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Accueil du site > Actualités > Société > Une expérience solidaire à Rennes : le Sociotel

Une expérience solidaire à Rennes : le Sociotel

Passer, loin de son domicile, des entretiens d’embauche pour un chômeur, effectuer un stage de courte durée pour un apprenti, ou se présenter à un concours pour un étudiant peut poser un problème économique aux personnes concernées en raison du coût élevé de l’hébergement hôtelier. Pour venir en aide à ces gens disposant de revenus modestes, Rennes Métropole s’est lancée dans une expérience originale...

Le Sociotel est, en apparence, un établissement hôtelier comme les autres. Seule différence avec les autres, cet « hôtel social » n’a pas d’objectif commercial. Sa vocation : offrir une possibilité d’hébergement bon marché aux chômeurs, aux étudiants ou aux stagiaires venus à Rennes pour quelques jours dans le cadre d’une recherche d’emploi, d’un perfectionnement, d’une formation ou d’un concours. Il a également pour objectif, précise Guy Potin, vice-président de Rennes Métropole, d’accueillir des groupes d’enfants dans le cadre d’échanges scolaires ou, de manière temporaire, des familles dont l’habitation a été sinistrée.

Le Sociotel a ouvert ses portes le 2 janvier 2010 en relais d’une résidence d’accueil gérée par le Centre communal d’action sociale et une association locale, Les Ajoncs. Certes, il existe déjà à Paris et dans d’autres villes de province des hébergements temporaires. Mais, le plus souvent ouverts pour faire face à l’urgence, les établissements en activité sont insuffisants en nombre de lits et souvent administrés de manière empirique. Certains ne sont d’ailleurs qu’une version améliorée des centres d’accueil de nuit ouverts aux SDF.

Contrairement à ces hébergements, le Sociotel est un véritable hôtel, géré comme tel par une équipe de six personnes. L’acquisition de l’immeuble, la mise en état et l’achat du mobilier ont coûté 870 000 € à Rennes Métropole. Les travaux terminés, la gestion de l’établissement a été confiée à l’Agence immobilière à vocation sociale (AIVS) de la capitale bretonne. Le Sociotel comporte 40 chambres de 1 ou 2 lits, toutes équipées d’un bureau et d’un lavabo, chaque étage disposant de douches et de toilettes communes. Le coût de la nuitée a été fixé à 15 € pour une personne seule et 21 € pour un couple, celui du petit-déjeuner à 2 €.

De tels tarifs sont évidemment insuffisants à compenser en totalité les dépenses de fonctionnement de l’établissement. C’est pourquoi le Sociotel bénéficie de subventions de Rennes Métropole (65 000 €), du Conseil régional (40 000 €) et du Conseil général (40 000 € également) destinées à équilibrer le compte d’exploitation. Des sommes qui pourront évoluer lors des prochains exercices en fonction des taux de fréquentation et des recettes directes perçues auprès de la clientèle de cet hôtel social.

Plusieurs conventions de mise à disposition de lits ont d’autre part été passées avec des organismes locaux ou des associations pour l’accueil d’urgence de personnes en danger et, en hiver, de sans-abris identifiés par l’appel au 115.

Le Sociotel est, comme la plupart des équipements hôteliers de la ville de Rennes, implanté dans le quartier de la gare, à moins de 15’ à pieds du centre historique et à 5’ seulement du métro. Ce n’est pas là la moindre de ses qualités, sachant que les établissements à vocation sociale sont trop souvent exilés à la périphérie des agglomérations, loin des immeubles cossus, loin des lieux d’animation, comme si les personnes disposant de faibles ressources n’avaient pas droit de cité au cœur de la ville. Une tentation, souvent guidée par des considérations économiques, à laquelle n’ont pas cédé les élus rennais, et c’est tout à leur honneur.

Coordonnées du Sociotel :

45 boulevard de Solférino – 45000 Rennes

Tel : 02 99 65 59 12

e-mail : sociotel@orange.fr

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23 réactions à cet article    


  • jako jako 6 juillet 2010 10:14

    Bonne info Fergus, plus qu’à developper cela dans les grandes villes.
    Dans mon entreprise nous travaillons sur un plan « social de preservation de l’emploi »
    (comprenez plan de licenciement) de 20 personnes.
    Il est prévu la prise en charge de tous frais de déplacements/demenagement et meme une compensation de loyer mais seulement pendant trois mois. (sauf pour le loyer 24 mois)
    La personne re-cherchant activement un emploi en France doit être encouragée et ceci constitue un exemple.


    • Fergus Fergus 6 juillet 2010 10:37

      Bonjour, Jako.

      Il est heureux de voir que certaines initiatives sont prises, dans certaines entreprises, pour prendre en charge tout ou partie des frais supportés par les personnes licenciées. Cela dit, trois mois est un délai malheureusement très court en cette période de crise et de fort taux de chômage.

      Dans ces conditions, il serait effectivement souhaitable que des initiatives comme celle de Rennes soient élargies à de nombreuses métropoles régionales, et notamment aux bassins d’emploi et aux villes universitaires.

      Pour en revenir à votre entreprise, j’ai bondi en apprenant qu’un plan de licenciement peut être qualifié de « plan social de préservation de l’emploi ». Les DRH n’ont décidément peur de rien en matière de sémantique !


    • bretagne 6 juillet 2010 11:08

      c’est bien fergus , avec un bemol : dommage que cela n’arrive pas à s’autofinancer . il n’y a que peu de créativité à remplacer la facture adressée au client par une facture adressée au contribuable  : c’est seulement de la redistribution des revenus .
      Attention : avant d’etre mal compris : je ne porte ici aucune appréciation , ni négative , ni positive sur cette redistribution de revenus : je dis simplement que le sociotel , aide trés utile aux hébergés , sera financé en partie par les contribuables, et parmi les contribuables , tous ne sont pas aussi indécemment riches que la bethencourt * . il faut le savoir et en être conscient , c’est tout .
      * d’aillleurs , même un SDF est contribuable , par le biais de la TVA notamment.


      • Fergus Fergus 6 juillet 2010 11:59

        Bonjour, Bretagne.

        Il n’y a malheureusement pas d’autre possibilité, si l’on veut diminuer la charge des personnes à faibles ressources, voire ne pas leur interdire de se déplacer, que de faire appel aux contribuables. C’est la loi du genre. A ce propos, la question qui se pose est la suivante : est-ce utile socialement ? En l’occurrence, je le crois.


      • ZenZoe ZenZoe 6 juillet 2010 15:05

        Idée généreuse.
        J’ai quand même des doutes sur l’efficacité à long terme du projet, car son objectif me paraît trop flou. N’y a-t-il pas un risque que cet hôtel devienne au fil du temps plus un hébergement pour sans-abris qu’un véritable hôtel pour chômeurs, stagiaires et étudiants (vous dites que la municipalité a passé des accords avec des centres sociaux) ? Y aura-t-il un tri des clients avec son système de « priorités » et justificatifs de ressources ?
        A mon avis, il ne faut pas tout mélanger, accueil d’urgence, séjour ponctuel, logement pérenne, tous ces types d’hébergement demandent des formules bien différenciées.
        Mais bon, à suivre...


        • Fergus Fergus 6 juillet 2010 15:51

          Bonjour, Zenzoe.

          Il existe déjà des structures d’accueil pour les SDF, et le Sociotel n’a pas vocation à se substituer à celles-ci. La convention passée avec la CAO (Cellule d’accueil et d’Orientation) concerne 6 chambres en période hivernale pour l’accueil d’urgence via le 115. Une autre convention concerne 2 chambres pour des jeunes en insertion.

          A noter qu’il existe également à Rennes un Centre d’hébergement et de réinsertion sociale conventionné par l’Etat qui comprend 66 lits ouverts à des personnes seules et à des familles.

          Le Sociotel ne s’adresse par conséquent pas à ces populations mais offre, le cas échéant, un dépannage d’urgence si le besoin s’en fait sentir.

          Cela dit, comme vous l’avez écrit, affaire à suivre...


        • foufouille foufouille 6 juillet 2010 16:01

          15x30 = 450
          donc a moins de pas vouloir manger, le SDF reste pas


        • Fergus Fergus 6 juillet 2010 16:09

          Bonjour, Foufouille.

          Le Sociotel n’est pas destiné à l’accueil des SDF, il y a d’autres structures pour cela, mais à dépanner le cas échéant quand il y a péril pour les personnes par grand froid.


        • foufouille foufouille 6 juillet 2010 17:28

          salut fergus
          juste un petit calcul pour zenzoe


        • ZenZoe ZenZoe 6 juillet 2010 17:38

          Fergus,
          Expliqué comme ça, c’est bien.

          Foufouille :
          Pas compris votre calcul. De quoi est-il question ?


        • foufouille foufouille 6 juillet 2010 20:20

          « Le coût de la nuitée a été fixé à 15 € pour une personne seule »
          comme le rsa sdf est de 460€ .......


        • ZenZoe ZenZoe 6 juillet 2010 22:06

          Ah, OK, je vois, merci.
          Ceci dit, je pensais que les frais d’accueil d’urgence des SDF étaient pris en charge par la collectivité - ce qui serait normal quand même !


        • Yohan Yohan 6 juillet 2010 18:37

          Très bonne info Fergus et bonne idée bretonne. Ce genre d’’initiative devrait être développée, mais plus sur le versant de la stabilité de l’herbergement. L’idée n’est pas nouvelle, et en quelque sorte, on pourrait utilement retoiletter les foyers de jeunes travailleurs qui sont en perte de vitesse. A Paris, il y a bien quelques résidences pour étudiants, mais presque rien pour les jeunes travailleurs ou aspirants travailleurs. Les politiques ont baissé les bras. J’espère que cette initiative fera son chemin. Quand je pense au fric jeté par les fenêtres pour des dispositifs d’insertion inefficaces, on a là un bel outil qui peut contribuer à mettre le pied à l’étrier...


          • Fergus Fergus 6 juillet 2010 19:07

            Salut, Yohan.

            Je crois, comme toi, qu’il est plus que jamais nécessaire, dans le contexte économique actuel, de relancer les structures d’hébergement pour les jeunes travailleurs, et cela d’autant plus que la précarisation du travail multiplie les temps partiels et le cumul de jobs peu rémunérateurs.

            Certes il existe des aides au logement dispensées par les collectivités, mais elles sont souvent loin d’être suffisantes eu égard à l’évolution du prix des loyers dans le secteur privé. Cela dit, les foyers de jeunes travailleurs n’ont pas tous disparu, notamment dans les villes de gauche. Certains constituent même des hébergements de qualité. Mais à l’évidence ils sont insuffisants en nombre, la faute aux dérives libérales d’une société trop souvent sourde aux difficultés de ceux qui ont des ressources limitées.

            Bonne journée.


          • foufouille foufouille 6 juillet 2010 20:21

            « les foyers de jeunes travailleurs n’ont pas tous disparu, notamment dans les villes de gauche »
            et la droite aussi, ca depend de la region et du maire


          • Fergus Fergus 6 juillet 2010 22:45

            Exact, Foufouille, c’est pour cela que j’ai employé le mot « notamment ».

            Bonne nuit.


          • Waldgänger 6 juillet 2010 20:30

            Bonsoir Fergus, votre article était intéressant à lire. Juste un détail, je trouve ce genre de projets intéressants, pour les raisons que Yohan a mieux expliquées que je ne le ferais et à ce sujet, je serais curieux de savoir, si les chiffres vous sont accessibles, le coût annuel d’exploitation, ou une somme approchant si vous avez une petite idée.

            Merci en tout cas pour l’article et bonne soirée à vous.

            • Fergus Fergus 6 juillet 2010 23:18

              Bonsoir, Waldgänger.

              Je ne dispose pas du budget prévisonnel d’exploitation, mais il est probablement accessible auprès d’Anne-Claire Legendre, la responsable du Sociotel, ou de Michèle Cattania, la directrice de l’AIVS.

              Ce ne sont toutefois pas ces chiffres qui me semblent intéressants, mais plutôt le bilan qui pourra être dressé au terme de la première année d’exploitation. Le bilan financier bien sûr, mais également un bilan qualitatif permettant de mieux cerner la sociologie détaillée d’une clientèle composite par nature. J’essaierai d’obtenir ces éléments au printemps 2011.


            • Salsabil 7 juillet 2010 01:03

              Bonsoir ami Fergus,

              L’initiative est intéressante et, c’est mon humble avis, à l’image de ce que préserve la région Bretagne dans son ensemble, en une simple expression : les valeurs essentielles au service de l’Homme et du développement !

              L’offre de logement est tellement pauvre (en particulier en région parisienne) par rapport à la demande, et tellement chère qu’il ne peut qu’être considéré comme un progrès, toute possibilité de se loger un temps donné dans des conditions correctes à un tarif raisonnable.

              Ce type d’initiative donne quand même sérieusement le change aux autres offres présentes : soit l’hôtel à un prix inabordable pour un simple chômeur ou stagiaire, soit l’éloignement vers la banlieue (pas toujours bien desservie et encore moins rassurante), soit le squatt dans une improbable famille ou pension de famille (ce qui ne se fait plus)...
              A cette dernière évocation, peut-être ce type d’« hôtel » remplacera-t-il, justement, ces logements chez l’habitant, à moindre coût, sous forme de pension ou de chambre d’étudiant ou encore de jeune fille au pair, tout en n’étant pas regardant sur la durée du séjour.

              S’il y a besoin, il y a forcément offre ! Je trouve l’idée, que d’une certaine manière, par le biais du Conseil Général ou de la Ville, l’Etat (ou tout au moins ses représentants) prenne en charge ce type de problématique, évite les abus inacceptables que l’on peut souvent voir dans des mégapoles telles que Paris.

              Si ces choix d’engagement envers tout un chacun, pouvaient se multiplier au travers du pays, alors l’espoir d’une société gérée au-delà de l’unique aspect spéculatif financier, alors l’espoir d’une société nouvelle, orientée vers des prises de positions plus humainement responsables se ferait jour...
              C’est un espoir au milieu du marasme à ne pas laisser dans l’ombre ! Ce sont ces initiatives qui feront un monde meilleur qui se cadre sur l’essentiel des besoins et non sur les futilités.

              Merci, Fergus, de nous rappeler, qu’il existe encore de belles et bonnes idées. smiley

              Amicalement.

              Gül
              Cela me parait donc une idée à suivre...et à poursuivre


              • Salsabil 7 juillet 2010 01:06

                Heu...La dernière phrase n’est pas à sa place..Quoique.. ? smiley


              • Fergus Fergus 7 juillet 2010 09:00

                Salut, Gül.

                Ce type d’initiative me semble effectivement aller dans le bon sens pour répondre aux énormes problèmes posés dans notre pays par le coût de l’hébergement temporaire (il s’agit bien de cela ici) confronté aux difficultés économiques des étudiants et des jeunes travailleurs.

                Je crains malheureusement qu ’il ne faille pas compter sur le pouvoir en place pour aller dans le bons sens, la suppression annoncée de l’APL des étudiants qui bénéficient d’une demi-part dans leur foyer familial est là pour le démontrer.

                Peut-être faudrait-il, si le Sociotel fonctionne bien et donne des idées à d’autres villes, créer dans l’avenir une fédération nationale permettant de donner une visibilité nationale à cette initiative solidaire. Uen idée à creuser le cas échéant...

                Pour ce qui est de la prise en compte des problèmes sociaux, d’accord avec toi pour souligner la position avancée de la Bretagne en la matière. C’est particulièrement vrai dans le Finistère où fonctionnent de nombreux mécanismes d’aide aux personnes précaires ou en difficulté de vie : il y a même des familles d’accueil de personnes âgées sur le modèle de ce qui existe pour les enfants de la Ddass.

                Je te souhaite une excellente journée.
                Amitiés.


              • gf.delhomme 12 juillet 2010 01:16

                encore une initiative qui va avoir des effets perversde toute façon, c’est simple dès qu’il y a deux poids deux mesures, il y a des effets pervers.

                la dedans on va loger qui ?

                des apprentis qui ont des fiches de paye en carton pâte ?, et en final comme dans beaucoups d’associations qui se croient utiles, ça va finir en copinage pour radins.

                non la vrai expérience sociale ce n’est pas de faire faire des économies aux pauvres, mais de leur permettre de gagner du fric pour qu’ils puissent le dépenser librtement, 

                mais pour cela il faudrait qu’il y ait une justice contre les dominateurs, parceque eux, ils sont pas du pays bas, ils visent plutôt haut.

                quand à toute cette hypocrisie bien pensante d’assistanat est écoeurante, on te coupe les couilles d’un coté et on te donne un préservatif de l’autre, et vive la liberté.

                regarder les apl , les alloc logement, ça donne l’impression de payer son loyer pas cher mais en final ça a fait grimper le prix des loyers pour ceux qui payent plein pot et qui n’en ont pas le droit

                et puis c’eszt comme pour l’arméee il y a quand même quelqu’un qui paye en final, ça s’appelle les impots, parceque soyons réaliste, se permettre de dire qu’on a tout sans rien payer, c’est pas du confort, c’est de l’escroquerie.

                regardez le rmi, avant il y avait plein de petits boulot de rue, maitnenant personne ne donne parceque les gens se disent c’est un assisté, il a le rmi, du coup c’est double injustice pour ceux qui ne veulent pas d’assistanat

                tout ça c’est de la daube, du constat d’impuissance d’une société sous le controle des dominateurs.

                tiens encore le rmi, on pourrait se dire que au moins ça lutte contre la prostitution, et bien non parceque justement c’est après 25 ans que la mafia ne veux plus des filles

                mais avant les mec au rmi qui bossent au noir , eux sont client, ce sont même devenus les micros bourgeois de notre époque de crise, et plus ils bossent au noir, moins ils payent d’impots, touche quand même les alloc et ainsi va la vie.

                et après, pour se soulager d’avoir bien merdé le travaille des entreprises, il vont se taper une petite jeune qui dort sous la tente avec l’accord de son copain, on va dire pour deux kebabs, quelques mensonges et deux trois illusions

                on vit dans un monde qui ne s’en sortiras pas comme ça, c’est comme cette coupe du monde, avec la victoire d’un pays, qui va être en cessassion de payement dans quelques mois.



                reveillez vous, à force de croire que tout est gratuit, vous ne valez plus rien.


                 


                • Fergus Fergus 12 juillet 2010 09:33

                  Bonjour, gf.delhomme.

                  Vous avez une vision bien noire de la situation sociale du pays, et de la manière dont peut peut être géré un établissement comme celui-là. A vous lire, le pire est toujours sûr. Ce n’est pas mon point de vue, et s’il m’est arrivé de dénoncer ici et là, dans le milieu professionnel ou associatif, des abus manifestes, j’ai aussi pu constater à quel point les choses peuvent être administrées dans un souci d’éthique en d’autres corconstances ou d’autres lieux.

                  Oui, l’assistanat existe, mais il existe dans tous les pays, et je c’est heureux car on ne peut décemment pas laisser les gens totalement dans le dénuement et la galère. Même aux Etats-Unis, pays ultralibéral s’il en est, il existe des aides aux pauvres, certes plus limitées, mais néanmoins bien réelles. Seule diffférence avec la France, ces aides ne passent pas par les canaux du budget d’état mais par des fondations privées.

                  A ce propos, je ne suis pas d’accord avec le discours anti-impôts. L’impôt, les taxes, les contributions sont nécessaires. Et au final, la France, avec un taux de prélèvements obligatoires parmi les plus élevés d’Europe, n’a rien à envier au très libéral Royaume-Uni où ces prélèvements sont certes nettement moins élevés, mais où les citoyens paient plein pot des services privés en matière d’éducation, de santé et de logement. Avec, à l’arrivée, un moindre niveau de vie à salaire égal. Gare aux trompes-l’oeil !

                  Pour en revenir aux « profiteurs » du système que vous dénoncez, croyez-vous sérieusement que la majorité des attributaires du RSA choisissent ce mode de vie plutôt qu’un véritable job qui leur permettrait de’avoir une existence plus confortable ? Les profiteurs existent, certes, mais ils sont très minoritaires, et il y en aura toujours, quel que soit le modèle de société. Et, au risque de vous choquer, je ne suis pas loin d’approuver l’ancien président de la (pourtant libérale elle aussi) Commission européenne Sicco Mansholt qui affirmait en substance qu’il était de l’honneur d’une nation évoluée de prendre en charge ses oisifs. 

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