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Accueil du site > Actualités > Société > Un stage chez le leader du CAC40 : Analyse d’une offre (...)

Un stage chez le leader du CAC40 : Analyse d’une offre d’aujourd’hui

Cette offre est authentique, et vue sur le site placeojeunes.com . Elle sera peut-être supprimée par un manager de Sanofi, alerté par le bruit que pourrait faire notre tribune. C’est pourquoi une capture d’écran est jointe ci-après.

Voici donc une offre de stage tel qu’on peut en trouver chez le leader du CAC40 Sanofi.

L’intitulé est « Responsable Relations presse Sanofi France » ce qui attire immédiatement le jeune diplômé en recherche d’un poste valorisant.

Les missions suivantes sont détaillées :

- Définir une stratégie de relations avec la presse qui réponde aux enjeux de Sanofi France en cohérence avec les enjeux de la Direction des Relations presse du Groupe


- Rédiger et coordonner les documents utiles aux journalistes : communiqué ou information presse, dossier de presse, statement et Q&A


- Identifier les porte-parole et en les accompagnants avec des mediatraining


- Assurer un bon déroulement du plan presse en coordination avec les autres médias externes


- Gérer et répondre les demandes des journalistes


- Assurer une veille des médias

On constate que ces missions demandent un bagage certain, au moins de sociologie mais aussi de journalisme et de marketing. La veille média demande en effet des compétences en sémiologie et en sociologie des médias. Le plan presse, en plus d’aisance relationnelle, demande de maitriser les codes du journalisme. Il faut sans doute nécessairement un bac+5 voir deux maitrises différentes pour postuler et rentrer parfaitement dans le cadre d’une offre exigeant une telle diversité de compétences.

Mais la suite est beaucoup plus intéressante.

Compétences :


- Expérience en Relations média (au moins 5 ans)


- Bonne connaissance des médias (grand public et professionnel santé)


- Compétences rédactionnelles : communiqué, dossier de presse, brève…


- Maîtrise de l’anglais (écrit et oral)


- Aisance pour s’exprimer à l’oral

Cet éventail de compétences requises est un classique de ce qui est demandé à un cadre supérieur. L’anglais ne saurait être parfaitement maitrisé par un étudiant ordinaire en cours de formation (à moins de facilités, de passion ou de vécu à l’étranger), même si de plus en plus de nos jeunes le pratiquent avec aisance. La connaissance des médias santé est très spécifique et n’a pu être abordée que dans le cadre de précédentes expériences professionnelles. 5 ans d’expérience, cela doit mener à une offre d’emploi avec un salaire compris entre 30 et 40k euros annuels bruts, pour donner une fourchette très large de salaire certes parisienne mais courante dans le secteur. Jusqu’ici rien de choquant.

Et pourtant…

Lieu du Stage : Paris 8

Date : dès que possible pour une durée de 6 mois.

Oui, nous avons bien lu, tout cela est demandé pour un simple stage, rémunéré probablement 500 euros sans tickets restaurants, sans garantie de maintien de l'emploi, et sans promesse d’embauche à la clé. Une offre symptomatique des dérèglements de notre société actuelle, dans laquelle les plus riches (Sanofi, première capitalisation au CAC40) exploitent sans vergogne la détresse des plus désespérés.

Car des désespérés laissés de côté sur le marché de l’emploi, les RH de cette entreprise en trouveront. Il faut en effet vraiment être dans le désespoir le plus complet pour accepter de brader sa force de travail à ce prix là, après 5 ans d’expérience et 5 voir 7 ans d’études. Est ce comme cela que Sanofi et plus généralement les grands groupes du CAC40 participent à l’effort pendant la crise ?

C’est probablement le cœur de cible de cette annonce pour le moins révoltante. D'autres annonces de ce type, il en existe des centaines. Ne nous laissons pas faire, réagissons, révoltons -nous contre les RH osant poster ce genre de choses sur des sites destinés aux plus jeunes. 


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40 réactions à cet article    


  • Bernard Pinon Bernard Pinon 20 décembre 2012 14:18

    « Offre de stage : expert Windows 8, cinq ans d’expérience minimum »

    Ca caricature à peine ce qu’on a pu me proposer récemment...

    • Luc le Raz Luc le Raz 22 décembre 2012 16:06

      « expert Windows 8, cinq ans d’expérience minimum » hu ? Vindoze 8 aurait déjà plus de cinq ans ? A moins que.... On m’avait dit qu’il était très rapide mais delà à voyager dans le temps et, pour ce faire, franchir le mur de la lumière ! Wow !  smiley

      Mon frère après son stage d’ingé dans une boite US en région parisienne, s’est vu proposer par Dassault un job au quart de ce que lui offrait la société mère US en Californie. Vous avez 25 ans, célibataire, vous faites quoi ? Ça fait douze ans qu’il y est, marié à une allemande rencontrée dans sa boite (tiens, eux aussi ?) et nulle envie de rentrer.


    • Juju Dredd 22 décembre 2012 23:56

      Forcément, cinq ans d’expérience, c’est le minimum pour une offre « débutant accepté ».


    • Ecrivain public Ecrivain public 20 décembre 2012 15:06

      Il s’agit ni plus ni moins qu’une forme d’esclavagisme moderne. Il faudrait mettre en perspective les salaires des hauts responsables de Sanofi... On se demande d’ailleurs si ce type de profil existe vraiment tant il y a derrière une forme de cynisme assez achevé. On se demande aussi comment nos étudiants peuvent voir l’avenir avec bonheur devant des murs professionnels aussi hauts.


      • Troglodyte 24 mai 2013 12:00

        Il y a quelques années, on faisait un stage à 16 ans, pour se faire de l’argent de poche et se rendre compte que continuer ses études avait de l’intérêt. Aujourd’hui, on le fait à 13 ans, pour connaître l’entreprise, se rendre compte que c’est un univers impitoyable... et que continuer ses études est vital si l’on veut être un jour à la place du requin plutôt qu’à celle du poisson.

        Profession : salaud. Tout petit déjà.


      • oriane 20 décembre 2012 15:23

        Certes, c’est de l’esclavagisme. Et si Sanofi peut publier une annonce pareille, c’est que les supports choisis pour le faire sont d’accord et/ou n’ont pas de charte de diffusion spécifique.

        Imaginons que je gère un espace d’annonces et que la demande suivante me parvienne : Cherche professionnel corvéable à merci, jeune et très expérimenté, sans prétentions salariales". Mon rôle de professionnel est de refuser ce type d’annonces, purement et simplement, de la même façon qu’existe depuis plusieurs années maintenant de la modération sur les sites de publication d’avis.

        La prochaine révolution du siècle, c’est de réaliser la codépendance qui nous lie et la nécessaire cohérence des actions que chacun doit poser.


        • Nums Nums 20 décembre 2012 15:24

          Ca ne me surprend vraiment plus mais ça me scandalise toujours autant !


          • JulSidieu 20 décembre 2012 15:39

            Tiens tiens puisque quelqu’un pose la question, j’invite à lire mon article http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/ces-patrons-au-comportement-et-au-127387


            Un certain C.Viehbacher, patron de Sanofi, touche plusieurs millions d’euros....et le groupe licencie plusieurs milliers de salariés en ce moment, pour les remplacer par des stagiaires sans doute !?
            Cette société tourne vraiment à l’envers.

            • colza 20 décembre 2012 17:10

              @ JulSidieu
              Il avancent un pas après l’autre et tant qu’ils ne prendront pas une baffe dans la figure, continueront. Pourquoi s’en priveraient-ils ?
              On ne leur fixe aucune limite...


            • bigglop bigglop 21 décembre 2012 01:42

              Traduit dans le langage de nos politiques et du MEDEF, il s’agit de ’’Flexibilisation du travail’’ comme la prétendue Compétitivité


            • bo bo 20 décembre 2012 18:40

              Pourquoi croyez-vous que plus de 1 millions et demi de français se sont expatriés depuis 30 ans ?....et là il ne s’agit pas d’expatriés fiscaux .....mais de jeunes diplômés ou non qui ne trouvaient pas de boulots (à part ce type de propositions...) et ont refusés de pointés au chômage.
              Ces jeunes sont maintenant bien installés au 4 coins du monde. Ils sont boulangers, bouchers, ingénieurs etc...
              Et là, le silence le plus pesant des médias. On se gargarise de la réussite des français à l’Etranger ...mais la réalité est que tous ils y ont créé des richesses qui nous manquent .....et vont nous manquer.
              Et pas d’illusions, ils s’y sont mariés et y ont fait leur vie....et ils vont y rester. ...et ils y paient leurs impôts !


              • Croa Croa 20 décembre 2012 19:26

                Merci Bo, pour ce rappel !

                Les médias font de l’expatriation de quelques riches un scandale alors que l’expatriation de nombreux diplômés semble ne pas exister !

                Pourtant quels sont ceux qui peuvent vraiment rendre service au pays ? Qui est vraiment utile ? 

                De plus les riches n’ont pas vraiment de patrie, un jour à Paris, demain à Londres où à New-York, c’est là leur nature... On n’a pas besoin d’eux ! 

                Quant un travailleur s’en va par contre c’est pour de bon, il est souvent définitivement perdu !


              • colza 20 décembre 2012 19:57

                Exact, ma fille est en Ecosse depuis longtemps.
                Elle n’envisage pas une seconde de revenir en France.
                Et ce n’est pas qu’une question de boulot, les pubs, c’est pas mal non plus smiley


              • Yohan Yohan 20 décembre 2012 22:37

                Exact Bo, 

                Ce qui est dramatique c’est de voir que les gens s’en foutent et ne réalisent même pas la gravité du problème économique qui en résulte. J’en ai même entendu écrire ici « qu’ils se cassent ces fumiers qui ont profité du système d’éducation » Pas grand monde pour remettre en question notre système sclérosé 

              • veilchen veilchen 21 décembre 2012 00:59

                Heureusement qu’il y a des jeunes qui restent aussi, parce qu’ils gardent l’espoir que leur terre renferme encore quelques emplois. Tous n’ont pas le courage de quitter famille et amis juste pour un boulot, surtout quand ils n’ont pas le moindre sou.
                Pour ma part, je suis restée, malgré le fait que ma région se vide de ses habitants et de ses entreprises pourvoyeuses d’emplois. J’ai bien fait, j’ai enfin trouvé un job.
                La France ne manque pas d’emplois, elle manque d’entrepreneurs et DRH courageux et désireux d’embaucher des jeunes avec plus au moins d’expérience. La France est un pays où les jeunes trouvent difficilement leur place quand ils ne sortent pas de la bonne école / université de la bonne ville, quand ils n’ont pas le diplôme qui colle pile poil avec le poste recherché, etc. Nombreuses sont les offres d’emplois qui comportent un nom de diplôme bien précis, histoire de montrer son ouverture d’esprit. En Angleterre et aux Etats Unis (aussi le cas du Luxembourg), on regarde ce que vous avez fait, certes, mais on teste aussi votre niac et votre capacité d’adaptation. La culture générale est largement appréciée et n’est pas vue comme une sorte inadaptation au terrain (« rat des bibliothèques », « voie sans issue »...). Tout est à revoir !


              • SamAgora95 SamAgora95 20 décembre 2012 20:34

                Je ne savait pas qu’il fallait encore passer par la case stage après 7 ans d’études et 5 ans d’expérience, à l’age de 30 ans donc.



                • Yohan Yohan 20 décembre 2012 22:32

                  Ce n’est pas nouveau. Dans certains secteurs... communication, pub, ....les recruteurs sont parfaitement décomplexés au point d’exiger des compétences et de l’expérience d’un vieux routier Le problème, c’est l’appétence des jeunes pour les métiers flashy comme un costume de torero.

                  et malheureusement, ce genre d’annonces, ça marche grâce à la concurrence.

                  • veilchen veilchen 20 décembre 2012 22:59

                    Il n’y a pas que dans ce secteurs qu’on demande autant de compétences pour un stage. Beaucoup de filières qui se disent porteuses profitent des jeunes sans scrupule. Malheureusement on demande aux jeunes de faire de l’apprentissage ou des stages, mais une fois sur le marché du travail, on vous dit que ça n’a servi à rien, que ce ne sont « que » des stages par une réelle expérience professionnelle. Ca dévaloriserait presque un CV.
                    On sait ce que veulent les entreprises : des jeunes sans expérience et prêts à prendre n’importe quel job à n’importe quel prix.


                  • Hétérodoxe 21 décembre 2012 00:03

                    Chez Sanofi, même la DRH doit être remplie de stagiaires :

                    « Identifier les porte-parole et en les accompagnants »

                    « Gérer et répondre les demandes »



                    • ggo56 21 décembre 2012 00:19

                      Toutes ces grosses boites sont pourries...Au lieu de se comparer aux allemands, qui ont eu une crise à gérer, l’absorpsion de l’allemagne de l’est, d’où les salaires ouvriers qui ont stagné pendant des années, pourquoi ne pas se comparer à la suisse, très compétitive malgré ses salaires (d’ouvriers, de cadres, de dirigeants) élevés ? Ca ennuierait beaucoup le MERDEF, ça soulignerait l’incompétence flagrante de ses membres à diriger des entreprises !


                      • Spider 21 décembre 2012 01:55

                        C’est vrai que les abus de recrutement de stagiaires sont légion et il y en a beaucoup trop, meme dans l’industrie pharmaceutique et ceux-ci remplacent souvent des postes fixes à temps plein.

                        A la vue de cette annonce, je reste vraiment dubitative sur le contenu .. ou l’annonce est bidon, ou il y a confusion avec un contrat de qualification, ou les missions du poste sont nettement surévaluées, ou il y a erreur au niveau de l’expérience demandée, avec 5 ans d’expérience, on n’est plus stagiaire ni en contrat de qualif et jamais dans la pharma et surtout dans un service de communication on ne laissera un stagiaire avoir la responsabilité de tout ce qui est indiqué dans les missions du poste .. si cette annonce est bien réelle, je ne félicite pas vraiment celui qui l’a rédigé.

                        Par ailleurs, les stagiaires dans l’industrie pharmaceutiques ne sont sûrement pas les plus à plaindre et ne sont pas rémunérés que 500€ par mois mais bien plus que cela. Les stagiaires sont souvent recrutés en cours d’étude ou en fin d’étude et sont rémunérés bien plus que dans toute autre industrie, ils ont souvent des primes de fin de stage et en général, leur cantine est gratuite .. ils bénéficient aussi la plupart du temps de formations payées. Rendons à César ce qui est à César .. ils sont beaucoup mieux payés que dans n’importe quelle autre industrie et souvent cela débouche sur des CDI s’ils bossent bien, par contre c’est vrai que les postes qu’ils occupent, ce sont souvent des postes qui pourraient être des postes en CDI, mais bon, par ailleurs, cela permets d’offrir beaucoup plus de postes à des jeunes sortant de l’école.


                        • VIENSKY 21 décembre 2012 01:59

                          A 30 ans, hyper diplômé, hyper compétent, avec 5 ans d’expérience, si tu n’as pas fait un stage chez Sanofi, tu as râté ta vie ! Sanofi, c’est le Labo dont Christian Lajoux était le Président, tout en étant Président du LEEM, et qui donnait des leçons d’éthique il n’y a pas si longtemps. http://www.leem.org/curriculum-vitae-de-christian-lajoux-president-du-leem . Sanofi, c’est aussi le Labo qui propose des plans sociaux pour conserver ses bénéfices outranciers. Il faut au moins Bac + 10 pour prétendre faire un stage chez ce si prestigieux et si puissant Labo, à l’éthique et la responsabilité sociale irréprochables. Gageons qu’il vont demandé à leur boîte de Com et de RP, Euro RSCG, de leur arranger cette faute communication ; je leur suggère plutôt de recruter un stagiaire au Ministère de la Santé, un énarque ou un polytechnicien, rompu aux pratiques des revolving doors ... mais c’est vrai que c’est plus cher !


                          • Spider 21 décembre 2012 02:00

                            dernière précision, dans le secteur et à ce poste, avec 5ans d’expérience, la fourchette de salaire se situe plutôt dans les 45-60K€ et possibilité de bonus très importants.


                            • Montagnais Montagnais 21 décembre 2012 06:23

                              Excellente étude de cas qui montre combien proprole & Mimile est complice de son aliénation..


                              Car enfin, quel être sensé veut aller chez Sanofi ? Surtout pour s’occuper de la réclame.. !

                              Buy Nothing Xmas. /. Www.adbusters.org

                              • raoulblier raoulblier 21 décembre 2012 10:31

                                @ l’auteur

                                Il serait temps de vous réveiller un peu. Voilà plus de 20 ou 30 ans que la grande braderie des compétences et des diplômes a commencé.
                                Sous Mitterrand les diplômés étaient moins nombreux et la tendance était inversement proportionnelle. Avec des compétences très spécialisées, vous pouviez vous permettre de refuser un poste parce que le patron ne vous revenait pas. Aucun journal à l’époque n’a fait sa une sur la tyrannie du diplômé.
                                Avec la globalisation, la course au diplôme et le marché de la compétence s’est ouverte ; de fait la tendance s’est inversée.
                                Nous ne sommes plus en concurrence avec nos voisins de classe, mais avec tous les pays. Les diplômes deviennent une marchandise au même titre que l’agriculture, la terre, votre nom dans un listing.
                                Les jeunes ne rêvent plus que faire des prépa (sub-machin, sub-truc) pour entrer dans des écoles notées au grand marché de la compétence.
                                Ils en ressortent en nombres, formatés et sur diplômés.
                                La France a t’ elle besoin d’autant d’ingénieurs, de politiques, de communicants, de scientifiques et autres intellectuels ?
                                Cette inversion des tendances a bénéficié aux patrons qui font leurs marchés dans un choix de compétences de plus en plus grand et les métiers manuels (moins convoités mais suffisamment rares pour bien gagner sa vie.).

                                 


                                • ZenZoe ZenZoe 21 décembre 2012 11:15

                                  Ces abus sont devenus tellement banals que personne ou presque ne pense à réagir.
                                  Quelle entreprise n’a pas fait appel à un stagiaire pour lui faire son site internet, une étude de marché, une base de données de gestion clients, une analyse des risques, un plan de communication - et tout ça tout seul, avec un tuteur qui n’en a que le nom ? J’ai même vu un reportage une fois où un créateur d’entreprise en solo avait recruté 9 stagiaires pour lui faire sa prospection sans aucune rémunération (« je les aide à construire leur CV », disait-il !).

                                  Il faudrait aussi parler des CUI-CAE, logiquement réservés à des publics en difficulté. Notion très vague, qui permet ainsi de faire allègrement appel à des Bac+5 en recherche d’emploi. Vu récemment une offre pour un psychologue diplômé en CUI (il était précisé quand même « débutant bienvenu », faut pas pousser le bouchon trop loin !)


                                  • tdelache 21 décembre 2012 11:32

                                    En quoi cela est choquant ?

                                    Tout le monde sait que les recruteurs sont plus souples que ce qui est dit dans l’annonce. Si vous n’avez que 4 ans (et non 5) d’expérience, si vous n’avez pas fait de journalisme mais que dans le même temps, vous avez une excellente aisance en français et une excellente maîtrise de l’anglais (ce qui est bien courant chez les jeunes diplômés des Grandes Ecoles), votre CV intéressera le recruteur. Les recruteurs savent bien qu’ils mettent la barre haut, mais c’est pour attirer les meilleurs talents et c’est pour éviter qu’un guignol fasse perdre du temps au recruteur. Plus il y a des critères de qualifications, moins il y a de répondants (et donc de répondants à côté de la plaque) et plus il est simple de trouver la bonne personne. Et s’ils ne trouvent pas, ils n’ont qu’à lâcher du lest, mais cela, c’est le problème de l’entreprise.

                                    Mais surtout, le marché de l’emploi est bel et bien un marché. Si, avec autant de qualifications, l’entreprise ne trouve pas la personne qui convient (quelqu’un qui a les qualifications cherchées et qui accepte le salaire proposé), ce sera à l’entreprise de s’adapter. En France, personne n’a jamais forcé quelqu’un à travailler pour lui. Alors quand j’entends certains dire que c’est de l’esclavagisme, c’est une outrance. Encore une fois, M. Tout-le-monde aime se faire passer pour une victime.

                                    Tant qu’il y aura des gens pour travailler sous ces conditions, pourquoi l’entreprise s’en priverait-t-elle ? Pour que vous compreniez bien, imaginez que M. Tout-le-monde se voit proposer une maison à 50.000 € alors qu’elle en vaut 3 fois plus, vous croyez que M. Tout-le-monde se priverait d’économiser de l’argent ?


                                    • Voltaire Voltaire 21 décembre 2012 13:40

                                      Bon article, qui témoigne d’une dérive inquiétante (ce type de pratique n’existait pas dans cette entreprise il y a quelques années).

                                      Après lecture, je me suis rendu sur le site d’offre d’emplois de Sanofi : la plupart des offres sont effectivement pour des stages. Intrinséquement, il est plutôt positif de voir une grande entreprise proposer de telles possibilités d’expérience professionnelle à des étudiants en fin d’étude. Mais deux problèmes se posent :

                                      - d’abord, étant donné la taille du groupe, le nombre d’offre pour de vrais CDI (les CDD sont trèspeu nombreux) est très faible. Même en tenant compte de la situation économique, cela est inquiétant, car cela signifie un non-remplacement des départs à la retraite et l’absence de développement de la société. Il est néanmoins possible que cela signifie aussi une mauvaise gestion des postes à la DRH (pour ne prendre que cet exemple, les postes en R&D ne sont que très rarement publiés sur les sites des entreprises, simplement parce que les services de R&D préfèrent recruter eux-mêmes et passer eux-mêmes des annonces dans des journaux scientifiques plutôt que de confier cette tâche aux RH, qui ne connaisent pas bien les compétences requises).

                                      - ensuite, comme l’indique l’auteur, si un certain nombre d’offres de stages proposées sont très claires et correspondent effectivement dans leur profil à des stages de fin d’étude, une proportion non-négligeable correspond effectivement, par leur description, à des emplois réels (que ce soit par leur contenu ou par la fomation requise), ce qui constitue un abus manisfeste.

                                      Il ne serait pas inutile que les services de l’emploi adressent une mise en garde sévère contre ce type de pratique.


                                      • Jean-Fred 21 décembre 2012 16:06

                                        Arf !! Je viens de cliquer sur le détail de l’offre mais celle-ci n’existe plus ...
                                        Aurait-il déjà trouvé un stagiaire ou est-ce une suppression pure et simple de l’offre :) (Je penche pour le second cas).


                                        • Talion Talion 22 décembre 2012 06:48

                                          Donc ces bouffons proposent un stage sur Paris, exigeant un bagage d’un niveau bac+5 avec au moins 5 ans d’expérience...

                                          Si le tout est effectivement rémunéré 500 euros par mois, il est largement préférable de rester au chômage ou même au RSA au fin fond de la province à cultiver le jardin familial.
                                          C’est en effet beaucoup plus rentable en terme de retour sur investissement et en prime vous n’y laisserez pas un bras en terme de loyer...

                                          Fuyez cette ville de merde et les boulot d’esclaves qu’elle offre...


                                          • Blé 22 décembre 2012 07:11

                                            Quelque soit le niveau d’étude, il me semble que les français devraient prendre conscience qu’il y aura de moins en moins d’emploi (pourtant ce n’est pas le travail qui manque) car il faut les payer. ce qui était autrefois un salaire différé est aujourd’hui considéré comme une « charge » ce qui touche automatiquement selon les apôtres du libéralisme la compétitivité.

                                            Il n’est plus question de créer des emplois, il est question d’essayer de garder ceux qui restent. Il en reste pas beaucoup si on considère le démographie française.

                                            Un autre aspect de la question jamais mis sur la table : la durée de travail.

                                            Nous vivons une époque formidable, tout va très vite, tout ou presque est automatisé, on n’appuie plus sur un bouton, on passe juste son doigt pour que l’ appareil fonctionne, les aspirateurs aspirent tout seul, les machines font des calculs très longs et complexes, les caisses dans les grands magasins n’ont plus besoin de caissière, mais la durée du travail reste à 35 heures semaine (voire plus dans certains secteurs) avec 5 millions de chômeurs dont la moitié ne touche rien.

                                            Les français en plus sont généreux, ils forment des jeunes qui sans boulot en France s’expatrient, c’est toujours ça d’économiser en Angleterre aux U S A , au Canada, etc... .

                                            Il est vrai que cela est plus facile (partir ou laisser partir ses enfants) que de lutter en France et en Europe afin de diminuer des heures hebdomadaires et d’augmenter les salaires.

                                            Mais face aux chinois, aux roumains, aux grecs, aux portugais, aux espagnols, aux turcs, aux biélorusses, aux algériens, aux polonais, aux tunisiens, aux slovaques, aux brésiliens, aux lituaniens, aux marocains, aux italiens, aux indiens, j’en passe la liste est trop longue les salariés sont impuissants car ils acceptent l’inacceptable.

                                            Bientôt il faudra que les parents payent les employeurs pour qu’ils embauchent leurs enfants.

                                            C’était le cas dans les années 30 dans certains métiers. Ma grand-mère payait un patron pour que mon père apprenne son métier. Ce serait intéressant que les historiens s’intéressent à cet aspect de la question.


                                            • lulupipistrelle 23 décembre 2012 00:08

                                              Cette annonce doit être taillée sur mesure pour quelqu’un qu’il n’est pas possible de recruter sans concurrence pour une raison x ou y...ou pour évincer un candidat « fléché »... 

                                              J’ai déjà vu à ce type de subterfuge. 

                                              • Vipère Vipère 23 décembre 2012 16:19

                                                Bonjour l’auteur

                                                Si les offres de stagiaires sur-diplômés et payés au rabais se sont intensifiés et perdurent depuis une bonne décennie, c’est bien parce que ces stages trouvent preneurs auprès d’un certain public  ?

                                                 


                                                • Vipère Vipère 23 décembre 2012 16:30

                                                  Cela va sans dire qu’il s’agit d’un public qui peut se permettre de travailler sans salaire !!!

                                                  Donc, des nantis


                                                • Vipère Vipère 23 décembre 2012 16:21

                                                  Et la question qui vient aussitôt à l’esprit, est pour quelles raisons un diplômé consent cette forme d’esclavagisme ?


                                                  • Talion Talion 26 décembre 2012 18:38

                                                    Parce qu’il cherche à se constituer un CV pour ensuite espérer décrocher un vrai job !...

                                                    En règle générale personne ne bosse pour rien comme ça par pur plaisir, mais parce que des escrocs font miroiter un recrutement qu’ils ne donneront jamais.
                                                    Cela leur permet d’exploiter des légions de désespérés qui entretemps sont contraint de faire jouer la solidarité familiale (dont bénéficie de ce fait l’employeur indélicat) ou de cumuler plusieurs boulots...


                                                  • Vipère Vipère 23 décembre 2012 16:25

                                                    à mon sens, la réponse est qu’il possède le profil et à terme, espère occuper le poste et être payé autrement qu’au lance pierre !

                                                    Seulement, cela n’arrive pas ou si peu, selon les confidences des stagiaires ! D’autres profils identiques au sien, sont recrutés et le poste est toujours ouvert « au stage non rémunéré » !


                                                    • Vipère Vipère 23 décembre 2012 16:28

                                                      Dans ces conditions, il est difficile de comprendre pourquoi, les pseudo stagiaires ne s’adresse pas un juge pour requalifier le poste en emploi permanent ?


                                                      • Talion Talion 26 décembre 2012 18:40

                                                        Quand tu es jeune en règle générale tu es naïf, facilement manipulable et tu ne dispose pas des moyens financiers nécessaire à qui souhaite s’engager dans une procédure judiciaire au résultat incertain.

                                                        C’est triste, mais c’est hélas la réalité dans toute sa cruauté... Certains en sont conscient et en profitent...


                                                      • Noel2412 21 mai 2013 09:19

                                                        bon courage pour faire un procès, avec tes 650 euros d économies à Sanofi et ses 8 milliards (et centaines d avocats).

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