquer ma chienne qui était paralysée du train arrière, j’ai demandé au véto de me laisser vider la seringue. C’était douloureux et paniquant pour ma pauvre chienne. J’ai mis mon visage contre sa gueule pour qu’elle puisse me mordre si elle le voulait et j’ai pleuré en injectant le poison. J’ai souvent regretté d’avoir été si jusqu’auboutiste (le véto était stupéfait de ma demande, lui qui a l’habitude de voir les gens lui déléguer la charge de ma mise à mort) car ça m’a troumatisé. Mais je n’ai plus jamais adopté de chien.

                    Je ne conseillerais à personne d’en faire autant mais voilà, pour moi, c’est fait. Je suis allé au bout de cette vision selon laquelle on ne doit pas déléguer les gestes de punition, de torture ou de mise à mort. On ne doit pas se retrouver au bal pendant qu’on a des subalternes qui torturent un gus dans une cave. On ne doit pas déléguer notre dureté, elle doit nous exploser à la figure. C’est le seul moyen de se convaincre de renoncer à l’usage de la force, de la violence.

                    On ne doit pas user de cosmétiques ou de médocs sans voir de très près ce que subissent les animaux qui servent de cobaye.


                    Ce que je dis là n’a pas vocation à renverser le monde. Je ne compte pas le refaire. Mais je crois salutaire que de temps à autre, cette vision soit remise sur la table et que chacun y réfléchisse un peu. On a maintenant des chaînes de commandement (méchants, cruels) qui comportent autant d’étages de les gratte-ciel. De tout en haut on ne sent pas l’odeur du sang qu’on fait couler. Les guerres ne sont toujours pas exclues.

                    Si j’avais eu un salarié suicidé dans mon entreprise, j’aurais été renversé, traumatisé. Le patron de FT, de tout là-haut ? Il ne ressent rien en pareil cas. Il lui faudrait 30 suicides pour qu’il envisage de renoncer à un WE de chasse en Sologne.


                  • Hortus 14 janvier 2011 17:59

                    Ceux qui tiennent le pouvoir depuis quelques dizaines d’années sont, bien au contraire, excellent dans une partie au moins des mathématiques. Ils savent excellemment compter. Ils ont ainsi brader toute l’industrie française, en l’exportant ou en la découpant en petits morceaux (les précieux appartements de M. Tapie notamment). Ils maîtrisent les additions et les calculs de rentabilité de façon tout à fait exemplaires et trouvent, en l’Etat, un fidèle soutien pour prendre en charge les restes de leurs divisions.


                    • Geneste 14 janvier 2011 20:05

                      Oui et non. Il est vrai que les grands corps de l’Etat sont tenus en partie par les polytechniciens. Mais il y a aussi les énarques qui sont bien moins scientifiques. Mais l’Etat ne vit pas que par sa structure, il y a les politiques. Là, il n’y a presque pas de scientifiques. Au final, opinion personnelle, je pense que dans l’appareil d’Etat en général, les scientifiques sont minoritaires. Mais je suis d’accord que cela n’explique pas pour autant les mauvaises décisions politiques prises par notre pays ces dernières décennies.


                    • Abou Antoun Abou Antoun 14 janvier 2011 23:01

                      Il ne faut pas mélanger la mathématique et la comptabilité. Les gestionnaires maitrisent les additions, les soustractions et dans le meilleur cas les pourcentages. Certains savent lire des tableaux. Leur compétence ne va guère au delà. Certains ministres de l’Éducation, peu familiers avec la règle de trois n’ont même pas cette compétence.


                    • Abou Antoun Abou Antoun 14 janvier 2011 23:34

                      Là, il n’y a presque pas de scientifiques. Au final, opinion personnelle, je pense que dans l’appareil d’Etat en général, les scientifiques sont minoritaires.
                      Ils sont inexistants !
                      On trouve surtout des forts en gueule, des beaux parleurs, des tribuns, des gens venant du droit.
                      Ce n’est pas dans la nature des scientifiques de parler pour ne rien dire. C’est exactement cette compétence qui fait les grands politiciens : « Faire des discours fleuves où chacun croit comprendre ce qui l’intéresse »


                    • Abou Antoun Abou Antoun 14 janvier 2011 21:12

                      Excellent article.
                      En tant qu’ancien professeur de mathématiques je lui apporte ma caution pleine et entière.
                      On peut toujours discuter des détails. De fait, le gouvernement a utilisé un certain mécontentement causé par une évolution un peu rapide et un peu extrême de la pédagogie des maths (les fameuses ’mathmodern’) pour liquider l’enseignement des mathématiques et des sciences dans le secondaire (avec des préoccupations comme toujours purement budgétaires). Mais on a jeté le bébé avec l’eau du bain, et les conséquences à long terme, bien décrites ici, de cette ’politique’ calamiteuse n’ont pas été envisagées.
                      J’assume également une responsabilité collective du corps enseignant trop concentré au niveau de ses organisations syndicales sur les avantages corporatifs pour s’occuper de l’essentiel « Que faisons nous, à quoi servons nous ? »
                      Je n’ai pas fait le compte exact des heures disparues mais il me semble que les chiffres avancés sont vraisemblables. Par ailleurs ce qui est affirmé colle parfaitement avec la comparaison des programmes officiels.
                      La France a sacrifié son enseignement scientifique, et son industrie tout à la fois, ainsi que toutes ses ambitions. On peut encore tomber plus bas et c’est bien parti pour ça.


                      • Geneste 14 janvier 2011 21:36

                        Merci !


                      • franc 14 janvier 2011 21:36

                        tout à fait d’accord avec l’analyse de l’auteur -----------------------------------------l’abaissement du niveau en mathématique est dramatique comme le montre les dernières études de comparaison internationale ,la France qui était 1ère en mathématique (Poincaré ,groupe Bourbaki)est en dessous de la moyenne parmi les pays de l’OCDE,la Chine et la Corée viennent en tête

                        Plus de mathématiciens c’est plus de physiciens et d’ingénieurs de qualité etc’est plus d’industrie de haute technologie qui produisent la vraie richesse avec l’agriculture,------------------------------------------les compagnies bancaires,d’assurances et les industries pharmaceutiques ne sont pas des vraies entreprises qui créent la richesse réelle mais seulement virtuelle ou illusoires ---------------------------------------la France qui avait les industries lourdes et de pointes les a cédées aux capitalistes mondialistes qui ont mis les commerciaux et les financiers à leur tête lesquels ne peuvent que les affaiblir par leur incompétence pour la création et l’innovation,ils ne savent que vendre et encore de manière maffieuse

                        La France est devenue comme la Grande Bretagne dépossée de ses industries vendues aux capitalistes mondialistes sans foi ni loi ------------------------- le déclin est inéluctable


                        • Abou Antoun Abou Antoun 14 janvier 2011 23:17

                          Tout à fait d’accord, parfaitement exact !
                          Rien à ajouter.
                          Un jour il faudra trouver les responsabilités car elles existent. Les français auront de toutes façons une responsabilité collective, celle d’avoir chacun à son niveau, laissé faire, mais ceux qui ont conduit la politique du pays dans un sens ultra-libéral et qui continuent aujourd’hui ce gigantesque bradage ont plus de responsabilité que d’autres.

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